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29/01/18

Le Bleu des mers, Fondation Baur, Genève - Dialogues entre la Chine, la Perse et l’Europe

Le Bleu des mers, dialogues entre la Chine, la Perse et l’Europe
Fondation Baur, Musée des Arts d’Extrême-Orient, Genève
Jusqu'au 25 février 2018

Courtesy Fondation Baur, Genève

Inscrite dans le courant d’intérêt qui se développe pour les relations entre l’Extrême-Orient, l’Asie et l’Europe, l’exposition revient sur l’exportation de la porcelaine chinoise bleu et blanc dont le commerce se démocratisa au XVIIe siècle avec la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Ce siècle est connu pour être un véritable Âge d’or aux Pays-Bas. Grâce à sa réussite sur la route des Indes, la jeune République des Provinces Unies devint l’une des puissances commerciales les plus importantes d’Europe. Par sa tolérance de pensée, elle attira également nombre de personnalités, des écrivains, des penseurs, des savants qui créèrent un foyer culturel où purent s’épanouir les arts et les lettres. La bourgeoisie des négociants, enrichie du commerce maritime vers les Indes, fut le principal commanditaire d’œuvres d’art et acheteur de curiosités exotiques. Ce commerce avec l’Orient eut naturellement un effet sur la vie et l’art dans les provinces unies. Les porcelaines chinoises, en particulier, ont exercé une profonde influence sur la culture néerlandaise et l’aménagement des intérieurs. Elles entrèrent également dans les peintures de nature morte ou Vanités, où elles devenaient symbole d’une certaine prospérité. Ces tableaux nous révèlent ainsi l’utilisation de cette précieuse vaisselle et son impact dans la vie quotidienne.

Lorsque l’approvisionnement en porcelaines diminua drastiquement en raison des troubles politiques en Chine à la fin de la dynastie Ming (1368-1644), notamment la guerre civile qui sévit dans ce pays entre 1644 et 1647, les céramiques chinoises furent momentanément remplacées par des copies japonaises et perses. Depuis des siècles, la Perse importait en effet cette vaisselle de Chine, vaisselle qui avait inspiré les potiers et les peintres de miniatures.

Le visiteur a l’occasion de découvrir, au fil des salles, une mise en regard des peintures de natures mortes figurant des porcelaines bleu et blanc - si prisées par une Europe en expansion et en quête d’exotisme - face aux porcelaines qui les ont inspirées, leurs copies en faïence perse et des miniatures du monde de l’Islam avec des représentations de céramiques. 

Dans un dialogue transculturel avec les collections de la Fondation Baur et en particulier les céramiques d’exportation de la donation de Thérèse et John-D. Blum reçue en 2002 ainsi que du legs de l’ambassadeur et Mme Charles Müller accepté en 2004, le visiteur peut admirer de nombreuses et précieuses œuvres provenant de partenaires européens : des peintures des musées des Beaux-Arts de Besançon, Chambéry, Cherbourg, Lille, du musée du Prado à Madrid, du musée Rietberg et du Kunsthaus à Zurich, du MAH et du Cabinet d’arts graphiques et de la Galerie De Jonckheere à Genève, ainsi que des céramiques du musée Ariana à Genève, du Victoria and Albert Museum à Londres, des musées Guimet et des Arts décoratifs à Paris et de collections privées. 

Exposition réalisée avec le soutien d’une fondation privée genevoise et de De Jonckheere, Genève - Monaco

Commissariat de l’exposition : Monique Crick
Commissaire invitée : Yolande Crowe

Auteurs du catalogue : Monique Crick, Yolande Crowe et Alice Frech

Fondation Baur, Musée des Arts d’Extrême-Orient
8 rue Munier-Romilly - 1206 Genève – Suisse
www.fondation-baur.ch

12/12/04

Psy[k]é, Musée de la Publicité, Paris - Affiches psychédéliques des années 1960-1970

Psy[k]é
Musée de la Publicité, Paris
9 décembre 2004 - 27 mars 2005

Psyké
(c) Union centrale des arts décoratifs

Psychédélique [psikedelik], adj.> Qui est provoqué par l’absorption de drogues hallucinogènes et consiste en un débordement délirant des idées et une distorsion des faits et des images réels, qui peuvent aller jusqu’aux hallucinations psycho-sensorielles.
> adj. Proposé en 1956 par un correspondant de l’écrivain Aldous Huxley et popularisé par le psychologue américain Th. Leary lorsqu’il répandit l’usage du L.S.D
Psychédélisme, Subst. Masc.Etat psychédélique, par ext., façon de vivre, éthique qui préconise l’utilisation de drogues hallucinogènes.
Trésor de la Langue Française, Paris, 2002

Le musée de la Publicité présente une exposition inédite en France et en Europe : Psy[k]é, où 200 affiches psychédéliques des années 1960-1970 sont réunies. Nées en Californie à San Francisco, d’expérimentations tant graphiques et artistiques que sensorielles, ces affiches incarnent les aspirations d’une génération qui revendique le rock et la liberté individuelle.

Au milieu des années soixante, tous les regards se portent sur la Californie. Dans un contexte politique et social contestataire dont les principales valeurs reposent sur l’égalité des droits civiques, l’écologie, l’utilisation des drogues, la lutte contre la guerre du Vietnam et bien sûr la musique, la contre-culture brille de mille feux.

Le rock devient le langage de cette étrange révolte, encore informe, qui couve dans le monde occidental. Il s’impose comme la seule forme d’expression dans laquelle se reconnaît la majeure partie des jeunes, et on parle rapidement d’une « culture rock » à part entière, avec ses codes (musicaux, vestimentaires, idéologiques), son mode de vie, ses écrivains et son esthétique visuelle. Pour les artistes, les premières occasions de création sont les affiches de spectacles de rock.

Ils usent de couleurs vibrantes, et d’un répertoire de formes surprenantes issu des théories de la couleur et des effets optiques de Josef Albers, ancien membre du Bauhaus, de l’Op Art naissant, mais aussi du Jugendstijl, des affichistes du mouvement sécessionniste viennois (Gustav Klimt, Alfred Roller et Kolloman Moser) et du résultat de la prise de LSD. Ces affiches sont pour la plupart composées par de fortes masses de lettrage laissant peu de place à l’image. La typographie est mouvante et décorative à la limite de la lisibilité. Non seulement les artistes empruntent à l’Art Nouveau ses arabesques et son décor floral, mais vont jusqu’à s’approprier certaines images des affiches de Mucha ou Jules Chéret. Très vite l’affiche de musique rock devient un média artistique populaire et influence considérablement le champ du graphisme publicitaire.

Ces affiches sont signées: Wes Wilson, Victor Moscoso, Mouse Studios, Rick Griffin, Bonnie Mac Lean, Lee Conklin, David Singer, et annoncent exclusivement des concerts.

A travers elles, sont évoqués tous les noms de ceux qui ont initié et développé ce mouvement : les producteurs tel que Bill Graham et ses deux célèbres salles Fillmore ou la Family Dog Production qui organisait des concerts à l’Avalon Ballroom ; ainsi que les groupes de musique comme les Quick Silver Messenger Service, Grateful Dead, The Jefferson Airplane, Big Brother and the Holding Co, les Doors, le Velvet underground, les Pink Floyd, ou BB King.

Parution d'un ouvrage consacré aux affiches psychédéliques dans le cadre de l'exposition.

Commissaire de l'exposition : Amélie Gastaut, conservateur du musée de la Publicité

MUSEE DE LA PUBLICITE
Union centrale des arts décoratifs 
107-111 rue de Rivoli, 75001 Paris
www.ucad.fr