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18/04/19

Chema Madoz @ Galerie Esther Woerdehoff, Paris

Chema Madoz
Galerie Esther Woerdehoff, Paris
26 avril - 29 mai 2019

Né à Madrid en 1958, Chema Madoz découvre la prise de vue et le tirage photographique en autodidacte au début des années 1980, dans l’effervescence créatrice de la Movida. Il commence à exposer ses oeuvres en 1983 tout en travaillant comme employé de banque. C’est au début des années 1990 qu’il choisit d’arrêter de photographier les personnes et les paysages pour se consacrer uniquement aux objets. Le photographe les glane dans les brocantes, les boutiques ou même les poubelles, aux hasards des rues.

Il dit « Avec la photographie, j’ai découvert la possibilité de mettre en évidence toutes les images qui me passent par la tête. Par sa brièveté et son intensité, la photographie est proche de la poésie. ». Avec la fragilité d’un nuage, d’un fil ou d’un papillon, les oeuvres de Chema Madoz nous plongent parfois dans un rêve éveillé, un instant figé grâce à la photographie. A la manière des haïkus japonais, leur simplicité n’est qu’apparente et invite à une méditation sur l’existence et l’impermanence.

Le processus de création commence par une idée, un croquis puis se concrétise en objet, presque une sculpture, avant la prise de vue et le tirage. Chema Madoz combine, assemble ou oppose les objets et c’est la photographie qui les révèle, en leur ôtant leur banalité en même temps que leur couleur. Chema Madoz travaille de manière traditionnelle, en moyen format avec un Hasselblad et en lumière naturelle. Son studio est un espace de création qui lui permet de travailler sur plusieurs oeuvres en même temps et de réunir les objets pour inventer d’autres rencontres.

La Galerie Esther Woerdehoff représente Chema Madoz en France depuis près de 15 ans. En 2018, elle a conçu une grande exposition rétrospective de son oeuvre au Château d’Hauterives - Palais idéal du Facteur Cheval. Dans la suite de cette rétrospective, elle présente un nouveau regard sur l’oeuvre de ce grand photographe accompagné d’une sélection de photographies inédites. 

Florence Pillet

GALERIE ESTHER WOERDEHOFF
36 rue Falguière, 75015 Paris
www.ewgalerie.com

25/08/16

Thomas Jorion @ Galerie Esther Woerdehoff, Paris

Thomas Jorion
Vestiges d’empire

Galerie Esther Woerdehoff, Paris
18 octobre - 26 novembre 2016


Thomas Jorion
THOMAS JORION 
Hôtel de la Marine ou hôtel des Mines, Antsiranana (Diégo-Suarez), Madagascar, circa 1920, 2014
Tirage fine art Canson Infinity rag, 96 x 120 édition de 8 ou 120 x 150 édition de 5
© Thomas Jorion, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Vestiges d’empire, les ruines de l’impérialisme français, voici la nouvelle série du photographe Thomas Jorion, exposée en exclusivité à la Galerie Esther Woerdehoff et accompagnée de la sortie d’un livre aux éditions de La Martinière. Déjà connu pour son travail sur les lieux abandonnés (publié sous le titre Silencio en 2013), le photographe français a parcouru le monde pour réaliser son nouveau projet sur l’histoire coloniale.

Si on est facilement charmé par les couleurs pastels des murs décrépits, l’élégance surannée de l’architecture et l’atmosphère qui résonne de lectures et d’aventures exotiques, Thomas Jorion nous rappelle ce chapitre de l’histoire de la France. Il a sillonné les continents, de la Louisiane à Shanghai, de la Guadeloupe au Sénégal, à la recherche d’un patrimoine oublié, sans ambition d’exhaustivité mais avec la volonté de faire un portrait sincère de l’ancien empire colonial français et de ses ruines.


Thomas Jorion
THOMAS JORION
Institution religieuse (Prabartak Ashram), Chandernagor, 1920, Inde, 2014
Tirage fine art Canson Infinity rag, 96 x 120 édition de 8 ou 120 x 150 édition de 5
© Thomas Jorion, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Un abîme sépare les grilles du bagne Saint Joseph en Guyane, l’intérieur d’une villa d’Indochine ou la façade du cinéma Rex d’Oran, ce sont pourtant les dernières traces de cet empire colonial. Tribunal, église, palais, cour d’immeuble, abattoir ou usine, la végétation luxuriante a parfois envahi les bâtiments, jusqu’à engloutir les constructions humaines sous les lianes et les racines. Pourtant malgré les murs lépreux et les fissures, ils sont souvent encore fréquentés et leurs habitants animent certaines photographies, apparitions contemporaines qui semblent reprendre possession des lieux.

A la manière des photographes du XIXe siècle partis en expéditions pour capter l’autre et l’ailleurs, Thomas Jorion adopte un dispositif lourd et encombrant. Il utilise une chambre photographique sur pied et a fait le choix désormais radical de fixer ses images sur les derniers plans films négatifs argentiques. Les photographies de Vestiges d’empire sont des portraits de lieux, des paysages, des vues d’architectures mais aussi des témoignages, vanités de l’histoire et du passé « glorieux » de l’Empire français. Exposées sous la forme de grands tirages spectaculaires, les photographies de Thomas Jorion ouvrent des fenêtres sur cet ailleurs, un passé oublié dont le présent demeure marqué.

Séance de dédicace par l’artiste de son nouveau livre Vestiges d’empire, aux éditions de La Martinière, textes de François Cheval et de Thomas Jorion (à paraitre en octobre 2016), le soir du vernissage [mardi 18 octobre 2016, de 18h à 21h].

Florence Pillet, 2016


Thomas Jorion
THOMAS JORION
Vestiges d’empire
Photographies de Thomas Jorion, textes de François Cheval, conservateur du Musée
Niépce de Chalon-sur-Saône et de Thomas Jorion (en français et en anglais)
240 pages - 59 euros
Editions de La Martinière

Galerie Esther Woerdehoff
36, rue Falguière - 75015 Paris
www.ewgalerie.com

13/09/15

René Groebli, Early Works, Galerie Woerdehoff, Paris

René Groebli, Early Works 
Galerie Esther Woerdehoff, Paris 
15 septembre - 23 octobre 2015

René Groebli, Sans titre, 1954, Série Das Auge der Liebe
Tirage argentique, 13 x 18 cm à 50 x 60 cm, vintage ou édition de 7
© René Groebli, Courtesy Galerie Esther Woerdehoff, Paris

La Galerie Esther Woerdehoff présente deux séries emblématiques des premiers travaux du photographe suisse René Groebli, né en 1927 : Magie der Schiene et Das Auge der Liebe. Voici la présentation de cette exposition rédigée par Florence Pillet.

René Groebli, Sans titre, 1949, Série Magie der Schiene
Tirage argentique, 13 x 18 cm à 50 x 60 cm, vintage ou édition de 7
© René Groebli, Courtesy Galerie Esther Woerdehoff, Paris

Magie der Schiene (la magie du rail) est son premier livre, publié à compte d’auteur en 1949. René Groebli est alors âgé de 22 ans, il commence sa carrière de photographe, voyage régulièrement hors de Suisse et prend le prétexte d’un trajet à bord de l’express Paris-Bâle pour réaliser ce travail personnel. Dans un style extrêmement audacieux, où l’on perçoit l’influence de la nouvelle objectivité et du Bauhaus et de l’école de Design de Zurich, Groebli crée une série profondément personnelle. Traversant la banlieue parisienne et la campagne française de l’après-guerre, René Groebli passe de la cabine du conducteur à l’intimité d’un wagon, fixe l’entrée des tunnels ou le tracés des lignes électriques dans le mouvement, photographie le travail des cheminots et les locomotives lancées à toute vapeur. Par le jeu du grain, du flou et du contraste, et une exploration méthodique de son sujet, René Groebli parvient à restituer la vitesse et le bruit du train, la dureté du métal et l’odeur du charbon, livrant une oeuvre expérimentale et radicale autour d’un sujet unique. 

René GroebliSans titre, 1949, Série Magie der Schiene
Tirage argentique, 13 x 18 cm à 50 x 60 cm, vintage ou édition de 7
© René Groebli, Courtesy Galerie Esther Woerdehoff, Paris

De cette recherche esthétique formelle et rigoureuse nait un livre rare, sélection de 14 photographies accompagnée d’un poème d’Albert Ehrismann, un exercice de style exceptionnel pour l’époque qui fait immédiatement entrer son auteur dans la cour des grands. Edité en allemand et en anglais à 1000 exemplaires, encore récemment célébré par Martin Parr dans son Photobook et toujours recherché par les collectionneurs, Magie der Schiene a marqué l’histoire de la photographie.


René GroebliSans titre, 1954, Série Das Auge der Liebe
Tirage argentique, 13 x 18 cm à 50 x 60 cm, vintage ou édition de 7
© René Groebli, Courtesy Galerie Esther Woerdehoff, Paris

Dans une approche radicalement différente, qui illustre la liberté de style que le photographe exercera tout au long de sa carrière, Das Auge der Liebe (L’Oeil de l’amour) retrace le voyage de noces de René Groebli et de sa femme, Rita, au début des années 50. Le couple s’étaient marié en 1951, mais le manque d’argent et de temps avait retardé leur voyage de noces. Trois ans plus tard, ils partent enfin célébrer leur amour à Paris et séjournent à Montparnasse dans un hôtel modeste. Le photographe prendra plus de 300 clichés, au Rolleiflex et au Leica. Le livre, publié en 1954, n’en retient que 25, sélection précise effectuée par René et Rita. Dans un noir et blanc doux et délicat, le photographe réinvente le nu et dévoile les jambes, les seins, le corps de son épouse mais aussi son visage, ses mains et le décor de l’histoire. Dans cette chambre d’hôtel modeste de la France de l’après-guerre : rideaux en dentelle à angelots, lits de fer et papiers peints à fleurs, où s’épanouissent pourtant leurs amours débutantes. Cette vision sensuelle de l’amour conjugal sera qualifiée à l’époque de pornographie par le journal local zurichois. Pour nous, c’est un poème érotique et sensible : le photographe nous fait entrer dans la chambre à coucher et cette intimité offerte à l’objectif est le plus beau témoignage de son amour.

Cette exposition présentera une sélection exceptionnelle de tirages vintage ainsi qu’une édition récente des photographies de ces deux séries, mises à l’honneur par la publication du livre René Groebli, Early Works (1945-1955) par les éditions Sturm & Drang.
Florence Pillet

Galerie Esther Woerdehoff
36 rue Falguière - 75015 Paris - France
mar. - sam. 14h - 18h
www.ewgalerie.com