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20/04/24

Exposition Claude Gillot @ Musée Magnin, Dijon - "Comédies, fables & arabesques"

Claude Gillot
Comédies, fables & arabesques
Musée Magnin, Dijon
21 mars - 23 juin 2024


Dessinateur et graveur des dernières années du Grand Siècle, Claude Gillot (1673-1722) doit sa réputation à la fantaisie et à l’originalité de ses œuvres, préfigurant la liberté de ton et de mœurs de la Régence. Parodies, scènes de sorcellerie, farces et théâtre de foire ont fait de lui un artiste de la satire, de la comédie et des arts du spectacle

Rassemblant une centaine d’œuvres, l’exposition retrace pour la première fois en France la carrière et les multiples facettes de cet artiste encore méconnu, qui fut le maître d’Antoine Watteau. Aux prêts nombreux du musée du Louvre (peintures, dessins et estampes) s’ajoutent les généreuses contributions des musées de Langres, de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, de la Bibliothèque nationale de France, de la Bibliothèque royale de Belgique et de collectionneurs.

Les innombrables dessins de Claude Gillot, très recherchés des amateurs depuis le XVIIIe siècle, témoignent d’une intense activité dans un large éventail de domaines, l’illustration, le théâtre et l’opéra, le costume ou le décor intérieur.

Au cœur de son travail, un riche corpus graphique montre son goût pour la Comédie italienne, avec ses pantomimes, ses acrobaties et ses figures travesties. Costumier et décorateur pour l’Opéra à partir de 1712, Gillot fut aussi un ornemaniste de talent, œuvrant au renouvellement du répertoire de l’arabesque et collaborant en particulier avec Claude III Audran (1658-1734) pour des intérieurs privés.

Conçue et initialement prévue du 9 novembre 2023 au 26 février 2024 au musée du Louvre, l’exposition Claude Gillot avait dû fermer ses portes le 11 novembre dernier, suite à des infiltrations d’eau constatées dans certains espaces du pavillon de l’Horloge. Il était toutefois essentiel pour le Louvre qu’elle puisse être présentée au public, ce qui est désormais possible grâce au musée Magnin et à GrandPalaisRmn.

Exposition organisée par le musée national Magnin, Dijon, et GrandPalaisRmn, Paris, sur un projet original du musée du Louvre et avec son concours exceptionnel.

Commissariat général
Sophie Harent, Directrice du musée national Magnin

Commissariat scientifique
Hélène Meyer, Conservatrice générale au département des Arts graphiques, musée du Louvre
Xavier Salmon, Directeur du département des Arts graphiques, musée du Louvre 

MUSÉE MAGNIN, DIJON
Hôtel Lantin, 4 rue des Bons Enfants, 21000 Dijon

07/11/21

Daniel Buren @ Musée des Beaux-Arts de Dijon - BJRV in situ sur plateau

Daniel Buren
BJRV in situ sur plateau
Musée des Beaux-Arts de Dijon
17 novembre 2021 - 28 février 2022

Grâce à un partenariat initié par l’association Interface, le Musée des Beaux- Arts de Dijon réactive un ensemble d’éditions de Daniel Buren, issu du projet développé par l’artiste en 2013 pour la page centrale du journal horsd’oeuvre n°32. Le journal, édité par Interface, propose à chaque numéro une page blanche centrale, offerte comme support à un artiste invité, et conçue comme une extension à son activité de programmation d’expositions.

Sur le format A2 du journal (59,4 x 42 cm), Daniel Buren a laissé le champ ouvert à 4 possibilités grâce à 4 couleurs (bleu, jaune, rouge, vert) utilisées une par une, à chaque quart du tirage global avec un renversement ou/et une inversion « en miroir » de la forme proposée, qui permettent d’obtenir 4 pages différentes. Pour réunir une vue d’ensemble, il fallait donc, au moment de la diffusion du journal, cueillir 4 exemplaires différents déposés arbitrairement dans les lieux d’art contemporain où il est distribué.

Chaque page fonctionne toutefois de façon autonome, sans trahir le principe de base du travail de l’artiste, malgré le format imposé : une répartition de rayures verticales (d’une largeur habituelle de 8,7 cm) à partir du centre du papier, le tout coupé par sa diagonale pour former un aplat de la même couleur que les rayures qui formaient le reste du format. La largeur du papier n’étant pas un multiple exact de 8,7 cm, les bandes sur les extrémités gauche et droite sont légèrement plus petites : ce n’est donc pas une erreur d’impression, la diagonale ne passe pas tout à fait par les angles du papier. Ces dimensions données offrent à l’artiste une manière de questionner la notion d’espace, de hors champ, et d’amorcer une réflexion au-delà du format imposé. La diagonale est tracée comme si les bandes extrêmes étaient complètes, d’où ce décalage de quelques millimètres par rapport à l’angle du papier. Le jeu des 4 couleurs, le renversement ou basculement du dessin original apportent de la matière à faire oeuvre et pas seulement édition.

Au moment de certifier les éditions, l’artiste propose deux principes fondamentaux qui déterminent la façon de les présenter. Il s’agit tout d’abord de respecter l’ordre alphabétique des couleurs de haut en bas (donc : bleu, jaune, rouge, vert) et de présenter les unes au-dessus des autres les 4 éditions. Une liberté est laissée à l’acquéreur de tourner dans un sens ou dans l’autre (tête-bêche) chacune des éditions en respectant évidemment le sens des rayures verticales. Ce détail produit au final 16 variantes d’accrochage à partir d’un même ordre des couleurs.

Dans une nouvelle configuration, à plat sur un plateau permettant une vue plongeante opposée à la lecture habituelle sur murs verticaux, l’oeuvre vient poser sa rigueur géométrique et ses combinatoires géométriques au sein du décor médiéval de la Tour de Bar, le plus ancien bâtiment du musée. Cette présentation témoigne du dialogue toujours fécond qu’entretiennent le musée et sa collection avec l’art d’aujourd’hui.

Au-delà de l’installation, Interface fait don au musée d’une série de quatre tirages originaux numérotés par l’artiste, qui permettra à l’oeuvre de Daniel Buren de faire son entrée dans les collections du Musée des Beaux-Arts de Dijon.

Après les expositions Yan Pei-Ming L’Homme qui pleure, organisée en 2019 en partenariat avec le Consortium, et après Halle 38 années tropiques, fruit en 2020 d’un travail en commun avec le Frac Bourgogne, associant des jeunes artistes pour la plupart issus de l’ENSA de Dijon, le Musée des Beaux-arts poursuit une politique de collaboration avec les acteurs de l’art contemporain dijonnais en offrant à Interfaces la possibilité d’investir une salle du musée. 

Cette présentation des éditions de Daniel Buren au musée des Beaux-Arts de Dijon s’inscrit en écho à l’oeuvre Point de vue ascendant, travail in situ produit par Interface pour le jardin de la Banque de France et visible par tous depuis la rue piétonne des Godrans à Dijon.

MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE DIJON
Palais des ducs et des États de Bourgogne
Place de la Sainte-Chapelle, 21000 Dijon
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06/11/21

Arts de l’Islam : 18 expositions - 18 villes - Un passé pour un présent - Une coproduction Réunion des musées nationaux - Grand Palais et musée du Louvre

 Arts de l’Islam 
Un passé pour un présent 
18 expositions - 18 villes : Angoulême, Blois, Clermont-Ferrand, Dijon, Figeac, Limoges, Mantes-la-Jolie, Marseille, Nancy, Nantes, Narbonne, Rennes, Rillieux-la-Pape, Rouen, Saint-Denis, Saint-Louis à La Réunion, Toulouse, Tourcoing
20 novembre 2021 - 27 mars 2022

Arts de l'Islam
Arts de l’Islam
Un passé pour un présent
Affiche de l’exposition © H5

Depuis sa création en 2012, le département des Arts de l’Islam du Louvre offre au public une immersion au sein des cultures islamiques, de l’Espagne à l’Inde, du VIIème au XIXème siècle, et révèle l’importance des échanges anciens, étroits et féconds tissés entre la France et l’Orient. Témoins artistiques et historiques, les œuvres d’art illustrent la diversité culturelle et confessionnelle au sein du monde islamique depuis treize siècles. Elles sont le reflet de la circulation des idées et des hommes mais aussi de l’héritage pluriel du patrimoine français. Face aux fanatismes religieux, la culture se doit d’être sans relâche un rempart et un levier pour transmettre, ouvrir à l’autre, redonner des clés de compréhension de passés croisés pour construire un avenir partagé.

C’est dans cette perspective que le ministère de la Culture a demandé au musée du Louvre et à la Réunion des musées nationaux – Grand Palais d’organiser à l’automne 2021 un projet destiné à un très large public, et aux jeunes générations en particulier, pour poser un nouveau regard sur les arts et les cultures de l’islam.

Du 20 novembre 2021 au 27 mars 2022, 18 expositions dans autant de villes de France sont ainsi présentées au public, dans un musée, une médiathèque, une bibliothèque, un espace culturel.

Pour chaque accrochage, 10 œuvres, à la fois historiques et contemporaines, issues du département des Arts de l’Islam du musée du Louvre et de collections nationales et régionales, incarneront la richesse des cultures de l’Islam et leur inscription dans l’histoire de France depuis plus de 1 300 ans. Plus de 180 œuvres au total sont ainsi présentées au public : une lampe de mosquée du XIe siècle provenant de Jérusalem (musée du Louvre), un chandelier de l’époque de Saladin signé par un artiste de Mossoul racontant la vie de Jésus (musée du Louvre), des boîtes de toilettes en ivoire du XIIIe siècle ayant appartenu aux duchesses de Bourgogne, provenant de l’abbaye de Cîteaux et aujourd’hui au musée des Beaux-Arts de Dijon, une œuvre de l’artiste Hiwa K, One room apartment (FRAC Normandie) ou bien les Collages de Topak Ev de l’artiste française d’origine turque Nil Yalter.

Cette initiative vise également à éclairer le public sur la grande diversité des territoires et des populations concernées par l’Islam. La civilisation islamique est autant arabe que turque, indienne qu’iranienne, asiatique ou maghrébine… Les œuvres présentées feront valoir une large variété de pratiques et sensibilités artistiques, évoquant des scènes de vie, la nature, le désir amoureux, un simple décor de palais ou de mosquée.

Si l’exposition Arts de l’Islam, Un passé pour un présent incite à la curiosité, la manifestation est peut-être avant tout une invitation à venir s’émouvoir. Rien n’empêche d’ailleurs quiconque de vouloir s’organiser un tour de France en 18 étapes pour découvrir autant de témoignages livrés par ses œuvres. Dialogue entre les œuvres passées et présentes, chaque exposition propose une œuvre d’un artiste contemporain d’un pays du monde islamique, reflet d’une vision du monde actuel et du rapport à leur héritage.

Une attention particulière sera portée à la médiation culturelle grâce à la conception de plusieurs outils pédagogiques : un livret d’une quinzaine de pages présentant l’exposition, des cartels développés, la diffusion d’un film dans chaque lieu d’exposition offrant une échappée dans les pays d’origine de ces œuvres et un site internet de ressources numériques compatible au format smartphone et consultable notamment durant la visite des expositions. En outre, une programmation culturelle associée à l’exposition est mise en œuvre dans chaque ville (conférences, débats, spectacles vivants, cinéma…), animée par des équipes de médiateurs et, dans certains lieux, par des étudiants de l’école du Louvre. Un espace de discussion pouvant accueillir entre 20 et 30 personnes est intégré à chaque exposition.

S’appuyant sur une étroite collaboration avec le ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports, chacune de ces expositions a été spécifiquement conçue pour s’adresser aux élèves et à leurs professeurs. Un plan national de formation, décliné dans chacune des académies d’accueil des expositions, sera proposé à l’automne afin d’accompagner les professeurs dans l’appropriation des œuvres présentées et les aider à construire des séquences pédagogiques pluridisciplinaires, associant notamment éducation artistique et culturelle et éducation morale et civique. En contribuant à la formation des professeurs sur la connaissance de la civilisation islamique et de l’histoire de ses relations avec la France et l’Europe, ce plan a vocation à enrichir la culture humaniste des élèves et à nourrir leur rapport à l’altérité qui sont au fondement de l’Ecole. 

Lieux d'exposition dans chacune des villes :

Musée du Papier  
134 rue de Bordeaux, 16000 Angoulême

Bibliothèque Abbé-Grégoire
4-6 place Jean-Jaurès, 41000 Blois

Musée d'art Roger-Quilliot
Quartier historique de Montferrand
Place Louis-Deteix, 63100 Clermont-Ferrand

Musées des Beaux-Arts
Palais des Ducs et des États de Bourgogne
Place de la Sainte-Chapelle, 21000 Dijon

Musée Champollion - Les Ecritures du Monde
Place Champollion, 46100 Figeac

Galerie des Hospices
2 rue Félix Eboué, 87000 Limoges

Musée de l'Hôtel-Dieu
1 rue Thiers, 78200 Mantes-la-Jolie

Bibliothèque l'Alcazar 
58 cours Belsunce, 13001 Marseille

Galerie Poirel
3 rue Victor Poirel, 54000 Nancy

Passage Sainte-Croix
9 rue de la Baclerie, 44000 Nantes

Chapelle des Pénitents Bleus
3 place Roger-Salengro, 11100 Narbonne

Musée des Beaux-Arts
20 Quai Émile Zola, 35000 Rennes

Médiathèque L'Échappée
83 avenue de l’Europe, 69140 Rillieux-la-Pape

Musée de la Céramique
1 rue Faucon, 76000 Rouen

Musée d'art et d'histoire Paul Éluard
22bis rue Gabriel Péri, 93200 Saint-Denis

Musée des arts décoratifs de l'océan Indien
Domaine de Maison Rouge
17a chemin Maison Rouge, 97450 Saint-Louis

Musée des Arts Précieux Paul-Dupuy
13 rue de la Pleau, 31000 Toulouse

Maison Folie Hospice d'Havré
100 rue de Tournai, 59200 Tourcoing

Commissariat général de l’ensemble des expositions :
Yannick Lintz, directrice du département des Arts de l’Islam du musée du Louvre

Une coproduction Réunion des musées nationaux - Grand Palais et musée du Louvre

21/09/20

Halle 38 - Années tropiques @ Dijon - Musée des Beaux-arts & Les Bains du Nord - FRAC Bourgogne, Dijon

Halle 38 - Années tropiques
avec des œuvres d'Atsing, Diane Audema, Diane Blondeau, Hugo Capron, Julien Chateau, Ramya Chuon, Cécile Maulini, Hugo Pernet, Nicolas Rouah 
Musée des Beaux-arts de Dijon
17 septembre 2020 - 4 janvier 2021
Les Bains du Nord - FRAC Bourgogne, Dijon
17 septembre 2020 - 3 janvier 2021

Halle 38 - Années tropiques
Halle 38 - Années tropiques
Conception de l'identité visuelle : Atelier Anette Lenz

Cette exposition se tient simultanément aux Bains du Nord - FRAC Bourgogne et au musée des Beaux-arts de Dijon.

Inaugurés en 2017 dans une ancienne halle militaire, les ateliers d'artistes installés dans la Halle 38 ont pour objet et vocation d'accueillir et de soutenir la jeune création contemporaine active à Dijon. Depuis plusieurs années, la Ville de Dijon a mis en œuvre une politique d'accueil et de soutien à la nouvelle génération d'artistes contemporains.

Ainsi sept ateliers accueillent des artistes en résidence pour une durée de un ou deux ans. La première promotion compte neuf artistes de Bourgogne Franche-Comté : ATSING, Diane AUDEMA, Diane BLONDEAU, Hugo CAPRON, Julien CHATEAU et Ramya CHUON (collectif du Petit Laboratoire des Formes Potentielles), Cécile MAULINI, Hugo PERNET et Nicolas ROUAH.

La Halle 38 est un lieu où les imaginations se croisent et s'entrechoquent et où les inspirations et les aspirations se nourrissent mutuellement. Ce moment dans la vie de ces artistes leur offre l'occasion de travailler dans un cadre serein et de se concentrer sur leur travail, balayant les contingences pratiques et quotidiennes. Temps de réflexion, d'expérimentation et finalement de création, c'est aussi l'opportunité de goûter à la vie en commun.

L’exposition « Halle 38 - Années tropiques » montre le travail des artistes installés à la Halle 38 de 2017 à 2019, dans deux lieux emblématiques de la vie artistique dijonnaise : d’une part, Les Bains du Nord, espace d'exposition permanent du Fonds régional d'art contemporain de Bourgogne, et de l’autre, le musée des Beaux-arts de Dijon, récemment rénové.

Pensée comme une exposition en deux lieux, « Halle 38 - Années tropiques » propose de découvrir le travail de ces artistes. A l’instar du phénomène de la périodicité des quatre saisons que les astronomes nomment « année tropique », leurs productions et l’évolution de leur travail ont rythmé la vie de la Halle 38 et de Dijon.

Présentation des artistes exposés 
aux Bains du Nord 
et au musée des Beaux-arts de Dijon

Atsing (Heqing Xue)
Né en 1958 à Shanghai, Atsing vit et travaille à Dijon.
Atsing pratique un art du portrait tout à la fois contemporain et intemporel. Saisis sur le vif, ses sujets semblent absents, distants, absorbés par une activité ou une pensée qui les soustraient au regard du spectateur. Si le peintre réussit à capturer un instant précis sur la toile, ce moment semble tout aussi bien suspendu pour l’éternité. A l'instar du voyageur qui attend son métro ou bien de l'homme assis sur sa chaise, les personnes représentées dérobent leur regard au nôtre ou demeurent des visages anonymes parmi d'autres. La palette sourde et subtile où prédominent les tons gris confère aux œuvres une qualité mélancolique, où la représentation sans fard du spleen de la vie quotidienne et de ses actions, atteint une forme de sublime sous les traits délicats de pinceau de l’artiste.

Diane Audema
Née en 1983, Diane Audema vit et travaille à Dijon.
Chacune de ses sculptures, installations ou photographies, résulte d'une recherche empirique se jouant du temps au hasard des rencontres. La dérive comme processus de recherche amène son travail à naviguer entre restitution documentaire et reconstitution d'un environnement, d'un lieu, d'un paysage. L'esthétique du débris est centrale dans sa pratique comme une extension formelle de (dé)construction. S'inspirant des techniques de construction alternative, elle réalise des sculptures, des objets, à partir de ce dont elle dispose dans une apparente économie de moyen. Elle dialogue avec le bâti, en prélevant des fragments d'histoires et de lieux pour en révéler un état d’intemporalité, et créer des espaces fictionnels. Aussi bien dans ses sculptures que dans ses photographies, le simple tube fluorescent, les éléments d'architectures ou les minéraux rappellent cette ambiguïté entre poésie et brutalisme. Ses photographies prises sur le vif, évocatrices de souvenirs, de situations ou d'états, proposent un arrêt sur image, un arrêt dans le temps.

Diane Blondeau
Née en 1987, Diane Blondeau vit et travaille à Dijon.
Artiste plasticienne sonore, sa pratique est celle du field recording et de l’installation. Son travail phonographique se concentre autour de l’oralité et d'environnements sonores. Elle crée des récits où les images et les paysages sont produits par notre mémoire acoustique. Les membranes de ses microphones enregistrent des dérives, des mots, des histoires, des légendes, des résonances, des hésitations, des interrogations, des traductions, des chants, des suspensions, des environnements et des silences …. Dans ses installations, elle cherche à redéfinir des modes de perceptions par tous les facteurs liés à l’écoute. Elle travaille à partir de sons du réel ou générés qui sont alors filtrés et sculptés dans l’espace d’exposition. Elle tente ainsi de révéler le caractère acoustique de chaque espace. Entre visible et invisible, audible et inaudible Diane Blondeau crée des leurres, amplifie ce qui nous entoure ou au contraire, l'occulte totalement.

Hugo Capron
Né en 1989, Hugo Capron vit et travaille à Dijon
Ses dernières peintures témoignent de son désir constant de réinvention et de l’évolution récente de ses recherches. Elles s’écartent en effet de ses travaux précédents pour développer une nouvelle grammaire formelle. Après son départ de la Halle 38, Hugo Capron a passé plusieurs mois à la Villa Kujoyama à Kyoto, ce temps de résidence l’a conduit vers un travail sur le motif évocateur d’un tout nouveau japonisme. Ses peintures sur de grands formats, comme sur de plus petits, présentent une surface et une composition saturées par les formes et les couleurs, loin des aplats monochromes et des jeux sur le vide et le plein de ses œuvres antérieures. Ce nouveau lexique permet à l'artiste des variations presque infinies de possibilités sur toile et également sur papier.

Julien Chateau
Né en 1976, Julien Chateau vit à Talant et travaille à Dijon
La pratique protéiforme de Julien Chateau se situe à l’interface entre dessin, sculpture, photographie et vidéo. Traversant la diversité des mediums, ses œuvres sont sous-tendues par un principe unique, « l'acte générateur » qui vise à « donner vie » à des objets ou à des images. Son travail photographique dévoile des paysages énigmatiques et oniriques dont les contrastes marqués, les couleurs saturées ou fluorescentes et les éléments représentés produisent un écart vis-àvis du réel et invitent le spectateur à entreprendre un voyage mental, où il peut librement transposer dans cet espace ses propres mondes intérieurs. On retrouve la qualité poétique des œuvres dans des titres, tels que Paysage cristalloïde mourant, qui évoque tout autant la mélancolie de la scène finale, que les opérations chimiques mises en œuvre par l’artiste pour faire naître ces formes hybrides, à la fois organiques, minérales et artificielles.

Ramya Chuon
Né en 1975, Ramya Chuon vit et travaille à Dijon.
La peinture et la sculpture sont les deux principaux médiums au travers desquels s’exprime Ramya Chuon, mais la sculpture est la forme préférée de ses recherches plastiques. Elle est le moyen d'une quête des origines. Notre environnement est en perpétuelle mutation. Notre vie n'est que le témoignage d'un acte créatif qui se développe lentement, secrètement, avant de se manifester au grand jour. Sa sculpture sur le thème de la morphogénèse, met à jour la complexité de notre être, composé de multiples strates et facettes : les différents matériaux, changeants, les structures et rythmes combinatoires, modulables, évolutifs, empêchent toute vision globale et donc réductrice de l'œuvre. Ce qui se voit cache aussi ce qui était, ce qui est, ce qui sera peut-être. Sa production est en état de métamorphose constante, à l'instar de tout ce qui nous entoure. Au centre de l’œuvre, un cœur dissimulé. De nombreux dessins préparatoires étayent le travail de l'artiste et complètent sa démarche.

Cécile Maulini
Née en 1977, Cécile Maulini vit et travaille à Dijon.
Cécile Maulini est une artiste aux multiples facettes. Grande collectionneuse d'objets et d'images, ses œuvres conjuguent plusieurs univers où se mêlent et fusionnent des motifs familiers. Elle ravive des images de différentes époques et des objets aux différentes vies, abandonnés faute d'être toujours usités. Ils renaissent dans l'atelier de l'artiste ; certains sont réactivés quand d'autres attendent leur tour. De ces motifs superposés dans un espace aux différentes temporalités va naître une esthétique emprunte de féminisme où jaillissent les images latentes de notre imaginaire. Cécile Maulini donne naissance à un univers fantastique, familier, mais énigmatique où la solitude se mêle à la douceur. Les œuvres de l'artiste, collages, peintures ou sculptures, activent la mémoire et invitent à la réflexion.

Hugo Pernet
Né en 1983, Hugo Pernet vit et travaille à Dijon.
Depuis quelques années, Hugo Pernet a délaissé la peinture géométrique conceptuelle pour se rapprocher d'une pratique plus figurative. Les œuvres qui en résultent frappent le spectateur par leur apparente simplicité et leur frontalité décomplexée. Le vocabulaire formel qui émerge des séries de peintures semble se délester de tout superflu, pour se concentrer uniquement sur le dialogue entre ligne et couleur. Rien ne vient alors entraver la lisibilité de l’œuvre, ni son immédiateté. En découle un pouvoir d'évocation quasiment synesthésique : à la vue d'une cerise ou d'une pêche, on peut presque sentir son odeur et son goût sur ses lèvres.

Nicolas Rouah
Né en 1974, Nicolas Rouah vit et travaille à Rennes.
Les tableaux de Nicolas Rouah projettent le spectateur dans un espace sidéral hybride, à mi chemin entre la science et le fantasme. Car si les constellations et poussières d'étoiles ainsi représentées évoquent inéluctablement les images scientifiques prises de l'espace, elles proviennent en réalité de l'imaginaire de l'artiste et de sa volonté de stimuler le regard et de le faire voyager. Traversant la toile telle la foudre, le néon fluorescent vient briser l'harmonie un peu trop lisse de la composition et la rattache au codes du numérique et aux images ultra-colorées de la pop culture contemporaine dont le graphisme percutant et la palette tranchante jouent avec l'idée de bling-bling et de mauvais goût. Se délestant de l'éternel débat entre peinture abstraite et peinture figurative, Nicolas Rouah offre à la place au spectateur : « un espace ultime, un ailleurs absolu à l'échappatoire impossible. »

Commissariat Musée des Beaux-arts : Jessica Watson, responsable des collections XXe et XXIe au musée des Beaux-arts de Dijon.

Commissariat Bains du Nord - FRAC Bourgogne : Astrid Handa-Gagnard, directrice du FRAC Bourgogne

MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE DIJON
Palais des ducs et des États de Bourgogne
Place de la Sainte-Chapelle, 21000 Dijon

BAINS DU NORD - FRAC BOURGOGNE
16 rue Quentin, 21000 Dijon

07/12/14

Bon Boullogne (1649-1717), Musée Magnin, Dijon - Un chef d’école au Grand Siècle

Bon Boullogne (1649-1717) 
Un chef d’école au Grand Siècle 
Musée Magnin, Dijon 
5 décembre 2014 – 5 mars 2015

Cette rétrospective a pour vocation de faire redécouvrir l’oeuvre de Bon Boullogne qui, avec Charles de La Fosse, Jean Jouvenet, Antoine Coypel et Louis de Boullogne, fut l’un des cinq plus célèbres peintres d’histoire de la fin du règne de Louis XIV. Lors des expositions Les Peintres du Roi-Soleil (1968), Les Amours des Dieux (1990), La Peinture française au Grand Siècle (1994), aucune peinture de Bon Boullogne n’était présentée.

La production de Jouvenet, La Fosse et Coypel nous est connue par de nombreux travaux ; le cabinet des arts graphiques du Musée du Louvre a consacré une exposition aux dessins de Louis de Boullogne en 2010. Bon Boullogne n’a quant à lui jamais été l’objet d’un travail de fond, ce qui tient sans doute à la difficulté à reconstituer son oeuvre. De fait, dès 1745, Dézallier d’Argenville avait remarqué le caractère protéiforme de la production de Bon Boullogne. Et s’il est vrai que son oeuvre tend à échapper aux méthodes de classement, il adopta néanmoins une manière relativement constante : passées les années 1690, un véritable répertoire formel commença à voir le jour. C’est ainsi qu’une trentaine d’oeuvres de sa main ont pu être identifiées dans les musées de France et collections privées.

L’oeuvre de Bon Boullogne est diversifié, tant du point de vue des genres que des techniques. Tantôt imite-t-il les grands Bolonais, tantôt réalise-t-il des pastiches des petits maîtres hollandais du Siècle d’or. Cette dimension insolite apparaîtra dans l’exposition, de même que le rôle considérable que Bon Boullogne joua sur le plan de l’enseignement. Non seulement la plupart des peintres français actifs au tournant du siècle furent formés dans son atelier, mais en multipliant les sujets mythologiques peuplés de nudités, Bon Boullogne posa également les bases du goût qui allait prévaloir dans la première moitié du XVIIIe siècle. L’exposition permet d’enrichir notre perception de l’histoire de l’art, au nom de laquelle une rupture aurait eu lieu à partir de la Régence. Dès les années 1690, les tableaux de Bon Boullogne montrent que la transformation était déjà en cours.

Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais et le musée Magnin.

Commissariat général : Rémi Cariel, conservateur en chef, directeur du musée national Magnin
Commissariat scientifique : François Marandet, historien de l’art, spécialiste de Bon Boullogne

MUSÉE MAGNIN 
4 rue des Bons-Enfants, 21000 Dijon

10/06/12

Exposition Etrange visage, Musée Magnin, Dijon - Portraits et figures de la collection Magnin

Etrange visage
Portraits et figures de la collection Magnin
Musée Magnin, Dijon
7 Juin – 7 octobre 2012

Les Magnin ont montré une prédilection pour le portrait : en témoigne leur abondance d'une part, la qualité de quelques tableaux qui font partie des chefs-d’œuvre de la collection d'autre part : un Portrait d'homme autour duquel les noms de Philippe de Champaigne et Simon Vouet sont prononcés, le Portrait de la fille aînée de l'artiste peignant son jeune frère de Claude Lefebvre, une Femme au collier de jais datant du début de la Restauration.

L'importance des portraits représentant sans emphase des personnes “ordinaires” dans ce qui fut une collection privée, a incité à choisir la dimension structurelle du visage, la “visagéité” (pour reprendre l'expression de Deleuze et Guattari) pour fil conducteur de l'exposition. Non exclusif de la dimension historique des œuvres – qui sera en particulier restituée dans certaines notices développées (et cartels) - nous voudrions aussi porter sur ces peintures ou dessins du XVIe au XIXe siècle un regard contemporain et anthropographique, plus fréquemment posé sur l'art moderne et extra-européen. Par quels moyens passe-t-on du visage au portrait (point de vue de l'artiste) et du portrait au visage (point de vue de la perception) ? Le propos de l'exposition vise à expliciter quelques données qui rendent compte du portrait comme une construction culturelle.

C'est pourquoi l'exposition est présentée de façon typologique : portraits et figures costumés, âges de la vie, regards obliques, profils, géométrie, portraits dans un paysage, autoportraits, chevelure, vêtements et accessoires, petits portraits, personnes représentées dans l'exercice d'une fonction, portraits intimes, la beauté en question. Dans cette perspective, on a également inclus les têtes d'étude et d'expression, qui enrichissent cette géographie du visage et du corps et permettent de mieux apprécier ce qui différencie une “figure” d'un portrait. Quelques œuvres de la photographe dijonnaise Virginie Marnat Leempoels, mises en rapport avec des peintures exposées, renouvellent le regard sur certains portraits et participent à l'invitation à redécouvrir cet objet étrange qu'est le visage.

L'exposition est constituée d'une sélection d'environ 40 dessins, terres cuites et miniatures, 150 peintures et 3 œuvres issues d’autres collections, toutes écoles confondues. Environ la moitié d'entre elles sont actuellement conservées en réserve et la plupart restaurées pour l'exposition.

Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais et le musée Magnin.

Commissaire : Rémi Cariel, directeur du Musée Magnin, conservateur en chef du patrimoine

Musée Magnin
4 rue des Bons-Enfants, 21000 Dijon

13/07/08

Exposition Charles Meynier (1763 - 1832), Musée Magnin, Dijon

Charles Meynier (1763 - 1832)
Musée Magnin, Dijon 
11 juillet - 12 octobre 2008

Cette première exposition monographique consacrée à Charles Meynier (1763-1832) est un projet ambitieux visant à présenter les oeuvres principales de ce peintre qui a participé à tous les grands projets décoratifs de l’Empire et de la Restauration.

Peintre érudit aux sujets rares et aux compositions allégoriques complexes, Charles Meynier mit ses qualités de dessinateur et de coloriste brillant au service des décors publics et privés qu'il réalisa. Sous la Restauration, il devient le peintre de plafonds par excellence. « Il est peut-être celui de tous qui a le mieux entendu la peinture de plafond, tant sous le rapport de la disposition pittoresque que sous celui de la perspective aérienne », a témoigné Fabien Pillet, ami de Charles Meynier.

La majorité des oeuvres importantes conservées dans les musées et les collections particulières seront exposées au musée Magnin. Au total ce sont vingt trois huiles sur toile et vingt neuf œuvres sur papier qui permettront d’illustrer la place de Meynier comme peintre d’histoire, portraitiste et décorateur.

Les plafonds du Louvre et les tableaux napoléoniens de très grand format, qui ne peuvent être déplacés, seront représentés par leurs esquisses.

Acteur de tout premier plan de la vie artistique sous l’Empire, artiste très célèbre de son vivant, Charles Meynier n’avait fait l’objet d’aucune étude complète. L’exposition, qui accompagne la publication chez Arthéna du catalogue raisonné de l’artiste par Isabelle Mayer-Michalon, devrait lui rendre justice.

Commissaire général : Rémi Cariel, conservateur du musée Magnin
Commissaire scientifique : Isabelle Mayer-Michalon 

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux, le musée Magnin, Dijon, et la bibliothèque-musée Marmottan à Boulogne-Billancourt, où elle a été présentée du 14 mars au 21 juin 2008

Musée Magnin
4 rue des Bons-Enfants, 21000 Dijon

14/10/06

Visions du déluge. De la Renaissance au XIXème siècle, Musée Magnin, Dijon

VISIONS DU DELUGE
De la Renaissance au XIXème siècle
Musée Magnin, Dijon 
11 octobre 2006 - 10 janvier 2007

Episode célèbre de la Genèse, premier livre de la Bible, le Déluge universel a été souvent représenté dans l’art occidental et de nombreuses œuvres sur ce sujet sont bien connues et publiées, mais aucune exposition ne lui a encore été consacré en France. 

L’ambition de l’exposition consiste à mettre en évidence une évolution remarquable où l’on voit un sujet d’histoire devenir un sujet de paysage. L’exposition montre aussi comment une même historia peut recevoir un traitement maniériste ou se prêter à une vision pré-romantique. Esthétiquement, il est intéressant de noter qu’un sujet violent, en adéquation avec le Sublime « horrifique » mis à l’honneur à la fin du XVIIIe siècle - époque d’un regain d’intérêt pour le thème - peut aussi s’ancrer dans un registre classique et relever du Sublime de simplicité d’un Poussin.

C’est pourquoi les catastrophes naturelles sont évoquées ici aux côtés du Déluge : à partir du XVIIIe siècle, ce sont dans les deux cas des visions terrifiantes de la nature qui rompent avec les canons de la beauté classique, deux effets comparables de la Providence ou de l’histoire de la Terre.

Dans le contexte de désacralisation progressive de la première moitié du XIXe siècle, l’intérêt artistique pour le sujet atteste de la persistance du Déluge comme événement fondateur.

L’épisode biblique est un sujet d’histoire fréquent dans les œuvres des XVIe et XVIIe siècles ; Raphaël et Michel-Ange peignent à fresque le moment dramatique de la montée des eaux, et leurs œuvres seront des modèles. De leur côté, sensibles à la dimension morale de l’épisode, les artistes nordiques s’attachent aux causes du déluge – l’humanité corrompue – et à la Nouvelle Alliance qui en résulte. Dans les représentations,  l’évocation de l’Arche de Noé - symbole du Salut, au delà de la fin de la première humanité - tend à gagner les lointains, tandis que les premiers plans sont occupés par des scènes manifestant la détresse humaine. Confrontés à la difficulté de représenter le chaos, les artistes trouvent avec la prolifération des corps des solutions de composition dans lesquelles domine le point de vue panoramique.

Le Déluge de Nicolas Poussin marque un tournant dans le traitement du sujet. Peinte entre 1660 et 1664, l’œuvre (représentée dans l’exposition par une copie ancienne) montre un « paysage tragique »,  où s’inscrit une promesse de renouveau. A la vision des corps accumulés se substitue une atmosphère grise et froide, à l’agitation, le calme et la prière – et la scène familiale prend une valeur exemplaire. Le paysage assume dès lors une valeur allégorique : celle d’une communauté de destin entre l’homme et la nature, qui sera abondamment discutée au siècle suivant.

Lorsque le thème suscite un nouvel engouement, durant les vingt dernières années du XVIIIe siècle,  le tableau de Poussin n’est pas oublié et les artistes continuent d’y puiser. Mais un retournement idéologique s’est produit : la référence religieuse tend à s’effacer au profit de sources littéraires (Salomon Gessner en Suisse, John Milton en Angleterre) dans lesquelles s’exprime la détresse individuelle. Le Déluge tend à devenir le support de scènes de genre tragiques ; elles attestent d’une inquiétude qui n’est peut-être pas sans rapport avec les bouleversements sociaux en cours ou à venir.

C’est ici que les catastrophes naturelles rejoignent le Déluge. L’homme y est également victime d’un décret divin ou d’une nature imprévisible. Si les représentations du Vésuve en éruption donnent souvent dans le pittoresque, celles des tremblements de terre de Lisbonne et de Messine expriment une conscience nouvelle de la précarité de l’existence humaine qui, conjuguée à la curiosité scientifique des Lumières, produit des œuvres dans lesquelles le spectacle « horrible » de la nature tient, comme le Déluge, de la catégorie esthétique du sublime telle qu’elle est définie par Edmund Burke en 1757.

En France, durant la première moitié du XIXe siècle, les scènes duelles ou familiales à tendance mélodramatique dominent l’interprétation du sujet. Le Déluge inspirant des paysages grandioses se développe particulièrement en Angleterre. La renaissance du débat entre science et religion sur l’origine de la terre et de l’homme transparaissent dans l’évocation d’une comète, des animaux antédiluviens ou des anges issus du texte de la Genèse.

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux, Paris, le musée Magnin, Dijon, et le musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne (où elle sera présentée du  2 février  au 29 avril 2007).

Commissaires : Rémi Cariel, directeur du Musée Magnin, et Sylvie Wuhrmann, historienne de l’art 

Musée Magnin, Dijon
4, rue des Bons-Enfants, 21000 Dijon

30/09/05

Péquignot et Girodet : une amitié artistique, Musée Magnin, Dijon

Péquignot et Girodet : une amitié artistique
Musée Magnin, Dijon 
27 septembre - 31 décembre 2005 

Jean-Pierre Péquignot (Baume-les-Dames, 1765 – Naples, 1807) effectue ses premières études d’art à Besançon, mais c’est probablement à Joseph Vernet qu’il doit son goût pour la peinture de paysage. Parti étudier à Rome, l’artiste y retrouve Anne-Louis Girodet-Trioson (Montargis 1767 – Paris 1824) qu’il fréquenta à Rome et surtout à Naples, de janvier 1793 à avril 1794. et à qui il transmit sa passion pour la peinture de paysage.

Les propos enflammés et connus de Girodet sur le paysage montrent qu’il en fut intensément marqué, notamment ce passage extrait d’une lettre envoyée de Naples à Madame Trioson le 1er mars 1793 : « C’était aux environs de Rome que je devais, cette année, me livrer à l’étude du paysage, genre de peinture universel, et auquel tous les autres sont subordonnés, parce qu’ils y sont renfermés. »

Et cet autre passage, d’un long poème intitulé Le Peintre, extrait de ses Œuvres posthumes, publiées en 1829 : 
Vois-tu ces monts lointains dont l’azur peint la cime,
Jeune artiste ? C’est là que des sites montagneux
T’offrent, tout composés, de sublimes tableaux.
C’est Vietri, c’est la Cave et Salerne et Nocère,
Beaux lieux, amours du ciel, délices de la terre,
Où les vieux chantres grecs, dans les siècles anciens,
Eussent voulu placer leurs Champs-Elyséens…
Mais, pour oser les peindre, il faut être un Virgile,
Un Guaspre, un Péquignot, un Saint-Pierre, un Delille
Le propos de cette petite exposition est d’essayer de comprendre :
- pourquoi « l’aspiration » d'Anne-Louis Girodet au paysage ne l’a pas incité à produire davantage dans ce genre pictural ;
- et pourquoi le dithyrambe que ce grand artiste fait de Jean-Pierre Péquignot n’a en rien changé la très modeste notoriété de ce dernier.
Une première section permet de confronter pour la première fois des dessins et petits tableaux de paysages de Girodet et de Péquignot. Elle sera particulièrement intéressante puisque plusieurs attributions sont aujourd’hui controversées et l’un des buts de ce dossier sera de les éclaircir. L’étroite amitié que les deux peintres ont entretenu durant au moins une année à Naples, faite de sorties communes assorties de séances de dessins in situ et d’échanges d’idées, peuvent expliquer les emprunts stylistiques de Girodet, peintre d’histoire confirmé, à Péquignot, peintre de paysage dont le caractère non-conformiste plaisait à un Girodet critique à l’égard des principes académiques. En particulier, l’extrême minutie du rendu de la végétation des premiers plans des paysages de Péquignot gêne aussi bien la doxa académique, fondée sur l’étude de la nature, que le sens de l’économie et la valeur morale que le néo-classicisme accorde au dessin.

A la faveur d’œuvres redécouvertes au cours des dernières années, la deuxième section permet d’explorer pour la première fois un corpus significatif d’œuvres peintes d’un artiste marginal, resté très méconnu depuis le discrédit qui suivit sa mort. Outre le raffinement de la facture, le style de Jean-Pierre Péquignot s’affirme dans l’insertion de figures ou scènes antiquisantes dans d’élégiaques « scénographies » qui inscrivent l’œuvre dans la tradition du paysage classique français (et italien) du XVIIème siècle. L’ensemble présenté sera l’occasion d’apprécier l’originalité d’un artiste, dont les œuvres, par la subtile progression des passages entre les plans et l’atmosphère idyllique créée par des lointains vaporeux, se distingue des compositions moins oniriques et plus compactes de ses compatriotes italianisant contemporains Bidault, Dunouy, Bertin ou Simon Denis.

Commissaire : Rémi Cariel, conservateur au musée Magnin

Musée Magnin, Dijon
4, rue des Bons-Enfants, 21000 Dijon

12/10/04

Boucher et les peintres du Nord, Musée Magnin, Dijon

Boucher et les peintres du Nord 
Musée Magnin, Dijon 
9 octobre - 14 décembre 2004

Quelque célèbre qu’il soit encore aujourd’hui, le peintre François Boucher (1703-1770) reste victime d’un préjugé défavorable dû à l’excessive diffusion d’un aspect fragmentaire de son œuvre, l’aspect « galant ». On oublie trop qu’il fut un artiste très complet qui, autodidacte, se forma d’une manière extrêmement méthodique et il convient, pour prendre la mesure de son œuvre, de revenir sur cette formation. Tel est le propos de cette exposition.

L’étude d’œuvres de peintres des écoles du Nord a joué un rôle déterminant dans la formation de François Boucher ; elle lui permit de se forger un style propre, qui sera adopté par toute l’Europe. Cette influence profonde s’est exercée de diverses manières : à vingt ans, François Boucher regarde Wouwerman et Berchem ; lors de son séjour en Italie, il copie Bloemaert ou s’en inspire ; plus tard, dans sa maturité, ce sont les dessins à la plume de Rembrandt qui retiennent toute son attention. En fait, l’influence de la peinture nordique est sensible dans l’ensemble de son œuvre.

Le tricentenaire de la naissance du peintre est l’occasion de traiter cet aspect méconnu de l’art de François Boucher. L’exposition et le catalogue qui l’accompagne permettent de faire le point des connaissances les plus récentes sur le goût nouveau des collectionneurs français pour les sujets nordiques, et d’aborder la question des relations de Boucher avec les amateurs de son temps et leurs collections d’œuvres d’art. Célèbre de son temps mais dispersée à la mort du peintre, la collection personnelle d’œuvres nordiques de François Boucher est également évoquée.

L’exposition regroupe quatre-vingt œuvres, dont, de François Boucher, une dizaine de peintures, 29 dessins de techniques diverses (pierre noire, sanguine, plume et encre…) et 11 gravures. Ces œuvres proviennent de plusieurs grands musées français et étrangers. Parmi les peintures de Boucher, on peut ainsi voir ou revoir la Forêt conservée au musée du Louvre ainsi que la Vue de Tivoli avec le temple de Vesta et un Paysage avec cours d’eau conservés en Suède (musée national, à Stockholm, et musée de Linköping). Pour les peintres des écoles du Nord, la place prépondérante revient à des œuvres d’Abraham Bloemaert et de Nicolaes Berchem (notamment Les Deux Laboureurs, Londres, National Gallery – tableau qui a appartenu à Boucher), mais on peut admirer aussi des feuilles de Van Ostade, de Jordaens, de Van Dyck…

Le parcours de l’exposition, à la fois chronologique et thématique, s’organise selon les sections suivantes :

I.   Le goût de Boucher pour les Nordiques à travers ses collections. Brève évocation des tableaux et dessins de jeunesse avant son départ pour l'Italie (1728)
II.   La question des copies d’après Bloemaert, et de l’usage que Boucher en a fait en France 
III.  La copie d’après les Nordiques ; poursuite du travail de Boucher sur Bloemaert ; découverte d’autres artistes, grâce aux dessins des collections françaises
IV.  Les douze gravures des Cris de Paris d'après Boucher
V.   La Pastorale, une harmonieuse synthèse opérée par Boucher (1730 et 1740)
VI.  Boucher paysagiste après 1740
VII. François Boucher, ombres et lumière, réflexion sur Rembrandt, les dernières années (1760-1770)

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux, le musée Magnin, Dijon, et la Wallace Collection, Londres, où elle sera en partie présentée du 6 janvier au 6 mars 2005.

Commissaires : 
Françoise Joulie, chargée de mission au département des Arts graphiques du musée du Louvre et historienne de l’art spécialiste de l’œuvre de François Boucher.
Jo Hedley, conservateur des peintures antérieures à 1800, Wallace Collection, Londres.

Musée Magnin
4, rue des Bons-Enfants, 21000 Dijon

12/09/02

Praga Magica 1600, Musée Magnin, Dijon - L'art à Prague au temps de Rodolphe II

PRAGA MAGICA 1600
L'art à Prague au temps de Rodolphe II
Musée Magnin, Dijon 
12 septembre - 15 décembre 2002

Prague doit son éclat à un souverain qui a fait de cette ville une capitale des arts. Rodolphe II, empereur du Saint-Empire romain germanique, établit sa résidence permanente à Prague en 1583. Jusqu'en 1612, il constitue une prestigieuse collection privée et mène une politique active de commande publique pour la décoration du château. Rodolphe II attire à cet effet un ensemble d’artistes de haut niveau venus des Flandres, des Pays-Bas, d'Allemagne et de Suisse, qui sont généralement passés par l'Italie. L'empereur constitue ainsi un foyer artistique, que renforce son goût personnel pour la peinture d’histoire, la mythologie, l'érotisme, le style de Corrège et de Baroche, les "productions bizarres et merveilleuses de la nature". Le maniérisme y brille d'un dernier et superbe éclat, conjuguant les influences italienne et nordique, et ouvrant la voie au développement de l'art baroque tchèque.

Préparée en collaboration avec le château de Prague, l'exposition regroupe peintures, dessins, estampes et objets d’arts. Les principaux artistes ayant travaillé pour l’empereur mécène sont représentés : la peinture allégorique de B. Spranger côtoiera l'art plus aristocratique de H. von Aachen, les paysages de P. Stevens et R. Savery, l'histoire allégorique de D. de Q. von Ravesteyn, les naturalia de J. Hoefnagel.

Musée Magnin
4 rue des Bons Enfants, 21000 Dijon
Ouvert de 10h à 12h30 et de 14h à 18h (14 juillet et 15 août inclus)

09/06/98

Eloge de la clarté, Musée Magnin, Dijon - Un courant artistique au temps de Mazarin (1640 - 1660)

Eloge de la clarté
Un courant artistique au temps de Mazarin (1640 - 1660)
Musée Magnin, Dijon 
9 juin - 27 septembre 1998

Créé en 1938 par Maurice et Jeanne Magnin, le musée conserve un ensemble exceptionnel de peintures françaises du milieu du XVIIe siècle qui témoigne d’un goût affirmé pour des artistes alors peu connus. La présence dans cette collection du magnifique Poliphile au bain avec les nymphes de Le Sueur et des deux Putti musiciens de La Hyre est à l’origine de ce projet qui regroupe, pour la première fois en France, un ensemble de peintures, sculptures et dessins d’artistes s’inscrivant dans un courant original de l’art français des années 1640-1660, connu sous le nom d’atticisme.

Autour d’une dizaine d’oeuvres du musée, dont certaines ont été restaurées pour l’occasion, une quarantaine de peintures, dessins et sculptures prêtés par les musées français permettent de mieux définir ce courant.

Durant la période politiquement agitée qui va de la mort de Richelieu en 1642 au début du règne de Louis XIV en 1661, l’art à Paris évoque, paradoxalement, l’harmonie, la pureté et la clarté. Entre les grands décors de Rubens pour Marie de Médicis et ceux de Le Brun pour Louis XIV, ce moment constitue une parenthèse “ classique ” typiquement française.

Plusieurs grands peintres français du milieu du XVIIe siècle se forment dans l’atelier de Simon Vouet, qui, après avoir séjourné quinze ans en Italie, est de retour à Paris en 1627. A son contact, qu’ils soient allés ou non en Italie eux-mêmes, ces peintres s’imprègnent de l’art italien ; ils sont aussi influencés par les artistes italiens ayant travaillé à Paris, comme Romanelli et Gentileschi, dont la belle Diane chasseresse (Musée des Beaux-Arts de Nantes) est présentée à l’exposition. Mais à partir des années 1630, les élèves de Vouet se détournent de son style et s’orientent vers une peinture plus sereine. En 1648, nombre d’entre eux participent à la création de l’Académie royale de Peinture et de Sculpture. L’arrivée au pouvoir de Louis XIV en 1661 marque une orientation nouvelle : Le Brun, nommé Premier Peintre du Roi, privilégie un art plus mouvementé qui vise à la magnificence.

Les artistes évoqués dans l’exposition travaillent à des décors destinés aux hôtels de riches particuliers qui affichent leur attachement aux arts, les commandes publiques ayant été interrompues par la Fronde entre 1648 et 1653.

Brillant élève de Vouet, Le Sueur, que l’on a comparé à Raphaël, réalisa une série consacrée au Songe de Poliphile. Sur les cinq peintures aujourd’hui connues appartenant à cette série, trois sont présentées : Poliphile au bain avec les nymphes (musée Magnin, Dijon) , Poliphile assiste au triomphe de Bacchus (musée de Tessé, Le Mans) et Poliphile s’agenouillant devant la reine Eleuthérilide (musée des Beaux-Arts, Rouen).

Grâce au prêt exceptionnel du Metropolitan Museum of Art, à New York, l’Allégorie de la Musique de La Hyre retrouve ici ses parties latérales, le Putto jouant de la viole et le Putto chantant du musée Magnin. La poésie de cet ensemble reflète admirablement la peinture parisienne du milieu du XVIIe siècle. Des oeuvres de Vouet, Dorigny, Perrier, Stella, Bourdon et Philippe de Champaigne témoignent de l’importance de ce courant qui fut aussi marqué par Poussin.

Présentée dans le cadre privilégié de l’Hôtel Lantin, édifié au XVIIe siècle, cette exposition constitue un hommage à Jeanne et Maurice Magnin pour célébrer les soixante ans de la création du musée.

Commissaires : Emmanuel Starcky, conservateur en chef du musée des Beaux-Arts de Dijon, directeur du musée Magnin et Alain Mérot, professeur d’histoire de l’art moderne à l’université de Lille III

Publication : Catalogue de l’exposition, 112 pages, 76 illustrations dont 16 en couleur, éditions RMN, 120 F environ

L’exposition sera présentée du 28 octobre 1998 au 31 janvier 1999 au musée de Tessé, au Mans.

Musée Magnin
4 rue des Bons Enfants, 21000 Dijon