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23/02/25

Tous Léger ! Avec Niki de Saint Phalle, Yves Klein, Martial Raysse, Keith Haring… @ Musée du Luxembourg, Paris

Tous Léger !  Avec Niki de Saint Phalle, Yves Klein, Martial Raysse, Keith Haring…
Musée du Luxembourg, Paris
19 mars au 20 juillet 2025

© Affiche GrandPalaisRmn, Paris, 2025

Keith Haring
Untitled (n° 2557), 1986
Acrylique et huile sur toile
240 x 240 cm
Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, Nice
© Ville de Nice 
© Keith Haring Foundation, 2025

Gilbert & George
Flower Worship 
© Ville de Nice - Muriel Anssens 
© Gilbert & George, 2025

Imaginée essentiellement à partir des collections du musée national Fernand Léger, Biot et de celles du Musée d’Art Moderne et d’Art contemporain de Nice (MAMAC), l’exposition fait dialoguer les oeuvres de Fernand Léger (1881-1955), pionnier de l’art moderne avec plus d’une trentaine d’oeuvres d’artistes issus des avant-gardes européennes et américaines des années 1960 à nos jours.

Le parcours de l’exposition est l’opportunité de mettre notamment en avant le lien historique et artistique fort existant entre l’oeuvre de Fernand Léger et la génération qui lui a immédiatement succédé : celle des Nouveaux Réalistes. Lancé en 1960 par le critique d’art Pierre Restany, le mouvement des Nouveaux Réalistes réunit des artistes tels que Arman (1928-2005), César (1921-1998), Raymond Hains (1926-2005), Yves Klein (1928-1962), Martial Raysse (1936), Daniel Spoerri (1930), Niki de Saint Phalle (1930-2002). Ces artistes s’emparent des objets du quotidien de la société de consommation et de l’esthétique de la rue. Leur démarche ne vise pas la représentation du réél mais son appropriation poétique.

Si le rapport à l’objet occupe une place centrale, l’exposition aborde également d’autres thématiques dont la représentation de la société de loisirs, de l’art dans l’espace public et de la construction d’un art accessible à tous en lien avec son temps ou encore, celle des processus créatifs et de la large place accordée au travail collectif. Fervent admirateur de l’oeuvre de Fernand Léger, Restany, présent avec Raymond Hains lors de l’inauguration du musée Fernand Léger, Biot en mai 1960, aurait baptisé ce mouvement artistique en hommage au peintre qui a utilisé cette formule à de nombreuses reprises.

En effet, Fernand Léger a, dès les années 1920, défini sa démarche artistique comme un « Nouveau Réalisme », « une terrible invention à faire du vrai […] dont les conséquences peuvent être incalculables. »

D’autres périodes, d’autres mouvements, y compris à l’échelle internationale, comme le Pop Art américain avec Robert Indiana, Roy Lichtenstein, May Wilson, mais aussi des artistes qui émergent dans les années 1970 et 1980 comme Gilbert & George à Londres et Keith Haring à New York dont les oeuvres sont représentées dans les collections du MAMAC, sont déployés au coeur du parcours en interaction avec l’oeuvre de Fernand Léger. Si le positionnement de Fernand Léger comme précurseur du Pop Art a déjà été évoqué dans plusieurs expositions, notamment dans le cadre du cycle des Vis-à-vis. Fernand Léger et ses amis, proposé au musée national Fernand Léger, Biot, le rapport avec la scène artistique française des années 1960, notamment avec le groupe des Nouveaux Réalistes, est en revanche inédit. Ainsi, au-delà du dialogue fécond qui peut exister entre les formes et les idées, cette exposition vise à illustrer, encore une fois, la modernité, la pluridisciplinarité et la portée visionnaire de l’oeuvre de Fernand Léger.

Liste des artistes

Marcel Alocco
1937, Nice (France) – vit et travaille à Nice (France)

Karel Appel
1921, Amsterdam (Pays-Bas) – 2006, Zurich (Suisse)

ARMAN (Armand Fernandez, dit)
1928, Nice (France) – 2005, New York (États-Unis)

BEN (Benjamin Vautier, dit)
1935, Naples (Italie) – 2024, Nice (France)

César (César Baldaccini, dit)
1921, Marseille (France) – 1998, Paris (France)

Christo & Jeanne Claude
Christo Javacheff, 1935, Gabrovo (Bulgarie) – 2020, New York (États-Unis)
Jeanne-Claude, 1935, Casablanca (Maroc) – 2009, New York (États-Unis)

Gilbert & George
Gilbert, 1943, San Martino (Italie)
George, 1942, Plymouth (Angleterre)
Vivent et travaillent à Londres (Angleterre)

Raymond Hains
1926, Saint-Brieuc (France) - 2005, Paris (France)

Keith Haring
1958, Kunztown (États-Unis) – 1990, New York (États-Unis)

Robert Indiana
1928, New Castle (États-Unis) – 2018, Vinalhaven (États-Unis)

Alain Jacquet
1939, Neuilly-sur-Seine (France) – 2008, New York (États-Unis)

Yves Klein
1928, Nice (France) – 1962, Paris (France)

Fernand Léger
1881, Argentan (France) – 1955, Gif-sur-Yvette (France)

Roy Lichtenstein
1923, New York (États-Unis) – 1997, New York (États-Unis)

Martial Raysse
1936, Golfe-Juan (France) – vit et travaille à Issigeac (France)

Larry Rivers
1923, New York (États-Unis) – 2002, Southampton (États-Unis)

Niki de Saint Phalle
1930, Neuilly-sur-Seine (France) – 2002, San Diego (États-Unis)

Daniel Spoerri
1930, Galati (Royaume de Roumanie) – 2024, Vienne (Autriche)

Jacques Villeglé (Jacques Mahé de La Villeglé, dit)
1926, Quimper (France) – 2022, Paris (France)

May Wilson
1905, Baltimore (États-Unis) – 1986, New York (États-Unis)


Tous Léger !  Avec Niki de Saint Phalle, 
Yves Klein, Martial Raysse, Keith Haring…
Couverture du catalogue de l’exposition 
© GrandPalaisRmnÉditions, Paris, 2025
Publication GrandPalaisRmnÉditions, 2025
Broché, 24 x 28 cm, 39 € - 200 pages - 150 illustrations

Direction d’ouvrage : 
Anne Dopffer, Julie Guttierez et Rébecca François
Auteures : 
Ariane Coulondre, Sophie Cras, Lisa Diop, 
Rébecca François, Julie Guttierez

En librairie le 19 mars 2025
En vente dès parution dans toutes les librairies et sur :

Exposition co-organisée par le GrandPalaisRmn, les musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes et le musée d’Art moderne et d’Art contemporain (MAMAC), Nice.

L’exposition a été présentée au musée national Fernand Léger, Biot sous le titre Léger et les Nouveaux Réalismes du 15 juin 2024 au 16 février 2025.

Commissaire générale
Anne Dopffer
Directrice des musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes

Commissaires
Julie Guttierez
Conservatrice en chef du patrimoine
Musée national Fernand Léger, Biot
Rébecca François
Attachée de conservation du patrimoine
Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice (MAMAC)

Musée du Luxembourg
19 rue de Vaugirard, 75006 Paris

16/03/11

Exposition Rétrospective ARMAN Bale 2011 - Musée Tinguely


Exposition rétrospective : ARMAN 
Musée Tinguely, Bâle 
Commissaire de l'exposition : Jean-Michel Bouhours 
Jusqu'au 15 mai 2011 

Le MUSEE TINGUELY, BALE, expose jusqu'au 15 mai 2011 une importante RETROSPECTIVE ARMAN (1928-2005). L’exposition (qui a débutée le 16 février) a été réalisée en collaboration avec le Centre Pompidou de Paris où elle a recontrée un beau succès (22 septembre 2010 - 17 janvier 2011). Avec quelques 80 œuvres provenant de musées et collections particulières ainsi qu’une sélection de films projetés en grand format, de bandes sonores et de documents divers, cette deuxième étape de l’exposition à Bâle propose en sept volets un regard unique sur le travail de l’artiste, du début des années 1950 jusqu’à sa période tardive dans les années 1990. Cinq ans après la mort de l’artiste, c’est la première fois qu’un musée suisse lui consacre une telle rétrospective. Après Yves Klein (1999), Daniel Spoerri (2001) et Niki de Saint Phalle (2003), le Musée Tinguely présente désormais un autre membre des Nouveaux Réalistes. 

En sept parties l’exposition montre les principaux groupes d’œuvres de l’artiste, à commencer par ceux peut-être moins connus que sont les Cachets et les Allures d’Objets, réalisés sur papier et sur toile dans la deuxième moitié des années 1950. Au cœur de l’exposition figurent les formulations artistiques provocantes avec lesquelles Arman réagit à la société de consommation : ce sont ses célèbres Poubelles et Accumulations, dans lesquelles il érige en œuvres d’art des détritus et autres objets quotidiens usagés, placés sous verre ou plexiglas. On retrouvera également des travaux issus de la série des Coupes et des Colères, ainsi que des Combustions et des Inclusions dans lesquelles, à partir du début des années 1960, l’artiste aborde sous des angles divers les notions de destruction, de déconstruction et de transformation des objets quotidiens. L’exposition propose enfin une sélection des monumentales Accumulations Renault, commandées par Renault et réalisées à la fin des années 1960 à partir de pièces automobiles sorties d’usine, ainsi que quelques peintures d’Arman lui-même et des inclusions de tubes de peinture. Celles-ci exprimeront de la fin des années 1960 jusqu’à son œuvre tardive à la fin des années 1990, ses questionnements sur la peinture abstraite et informelle.  

Ses réalisations des années 1960 et 1970 sont d’une actualité frappante, dans la mesure où les Accumulations, les Colères (qui procèdent à la destruction d’un objet), mais surtout les Poubelles peuvent être comprises comme les traces archéologiques de notre société de consommation – avant même que la dégradation de la planète ne devienne, depuis les années 1990, l’un des thèmes majeurs de notre époque. 

ARMAN ET LE NOUVEAU REALISME 

Arman comptait parmi les membres fondateurs des Nouveaux Réalistes, groupe d’artistes d’après-guerre sans doute le plus important, qui influencera longtemps l’art contemporain. Les artistes de la génération de Tinguely et d’Arman se situent en effet à un tournant où l’abstraction moderne dans la peinture est proclamée révolue. Aussi le MANIFESTE DE NOUVEAU REALISTE (1960) se dresse en des termes incisifs contre l’Informel et l’Expressionnisme abstrait, qui sont les tendances artistiques alors dominantes dans le monde de l’art parisien. Dans ce manifeste formulé par RESTANY, on peut lire entre autres : « Ce fut la peinture de chevalet qui accusa le coup, faisant s’évanouir les dernières illusions subsistantes quant au monopole des moyens d’expression traditionnels ». Le Nouveau Réalisme quant à lui prône « la passionnante aventure du réel perçu en soi », or cette aventure, toujours selon Restany, consiste en :
« l’introduction d’un relais sociologique au stade essentiel de la communication. La sociologie vient au secours de la conscience et du hasard, que ce soit au niveau de la ferraille compressée, du choix ou de la lacération de l’affiche, de l’allure d’un objet, d’une ordure de ménage ou d’un déchet de salon, du déchaînement de l’affectivité mécanique, de la diffusion de la sensibilité chromatique au-delà des limites logiques de sa perception. » RESTANY, 1960
Arman lui-même qualifiait l’objet et le geste comme ses principaux moyens d’expression : 
« J’affirme que l’expression des détritus, des objets, possède sa valeur en soi, directement, sans volonté d’agencement esthétique les oblitérant et les rendant pareils aux couleurs d’une palette ; en outre, j’introduis le sens du geste global sans rémission ni remords. »  ARMAN, 1960 
ARMAN, SON OEUVRE DANS LES ANNEES 1950 

Au sein de l’œuvre qu’Arman réalise à ses débuts (dans la deuxième moitié des années 1950, peu considérée jusqu’à présent), apparaissent déjà les principaux procédés artistiques qui détermineront tout son travail : le geste répétitif ainsi que l’utilisation systématique d’objets manufacturés. 

L’intérêt qu’Arman porte à l’objet lui vient d’abord de la peinture et de la musique concrète, qu’il étudia en profondeur. Il est également influencé par des artistes des années 1920, notamment comme Kurt Schwitters, Hendrik Nicolaas Werkman ou Marcel Duchamp. Vers le milieu des années 1950, il est proche d’Yves Klein, l’inventeur de l’« International Klein Blue » et lui aussi originaire de Nice ; il conçoit alors des œuvres sur papier et sur toile, les fameux Cachets et Allures d’objets. Dans ses Cachets, il renonce à la peinture de l’Ecole de Paris et couvre sa toile d’empreintes tamponnées, à la manière du « all-over » et de l’« écriture automatique ». Dans les Allures d’objets – l’expression renvoie à la musique de Pierre Schaeffer –, il jette avec élan sur la toile des objets plongés dans la peinture, formant ainsi au hasard des tracés de compositions plastiques et abstraites. Avec ses Cachets et ses Allures d’objets, Arman apporte en quelque sorte une réponse provocante à l’informel et à l’expressionnisme abstrait alors prééminents.   

L'OBJET CHEZ ARMAN : ACCUMULATIONS, INCLUSIONS, COMBUSTIONS...

Au cours du XXe siècle, l’histoire de l’art assiste à une esthétisation et muséalisation de l’objet quotidien. Ce phénomène est étroitement lié à l’évolution de la société de consommation et à la transformation de plus en plus rapide de nos univers visuels et virtuels. 

Considérablement influencé par MARCEL DUCHAMP et son concept du READY-MADE, Arman fait des objets quotidiens son vecteur d’expression artistique ; il sonde au niveau esthétique les différences et analogies qui existent entre l’objet et la peinture. Les Poubelles et les Accumulations sont des entassements d’objets usés, inutilisés et jetés dans des contenants transparents auxquels l’artiste donne des titres poétiques et souvent polysémiques. Avec Le Plein, Arman réalise en 1960 une action-déchets révolutionnaire à la Galerie d’Iris Clert, dont les salles sont remplies jusqu’au plafond de détritus et d’objets courants. Dans les Coupes et les Colères, là aussi, il coupe, détruit et démonte l’objet quotidien. Les objets qu’il choisit (bien souvent des instruments de musique) relèvent clairement du mode de vie bourgeois. Comme dans les Accumulations, il met en scène le principe même de la présentation, de la chose montrée. Les couches superposées de ces objets qui nous sont familiers révèlent la teneur de ces derniers sous un angle étrange et nouveau. 

Dans ses Inclusions, Arman coule pour l’éternité des objets dans de la résine ; dans les Combustions, ils sont calcinés et figés, comme les symboles de la fugacité. L’artiste donne ainsi une représentation matérialisée du temps qui s’arrête : l’acte de la création, de la destruction et de la déconstruction ne sont plus qu’un seul et même geste. L’œuvre d’Arman illustre à la perfection l’art de la destruction des années 1960 ; après les dadaïstes, cette rupture avec la tradition artistique au XXe siècle est sans doute la plus radicale. 

L’œuvre d’Arman montre le revers du consumérisme et du « tout jetable ». Son art marque un refus fondamental des principes artistiques courants que sont à cette époque la reproduction et la représentation de la réalité. Même aujourd’hui, alors que les limites de la notion d’art sont encore repoussées, il nous arrive d’être troublés à la vue dans un musée d’œuvres puisant dans les éléments familiers de l’univers quotidien, présent ou passé : instruments de musique, rasoirs, chaussures à talon, masques à gaz, vieilles machines à écrire Underwood ou tubes de radio, voire le contenu d’une poubelle – tout cela, Arman le présente sous forme d’œuvres d’art et le met en vitrines. 

Arman lui-même insiste sur le fait que ses Accumulations ne visent pas à isoler un objet quotidien de son contexte fonctionnel habituel pour lui conférer une signification autre. Au contraire, par l’entassement et la multiplication d’un seul et même objet, il entend révéler la corrélation entre son procédé artistique et les méthodes du monde industriel : « Automation, travail à la chaîne et aussi mise au rebut en série, créant des strates et des couches géologiques pleines de toute la force du réel. »   

ARMAN : CONCEPTS ARTISTIQUES ET ACTIONS FILMEES

Parmi les points forts de l’exposition, il convient de mentionner la projection grand format de films comme Objets animés (1959-1960, de Jacques Brissot) ou Sanitation (1972, de Jean-Pierre Mirouze), tous deux basés sur des idées d’Arman. Ces films entretiennent un dialogue captivant avec les différentes œuvres exposées et constituent à la fois une parenthèse importante dans la conception de l’exposition. Non seulement ils nous montrent l’intérêt obsessif qu’Arman voue à l’objet, avec tout ce que celui-ci a d’intrinsèque, mais ils éclairent en outre les positions spirituelles qui sous-tendent le travail de l’artiste. Sanitation retrace le mouvement des objets de consommation dans le Manhattan des années 1970 : la caméra suit des marchandises, du lieu d’achat jusqu’au gigantesque dépôt d’ordures sur Staten Island, avec la Statue de la Liberté se dressant au fond. Le visiteur peut ainsi reconstituer dans le temps, et de façon tangible, le procédé artistique d’Arman, de la fonctionnalité initiale de l’objet trouvé au sein de notre société de consommation jusqu’à l’accomplissement de séries telles que Poubelles et Ordures organiques. L’extrait montré au ralenti de NBC Rage (1961), une des actions de Colère où l’artiste fracasse une contrebasse sur une planche en bois, permet par ailleurs de mieux saisir la signification essentielle du geste physique virulent et éphémère qui s’exprime dans l’œuvre. Un autre film, Conscious Vandalism, montre une Colère réalisée en 1975 à la John Gibson Gallery de New York avec la destruction d’un intérieur bourgeois, dont les restes sont montrés à Bâle dans une salle à part. Ces actions spectaculaires font l’effet d’un épisode cathartique au sein de l’œuvre d’Arman. 

CATALOGUE DE L'EXPOSITION

A l’occasion de cette exposition paraît une monographie richement illustrée (en allemand et français), avec des contributions de Jean-Michel Bouhours, Umberto Eco, Barbara Rose, Emmanuelle Ollier, Jaimey Hamilton, Renaud Bouchet, Marcelin Pleynet, Michel Giroud, Marion Guibert et Olivier Cinqualbre, 364 pages, 52 CHF/ 43 € 

Exposition réalisée par le Centre Pompidou, Paris. Alain Seban, Président du Centre Pompidou / Alfred Pacquement, Directeur du MNAM/CCI / Jean-Michel Bouhours, Commissaire de l’exposition, en collaboration avec le Musée Tinguely, Bâle. L’exposition « Arman » a été réalisée avec le soutien de l’INA, Institut national de l’audiovisuel. 

MUSEE TINGUELY, BALE 
MUSEUM TINGUELY, BASEL
Paul Sacher-Anlage 1 
4002 Basel

Horaires d’ouverture : tous les jours, sauf le lundi, de 11h à 18h 

07/10/06

Exposition Yves Klein, Centre Pompidou, Paris - Corps, Couleur, Immatériel + Catalogue

Yves Klein 
Corps, Couleur, Immatériel 
Centre Pompidou, Paris 
5 octobre 2006 - 5 février 2007

Le Centre Pompidou, Musée national d'art moderne consacre une grande exposition à Yves Klein, artiste majeur de la seconde moitié du XXe siècle. 

Longtemps enfermé dans un rôle d’artiste-emblème, internationalement célèbre pour le bleu IKB et ses monochromes, Yves Klein fut peu compris de son vivant. Mort prématurément en 1962, à l'âge de trente quatre ans, après une carrière fulgurante - Yves Klein a réalisé son œuvre en l'espace de sept ans - l'artiste, dont la production dépasse largement le champ de la peinture, n'a cessé d'affirmer : « mes tableaux ne sont que les cendres de mon art » (Le dépassement de la problématique de l’art et autres écrits. Yves Klein. École Nationale Supérieure des Beaux-Arts). 

Malgré de nombreuses rétrospectives et notamment l'exposition présentée au Centre Pompidou en 1983, l’œuvre de l'artiste reste encore largement à découvrir ainsi que le révèle la publication récente de ses écrits.

Réunissant cent vingt peintures et sculptures, environ quarante dessins et manuscrits de l'artiste et un grand nombre de films et photographies d'époque, cette exposition propose une relecture du travail d’Yves Klein. Aussi fidèle que possible aux déclarations de l’artiste contenues dans les écrits publiés récemment, la scénographie met en évidence l’importance qu’Yves Klein accordait aux aspects multiples de son activité artistique: peintures, sculptures, mais aussi performances, œuvres sonores, interventions dans les espaces publics, projets d’architecture…

En reconstituant des œuvres telles que la Sculpture aérostatique, 1957 (lâcher de 1001 ballons) ou l’Illumination de l’Obélisque, 1958, de la place de la Concorde, cette manifestation met sur le même plan que les monochromes les actions éphémères de l’artiste. Le travail d’Yves Klein repose sur un équilibre dynamique entre deux pôles : le visible et l’invisible, la matière et le vide, la chair et l’immatériel. Cette tension est au cœur de son œuvre: tout en explorant la non matérialité au point d’exposer Le Vide (Galerie Iris Clert, Paris 1958), Yves Klein continuera à créer des œuvres visibles.

Le parcours de l’exposition s’articule autour des trois couleurs emblématiques d’Yves Klein: bleu, or et rose, citées dans cet ordre dans ses écrits, ou rassemblées dans quelques rares triptyques. Dès 1959 c’est à partir de ces couleurs que se construit l’œuvre de Klein. L’ Ex-voto dédié à Sainte Rita, 1961, déposé par l’artiste au Monastère de Sainte Rita à Cascia (Italie), œuvre inédite présentée dans l’exposition, constitue un témoignage précieux de la valeur symbolique que l’or et le rose représentent au même titre que le bleu dans l’univers de sa création.

Le sous-titre de l’exposition CORPS, COULEUR, IMMATÉRIEL met l’accent sur les aspects du travail d’Yves Klein qui le révèlent éminemment contemporain, proche du regard des artistes aujourd’hui : l’implication physique et quotidienne de l’artiste dans son œuvre, sa volonté d’étendre le rôle de l’artiste par l’intermédiaire de la couleur à une transformation (technique, urbaine et philosophique) du monde, son utilisation de matériaux éphémères et naturels, ainsi que son exploration de l’immatériel.

L’exposition sera également présentée au Museum Moderner Kunst Stiftung Ludwig Wien (Vienne, Autriche) du 9 mars au 3 juin 2007.

Commisariat de l'exposition

Camille Morineau, conservatrice, Musée national d’art moderne, Centre Pompidou
Alexandra Mueller, Marion Guibert, chargées de projet
Bruno Veret, chargé de production
Katia Lafitte, Pascal Rodriguez, scénographes / architectes

A l'occasion de cette exposition les Éditions du Centre Pompidou publient un important catalogue :

CATALOGUE YVES KLEIN
CORPS, COULEUR, IMMATÉRIEL
ÉDITIONS DU CENTRE POMPIDOU
Directrice d'ouvrage : Camille Morineau
Format 23,5 x 28 cm, 304 pages
250 ill. couleur, 100 ill. noir et blanc

SOMMAIRE DU CATALOGUE

I L’exposition
Denys Riout, Imprégnations : scénarios et scénographies
Yve-Alain Bois, L’actualité de Klein
Camille Morineau, De l’imprégnation à l’empreinte, de l’artiste au modèle, de la couleur à son incarnation
Camille Morineau, Le bleu, l’or et le rose : comment appropriation rime avec sublimation

II Yves Klein en son siècle
Kaira Marie Cabañas, Yves Klein en France : un paradoxe spatial
Marion Guibert, Yves Klein en Allemagne (1957-1961)
Marco Meneguzzo, Klein et l'Italie : entre Nucléaires et Spatialistes
Ming Tiampo, Empreintes de l’immatériel : Yves Klein au Japon
Nuit Banaï, Dangereuse abstraction : Yves Klein à New York, 1961-1967
Catherine Grenier, Moi aussi, j’ai sauté dans le vide : l’influence d’Yves Klein sur l’art de Los Angeles
Eva Badura-Triska, Yves Klein en relation avec l’actionnisme viennois
Vitek Havranek, Yves Klein et l’Europe de l’Est : une oeuvre à l’état d’idée, 1959-1971

III Yves Klein et son image
Albums de presse d’Yves Klein (18 pages en fac-simile)
L’IMAGE ÉCRITE
Rita Cusimano, Les albums de presse d’Yves Klein, la rumeur publique autour d’Yves Klein
Kaira Maria Cabanas, De Klein à Restany : vers le Nouveau Réalisme
L’IMAGE PHOTOSENSIBLE
Alexandra Mueller, Yves Klein et la photographie
Jean-Michel Bouhours, La caméra saurait-elle être le témoin de l'irreprésentable ?
François Albera, Yves Klein vu par le cinéma
L’IMAGE REDÉFINIE DE L’ARTISTE
Emmanuelle Ollier, Yves Klein et le judo : l’impulsion créatrice ou théâtre du « je »
Laurence Bertrand Dorléac, La politique au cœur du vide
Marion Guibert, La collaboration selon Yves Klein, un réalisme spirituel
Didier Semin, Yves Klein, la propriété intellectuelle en question

CHRONOLOGIE
Collectif (Rita Cusimano, Auteurs catalogue, Archives Yves Klein)

Bibliographie sélective
Filmographie
Liste des œuvres

CENTRE POMPIDOU, BEAUBOURG, PARIS