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16/05/19

Vis-à-vis Fernand Léger et ses ami.e.s @ Musée Fernand Léger, Biot

Vis-à-vis Fernand Léger et ses ami.e.s 
Musée national Fernand Léger, Biot
1er juin – 23 septembre 2019

Portrait de Fernand Léger, 1936
Photo de Carl Van Vechten
Courtesy Library of Congress, Washington DC

Après le succès des deux précédentes éditions en 2017 et 2018, voici le troisième et dernier volet de l’exposition « Vis-à-vis, Fernand Léger et ses ami.e.s ».

Placé sous le signe de l’amitié créative et de l’esprit collaboratif, ce cycle d’expositions consiste à mettre en regard une œuvre de la collection du musée avec celle d’un autre artiste, peintre ou sculpteur, avec lequel Fernand Léger (1881-1955) a pu, au cours de sa carrière, nouer une relation amicale ou développer une collaboration artistique.

D’un tempérament naturellement généreux, curieux et ouvert aux innovations techniques et artistiques de son siècle, Fernand Léger s’est toujours entouré d’artistes qui ont pu influer sur sa démarche de peintre. Au croisement des principaux mouvements de l’avant-garde européenne, son œuvre, oscillant entre abstraction et figuration, a accompagné les grands bouleversements esthétiques de la première moitié du XXe siècle : elle a apporté une contribution originale à la modernité tout en affirmant la liberté et l’indépendance d’esprit et de création du peintre.

Au-delà d’une relecture du parcours des collections, le musée national Fernand Léger met en évidence, grâce à ce programme d’expositions, la proximité thématique et stylistique entre les œuvres mais aussi les influences réciproques, fructueuses qui ont marqué et nourri les artistes de cette période.

Lors des deux précédentes éditions, l’exposition a abordé différents thèmes tels que la représentation du mouvement ou la fascination des artistes pour le monde mécanique. Différents mouvements artistiques de cette période ont été évoqués comme le Purisme, le Futurisme ou le Surréalisme. Le terme ami, s’élargissant à la notion d’héritage artistique, a aussi posé la question de la postérité de Fernand Léger, à travers la présentation d’artistes de la seconde moitié du XXe siècle, qui se sont inspirés de son travail tels que Francis Bacon (1909-1992) ou l’artiste américain, fondateur du Pop Art, Roy Lichtenstein (1923-1997), Erró (né en 1932) et Eduardo Arroyo (1937-2018), deux représentants majeurs de la Figuration narrative.

En 2019, le troisième volet « Vis-à-vis, Fernand Léger et ses ami.e.s » explore des sujets éminemment classiques de la peinture, tels que la représentation de la figure humaine, ou celle du paysage, pour révéler comment les artistes modernes s’en sont emparés pour mieux les révolutionner. Au croisement de toutes les grandes révolutions artistiques, l’œuvre de Fernand Léger rassemble et traverse tous les courants de la peinture, marquant de son empreinte visionnaire la création d’aujourd’hui.

Commissariat de l'exposition : 
Anne Dopffer, commissaire générale, conservatrice générale du patrimoine, directrice des musées nationaux du XXe siècle des Alpes- Maritimes
Julie Guttierez, commissaire, conservatrice du patrimoine au musée national Fernand Léger

Exposition organisée par les musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes au musée national Fernand Léger et par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais.

MUSEE NATIONAL FERNAND LEGER
Chemin du Val de Pôme, 06410 Biot

07/10/18

Stéphane Couturier / Fernand Léger, Musée national Fernand Léger, Biot

Stéphane Couturier / Fernand Léger
Musée national Fernand Léger, Biot
6 octobre 2018 - 4 mars 2019

Les musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes invitent des artistes contemporains à exposer ou créer des œuvres dans le cadre d’expositions conçues en résonance avec les collections et le site du musée.

En 2018, le musée national Fernand Léger a souhaité mettre en lumière les riches correspondances thématiques et plastiques qui existent entre la peinture de Fernand Léger (1881-1955), pionnier de l’avant-garde de la première moitié du XXe siècle, et l’œuvre photographique de Stéphane Couturier, artiste français né en 1957. 

La rencontre de Stéphane Couturier avec l’œuvre du peintre a donné lieu à la création de photographies inédites,inspirées par la collection du musée : Stéphane Couturier a choisi le tableau intitulé Le Grand remorqueur, paysage industriel des bords de Seine peint par Fernand Léger en 1923, point de départ pour le photographe de nouvelles prises de vue, réalisées dans la ville de Sète à l’automne 2017.

L’exposition présente également des œuvres plus anciennes de Stéphane Couturier, qui établissent un dialogue in situ avec les tableaux de Fernand Léger. Les deux artistes partagent une même fascination pour les profondes mutations de la ville, un intérêt commun pour le monde du travail, l’esthétique industrielle ou l’architecture moderne, notamment celle de Le Corbusier. Mais, tandis que Fernand Léger exprime, après la Seconde Guerre mondiale, sa foi dans le progrès, la modernité et la reconstruction, Stéphane Couturier documente, à partir des années 1990, la disparition progressive de la société industrielle et la transformation de l’espace urbain qui en découle, dans les métropoles mondiales (Paris, Berlin, Séoul, Brasilia, Salvador da Bahia, Alger).

Dans sa série inédite, conçue en écho à l’œuvre de Fernand Léger, Stéphane Couturier utilise la superposition de plusieurs photographies numériques, technique initiée en 2004 dans ses premières séries intitulées Melting Point. L’artiste fait naître une réalité hybride, à partir de la fusion de deux ou trois images. Cette synthèse entre deux réalités produit une multitude de détails, où l’œil du spectateur se perd et provoque une impression de mouvement et de dissolution du sujet, au sein d’une composition monumentale.

Aujourd’hui, l’œuvre photographique de Stéphane Couturier, jouant des potentialités infinies de l’outil numérique, allie une approche documentaire à un traitement complexe de la composition. A la manière d’un tableau cubiste, elle puise dans le réel, le fragmente et, grâce au rythme et aux contrastes entre lignes, formes et plans colorés, le dépasse pour en offrir une nouvelle perception.

Stéphane Couturier interroge ainsi la nature prétendument objective du medium photographique : s’affranchissant de la réalité la plus immédiate, ses photographies nous font voyager dans un paysage imaginaire où tout devient possible.

MUSEE NATIONAL FERNAND LEGER
Chemin du Val de Pôme - 06410 Biot
musees-nationaux-alpesmaritimes.fr

31/03/00

La céramique à Biot, 1920 – 2000

La céramique à Biot, 1920 – 2000 
Musée national Fernand Léger 
Musée d’Art et d’Histoire de la céramique biotoise 
Maison du tourisme - Maison de l’artisanat et des métiers d’art
Poterie provençale Augé-Laribé 
Galerie des Arcades 
25 mars – 2 juillet 2000 

La Maison de l’artisanat et des métiers d’art de Biot organise une exposition qui présente les différents aspects de la céramique de Biot entre 1920 et 2000. Cette exposition est présentée dans cinq lieux différents, à Biot. 

La région est riche en argile, sable, manganèse, bois, pierre à four et, dès le XIVe siècle, on note la présence d'une jarre dans l’enceinte du château de Biot. Le travail de la céramique est donc apparu très tôt dans le village. La production s’améliore, se perfectionne, mais c’est au XVIe siècle qu’elle prend tout son essor. On produit essentiellement des jarres mais aussi des objets utilitaires : soupières, pichets, vases… Les jarres s’exportent dans toute la région, et même au-delà de la méditerranée. Elles servent à conserver et à transporter l’huile, le vin et autres denrées périssables.

Au XVIIIe, on recense une quarantaine de fabriques. Cette industrie prospère commence à décliner au milieu du XIXe siècle. Le recul des cultures, les nouveaux moyens de conservation, le développement de nouveaux modes de transport, la maîtrise de nouvelles techniques et le début de l’industrialisation lui seront fatales.

La décoration néo-provençale remise au goût du jour donnera un nouvel élan à cette tradition sur le point de s’éteindre. La Poterie provençale Augé-Laribé (fondée en 1920) trouve un nouvel emploi à ses jarres : désormais ornementales, elles trôneront dans les jardins de la région et du monde entier.

Des artistes venus d’horizons divers viennent s’installer définitivement ou pour un moment dans le village et s’initient aux techniques ancestrales de la céramique. L'artiste suédois Hans Hedberg s’y installe dès 1949 pour y concevoir ses oeuvres végétales géantes. Fernand Léger y fait de fréquents séjours entre 1951 et 1955. Il travaille dans l’atelier de son ancien élève, Roland Brice, rue des Roses. L'artiste céramiste Jean-Paul Van Lith artiste y a toujours son atelier au coeur du village (non loin de celui de Jacky Caville). C'est là qu'il crée ses personnages fantastiques.

♦ Le musée national Fernand Léger expose le travail de l’artiste réalisé à Biot entre 1950 et 1955 dans l’atelier de Roland Brice et de son fils Claude. Environ quatre-vingt oeuvres provenant de musées et de collections particulières sont présentées. Des documents et des photographies témoignent du dynamisme et de la créativité de l’artiste dans ce domaine. Certaines des oeuvres sont exposées à côté des peintures qui ont servi de modèles. 

Créés par cinq bijoutiers et orfèvres de Biot, des bijoux de terres sont proposés à la boutique du musée.

♦ Le musée d'Art et d'histoire de la céramique biotoise, qui conserve une belle collection de céramiques des XVIIIe et XIXe siècles, expose des céramiques utilitaires réalisées à Biot au XXe siècle.

♦ La Maison de l’artisanat et des métiers d’art de Biot, organisateur de l’exposition, a réalisé un recensement des ateliers des potiers biotois du XX°. La Maison du tourisme présente ces artistes contemporains qui ont essentiellement travaillé l’aspect décoratif de la céramique. Des documents photographiques permettent de découvrir leurs ateliers.

♦ La Poterie Provençale Augé-Laribé, qui fête en 2000 ses 80 ans d’existence, présente une rétrospective du travail du fondateur, René Augé-Laribé. Formé aux Arts décoratifs à Paris, il donna une impulsion nouvelle à la poterie qui périclitait en détournant la jarre de sa fonction première pour en faire un objet de décoration.

♦ André Brothier, arrivé au village en 1952, reprend un ancien bureau de tabac et ouvre le restaurant des Arcades qui lentement va se transformer en galerie – restaurant. Il y constitue au fil des années une impressionnante collection de céramiques que l'exposition permet de découvrir. En parallèle, Martine Polliset, artiste installée dans le village depuis 30 ans, présente ses créations inspirées de la nature.

Cette exposition s’attache à donner un aperçu de la diversité du travail des créateurs de Biot, village fortement ancré dans une tradition de potiers.

Actuellement, on compte encore une douzaine de céramistes installés à demeure dans le village. Les techniques ont certes évolué, certains fours à bois ont été électrifiés, mais le travail de la terre, le geste, l’impulsion créative restent les mêmes.

Fernand Léger et la céramique, Musée national Fernand Léger, Biot

Fernand Léger et la céramique 
Musée national Fernand Léger, Biot
25 mars – 2 juillet 2000 

Dès 1937, Fernand Léger s'intéresse à la décoration murale. Si il utilise la peinture pour Le transport des forces, commande de l'Etat pour le pavillon français de l'Exposition universelle, ou encore pour la maison de Rockfeller, ses décorations murales pour l'hôpital de Saint-Lô ou l'hostellerie La Colombe d'or à Saint-Paul de Vence son respectivement réalisées en mosaïque et en céramique. L'intérêt de l'artiste pour cette dernière technique ira croissant et à partir de 1950, Fernand Léger vient régulièrement à Biot où l'un de ses anciens élèves, Roland Brice, et son fils Claude, tous deux céramistes, sont installés. Une collaboration fructueuse s'établit entre le peintre et les céramistes.

L'exposition confronte les pièces en céramique de Fernand Léger avec les peintures antérieures de l'artiste dont elles sont inspirées.

L’une des préoccupations principales de Fernand Léger est l’intégration de la couleur dans la vie des cités : effacer la grisaille des murs par des polychromies. Il veut créer de nouveaux espaces par le jeu des couleurs. La céramique, qu’il considère avant tout décorative, est pour lui un nouveau moyen de mettre en pratique ses théories sur la couleur.

Ses premiers essais de céramique sont essentiellement des petits bas-reliefs d’après ses tableaux. Il met en pratique sa théorie des contrastes de formes et de couleurs et l’applique au relief de la céramique. Il joue avec la couleur vive des émaux qui ajoute à l’effet de contraste.

Fernand Léger travaille à partir de moules façonnés sur de la terre crue dans lesquels sera coulée la barbotine. Cette technique lui permet de réaliser plusieurs tirages dont il fait varier les couleurs en créant ainsi des pièces uniques (Visage aux deux mains, 1942, et Visage à la main sur fond rouge, 1949).

Lorsque ses motifs ont des formats trop importants pour être reproduits en bas-relief, il les simplifie pour n’en garder que les traits principaux. Ayant peint le motif, il le confie à Roland Brice qui l’agrandit par un procédé de mise au carreau et de report sur calque. La découpe est la partie délicate du travail puisqu’il faut éviter de trancher dans le motif, d’où des morceaux inégaux, comparables à un puzzle. Ainsi, Les femmes au perroquet, céramique inspirée d’une peinture réalisée lors de sa période américaine, est composée de 25 morceaux. Il en moulera deux exemplaires : l’un est actuellement à l’hostellerie de la Colombe d’Or, à Saint-Paul-de-Vence, et l’autre appartient au musée national Fernand Léger.

Ces grandes céramiques composées de plusieurs pièces lui permettent de créer à l’infini de nouvelles compositions en modifiant l’emplacement des éléments, ou simplement leur couleur.

Fragilisés par leur format, ces bas-reliefs peuvent se rompre à la cuisson, Fernand Léger puise alors une nouvelle inspiration dans les morceaux brisés pour concevoir d'autres créations.

A partir de 1952, toujours aidé par Roland Brice, il cherche à réaliser des céramiques en trois dimensions. Après quelques essais infructueux naît La fleur qui marche qui s’inspire de L’étoile (1936) et de La fleur polychrome (1937).

En 1954-1955, Fernand Léger, qui rêvait de voir l'art envahir les lieux publics, réalise une maquette de Jardin d’enfants : « On le placerait au bord de la mer, des enfants pourraient passer, courir à travers ou cracher dessus en douce… Pas un monument qu’on regarde mais un objet utile et spectaculaire dans la vie, et surtout pas de gardien autour ! » (revue Défense de la paix, novembre 1954). Cette sculpture-céramique sera réalisée dans les jardins du musée national Fernand Léger à Biot en 1960, peu après la mort de l'artiste.

Des bijoutiers et orfèvres du village ont créé pour l’occasion des bijoux de terre qui sont présentés en exclusivité à la boutique du musée.

Exposition réalisée par la Réunion des musées nationaux et le musée national Fernand Léger, Biot, dans le cadre de l'opération La céramique du XXe siècle à Biot, 1920-2000.

Commissaire : Brigitte Hedel-Samson, conservateur en chef du musée national Fernand Léger ; Nelly Maillard, documentaliste

Musée national Fernand Léger
Chemin du Val de Pome, 06410 Biot