Musée national Fernand Léger, Biot
6 octobre 2018 - 4 mars 2019
MUSEE NATIONAL FERNAND LEGER
Chemin du Val de Pôme - 06410 Biot
musees-nationaux-alpesmaritimes.fr
![]() |
| THEODORE GERICAULT |
Tobeen - Un poète du cubisme
Musée des Beaux-arts de Bordeaux
8 juin - 16 septembre 2012
L'oeuvre de Félix-Elie Bonnet dit TOBEEN (Bordeaux, 1880-1938, Saint-Valery-sur-Somme) est celle d'un peintre fortement imprégné de ses origines bordelaise qui participe activement au renouvellement artistique mené par les avant-gardes qui sont les acteurs de la naissance de l’art moderne.
Né à Bordeaux en 1880, Tobeen fait partie du cercle du collectionneur et mécène Gabriel Frizeau. Il gardera des liens d'amitié avec certains de ces intellectuels et artistes entourant l'esthète bordelais, comme le critique Olivier Hourcade et surtout André Lhote avec qui il partage très vite un grand intérêt pour le cubisme.
TOBEEN (1880-1938)
La nageuse, Collection privée
Courtesy Musée des Beaux-arts de Bordeaux
Il s'établit à Paris en 1907 et fréquente les artistes regroupés à Montparnasse, à la Ruche, foyer de l’avant-gardisme parisien, où il trouve un premier atelier. Cette même année, Pablo Picasso peint Les demoiselles d'Avignon et sonne le coup d'envoi du cubisme. Tobeen est aussi un proche du cercle de Puteaux, côtoyant Jacques Villon, Metzinger, Gleizes et prêche, comme eux, pour un art dont le "sujet devenait le métier" (Jacques Villon).
Dès 1911, il expose à Paris, au Salon des Indépendants dans la salle des cubistes. Mais c'est en 1912 qu'il se fait remarquer, au Salon de la Section d'Or où il présente onze oeuvres en compagnie du groupe qui, sous l'impulsion de Picabia, déferle rue de La Boétie, avec les grands noms de l’art moderne que sont Metzinger, Juan Gris, Gleizes, Marcel Duchamp, Marcoussis, Picabia, Fernand Léger, André Lhote ou encore Jacques Villon et Alexandra Exter.
Son oeuvre qui rencontre alors un grand succès est Les Pelotaris, déjà présentée au Salon des Indépendants de 1912 et acquise par le critique d'art Théodore Duret. Quant au critique du Mercure de France, Gustave Kahn, il juge le peintre "compréhensif, robuste, sculptural, dans ses Pelotaris".
Autre oeuvre remarquable, Le bassin dans le parc de 1913, acquise par Gabriel Frizeau et donnée au musée des Beaux-Arts de Bordeaux par son fils Jean en 1947. Tobeen pousse le cubisme jusqu'à l'abstraction, tout en suggérant, grâce à une touche légèrement mouchetée, les variations de lumière irisant un point d'eau. Guillaume Apollinaire, dans ses commentaires du Salon des Indépendants de 1913, note ses « efforts fervents vers le beau ».
La même année, Tobeen est sélectionné avec trois oeuvres à l’Armory show de New York, Chicago et Boston.
De cette phase cubiste, Tobeen conservera une vision synthétique de la nature qu'il appliquera aussi à la scène de genre et aux portraits. Il ne se départira pas de cette vision de constructeur, qu’il adoucit d’une touche mouchetée qui confère à ses oeuvres, notamment à ses bouquets, un aspect velouté captant la lumière dans une douce sensualité.
La fracture de la première Guerre mondiale entraîne, comme chez beaucoup de ses confrères, un abandon de l’avant-garde artistique. Mais l’adoption d’une figuration qui doit au cubisme une structuration de l’espace et une synthèse des formes maintient l’oeuvre de Tobeen dans la modernité.
Cette exposition rétrospective constitue un événement important dans la mesure où il s'agit de la première consacrée à l'artiste. Elle comprend une centaine d’œuvres, paysages, portraits, scènes de genre et natures mortes. Ces oeuvres proviennent d’institutions publiques ou de collections particulières de France, des Pays-Bas et de Belgique. Tobeen - Un poète du cubisme ne manquera pas de séduire par les thèmes mêmes que l'artiste aborde, notamment sa série consacrée au Pays Basque. Dans des gestes rituels, les pêcheurs ramènent le poisson, les femmes ravaudent les filets alors que dans le lointain brille le petit port de Socoa. Aucune mièvrerie dans cette peinture, mais une construction rigoureuse de rythmes géométriques que couleurs et matière harmonisent selon un songe intérieur. "La peinture doit être architectonique, décorative d'une surface sans recherche imitative, mais suggestive" écrit le peintre.
L'exposition Tobeen a été proposée au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux par deux chercheurs néerlandais, Edo et Rosella Uber. Les Musées des Pays-Bas sont en effet riches en oeuvres de l'artiste qui, de son vivant même, a exposé tant à Amsterdam, Rotterdam qu'à La Haye. Après sa présentation cet été à Bordeaux à la galerie des Beaux-Arts, Tobeen - Un poète du cubisme sera exposée cet automne 2012 au musée Flehite à Amersfoort, aux Pays-Bas.
MUSEE DES BEAUX-ARTS DE BORDEAUX : www.bordeaux.fr
Exposition : DANSER SA VIE, ART & DANSE DE 1900 à nos jours Centre Pompidou, Beaubourg, Paris
Jusqu'au 2 avril 2012
Les liens entre les arts visuels et la danse, depuis des années 1900 à aujourd’hui sont le sujet d'une exposition remarquable organisée actuellement au Centre Pompidou (galerie 1, niveau 6). L’exposition puise dans la tradition des grandes manifestations transdisciplinaires du Centre Pompidou que son Président, Alain Seban, a voulu réactiver. Sur plus de deux mille mètres carrés sont présentées près de 450 œuvres : des chefs-d’œuvre de l’art du XXème siècle, de Henri Matisse à Andy Warhol (voir la liste des artistes ci-dessous) ; des chorégraphies qui marquèrent des moments clefs d’un siècle de danse, de Nijinski à Merce Cunningham ; et des œuvres d’artistes contemporains inspirés par la danse, d’Olafur Eliasson à Ange Leccia.
Le titre Danser sa vie est emprunté à la danseuse Isadora Duncan, pionnière de la danse moderne : « Mon art est précisément un effort pour exprimer en gestes et en mouvements la vérité de mon être. (…) Je n’ai fait que danser ma vie », explique-t-elle dans son ouvrage Ma vie, publié en 1928.
Les commissaires de cette exposition sont Christine Macel, conservatrice en chef, en charge du département création contemporaine et prospective et Emma Lavigne conservatrice, département création contemporaine et prospective, assistées de Anna Hiddleston et Florencia Chernajovsky.
A travers un parcours en trois actes, l’exposition montre la passion de l’art et de la danse pour le corps en mouvement.
LES TROIS GRANDS VOLETS DE L'EXPOSITION
LA DANSE COMME EXPRESSION DE SOI, DE VASLAV NIJINSKI A MATTHEW BARNEY
L’invention d’une nouvelle subjectivité est explorée à travers la naissance de la « danse libre » dégagée du ballet classique avec Isadora Duncan. En Allemagne, à l’heure de l’expressionnisme et de la Freikörperkultur (la culture du corps libre), se noue un échange sans précédent entre artistes et danseurs qu’incarnent par exemple la danseuse Mary Wigman, les peintres Ernst Ludwig Kirchner et Emil Nolde.
Emil Nolde
Kerzentänzerinnen (Danseuses aux bougies), 1912
Huile sur toile - 100,5 x 86,5 cm
Neukirchen, Stiftung Seebüll Ada und Emil Nolde
© Nolde Stiftung Seebuell, Allemagne
Ernst Ludwig Kirchner, admirateur de Mary Wigman, la peint à plusieurs reprises.
Charlotte Rudolph
Mary Wigman dans Hexentanz, 1926
Photographie
Wichtrach/Berne, Galerie Henze & Ketterer& Triebold
A Hambourg, dans les années 1920, un couple météore, Lavinia Schulz et Walter Holdt, crée une oeuvre d’art totale récemment découverte, mêlant danse, costume et musique.
Lavinia Schulz and Walter Holdt
Toboggan Frau, 1923
Costume présenté sur un mannequin
1,67 m de hauteur environ.
Hambourg Museum für Kunst und Gewerbe (MKG)
De Vaslav Nijinski à Matthew Barney, de Mary Wigman à Kelly Nipper, l’art contemporain dialogue également avec les chefs-d’œuvre modernes.
DANSE ET ABSTRACTION, DE LOIE FULLER A NICOLAS SCHOFFER
La naissance de l’abstraction est envisagée à travers les inventions de Loïe Fuller, ou par la façon dont Kandinsky, les cubistes, les futuristes, le Bauhaus et les avant-gardes russes s’emparent de la danse. Certains artistes, comme Sophie Taeuber-Arp, pratiquent à la fois danse et arts plastiques.
« Elle dansait et rêvait, un triangle, un rectangle, un rectangle dans un cercle, un cercle dans un cercle, un cercle qui luit, un cercle qui sonne, un rectangle immobile avec beaucoup de petits cercles sonnants, elle rêvait nuit et jour de cercles vivants. » Jean Arp au sujet de Sophie Taeuber-Arp
Photographie de Sophie Taeuber-Arp dansant avec un masque de Marcel Janco au Cabaret voltaire, Zürich, 1916
Photographe anonyme, épreuve gélatino-argentique
Clamart, Fondation Arp, Maisons-ateliers Jean Arp et Sophie Taeuber
Des artistes dialoguent avec des danseurs, comme Kandinsky avec Gret Palucca. Ballets mécaniques notamment avec Oskar Schlemmer, inventions cinétiques et ballets virtuels achèvent cette histoire avec les recherches de Nicolas Schöffer et d’Alwin Nikolais. Cette section présente aussi Movement Microscope, 2001, une oeuvre inédite d’Olafur Eliasson conçue pour l’exposition.
DANSE ET PERFORMANCE, DE DADA A JEROME BEL
Un dernier volet évoque les liens de la danse avec l’art de la performance, et réciproquement : depuis les premières actions dadaïstes du Cabaret Voltaire jusqu’à l’invention des tasks (gestes empruntés à la vie quotidienne) par la danseuse Anna Halprin, en passant par les happenings d’Allan Kaprow et les recherches du Black Mountain College de Caroline du Nord (Etats-Unis). Dans les années 1960, Merce Cunningham dialogue avec Jasper Johns, ou encore Andy Warhol. Un ensemble d’œuvres et de documents évoque le Judson Dance Theater à New York, puis dévoile l’influence sur l’art de la culture populaire du clubbing et de la techno.
Jan Fabre
Quando l’uomo principale è una donna, 2004
Filmé par Charles Picq à la Maison de la Danse, Lyon, 2004
Film 16 mm, couleur, sonore
Direction, scénographie et chorégraphie : Jan Fabre
Danseuse : Lisbeth Gruwez
OEUVRES LIVE
L’exposition active l’oeuvre Untitled (Go-Go Dancing Platform), 1991 de Felix Gonzalez-Torres.
Felix Gonzalez-Torres
Untitled (Go-Go Dancing platform), 1991
© Kunst Museum St. Gallen, Saint Gall
Cette oeuvre de Felix Gonzalez-Torres est activée 5 min par jour pendant toute la durée de l’exposition
et l’installation Instead of allowing some thing to rise up to your face dancing bruce and dan and other things, 2000 de Tino Sehgal pour un danseur. Trisha Brown (avec le soutien du Centre National de la Danse, Paris, et du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris) réactive l’œuvre Planes datant de 1968 (10 séances). De jeunes artistes contemporains donnent également à voir la danse en live. Davide Balula réalise Mechanical Clock for 60 dancers, une performance qui prend la forme d’une horloge mécanique où 60 danseurs incarnent littéralement le passage du temps (1 séance). Alex Cecchetti réalise pour le Centre Pompidou The Conversation of the Arrows, 2011 qui réunit cinq danseurs dans un chassé-croisé d’exercices ludiques laissant la place à l’improvisation.
PUBLICATIONS
Trois ouvrages sont publiés aux éditions du Centre Pompidou sous la direction de Christine Macel et Emma Lavigne accompagnent cette manifestation :
Un catalogue de référence de 320 pages avec illustrations couleurs et essais par des spécialistes : Marc Dachy, Douglas Crimp, Marcelle Lista, Pascal Rousseau, Norbert Servos, Adrien Sina…
Danser sa vie. Art et danse de 1900 à nos jours, Catalogue de l’exposition
Sous la direction de Christine Macel et d’Emma Lavigne,
Editions du Centre Pompidou, Paris
270 ill. couleurs, 22 x 28 cm, broché, 320 pages, 49,90 €
Danser sa vie. Ecrits sur la danse
Sous la direction de Christine Macel et Emma Lavigne
Parallèlement au catalogue, cet ouvrage propose une compilation inédite de textes capitaux autour de la danse, provenant de sources très diverses, de Nietzsche à Mary Wigman, en passant par Maurice Béjart et Henri Michaux. Editions du Centre Pompidou, Paris, 12 x 18,5 cm, broché, 240 pages, 19 €
Danser sa vie. Art et danse de 1900 à nos jours
Sous la direction de Christine Macel et Emma Lavigne
Editions du Centre Pompidou, Paris
Parcours illustré de l’exposition. Bilingue français / anglais
60 pages, 70 illustrations
EN RESONANCE AVEC L'EXPOSITION DANSER LA VIE
Parallèlement à l’exposition, le Centre Pompidou propose une programmation de Spectacles vivants riche en danse contemporaine, couvrant une large palette de propositions et d’approches du corps en mouvement : Meg Stuart, Maria La Ribot, Olga de Soto, Myriam Gourfink, Herman Diephuis…
Le Festival Vidéodanse présente les oeuvres de 150 chorégraphes à travers une programmation de 250 films qui retracent une histoire de la danse moderne et contemporaine.
Un programme de conférences et des cycles de Prospectif Cinéma et Vidéo et après sont organisés en lien avec l’exposition.
L’installation interactive de Richard Siegal If/Then, 2001, sera présentée dans le Forum du Centre Pompidou.
LE CENTRE POMPIDOU sur internet : www.centrepompidou.fr
Frick Director Bill Bodine comments, “The Frick’s presentation of Storied Past: Four Centuries of French Drawings from the Blanton Museum of Art reflects an institutional interest in French art established by Helen Clay Frick, founder and benefactor of the museum. We are delighted to be the first museum to host this exhibition of the Blanton’s magnificent drawings, many of which are unpublished and unfamiliar to the art world at large. This exhibition also provides us with the opportunity to highlight select French drawings and paintings in our collection that were purchased by Miss Frick and relate to the body of work on loan from the Blanton Museum of Art.”
Exposition VALERIE BELIN, Black-Eyed Susan
Galerie Jérôme de Noirmont, Paris
Jusqu'au 27 janvier 2011
VALERIE BELIN, PHLOX NEW HYBRID (WITH DAHLIA REDSKIN), 2010
Impression pigmentaire sur papier marouflé sur Dibond
Edition à 3 exemplaires et 1 épreuve d´artiste. 164 x 130 cm.
© Valérie Belin. Courtesy Galerie Jérôme de Noirmont, Paris.
Où femmes et fleurs fusionnent...
La photographie vit aujourd’hui les mêmes bouleversements que la peinture à l’époque où la photographie est apparue ; la peinture n’eût alors plus besoin de reproduire le réel, elle devint abstraite…
S’inscrivant dans le prolongement des investigations de l’artiste sur la nature hybride de la photographie, Valérie Belin nous dévoile le fruit de ses dernières expérimentations dans cette nouvelle exposition présentée à la galerie depuis le 1er décembre jusqu’au 27 janvier 2011 : une nouvelle série où des visages de femmes se mélangent de manière quasi-fusionnelle avec des bouquets de fleurs…
La naissance de la photographie à la fin du 19e siècle donna à la peinture une nouvelle liberté, l’affranchissant de son rôle de représentation du réel, de transcription d’une vérité, et lui offrit de nouveaux développements en l’obligeant à une remise en question du sujet.
Aujourd’hui, ce nouveau travail de Valérie Belin s’inscrit dans un même questionnement autour du médium: initialement conçue pour reproduire la réalité – en particulier dans l’art du portrait – la photographie s’ouvre maintenant à des perspectives inédites de création, grâce aux nouvelles technologies de l’image qui lui ôtent tout caractère analogique et lui permettent de devenir virtuelle, abstraite et intemporelle.
A l’instar de la musique électronique née avec l’apparition de nouveaux instruments et de nouvelles techniques musicales, l’artiste élabore ainsi un nouveau vocabulaire plastique en utilisant des techniques digitales reconnues de façon inédite. Loin de leur rôle initial de correction et de retouche, les technologies de l’image ouvrent en effet aujourd’hui de nouveaux horizons de création, avec la possibilité de créer des images totalement irréelles.
Valérie Belin travaille ici en deux temps : elle réalise deux images distinctes, d’abord le portrait d’une femme élégante dans une esthétique très années 50, puis un bouquet de fleurs qui sera associé au portrait pour constituer l’oeuvre finale en « incrustant » les deux images l’une dans l’autre. Résulte de cette imbrication une image surprenante, évoquant une forme particulièrement sophistiquée de surimpression.
Les femmes choisies pour cette série sont des femmes élégantes, sélectionnées pour leur beauté formelle et plastique, dans un style se référant aux codes esthétiques des années 50, avec des formes rigides, artificiellement « montées », qui rappelle certaines icones conventionnelles de l’époque. L’artiste les a « décorées » de parures, maquillages et coiffures afin qu’elles entrent en relation avec les formes baroques des fleurs1. Les vagues et volutes des cheveux, les formes rondes des colliers de perles, la chromie des maquillages assurent alors le dialogue avec les fleurs et feuillages, qui prennent l’apparence d’ornements surajoutés au visage et à la peau.
Dans un même souci de formalisme, voulant recréer avec les bouquets de fleurs une sorte de trame végétale et décorative dans laquelle le visage de la femme s’inscrit comme faisant partie d’un tout, comme dans un papier peint, l’artiste a choisi des fleurs au dessin simple et précis, utilisé ici pour son caractère purement graphique.
La gamme colorée est réduite à deux ou trois nuances, avec une prédominance du noir, évoquant la mise en couleur simplifiée de la BD et apparaissant ici comme un fard apposé à la surface des choses.
Dans chacune des images de cette série, Valérie Belin s’est appliquée à créer une équivalence dans l’image entre femmes et fleurs, en travaillant à la fois par addition de formes et soustraction d’informations. Femmes et fleurs se voient ainsi attribuer la même importance et le même statut de pur décor. Cette surenchère de décor semble placer l’image dans une esthétique totalement formaliste, le sujet se dérobant sous les effets de style.
Tout au long de sa carrière, l’artiste a remis en question les frontières entre réel et virtuel, depuis les Verres (1993) et miroirs de Venise I et II (1997) jusqu’aux Mannequins (2003), Modèles et Métisses (2006), dans le cadre général d’une investigation sur les limites de la photographie. Ses œuvres photographiques ont toujours eu un caractère surréel, obtenu par des effets d’optique ou par un surdimensionnement du sujet. Dans ses séries récentes comme Lido (2007) ou les Têtes Couronnées (2009), l’artiste choisissait des sujets ayant une image forte, un fort pouvoir de représentation, qualités mises en valeur dans un traitement totalement onirique du portrait grâce à des technologies nouvelles et différentes selon la série.
Aujourd’hui, Valérie Belin poursuit sa quête « surréaliste » autour de cette nouvelle hybridation du medium photographique en repoussant une fois encore les frontières de la création, la technique devenant le sujet même de sa création. N’est-il d’ailleurs pas amusant de constater qu’elle retrouve ici dans une certaine forme de « transparence » les recherches plastiques qu’effectuait Picabia au début du XXe siècle, artiste qui a toujours inspiré Belin dans sa perpétuelle remise en question de la peinture ?
Galerie Jérôme de Noirmont, Paris
Oeuvres exposées
11 œuvres de Valérie Belin sont présentées lors de cette exposition. Ces oeuvres sont toutes datées 2010. Chaque image est de format 164 x 130 cm. Impression pigmentaire sur papier marouflé sur aluminium. Edition limitée à 3 exemplaires et 1 épreuve d’artiste.
EXPOSITIONS VALERIE BELIN sera aussi présente lors de la prochaine exposition à la Galerie Jérôme de Noirmont, ALREADY-MADE ? une exposition collective, 4 février - 24 mars 2011. A l'approche de l'été 2011, Valérie Belin présentera son travail à la Sikkema Jenkins & Co Gallery, New York, 21 Mai - 2 Juillet 2011
CATALOGUE Pour ceux et celles qui apprécie le travail de Valérie Belin, on ne saurait trop recommander le catalogue édité par la Galerie Jérôme de Noirmont lors de la dernière exposition de l'artiste à la galerie (7 Novembre 2008 - 31 Janvier 2009). Ce catalogue d'exposition reproduit l'ensemble des oeuvres qui avaient alors été présentées : la série de photographies d'une danseuse du Lido, la série de photos de magiciens et une troisième série consacrée aux bouquets de fleurs. Ce catalogue qui est une édition limitée à 2000 exemplaires est pour l'instant encore disponible à la galerie Jérôme de Noirmont. Les oeuvres de Valérie Belin sont accompagnées dans ce catalogue d'un texte bilingue français/anglais très éclairant de Larisa Dryansk.
© & courtesy Valérie Belin – Galerie Jérôme de Noirmont, Paris
VALERIE BELIN
Edité par la Galerie Jérôme de Noirmont, Paris
Texte bilingue français/anglais de Larisa Dryansk
Publication : octobre 2008
Edition limitée à 2000 exemplaires
34 x 27,3 cm - 52 pages
16 illustrations pleine page noir et blanc
ISBN : 2-912303-28-1 - 30 EUR
GALERIE JEROME DE NOIRMONT
36-38 avenue Matignon
75008 PARIS
Corps α corps
MBA - Musée des Beaux-Arts, Dunkerque
Jusqu’en Octobre 2011
Affiche de l’exposition au MBA de Dunkerque. Sur l’affiche, une photo de Nicole Tran Ba Vang, Sans titre 06, série Collection printemps/été 2001, 2001 © ADAGP, Paris 2010. Courtesy MBA de Dunkerque / Ville de Dunkerque.
Quatrième invitation à explorer la diversité des collections des musées de Dunkerque, Corps α corps met en exergue le corps, objet de tous les fantasmes et désirs, sujet de fascination des artistes depuis des temps immémoriaux. Commencée en mai, cette exposition ce termine ce mois-ci.
Avec les deux affiches ci-dessus et ci-dessous, le Musée des Beaux-Arts de Dunkerque souligne parfaitement sa volonté de mettre en lumière la diversité des approches du corps par les artistes. Cette différence peut être liée aux changements culturels d’une époque à une autre. Mais parmi les artistes d’une même époque, les différences sont également importantes.
Affiche de l’exposition au MBA de Dunkerque. Sur l’affiche, une peinture de Charles Zacharie Landelle, Suzanne au bain, 19e siècle © Pierre Moine. Courtesy MBA de Dunkerque / Ville de Dunkerque.
Oeuvre figurant sur la seconde affiche. Charles Zacharie Landelle, Suzanne au bain, 19e siècle © Pierre Moine. Courtesy MBA de Dunkerque / Ville de Dunkerque.
Certains diront que le sujet a été maintes fois rebattu. Pourtant, les démarches d’artistes contemporains tendent à prouver que cette fascination est toujours d’actualité puisqu’elle est cœur de leurs recherches artistiques. A croire que le sujet est inépuisable. Car depuis les représentations des plus classiques, proches d’un réalisme extrêmement codifié, les représentations du corps ont donné lieu à diverses partitions artistiques, à leurs débuts scandaleuses, qui continuent aujourd’hui d’alimenter le débat.
Qu’il est pourtant loin le temps où pudeur et mœurs contraignaient les artistes à se plier aux règles de bienséance. Le chemin parcouru depuis leur laisse une liberté d’expression sans entrave mais cela ne signifie pas pour autant que leur démarche emporte systématiquement l’adhésion de chacun.
Joseph Felon, Andromède, 1849
© Philippe Beurtheret. Courtesy MBA Dunkerque
Le corps est l’une des données constitutives de l’existence humaine : c’est dans et avec son corps que chacun de nous naît, vit et meurt. C’est dans et par son corps qu’on s’inscrit dans le monde et que l’on rencontre autrui. À la fois objet matériel qui s’inscrit dans le devenir et le paraître et objet que nous sommes (signe de notre humanité et de notre subjectivité) le corps trouve tout son intérêt lorsqu’on cherche à comprendre ce qu’est l’homme. C’est ce qui intéressait le musée et c’est ce que l’exposition Corps α Corps cherche à montrer : comment le corps, objet de multiples représentations et aussi d’obsessions dans notre civilisation contemporaine, objet aussi d’enjeux extrêmement divers, de l’initiation rituelle à la séduction ou même à la domination, incarne-t-il la personne humaine au sein du monde dans lequel elle vit ?
Aristide Emilie Numa Bourel, L’Ecorcheuse de raies, 1875
© Jean-Claude Mallevaey. Courtesy MBA Dunkerque
L’exposition du musée des Beaux-Arts offre un parcours en cinq volets présentant diverses approches.
- Corps, parure, apparence
- Corps, séduction, sensualité
- Corps, tension, énergie
- Fragments, morceaux, é-cor-chures
- Corps émergents, corps évanescents
Le point de départ de ces questionnements est la collection des musées de Dunkerque, enrichie d’œuvres d’autres institutions de l’Euro-région, musées, FRAC, de galeries, de chercheurs, d’artistes ou de collectionneurs ; celles-ci viennent renforcer ou éclairer les différentes séquences (voir liste des prêteurs ci-dessous).
Tony Oursler, How does it feel, 1995
Installation vidéo © Tony Oursler.
Courtesy MBA Dunkerque
Commissaires de l’exposition
Aude Cordonnier, conservateur en chef
Claude Steen-Guélen, attaché de conservation
Nadia Rambaud, chargée de médiation
Avec l’assistance de Pauline Lourdel, étudiante en master à Paris
Listes des prêteurs
Musée/site archéologique départemental, Bavay ; Château-musée, Boulogne-sur-Mer ; Musées royaux d’art et d’histoire de Belgique, Bruxelles ; Musée des Beaux-Arts, Calais ; Musée de la Chartreuse, Douai ; Musée du Dessin et de l’Estampe originale, Gravelines ; Musée départemental Henri Matisse, Le Cateau-Cambrésis ; Musée d’Histoire naturelle et d’Ethnographie, Lille ; Musée du Quai Branly, Paris ; Musée de l’Hôtel Sandelin, Saint-Omer ; Musée départemental -Atelier du Verre, Sars-Poteries ; Musée des Beaux-Arts, Valenciennes ; FRAC Nord-Pas de Calais ; Galerie Serge Le Borgne, Paris ; Henri Cueco ; Angèle Etoundi Essamba ; Bertrand Gadenne ; Nicole Tran Ba Vang ; Jabiru Prod, Toulouse ; Terredocs, Toulouse ; Maïté et Paul Dequidt, Wormhout ; Eugène-Jean Leroy
INFORMATIONS PRATIQUES
Musée des Beaux-Arts
Place du Général-de-Gaulle - 59140 Dunkerque
Dates et horaires: Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 12h15 et de 14h à 18h. Fermé le 1er mai, le 15 août, le 1er novembre, les 24 et 31 décembre après-midi, le 25 décembre.
Tarifs : Billet commun pour le LAAC et le musée des Beaux-Arts, valable 7 jours. Entrée individuelle : 4 € 50 / Tarif réduit : 3 € / Tarif 18-25 ans : 1 € 50. Gratuit pour les moins de 18 ans et chaque premier dimanche du mois.
Pasqua L'insaisissable
Film documentaire inédit de Nicolas Reynal
sur l’artiste Philippe Pasqua
Diffusé sur France 4 le 2 juin 2010 à 22h30
Réalisateur : Nicolas Reynal
Producteurs : Marc Rousseau & Jérôme Cheval
Produit par : Films Concept Associés
« Pasqua l'insaisissable », c'est le quotidien d'un artiste contemporain français en plein essor et qui dépense sans compter pour ses oeuvres, comme pour ses loisirs. Son dernier projet est encore plus démesuré : prendre sa propre Ferrari pour la gainer de cuir avant de la faire entièrement tatouer et de la fixer au mur.
Né en 1965, PHILIPPE PASQUA est un artiste autodidacte qui participe au renouveau de l'art figuratif français. Sur des toiles monumentales chargées de matière, il représente la figure humaine. Depuis quelques mois, il sculpte des têtes de mort géantes en marbre de Carrare et des crânes d'hippopotame en chrome. Sa cote ne cesse de grimper tant en peinture qu'en sculpture, les expositions s'enchaînent dans le monde entier, et les grands collectionneurs lui passent commande.
La singularité de Philippe Pasqua ne se retrouve pas seulement dans ses oeuvres. Son rythme de vie (il ne se déplace qu'en jet privé), ses loisirs (il est passionné de voitures de sport), son lieu d'habitation (un loft de 1500 m2) et ses fréquentations (une galerie de personnages étonnants) échappent à toute norme. Perfectionniste et en constante recherche de nouveaux projets délirants, il incarne parfaitement une certaine image de l'artiste du 21ème siècle, celle d'un homme d'affaires créatif en perpétuel mouvement.
Philippe Pasqua expose depuis le début des années 90, et désormais ses oeuvres se vendent très cher. Son atelier-loft de 1500 mètres carrés meublé par les plus grands noms du design est jonché de pinceaux. C'est normal, à chaque coup de pinceau, il jette l'outil. Passionné de voitures rapides, de paint-ball, de jet privés, de villas somptueuses, de yachts et d'hélicoptères, sa vie est une succession d'événements extraordinaires et de démesure.
Le réalisateur, Nicolas Reynal, a eu l'opportunité unique de suivre pendant plusieurs mois le quotidien de ce peintre et sculpteur français dont la cote ne cesse de monter. Alors que le milieu de l'art contemporain apparaît uniquement comme un univers spéculatif où seule l'extravagance semble payante, il paraît intéressant de suivre pas à pas les étapes de création et de commercialisation des oeuvres d'un artiste en pleine ascension. Grâce à une immersion au coeur de ce processus, ce film décrypte les codes et le mode de fonctionnement du marché de l'art contemporain, tenter de comprendre comment la cote d'un artiste évolue, et quelle influence ce marché exerce sur la création.
Source : France 4 – www.france4.fr