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07/11/21

Daniel Buren @ Musée des Beaux-Arts de Dijon - BJRV in situ sur plateau

Daniel Buren
BJRV in situ sur plateau
Musée des Beaux-Arts de Dijon
17 novembre 2021 - 28 février 2022

Grâce à un partenariat initié par l’association Interface, le Musée des Beaux- Arts de Dijon réactive un ensemble d’éditions de Daniel Buren, issu du projet développé par l’artiste en 2013 pour la page centrale du journal horsd’oeuvre n°32. Le journal, édité par Interface, propose à chaque numéro une page blanche centrale, offerte comme support à un artiste invité, et conçue comme une extension à son activité de programmation d’expositions.

Sur le format A2 du journal (59,4 x 42 cm), Daniel Buren a laissé le champ ouvert à 4 possibilités grâce à 4 couleurs (bleu, jaune, rouge, vert) utilisées une par une, à chaque quart du tirage global avec un renversement ou/et une inversion « en miroir » de la forme proposée, qui permettent d’obtenir 4 pages différentes. Pour réunir une vue d’ensemble, il fallait donc, au moment de la diffusion du journal, cueillir 4 exemplaires différents déposés arbitrairement dans les lieux d’art contemporain où il est distribué.

Chaque page fonctionne toutefois de façon autonome, sans trahir le principe de base du travail de l’artiste, malgré le format imposé : une répartition de rayures verticales (d’une largeur habituelle de 8,7 cm) à partir du centre du papier, le tout coupé par sa diagonale pour former un aplat de la même couleur que les rayures qui formaient le reste du format. La largeur du papier n’étant pas un multiple exact de 8,7 cm, les bandes sur les extrémités gauche et droite sont légèrement plus petites : ce n’est donc pas une erreur d’impression, la diagonale ne passe pas tout à fait par les angles du papier. Ces dimensions données offrent à l’artiste une manière de questionner la notion d’espace, de hors champ, et d’amorcer une réflexion au-delà du format imposé. La diagonale est tracée comme si les bandes extrêmes étaient complètes, d’où ce décalage de quelques millimètres par rapport à l’angle du papier. Le jeu des 4 couleurs, le renversement ou basculement du dessin original apportent de la matière à faire oeuvre et pas seulement édition.

Au moment de certifier les éditions, l’artiste propose deux principes fondamentaux qui déterminent la façon de les présenter. Il s’agit tout d’abord de respecter l’ordre alphabétique des couleurs de haut en bas (donc : bleu, jaune, rouge, vert) et de présenter les unes au-dessus des autres les 4 éditions. Une liberté est laissée à l’acquéreur de tourner dans un sens ou dans l’autre (tête-bêche) chacune des éditions en respectant évidemment le sens des rayures verticales. Ce détail produit au final 16 variantes d’accrochage à partir d’un même ordre des couleurs.

Dans une nouvelle configuration, à plat sur un plateau permettant une vue plongeante opposée à la lecture habituelle sur murs verticaux, l’oeuvre vient poser sa rigueur géométrique et ses combinatoires géométriques au sein du décor médiéval de la Tour de Bar, le plus ancien bâtiment du musée. Cette présentation témoigne du dialogue toujours fécond qu’entretiennent le musée et sa collection avec l’art d’aujourd’hui.

Au-delà de l’installation, Interface fait don au musée d’une série de quatre tirages originaux numérotés par l’artiste, qui permettra à l’oeuvre de Daniel Buren de faire son entrée dans les collections du Musée des Beaux-Arts de Dijon.

Après les expositions Yan Pei-Ming L’Homme qui pleure, organisée en 2019 en partenariat avec le Consortium, et après Halle 38 années tropiques, fruit en 2020 d’un travail en commun avec le Frac Bourgogne, associant des jeunes artistes pour la plupart issus de l’ENSA de Dijon, le Musée des Beaux-arts poursuit une politique de collaboration avec les acteurs de l’art contemporain dijonnais en offrant à Interfaces la possibilité d’investir une salle du musée. 

Cette présentation des éditions de Daniel Buren au musée des Beaux-Arts de Dijon s’inscrit en écho à l’oeuvre Point de vue ascendant, travail in situ produit par Interface pour le jardin de la Banque de France et visible par tous depuis la rue piétonne des Godrans à Dijon.

MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE DIJON
Palais des ducs et des États de Bourgogne
Place de la Sainte-Chapelle, 21000 Dijon
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21/09/20

Halle 38 - Années tropiques @ Dijon - Musée des Beaux-arts & Les Bains du Nord - FRAC Bourgogne, Dijon

Halle 38 - Années tropiques
avec des œuvres d'Atsing, Diane Audema, Diane Blondeau, Hugo Capron, Julien Chateau, Ramya Chuon, Cécile Maulini, Hugo Pernet, Nicolas Rouah 
Musée des Beaux-arts de Dijon
17 septembre 2020 - 4 janvier 2021
Les Bains du Nord - FRAC Bourgogne, Dijon
17 septembre 2020 - 3 janvier 2021

Halle 38 - Années tropiques
Halle 38 - Années tropiques
Conception de l'identité visuelle : Atelier Anette Lenz

Cette exposition se tient simultanément aux Bains du Nord - FRAC Bourgogne et au musée des Beaux-arts de Dijon.

Inaugurés en 2017 dans une ancienne halle militaire, les ateliers d'artistes installés dans la Halle 38 ont pour objet et vocation d'accueillir et de soutenir la jeune création contemporaine active à Dijon. Depuis plusieurs années, la Ville de Dijon a mis en œuvre une politique d'accueil et de soutien à la nouvelle génération d'artistes contemporains.

Ainsi sept ateliers accueillent des artistes en résidence pour une durée de un ou deux ans. La première promotion compte neuf artistes de Bourgogne Franche-Comté : ATSING, Diane AUDEMA, Diane BLONDEAU, Hugo CAPRON, Julien CHATEAU et Ramya CHUON (collectif du Petit Laboratoire des Formes Potentielles), Cécile MAULINI, Hugo PERNET et Nicolas ROUAH.

La Halle 38 est un lieu où les imaginations se croisent et s'entrechoquent et où les inspirations et les aspirations se nourrissent mutuellement. Ce moment dans la vie de ces artistes leur offre l'occasion de travailler dans un cadre serein et de se concentrer sur leur travail, balayant les contingences pratiques et quotidiennes. Temps de réflexion, d'expérimentation et finalement de création, c'est aussi l'opportunité de goûter à la vie en commun.

L’exposition « Halle 38 - Années tropiques » montre le travail des artistes installés à la Halle 38 de 2017 à 2019, dans deux lieux emblématiques de la vie artistique dijonnaise : d’une part, Les Bains du Nord, espace d'exposition permanent du Fonds régional d'art contemporain de Bourgogne, et de l’autre, le musée des Beaux-arts de Dijon, récemment rénové.

Pensée comme une exposition en deux lieux, « Halle 38 - Années tropiques » propose de découvrir le travail de ces artistes. A l’instar du phénomène de la périodicité des quatre saisons que les astronomes nomment « année tropique », leurs productions et l’évolution de leur travail ont rythmé la vie de la Halle 38 et de Dijon.

Présentation des artistes exposés 
aux Bains du Nord 
et au musée des Beaux-arts de Dijon

Atsing (Heqing Xue)
Né en 1958 à Shanghai, Atsing vit et travaille à Dijon.
Atsing pratique un art du portrait tout à la fois contemporain et intemporel. Saisis sur le vif, ses sujets semblent absents, distants, absorbés par une activité ou une pensée qui les soustraient au regard du spectateur. Si le peintre réussit à capturer un instant précis sur la toile, ce moment semble tout aussi bien suspendu pour l’éternité. A l'instar du voyageur qui attend son métro ou bien de l'homme assis sur sa chaise, les personnes représentées dérobent leur regard au nôtre ou demeurent des visages anonymes parmi d'autres. La palette sourde et subtile où prédominent les tons gris confère aux œuvres une qualité mélancolique, où la représentation sans fard du spleen de la vie quotidienne et de ses actions, atteint une forme de sublime sous les traits délicats de pinceau de l’artiste.

Diane Audema
Née en 1983, Diane Audema vit et travaille à Dijon.
Chacune de ses sculptures, installations ou photographies, résulte d'une recherche empirique se jouant du temps au hasard des rencontres. La dérive comme processus de recherche amène son travail à naviguer entre restitution documentaire et reconstitution d'un environnement, d'un lieu, d'un paysage. L'esthétique du débris est centrale dans sa pratique comme une extension formelle de (dé)construction. S'inspirant des techniques de construction alternative, elle réalise des sculptures, des objets, à partir de ce dont elle dispose dans une apparente économie de moyen. Elle dialogue avec le bâti, en prélevant des fragments d'histoires et de lieux pour en révéler un état d’intemporalité, et créer des espaces fictionnels. Aussi bien dans ses sculptures que dans ses photographies, le simple tube fluorescent, les éléments d'architectures ou les minéraux rappellent cette ambiguïté entre poésie et brutalisme. Ses photographies prises sur le vif, évocatrices de souvenirs, de situations ou d'états, proposent un arrêt sur image, un arrêt dans le temps.

Diane Blondeau
Née en 1987, Diane Blondeau vit et travaille à Dijon.
Artiste plasticienne sonore, sa pratique est celle du field recording et de l’installation. Son travail phonographique se concentre autour de l’oralité et d'environnements sonores. Elle crée des récits où les images et les paysages sont produits par notre mémoire acoustique. Les membranes de ses microphones enregistrent des dérives, des mots, des histoires, des légendes, des résonances, des hésitations, des interrogations, des traductions, des chants, des suspensions, des environnements et des silences …. Dans ses installations, elle cherche à redéfinir des modes de perceptions par tous les facteurs liés à l’écoute. Elle travaille à partir de sons du réel ou générés qui sont alors filtrés et sculptés dans l’espace d’exposition. Elle tente ainsi de révéler le caractère acoustique de chaque espace. Entre visible et invisible, audible et inaudible Diane Blondeau crée des leurres, amplifie ce qui nous entoure ou au contraire, l'occulte totalement.

Hugo Capron
Né en 1989, Hugo Capron vit et travaille à Dijon
Ses dernières peintures témoignent de son désir constant de réinvention et de l’évolution récente de ses recherches. Elles s’écartent en effet de ses travaux précédents pour développer une nouvelle grammaire formelle. Après son départ de la Halle 38, Hugo Capron a passé plusieurs mois à la Villa Kujoyama à Kyoto, ce temps de résidence l’a conduit vers un travail sur le motif évocateur d’un tout nouveau japonisme. Ses peintures sur de grands formats, comme sur de plus petits, présentent une surface et une composition saturées par les formes et les couleurs, loin des aplats monochromes et des jeux sur le vide et le plein de ses œuvres antérieures. Ce nouveau lexique permet à l'artiste des variations presque infinies de possibilités sur toile et également sur papier.

Julien Chateau
Né en 1976, Julien Chateau vit à Talant et travaille à Dijon
La pratique protéiforme de Julien Chateau se situe à l’interface entre dessin, sculpture, photographie et vidéo. Traversant la diversité des mediums, ses œuvres sont sous-tendues par un principe unique, « l'acte générateur » qui vise à « donner vie » à des objets ou à des images. Son travail photographique dévoile des paysages énigmatiques et oniriques dont les contrastes marqués, les couleurs saturées ou fluorescentes et les éléments représentés produisent un écart vis-àvis du réel et invitent le spectateur à entreprendre un voyage mental, où il peut librement transposer dans cet espace ses propres mondes intérieurs. On retrouve la qualité poétique des œuvres dans des titres, tels que Paysage cristalloïde mourant, qui évoque tout autant la mélancolie de la scène finale, que les opérations chimiques mises en œuvre par l’artiste pour faire naître ces formes hybrides, à la fois organiques, minérales et artificielles.

Ramya Chuon
Né en 1975, Ramya Chuon vit et travaille à Dijon.
La peinture et la sculpture sont les deux principaux médiums au travers desquels s’exprime Ramya Chuon, mais la sculpture est la forme préférée de ses recherches plastiques. Elle est le moyen d'une quête des origines. Notre environnement est en perpétuelle mutation. Notre vie n'est que le témoignage d'un acte créatif qui se développe lentement, secrètement, avant de se manifester au grand jour. Sa sculpture sur le thème de la morphogénèse, met à jour la complexité de notre être, composé de multiples strates et facettes : les différents matériaux, changeants, les structures et rythmes combinatoires, modulables, évolutifs, empêchent toute vision globale et donc réductrice de l'œuvre. Ce qui se voit cache aussi ce qui était, ce qui est, ce qui sera peut-être. Sa production est en état de métamorphose constante, à l'instar de tout ce qui nous entoure. Au centre de l’œuvre, un cœur dissimulé. De nombreux dessins préparatoires étayent le travail de l'artiste et complètent sa démarche.

Cécile Maulini
Née en 1977, Cécile Maulini vit et travaille à Dijon.
Cécile Maulini est une artiste aux multiples facettes. Grande collectionneuse d'objets et d'images, ses œuvres conjuguent plusieurs univers où se mêlent et fusionnent des motifs familiers. Elle ravive des images de différentes époques et des objets aux différentes vies, abandonnés faute d'être toujours usités. Ils renaissent dans l'atelier de l'artiste ; certains sont réactivés quand d'autres attendent leur tour. De ces motifs superposés dans un espace aux différentes temporalités va naître une esthétique emprunte de féminisme où jaillissent les images latentes de notre imaginaire. Cécile Maulini donne naissance à un univers fantastique, familier, mais énigmatique où la solitude se mêle à la douceur. Les œuvres de l'artiste, collages, peintures ou sculptures, activent la mémoire et invitent à la réflexion.

Hugo Pernet
Né en 1983, Hugo Pernet vit et travaille à Dijon.
Depuis quelques années, Hugo Pernet a délaissé la peinture géométrique conceptuelle pour se rapprocher d'une pratique plus figurative. Les œuvres qui en résultent frappent le spectateur par leur apparente simplicité et leur frontalité décomplexée. Le vocabulaire formel qui émerge des séries de peintures semble se délester de tout superflu, pour se concentrer uniquement sur le dialogue entre ligne et couleur. Rien ne vient alors entraver la lisibilité de l’œuvre, ni son immédiateté. En découle un pouvoir d'évocation quasiment synesthésique : à la vue d'une cerise ou d'une pêche, on peut presque sentir son odeur et son goût sur ses lèvres.

Nicolas Rouah
Né en 1974, Nicolas Rouah vit et travaille à Rennes.
Les tableaux de Nicolas Rouah projettent le spectateur dans un espace sidéral hybride, à mi chemin entre la science et le fantasme. Car si les constellations et poussières d'étoiles ainsi représentées évoquent inéluctablement les images scientifiques prises de l'espace, elles proviennent en réalité de l'imaginaire de l'artiste et de sa volonté de stimuler le regard et de le faire voyager. Traversant la toile telle la foudre, le néon fluorescent vient briser l'harmonie un peu trop lisse de la composition et la rattache au codes du numérique et aux images ultra-colorées de la pop culture contemporaine dont le graphisme percutant et la palette tranchante jouent avec l'idée de bling-bling et de mauvais goût. Se délestant de l'éternel débat entre peinture abstraite et peinture figurative, Nicolas Rouah offre à la place au spectateur : « un espace ultime, un ailleurs absolu à l'échappatoire impossible. »

Commissariat Musée des Beaux-arts : Jessica Watson, responsable des collections XXe et XXIe au musée des Beaux-arts de Dijon.

Commissariat Bains du Nord - FRAC Bourgogne : Astrid Handa-Gagnard, directrice du FRAC Bourgogne

MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE DIJON
Palais des ducs et des États de Bourgogne
Place de la Sainte-Chapelle, 21000 Dijon

BAINS DU NORD - FRAC BOURGOGNE
16 rue Quentin, 21000 Dijon

12/09/02

Praga Magica 1600, Musée Magnin, Dijon - L'art à Prague au temps de Rodolphe II

PRAGA MAGICA 1600
L'art à Prague au temps de Rodolphe II
Musée Magnin, Dijon 
12 septembre - 15 décembre 2002

Prague doit son éclat à un souverain qui a fait de cette ville une capitale des arts. Rodolphe II, empereur du Saint-Empire romain germanique, établit sa résidence permanente à Prague en 1583. Jusqu'en 1612, il constitue une prestigieuse collection privée et mène une politique active de commande publique pour la décoration du château. Rodolphe II attire à cet effet un ensemble d’artistes de haut niveau venus des Flandres, des Pays-Bas, d'Allemagne et de Suisse, qui sont généralement passés par l'Italie. L'empereur constitue ainsi un foyer artistique, que renforce son goût personnel pour la peinture d’histoire, la mythologie, l'érotisme, le style de Corrège et de Baroche, les "productions bizarres et merveilleuses de la nature". Le maniérisme y brille d'un dernier et superbe éclat, conjuguant les influences italienne et nordique, et ouvrant la voie au développement de l'art baroque tchèque.

Préparée en collaboration avec le château de Prague, l'exposition regroupe peintures, dessins, estampes et objets d’arts. Les principaux artistes ayant travaillé pour l’empereur mécène sont représentés : la peinture allégorique de B. Spranger côtoiera l'art plus aristocratique de H. von Aachen, les paysages de P. Stevens et R. Savery, l'histoire allégorique de D. de Q. von Ravesteyn, les naturalia de J. Hoefnagel.

Musée Magnin
4 rue des Bons Enfants, 21000 Dijon
Ouvert de 10h à 12h30 et de 14h à 18h (14 juillet et 15 août inclus)

09/06/98

Eloge de la clarté, Musée Magnin, Dijon - Un courant artistique au temps de Mazarin (1640 - 1660)

Eloge de la clarté
Un courant artistique au temps de Mazarin (1640 - 1660)
Musée Magnin, Dijon 
9 juin - 27 septembre 1998

Créé en 1938 par Maurice et Jeanne Magnin, le musée conserve un ensemble exceptionnel de peintures françaises du milieu du XVIIe siècle qui témoigne d’un goût affirmé pour des artistes alors peu connus. La présence dans cette collection du magnifique Poliphile au bain avec les nymphes de Le Sueur et des deux Putti musiciens de La Hyre est à l’origine de ce projet qui regroupe, pour la première fois en France, un ensemble de peintures, sculptures et dessins d’artistes s’inscrivant dans un courant original de l’art français des années 1640-1660, connu sous le nom d’atticisme.

Autour d’une dizaine d’oeuvres du musée, dont certaines ont été restaurées pour l’occasion, une quarantaine de peintures, dessins et sculptures prêtés par les musées français permettent de mieux définir ce courant.

Durant la période politiquement agitée qui va de la mort de Richelieu en 1642 au début du règne de Louis XIV en 1661, l’art à Paris évoque, paradoxalement, l’harmonie, la pureté et la clarté. Entre les grands décors de Rubens pour Marie de Médicis et ceux de Le Brun pour Louis XIV, ce moment constitue une parenthèse “ classique ” typiquement française.

Plusieurs grands peintres français du milieu du XVIIe siècle se forment dans l’atelier de Simon Vouet, qui, après avoir séjourné quinze ans en Italie, est de retour à Paris en 1627. A son contact, qu’ils soient allés ou non en Italie eux-mêmes, ces peintres s’imprègnent de l’art italien ; ils sont aussi influencés par les artistes italiens ayant travaillé à Paris, comme Romanelli et Gentileschi, dont la belle Diane chasseresse (Musée des Beaux-Arts de Nantes) est présentée à l’exposition. Mais à partir des années 1630, les élèves de Vouet se détournent de son style et s’orientent vers une peinture plus sereine. En 1648, nombre d’entre eux participent à la création de l’Académie royale de Peinture et de Sculpture. L’arrivée au pouvoir de Louis XIV en 1661 marque une orientation nouvelle : Le Brun, nommé Premier Peintre du Roi, privilégie un art plus mouvementé qui vise à la magnificence.

Les artistes évoqués dans l’exposition travaillent à des décors destinés aux hôtels de riches particuliers qui affichent leur attachement aux arts, les commandes publiques ayant été interrompues par la Fronde entre 1648 et 1653.

Brillant élève de Vouet, Le Sueur, que l’on a comparé à Raphaël, réalisa une série consacrée au Songe de Poliphile. Sur les cinq peintures aujourd’hui connues appartenant à cette série, trois sont présentées : Poliphile au bain avec les nymphes (musée Magnin, Dijon) , Poliphile assiste au triomphe de Bacchus (musée de Tessé, Le Mans) et Poliphile s’agenouillant devant la reine Eleuthérilide (musée des Beaux-Arts, Rouen).

Grâce au prêt exceptionnel du Metropolitan Museum of Art, à New York, l’Allégorie de la Musique de La Hyre retrouve ici ses parties latérales, le Putto jouant de la viole et le Putto chantant du musée Magnin. La poésie de cet ensemble reflète admirablement la peinture parisienne du milieu du XVIIe siècle. Des oeuvres de Vouet, Dorigny, Perrier, Stella, Bourdon et Philippe de Champaigne témoignent de l’importance de ce courant qui fut aussi marqué par Poussin.

Présentée dans le cadre privilégié de l’Hôtel Lantin, édifié au XVIIe siècle, cette exposition constitue un hommage à Jeanne et Maurice Magnin pour célébrer les soixante ans de la création du musée.

Commissaires : Emmanuel Starcky, conservateur en chef du musée des Beaux-Arts de Dijon, directeur du musée Magnin et Alain Mérot, professeur d’histoire de l’art moderne à l’université de Lille III

Publication : Catalogue de l’exposition, 112 pages, 76 illustrations dont 16 en couleur, éditions RMN, 120 F environ

L’exposition sera présentée du 28 octobre 1998 au 31 janvier 1999 au musée de Tessé, au Mans.

Musée Magnin
4 rue des Bons Enfants, 21000 Dijon