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20/04/24

Exposition Claude Gillot @ Musée Magnin, Dijon - "Comédies, fables & arabesques"

Claude Gillot
Comédies, fables & arabesques
Musée Magnin, Dijon
21 mars - 23 juin 2024


Dessinateur et graveur des dernières années du Grand Siècle, Claude Gillot (1673-1722) doit sa réputation à la fantaisie et à l’originalité de ses œuvres, préfigurant la liberté de ton et de mœurs de la Régence. Parodies, scènes de sorcellerie, farces et théâtre de foire ont fait de lui un artiste de la satire, de la comédie et des arts du spectacle

Rassemblant une centaine d’œuvres, l’exposition retrace pour la première fois en France la carrière et les multiples facettes de cet artiste encore méconnu, qui fut le maître d’Antoine Watteau. Aux prêts nombreux du musée du Louvre (peintures, dessins et estampes) s’ajoutent les généreuses contributions des musées de Langres, de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, de la Bibliothèque nationale de France, de la Bibliothèque royale de Belgique et de collectionneurs.

Les innombrables dessins de Claude Gillot, très recherchés des amateurs depuis le XVIIIe siècle, témoignent d’une intense activité dans un large éventail de domaines, l’illustration, le théâtre et l’opéra, le costume ou le décor intérieur.

Au cœur de son travail, un riche corpus graphique montre son goût pour la Comédie italienne, avec ses pantomimes, ses acrobaties et ses figures travesties. Costumier et décorateur pour l’Opéra à partir de 1712, Gillot fut aussi un ornemaniste de talent, œuvrant au renouvellement du répertoire de l’arabesque et collaborant en particulier avec Claude III Audran (1658-1734) pour des intérieurs privés.

Conçue et initialement prévue du 9 novembre 2023 au 26 février 2024 au musée du Louvre, l’exposition Claude Gillot avait dû fermer ses portes le 11 novembre dernier, suite à des infiltrations d’eau constatées dans certains espaces du pavillon de l’Horloge. Il était toutefois essentiel pour le Louvre qu’elle puisse être présentée au public, ce qui est désormais possible grâce au musée Magnin et à GrandPalaisRmn.

Exposition organisée par le musée national Magnin, Dijon, et GrandPalaisRmn, Paris, sur un projet original du musée du Louvre et avec son concours exceptionnel.

Commissariat général
Sophie Harent, Directrice du musée national Magnin

Commissariat scientifique
Hélène Meyer, Conservatrice générale au département des Arts graphiques, musée du Louvre
Xavier Salmon, Directeur du département des Arts graphiques, musée du Louvre 

MUSÉE MAGNIN, DIJON
Hôtel Lantin, 4 rue des Bons Enfants, 21000 Dijon

07/12/14

Bon Boullogne (1649-1717), Musée Magnin, Dijon - Un chef d’école au Grand Siècle

Bon Boullogne (1649-1717) 
Un chef d’école au Grand Siècle 
Musée Magnin, Dijon 
5 décembre 2014 – 5 mars 2015

Cette rétrospective a pour vocation de faire redécouvrir l’oeuvre de Bon Boullogne qui, avec Charles de La Fosse, Jean Jouvenet, Antoine Coypel et Louis de Boullogne, fut l’un des cinq plus célèbres peintres d’histoire de la fin du règne de Louis XIV. Lors des expositions Les Peintres du Roi-Soleil (1968), Les Amours des Dieux (1990), La Peinture française au Grand Siècle (1994), aucune peinture de Bon Boullogne n’était présentée.

La production de Jouvenet, La Fosse et Coypel nous est connue par de nombreux travaux ; le cabinet des arts graphiques du Musée du Louvre a consacré une exposition aux dessins de Louis de Boullogne en 2010. Bon Boullogne n’a quant à lui jamais été l’objet d’un travail de fond, ce qui tient sans doute à la difficulté à reconstituer son oeuvre. De fait, dès 1745, Dézallier d’Argenville avait remarqué le caractère protéiforme de la production de Bon Boullogne. Et s’il est vrai que son oeuvre tend à échapper aux méthodes de classement, il adopta néanmoins une manière relativement constante : passées les années 1690, un véritable répertoire formel commença à voir le jour. C’est ainsi qu’une trentaine d’oeuvres de sa main ont pu être identifiées dans les musées de France et collections privées.

L’oeuvre de Bon Boullogne est diversifié, tant du point de vue des genres que des techniques. Tantôt imite-t-il les grands Bolonais, tantôt réalise-t-il des pastiches des petits maîtres hollandais du Siècle d’or. Cette dimension insolite apparaîtra dans l’exposition, de même que le rôle considérable que Bon Boullogne joua sur le plan de l’enseignement. Non seulement la plupart des peintres français actifs au tournant du siècle furent formés dans son atelier, mais en multipliant les sujets mythologiques peuplés de nudités, Bon Boullogne posa également les bases du goût qui allait prévaloir dans la première moitié du XVIIIe siècle. L’exposition permet d’enrichir notre perception de l’histoire de l’art, au nom de laquelle une rupture aurait eu lieu à partir de la Régence. Dès les années 1690, les tableaux de Bon Boullogne montrent que la transformation était déjà en cours.

Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais et le musée Magnin.

Commissariat général : Rémi Cariel, conservateur en chef, directeur du musée national Magnin
Commissariat scientifique : François Marandet, historien de l’art, spécialiste de Bon Boullogne

MUSÉE MAGNIN 
4 rue des Bons-Enfants, 21000 Dijon

10/06/12

Exposition Etrange visage, Musée Magnin, Dijon - Portraits et figures de la collection Magnin

Etrange visage
Portraits et figures de la collection Magnin
Musée Magnin, Dijon
7 Juin – 7 octobre 2012

Les Magnin ont montré une prédilection pour le portrait : en témoigne leur abondance d'une part, la qualité de quelques tableaux qui font partie des chefs-d’œuvre de la collection d'autre part : un Portrait d'homme autour duquel les noms de Philippe de Champaigne et Simon Vouet sont prononcés, le Portrait de la fille aînée de l'artiste peignant son jeune frère de Claude Lefebvre, une Femme au collier de jais datant du début de la Restauration.

L'importance des portraits représentant sans emphase des personnes “ordinaires” dans ce qui fut une collection privée, a incité à choisir la dimension structurelle du visage, la “visagéité” (pour reprendre l'expression de Deleuze et Guattari) pour fil conducteur de l'exposition. Non exclusif de la dimension historique des œuvres – qui sera en particulier restituée dans certaines notices développées (et cartels) - nous voudrions aussi porter sur ces peintures ou dessins du XVIe au XIXe siècle un regard contemporain et anthropographique, plus fréquemment posé sur l'art moderne et extra-européen. Par quels moyens passe-t-on du visage au portrait (point de vue de l'artiste) et du portrait au visage (point de vue de la perception) ? Le propos de l'exposition vise à expliciter quelques données qui rendent compte du portrait comme une construction culturelle.

C'est pourquoi l'exposition est présentée de façon typologique : portraits et figures costumés, âges de la vie, regards obliques, profils, géométrie, portraits dans un paysage, autoportraits, chevelure, vêtements et accessoires, petits portraits, personnes représentées dans l'exercice d'une fonction, portraits intimes, la beauté en question. Dans cette perspective, on a également inclus les têtes d'étude et d'expression, qui enrichissent cette géographie du visage et du corps et permettent de mieux apprécier ce qui différencie une “figure” d'un portrait. Quelques œuvres de la photographe dijonnaise Virginie Marnat Leempoels, mises en rapport avec des peintures exposées, renouvellent le regard sur certains portraits et participent à l'invitation à redécouvrir cet objet étrange qu'est le visage.

L'exposition est constituée d'une sélection d'environ 40 dessins, terres cuites et miniatures, 150 peintures et 3 œuvres issues d’autres collections, toutes écoles confondues. Environ la moitié d'entre elles sont actuellement conservées en réserve et la plupart restaurées pour l'exposition.

Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais et le musée Magnin.

Commissaire : Rémi Cariel, directeur du Musée Magnin, conservateur en chef du patrimoine

Musée Magnin
4 rue des Bons-Enfants, 21000 Dijon

13/07/08

Exposition Charles Meynier (1763 - 1832), Musée Magnin, Dijon

Charles Meynier (1763 - 1832)
Musée Magnin, Dijon 
11 juillet - 12 octobre 2008

Cette première exposition monographique consacrée à Charles Meynier (1763-1832) est un projet ambitieux visant à présenter les oeuvres principales de ce peintre qui a participé à tous les grands projets décoratifs de l’Empire et de la Restauration.

Peintre érudit aux sujets rares et aux compositions allégoriques complexes, Charles Meynier mit ses qualités de dessinateur et de coloriste brillant au service des décors publics et privés qu'il réalisa. Sous la Restauration, il devient le peintre de plafonds par excellence. « Il est peut-être celui de tous qui a le mieux entendu la peinture de plafond, tant sous le rapport de la disposition pittoresque que sous celui de la perspective aérienne », a témoigné Fabien Pillet, ami de Charles Meynier.

La majorité des oeuvres importantes conservées dans les musées et les collections particulières seront exposées au musée Magnin. Au total ce sont vingt trois huiles sur toile et vingt neuf œuvres sur papier qui permettront d’illustrer la place de Meynier comme peintre d’histoire, portraitiste et décorateur.

Les plafonds du Louvre et les tableaux napoléoniens de très grand format, qui ne peuvent être déplacés, seront représentés par leurs esquisses.

Acteur de tout premier plan de la vie artistique sous l’Empire, artiste très célèbre de son vivant, Charles Meynier n’avait fait l’objet d’aucune étude complète. L’exposition, qui accompagne la publication chez Arthéna du catalogue raisonné de l’artiste par Isabelle Mayer-Michalon, devrait lui rendre justice.

Commissaire général : Rémi Cariel, conservateur du musée Magnin
Commissaire scientifique : Isabelle Mayer-Michalon 

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux, le musée Magnin, Dijon, et la bibliothèque-musée Marmottan à Boulogne-Billancourt, où elle a été présentée du 14 mars au 21 juin 2008

Musée Magnin
4 rue des Bons-Enfants, 21000 Dijon

14/10/06

Visions du déluge. De la Renaissance au XIXème siècle, Musée Magnin, Dijon

VISIONS DU DELUGE
De la Renaissance au XIXème siècle
Musée Magnin, Dijon 
11 octobre 2006 - 10 janvier 2007

Episode célèbre de la Genèse, premier livre de la Bible, le Déluge universel a été souvent représenté dans l’art occidental et de nombreuses œuvres sur ce sujet sont bien connues et publiées, mais aucune exposition ne lui a encore été consacré en France. 

L’ambition de l’exposition consiste à mettre en évidence une évolution remarquable où l’on voit un sujet d’histoire devenir un sujet de paysage. L’exposition montre aussi comment une même historia peut recevoir un traitement maniériste ou se prêter à une vision pré-romantique. Esthétiquement, il est intéressant de noter qu’un sujet violent, en adéquation avec le Sublime « horrifique » mis à l’honneur à la fin du XVIIIe siècle - époque d’un regain d’intérêt pour le thème - peut aussi s’ancrer dans un registre classique et relever du Sublime de simplicité d’un Poussin.

C’est pourquoi les catastrophes naturelles sont évoquées ici aux côtés du Déluge : à partir du XVIIIe siècle, ce sont dans les deux cas des visions terrifiantes de la nature qui rompent avec les canons de la beauté classique, deux effets comparables de la Providence ou de l’histoire de la Terre.

Dans le contexte de désacralisation progressive de la première moitié du XIXe siècle, l’intérêt artistique pour le sujet atteste de la persistance du Déluge comme événement fondateur.

L’épisode biblique est un sujet d’histoire fréquent dans les œuvres des XVIe et XVIIe siècles ; Raphaël et Michel-Ange peignent à fresque le moment dramatique de la montée des eaux, et leurs œuvres seront des modèles. De leur côté, sensibles à la dimension morale de l’épisode, les artistes nordiques s’attachent aux causes du déluge – l’humanité corrompue – et à la Nouvelle Alliance qui en résulte. Dans les représentations,  l’évocation de l’Arche de Noé - symbole du Salut, au delà de la fin de la première humanité - tend à gagner les lointains, tandis que les premiers plans sont occupés par des scènes manifestant la détresse humaine. Confrontés à la difficulté de représenter le chaos, les artistes trouvent avec la prolifération des corps des solutions de composition dans lesquelles domine le point de vue panoramique.

Le Déluge de Nicolas Poussin marque un tournant dans le traitement du sujet. Peinte entre 1660 et 1664, l’œuvre (représentée dans l’exposition par une copie ancienne) montre un « paysage tragique »,  où s’inscrit une promesse de renouveau. A la vision des corps accumulés se substitue une atmosphère grise et froide, à l’agitation, le calme et la prière – et la scène familiale prend une valeur exemplaire. Le paysage assume dès lors une valeur allégorique : celle d’une communauté de destin entre l’homme et la nature, qui sera abondamment discutée au siècle suivant.

Lorsque le thème suscite un nouvel engouement, durant les vingt dernières années du XVIIIe siècle,  le tableau de Poussin n’est pas oublié et les artistes continuent d’y puiser. Mais un retournement idéologique s’est produit : la référence religieuse tend à s’effacer au profit de sources littéraires (Salomon Gessner en Suisse, John Milton en Angleterre) dans lesquelles s’exprime la détresse individuelle. Le Déluge tend à devenir le support de scènes de genre tragiques ; elles attestent d’une inquiétude qui n’est peut-être pas sans rapport avec les bouleversements sociaux en cours ou à venir.

C’est ici que les catastrophes naturelles rejoignent le Déluge. L’homme y est également victime d’un décret divin ou d’une nature imprévisible. Si les représentations du Vésuve en éruption donnent souvent dans le pittoresque, celles des tremblements de terre de Lisbonne et de Messine expriment une conscience nouvelle de la précarité de l’existence humaine qui, conjuguée à la curiosité scientifique des Lumières, produit des œuvres dans lesquelles le spectacle « horrible » de la nature tient, comme le Déluge, de la catégorie esthétique du sublime telle qu’elle est définie par Edmund Burke en 1757.

En France, durant la première moitié du XIXe siècle, les scènes duelles ou familiales à tendance mélodramatique dominent l’interprétation du sujet. Le Déluge inspirant des paysages grandioses se développe particulièrement en Angleterre. La renaissance du débat entre science et religion sur l’origine de la terre et de l’homme transparaissent dans l’évocation d’une comète, des animaux antédiluviens ou des anges issus du texte de la Genèse.

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux, Paris, le musée Magnin, Dijon, et le musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne (où elle sera présentée du  2 février  au 29 avril 2007).

Commissaires : Rémi Cariel, directeur du Musée Magnin, et Sylvie Wuhrmann, historienne de l’art 

Musée Magnin, Dijon
4, rue des Bons-Enfants, 21000 Dijon

30/09/05

Péquignot et Girodet : une amitié artistique, Musée Magnin, Dijon

Péquignot et Girodet : une amitié artistique
Musée Magnin, Dijon 
27 septembre - 31 décembre 2005 

Jean-Pierre Péquignot (Baume-les-Dames, 1765 – Naples, 1807) effectue ses premières études d’art à Besançon, mais c’est probablement à Joseph Vernet qu’il doit son goût pour la peinture de paysage. Parti étudier à Rome, l’artiste y retrouve Anne-Louis Girodet-Trioson (Montargis 1767 – Paris 1824) qu’il fréquenta à Rome et surtout à Naples, de janvier 1793 à avril 1794. et à qui il transmit sa passion pour la peinture de paysage.

Les propos enflammés et connus de Girodet sur le paysage montrent qu’il en fut intensément marqué, notamment ce passage extrait d’une lettre envoyée de Naples à Madame Trioson le 1er mars 1793 : « C’était aux environs de Rome que je devais, cette année, me livrer à l’étude du paysage, genre de peinture universel, et auquel tous les autres sont subordonnés, parce qu’ils y sont renfermés. »

Et cet autre passage, d’un long poème intitulé Le Peintre, extrait de ses Œuvres posthumes, publiées en 1829 : 
Vois-tu ces monts lointains dont l’azur peint la cime,
Jeune artiste ? C’est là que des sites montagneux
T’offrent, tout composés, de sublimes tableaux.
C’est Vietri, c’est la Cave et Salerne et Nocère,
Beaux lieux, amours du ciel, délices de la terre,
Où les vieux chantres grecs, dans les siècles anciens,
Eussent voulu placer leurs Champs-Elyséens…
Mais, pour oser les peindre, il faut être un Virgile,
Un Guaspre, un Péquignot, un Saint-Pierre, un Delille
Le propos de cette petite exposition est d’essayer de comprendre :
- pourquoi « l’aspiration » d'Anne-Louis Girodet au paysage ne l’a pas incité à produire davantage dans ce genre pictural ;
- et pourquoi le dithyrambe que ce grand artiste fait de Jean-Pierre Péquignot n’a en rien changé la très modeste notoriété de ce dernier.
Une première section permet de confronter pour la première fois des dessins et petits tableaux de paysages de Girodet et de Péquignot. Elle sera particulièrement intéressante puisque plusieurs attributions sont aujourd’hui controversées et l’un des buts de ce dossier sera de les éclaircir. L’étroite amitié que les deux peintres ont entretenu durant au moins une année à Naples, faite de sorties communes assorties de séances de dessins in situ et d’échanges d’idées, peuvent expliquer les emprunts stylistiques de Girodet, peintre d’histoire confirmé, à Péquignot, peintre de paysage dont le caractère non-conformiste plaisait à un Girodet critique à l’égard des principes académiques. En particulier, l’extrême minutie du rendu de la végétation des premiers plans des paysages de Péquignot gêne aussi bien la doxa académique, fondée sur l’étude de la nature, que le sens de l’économie et la valeur morale que le néo-classicisme accorde au dessin.

A la faveur d’œuvres redécouvertes au cours des dernières années, la deuxième section permet d’explorer pour la première fois un corpus significatif d’œuvres peintes d’un artiste marginal, resté très méconnu depuis le discrédit qui suivit sa mort. Outre le raffinement de la facture, le style de Jean-Pierre Péquignot s’affirme dans l’insertion de figures ou scènes antiquisantes dans d’élégiaques « scénographies » qui inscrivent l’œuvre dans la tradition du paysage classique français (et italien) du XVIIème siècle. L’ensemble présenté sera l’occasion d’apprécier l’originalité d’un artiste, dont les œuvres, par la subtile progression des passages entre les plans et l’atmosphère idyllique créée par des lointains vaporeux, se distingue des compositions moins oniriques et plus compactes de ses compatriotes italianisant contemporains Bidault, Dunouy, Bertin ou Simon Denis.

Commissaire : Rémi Cariel, conservateur au musée Magnin

Musée Magnin, Dijon
4, rue des Bons-Enfants, 21000 Dijon

12/10/04

Boucher et les peintres du Nord, Musée Magnin, Dijon

Boucher et les peintres du Nord 
Musée Magnin, Dijon 
9 octobre - 14 décembre 2004

Quelque célèbre qu’il soit encore aujourd’hui, le peintre François Boucher (1703-1770) reste victime d’un préjugé défavorable dû à l’excessive diffusion d’un aspect fragmentaire de son œuvre, l’aspect « galant ». On oublie trop qu’il fut un artiste très complet qui, autodidacte, se forma d’une manière extrêmement méthodique et il convient, pour prendre la mesure de son œuvre, de revenir sur cette formation. Tel est le propos de cette exposition.

L’étude d’œuvres de peintres des écoles du Nord a joué un rôle déterminant dans la formation de François Boucher ; elle lui permit de se forger un style propre, qui sera adopté par toute l’Europe. Cette influence profonde s’est exercée de diverses manières : à vingt ans, François Boucher regarde Wouwerman et Berchem ; lors de son séjour en Italie, il copie Bloemaert ou s’en inspire ; plus tard, dans sa maturité, ce sont les dessins à la plume de Rembrandt qui retiennent toute son attention. En fait, l’influence de la peinture nordique est sensible dans l’ensemble de son œuvre.

Le tricentenaire de la naissance du peintre est l’occasion de traiter cet aspect méconnu de l’art de François Boucher. L’exposition et le catalogue qui l’accompagne permettent de faire le point des connaissances les plus récentes sur le goût nouveau des collectionneurs français pour les sujets nordiques, et d’aborder la question des relations de Boucher avec les amateurs de son temps et leurs collections d’œuvres d’art. Célèbre de son temps mais dispersée à la mort du peintre, la collection personnelle d’œuvres nordiques de François Boucher est également évoquée.

L’exposition regroupe quatre-vingt œuvres, dont, de François Boucher, une dizaine de peintures, 29 dessins de techniques diverses (pierre noire, sanguine, plume et encre…) et 11 gravures. Ces œuvres proviennent de plusieurs grands musées français et étrangers. Parmi les peintures de Boucher, on peut ainsi voir ou revoir la Forêt conservée au musée du Louvre ainsi que la Vue de Tivoli avec le temple de Vesta et un Paysage avec cours d’eau conservés en Suède (musée national, à Stockholm, et musée de Linköping). Pour les peintres des écoles du Nord, la place prépondérante revient à des œuvres d’Abraham Bloemaert et de Nicolaes Berchem (notamment Les Deux Laboureurs, Londres, National Gallery – tableau qui a appartenu à Boucher), mais on peut admirer aussi des feuilles de Van Ostade, de Jordaens, de Van Dyck…

Le parcours de l’exposition, à la fois chronologique et thématique, s’organise selon les sections suivantes :

I.   Le goût de Boucher pour les Nordiques à travers ses collections. Brève évocation des tableaux et dessins de jeunesse avant son départ pour l'Italie (1728)
II.   La question des copies d’après Bloemaert, et de l’usage que Boucher en a fait en France 
III.  La copie d’après les Nordiques ; poursuite du travail de Boucher sur Bloemaert ; découverte d’autres artistes, grâce aux dessins des collections françaises
IV.  Les douze gravures des Cris de Paris d'après Boucher
V.   La Pastorale, une harmonieuse synthèse opérée par Boucher (1730 et 1740)
VI.  Boucher paysagiste après 1740
VII. François Boucher, ombres et lumière, réflexion sur Rembrandt, les dernières années (1760-1770)

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux, le musée Magnin, Dijon, et la Wallace Collection, Londres, où elle sera en partie présentée du 6 janvier au 6 mars 2005.

Commissaires : 
Françoise Joulie, chargée de mission au département des Arts graphiques du musée du Louvre et historienne de l’art spécialiste de l’œuvre de François Boucher.
Jo Hedley, conservateur des peintures antérieures à 1800, Wallace Collection, Londres.

Musée Magnin
4, rue des Bons-Enfants, 21000 Dijon

12/09/02

Praga Magica 1600, Musée Magnin, Dijon - L'art à Prague au temps de Rodolphe II

PRAGA MAGICA 1600
L'art à Prague au temps de Rodolphe II
Musée Magnin, Dijon 
12 septembre - 15 décembre 2002

Prague doit son éclat à un souverain qui a fait de cette ville une capitale des arts. Rodolphe II, empereur du Saint-Empire romain germanique, établit sa résidence permanente à Prague en 1583. Jusqu'en 1612, il constitue une prestigieuse collection privée et mène une politique active de commande publique pour la décoration du château. Rodolphe II attire à cet effet un ensemble d’artistes de haut niveau venus des Flandres, des Pays-Bas, d'Allemagne et de Suisse, qui sont généralement passés par l'Italie. L'empereur constitue ainsi un foyer artistique, que renforce son goût personnel pour la peinture d’histoire, la mythologie, l'érotisme, le style de Corrège et de Baroche, les "productions bizarres et merveilleuses de la nature". Le maniérisme y brille d'un dernier et superbe éclat, conjuguant les influences italienne et nordique, et ouvrant la voie au développement de l'art baroque tchèque.

Préparée en collaboration avec le château de Prague, l'exposition regroupe peintures, dessins, estampes et objets d’arts. Les principaux artistes ayant travaillé pour l’empereur mécène sont représentés : la peinture allégorique de B. Spranger côtoiera l'art plus aristocratique de H. von Aachen, les paysages de P. Stevens et R. Savery, l'histoire allégorique de D. de Q. von Ravesteyn, les naturalia de J. Hoefnagel.

Musée Magnin
4 rue des Bons Enfants, 21000 Dijon
Ouvert de 10h à 12h30 et de 14h à 18h (14 juillet et 15 août inclus)

09/06/98

Eloge de la clarté, Musée Magnin, Dijon - Un courant artistique au temps de Mazarin (1640 - 1660)

Eloge de la clarté
Un courant artistique au temps de Mazarin (1640 - 1660)
Musée Magnin, Dijon 
9 juin - 27 septembre 1998

Créé en 1938 par Maurice et Jeanne Magnin, le musée conserve un ensemble exceptionnel de peintures françaises du milieu du XVIIe siècle qui témoigne d’un goût affirmé pour des artistes alors peu connus. La présence dans cette collection du magnifique Poliphile au bain avec les nymphes de Le Sueur et des deux Putti musiciens de La Hyre est à l’origine de ce projet qui regroupe, pour la première fois en France, un ensemble de peintures, sculptures et dessins d’artistes s’inscrivant dans un courant original de l’art français des années 1640-1660, connu sous le nom d’atticisme.

Autour d’une dizaine d’oeuvres du musée, dont certaines ont été restaurées pour l’occasion, une quarantaine de peintures, dessins et sculptures prêtés par les musées français permettent de mieux définir ce courant.

Durant la période politiquement agitée qui va de la mort de Richelieu en 1642 au début du règne de Louis XIV en 1661, l’art à Paris évoque, paradoxalement, l’harmonie, la pureté et la clarté. Entre les grands décors de Rubens pour Marie de Médicis et ceux de Le Brun pour Louis XIV, ce moment constitue une parenthèse “ classique ” typiquement française.

Plusieurs grands peintres français du milieu du XVIIe siècle se forment dans l’atelier de Simon Vouet, qui, après avoir séjourné quinze ans en Italie, est de retour à Paris en 1627. A son contact, qu’ils soient allés ou non en Italie eux-mêmes, ces peintres s’imprègnent de l’art italien ; ils sont aussi influencés par les artistes italiens ayant travaillé à Paris, comme Romanelli et Gentileschi, dont la belle Diane chasseresse (Musée des Beaux-Arts de Nantes) est présentée à l’exposition. Mais à partir des années 1630, les élèves de Vouet se détournent de son style et s’orientent vers une peinture plus sereine. En 1648, nombre d’entre eux participent à la création de l’Académie royale de Peinture et de Sculpture. L’arrivée au pouvoir de Louis XIV en 1661 marque une orientation nouvelle : Le Brun, nommé Premier Peintre du Roi, privilégie un art plus mouvementé qui vise à la magnificence.

Les artistes évoqués dans l’exposition travaillent à des décors destinés aux hôtels de riches particuliers qui affichent leur attachement aux arts, les commandes publiques ayant été interrompues par la Fronde entre 1648 et 1653.

Brillant élève de Vouet, Le Sueur, que l’on a comparé à Raphaël, réalisa une série consacrée au Songe de Poliphile. Sur les cinq peintures aujourd’hui connues appartenant à cette série, trois sont présentées : Poliphile au bain avec les nymphes (musée Magnin, Dijon) , Poliphile assiste au triomphe de Bacchus (musée de Tessé, Le Mans) et Poliphile s’agenouillant devant la reine Eleuthérilide (musée des Beaux-Arts, Rouen).

Grâce au prêt exceptionnel du Metropolitan Museum of Art, à New York, l’Allégorie de la Musique de La Hyre retrouve ici ses parties latérales, le Putto jouant de la viole et le Putto chantant du musée Magnin. La poésie de cet ensemble reflète admirablement la peinture parisienne du milieu du XVIIe siècle. Des oeuvres de Vouet, Dorigny, Perrier, Stella, Bourdon et Philippe de Champaigne témoignent de l’importance de ce courant qui fut aussi marqué par Poussin.

Présentée dans le cadre privilégié de l’Hôtel Lantin, édifié au XVIIe siècle, cette exposition constitue un hommage à Jeanne et Maurice Magnin pour célébrer les soixante ans de la création du musée.

Commissaires : Emmanuel Starcky, conservateur en chef du musée des Beaux-Arts de Dijon, directeur du musée Magnin et Alain Mérot, professeur d’histoire de l’art moderne à l’université de Lille III

Publication : Catalogue de l’exposition, 112 pages, 76 illustrations dont 16 en couleur, éditions RMN, 120 F environ

L’exposition sera présentée du 28 octobre 1998 au 31 janvier 1999 au musée de Tessé, au Mans.

Musée Magnin
4 rue des Bons Enfants, 21000 Dijon