Showing posts with label Genève. Show all posts
Showing posts with label Genève. Show all posts

11/05/24

Exposition Paul Neagu @ MAMCO Genève

Paul Neagu
MAMCO Genève
Jusqu'au 9 juin 2024

Paul Neagu
PAUL NEAGU
Jump, 1977
Lithographie aquarellée et collage sur papier
56 x 76 cm
Coll. archives de la Galerie Rivolta

Paul Neagu
PAUL NEAGU 
Track 5/11, 1971
Encre de Chine et lavis de gouache sur papier millimétré
32.50 x 20.50 cm / 54 x 42 cm (avec cadre)
Coll. MAMCO, don Jean-Paul Jungo

Electricien puis topographe à Bucarest, le Roumain PAUL NEAGU (1938-2004) étudie en autodidacte la philosophie et le dessin géométrique. Il suit finalement des études d’art classiques à l’Institut d’arts plastiques Nicolae Grigorescu à l’issue desquelles il voyage et expose dans plusieurs pays soviétiques, puis en Europe occidentale. Il s’installe définitivement à Londres en 1970 grâce à l’entremise du commissaire d’exposition écossais Richard Demarco. Dès lors, en parallèle à sa pratique, il enseigne successivement dans différentes écoles d’art londoniennes, où il compte parmi ses étudiant·e·s Anish Kapoor, Rachel Whiteread, Tony Cragg ou encore Marc Camille Chaimowicz.

Peu avant son départ pour le Royaume-Uni, Paul Neagu développe une sculpture contrainte par un choix restreint de matériaux, tous bon marché, tels que des boîtes d’allumettes, du carton, du bois ou du cuir. Il crée des objets construits par unités cellulaires, parfois articulés par des charnières, qu’il met en scène lors d’actions urbaines à Bucarest (documentées dans le film Neagu’s Boxes, 1969). Nourri par ses lectures anthroposophiques, il formule, dans le Palpable Art Manifesto publié à Edimbourg en 1969, les bases théoriques sur lesquelles il construira l’ensemble de son œuvre : la vision d’un art qui s’appréhende par les cinq sens et qui appelle à l’interconnectivité des êtres avec leur environnement. Nommé Anthropocosmos, ce système se traduit dans ses œuvres par une grille alvéolée qui fragmente en cellules creuses et rectangulaires les parties sensibles du corps humain – le doigt, la main, les lèvres, l’œil, le sein – ou le corps tout entier. 

Insérée dans une grille géométrique, la figure humaine participe à un système intitulé Generative Art Code. Celui-ci théorise et codifie la coexistence dynamique des trois régimes qui, selon l’artiste, définissent les expériences philosophiques ou sociales : l’instinct primaire (représenté par le triangle), l’ordre et la rationalité de la société cartésienne (le rectangle) et enfin la révélation du soi grâce à la libération des normes et des contraintes (le cercle). Cet affranchissement ne peut être atteint que par le mouvement : le saut, la ronde, ou la « tornade », un motif-clé de l’œuvre de l’artiste. Fort de ce programme, Paul Neagu fonde en 1972 le Generative Art Group, un collectif de cinq artistes dont il est le seul membre non fictionnel, et du nom duquel il signe un catalogue et de nombreuses œuvres. Chacun des membres du groupe, dûment nommé et doté d’une biographie, se présente comme l’unité constitutive d’une superstructure.

Durant la décennie 1970, soit la plus décisive de son œuvre, Paul Neagu expose à trois reprises à la galerie Rivolta de Lausanne, avec laquelle il entretient une relation de confiance. Les expositions qu’il y conçoit en 1972, 1976 et 1981 sont envisagées comme des entités harmonieuses, l’artiste dessinant lui-même le mobilier de ses scénographies. L’exposition du MAMCO rassemble un important ensemble d’estampes et de dessins qui furent produits pour sa galerie lausannoise, ainsi qu’une sélection de documents d’archives mis à disposition par la famille Rivolta. Elle rend hommage à cet artiste singulier, qui se tint à l’écart des avant-gardes, tout en marquant discrètement, mais durablement, le paysage artistique européen.

L’exposition est organisée par Elisabeth Jobin, avec le soutien des archives de la galerie Rivolta et The Paul Neagu Estate (UK).

MAMCO GENÈVE
MUSÉE D’ART MODERNE ET CONTEMPORAIN
10 rue des Vieux Grenadiers, 1205 Genève

PAUL NEAGU -  MAMCO GENÈVE - 5.3 - 9.6.2024

Exposition Paul Thek @ MAMCO Genève

Paul Thek
MAMCO Genève
Jusqu'au 9 juin 2024

Paul Thek
PAUL THEK 
Untitled (Self-Portrait as a Pyramid)
(from the series Technological Reliquaries), 1966-1967
Cire, peinture acrylique, bois, métal, Plexiglas
56.2 x 32.1 x 39.4 cm
Coll. Wilhelm Lehmbruck Museum – Zentrum
Internationaler Skulptur, Duisburg

Paul Thek
PAUL THEK
La Corazza di Michelangelo, 1963
Cire et acrylique sur céramique
40 x 30 x 20 cm
Deichtorhallen Hamburg / Falckenberg Collection

PAUL THEK (1933-1988) est l’un des artistes américains les plus singuliers de la seconde moitié du 20e siècle et a toujours refusé d’appartenir aux courants artistiques dominants de son époque. Au cours des années 1960, son travail s’est développé en marge du Pop Art et de l’art minimal, en prenant le corps comme sujet et en développant de nouveaux modes de représentation. 

L’artiste se fait d’abord connaître par sa série des Meat Pieces (plus tard nommés Technological Reliquaries) qui représentent des fragments corporels traités comme des morceaux de chair, sculptés dans de la cire colorée et enfermés dans des boîtes en Plexiglas. Les Technological Reliquaries sont présentées dans les galeries new-yorkaises les plus importantes du moment (Stable Gallery, Pace Gallery), mais la relative confidentialité de la réception du travail de Paul Thek et son aversion pour le système de l’art américain le conduisent à se mettre à distance de la société américaine et à choisir de passer la plupart de son temps en Europe (Hollande, Italie). 

Parallèlement aux grandes installations éphémères, collectives et immersives de la fin des années 1960 et du début des années 1970, basées sur le motif symbolique et universel de la pyramide, Paul Thek revient à une pratique du dessin et de la peinture qui reste au cœur de son travail jusqu’à la fin de sa vie (il meurt du sida en 1988).

C’est d’abord la vie simple, extatique et panthéiste qu’il mène sur l’île de Ponza, en Italie, où il réside une partie de l’année entre 1969 et 1975 qui est la source de nombreuses peintures sur papier journal – une manière pour lui de revenir aux origines de la création en représentant ce qui l’entoure, l’infini de la mer et sa vie en harmonie avec les éléments naturels. Puis, dans les années 1980, la peinture est un moyen de parler de sa quête mystique, alors qu’il fait plusieurs retraites dans des monastères du Vermont. 

La Suisse a joué un rôle particulier dans la réception du travail de Paul Thek, puisqu’il fut soutenu notamment par Harald Szeemann et par Jean-Christophe Ammann. Toutefois, depuis l’exposition itinérante Paul Thek. The Wonderful World that Almost Was qui a circulé au Migros Museum et à la Kunsthalle de Zurich en 1996, son travail n’a plus fait l’objet d’une présentation institutionnelle en Suisse. 

L’exposition que lui consacre le MAMCO s’inscrit dans le prolongement de cette histoire, tout en souhaitant porter un nouveau regard sur l’œuvre inclassable de cette figure singulière de la contre-culture américaine. Elle propose, à partir d’un choix d’œuvres qui attestent la diversité des moyens d’expression que Paul Thek a explorés (sculptures, peintures, dessins et gravures), une traversée de sa pratique du début des années 1960 à la fin des années 1980. Elle s’attache à souligner cet entremêlement entre le spirituel et le corporel, le sacré et le profane, la nature et la technologie, la vie et la mort – autant d’oppositions qui reviennent au fil de ses créations, contribuant à faire de son œuvre hors normes un voyage initiatique. 

L’exposition est organisée par Valérie Da Costa, en collaboration avec Françoise Ninghetto.

MAMCO GENÈVE
MUSÉE D’ART MODERNE ET CONTEMPORAIN
10 rue des Vieux Grenadiers, 1205 Genève

PAUL THEK -  MAMCO GENÈVE - 5.3 - 9.6.2024

20/01/24

Salon d'Art artgenève 2024 - Expositions personnelles

artgenève 2024
Palexpo, Genève
25 - 28 janvier 2024

artgenève 2024

Le salon d'Art artgenève 2024 en est à sa 12ème édition. Ce sont près de 80 galeries qui y présentent leurs artistes, dont 70 % de galeries étrangères, parmi lesquelles on a bien sûr une importante proportion de galeries françaises, parisiennes essentiellement. 

Parmi les galeries, on relève un nombre important d'entre elles qui consacrent une exposition personnelles à un artiste. Ce sont en effet une trentaine de solo shows qui sont présentés à artgenève 2024. Voici la liste des artistes bénéficiant d'une exposition personnelle et le nom de la galerie qui l'organise.

Amélie Bertrand @ Semiose, Paris
Ralph Bürgin @ Livie Gallery, Zurich
Chico Da Silva @ Ars Belga, Bruxelles, Genève
Idir Davaine @ Ketabi Bourdet, Paris
Anjesa Dellova @ Fabienne Levy, Lausanne, Genève
Natacha Donzé @ Galerie lange + pult, Auvernier, Genève, Zurich
Philippe Favier @ Wilde, Genève, Bâle, Zurich
Sylvie Fleury @ Karma International, Zurich
Léo Fourdrinier @ Les filles du calvaire, Paris
Max Frintrop @ Berthold Pott, Cologne
Gilles Furtwängler @ Skopia / P.-H. Jaccaud, Genève
Athene Galiciadis @ von Bartha, Basel, Copenhagen
Olaf Holzapfel @ Xippas, Paris, Genève, Punta del Este
Sang Woo Kim @ Sébastien Bertrand, Genève
Jannis Kounellis @ Larkin Erdmann, Cham
Salifou Lindou @ Afikaris, Paris
Giuliana Macca @ Gowen, Genève
Zhenya Machneva @ Georges-Philippe et Nathalie Vallois, Paris, New York
Marianthi Papalexandri Alessandrri / Pe Lang @ Multipleart, Zurich
Sandrine Pelletier @ Galerie Rosa Turetsky, Genève
Thomas Ruff @ Mai 36 Galerie, Zurich
Julia Steiner @ Galerie Urs Meile, Lucerne, Beijing, Zurich
Benjamin Valode @ By Lara Sedbon, Paris
Ria Verhaeghe @ Richard Saltoun Gallery, Londres, Rome
Pascal Vonlanthen @ Lovay Fine Arts, Genève
Leonard Von Muralt @ Heinzer Reszler, Lausanne
Walter Vopava @ Galeie Mezzanin, Genève
Yannick Vu @ Olivier Varenne, Genève
David Weishaar @ Galerie Mighela Shama, Genève

L'une de ces expositions solos sera récompensée par le Prix Solo artgenève-F.P.Journe.

artgenève
Palexpo Genève - Route François-Peyrot 30, 1218 Le Grand-Saconnex

23/12/23

Exposition Rembrandt et la Bible @ MIR Genève - Musée International de la Réforme - "Rembrandt et la Bible. Gravure divine"

Rembrandt et la Bible. Gravure divine 
Musée International de la Réforme, Genève
30 novembre 2023 - 17 mars 2024

Rembrandt et la Bible. Gravure divine, MIR Genève


Le Musée International de la Réforme à Genève (MIR), en collboration avec le Musée d’art et d’histoire (MAH) de Genève, expose 70 gravures du maître hollandais. Intitulée « Rembrandt et la Bible. Gravure divine », l’exposition événement dévoile le lien tout personnel que le peintre entretenait avec la religion et ses représentations.

L’exposition « Rembrandt et la Bible » réunit pour la première fois à Genève un ensemble exceptionnel de 70 gravures signées de l’un des plus grands artistes de l’histoire. La majorité des œuvres sont prêtées par le Musée d’art et d’histoire de Genève (MAH). Ce prêt est complété par le Musée Jenish de Vevey et la Fondation Jan Krugier. Trois bibles dont deux provenant de la Bibliothèque de Zurich complètent le propos. L’exposition présente plus des deux tiers des gravures à contenu religieux et biblique de Rembrandt. Ces gravures évoquent des épisodes bibliques aussi connus qu’Adam et Ève consommant le fruit défendu, le Sacrifice d’Abraham, la Résurrection de Lazare, la Crucifixion, etc. L’exposition permet de comprendre le génie artistique et la virtuosité technique de Rembrandt. L’exposition témoigne par ailleurs du contexte social et religieux dans lequel l’artiste évolue : si la Réforme est dominante, l’Amsterdam du 17e siècle offre à ses habitants une grande liberté de pratique.

La scénographie de l’exposition «Rembrandt et la Bible», dont le commissariat est assuré par Bénédicte De Donker, conservatrice au Cabinet d’arts graphiques du MAH, fait la part belle au clair-obscur cher à Rembrandt. Des agrandissements de gravures permettent au public d’entrer dans le détail des scènes reproduites. En sus de cette mise en contexte soignée de la production de Rembrandt, un autoportrait, des représentations de contemporains de différentes religions, une chronologie biographique, historique et artistique et une évocation audiovisuelle de la technique de gravure de Rembrandt promettent une expérience culturelle et artistique agréable et complète.

La médiation et les animations sont particulièrement adaptées : une presse typographique inspirée de Gutenberg permet aux visiteurs d’imprimer artisanalement leur propre reproduction d’un détail d’une gravure de Rembrandt. Des visites guidées et un programme de conférences accompagnent l’exposition durant quatre mois. 

Un magnifique catalogue de 240 pages reproduit toutes les œuvres de l’exposition. Publié par les éditions Labor et Fides, il contient des essais introductifs rédigés par Bénédicte De Donker et Jan Blanc, professeur à l’Université de Genève.

Rembrandt et la Bible - Catalogue
Bénédicte De Donker
Rembrandt et la Bible
Gravure divine
MIR / Labor et Fides, 2023
240 pages • 27 CHF
Quel autre artiste que Rembrandt s’est aussi profondément plongé dans sa Bible protestante? Il a réalisé des milliers d’œuvres tirées des Ancien et Nouveau Testaments, dont 89 gravures. Lecteur assidu de la Bible, « ce ne sont pas simplement des sujets que le peintre extrait de la Bible ; ce sont des textes de l’Écriture qu’il commente », selon la belle formule du pasteur W. A. Visser ‘T Hooft. Ce catalogue est publié à l’occasion de l’exposition « Rembrandt et la Bible » présentée au MIR en collaboration avec le MAH, du 30 novembre 2023 au 17 mars 2024. Il présente entre autres 54 des gravures bibliques de Rembrandt, organisées selon l’ordre d’une chronologie biblique, d’Adam et Ève aux Actes des Apôtres.
MUSEE INTERNATIONAL DE LA REFORME - GENEVE
Cour de Saint-Pierre 10 - 1204 Genève

Musée International de la Réforme, Genève

19/12/23

Tania Mouraud @ MAMCO Genève - Exposition "Da Capo"

Tania Mouraud: Da Capo
MAMCO Genève
4 octobre 2023 - 28 janvier 2024

Certaines des productions de TANIA MOURAUD (*1942) sont marquées par la Shoah, dette envers un père résistant tombé dans le Vercors sous les balles allemandes qui lui trace une destinée : celle de toujours prendre le parti des opprimés – et, de manière générale, celui des femmes. Une façon aussi d’être une citoyenne avertie, de parler de la vie, de ses contradictions et bouleversements tout en se déplaçant entre plusieurs cultures. Car, son œuvre est un creuset où se mélangent des influences musicales (John Zorn, la « noise » japonaise, les sonorités Klezmer, le manifeste « bruitiste » de Luigi Russolo), les chorégraphies de l’art martial indien, des références à l’histoire de l’art (du Journal de Léonard de Vinci aux avant-gardes russes) et aux figures historiques de la résistance (Gandhi, Mandela, Martin Luther King...).
 
L’exposition consacrée à Tania Mouraud se concentre sur ses travaux des décennies 1970 -1980 et notamment les « chambres de méditation ». Ces dispositifs psychosensoriels sonores ou silencieux répondent à un objectif ambitieux : celui d’intégrer une pièce supplémentaire dans les nouvelles constructions. Une forme d’organisation spatiale dans laquelle se recentrer, exister mentalement hors de toute contrainte, faisant le lien entre espace de méditation (« en Inde tout le monde a sa Prayer Room » dit volontiers l’artiste) et Une chambre à soi de Virginia Woolf.
 
A partir de 1977, Tania Mouraud recouvre les murs intérieurs ou extérieurs de mots dont elle agrandit au maximum les lettres à l’échelle du mur. Ainsi augmentés, les textes sont plus à déchiffrer qu’à lire, leur compréhension est ralentie ; une façon de se défaire des modes de lecture instantanés imposés par les médias.
 
« DCLLDF » (DIEUCOMPTELESLARMESDESFEMMES), phrase tirée de la Kabbale ou 
« STOPONYOURWAYHOMEJUSTTOLOOKATAFLOWER » prélevée dans Le dit du Genji, premier monument de la littérature japonaise et mondiale écrit par une femme au 11e siècle, comptent parmi les phrases ou expressions qu’elle propose à la réflexion des visiteurs et passants.

L’exposition du MAMCO, intitulée Da Capo, est aussi l’occasion de redécouvrir une œuvre qui appartient à la collection d’art minimal et conceptuel du musée, réunie dans l’Appartement : MENTATION qui renvoie à l’action en cours, au présent de l’expérience, à l’acte même de sentir. Elle est, pour l’occasion, restituée dans sa version originale, celle d’un texte imprimé sur bâche.

L’exposition est organisée par Sophie Costes et a reçu le soutien de la galerie Ceysson & Bénétière

MAMCO GENEVE
MUSÉE D’ART MODERNE ET CONTEMPORAIN
10 Rue des Vieux Grenadiers, 1205 Genève

23/11/23

Yoshitomo Nara @ Pace, Genève - Exposition "The Bootleg Drawings 1988 - 2023"

Yoshitomo Nara
The Bootleg Drawings 1988 - 2023
Pace Gallery, Genève
17 novembre 2023 – 29 février 2024

Yoshitomo Nara
© Yoshitomo Nara, avec l'aimable autorisation de la Pace Gallery

Pace présente, dans sa galerie de Genève, un tour d’horizon des dessins réalisés par Yoshitomo Nara. Il s'agit de la toute première exposition solo de l'artiste en Suisse. Retraçant plus de trente années de sa carrière, Yoshitomo Nara: The Bootleg Drawings, rassemble près de 200 oeuvres sur papier influencées par la politique, le mouvement punk rock, la musique folk, la contre-culture des années 60 ainsi que les souvenirs personnels de l’artiste, ses expériences remontant à l’enfance et les années durant lesquelles il vécu en Allemagne. 

Pour cette exposition, Yoshitomo Nara a choisi une sélection d'oeuvres inédites. Pris individuellement, chaque dessin présenté apporte un éclairage sur les sensibilités esthétiques de l’artiste et son approche vis-à-vis de l’art figuratif à divers moments de sa vie. Sous une forme de groupes, ces oeuvres présentent une image profondément personnelle de sa carrière à travers le prisme d’un média singulier.

Créés sur des carnets et des matériaux trouvés allant du carton ondulé jusqu’à des enveloppes en passant par des journaux, les dessins spontanés de Yoshitomo Nara, représentant des jeunes silhouettes, des animaux anthropomorphes, des paroles de chanson ainsi que des mots chocs, constituent des reflets intrinsèquement intimes de son paysage psychologique. Entre les mains de Yoshitomo Nara, les marqueurs esthétiques de la jeunesse, tels que les grandes têtes et les yeux larges, font émerger des émotions et des états psychiques complexes, de rebelle et réfractaire à calme, contemplatif et solitaire. 

L’artiste commença à crayonner dans sa petite enfance, s’exerçant pendant les cours, lors du trajet de l’école à la maison et également dans sa maison d’enfance dans la ville semi-rurale d’Hirosaki au nord du Japon. Depuis son enfance, la musique a toujours représenté une force extrêmement importante et exercé une grande influence sur le travail et la vie de Yoshitomo Nara. Il avait acheté son premier album à l’âge de huit ans avant de toujours percevoir la musique comme indissociable de son processus de réalisation de dessins, les sons de ses disques transfigurant ses idées et sentiments en images sur la page.

Les plus anciens dessins figurant dans l’exposition de Yoshitomo Nara à Genève remontent à l’année 1988 au cours de laquelle il déménagea en Allemagne pour être élève à l’Académie des beaux-arts de Düsseldorf. Il y étudia sous l’égide de l’artiste A.R Penck, lequel le poussa à combiner ses pratiques du dessin et de la peinture, un moment clé dans le développement de son style unique. Des figurations audacieuses de Yoshitomo Nara de 1989 sélectionnées et visibles au sein de l’exposition de Pace reflètent la brutale rudesse du travail de Penck. En s’écartant des compositions quadrillées de parties composites en faveur de sujets et de motifs singuliers placés sur des arrière-plans aplanis, ces œuvres incarnent un prélude au changement d’orientation significatif qui interviendra dans le style pictural de Yoshitomo Nara quelques années plus tard : de grandes têtes arrondies apposées à des arrière-plans unis. 

Au cœur de la vaste pratique artistique de Yoshitomo Nara, laquelle englobe la peinture, la photographie, les installations à grande échelle ainsi que la sculpture, le dessin est le médium à travers lequel il exprime son humour ainsi que ses sensibilités introspectives de la manière la plus vive. Ponctuées de paroles de chanson et de slogans, des images figuratives de skateurs, de sirènes et de joueurs de guitare s’adressent aux rêveries personnelles en roue libre de l’artiste. Pour Yoshitomo Nara, dessiner est un acte de recherche et d’expérimentation viscéralement propre à soi-même aussi bien au niveau des idées que des processus techniques. 

Cette exposition à la Pace Gallery a lieu alors que se tient une grande exposition solo des oeuvres de Yoshitomo Nara au Musée d’art d’Aomori au Japon, du 14 octobre 2023 au 25 février 2024.

Yoshitomo Nara (né en 1959 à Hirosaki, Aomari, Japon), figure pionnière de l'art contemporain, a étudié au Japon puis en Allemagne, où il a commencé à faire la synthèse de la culture populaire japonaise et occidentale, de l'art médiéval et du néo-expressionnisme. Au début des années 1990, Nara est parvenu à son style mature, représentant des enfants avec des attitudes allant de menaçantes à exubérantes en passant par pensibles. Influencé par la musique populaire et les souvenirs d'enfance, il filtre ces références à travers un domaine exploratoire de sentiments, la solitude et la rébellion en particulier, couvrent des sensibilités autobiographiques et culturelles plus larges.

PACE GALLERY GENEVE
Quai des Bergues 15-17, 1201 Genève

13/10/23

Alighiero Boetti @ MAMCO Genève - Exposition Estate '70, 1970

Alighiero Boetti 
Estate '70, 1970 
MAMCO, Genève 
4 octobre 2023 - 20 janvier 2024 

En 1969, après une période marquée par son engagement dans les activités d’un groupe d’artistes italiens aujourd’hui réunis sous la dénomination de « Arte Povera », le Turinois Alighiero Boetti (1940-1994) abandonne progressivement l’objet pour renouer avec la pratique du dessin. Il reconsidère ce médium dans l’optique d’un système normé, sur le modèle de la grille, capable de générer un nombre infini de variations. En particulier, il explore les qualités géométriques et ludiques du damier.

Estate ’70 s’inscrit dans cette recherche, tout en constituant le point culminant de la série des Bollini (« pastilles »). Celle-ci réunit six dessins et collages sur papier, réalisés entre 1969 et 1970, qui procèdent d’un même ensemble de règles et de contraintes graphiques. Estate ’70 se distingue toutefois par son format monumental – un rouleau de 20 mètres de long – ainsi que par la composante temporelle suggérée à la fois par son titre (« été 1970 ») et le contexte de son exécution. Alighiero Boetti réalise en effet cette œuvre à Milan, dans la galerie Franco Toselli, alors fermée pour les vacances d’été, et dans laquelle il se retire durant plusieurs semaines. Une grille régulière – ici tracée au crayon sur papier – donne la matrice géométrique d’un collage constitué de pastilles autocollantes et colorées, d’un modèle standardisé. Disposées en miroir, elles se reflètent de part et d’autre d’une même ligne. Procédant par zones, l’artiste explore les possibilités combinatoires des couleurs et des ensembles, laissant libre cours au plaisir de la variation, jouant sur les rythmes visuels et assumant les imperfections de l’exécution.

Alighiero Boetti explore ici la limite entre la règle et le jeu, entre la contrainte et la singularité du joueur. Il participe à un intérêt renouvelé que des artistes portent alors au jeu. Dans les années 1960, Marcel Broodthaers, Robert Filliou ou, plus généralement, les artistes de la constellation Fluxus, ont fait de l’humour un mode opérationnel et une éthique de création. Parallèlement aux recherches de Boetti, le groupe Art & Langage et la scène conceptuelle alors émergeante font du protocole et de la sérialité de véritables outils de travail. Alighiero Boetti se distingue des uns comme des autres par son approche : une poésie particulière, qui consiste à introduire le désordre de la subjectivité dans l’ordre de la règle, préside en effet à ses créations.

MAMCO GENÈVE
MUSÉE D’ART MODERNE ET CONTEMPORAIN
10 rue des Vieux Grenadiers, 1205 Genève

23/05/23

Artist JR Exhibition @ Pace Gallery, Geneva - Women

JR: Women
Pace Gallery, Geneva
25 May – 18 July, 2023

JR
JR 
28 Millimètres, Women Are Heroes
Action dans la Favela Morro da Providência,
 Escalier, close-up, Rio de Janeiro, Brésil, 2008
Color print, mounted on dibond, mat plexiglas, 
flushed wooden black frame, 188 × 124.5 × 7.6 cm 
© JR

Pace Gallery presents JR: Women, a solo exhibition of work by the internationally renowned French artist. Marking the artist’s first show in Switzerland since 2008, JR presents a suite of artworks from his Women Are Heroes project. This exhibition follows the release of his latest encyclopaedic book, Artist Until I Find a Real Job, published in April 2023.

Known for his large-scale, outdoor photographic installations, JR’s practice is rooted in an exploration of identity, community, and social justice. His work is typified by monumental installations that transform urban settings and tackle cultural and socio-political issues. Through his portraits, JR brings individual experiences and stories to the broadest possible audience.

JR: Women showcases the Women Are Heroes project that the artist began in 2008 in Sierra Leone, before taking the project to Liberia, Kenya, Cambodia, India, Brazil, and France. Travelling through zones of conflict, JR found that women are commonly the primary victims of war, brutality, and political or religious fanaticism. In 28 Millimètres, Women are Heroes, Rispah Atemba, Sierra Leone (2008), JR intimately captures the image of a smiling woman resting her head on her hands. Her disposition is jubilant and full of energy despite the political upheavals in Sierra Leone, which was in a state of recovery following the end of a civil war. JR displayed her portrait, and those of other women, on the side of trucks, buildings, and temporary structures as an act of resistance and hope. In placing the lives of local women on centre stage, JR’s work provides a space for them to freely express themselves however they chose.

In other works, such as 28 Millimètres, Women are Heroes, Action Dans La Favela Morro da Providência, Escalier, Close-Up, Rio de Janeiro, Bresil (2008) or 28 Millimètres, Women Are Heroes, Exhibition In Paris, Femme Allongée - Delivery In Paris, Under The Sun, France (2010), JR pastes his portraits of women in public spaces, bringing their individual stories into the public arena. In doing so, JR removes the boundary between everyday life and art galleries, bringing his work directly to the communities featured in the work. In Brazil, he pasted the image onto a stairway in the favela of Morro da Providência, to be seen from street level. Widely considered to be the first favela community in Brazil, JR connects this woman – as well as the others in the series – with her local community, demonstrating their abiding strength.

JR’s practice underlines the crucial role that women play in society and highlights their dignity. Through an expressive and hopeful lens, the artworks celebrate the women’s heroism living through hardship. With an egalitarian approach to artmaking and an emphasis on collaboration, JR was often assisted by people from the neighbourhoods in installing and pasting the photographs. Stressing the collaborative nature of his work, at the end of each project, a book was made and distributed to those who participated. Despite differing countries and stories, the women in the portraits shown in JR: Women are displayed in conversation with one another, united in their fortitude.

JR’s (b. 1983, Paris) communal and collaborative practice promotes civic discourse across the globe through large-scale photographic interventions and digitally collaged murals. JR uses photographs, murals, films, videos, and other multimedia works to address socio-economic and political issues. His work—which he refers to as “infiltrating art,” a term descriptive of its ubiquity and ability to reach an audience beyond those who visit museums—has been installed across the globe, from the streets of Paris to the favelas of Brazil and the border between the United States and Mexico.

Begun in 2011, his Inside Out project has allowed over 260,000 people worldwide to obtain photographic portraits that JR’s team prints as large black-and-white posters. He encourages participants to paste them up in common spaces, adding their images to the public sphere. JR has directed short films including Les Bosquets (2015) and ELLIS (2015), as well as the feature documentary Faces Places (2017), co-directed with Agnès Varda and nominated for an Academy Award. In 2018, JR collaborated with TIME magazine on The Gun Chronicles: A Story of America, creating a magazine cover, video mural, and interactive website which included an exhibition at Pace Gallery in October of 2018. In 2022, JR and TIME magazine worked together again to create the Resilience of Ukraine cover, which captured the unfurling of a 148ft photograph in Lviv, Ukraine of Valeriia, a five-year-old Ukrainian refugee who has become a symbol of hope during the war. 

PACE GALLERY GENEVA
Quai des Bergues, 15-17, Geneva

12/03/23

Kylie Manning @ Pace Gallery, Geneva - You Into Me, Me Into You

Kylie Manning
You Into Me, Me Into You
Pace Gallery, Geneva
28 March – 13 May, 2023

Kylie Manning
Kylie Manning
 
Archipelago, 2023 
Oil on linen, 162.6 × 203.2 cm 
© Kylie Manning

Pace Gallery presents You Into Me, Me Into You, Kylie Manning’s first exhibition in Switzerland. Conceived as a sister exhibition to her forthcoming prestigious collaboration with the acclaimed choreographer Christopher Wheeldon for the New York City Ballet, Kylie Manning presents a suite of new, highly ambitious paintings in her idiosyncratic style. Where her paintings in New York will serve as a landscape for Wheeldon’s ballet and inspiration for the costumes, which Manning is also collaborating on, the body of work on display in Geneva brings Kylie Manning’s deeply felt cast of characters into centre stage.

Kylie Manning’s collaboration with Christopher Wheeldon will premiere on May 4 at Lincoln Center as part of the New York City Ballet’s annual Spring Gala, with additional performances on May 6, 9, 13, and 16.

Rooted in the wild, sweeping landscapes of her childhood split between Alaska and Mexico – and later, her time spent working on commercial fishing boats – Manning’s large-scale paintings are a riot of colour, energy, and diaphanous figures. Oscillating between abstraction and figuration, Manning deftly moves between delicate washes of colour, precise lines, and heavy impasto in order to bring her figures into being. The tangled bodies move through the dreamlike space in quasi-theatrical compositions that recall the grand history paintings of nineteenth century artists such as Théodore Géricault, Winslow Homer, and James Abbott McNeill Whistler. Indeed, Manning employs a technique used by Old Master painters including Johannes Vermeer in which countless layers of oils are applied to the canvas’s surface in order to absorb and refract light.

Kylie Manning’s confident, powerful paintings hold the tension between the microscopic and macroscopic, drawing viewers into her realm. Reading as neither masculine or feminine, figures emerge from luminous swathes of colour; hands merging into faces, arms into stomachs, guiding the eye around the canvas. As one of five children, ideas of playfulness, intimacy, and chaos within family dynamics are central to Kylie Manning’s subject matter. She often uses her own hands as a visual reference in her painting because they are the double of her mother’s, permeating the works with a clandestine tenderness.

Pareidolia, the brain’s tendency to see images in ambiguous patterns – such as a face in clouds – is a central concern of Kylie Manning’s approach to painting. In Still be on my feet (2023) the figure’s raised hand contains the subtle hint of a nose and mouth, confounding viewer’s expectations. In this way, Manning leaves interpretation open and subverts the ways in which her paintings are experienced, allowing viewers a closer and more active engagement with the works.

Contrasting warm and cool tones, Kylie Manning’s atmospheric paintings conjure the precise sensation of a moment in time. The improvised compositions presented in the exhibition hover on the edge of collapse into abstraction, Manning’s nimble handling of paint bringing them back from the brink. She likens this idea to music and thereby dance, particularly ballet, in which bodies are suspended in air at once vulnerable and unshakeable. Borrowing the title from a line in Verklärte Nacht, the 1896 poem by writer Richard Dehmel that inspired Arnold Schoenberg's string sextet, You Into Me, Me Into You speaks to the ideas of metamorphosis and hope.

KYLIE MANNING (b. 1983, Juneau, Alaska) is a painter based in Brooklyn, New York. Her work is heavily informed by the atmospheres, latitudes, and colours present in the various geographies of her childhood. Using brushwork, light, and balance, the artist captures moments within her personal history, such as her time working on Alaskan seining vessels and memories of surfing in Mexico. Through her practice, Kylie Manning re-contextualises the concept of traditionally gendered “masterpieces" with an eye toward contemporary feminism, and her visual lexicon is as much in conversation with J.M.W. Turner and Frans Hals as it is Ruth Asawa and Berthe Morisot. Kylie Manning's oil paint compositions centre on ethereal, gestural, and genderless figures within expansive, disparate landscapes. She purposefully leaves the origin, gender, and raison d'être of the forms within her paintings up to interpretation, allowing the viewer to step into her world, yet form their own reading of the work. The resulting works vibrate with energy and light, flickering before the viewer's eyes.

Kylie Manning explores the balance between figuration and abstraction through expert draftsmanship, painting, markmaking, and a refined technical process. Within her painting practice, the artist begins each body of work as a family, stretching the surfaces and employing rabbit skin glue, which primes the canvas and provides a buoyant backdrop. She spends a great deal of time spreading oil ground (a material used to prime oil paintings) with a palette knife, before sanding down each layer, building a relationship to each individual piece before she brings in colour. She is acutely aware of the scale, energy, and groove of the linen before ‘beginning’. When Kylie Manning eventually incorporates colour, it begins through a hierarchy of refracted light. She grinds pure pigments with safflower oil and starts with a Sumi-e-like wash using broad chip brushes and paint rollers to create thin but wide strokes. While still wet, she takes a rag and begins to pull the composition out by wiping and ripping away saturated areas. Eventually sketching in paint with loaded brushes, she reiterates or shifts the composition. Each layer is separated with a slightly thicker layer of safflower and walnut oil to refract light, a technique common with Dutch Baroque painters. Orchestrating ethereal sketches of landscapes and figures, she balances delicate whirlwinds of colour with a contemporary feminist sense of humour. Kylie Manning’s works feel simultaneously thin and radiant, light glowing from within the paintings themselves.

PACE GALLERY GENEVA
Quai des Bergues 15-17, 1201, Geneva

10/12/22

Maurice Mboa @ Galerie Pace, Genève - Resilience

Maurice Mboa : Resilience
Galerie Pace, Genève
7 décembre 2022 - 7 janvier 2023

Maurice Mboa
Maurice Mboa
Untitled, 2022
Acrylic spray paint on engraved steel panel 
© Maurice Mboa
"Je sens que j'appartiens au monde des vivants, que j'habite mon corps mais que j'appartiens aussi à cet autre monde, le monde des esprits. Je suis revenu avec un but et un message, même si je ne sais pas exactement de quoi il s'agit. ... Il y a un élément rituel et magique dans mon travail."
- Maurice Mboa
La galerie Pace de Genève présente Maurice Mboa : Resilience, une exposition des nouvelles œuvres de l'artiste camerounais basé à Genève. Cette exposition rassemble des œuvres récemment réalisées dans le style singulier de l'artiste, notamment des diptyques à grande échelle, marquant la première utilisation de ce format par Maurice Mboa.

Au cœur de la pratique artistique de Maurice Mboa se trouve une quête du monde spirituel. Ses portraits sans visage, souvent réalisés dans un environnement sauvage et luxuriant, sont intentionnellement ambigus dans la mesure où Maurice Mboa cherche à transmettre leur esprit intérieur. Malgré l'absence de traits, chaque figure est imprégnée d'une forte présence, car elle regarde le spectateur, parfois en questionnant ou en reflétant ceux qui se tiennent devant elle. Maurice Mboa appelle ses portraits "Âme-preinte" ou "empreintes d'âme", un jeu de mots avec "empreinte". Ayant frôlé la mort à plusieurs reprises au cours de sa vie, Maurice Mboa a un sens aigu de l'équilibre délicat entre le corps physique fini et l'âme éternelle et intangible. En effet, pendant son adolescence au Cameroun, Maurice Mboa a suivi les enseignements de sa grand-mère, qui était une guérisseuse traditionnelle, et a appris à se rapprocher de l'esprit des plantes et de la nature en tant que centre de la spiritualité universelle. Il explique : "On m'a toujours décrit comme un philosophe contemporain interrogeant les lignes et les symboles qui relient la nature et comme un anthropologue des corps et des âmes. "

Il importe d'Afrique des feuilles d'acier qu'il sculpte ensuite à l'aide d'un outil spécial avant d'appliquer une peinture vive pour donner vie à ses œuvres. Maurice Mboa considère que l'acier est synonyme d'avenir. C'est un matériau qui évoque la force et qui parle de l'avenir de l'humanité. Il choisit des feuilles d'acier sombres, trouvant la beauté dans le contraste de la légèreté que fait ressortir chaque coup de son outil de gravure. Les motifs complexes et biomorphiques qui s'étendent sur les panneaux de Maurice Mboa créent une riche vibration, comme si la vie végétale qui entoure sa figure était vivante et en mouvement. Dans Untitled (2022), présenté ci-dessus, chaque feuille est un circuit de lignes qui représente le mouvement organique de chaque organe du corps. Avec leurs compositions compactes d'un autre monde, les peintures de Maurice Mboa parlent de l'interconnexion des organismes vivants. Pour ces nouvelles œuvres présentées à Genève, Maurice Mboa a choisi une palette éblouissante de verts, de bleus, de jaunes et de rouges, marquant ainsi sa série la plus colorée à ce jour.

Maurice Mboa (né en 1980/1983) est un artiste autodidacte camerounais basé à Genève. Il a développé un univers riche et unique, imprégné de sa propre conception de l'animisme, ainsi qu'une technique très spécifique de gravure de feuilles de métal peintes. Son mélange d'anthropomorphisme et d'abstraction est immédiatement reconnaissable, en particulier les visages striés et les "empreintes d'âme" de ses personnages mystérieux. Il a exploré les thèmes de l'identité, de l'hybridité et du psychisme. Son travail a été présenté au Cameroun, en Suisse et dans divers pays européens, au Moyen-Orient ainsi qu'à ArtGenève.

PACE 
Quai des Bergues 15-17, Genève

27/09/20

Fred Boissonnas @ Musée Rath, Genève - Fred Boissonnas et la Méditerranée. Une odyssée photographique

Fred Boissonnas et la Méditerranée
Une odyssée photographique 
Musée Rath, Genève
25 septembre 2020 - 31 janvier 2021

Fred Boissonnas

Fred Boissonnas et la Méditerranée.
Une odyssée photographique 
Musée Rath, Genève

Avec cette nouvelle exposition consacrée à Fred Boissonnas (1858-1946), le Musée d’art et d’histoire, la Bibliothèque de Genève et l’Université de Genève s’associent pour révéler une oeuvre exceptionnelle, une démarche artistique profondément originale ainsi qu’une personnalité attachante de l’histoire genevoise. A travers une sélection d’images provenant du fonds acquis par la Ville de Genève en 2011 et enrichie par les prêts d’autres institutions et de collectionneurs privés, Une odyssée photographique met en valeur un pan à la fois méconnu et crucial de la carrière du photographe : ses voyages en Méditerranée, de la Grèce à Gibraltar, de l’Italie à l'Egypte. 

En 1984, grâce à l’exposition de Nicolas Bouvier Les Boissonnas. Une dynastie de photographes, les visiteurs du Musée Rath découvraient l’histoire d’Henri-Antoine Boissonnas et de ses descendants qui firent des années 1860 aux années 1980 le choix de « vivre par et pour la photographie ». Trente-six ans plus tard, toujours au Musée Rath, Une odyssée photographique rend hommage au représentant le plus fécond de cette dynastie, Fred Boissonnas, qui reprend l’atelier genevois de son père Henri-Antoine en 1887 avant de connaître un succès international.

Inspiré par le mouvement pictorialiste dont il est l’un des principaux représentants en Europe dans les années 1890, Fred Boissonnas explore bientôt d’autres voies pour faire reconnaître la photographie comme un art à part entière. Cette nouvelle exposition montre combien ses voyages en Méditerranée ont été le moteur de cette quête, lui permettant de créer une oeuvre profondément originale. Héritières du romantisme, ses images constituent une contribution essentielle à la nouvelle vision du monde apportée par la photographie au 20e siècle. 

En cheminant à travers les paysages et en collaborant avec des hommes de lettres, des archéologues et des hommes politiques, Fred Boissonnas interprète la géographie et l’histoire du monde par la photographie. Sur les pas d’Ulysse avec Victor Bérard, sur les traces de saint Augustin en Afrique du Nord ou de l’Ancien Testament dans le Sinaï, ses projets jouent avec la souplesse des interprétations que la photographie suscite. Ils repoussent aussi les limites de son cadre, de son immobilité et de son silence, de son rapport au temps, indissolublement liée à l’instant, et de son lien indéfectible au réel. Les visiteurs sont ainsi conviés à un voyage dans le temps, dans l’espace et à la surface de l’image. 

Prêteurs : Musée de l’Elysée, Lausanne ; Musée de l’appareil photographique, Vevey ; Musée Benaki, Athènes ; Collection Christophe et Viviane Blatt ; Collection Nicolas Crispini ; Collection D. Martinez ; Collection Jean-Marc Martin du Theil ; Fondation Roussen ; Collection privée Borel-Boissonnas, Suisse ; Collection privée, Suisse

Publication : Estelle Sohier, Fred Boissonnas et la Méditerranée. Une odyssée photographique, Éditions de La Martinière, Paris, 2020, 189 p.

Commissariat de l’exposition :
Estelle Sohier (maître d’enseignement et de recherche, Université de Genève), commissaire
Lada Umstätter (conservatrice en chef Beaux-Arts, Musée d’art et d’histoire), commissaire
Mayte Garcia (assistante conservatrice Beaux-Arts, Musée d’art et d’histoire), co-commissaire
Nicolas Schätti (conservateur, Bibliothèque de Genève), co-commissaire 

MUSÉE RATH
Place Neuve – 1204 Genève

13/10/19

Guy de Cointet @ MAMCO, Genève

Guy de Cointet
MAMCO, Genève
9 octobre 2019 - 2 février 2020

Artiste français émigré aux Etats-Unis en 1965, Guy de Cointet (1934-1983) fut l’assistant du sculpteur Larry Bell, qu’il suivit à Los Angeles, ville où il s’établit jusqu’à la fin de sa vie.

Son travail tisse des liens entre l’art conceptuel, la poésie visuelle et différentes formes narratives. La codification, le hiéroglyphe, la typographie représentent chez Guy de Cointet un processus d’élaboration du mot mis en image et de la couleur mise en forme. Il organise ainsi de grands dessins aux écritures cryptées, ainsi que des livres de «  typoésie  ».

Puisant dans le réel, il s’inspire, à l’instar de Warhol, de la publicité et des «  soap operas  », traités à la façon des «  cuts-up  » de William Burroughs et Brion Gysin, pour les textes et les pièces de théâtre qu’il écrit. A la fin de sa vie, Guy de Cointet recherchait de plus en plus des croisements entre le théâtre, le cinéma et la danse. Ses objets scéniques, tels que réunis dans ETHIOPIA, installation faisant partie de la collection du MAMCO, oscillent entre le statut d’accessoire, de décor et de véritables personnages.

Au  MAMCO sont réunis des oeuvres sur papier et des tableaux « post-Pop » acquis par le musée suite à l’organisation de la première rétrospective de l’artiste en 2004.

MAMCO
Musée d’art moderne et contemporain, Genève
10, rue des Vieux-Grenadiers, 1205 Genève

17/05/19

Hreinn Friofinnsson @ Centre d'Art Contemporain, Genève – To Catch a Fish with a Song 1964–Today

Hreinn Friðfinnsson: To Catch a Fish with a Song 1964–Today
Centre d'Art Contemporain, Genève
24 mai  – 25 août 2019

Hreinn Friðfinnsson
HREINN FRIOFINNSSON
Clearing, 2013
Stirring sticks, dimensions variable
Courtesy of the artist and Gabriela Elba Benitez 
Photo: Luis Asín

Le Centre d’Art Contemporain Genève présente la première exposition personnelle de l’artiste islandais HREINN FRIOFINNSSON dans une institution suisse. Avec plus de septante oeuvres, To Catch a Fish with a Song: 1964 – Today célèbre cet artiste majeur, et paradoxalement méconnu, en revenant sur plus d’un demi-siècle d’une pratique audacieuse.


Hreinn Friðfinnsson
HREINN FRIOFINNSSON
Third House (detail), 2011
16 colour photographs, each 33 x 40 cm (framed)
Courtesy of the artist and i8 Gallery
Photo: Ásmundur Hrafn Sturluson

L’oeuvre de Hreinn Friðfinnsson est saluée à la fois pour son lyrisme et sa poésie austère, qui transcendent les sujets et les matériaux souvent communs utilisés pour créer ses pièces. Il a parfois été comparé aux artistes romantiques conceptuels. Sa pratique est ancrée dans la dématérialisation de l’art et fortement liée au paysage et aux phénomènes naturels. Néanmoins, l’artiste islandais s’en détache. Il n’adopte pas de posture critique envers l’art et évite les protocoles d’interprétation stricts de ses oeuvres ; pour lui, créer est une impérieuse nécessité.

Hreinn Friðfinnsson peut être vu comme une sorte d’alchimiste idiosyncrasique. Par de subtils gestes, il fait de l’espace d’exposition une scène sur laquelle le temps, l’espace (réel et imaginaire), les objets, le rationnel et l’irrationnel se transforment en de petits miracles fascinants.

Hreinn Friðfinnsson
HREINN FRIOFINNSSON
Palace, 1990
Chicken wire, dimensions variable 
Courtesy of the artist and i8 Gallery

Hreinn Friðfinnsson
HREINN FRIOFINNSSON
Sanctuary, 1997-2014 
Cardboard box, fluorescent paper, dimensions variable
Courtesy of the artist and Galerie Nordenhake Berlin / Stockholm

Si une cohérence thématique et une certaine émotion habitent l’art de Hreinn Friðfinnsson, ses travaux sont remarquablement variés par leur substance et leur portée : photographie, dessin, tracé, vidéo, installation, texte ou encore ready-made. Malgré cette profusion de médiums et de sujets, la pratique de Hreinn Friðfinnsson se singularise par une économie de moyens associée à un langage poétique, insaisissable et parfois humoristique.

La première monographie complète sur l’artiste est publiée à l’occasion de cette exposition rétrospective (Verlag der Buchhandlung Walter König, 2019, anglais). Ce volume richement illustré, édité par Andrea Bellini et Krist Gruijthuijsen, comprend une interview réalisée par les éditeurs ainsi que des essais commandés à Ivana Bago, Luca Cerizza et Cassandra Edlefsen Lasch. Une chronologie de la pratique de Hreinn Friðfinnsson rédigée par Sara De Chiara accompagne cette publication.

Hreinn Friðfinnsson
HREINN FRIOFINNSSON
I Collected Personal Secrets, 1972–2015
Paper and various material, dimensions variable
Courtesy of the artist

Né en 1943 à Baer Dölum, en Islande, HREINN FRIOFINNSSON vit à Amsterdam depuis 1971. Son travail a été présenté lors d’expositions personnelles au Bergen Kunstmuseum et à la Malmö Konsthall (2008), au Reykjavik Art Museum, Hafnarhús ainsi qu’à la Serpentine Gallery, Londres (2007). En 1993, il expose à la Galerie nationale d’Islande à Reykjavik et représente l’Islande à la Biennale de Venise. En 2012, il participe à la Biennale de São Paulo.

Cette exposition est proposée avec la complicité du KW Institute for Contemporary Art, Berlin, où elle sera présentée du 28 septembre 2019 au 5 janvier 2020.

CENTRE D'ART CONTEMPORAIN GENEVE
Rue des Vieux-Grenadiers 10 - 1205 Genève
centre.ch

27/01/19

Matthew Porter @ Galerie Xippas, Genève

Matthew Porter: The Sheen, The Shine
Galerie Xippas, Genève
Jusqu'au 2 mars 2019

La Galerie Xippas présente pour la première fois en Suisse, une exposition du photographe new-yorkais Matthew Porter.

Les photographies de Matthew Porter sont souvent des compositions, présentant des références historiques et culturelles avec lesquelles il fait coexister des événements disparates, que ce soit à l’intérieur d’une seule image ou bien en la déployant d’une image à l’autre dans des série de photographies soigneusement éditées. Il évolue librement entre procédés numériques et argentiques, s’intéressant tant  à l’expérimentation en studio qu’à une photographie figurative, créant à la fois des récits fictionnels et des œuvres basées sur des processus précis.

Le titre de l’exposition « The Sheen, The Shine », littéralement : « l’éclat, la brillance », révèle à lui seul l’importance de la lumière dans les photographies de Matthew Porter. L’éclat : ce qui se reflète, réagit, et la brillance : ce qui illumine, sont les deux actions lumineuses exprimées dans les deux séries présentées dans l’exposition. Si la lumière permet à toute image d’exister en premier lieu, ici, Matthew Porter pousse ce principe à son paroxysme en usant de la lumière pour montrer le monde autrement. Elle est l’élément composite de toutes ses images, c’est elle qui donne le ton et qui va venir guider toutes ses expérimentations. Chez lui, tel un sculpteur, la lumière creuse, s’enfonce, jaillit, fait apparaître un relief, définit des espaces, des pleins et des vides, des volumes.

La première salle de l’exposition présente une série de photographies où figurent des compositions de matériaux à même le sol. Ces photographies ont été réalisées dans le studio de son père, un sculpteur qui a été marqué par les influences modernistes. Ces images ont pour objet le débris de fabrications de ses œuvres, des « restes » de matériaux inutilisés, qui reprennent vie derrière l’objectif. Ces constructions sont d’abord mises en scènes, puis composées par le medium photographique à l’aide d’expositions multiples. La lumière vient éblouir ces matériaux, son éclat réagissant différemment sur chaque matière : un miroir nous reflète un hors-champ quasi invisible, un métal blanchi nous éblouit, et ses ombres noires viennent créer des zones de vide absolu, une sorte de vertige dans l’image. L’action de la lumière qui se reflète à leur surface nous emmène dans une mutation des objets, vers un imaginaire nouveau, comme des villes utopiques ou des constructions du Bauhaus.

Ces constructions picturales rappellent aussi l’esthétique cubiste de Braque ou de Picasso, venant en quelque sorte créer une boucle temporelle. Matthew Porter met en lumière cette esthétique signant le début de la modernité en peinture, tout en le révélant avec le medium le plus moderne qui soit : la photographie. C’est ainsi qu’il confère un double hommage à l’histoire de l’art : celui de la sculpture, et celui de la peinture. C’est ce dialogue des techniques qui révèle une dialectique entre modernité et tradition, et qui délivre à tous les médiums artistiques un hommage esthétique évident.

La deuxième salle d’exposition présente une constellation d’une trentaine d’images de nature, de portraits ou de paysages. Elle se compose d’une série de photographies en couleur et en noir et blanc, représentant un lieu fictif centré sur la construction, l’abandon et la redécouverte d’une série de structures en forme de dôme. Ce lieu est une île tropicale sur laquelle plusieurs personnages discrets font des apparitions. On les voit accomplir des tâches, mais leur rôle et la chronologie de leur participation ne semblent jamais clairs. Leur objectif collectif semble ambitieux – la construction de structures liées à des dômes a une histoire étroitement liée à l’idéalisme utopique et à la résolution de problèmes futuristes. À la fois science-fiction, fantaisie et improvisation narrative, l’œuvre est un clin d’œil à la vision traditionnelle que l’orgueil post-colonial peut avoir sur les lieux tropicaux. Ces images, réalisées à partir de d’explorations stylisées de la lumière et de la couleur, nous emmènent vers un ailleurs. Ici, la lumière brille, illumine, parfois tellement que le sujet disparaît dans une sorte d’abstraction lumineuse et colorée. Dans un sens, ces photographies libèrent le spectateur d’un regard contraint par l’histoire de l’art pour entrer dans une dimension plus nostalgique. Ces images, entre références historiques et sensibilité moderne, nous forcent à penser au résultat de l’image et ce qu’elle représente au sens figuratif, plutôt qu’à penser à la photographie en tant qu’œuvre concrète. Seule une sorte de fil narratif tissé discrètement se fait ressentir. Matthew Porter cherche à nous raconter une histoire, ou mieux, nous invite à développer la notre à partir à partir de l’imagerie à laquelle il nous confronte, telles des histoires intimes faites de sensations et d’interprétations mêlées.

MATTHEW PORTER est né en 1975 à State College en Pennsylvanie aux Etats-Unis. Diplômé du Bard-ICP en 2006, il a depuis participé à de nombreuses expositions institutionnelles : «After Photoshop» au Metropolitan Museum of Art (New York, 2012), «Perspectives 2010» au Centre international de la photographie (New York, 2010). Récemment, il a pris part à des expositions collectives au George Eastman Museum de Rochester (New York, 2016), au Fotografiemuseum (Amsterdam, 2014). En France, son travail a été montré dans l’exposition « Autophoto » à la Fondation Cartier (Paris, 2017). Sa première monographie « Archipelago » a été publiée par Mack Books en 2015. Son travail fait partie de la collection permanente du Metropolitan Museum of Modern Art, (New York). En 2016, Matthew Porter a été invité par la maison Christian Dior à concevoir le design pour une ligne de sacs et d’accessoires pour le projet Dior Lady Art. Matthew Porter est représenté par les galeries M+B à Los Angeles, Invisible Exports à New York et Xippas.

GALERIE XIPPAS, GENEVE
Rue des Sablons 6 et rue des Bains 61, 1205 Genève
www.xippas.com

31/01/18

Giuseppe Penone @ Gagosian Gallery, Genève

Giuseppe Penone: Selected Works
Gagosian Gallery, Genève
January 30 - March 23, 2018

A l’occasion de l’installation de « Idee di Pietra » à Gstaad, Gagosian présente une sélection de travaux de Giuseppe Penone à sa galerie de Genève.

Les travaux exposés révèlent le dialogue constant qu’entretient  Giuseppe Penone avec les surfaces et les modèles de la nature, allant des arbres et des vignes aux épines en passant par les montagnes, l’or et la chair. Alors que les dessins de Idee di pietra [Idées de pierre] représentent des petits rocs en équilibre au sommet de doigts tordus ou de branches d’arbres en traitant les concepts de pesanteur, de poids et d’équilibre, ceux de Propagazione [Propagation], inspirés des cercles concentriques des arbres, deviennent des métaphores de la mémoire et de l’identité. Dans ses sculptures Indistinti confini [Frontières indistinctes],  Giuseppe Penone transforme des parties d’arbres en bronze et en marbre en appliquant des procédés formels additifs et soustractifs à l’intérieur de formes organiques harmonieuses.

Pour Pelle del monte [Peau de montagne], des blocs extraits des carrières de marbre de Carrare retiennent une fine couche de saleté accidentelle, des insectes et de la matière organique. Tous ces travaux sont littéralement une tranche coupée transversalement dans la peau extérieure de la montagne, que  Giuseppe Penone sculpte ensuite pour révéler le «système vasculaire» de la pierre qui fait ressortir l’analogie entre celle-ci et la chair. Et dans Spine d’acacia - Contatto 16 maggio 2008 [Epines d’acacia - Contact, 16 mai, 2008], des milliers d’épines pointues attachées minutieusement sur une toile forment de subtiles zones et des vecteurs d’énergie. À la fois repoussante et attirante, chaque épine représente une terminaison nerveuse qui évoque la sensibilité de la peau lorsqu’elle est exposée à différents facteurs environnementaux.

Giuseppe Penone est né en 1947 à Garessio en Italie ; il vit et travaille à Paris et à Turin en Italie. Avec son œuvre multimédia qui comprend la sculpture, la performance et l’installation, il ausculte les processus involontaires que sont la respiration, la croissance et la vieillesse en estompant la différence entre l’être humain et la vie botanique, et donne forme à leur statut partagé de sculpture vitale. Acteur de l’Arte Povera, mouvement artistique apparu en Italie à la fin des années 1960 qui revendiquait l’utilisation de matériaux courants comme dimension politique,  Giuseppe Penone met en évidence les effets profonds des interactions entre l’homme et le monde naturel.

Le 9 novembre 2017, Germination, une installation permanente de  Giuseppe Penone créée pour le site du Louvre à Abu Dhabi, a été présentée lors de l’inauguration de ce musée.

« Giuseppe Penone: Idee di Pietra »: deux grandes sculptures érigées dans le paysage alpin de Gstaad en Suisse, sont visibles jusqu’au 30 mars 2018.

GAGOSIAN, GENEVE
19 place de Longemalle - 1204 Genève
www.gagosian.com

29/01/18

Le Bleu des mers, Fondation Baur, Genève - Dialogues entre la Chine, la Perse et l’Europe

Le Bleu des mers, dialogues entre la Chine, la Perse et l’Europe
Fondation Baur, Musée des Arts d’Extrême-Orient, Genève
Jusqu'au 25 février 2018

Courtesy Fondation Baur, Genève

Inscrite dans le courant d’intérêt qui se développe pour les relations entre l’Extrême-Orient, l’Asie et l’Europe, l’exposition revient sur l’exportation de la porcelaine chinoise bleu et blanc dont le commerce se démocratisa au XVIIe siècle avec la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Ce siècle est connu pour être un véritable Âge d’or aux Pays-Bas. Grâce à sa réussite sur la route des Indes, la jeune République des Provinces Unies devint l’une des puissances commerciales les plus importantes d’Europe. Par sa tolérance de pensée, elle attira également nombre de personnalités, des écrivains, des penseurs, des savants qui créèrent un foyer culturel où purent s’épanouir les arts et les lettres. La bourgeoisie des négociants, enrichie du commerce maritime vers les Indes, fut le principal commanditaire d’œuvres d’art et acheteur de curiosités exotiques. Ce commerce avec l’Orient eut naturellement un effet sur la vie et l’art dans les provinces unies. Les porcelaines chinoises, en particulier, ont exercé une profonde influence sur la culture néerlandaise et l’aménagement des intérieurs. Elles entrèrent également dans les peintures de nature morte ou Vanités, où elles devenaient symbole d’une certaine prospérité. Ces tableaux nous révèlent ainsi l’utilisation de cette précieuse vaisselle et son impact dans la vie quotidienne.

Lorsque l’approvisionnement en porcelaines diminua drastiquement en raison des troubles politiques en Chine à la fin de la dynastie Ming (1368-1644), notamment la guerre civile qui sévit dans ce pays entre 1644 et 1647, les céramiques chinoises furent momentanément remplacées par des copies japonaises et perses. Depuis des siècles, la Perse importait en effet cette vaisselle de Chine, vaisselle qui avait inspiré les potiers et les peintres de miniatures.

Le visiteur a l’occasion de découvrir, au fil des salles, une mise en regard des peintures de natures mortes figurant des porcelaines bleu et blanc - si prisées par une Europe en expansion et en quête d’exotisme - face aux porcelaines qui les ont inspirées, leurs copies en faïence perse et des miniatures du monde de l’Islam avec des représentations de céramiques. 

Dans un dialogue transculturel avec les collections de la Fondation Baur et en particulier les céramiques d’exportation de la donation de Thérèse et John-D. Blum reçue en 2002 ainsi que du legs de l’ambassadeur et Mme Charles Müller accepté en 2004, le visiteur peut admirer de nombreuses et précieuses œuvres provenant de partenaires européens : des peintures des musées des Beaux-Arts de Besançon, Chambéry, Cherbourg, Lille, du musée du Prado à Madrid, du musée Rietberg et du Kunsthaus à Zurich, du MAH et du Cabinet d’arts graphiques et de la Galerie De Jonckheere à Genève, ainsi que des céramiques du musée Ariana à Genève, du Victoria and Albert Museum à Londres, des musées Guimet et des Arts décoratifs à Paris et de collections privées. 

Exposition réalisée avec le soutien d’une fondation privée genevoise et de De Jonckheere, Genève - Monaco

Commissariat de l’exposition : Monique Crick
Commissaire invitée : Yolande Crowe

Auteurs du catalogue : Monique Crick, Yolande Crowe et Alice Frech

Fondation Baur, Musée des Arts d’Extrême-Orient
8 rue Munier-Romilly - 1206 Genève – Suisse
www.fondation-baur.ch

20/05/10

La Revanche de l’Archive Photographique, Exposition au CPG - Centre de la Photographie Genève

La revanche de l'Archive Photographique
Centre de la Photographie Genève
4 juin - 31 juillet 2010
Museu da Imagem e do Som (MIS), São Paulo en 2011-2012

LA REVANCHE DE L’ARCHIVE PHOTOGRAPHIQUE, une exposition conçue par Joerg Bader, constituera le coeur du Festival des 50JPG : 50 jours pour la photographie à Genève. Une trentaine d’artistes venant de tous les horizons seront réunis au Centre de la Photographie Genève (CPG).

Deux raisons principales liées aux archives ont permis à la photographie, qui n’était qu’une esclave de l’histoire de l’art, fidèle reproductrice de peintures et de sculptures reléguée dans la cave, d’accéder à l’étage noble du musée des beaux-arts.

D’une part, les artistes des avant-gardes historiques ont utilisé, dans leur élan de transformation de la société et de la vie, la photographie comme un médium qui pouvait toucher, via les mass-médias, un public plus large que celui de l’art. Nombre de leurs protagonistes, tels que Hannah Höch, Laslo Moholy-Nagy ou Alexander Rodchenko, parmi d’autres, cultivaient secrètement des archives de photographies.

D’autre part, le musée des beaux-arts de Genève a commencé à mettre en valeur des oeuvres de photographes qui aspiraient par leurs documents photographiques à la constitution d’archives. Eugène Atget est le premier de cette lignée. Son travail d’inventaire du Vieux Paris fut mis en valeur par les Surréalistes à la fin des années 1920 et servit de modèle à Walker Evans et Berenice Abbott. “L’inventaire” de la population allemande sous la République de Weimar par August Sander fut, dans l’après-guerre, un exemple notamment pour Bernd et Hilla Becher. Tous ces photographes étaient engagés dans ce que Walker Evans appelle le “style documentaire”, dont l’une des caractéristiques est justement l’ambition de constituer une archive. Aujourd’hui, la nature de l’archive photographique intéresse un nombre croissant de photographes et d’artistes. Face à l’avalanche de photographies produites quotidiennement, de plus en plus de producteurs d’images deviennent des archivistes-iconographes.

LA REVANCHE DE L’ARCHIVE PHOTOGRAPHIQUE fait le point sur ce champ infiniment riche en étroite résonnance avec la “Visual Culture”. En considérant la période des années 1970, avec par exemple Christian Boltanski ou Bernd & Hilla Becher, jusqu’à nos jours, elle renoue avec l’esprit des avant-gardes et montre des propositions qui s’inscrivent toutes de près ou de loin dans un art politique et dans une politique de l’art.

LA REVANCHE DE L’ARCHIVE PHOTOGRAPHIQUE dépasse le cadre d’une exposition conventionnelle de photographies. Elle propose non seulement un élargissement du champ de l’art contemporain, en incluant des positions de militantisme politique, d’anthropologie ou de photoreportage et montre également les productions photographiques sous leurs angles les plus divers en mettant en avant des modes de présentation qui ne se limitent pas qu’au tirage vintage sous verre et marie-louise.

Figurent notamment parmi les artistes invités : Claudia Andujar, Roy Arden, Ariella Azoulay, Bernd & Hilla Becher, Mabe Bethônico, Ursula Biemann, Christian Boltanski, Marcelo Brodsky, Banu Cennetoglu, Martin Dammann, Silvie et Chérif Défraoui, Jeremy Deller/Alan Kane, documentation céline duval, Dora Garcia, Jochen Gerz, Catherine Gfeller, Lois Hechenblaikner, Edward Hillel, Jacob Holdt, Jean-Jacques Lebel, Armin Linke, Gustav Metzger, Susan Meiselas, Gabriele & Helmut Nothhelfer, Uriel Orlow, Peter Piller, Ricardo Rangel, Rosangela Renno, Guadalupe Ruiz, Marie Sacconi, Joachim Schmid, Sean Snyder, Larry Sultan & Mike Mandel, Meir Wigoder…

Le catalogue de l’exposition

Le catalogue de l’exposition La Revanche de l’Archive Photographique (français/anglais) sera publié dans le courant de l’été 2010. Il comptera environ 200 pages et offrira à chaque artiste une double page avec au moins deux illustrations couleur. Il comprendra également des textes critiques analysant le thème de l’archive photographique dans le domaine de la “Visual Culture”. Plusieurs auteurs théoriciens sont d’ores et déjà prévus dont notamment : Ariella Azoulay, Sueli Rolnik, Christian Hubert-Rodier, Hubertus von Amelunxen et Irit Rogoff. Les artistes des partenaires s’inscrivant dans le thème de l’archive photographique seront également inclus.

LA REVANCHE DE L'ACHIVE PHOTOGRAPHIQUE sera présentée sous une forme restreinte au Museu da Imagem e do Som (MIS) de São Paulo en 2011-2012.

Centre de la Photographie Genève
Bâtiment d’art contemporain
10, rue des Vieux-Grenadiers, 1205 Genève