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05/11/25

Exposition Paul Sietsema @ Galerie Marian Goodman, Paris

Paul Sietsema 
Galerie Marian Goodman, Paris 
18 octobre - 20 décembre 2025

Paul Sietsema Art
Paul Sietsema 
Arrangement, 2025 
Peinture émail sur lin 
121.9 x 121.9 x 2.9 cm (48 x 48 x 1 1/8 in.)
© Paul Sietsema, courtesy Marian Goodman Gallery

La Galerie Marian Goodman à Paris présente actuellement la deuxième exposition personnelle de l'atiste américain Paul Sietsema en France. Cette exposition rassemble des oeuvres nouvelles et plus anciennes, dont deux films 16 mm. Le travail de Paul Sietsema explore la nature complexe de la représentation, en examinant comment le sens se construit à l'intersection de l'image et de la matière. Si l'art est une forme de langage culturel, l’artiste adopte une approche dialectique qui interrompt, détourne ou reconfigure le flux naturel de la communication.

Sept oeuvres créées cette année sont exposées au rez-de-chaussée de la galerie. A première vue, chacune d'entre elles représente un objet familier – un téléphone, une pièce de monnaie, un pinceau, etc. – et pourtant, de par différents dégrés de mises à distance propres au procédé de Paul Sietsema, ces images apparaissent comme des spectres ou des réceptacles de ces représentations. Ces reliquaires se déploient de manière critique pour redéfinir leur fonction, à mesure qu’ils évoluent dans le temps au sein d’un système dont la constante mutation dépend des valeurs culturelles héritées du passé. Object painting (2025), figure une machine obsolète, conçue dans sa physiologie pour permettre au corps humain de transformer une action laborieuse en langage. Le téléphone à cadran, déconnecté, de Arrangement (2025) évoque, quant à lui, la dimension métaphysique de la peinture tout en suggérant un potentiel de transmission et d’échanges réels, rendu ici irréalisable. 

A travers ces oeuvres, Paul Sietsema représente ou présente des matières premières : métal, toiles naturelles et peinture dans leurs formes les plus brutes. Dans cette optique, réfléchissant à la valeur symbolique de la peinture, Gray painting (2025) est une composition abstraite et monochrome qui joue des codes du matérialisme concret et laisse apparaître certaines parties de la toile vierge. Cette oeuvre renvoie tant à un travail antérieur de l’artiste qu'à la peinture abstraite du milieu du XXe siècle, période durant laquelle la peinture est passée d’un statut spirituel et politique à celui d'une monnaie culturelle dotée d'une valeur symbolique. De même, Action painting (black line) (2025) et Action painting (white on black) (2025) évoquent la portée emblématique du geste pictural autonome dans la peinture abstraite occidentale et de la valeur qui lui est attribuée. Action painting (black line), représentant l'image peinte d'une pièce de monnaie répandant une trainée de peinture sur la toile, met en parallèle le commerce et la valeur d'échange de l’oeuvre avec une action concrète.

Les oeuvres Action painting (black line) et Figure ground study (white on white) (2025) ont été peintes au verso d’imitations de tableaux de Jackson Pollock achetées sur des sites d'enchères en ligne, estampillées de faux tampons d'authenticité. Dans Figure ground study (white on white) (2025) et Arrangement (2025), des fragments de CD et de vinyles brisés ont été recouverts de peinture. Les objets initiaux sont littéralement et métaphysiquement ‘réduits au silence’ par les différentes interventions opérées par l’artiste, marquant leur transformation d'objet en image.

Au sous-sol de la galerie est présentée une sélection d'oeuvres datant de 2009 à 2020. Les ‘date paitings’ 1992 (2015) et 1994 (2015) ont été réalisées, entre autres outils de retouche photo argentique, avec un pinceau enduit de liquide de masquage au latex et un aérographe en partie cassé pour représenter des dalles de pierre minimalistes. La figuration des dates sur les pierres traduit l'échelle d'une histoire personnelle plutôt que collective. De même, Collection 5 (2016) donne à voir des jetons de vestiaire de musée collectés par l’artiste, réalisés à la peinture émail sur du papier incrusté de poussières provenant de son atelier. Lors de nombreuses visites dans des musées, l'artiste a régulièrement échangé des effets personnels contre ces jetons souvent marqués du nom des institutions. Si la première fois, il a oublié un vêtement, il a ensuite délibérément abandonné divers articles de sa propre garde-robe, essaimant ainsi, en quelque sorte, ses ‘oeuvres’ dans les musées du monde entier.

Une autre oeuvre est en partie issue des effets du travail en atelier. Le film muet, en noir et blanc, Anticultural Positions (2009), montre des images de traces résiduelles provenant de l'espace de travail de Paul Sietsema. Celles-ci sont accompagnées de sous-titres extrait d'une conférence donnée en 1951 par Jean Dubuffet, dans laquelle celui-ci énonce l'absence de forme et l'ambiguïté comme éléments essentiels du processus artistique. Le film a été projeté pour la première fois à la New School de New York en remplacement inattendu d'une conférence de Paul Sietsema alors que celui-ci était dans un avion en route vers la côte ouest des Etats-Unis.

Les deux films 16 mm dans l’exposition mettent en lumière le médium de prédilection initialement choisi par l'artiste pour interroger les constructions de la matérialité et leur relation plus large avec les médias. Dans Telegraph (2012), des fragments de bois trouvés sont utilisés pour former et incarner le langage. Reliés par une série de fondus enchaînés, ces morceaux sont configurés et reconfigurés au sein d'une structure répétitive et minimale qui finit par composer la phrase «L/E/T/T/E/R/T/O/A/Y/O/U/N/G/P/A/I/N/T/E/R». Le film explore l'idée de l’oeuvre d'art comme transmission en atténuant l'ordre de lisibilité linguistique et en soulignant l'abstraction inhérente à chaque forme de lettre.

Antérieures aux oeuvres présentées au rez-de-chaussée, Action painting (1977) (2017) et Action painting (City National) (2016) sont composées d'un unique geste réalisé en raclant ou frottant un objet sur la couche picturale, respectivement une pièce de monnaie et une carte de crédit. L'objet physique reste incrusté dans la peinture, l’amenant à perdre sa valeur monétaire au profit d’une valeur symbolique lors de sa transformation en oeuvre d’art. Pour Blue Picasso (2020), Paul Sietsema a sérigraphié sur toile une affiche originale du Guggenheim, avant d’y superposer la couleur de sa bordure originelle, créant ainsi un masque monochrome recouvrant l’intégralité de image. Cette technique affadit subtilement l’image, diminuant, voire suspendant, la fonction première de l’affiche.

Paul Sietsema (né en 1968 en Californie) vit et travaille à Los Angeles. Il est diplômé de l'université de Californie à Los Angeles en 1999 et de l'université de Californie à Berkeley en 1992. De nombreuses institutions ont consacré des expositions individuelles à son oeuvre, notamment le Nouveau Musée National de Monaco (2015), le Museum of Contemporary Art de Denver (2014), le Museum of Contemporary Art de Chicago (2013), le Wexner Center for the Arts de Columbus, dans l'Ohio (2013), le Mercer Union de Toronto (2013), la Kunsthalle Basel (2012), The Drawing Room de Londres (2012), le Schinkel Pavilion de Berlin (2010), le Cubitt de Londres (2010), le Midway Contemporary Art de Minneapolis (2010) ; le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía de Madrid (2009) ; le Museum of Modern Art de New York (2009) ; le San Francisco Museum of Modern Art (2008) ; la de Appel Foundation d’Amsterdam (2008) et le Whitney Museum of American Art de New York (2003).

GALERIE MARIAN GOODMAN, PARIS
79 rue du Temple, 75003 Paris

16/10/25

Gerhard Richter @ Galerie David Zwirner, Paris - Exposition + Biographie

Gerhard Richter
Galerie David Zwirner, Paris
20 octobre - 20 décembre 2025

David Zwirner présente dans sa Galerie de Paris une sélection de peintures, dessins et installations de miroirs de Gerhard Richter. L’exposition marque la troisième collaboration du célèbre artiste allemand avec la Galerie depuis l’annonce de sa représentation en 2023. Elle fait suite aux expositions monographiques tenues à New York (2023) et à Londres (2024), et coïncide avec une rétrospective d’envergure s’ouvrant le 17 octobre 2025 à la Fondation Louis Vuitton à Paris, sous le commissariat de Nicholas Serota et Dieter Schwarz.

Gerhard Richter Oeuvre
Gerhard Richter
Kl. Badende (Petite baigneuse), 1994
© Gerhard Richter 2025 (20102025) 
Courtesy the artist and David Zwirner

Gerhard Richter Oeuvre
Gerhard Richter
Blumen, (Fleurs), 1992
Oil on canvas
© Gerhard Richter 2025 (20102025) 
Courtesy the artist and David Zwirner

Les oeuvres présentées chez David Zwirner témoignent de l’impressionnante diversité d’enjeux, d’échelles et de techniques que mobilise l’artiste dans son travail. Prises dans leur ensemble, elles mettent en lumière sa profonde compréhension du médium pictural et l’enquête sans cesse renouvelée qu’il mène autour du fait même de créer une oeuvre. Dans ses Fotobilder (Photo-peintures) – par exemple Blumen (Fleurs, 1992), Torso (Torse, 1997) ou Kl. Badende (Petite baigneuse, 1994) –, l’artiste utilise ses propres photographies comme point de départ, mais aussi des images trouvées au hasard de journaux, magazines ou publicités. Souvent, l’artiste floute ou dénature d’une façon ou d’une autre l’image qui résulte de ce travail de composition, rendant plus complexe encore la relation qui unit la photographie à la peinture : une expérience conceptuelle se joue dans ces transpositions itératives entre les deux médiums.

Gerhard Richter Oeuvre
Gerhard Richter
Abstraktes Bild (Tableau abstrait), 2001
Oil on alu dibond
© Gerhard Richter 2025 (20102025)
Courtesy the artist and David Zwirner

Gerhard Richter Oeuvre
Gerhard Richter
Abstraktes Bild (Tableau abstrait), 2001
Oil on alu dibond
© Gerhard Richter 2025 (20102025)
Courtesy the artist and David Zwirner

Avec la série des Abstrakte Bilder (Tableaux abstraits), Gerhard Richter explore le potentiel formel et conceptuel de la peinture sous un autre angle. Exécutées selon des principes de composition extrêmement rigoureux, ces oeuvres ont recours à l’abstraction pour mettre en exergue la matérialité de la peinture et de la couleur – une méthode de création à la fois aléatoire et planifi ée avec soin. Deux Tableaux abstraits datant de 2001 sont exposés, marbrés de peinture verte, rose vif ou jaune d’or se déployant harmonieusement sur toute la surface de la toile. Les deux oeuvres contrastent ainsi avec les dernières peintures à l’huile réalisées par l’artiste de 2015 à 2017, qui se caractérisent au contraire par des entrelacs complexes où la superposition de lignes et de touches appliquées avec vigueur créent une impression de relief. Ces peintures sont confrontées à Strip, tableau de 2024 s’étirant sur quatre mètres de largeur. Revisitant ses Tableaux abstraits grâce aux technologies numériques, Gerhard Richter orchestre dans la série des Strips un dialogue entre la peinture, la photographie, la reproduction d’images par impression et l’abstraction.

Des dessins récents de l’artiste figurent aussi dans l’exposition ; certains totalement inédits et d’autres ayant été présentés plus tôt cette année dans le cadre de Gerhard Richter: 81 Zeichnungen, 1 Strip-Bild, 1 Edition à la Staatliche Graphische Sammlung de Munich. Gerhard Richter a toujours accordé une place importante au médium du dessin dans sa pratique artistique, et le passage des années n’a pas démenti cet engagement fructueux. Les oeuvres présentées, incorporant souvent des encres de couleur et du crayon à mine de graphite, lui permettent d’explorer une autre dimension du rôle de la main de l’artiste dans le processus menant à la création d’un « récit » pictural abstrait mais dynamique.

L’exposition à Paris comprend également trois installations de surfaces réfl échissantes montées au mur, de tailles différentes, ainsi que 3 Scheiben (3 Panneaux de verre, 2023), où trois pans de verre transparent et réfl échissant sont dressés au sein d’un cadre en métal. Depuis 1967 et la création de son installation 4 Glasscheiben (4 Panneaux de verre), qui a marqué un tournant dans sa carrière, Gerhard Richter nourrit un grand intérêt analytique – qui confine à la fascination – pour le verre. De façon très personnelle, il mobilise ce matériau moins comme un élément de sculpture pure que comme une « réflexion », dans les deux sens du terme, de son investigation de la peinture et de la création d’image. Contempler ces oeuvres – et donc aussi les images qui se forment à leur surface – est une expérience radicalement paradoxale où la réalité, répliquée par le miroir de manière forcément fi dèle au monde réel qui entoure nécessairement l’oeuvre, devient pourtant inaccessible en tant que refl et, à la fois hors de portée et déformée. 
Dans les oeuvres en verre de Gerhard Richter, comme le soulignent Janice Bretz et Kerstin Küster, « les visiteurs ne restent pas spectateurs mais deviennent eux-mêmes créateurs ; ils se confrontent à l’écart entre l’espace d’exposition réel et le refl et aléatoire de la réalité sur le verre. […] L’artiste nous invite à réfl échir au fait même de voir et à considérer ce que l’on voit comme une seule réalité potentielle parmi de nombreuses autres. Voir est contextuel : la réalité dépend toujours de celui qui regarde ». – Janice Bretz and Kerstin Küster, “Transparent and Reflected: Mirrors, Glass, and Strips,” in Gerhard Richter: Abstraction. Exh. cat. (Potsdam: Museum Barberini, 2020), p. 198.
Artiste Gerhard Richter

Gerhard Richter est né en 1932 à Dresde en Allemagne. Il étudie les beaux-arts de 1951 à 1956 à la Hochschule für Bildende Künste de Dresde et se spécialise en peinture murale. En 1959, il visite la documenta II qui se tient à Cassel, alors en Allemagne de l’Ouest : une expérience fondatrice qui le mène à infl échir sa trajectoire artistique. Après avoir réussi à fuir l’Allemagne de l’Est en 1961, il entreprend un second cycle d’études à la Staatliche Kunstakademie de Düsseldorf. Il y cofonde un mouvement éphémère appelé « réalisme capitaliste » avec ses condisciples Sigmar Polke, Konrad Lueg (qui deviendra galeriste, plus connu sous le nom de Konrad Fischer) et Manfred Kuttner.

À partir de 1964, son travail fait l’objet de nombreuses expositions personnelles dans des galeries et musées du le monde entier. Sa première exposition monographique dans une institution publique se tient en 1969 au Gegenverkehr du Zentrum für aktuelle Kunst d’Aachen, en Allemagne de l’Ouest. En 1972, il est choisi pour représenter l’Allemagne à la Biennale de Venise, où il investit le pavillon national de ses seules oeuvres. Il est aussi l’artiste ayant présenté son travail le plus grand nombre de fois à la documenta (en 1972, 1977, 1982, 1987, 1992, 1997, 2007 et 2017). Le travail de Gerhard Richter a été montré tout autour du monde au fi l de nombreuses rétrospectives et expositions monographiques au sein d’institutions de premier plan, parmi lesquelles le Kunstverein für die Rheinlande und Westfalen à Düsseldorf (1971, 1986), la Kunsthalle de Brême en Allemagne de l’Ouest (1975), le Centre Pompidou à Paris (1977, 2012), la Städtische Kunsthalle de Düsseldorf (1986), la Neue Nationalgalerie de Berlin (1986, 2012), le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden à Washington D.C. (1988, 2003), le San Francisco Museum of Modern Art (1989, 2002), la Tate à Londres (1991, 2011), le Moderna Museet à Stockholm (1993), l’Art Institute de Chicago (2002), le MoMA à New York (2002), la Queensland Art Gallery à Brisbane (2017), le Met Breuer à New York (2020) et le National Museum of Modern Art de Tokyo (2022). En avril 2023, la Neue Nationalgalerie de Berlin inaugurait une installation semi-permanente intitulée Gerhard Richter: 100 Works for Berlin, rassemblant des prêts à très long terme consentis par la Fondation Gerhard Richter en 2021, parmi lesquels le cycle d’oeuvres Birkenau (2014), série de peintures abstraites de grandes dimensions.

Gerhard Richter est le lauréat de nombreux prix et distinctions prestigieux comme, parmi d’autres, le Kunstpreis Junger Westen de la Kunsthalle de Recklinghausen en Allemagne de l’Ouest (1967), le prix Arnold Bode de Cassel en Allemagne de l’Ouest (1982), le prix Oskar Kokoschka de Vienne (1985), le Goslarer Kaiserring de Goslar en Allemagne de l’Ouest (1988), le Lion d’or de la 47e Biennale de Venise (1997), le Praemium Imperiale de la Japan Art Association de Tokyo (1997), le prix Wexner du Wexner Center for the Arts de Columbus en Ohio (1998), le Foreign Honorary Membership de l’American Academy of Arts and Letters de New York (1998), le Staatspreis du Lander de Rhénanie-du-Nord-Westphalie de Düsseldorf (2000) et le Kunst- und Kulturpreis der deutschen Katholiken de la Deutsche Bischofskonferenz de Bonn (2004). En 2007, année où il crée un vitrail spectaculaire pour la cathédrale de Cologne, Gerhard Richter est élevé au rang de citoyen d’honneur de la ville.

David Zwirner représente Gerhard Richter depuis 2023. Cette année-là, sa galerie new-yorkaise accueille une exposition personnelle de l’artiste allemand. Rassemblant des peintures abstraites récentes, elle s’accompagne d’un catalogue richement illustré comportant un essai inédit de Dieter Schwarz. Au début 2024, une exposition monographique est consacrée à l’artiste chez David Zwirner London. Parmi les précédentes expositions de son travail s’étant tenues à New York, notons Gerhard Richter: Prints and Multiples 1966–1993 (1994), Gerhard Richter: Early Paintings (2000) et Gerhard Richter: Landscapes (2004). Les oeuvres de l’artiste sont présentes dans des collections publiques et privées de tout premier plan à travers le monde. Gerhard Richter vit et travaille à Cologne.

DAVID ZWIRNER, PARIS
108, rue Vieille du Temple, 75003 Paris

10/10/25

Albert Oehlen @ Gagosian Gallery, Paris - 'Endless Summer'

Albert Oehlen: Endless Summer
Gagosian, Paris
October 20 – December 20, 2025

Texte en français ci-dessous


Albert Oehlen
Albert Oehlen
Endless Summer, 2021
Oil on canvas
35 1/2 x 27 5/8 inches (90 x 70 cm)
© Albert Oehlen
Photo: Simon Vogel
Courtesy the artist and Gagosian

Albert Oehlen
Albert Oehlen
Untitled, 2021
Oil on canvas
35 1/2 x 27 5/8 inches (90 x 70 cm)
© Albert Oehlen
Photo: Stefan Rohner
Courtesy the artist and Gagosian

Albert Oehlen
Albert Oehlen
Untitled, 2022
Acrylic, oil and lacquer on canvas
62 7/8 x 72 1/4 inches (159.5 x 183.5 cm)
© Albert Oehlen
Photo: Simon Vogel
Courtesy the artist and Gagosian

Gagosian will present Endless Summer, an exhibition of new paintings by Albert Oehlen in Paris. The paintings explore the theme of the bather, a motif deeply embedded in French art history that captivated such artists as Pierre Bonnard, Paul Cézanne, Edouard Manet, and Pablo Picasso.

The bather has maintained a significant and diverse presence throughout the history of art, and in Endless Summer, Albert Oehlen contributes to the tradition in characteristically expressive style. Presenting variations on a dark-haired female nude, he sometimes approaches, sometimes retreats from his ostensible subject, using it as a template for unbounded experimentation. While the woman’s shape is clearly legible in some paintings, in others it dissolves into pure gesture, shifting Oehlen’s project continually between representation and abstraction.

Neither directly observed nor wholly improvised, Oehlen’s recurring figure originates in Tramonto Spaventoso (Terrifying Sunset, 1940–49) by the Russian-born American modernist painter John Graham, whose work Albert Oehlen discovered in the 1990s. Embellishing, reworking, and recontextualizing Graham’s image, the artist combines graphic gestures and “painterly” drips with surprising color combinations and textural obfuscations. The density of the compositions also varies—some are packed with formal incident, while others appear relatively sparse.

In Endless Summer, Albert Oehlen again tests the limits of coherence, reinventing a long-established motif while rejecting the quest for stable form and meaning.

Endless Summer is presented in the Paris gallerie of Gagosian and Galerie Max Hetzler, and is accompanied by a copublished catalogue featuring an essay by Jean-Pierre Criqui and an interview with Max Dax about Albert Oehlen’s filmmaking.


Texte en français

Gagosian va présenter Endless Summer, une exposition de nouvelles peintures d’Albert Oehlen qui explorent le thème de la baigneuse, un motif profondément ancré dans l’histoire de l’art français qui a captivé des artistes tels que Pierre Bonnard, Paul Cézanne, Edouard Manet et Pablo Picasso. 

La baigneuse a maintenu une présence significative et variée tout au long de l’histoire de l’art, et dans Endless Summer, Albert Oehlen s’incrit dans cette tradition avec un style expressif caractéristique de son travail. Présentant des variations sur un nu féminin aux cheveux noirs, il s’approche de son sujet et parfois s’en éloigne, l’utilisant comme modèle pour une expérimentation sans limite. Si la forme de la femme est clairement lisible dans certaines peintures, dans d’autres elle se dissout dans un geste pur, faisant continuellement osciller le projet d’Oehlen entre représentation et abstraction.

Ni directement observée ni totalement improvisée, la figure récurrente d’Albert Oehlen trouve son origine dans Tramonto Spaventoso (Coucher de soleil terrifiant, 1940–49) du peintre moderniste américain d’origine russe John Graham, qu’Albert Oehlen a découvert dans les années 1990. En embellissant, retravaillant et recontextualisant l’image de John Graham, l’artiste mêle des gestes graphiques, des drips « picturaux », des combinaisons de couleurs surprenantes et des obstructions texturales. La densité des compositions varie également : certaines foisonnent d’incidents formels, tandis que d’autres paraissent relativement éparses.

Albert Oehlen
Albert Oehlen
Untitled, 2024
Oil on canvas
74 7/8 x 50 3/8 inches (190 x 128 cm)
© Albert Oehlen
Photo: Simon Vogel
Courtesy the artist and Gagosian

Albert Oehlen
Albert Oehlen
Untitled, 2024
Oil on canvas
74 7/8 x 63 inches (190 x 160 cm)
© Albert Oehlen
Photo: Simon Vogel
Courtesy the artist and Gagosian

Albert Oehlen
Albert Oehlen
Untitled, 2024
Oil on canvas
11 7/8 x 9 1/2 inches (30 x 24 cm)
© Albert Oehlen
Photo: Simon Vogel
Courtesy the artist and Gagosian

Albert Oehlen
Albert Oehlen
Untitled, 2025
Acrylic, oil and lacquer on canvas
108 x 90 inches (274.3 x 228.6 cm)
© Albert Oehlen
Photo: Simon Vogel
Courtesy the artist and Gagosian

Dans Endless Summer, Albert Oehlen teste à nouveau les limites de la cohérence, réinventant un motif établi de longue date tout en rejetant toute quête de forme et de signification stable.

Endless Summer est présentée dans la galerie Gagosian et la galerie Max Hetzler à Paris, et est accompagnée d’un catalogue coédité comprenant un essai de Jean-Pierre Criqui ainsi qu’un entretien avec Max Dax au sujet du travail cinématographique d’Albert Oehlen.

GAGOSIAN PARIS
4 rue de Ponthieu, 75008 Paris

21/08/25

Exposition Ernst Ludwig Kirchner "Kirchner x Kirchner" @ Kunstmuseum Bern - Musée des Beaux-Arts de Berne

Kirchner x Kirchner
Kunstmuseum Bern, Berne
12 septembre 2025 - 11 janvier 2026

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Farbentanz I (Entwurf für Essen) 
[Color Dance I (Project Essen)], 1932
Oil on canvas, 100 x 90 cm
Museum Folkwang, Essen, acquired in 1968 with the 
support of the Folkwang-Museumsverein and 
the Alfred und Cläre Pott-Stiftung
© Museum Folkwang Essen / ARTOTHEK

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Esser [Eaters], 1930
Oil on canvas, 150 x 121 cm
Galerie Henze & Ketterer, Wichtrach/Bern
© Galerie Henze & Ketterer, Wichtrach/Bern

Avec Kirchner x Kirchner le Kunstmuseum Bern, Musée des Beaux-Arts de Berne, consacre une exposition exceptionnelle à l’expressionniste allemand Ernst Ludwig Kirchner (1880–1938). Elle s’articule autour de la grande rétrospective de 1933, organisée par l’artiste lui-même à la Kunsthalle Bern. Une démarche rare à l’époque, qui offre aujourd’hui de nouvelles perspectives.

L’exposition montre comment Kirchner a procédé à une sélection, un accrochage et un remaniement ciblés de ses oeuvres, tentant non seulement de (re)configurer sa carrière artistique, mais aussi de concevoir une expérience spécifique de l’espace. Quelque 65 oeuvres issues de toutes les phases de sa création, dont des prêts importants provenant de collections nationales et internationales prestigieuses, nous indiquent comment Kirchner se mettait lui-même en scène, incarnant à la fois le rôle de l’artiste et celui du concepteur de l’exposition.


Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Sonntag der Bergbauern 
[Mountain Peasants on Sunday], 1923-24/26
Oil on canvas, 170 x 400 cm
Federal Republic of Germany
© Bundesrepublik Deutschland

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Alpsonntag. Szene am Brunnen 
[Sunday in the Alps. Scene at the Well], 1923-24/around 1929
Oil on canvas, with original painted frame,168 x 400 cm
Kunstmuseum Bern
© Kunstmuseum Bern

Pour la première fois, les deux oeuvres monumentales Alpsonntag. Szene am Brunnen (Dimanche sur l’alpe. Scène près de la fontaine, 1923-1924 / vers 1929, Kunstmuseum Bern) et Sonntag der Bergbauern (Dimanche des paysans de montagne, 1923-1924 / 1926, salle du cabinet de la Chancellerie fédérale, Berlin) sont à nouveau réunies et constitueront le point d’orgue de l’exposition. Les deux toiles inauguraient la rétrospective Kirchner à la Kunsthalle Bern en 1933, où elles étaient présentées côte à côte. Avec ces images puissantes, Kirchner exprimait sa façon de voir l’interaction entre monumentalité et aménagement de l’espace. Il voulait également prouver qu’il était capable de créer des oeuvres ayant un rayonnement public, des oeuvres qui dépassaient le cadre de l’espace d’exposition pour avoir un impact sur la société. Cela lui tenait particulièrement à coeur, car il avait longtemps envisagé de peindre la salle des fêtes du musée Folkwang à Essen mais, en 1933, ce projet avait définitivement échoué.

Bien que conçues comme des pendants, ces deux peintures monumentales n’ont plus jamais été exposées ensemble depuis 1933. Alpsonntag. Szene am Brunnen a été directement acheté par le Kunstmuseum Bern après l’exposition. Un acte symbolique s’il en est : il s’agissait du premier et unique achat d’un tableau par un musée suisse du vivant de l’artiste. Sonntag der Bergbauern a d’abord été prêté, puis finalement acquis en 1985 par la Collection d’art de la République fédérale d’Allemagne. Le fait que la Chancellerie fédérale allemande ait accepté de prêter ce tableau, accroché bien en vue, de manière permanente, dans la salle du Conseil des ministres, constitue à la fois une exception et un fait marquant.

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Alpaufzug [Ascending the Alps], 1918/1919
Oil on canvas, 139 x 199 cm
Kunstmuseum St. Gallen, acquired 1955
© Kunstmuseum St. Gallen, photograph: Stefan Rohner

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Berglandschaft von Clavadel 
[Mountain Landscape from Clavadel], 1925-26/27
Oil on canvas, 135 × 200,3 cm
Museum of Fine Arts, Boston, 
Tompkins Collection – Arthur Gordon Tompkins Fund
Photograph © 2025 Museum of Fine Arts, Boston

Parmi les autres points forts de l’exposition figurent des chefs-d’oeuvre tels que Rue, Dresde (1908/1919, Museum of Modern Art de New York), Rue avec cocotte rouge (1914/1925, Museo Nacional Thyssen-Bornemisza de Madrid), Paysage de montagne de Clavadel (1927, Museum of Fine Arts de Boston), Danse des couleurs I [Projet pour Essen] (1932, Museum Folkwang Essen) ou Les mangeurs (1930, Galerie Henze & Ketterer, Wichtrach/Berne).

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Strasse mit roter Kokotte 
[Street with Red Cocotte], 1914/25 
Oil on canvas, 125 x 90,5 cm
Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid
© Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Sich kämmender Akt 
[Nude Woman Combing Her Hair], 1913
Oil on canvas, 125 x 90 cm
Brücke-Museum, Berlin 
© Brücke-Museum, Ernst Ludwig Kirchner, 
CC-BY-SA 4.0

Ernst Ludwig Kirchner : le commissariat d’exposition comme acte artistique

L’exposition Kirchner x Kirchner montre à quel point Ernst Ludwig Kirchner avait conscience de son rôle de commissaire d’exposition : en 1933, en étroite collaboration avec Max Huggler (1903-1994), alors directeur de la Kunsthalle Bern et plus tard directeur du Kunstmuseum Bern, il organise la rétrospective la plus complète de sa carrière. Il ne se contente pas de sélectionner les oeuvres et de concevoir leur disposition, mais réalise également l’affiche et le catalogue de l’exposition ; il rédige même un texte d’accompagnement sous le pseudonyme de Louis de Marsalle. Kirchner structure ainsi sciemment son oeuvre, retravaille certaines toiles et utilise l’espace d’exposition qui fait partie intégrante de son message artistique. Une lettre adressée à Max Huggler le 21 décembre 1932 montre à quel Ernst Ludwig Kirchner considérait l’exposition comme un acte artistique :
« Accrocher une exposition en ajustant les couleurs et les formes, c’est comme créer un tableau. »
L’exposition du Kunstmuseum Bern met pour la première fois l’accent sur cette perspective curatoriale. Elle ne cherche pas à reproduire fidèlement la rétrospective historique de 1933 mais à mettre en lumière sa structure, ses intentions et son impact dans une perspective contemporaine. Pourquoi un artiste écrit-il sa propre histoire et pourquoi Kirchner choisit-il précisément cette forme de représentation en 1933 ? Ce sont les questions centrales qui se posent à nous. Quelles étaient ses intentions ? Et comment cette mise en scène ciblée influence-t-elle, aujourd’hui encore, la perception de son oeuvre ?
« La rétrospective de 1933 était bien plus qu’une exposition, c’était un manifeste artistique. Elle reflétait en les concentrant les efforts de Kirchner pour trouver son propre langage visuel ainsi que son besoin de se repositionner sur le plan artistique. » -- Nadine Franci, conservatrice du département des dessins et arts graphiques au Kunstmuseum Bern et commissaire de l’exposition.
En opposant l’interprétation établie de l’histoire de l’art à la vision que Kirchner avait lui-même de son oeuvre, l’exposition Kirchner x Kirchner propose une nouvelle approche de sa conception artistique et met en même temps en évidence sa volonté créatrice en tant que commissaire.

Contexte historique de la rétrospective de 1933

L’exposition à la Kunsthalle Bern eut lieu de mars à avril 1933, à un moment décisif pour Kirchner tant sur le plan politique que personnel. En Allemagne, après la prise du pouvoir par les nationaux-socialistes, ses oeuvres font de plus en plus souvent l’objet de diffamation et sont retirées des musées. En Suisse, où il vit depuis 1917, il a l’occasion de donner une vue d’ensemble de son art.

Avec plus de 290 oeuvres, la rétrospective de 1933 fut l’exposition la plus complète jamais organisée du vivant de l’artiste. De nombreuses oeuvres provenaient de sa collection personnelle, mais Kirchner insista pour y inclure également des prêts provenant de collections publiques et privées. Il souhaitait ainsi donner l’image d’un artiste établi.
« Je pourrais facilement organiser toute l’exposition à partir de mes propres collections, mais ce serait mieux si certaines oeuvres provenant de collections publiques ou privées n’étaient pas à vendre [...]. » -- Ernst Ludwig Kirchner dans une lettre à Max Huggler, le 20 novembre 1932

 

Photographie de Ernst Ludwig Kirchner
Aura Hertwig-Brendel

Portrait d’Ernst Ludwig Kirchner, 1913/14

Photographie
Succession Ernst Ludwig Kirchner
© Nachlass Ernst Ludwig Kirchner,
courtesy Galerie Henze & Ketterer, Wichtrach/Bern
 
Kirchner x Kirchner : de l’époque de Die Brücke (1905-1913) aux oeuvres tardives de Davos (1917-1937)

Comme en 1933, Kirchner x Kirchner retrace le parcours de l’artiste, depuis ses débuts expressionnistes au sein du groupe Die Brücke jusqu’aux oeuvres tardives de Davos. Contrairement à l’exposition historique, les différentes phases de sa création sont aujourd’hui représentées de manière plus équilibrée. L’exposition montre également des travaux qui ne figuraient pas à Berne en 1933, soit parce que Kirchner les avait délibérément exclus, soit parce qu’ils n’étaient pas disponibles. Cela permet de comprendre les décisions prises par Kirchner à l’époque et les raisons qui les ont motivées.

La présentation s’organise selon différents thèmes, répartis sur cinq salles. Des oeuvres centrales ont donc été regroupées et mettent aussi en lumière la pensée curatoriale de Kirchner. La première salle est consacrée aux années passées à Dresde et à Berlin, avec des nus, des scènes de rue et l’univers du music-hall. Aujourd’hui encore, ces oeuvres sont considérées comme le sommet de son art. Elles n’étaient que peu représentées dans l’exposition de 1933 : Kirchner y montrait principalement des oeuvres qui lui avaient déjà valu une reconnaissance en Allemagne ou qui mettaient particulièrement en évidence ses innovations stylistiques.

En face, dans la dernière salle, se trouvent les oeuvres tardives, longtemps considérées comme moins importantes. Pour Kirchner cependant, elles marquaient en 1933 l’apogée de son évolution et occupaient donc une place prépondérante dans la rétrospective historique.

L’objectif de Kirchner était de mettre en valeur tout l’éventail de son style et de retracer son évolution à travers ses oeuvres. Il avait délibérément juxtaposé des oeuvres issues de différentes phases créatives et renoncé à un accrochage chronologique. Il avait même en partie retravaillé certaines oeuvres de ses débuts afin de mettre en évidence son évolution. Kirchner x Kirchner reprend cette approche afin que l’on puisse découvrir à la fois la diversité stylistique et les réflexions conceptuelles qui sous-tendent la présentation de l’artiste.

La grande salle principale est consacrée à la rétrospective historique. La démarche curatoriale de Kirchner a été reprise : paires d’oeuvres reconstituées, espaces intentionnellement ouverts sur d’autres salles et accent mis sur certaines couleurs. Parallèlement, le choix des oeuvres permet de retracer l’historique de l’acquisition de Alpsonntag. Szene am Brunnen (Dimanche sur l’alpe. Scène près de la fontaine) par le Kunstmuseum Bern, documentant ainsi une partie de l’histoire de la collection.

Les deux salles attenantes, plus petites, se concentrent sur les aspects formels et structurels. Une sélection d’oeuvres sur papier montre clairement que Kirchner a expérimenté la couleur, la surface, la ligne et le mouvement pendant des décennies et qu’il est resté fidèle à lui-même malgré l’évolution de son langage formel.

La sélection des oeuvres exposées, reliées au contexte historique, et le nouveau regard porté sur l’artiste font de l’ambitieux projet d’exposition Kirchner x Kirchner une expérience unique.

Kirchner x Kirchner - Catalogue
Kirchner x Kirchner
Catalogue édité par Nina Zimmer et Nadine Franci
Avec des contributions de Nadine Franci et Katharina Neuburger 
ainsi qu’une préface de Nina Zimmer
160 pages, env. 80 reproductions, 22 x 28 cm, broché,
Éditions Hirmer, 2025
Édition allemande: ISBN 978-3-7774-4642-4
Édition anglaise: ISBN 978-3-7774-4696-7

Vernissage
L’exposition sera inaugurée le jeudi 11 septembre 2025, à partir de 18:30. Ce soir-là, l’entrée sera libre.

Commissaire d’expositionNadine Franci, conservatrice du département des dessins et arts graphiques Kunstmuseum Bern

KUNSTMUSEUM BERN
Hodlerstrasse 8–12, 3011 Berne

17/08/25

Antoni Clavé @ Galerie Minsky, Paris

Antoni Clavé
Galerie Minsky, Paris
18 septembre - 18 octobre 2025

Photographie : Antoni Clavé à Montparnasse
Antoni Clavé à Montparnasse 
© Archives Antoni Clavé

Antoni Clavé
Antoni Clavé 
Nature morte au compotier, 1945 
Huile sur panneau d'Isorel, 81 cm x 65 cm
Photo Courtesy Galerie Minsky

Antoni Clavé
Antoni Clavé
Guerrier, c. 1962 
Technique mixte sur papier marouflé 
sur panneau, 74,5 x 54,5 cm
Photo Courtesy Galerie Minsky

La Galerie Minsky souhaite accompagner la redécouverte de l’artiste catalan Antoni Clavé. Elle présente à Paris une lecture sensible et incarnée de l’oeuvre d’un artiste entre deux mondes : l’Espagne et la France, le théâtre et la peinture, l’intime et le monumental. Alors qu’une rétrospective d’envergure se prépare au centre d’art Palau Martorell à Barcelone, la Galerie Minsky présente à Paris pour la première fois une vingtaine d’oeuvres d’Antoni Clavé (1913–2005). Cette exposition couvre les années 1945 à 1975, une période qui témoigne de ses différentes évolutions.

L’exposition présente l’univers de Clavé, à la fois théâtral, lyrique, intuitif et symbolique. Dès les années 40, le peintre catalan installé récemment à Paris développe un style singulier, entre raffinement intimiste et expérimentation formelle. Inspiré par les Nabis et profondément marqué par sa rencontre avec Picasso en 1944, Clavé explore un large registre de médiums : peinture, collage, gravure où s’entremêlent décors et costumes. En 2015, le Musée Picasso de Münster lui a dédié une exposition intitulée Antoni Clavé - Ein Spanier in Paris.

L’exposition réunit une vingtaine d’oeuvres majeures, de la Nature morte au compotier (c. 1945) à la série emblématique des Rois et Guerriers des années 60, en passant par le triptyque de paravents conçu en 1949 pour la pièce de théâtre Carmen dans les Ballets de Roland Petit. Ce volet scénographique, essentiel dans sa pratique, est mis en lumière ici : Antoni Clavé reste en dialogue avec le théâtre, et ce, tout au long de sa carrière.

Ses oeuvres deviennent des objets-théâtres, où lettres, mots, fragments et textures agissent comme des personnages silencieux. On y retrouve un goût marqué pour les techniques mixtes et l’assemblage, dans un désordre bouillonnant, proche de celui de son atelier.

Antoni Clavé joue sur les tensions : entre figuration et abstraction, entre brutalisme et poésie, entre ordre et chaos. Les matériaux pauvres qu’il emploie tels que le carton, bois, tissu ou des encore objets usés prennent une force symbolique inattendue.

Ses oeuvres, comme son atelier, sont des juxtapositions vibrantes, riches de résonances intimes et collectives.

Antoni Clavé — Biographie

Né à Barcelone en 1913, Antoni Clavé débute très tôt dans le dessin : à 18 ans, il crée des bandes dessinées et des affiches publicitaires. Son premier métier est celui de peintre en bâtiment, une expérience qui façonne son approche artisanale de l’art. Entre 1934 et 1936, alors qu’il réalise des affiches de cinéma dans sa ville natale, il s’initie au collage et aux assemblages : papiers, cartons, matériaux de récupération, lithographies, plâtre, tissus, textures sales ou accidentées deviennent ses terrains d’exploration.

Exilé en France à la suite de la guerre civile espagnole, il s’installe à Paris, ville où il entre dans l’histoire de l’art moderne. Il est exposé dès 1957 par Ernst Beyeler dans sa mythique galerie de Bâle, puis en 1978 au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. En 2006, une exposition d’Antoni Clavé a eu lieu à l’Espace d’Art Contemporain Fernet Branca.

Photographie : Antoni Clavé dans son atelier
Antoni Clavé dans son atelier, Saint-Tropez, 1968 
Photographie © Jacques Gomot
« Mon atelier à moi, c’est mon cocon, mon village, ma rue, mon quartier »
— Antoni Clavé
En 1963, Antoni Clavé s’installe au Cap-Saint-Pierre à Saint-Tropez, où il se fait construire une maison et un vaste atelier, bientôt complété par un second espace dédié à la gravure. Les estampes d’Antoni Clavé ont d’ailleurs été exposées en 2018 à la BnF à Paris.

GALERIE MINSKY
37 rue Vaneau, 75007 Paris

25/06/25

Vija Celmins @ Fondation Beyeler, Riehen / Bâle

Vija Celmins
Fondation Beyeler, Riehen / Bâle
15 juin – 21 septembre 2025

Vija Celmins Art
Vija Celmins
Snowfall #1 (Chute de neige #1), 2022-2024
Huile et alkyde sur lin, 132 x 184 cm 
Glenn and Amanda Fuhrman Collection, New York City, États-Unis 
© Vija Celmins, Courtesy Matthew Marks Gallery, 
Photo: Aaron Wax, Courtesy Matthew Marks Gallery

Vija Celmins Art
Vija Celmins
Astrographic Blue (Bleu astrographique), 2019-2024
Huile sur toile, 50 x 33 cm 
Matthew Marks Gallery
© Vija Celmins, Courtesy Matthew Marks Gallery, 
Photo: Aaron Wax, Courtesy Matthew Marks Gallery

Vija Celmins Art
Vija Celmins 
Untitled (Web #1) [Sans titre (Toile #1)], 1999
Fusain sur papier, 56,5 x 64,9 cm, Tate, 
ARTIST ROOMS, Londres, Royaume-Uni 
© Vija Celmins, Courtesy Matthew Marks Gallery, 
Photo: Tate

La Fondation Beyeler présente l’une des plus importantes expositions personnelles jamais consacrées à l’artiste américaine VIJA CELMINS (*1938, Riga) en Europe. Connue pour ses peintures et ses dessins envoûtants de galaxies, de surfaces lunaires, de déserts et d’océans, Vija Celmins nous invite à ralentir, à observer de près et à nous immerger dans les surfaces captivantes de ses œuvres. Telles des toiles d’araignée, elles nous happent et nous incitent à contempler les tensions entre surface et espace, proximité et distance, immobilité et mouvement. Organisée en étroite collaboration avec l’artiste, l’exposition réunit environ 90 œuvres, principalement des peintures et des dessins, de même qu’un petit nombre de sculptures et d’œuvres graphiques.

Née à Riga (Lettonie) en 1938, Vija Celmins fuit son pays natal en 1944 avant d’émigrer avec sa famille aux États-Unis en 1948. Elle grandit à Indianapolis puis part suivre des études d’art à Los Angeles, avant de s’installer au Nouveau-Mexique, à New York et enfin à Long Island, où elle vit et travaille aujourd’hui. Son travail, tenu en très haute estime, est prisé tant par les musées que par les collections privées de tout premier plan. Cependant, les occasions de face-à-face approfondi avec ses œuvres sont extrêmement rares, dû entre autres au fait qu’au fil de sa carrière l’artiste n’a réalisé qu’environ 220 peintures, dessins et sculptures. Vija Celmins a toujours travaillé à son propre rythme, refusant de se plier aux courants dominants du monde de l’art et maintenant une attention résolue à sa pratique minutieuse.

L’exposition propose un aperçu très complet d’une carrière remarquable qui s’étend sur six décennies, présentant des ensembles soigneusement sélectionnés de peintures, de dessins, d’œuvres graphiques et de sculptures. S’ouvrant sur une sélection d’importantes peintures d’objets du quotidien datant des années 1960, l’exposition culmine avec une salle de magistrales peintures récentes de neige tombant d’un ciel nocturne, qui évoquent tout le mystère du cosmos.

Vija Celmins Art
Vija Celmins 
Lamp #1 (Lampe #1), 1964
Huile sur toile, 62,2 x 88,9 cm
Vija Celmins, Courtesy Matthew Marks Gallery
© Vija Celmins, Courtesy Matthew Marks Gallery
Photo: Aaron Wax 

Vija Celmins Art
Vija Celmins
Clouds (Nuages), 1968
Graphite sur papier, 34,9 x 47 cm
Collection Ayea + Mikey Sohn, Los Angeles
© Vija Celmins, Courtesy Matthew Marks Gallery
Photo: McKee Gallery, New York

L’exposition débute avec les peintures réalisées par Vija Celmins de 1964 à 1968, lorsqu’elle vivait dans un atelier sur Venice Beach à Los Angeles. À la différence de nombreux·ses artistes travaillant dans la ville dans les années 1960, Vija Celmins n’était pas attirée par la lumière et les couleurs éclatantes de Californie. Son univers personnel était principalement d’ordre intérieur. En 1964, elle réalise un ensemble de tableaux représentant chacun un objet ou un appareil du quotidien, parmi eux une assiette, un radiateur, une plaque chauffante et une lampe. Inspirée par les œuvres de Giorgio Morandi et Diego Velázquez vues lors d’un voyage en Italie et en Espagne en 1962, et prenant ses distances avec les couleurs vives du pop art, elle utilise une palette sourde de bruns et de gris, agrémentée d’occasionnels éclairs de rouge électrique.

Pendant les deux années suivantes, de 1965 à 1967, Vija Celmins réalise plusieurs peintures basées sur des images de la Seconde Guerre mondiale et d’autres conflits trouvées dans des livres et des magazines ; des bombardiers suspendus dans un ciel gris ou écrasés au sol, un homme en feu s’enfuyant d’une voiture embrasée, les émeutes raciales de Los Angeles en couverture du magazine Time. Silencieux et statiques, ces tableaux inquiétants évoquent à la fois la mémoire de la guerre et une réalité plus récente, dans laquelle l’omniprésence des images produit un effet de distanciation.

Vija Celmins Art
Vija Celmins 
Untitled (Big Sea #2) [Sans titre (Grand océan #2)], 1969
Graphite sur fond acrylique sur papier, 85,1 x 111,8 cm
Collection privée
© Vija Celmins, Courtesy Matthew Marks Gallery

Vija Celmins Art
Vija Celmins 
Untitled (Coma Berenices #4) 
[Sans titre (Coma Berenices #4))], 1973
Graphite sur fond acrylique sur papier, 31,1 x 38,7 cm 
UBS Art Collection 
© Vija Celmins, Courtesy Matthew Marks Gallery

Vija Celmins Art
Vija Celmins
Untitled (Regular Desert) 
[Sans titre (Désert régulier)], 1973
Graphite sur fond acrylique sur papier, 30,5 x 38,1 cm 
Collection privée 
© Vija Celmins, Courtesy Matthew Marks Gallery, 
Photo: Kent Pell

Vija Celmins Art
Vija Celmins 
Desert Surface #1 ( Surface du désert #1), 1991
Huile sur bois, 45,7 x 54,9 cm 
Mary Patricia Anderson Pence 
© Vija Celmins, Courtesy Matthew Marks Gallery

De 1968 à 1992, Vija Celmins se consacre presque exclusivement au dessin. Elle continue de travailler à partir de photographies, trouvées dans des livres et des magazines ou prises par elle-même. Ses sujets sont les nuages ainsi que la surface de la lune, du désert et de l’océan. Elle commence avec un ensemble de dessins de paysages lunaires basés sur des images prises à la fin des années 1960 par les sondes lunaires américaines, qui rapportent dans les foyers de nombreux·ses habitant·e·s de la planète des gros plans d’un lieu jusqu’alors inaccessible. En 1973 s’ensuivent de premiers dessins de galaxies basés sur des images des télescopes de la NASA. Ces photographies incitent Vija Celmins à créer des images qui transforment en expérience visuelle la tension entre la profondeur de ces espaces et la surface de l’image – un élan qui anime encore et toujours son travail.

Pendant ses années de résidence à Los Angeles, Vija Celmins arpente les déserts de Californie, du Nevada et du Nouveau-Mexique, où elle réside également plusieurs mois. Fascinée par ces paysages démesurés, elle commence à représenter par le dessin le silence et la sensation de temps suspendu qui les caractérisent. Vers la fin des années 1970, Vija Celmins crée une sculpture qui donne une forme nouvelle à sa confrontation avec la réalité. To Fix the Image in Memory I-XI, 1977–1982, comprend onze pierres différentes ramassées dans le désert du Nouveau-Mexique, présentées côte à côte avec leurs doubles ; onze copies de bronze, peintes de telle manière que l’original et sa réplique puissent à peine être distingués à l’œil nu.

Les images de Vija Celmins sont basées sur des photographies ou, dans le cas de ses rares sculptures, sur des objets servant de modèles. Celmins use de ces matrices comme d’un outil, qui lui permet de ne pas avoir à se soucier de questions de composition et de cadrage. Cependant, elle ne réalise pas de copie d’un original ; il ne s’agit pas de photoréalisme. On pourrait plutôt dire que Vija Celmins recrée ou reconstitue l’original. Ses images sont construites d’innombrables couches de graphite ou de fusain sur papier et de peinture à l’huile sur toile. C’est comme si Vija Celmins cherchait à saisir et à tracer l’inconcevable immensité à la main. Ceci apparaît tout particulièrement dans ses nombreuses peintures de ciels nocturnes étoilés, un motif qui fascine Vija Celmins depuis ses débuts.

En 1992, Vija Celmins tombe sur des illustrations de toiles d’araignée dans un livre. Attirée par leurs fils fragiles et leurs formes concentriques, elle réalise un ensemble de peintures et de dessins au fusain. Cette exploration se poursuit avec des peintures d’objets aux surfaces texturées ; la couverture d’un livre japonais, l’émail craquelé d’un vase coréen, la surface éraflée d’ardoises dénichées dans des brocantes à Long Island, la forme grêlée d’un coquillage travaillé par l’érosion – chacune de ces peintures proposant une méditation exquise sur le passage du temps.

Dans la dernière salle de l’exposition, cette méditation se poursuit avec les tableaux les plus récents de Veja Celmins, qui sont parmi les plus vastes qu’elle ait jamais réalisés. Basés sur des photographies de flocons de neige illuminés dans un ciel nocturne, ils véhiculent un sens profond de silence et de révérence émerveillée.

Pour accompagner l’exposition, la Fondation Beyeler présente « Vija », un court-métrage des cinéastes de renom Bêka & Lemoine. En 30 minutes, le film dessine un portrait tout en spontanéité de l’artiste, qui partage ses réflexions sur la pratique de toute une vie, ouvrant les portes de son atelier et les tiroirs de ses archives. Le portrait entraîne les spectatrices et les spectateurs dans un voyage au fil des formes, des images et des pensées qui nourrissent la sensibilité incomparable de Vija Celmins.

L’exposition « Vija Celmins » est placée sous le commissariat de Theodora Vischer, Chief Curator de la Fondation Beyeler, et de l’écrivain et commissaire d’exposition James Lingwood.

Un catalogue richement illustré, réalisé sous la direction de Theodora Vischer et James Lingwood pour la Fondation Beyeler et conçu par Teo Schifferli, est publié au Hatje Cantz Verlag, Berlin. Sur 208 pages, il réunit « Notes » de Vija Celmins et de brèves contributions de Julian Bell, Jimena Canales, Teju Cole, Rachel Cusk, Marlene Dumas, Katie Farris, Robert Gober, Ilya Kaminsky, Glenn Ligon et Andrew Winer, avec une introduction de James Lingwood.

FONDATION BEYELER
Baselstrasse 101, 4125 Riehen

04/06/25

« Forever Young », MAC VAL, Vitry-sur-Seine - Exposition des 20 ans du MAC VAL – Musée d’art contemporain du Val-de-Marne

« Forever Young »
MAC VAL, Vitry-sur-Seine
14 juin 2025 — 4 janvier 2026

Mac Val
© MAC VAL 

Camille Brée
Camille Brée 
Boîte à disparaître, 2022 
Bois, éléments métalliques. 
Vue de l’exposition Homely, 
avec Claudine Debelle, Bagnoler, Bagnolet, 2022 

Grichka Commaret
Grichka Commaret 
Cent quatre-vingt-trois, 2020 
Acrylique sur coton, 34 x 22 cm
© Grichka Commaret 

Emma Cossée Cruz
Emma Cossée Cruz 
Théâtre de machines, 2024 
Photographies noir et blanc transférées manuellement sur plâtre, 
250 x 120 x 1.3 cm 
Vue de l’exposition « Ex machina », Centre Claude Cahun 
pour la photographie contemporaine, Nantes, 2024 
Photo © Emma Cossée Cruz

Sarah-Anaïs Desbenoit
Sarah-Anaïs Desbenoit 
Night Stalker, 2018
Photographie, 59 x 84 cm
© Sarah-Anaïs Desbenoit 

Le MAC VAL – Musée d’art contemporain du Val-de-Marne célèbre 20 ans d’ouverture au public, d’expositions, d’innovation et d’avenir. En résonnance avec l’exposition des oeuvres de la collection spéciale anniversaire « Le genre idéal » inaugurée en mars 2025, ouvre une exposition temporaire symbolique et programmatique, orientée sur la découverte : « Forever Young » ou 20 et 1 artistes. 

Au coeur du Val-de-Marne, le MAC VAL, musée référence pour l’art contemporain en France des années 50 à aujourd’hui, célèbre cette année son 20e anniversaire. Depuis sa création en 2005, l’institution s’est engagée à offrir des programmations innovantes et de qualité à ses publics toujours renouvelés, tout en s’adaptant aux évolutions du monde, en veillant aux meilleures collaborations avec ses partenaires artistiques, culturels, institutionnels ou médiatiques. « Forever Young » présente les oeuvres de 20 jeunes artistes (nées et nés pour la plupart entre 1990 et 2000), qui prennent à bras le corps les thèmes de notre temps, traduits dans une grande pluralité d’expressions formelles : photo, sculpture, installation, dessin, vidéo, peinture.

Coco de RinneZ
Coco de RinneZ 
Pour qui se prend Coco de RinneZ ?, 2014 – 2015.
Tirage photographique, 60 x 40 cm
Photo © Coco de RinneZ

Yann Estève
Yann Estève 
Contextes Imaginaires, 2024 
Série d’objets-photo, dimensions variables 
Photo © Yann Estève

Kim Farkas
Kim Farkas 
22-20, 2022 
Composites personnalisés, PETG, LED, 
composants électronique, 
hauteur 248 cm, diamètre 60 cm 
Photo © Gregory Copitet 

Maïlys Lamotte-Paulet
Maïlys Lamotte-Paulet 
Sans Titre, 2024 
Chaise goudron, 47 x 40 x 34 cm 
© Maïlys Lamotte-Paulet 

Au fil des deux dernières décennies, le MAC VAL a su se démarquer par sa capacité à imaginer et à accompagner les mouvements du monde. Dans cette nouvelle exposition, les artistes font référence à leurs histoires certes toutes très singulières mais qui ont pour point commun la découverte au MAC VAL, d’un artiste, d’une oeuvre, d’une médiation, d’un élément architectural, d’un accueil, d’un lieu de vie. Elles et ils sont toutes et tous des prophètes en leur pays, sur leurs terres de découvertes et parfois même de révélations, relais vivants et généreux d’un art en mutation permanente.

Avec les oeuvres de Aïda Bruyère, Camille Brée, Chadine Amghar, Coco de RinneZ, Emma Cossée Cruz, Garush Melkonyan, Grichka Commaret, Hugo Vessiller—Fonfreide, Jordan Roger, Kim Farkas, Lassana Sarre, Loreto Martinez Troncoso, Maïlys Lamotte-Paulet, Mario D’Souza, Raphaël Maman, Rebecca Topakian, Richard Otparlic, Sarah-Anaïs Desbenoit, Tohé Commaret, Yann Estève. 
Et Mehryl Ferri Levisse.

Un regard particulier est porté sur l’oeuvre de Mehryl Ferri Levisse, artiste qui a développé toutes ses dimensions et sensibilités lors d’expositions clés précédentes au MAC VAL, décédé en 2023, sans lequel, certainement, l’équilibre de cette exposition n’aurait pas été juste.

Loreto Martinez Troncoso
Loreto Martinez Troncoso 
Battement, 16 novembre 2024
Prise de parole, exposition collective 
« La République (Cynique) », 
Palais de Tokyo, Paris

Jordan Roger
Jordan Roger 
Burn Them All: Die Soon, (le château “bleu»), 2024 
Faïence cuite et émaillée, 200 × 200 cm 
ArtCastle Gallery, Amsterdam 
Photo © Lotta Kestens

Hugo Vessiller—Fonfreide
Hugo Vessiller—Fonfreide 
Mothership, 2025 
Dessin préparatoire, crayon et feutre sur papier, 210 x 297mm
© Hugo Vessiller—Fonfreide

Mot du commissaire Frank Lamy
Let’s dance in style, let’s dance for a while
Heaven can wait, we’re only watching the skies
Hoping for the best, but expecting the worst
Are you gonna drop the bomb or not?
Alphaville, Forever Young, 1984

« En juin 2005, l’équipe s’installait, après quelques années de chantier et de projections, fébrile, dans le bâtiment livré. En novembre de la même année, le MAC VAL ouvrait joyeusement ses portes aux publics. Cinq ans plus tard, l’exposition collective « Let’s Dance » interrogeait l’idée même de célébration et d’anniversaire. En 2015, avec « Chercher le garçon », ce sont les masculinités contemporaines qui ont été interrogées. En 2020, le confinement a bloqué toute volonté festive.

Nous sommes aujourd’hui en 2025 et célébrons le 20e anniversaire.

Tournée vers le futur, en célébrant le passé, « Forever Young » réunit 20 artistes pour qui, la fréquentation du MAC VAL a été une rencontre, un marqueur, un moment tournant, pivot dans leurs parcours artistiques. Un avant et un après.

Pour préparer cette exposition commémorative, j’ai donc enquêté auprès de collègues anciens et actuels, de partenaires divers, d’artistes enseignant en écoles d’art… Au terme de ces entretiens informels, j’ai retenu 20 artistes, pour la plupart de la génération Y, dite des milennials.

Il y aura du rose, beaucoup de rose. Il y aura des fantômes, beaucoup de fantômes. Des bâtons de couleurs à lèvres, des évènements lumineux, des trottinettes encapsulées et du dentifrice, des autoportraits empuissancés, des images et encore des images, des machines de toutes sortes (à photographier, à voyager dans le temps et l’espace, à rêver), de la narration spéculative, de la science-fiction, des façades vitriotes, des évocations, un vaisseau générationnel, des énergies canalisées ou pas, un château au bord de l’effondrement et un parfum d’apocalypse, des cocons et une langue quasi oubliée, des corps peints, des slogans et sentences, un espace en attente, des tissus pliés et de la couleur, du béton et des standards questionnés, des pierres et une histoire d’amour, un amant qui dort et des oracles, des paysages traversés, des lieux emplis de souvenirs, de mémoire.

Comme autant de propositions alternatives d’habitation du monde. »

Frank Lamy

Commissariat : Frank Lamy, assisté de Julien Blanpied

MAC VAL – Musée d’art contemporain du Val-de-Marne
Place de la Libération 94400, Vitry-sur-Seine