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04/09/13

Expo Photo René Burri, MSM, Genève - Château de Penthes, Pregny-Chambésy

René Burri, Utopia 
Musée des Suisses dans le Monde, Genève
Jusqu'au 15 décembre 2013

Affiche de l'exposition
Photo : Jean Tinguely © René Burri – Magnum Photo

Né à Zurich en 1933, RENE BURRI est, plus encore qu’un autre, un Suisse dans le Monde. Après avoir étudié à l’école d’Arts Appliqués de sa ville natale, il travaille tout d’abord pour le cinéma, ce qui influencera son art avant de s’orienter finalement vers la photographie. En 1955, il s’associe à l’agence Magnum et reçoit une récompense internationale pour l'un de ses premiers reportages sur les enfants sourds-muets, "Touch of Music for the Deaf", publié dans le magazine Life.

Dès 1956, René Burri explore le monde et livre des reportages photographiques pour l’agence Magnum. Il pose le pied sur chaque continent et capte, avec son objectif, les cultures les plus diverses dans un monde en pleine évolution et souvent en révolution. La photographie devient pour lui, un moyen d’expression personnel privilégié qui lui permet avant tout, de montrer des images reflétant ses propres préoccupations.

Ainsi, René Burri se lance dans une quête insatiable du meilleur de l’Homme, à une époque où tout est possible pour chacun et où les peuples se réveillent avec l’espoir irrépressible de construire un monde parfait : l’Utopie, aussi insaisissable qu’envoûtante. René Burri, pris dans cette transe communicative, fut un témoin central de cette quête mondiale.

Pour la première fois à Genève, le Musée des Suisses dans le Monde présente des photographies de René Burri. L’exposition permet de découvrir des portraits intimes et puissants de cinq artistes ayant oeuvré pour le renouveau de l’idéal utopiste : Le Corbusier, Alberto Giacometti, Jean Tinguely, Yves Klein et Pablo Picasso. 

 Le Corbusier © René Burri – Magnum Photo

Yves Klein © René Burri – Magnum Photo

CATALOGUE DE L'EXPOSITION

René Burri – Utopia
Infolio éditions & Éditions de Penthes, Genève, 2013

Commissaire de l’exposition René Burri - Utopia, Marco D’Anna travaille également avec René Burri autour d’un ouvrage photographique commun : Projet Corrida. A 50 ans d’écart, René Burri et Marco D’Anna ont photographié la corrida. Aujourd’hui ils mettent en lumière leurs clichés respectifs dans cet ouvrage. 

Projet Corrida – René Burri – Marco D’Anna
Infolio éditions & Éditions de Penthes, Genève, 2013

Né à Zurich en 1964, MARCO D'ANNA commence très jeune son activité de reporter photographe. Il obtient le Diplôme Fédéral de photographe en 1984, puis, il continue sa formation en suivant d’importants photographes, parmi lesquels Gabriele Basilico, René Burri, René Groebli, Mario De Biasi. A partir de 1985, il expose ses travaux. En 1986, il ouvre son atelier à Lugano. Dans son parcours de recherche artistique et de perfectionnement professionnel s’entremêlent de nombreuses expériences différentes, du reportage à la reproduction d’objets d’art, de la photo d’architecture à l’image publicitaire. Globe-trotter professionnel, Marco D'Anna vit et travaille à Lugano.

Musée des Suisses dans le Monde
Château de Penthes
18 chemin de l’Impératrice
1292 Pregny-Chambésy
Suisse
Web : www.penthes.ch
Page Facebook : Musée des Suisses dans le Monde // Museum of the Swiss Abroad

03/06/12

Expo Dennis Nona, Art aborigène d'Australie à Môtiers, Suisse


Waii. L’oeuvre gravée de Dennis Nona, Iles du Détroit de Torres, Australie 
Musée d’art aborigène australien La grange, Môtiers, NE, Suisse 
3 juin - 28 octobre 2012

La Fondation Burkhardt-Felder Arts et Culture expose au sein de son musée d’art aborigène australien « La grange » à Môtiers, pour la première fois en Suisse, l’oeuvre de DENNIS NONA, artiste aborigène, né en 1973, originaire des Iles du Détroit de Torres en Australie et internationalement reconnu pour son art. Plus de 50 eau-fortes et linogravures sont exposées dans le musée "La grange". 

Dennis Nona
DENNIS NONA, Gauatau Ural, eau-forte, 2007, planche 93 x 80 cm
Collection Fondation Burkhardt-Felder Arts et Culture, Môtiers, Suisse
(c) Dennis Nona / AAPN - www.artsdaustralie.com

Depuis son ouverture en 2008, « La grange », musée d’art aborigène australien, unique en Suisse, a présenté deux expositions. La première, Treasures of the Spirit, avait pour vocation d’introduire les visiteurs à la conception spirituelle des peuples aborigènes. La seconde, Visions aborigènes, voulait souligner, ainsi que son nom le suggère, la façon particulière qu’ont les aborigènes de percevoir leur environnement, tout en mettant l’accent sur la diversité des cultures aborigènes australiennes.

Dennis Nona
DENNIS NONA, Guthath Au Ulakalal, 2005
Linogravure coloriée à la main, éd.32/45, 53 x 45 cm 
Collection Fondation Burkhardt-Felder Arts et Culture, Môtiers, Suisse
(c) Dennis Nona / AAPN - www.artsdaustralie.com

Cette année, le musée présente une exposition monographique d’un artiste dont l’oeuvre et la culture d’origine (Iles du Détroit de Torres) sont à la croisée de deux mondes : l’Australie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. A travers le compositions de Dennis NONA, le visiteur est emporté dans le monde exotique des îles du Détroit de Torres. Ses oeuvres permettent de connaître et de comprendre l’histoire ancestrale de son peuple, ses légendes, son environnement végétal, minéral et animal.

Dennis Nona
DENNIS NONA, Mamoose, eau-forte, éd. 22/45, 96 x 49 cm, 2005
Collection Fondation Burkhardt-Felder Arts et Culture, Môtiers, Suisse
(c) Dennis Nona / AAPN - www.artsdaustralie.com

L’exposition Waii, L’oeuvre gravé de Dennis NONA souhaite livrer une image plus nuancée de l’Australie en présentant au public un artiste exceptionnel des lointaines Iles du Détroit de Torres, dans l’extrême nord de l’Australie. Graveur accompli et récompensé pour son art en Australie à de nombreuses reprises, Dennis NONA traduit les anciennes légendes de ses îles pour les raconter dans un style graphique aux techniques innovantes. Ses oeuvres représentent un parfait mariage entre tradition et interprétation contemporaine. Plus récemment, sa vision particulière et son talent de graveur extraordinaire ont aussi trouvé leur expression dans la sculpture qui est reçue par les amateurs avec autant d’enthousiasme que son oeuvre gravée. 

Pour rendre hommage à ses anciens et en particulier à Waii, guerrier légendaire de l’Ile de Badu, Dennis Nona a souhaité baptiser cette exposition Waii. C’est aussi un mot employé pour désigner la présence des créatures marines dans les récifs de son Ile au gré du flux et du reflux des marrées. Il y voit un parallèle avec ses oeuvres qui parcourent de longues distances dans le cadre d’expositions internationales pour revenir finalement à leur point d’origine en Australie.

Dennis Nona
DENNIS NONA, Mutura Goiga, eau-forte, éd. 3/45, 42 x 39 cm, 2007
Collection Arts d'Australie - Stéphane Jacob 
(c) Dennis Nona / AAPN - www.artsdaustralie.com

Considéré comme l’un des meilleurs représentants de l’estampe et de la sculpture australienne, Dennis Nona a reçu pour son œuvre en Australie plusieurs distinctions et prix. Ses oeuvres se trouvent dans les grands musées australiens ainsi que dans d’importantes collections internationales. En 2011, deux expositions ont été consacrées à l’artiste à Paris et à Rochefort.

L'exposition est ouverte les vendredi, samedi, dimanche, de 12h00 à 18h00 ou sur réservation d'une visite guidée dès 8 personnes (se reporter à la rubrique "information" du site internet de la Fondation Burkhardt-Felder Arts et Culture).

Musée d’art aborigène australien « La grange »
Fondation Burkhardt-Felder Arts et Culture
Château d’Ivernois
CH-2112 Môtiers - Val-de-Travers - Neuchatel - Suisse 

20/03/11

Exposition Sarkis - Mamco Genève

Exposition : Hotel Sarkis 
Mamco, Genève
Jusqu'au 8 mai 2011 

SARKIS, Mamco, Genève, 2011


Le Mamco, Musée d'Art Moderne et Contemporain, Genève, présente jusqu'au 8 mai 2011 une exposition unique consacrée à l’œuvre de SERKIS ZABUNYAN, dit SARKIS (Istanbul, 1938 ; vit et travaille à Paris), rassemblant plus de 200 oeuvres datées de 1971 à nos jours. Hôtel Sarkis est une exposition à caractère rétrospectif conçue de façon thématique. Elle présente en effet la quasi-totalité des travaux de Sarkis réalisés en regard d’autres créateurs (70 au total), qu’ils soient musiciens, architectes, écrivains, philosophes, peintres, sculpteurs ou cinéastes. Ce large ensemble, réuni pour la première fois et présenté aux quatre étages du Mamco, est constitué d’installations vidéo ou sonores, d’aquarelles, de sculptures, de photographies ou de films.

Artiste français d’origine arménienne, Sarkis crée des passerelles entre plusieurs temporalités, plusieurs cultures et plusieurs sensibilités. Il puise dans la mémoire des lieux et des objets qu’il collecte (son « trésor »), dans l’histoire collective ou dans sa biographie, pour concevoir des œuvres aux résonances multiples. Il relie passé et présent, objets anciens et objets nouveaux, notamment en réinterprétant à travers ses pièces les travaux d’artistes qu’il admire particulièrement, comme Matthias Grünewald, Edvard Munch, Johann Sebastian Bach, Bertolt Brecht, Joseph Beuys ou encore Andreï Tarkovski. Avec ces « collaborations », terme qu’il utilise pour définir ses mises en dialogue artistiques, Sarkis parvient à effacer la distance historique ou culturelle qui le sépare de ces autres créateurs et à insuffler à leurs réalisations une nouvelle énergie, née de leur confrontation au présent.

La mémoire, le temps, le vécu ou la transmission sont des thèmes dominants dans le travail de Sarkis. Au fil de sa carrière, il a développé une mythologie personnelle autour de grandes figures artistiques (comme par exemple Munch, Beuys, Grünewald), de l’histoire collective, de lieux spécifiques (l’atelier) ou de notions telles que le Kriegsschatz (« trésor de guerre »).

Hôtel Sarkis fait suite à une série d’expositions de Sarkis au Mamco : Sarkis, Sculptures obscures 1969-1975 (à Aram Iynedjian) en 1996, suivie de L’Atelier d’aquarelle dans l’eau en 2004 et de A partir du JPG du livret de Parsifal en 2005. Depuis 1994, L’Atelier depuis 19380 est présenté de manière permanente au Mamco et regroupe des œuvres régulièrement actualisées par Sarkis. 

Mamco
Musée d’art moderne et contemporain, Genève
10, rue des Vieux - Grenadiers
CH-1205 GENEVE

www.mamco.ch

16/03/11

Exposition Rétrospective ARMAN Bale 2011 - Musée Tinguely


Exposition rétrospective : ARMAN 
Musée Tinguely, Bâle 
Commissaire de l'exposition : Jean-Michel Bouhours 
Jusqu'au 15 mai 2011 

Le MUSEE TINGUELY, BALE, expose jusqu'au 15 mai 2011 une importante RETROSPECTIVE ARMAN (1928-2005). L’exposition (qui a débutée le 16 février) a été réalisée en collaboration avec le Centre Pompidou de Paris où elle a recontrée un beau succès (22 septembre 2010 - 17 janvier 2011). Avec quelques 80 œuvres provenant de musées et collections particulières ainsi qu’une sélection de films projetés en grand format, de bandes sonores et de documents divers, cette deuxième étape de l’exposition à Bâle propose en sept volets un regard unique sur le travail de l’artiste, du début des années 1950 jusqu’à sa période tardive dans les années 1990. Cinq ans après la mort de l’artiste, c’est la première fois qu’un musée suisse lui consacre une telle rétrospective. Après Yves Klein (1999), Daniel Spoerri (2001) et Niki de Saint Phalle (2003), le Musée Tinguely présente désormais un autre membre des Nouveaux Réalistes. 

En sept parties l’exposition montre les principaux groupes d’œuvres de l’artiste, à commencer par ceux peut-être moins connus que sont les Cachets et les Allures d’Objets, réalisés sur papier et sur toile dans la deuxième moitié des années 1950. Au cœur de l’exposition figurent les formulations artistiques provocantes avec lesquelles Arman réagit à la société de consommation : ce sont ses célèbres Poubelles et Accumulations, dans lesquelles il érige en œuvres d’art des détritus et autres objets quotidiens usagés, placés sous verre ou plexiglas. On retrouvera également des travaux issus de la série des Coupes et des Colères, ainsi que des Combustions et des Inclusions dans lesquelles, à partir du début des années 1960, l’artiste aborde sous des angles divers les notions de destruction, de déconstruction et de transformation des objets quotidiens. L’exposition propose enfin une sélection des monumentales Accumulations Renault, commandées par Renault et réalisées à la fin des années 1960 à partir de pièces automobiles sorties d’usine, ainsi que quelques peintures d’Arman lui-même et des inclusions de tubes de peinture. Celles-ci exprimeront de la fin des années 1960 jusqu’à son œuvre tardive à la fin des années 1990, ses questionnements sur la peinture abstraite et informelle.  

Ses réalisations des années 1960 et 1970 sont d’une actualité frappante, dans la mesure où les Accumulations, les Colères (qui procèdent à la destruction d’un objet), mais surtout les Poubelles peuvent être comprises comme les traces archéologiques de notre société de consommation – avant même que la dégradation de la planète ne devienne, depuis les années 1990, l’un des thèmes majeurs de notre époque. 

ARMAN ET LE NOUVEAU REALISME 

Arman comptait parmi les membres fondateurs des Nouveaux Réalistes, groupe d’artistes d’après-guerre sans doute le plus important, qui influencera longtemps l’art contemporain. Les artistes de la génération de Tinguely et d’Arman se situent en effet à un tournant où l’abstraction moderne dans la peinture est proclamée révolue. Aussi le MANIFESTE DE NOUVEAU REALISTE (1960) se dresse en des termes incisifs contre l’Informel et l’Expressionnisme abstrait, qui sont les tendances artistiques alors dominantes dans le monde de l’art parisien. Dans ce manifeste formulé par RESTANY, on peut lire entre autres : « Ce fut la peinture de chevalet qui accusa le coup, faisant s’évanouir les dernières illusions subsistantes quant au monopole des moyens d’expression traditionnels ». Le Nouveau Réalisme quant à lui prône « la passionnante aventure du réel perçu en soi », or cette aventure, toujours selon Restany, consiste en :
« l’introduction d’un relais sociologique au stade essentiel de la communication. La sociologie vient au secours de la conscience et du hasard, que ce soit au niveau de la ferraille compressée, du choix ou de la lacération de l’affiche, de l’allure d’un objet, d’une ordure de ménage ou d’un déchet de salon, du déchaînement de l’affectivité mécanique, de la diffusion de la sensibilité chromatique au-delà des limites logiques de sa perception. » RESTANY, 1960
Arman lui-même qualifiait l’objet et le geste comme ses principaux moyens d’expression : 
« J’affirme que l’expression des détritus, des objets, possède sa valeur en soi, directement, sans volonté d’agencement esthétique les oblitérant et les rendant pareils aux couleurs d’une palette ; en outre, j’introduis le sens du geste global sans rémission ni remords. »  ARMAN, 1960 
ARMAN, SON OEUVRE DANS LES ANNEES 1950 

Au sein de l’œuvre qu’Arman réalise à ses débuts (dans la deuxième moitié des années 1950, peu considérée jusqu’à présent), apparaissent déjà les principaux procédés artistiques qui détermineront tout son travail : le geste répétitif ainsi que l’utilisation systématique d’objets manufacturés. 

L’intérêt qu’Arman porte à l’objet lui vient d’abord de la peinture et de la musique concrète, qu’il étudia en profondeur. Il est également influencé par des artistes des années 1920, notamment comme Kurt Schwitters, Hendrik Nicolaas Werkman ou Marcel Duchamp. Vers le milieu des années 1950, il est proche d’Yves Klein, l’inventeur de l’« International Klein Blue » et lui aussi originaire de Nice ; il conçoit alors des œuvres sur papier et sur toile, les fameux Cachets et Allures d’objets. Dans ses Cachets, il renonce à la peinture de l’Ecole de Paris et couvre sa toile d’empreintes tamponnées, à la manière du « all-over » et de l’« écriture automatique ». Dans les Allures d’objets – l’expression renvoie à la musique de Pierre Schaeffer –, il jette avec élan sur la toile des objets plongés dans la peinture, formant ainsi au hasard des tracés de compositions plastiques et abstraites. Avec ses Cachets et ses Allures d’objets, Arman apporte en quelque sorte une réponse provocante à l’informel et à l’expressionnisme abstrait alors prééminents.   

L'OBJET CHEZ ARMAN : ACCUMULATIONS, INCLUSIONS, COMBUSTIONS...

Au cours du XXe siècle, l’histoire de l’art assiste à une esthétisation et muséalisation de l’objet quotidien. Ce phénomène est étroitement lié à l’évolution de la société de consommation et à la transformation de plus en plus rapide de nos univers visuels et virtuels. 

Considérablement influencé par MARCEL DUCHAMP et son concept du READY-MADE, Arman fait des objets quotidiens son vecteur d’expression artistique ; il sonde au niveau esthétique les différences et analogies qui existent entre l’objet et la peinture. Les Poubelles et les Accumulations sont des entassements d’objets usés, inutilisés et jetés dans des contenants transparents auxquels l’artiste donne des titres poétiques et souvent polysémiques. Avec Le Plein, Arman réalise en 1960 une action-déchets révolutionnaire à la Galerie d’Iris Clert, dont les salles sont remplies jusqu’au plafond de détritus et d’objets courants. Dans les Coupes et les Colères, là aussi, il coupe, détruit et démonte l’objet quotidien. Les objets qu’il choisit (bien souvent des instruments de musique) relèvent clairement du mode de vie bourgeois. Comme dans les Accumulations, il met en scène le principe même de la présentation, de la chose montrée. Les couches superposées de ces objets qui nous sont familiers révèlent la teneur de ces derniers sous un angle étrange et nouveau. 

Dans ses Inclusions, Arman coule pour l’éternité des objets dans de la résine ; dans les Combustions, ils sont calcinés et figés, comme les symboles de la fugacité. L’artiste donne ainsi une représentation matérialisée du temps qui s’arrête : l’acte de la création, de la destruction et de la déconstruction ne sont plus qu’un seul et même geste. L’œuvre d’Arman illustre à la perfection l’art de la destruction des années 1960 ; après les dadaïstes, cette rupture avec la tradition artistique au XXe siècle est sans doute la plus radicale. 

L’œuvre d’Arman montre le revers du consumérisme et du « tout jetable ». Son art marque un refus fondamental des principes artistiques courants que sont à cette époque la reproduction et la représentation de la réalité. Même aujourd’hui, alors que les limites de la notion d’art sont encore repoussées, il nous arrive d’être troublés à la vue dans un musée d’œuvres puisant dans les éléments familiers de l’univers quotidien, présent ou passé : instruments de musique, rasoirs, chaussures à talon, masques à gaz, vieilles machines à écrire Underwood ou tubes de radio, voire le contenu d’une poubelle – tout cela, Arman le présente sous forme d’œuvres d’art et le met en vitrines. 

Arman lui-même insiste sur le fait que ses Accumulations ne visent pas à isoler un objet quotidien de son contexte fonctionnel habituel pour lui conférer une signification autre. Au contraire, par l’entassement et la multiplication d’un seul et même objet, il entend révéler la corrélation entre son procédé artistique et les méthodes du monde industriel : « Automation, travail à la chaîne et aussi mise au rebut en série, créant des strates et des couches géologiques pleines de toute la force du réel. »   

ARMAN : CONCEPTS ARTISTIQUES ET ACTIONS FILMEES

Parmi les points forts de l’exposition, il convient de mentionner la projection grand format de films comme Objets animés (1959-1960, de Jacques Brissot) ou Sanitation (1972, de Jean-Pierre Mirouze), tous deux basés sur des idées d’Arman. Ces films entretiennent un dialogue captivant avec les différentes œuvres exposées et constituent à la fois une parenthèse importante dans la conception de l’exposition. Non seulement ils nous montrent l’intérêt obsessif qu’Arman voue à l’objet, avec tout ce que celui-ci a d’intrinsèque, mais ils éclairent en outre les positions spirituelles qui sous-tendent le travail de l’artiste. Sanitation retrace le mouvement des objets de consommation dans le Manhattan des années 1970 : la caméra suit des marchandises, du lieu d’achat jusqu’au gigantesque dépôt d’ordures sur Staten Island, avec la Statue de la Liberté se dressant au fond. Le visiteur peut ainsi reconstituer dans le temps, et de façon tangible, le procédé artistique d’Arman, de la fonctionnalité initiale de l’objet trouvé au sein de notre société de consommation jusqu’à l’accomplissement de séries telles que Poubelles et Ordures organiques. L’extrait montré au ralenti de NBC Rage (1961), une des actions de Colère où l’artiste fracasse une contrebasse sur une planche en bois, permet par ailleurs de mieux saisir la signification essentielle du geste physique virulent et éphémère qui s’exprime dans l’œuvre. Un autre film, Conscious Vandalism, montre une Colère réalisée en 1975 à la John Gibson Gallery de New York avec la destruction d’un intérieur bourgeois, dont les restes sont montrés à Bâle dans une salle à part. Ces actions spectaculaires font l’effet d’un épisode cathartique au sein de l’œuvre d’Arman. 

CATALOGUE DE L'EXPOSITION

A l’occasion de cette exposition paraît une monographie richement illustrée (en allemand et français), avec des contributions de Jean-Michel Bouhours, Umberto Eco, Barbara Rose, Emmanuelle Ollier, Jaimey Hamilton, Renaud Bouchet, Marcelin Pleynet, Michel Giroud, Marion Guibert et Olivier Cinqualbre, 364 pages, 52 CHF/ 43 € 

Exposition réalisée par le Centre Pompidou, Paris. Alain Seban, Président du Centre Pompidou / Alfred Pacquement, Directeur du MNAM/CCI / Jean-Michel Bouhours, Commissaire de l’exposition, en collaboration avec le Musée Tinguely, Bâle. L’exposition « Arman » a été réalisée avec le soutien de l’INA, Institut national de l’audiovisuel. 

MUSEE TINGUELY, BALE 
MUSEUM TINGUELY, BASEL
Paul Sacher-Anlage 1 
4002 Basel

Horaires d’ouverture : tous les jours, sauf le lundi, de 11h à 18h 

22/11/10

Expo Photos Irving Penn, Les petits métiers au Musée de l’Elysée à Lausanne

Irving Penn, Les Petits métiers 
Musée de l’Elysée, Lausanne 
Jusqu'au 16 janvier 2011


IRVING PENN, Chestnut Vendor, New York, 1951
IRVING PENN, Chestnut Vendor, New York, 1951 
Copyright by The Irving Penn Foundation

LES PETITS METIERS A TRAVERS L'OBJECTIF D'IRVING PENN 

Pendant plus de soixante ans, IRVING PENN (1917-2009) a marqué l’histoire de la photographie par ses images de mode, ses natures mortes et ses portraits. Photographe pour le magazine Vogue, Irving Penn a réalisé au début des années 1950 Les Petits Métiers –Small Trades. Recrutés dans les rues de Paris, Londres puis New York, les vendeurs de journaux, marchands de rues, chiffonniers, ramoneurs posaient en tenue de travail pour le photographe new-yorkais qui était convaincu que nombre de ces activités allaient disparaître. Envoyé à Paris par Vogue en juin 1950 pour couvrir ses premières collections de haute-couture, Irving Penn saisit l’opportunité d’entreprendre ce projet personnel basé sur son admiration pour ces petits métiers, incontestablement associés à l’image de la ville.

Recrutés dans la rue, les modèles se rendaient au studio du photographe, dans leurs tenues de travail. En plus des petits vendeurs traditionnels, Penn photographiait également les gens de la classe ouvrière du quartier Mouffetard, comme les sculpteurs bohêmes ou la chanteuse Benoîte Lab. Irving Penn poursuivit son projet à Londres en septembre de la même année et continua son exploration des métiers de retour à New York. Ayant à l’esprit combien ces ouvriers s’identifiaient à leur travail, il a sciemment inclus leurs outils (de même que leurs tenues) dans ses portraits. Afin de créer des compositions équilibrées et élégantes qui mettent en valeur leurs spécificités, il mettait en scène avec précaution les travailleurs et leurs outils. En convoquant « les petits métiers » dans le territoire neutre du studio, Penn démontrait ainsi son intérêt pour l’individualité des modèles plus que pour leur milieu social. Après avoir publié dans un premier temps des extraits de chaque série dans les éditions française, anglaise et américaine de Vogue, Penn rassembla 91 portraits tirés des Petits Métiers dans l’ouvrage Moments Preserved  (1960) et inclut 10 portraits dans la publication World in a Small Room (1974) où il fit ce commentaire:
« Eloigner les modèles de leur environnement naturel et les installer dans un studio face à l’objectif n’avaient pas seulement pour but de les isoler, cela les transformait. »
IRVING PENN ET LE TIRAGE AU PLATINE 
 
Au milieu des années 1960, Penn commença une période d’expérimentations approfondies qui lui permit d’abord de maîtriser et ensuite de perfectionner la technique de tirage au platine. Ce procédé diffère significativement du tirage gélatino-argentique : pour le procédé au platine, la couche sensible à la lumière est absorbée dans les fibres du papier du support qui reste donc visible. Alors que dans les tirages gélatino-argentiques, les particules sensibles à la lumière sont suspendues dans une émulsion de gélatine qui masque le support.

Irving Penn a testé d’infinies variations du procédé, y compris en combinant deux ou plusieurs négatifs de contrastes variables, ou en recouvrant le tirage de diverses combinaisons de platine et de palladium et en l’exposant une nouvelle fois sous le même négatif ou sous un autre. Relativement fort en contraste, les tirages gélatino-argentiques décrivent bien les tenues et les outils, modelés par la lumière naturelle. Les tirages au platine sont plus resserrés sur les figures et leurs dimensions sont plus grandes que les tirages gélatino-argentiques, ce qui donne aux modèles une monumentalité quasi sculpturale. Les tirages qui en résultent sont très expressives, révélant une gamme de tonalités allant des gris nuancés aux noirs profonds.

IRVING PENN, LES PETITS METIERS : LES PUBLICATIONS 

L’année de leur création, plusieurs sélections des Petits métiers de Paris, Londres et New York apparurent dans les éditions internationales de Vogue. Les portraits des artisans réalisés par Penn démontrent non seulement la diversité des métiers découverts dans chaque ville, mais aussi les différentes attitudes des travailleurs face à leurs activités. Dans l’ouvrage Worlds in a Small Room de 1974, Penn fit l’observation suivante:
« En général, les Parisiens doutaient que nous ferions exactement ce que nous avions promis. Ils pensaient que quelque chose de louche allait arriver, mais ils arrivaient au studio plus ou moins comme convenu – motivés par le cachet. Les Londoniens étaient assez différents des Français. Il leur semblait tout à fait logique d’être photographiés en tenues de travail. Ils arrivaient au studio, toujours à l’heure et se présentaient devant l’appareil photo avec un sérieux et une fierté tout à fait remarquables. Des trois, les Américains étaient les plus imprévisibles. En dépit de nos recommandations, quelques-uns arrivèrent aux séances changés de pied en cap, rasés de frais et parfois même dans leurs costumes sombres du dimanche, convaincus de faire leur premier pas vers Hollywood. »
IRVING PENN : L'EXPOSITION AU MUSEE DE L'ELYSEE A LAUSANNE 

L’exposition est organisée en collaboration avec le J. Paul Getty Museum de Los Angeles, qui a acquis en 2008 l’ensemble le plus complet de cette série. Conçue par Virginia A. Heckert et Anne Lacoste, conservatrice associée et conservatrice adjointe du département de photographies du J. Paul Getty Museum, elle comporte une centaine  de tirages montrés pour la première fois en Suisse. En outre l’exposition propose une confrontation des différents procédés d’impression utilisés par Penn en comparant les tirages originaux gélatino-argentiques avec les tirages plus tardifs au platine de ses séries.

BIOGRAPHIE : IRVING PENN  (Plainfield/USA, 1917 - New York, 2009) 

Né en 1917, Irving Penn s’oriente d’abord vers la peinture et le dessin. Il étudie le graphisme auprès d’Alexey Brodovitch à Philadelphie. En 1938, il s'installe à New York où il travaille en free-lance. Il débute véritablement  sa carrière  au début des années 1940. En 1941, il réalise ses premières photographies de mode pour le Harper's Bazaar. En 1943, il fait la couverture pour l’édition américaine de Vogue magazine avec la photographie d'une nature morte en couleur. De 1943 à 1948, ses photographies paraissent régulièrement dans Vogue et d'autres magazines. Plus de 150 photographies sont publiées durant cette période. En quelques années seulement, Irving Penn invente sa lumière dans un souci d’authenticité. Il se confronte également à des sujets académiques comme le nu ou la nature morte. En plus des séances photo pour Vogue, il photographie les plus grands ; actrices, écrivains, mannequins (Picasso, Colette, Marlène Dietrich…). Décédé en 2009, Irving Penn a imposé pendant plus de soixante ans une nouvelle façon de voir.

Irving Penn, Small Trades
CATALOGUE : IRVING PENN, SMALL TRADES


Textes de Virginia A. Heckert et d’Anne Lacoste, conservatrice associée et conservatrice adjointe du département de photographies du J. Paul Getty Museum. Publié par le J. Paul Getty Museum, Los Angeles (2009), 272 pages, 259 illustrations. Edition anglaise. CHF 59.- à la librairie du Musée de l’Elysée.

IRVING PENN - LES PETITS MÉTIERS
MUSEE DE L'ELYSEE, LAUSANNE - SUISSE 

9 octobre 2010 - 16 janvier 2011 
www.elysee.ch

11/11/10

Katarina Zdjelar, Fri Art Fribourg

KATARINA ZDJELAR
I think that here I have heard my own voice coming to me from somewhere else
Fri Art, Centre d'Art de Fribourg
20 novembre 2010 - 16 janvier 2011

 

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KATARINA ZDJELAR
The Perfect Sound, 2009 
Arrêts sur image, courtoisie l'artiste.
© 2009, Katarina Zdjelar

 

Née en 1979, KATARINA ZDJELAR a notamment représenté la Serbie lors de la biennale de Venise en 2009, aux côtés de Zoran Todorovic. Elle vit et travaille à Rotterdam.

Pour son exposition personnelle au centre d'art de Fribourg, elle présentera six vidéos récentes, dont une nouvelle production. 

LA DEMARCHE ARTISTIQUE DE KATARINA ZDJELAR

Les portraits vidéographiques de Katarina Zdjelar concentrent leur objet sur le langage et son apprentissage. La langue étrangère apprise, remémorée, énoncée ou décryptée, est une source clairement lisible de tension physique et mentale chez les personnages, qu’ils soient un groupe de militants italiens, des écoliers turcs, des citoyens ordinaires des pays de l’Est ou des immigrants européens. La poétique de ces portraits tient à la rencontre entre les diverses idéologies qui se trahissent dans ces langues et les aspects psychologiques qui se lisent sur les visages. L’artiste observe méticuleusement l’étroite corrélation établie entre la question du langage et celle de l’appartenance, communautaire ou sociale. 

LES OEUVRES VIDEOS DE KATARINA ZDJELAR

The Perfect Sound (2009) montre le travail d'un thérapeute consistant à ôter tout accent étranger de l'anglais de son patient, basé sur la répétition, presque incantatoire, de phonèmes. Le but affirmé est d'obtenir un anglais international, prisé du monde des affaires et dénué de toute particularité. Cette recherche de la neutralité se fait au prix d'un travail physique et phonétique conséquent et surtout de l'abandon d'une partie de la personnalité du patient. 

Les efforts déployés pour dépasser une barrière linguistique peuvent mettre les protagonistes dans une situation particulière de vulnérabilité. Dans la vidéo Shoum (2009), la caméra se focalise sur un exercice de décodage de la chanson Shout du groupe pop (New Wave) britannique Tears for Fears. Deux hommes, parlant serbe et ne comprenant manifestement pas l'anglais, effectuent une transcription homophonique de la chanson, créant quasiment un nouveau langage, pour leur permettre de la chanter.

Pour Don't do it wrong (2007), Katarina Zdjelar s'est rendue dans une école primaire d'Istanbul. Le rituel matinal consiste à chanter l'hymne national et réciter un serment de fidélité à Ataturk,  père de l'état moderne, avec force solennité : autant d’éléments artificiels pour les écoliers qui laissent transparaître leur nature enfantine, et révèlent la pression absurde qui se joue dans la cérémonie.

 

katarina_zdjelar_video_still_2007a katarina_zdjelar_video_still_2007bKATARINA ZDJELAR
Don’t do it wrong, 2007

Arrêts sur image, courtoisie l'artiste.
© 2007, Katarina Zdjelar

 

Chaque langue véhicule un système de valeurs : c'est précisément ce qui transparaît dans A Girl, the Sun and an Airplane Airplane (2007). Katarina Zdjelar a demandé à des personnes de Tirana (Albanie), de se remémorer quelques mots de russe, une langue qui faisait obligatoirement partie de leur scolarité. Le choix des mots est loin d'être anodin et trahit l'idéologie propre aux régimes de l'Est. La difficulté qu'ont les participants à réveiller leurs souvenirs semble proportionnelle aux efforts déployés pour faire disparaître toutes traces des régimes passés, qu'elles soient des monuments ou des vocables.

En 1968, la chanson Revolution marque un tournant dans la carrière des Beatles puisqu'elle amorce leur engagement politique, spécialement pour le pacifiste John Lennon. Dans Everything is gonna be (2008), la chanson est reprise par un chœur amateur des îles Lofoten en Norvège. La distance est flagrante entre ce qu’a pu véhiculer cette chanson et la situation de ces chanteurs, répétant avec hésitation dans un intérieur ordinaire.

We need to have civil consciousness and basta (2010), le travail le plus récent présenté à Fribourg,  se concentre sur les notions d'écoute et d'engagement. On y voit, à Naples, un groupe de citoyens participer à une réunion à l'issue de laquelle ils prendront la décision de former ou non un parti politique. Quelles que soient les valeurs véhiculées, ce n'est qu'avec un certain pragmatisme que le citoyen enthousiaste peut se muer en politicien. 

 

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KATARINA ZDJELAR
We need to have civil consciousness and basta, 2010
  
Arrêts sur image, courtoisie l'artiste.
© 2010, Katarina Zdjelar

 

EXPOSITIONS RECENTES DE KATARINA ZDJELAR

2010 : Parapoetics, TENT Rotterdam (solo) ; Circus, Berlin (solo); There Has Been No Future, There Will Be No
Past, ISCP New York; Let’s Talk about Nationalism! Between Ideology and Identity, Kumu Art Museum, Tallinn.
2009 : Morality. Act II : From Love to Legal, Witte de With Centre for Contemporary Art, Rotterdam ; 
The Uncertainty Principle / How fast does an idea travel?, MACBA, Barcelone.


FRI ART, CENTRE D'ART DE FRIBOURG
KUNSTHALLE FREIBURG
Petites Rames 22
Case postale 582
CH-1701 Fribourg

www.fri-art.ch 

Vernissage vendredi 19 novembre à 18h

Exposition organisée avec le soutien de : Loterie Romande, Agglomération de Fribourg,  Canton de Fribourg, Pour-cent culturel Migros, Verticaldrape SA.

04/10/10

Expo De Renoir à Sam Szafran. Parcours d’un collectionneur, Martigny, Fondation Pierre Gianadda

De Renoir à Sam Szafran
Parcours d'un collectionneur

Fondation Pierre Gianadda, Martigny  

10 décembre 2010 - 12 juin 2011
 
A plusieurs reprises, la Fondation Pierre Gianadda a présenté à ses visiteurs de grandes collections publiques… Trésors du musée de São Paulo, 1988, Icônes russes. Les saints. Galerie nationale Tretiakov, Moscou, en 2000, Chefs d’œuvre de la Phillips Collection, Washington, en 2004, Musée Pouchkine, Moscou, la peinture française, en 2005, The Metropolitan Museum of New York. Chefs d’œuvre de la peinture européenne en 2006… Cette fois-ci, elle propose de découvrir une large sélection d’œuvres appartenant à un collectionneur privé. Par souci de discrétion, celui-ci tient à garder l’anonymat. Mais, soucieux de pédagogie et conscient de la mission éducative des musées et des expositions, il a toujours généreusement accepté de soutenir les manifestations organisées par Léonard Gianadda et il a souvent participé aux expositions organisées à Martigny. Exceptionnellement, et pour la première fois, il a accepté de partager plus largement encore ses trésors et de présenter sa collection au public, le temps d’une présentation qui durera six mois. 

Une sélection de cent vingt œuvres environ, peintures et dessins, a été faite, de façon à raconter l’évolution de la peinture depuis Jean-Baptiste Corot et Eugène Boudin, jusqu’à nos jours. Au cours de cette période, les avancées esthétiques se sont bousculées à un rythme tel qu’on ne peut la comparer qu’à la renaissance des arts dans la Florence du XVe siècle. Cette effervescence créative correspond parfaitement au goût de notre collectionneur. Il est très sensible aux charmes de la couleur en général, qu’elle soit le fruit d’une observation attentive de la nature ou d’une spéculation artistique purement abstraite. Le visiteur verra ainsi la peinture se libérer progressivement de la représentation du réel et privilégier l’expression d’une vision individuelle, de plus en plus éloignée du motif qui l’a inspirée. L’impressionnisme et le post-impressionnisme ont joué un rôle fondamental dans cette évolution. Ils sont donc particulièrement présents dans ce panorama qui retrace une brève histoire de la peinture du pré-impressionnnisme à nos jours. 

Le  commissariat de l’exposition est assuré par Marina Ferretti-Bocquillon, Directrice scientifique du musée des impressionnismes de Giverny. 

Le catalogue de l’exposition De Renoir à Sam Szafran. Parcours d'un collectionneur reproduit en couleurs toutes les œuvres exposées. Prix de vente CHF 45.-- (env. 30 €)
Soutiens : UBS, Generali 

Fondation Pierre Gianadda
Rue du Forum 59, 1920 Martigny, Suisse
Ouvert tous les jours de 10h à 18h
Tel : + 41 27 722 39 78
Site web : www.gianadda.ch

03/10/10

Exposition Nicolas de Stael – Martigny – Fondation Gianadda

NICOLAS DE STAEL 1945-1955
Fondation Pierre Gianadda, Martigny, Suisse

Jusqu’au 21 novembre 2010

La Fondation Pierre Gianadda présente pour la deuxième fois depuis 1995 une importante rétrospective du peintre Nicolas de Staël, un des artistes européens les plus influents de la période de l’après-guerre. Le commissaire de l’exposition, Jean-Louis Prat, a choisi de focaliser cette présentation sur 10 ans, 10 ans intenses où l’artiste a créé un langage radicalement nouveau entre peinture abstraite et peinture figurative.

L’exposition réunit une centaine d’œuvres de Nicolas de Stael en provenance des plus grandes collections publiques et privées d’Europe et des Etats-Unis (notamment : Centre Georges Pompidou, Paris ; Henie-Onsad Art Centre, Norvège ; Kunsthaus, Zurich ; Kunstmuseum, Berne ; The Phillips Collection, Washington) et de la famille de l’artiste. Petits et grands formats, tous les thèmes sont abordés : la Nature, paysages d’Agrigente, nus, footballeurs... La juxtaposition d’œuvres très connues et de quelques découvertes engendre une lecture différente de l’œuvre.

Victime des profonds bouleversements que traverse la Russie à partir de 1917, Nicolas de Staël âgé de cinq ans, connaît en 1919, avec sa famille les affres douloureuses de l’exil en Pologne. En l’espace d’à peine une années, en 1921 et 22, le jeune Nicolas perd ses parents. Les trois orphelins sont confiés à une famille russe de Bruxelles, les Fricero, riches et hospitaliers. A dix ans, il entre chez les Jésuites et à partir de seize ans, se passionne déjà pour la peinture qu’il pratique. A partir de 1933 à 1936, il suit les cours de l’Académie royale des Beaux-Arts et ceux de l’Académie Saint-Gilles. Il s’initie au dessin antique, et ponctue ses études de voyages en Hollande, en Espagne et au Maroc. En 1937, il rencontre une jeune femme peintre, Jeannine Guillou qui deviendra sa femme.

L’année suivante, avec Jeannine, Nicolas parcourt l’Italie, s’enthousiasme pour les primitifs, mais reconnaît, que les vieux Flamands et les Hollandais « sont plus proches de son cœur ». A Paris, il travaille en 1938 trois semaines dans l’atelier de Léger.

La guerre éclate, et Nicolas de Staël, s’engage dans la Légion étrangère, courte aventure car il est démobilisé en 40 et rejoint Jeannine à Nice. C’est dans cette ville que naît Anne, en 1942. C’est précisément cette année là que Staël, commence réellement à peindre des œuvres qui ne rappellent en rien les dessins des débuts. Orienté par Magnelli, Arp ou Le Corbusier, Staël peint ses premières toiles non figuratives, œuvres atypiques, géométriques, des formes qui s’entrecroisent, des griffures et des hachures qui animent la surface, dans des tons plutôt sombres. L’important, c’est un style qui se précise. Il intéresse la galeriste Jeanne Bucher qui accroche en 1944 à ses cimaises des peintures et des dessins de Staël entre Magnelli et Kandinsky. A cette époque le peintre vit avec sa famille à Paris, gagne l’amitié de Braque et expose pour la première fois seul à la galerie l’Esquisse.

Mais le couple Staël vit dans une pauvreté qu’accentue l’occupation. Les acheteurs sont rares, la famille souffre du froid et de la faim qui ne sont pas étrangers à la mort de Jeannine en 1946. Sa peinture jusque là s’exprime avec des traits violents, souvent noirs, l’abstraction se révèle profonde, l’intensité du geste est palpable, témoin d’un tempérament excessif.

A partir de 1947, la palette s’éclaircit, et on assiste à une évolution sûre, favorisée par son mariage avec Françoise Chapouton, qui lui donne trois enfants, et son installation dans un atelier spacieux rue Gauguet. Les soucis matériels s’éloignent et des séjours à la montagne lui inspirent des lumières nouvelles. Apparaissent dès 1950 des formats plus grands, une matière généreuse souvent appliquée au couteau, d’où jaillissent des jaunes éclatants et des rouges vifs. La réussite de Staël à cette époque s’inscrit dans la reconnaissance de l’abstraction. Mais Staël, continue à proclamer : « Toujours, il y a un sujet, toujours... ». Les grands plans juxtaposés s’imbriquent les uns dans les autres, mais l’inspiration reste le motif : les arbres deviennent des verticales, les massifs des courbes, Staël pose son œil inspiré sur la nature.

Les grandes expositions se succèdent à New York, Paris et Londres. Il entre au Musée d’art moderne et dans les collections anglaises et américains. Le 26 mars 1952, Nicolas de Stael assiste au match France-Suède en nocturne au Parc des Princes. Peintre jusqu’au bout du pinceau, il déclare : « Entre ciel et terre sur l’herbe rouge ou bleue, une tonne de muscles voltige en plein oubli de soi... Alors j’ai mis en chantier toute l’équipe de France... ». Suivent vingt-quatre tableaux où le peintre explore toutes les possibilités révélées lors de ce fameux match dont « Les Footballeurs » de 1952 de la Fondation Pierre Gianadda.

Le bleu outremer et le rouge de cadmium s’entrechoquent, rythment la rencontre, le blanc calme et harmonise la violence des contrastes ou verticales et horizontales s’affrontent.

En 1953, Staël achète le Castellet à Ménerbes, ancienne maison fortifiée, et y réside jusqu’en septembre 1954 où il s’installe à Antibes. Sa technique se modifie, sa matière devient plus fluide. Les Nus le préoccupent et semblent hanter son univers pictural. Aux couleurs stridentes répondent des bleus calmes qui ont la couleur de l’azur. La figuration se fait plus palpable. Comme surgi de la terre avec une puissance chtonienne, Nu couché bleu, (1955) appartient par certains côtés encore à l’abstraction mais rejoint malgré tout la figuration. Confrontation abstraction- figuration, Staël a porté en lui cette contradiction jusqu’au vertige dans une aventure dont l’œuvre sort vainqueur et le peintre anéanti. Nicolas de Staël se donne la mort le 16 mars 1955 à Antibes. Il avait écrit à sa sœur religieuse « Dieu que c’est difficile la vie ! Il faut jouer toutes les notes, les jouer bien... »

Commissaire de l’exposition : Jean-Louis Prat.

Le catalogue de l’exposition reproduit en couleurs toutes les œuvres exposées et comprend des textes de divers auteurs et spécialistes, qui éclairent les multiples facettes de Nicolas de Staël. Auteurs : Jean-Louis Prat, Thomas Augais, Anne de Staël, André du Bouchet, 288 pages, français, Prix : broché CHF 45.--, € 34.50 / relié CHF 58.--, € 45.--

Soutien : Crédit Suisse, Partenaire principal de la Fondation Pierre Gianadda

Fondation Pierre Gianadda
Rue du Forum 59
1920 Martigny, Suisse
Ouvert tous les jours de 10h à 18h
18 juin - 21 novembre 2010

Prochaine exposition à la Fondation Pierre Gianadda : De Renoir à Sam Szafran. Parcours d'un collectionneur, 10 décembre 2010 - 12 juin 2011.

27/04/10

Salon Art contemporain Zurich 2010

Art International, salon d'art contemporain. Zurich 2010
ART INTERNATIONAL Zurïch 2010
12ème Salon d’Art Contemporain
Maison des Congrès de Zurïch, Suisse
Kongresshaus Zürich


15 - 17 octobre 201011h - 20h

Ce salon annuel d’art contemporain à Zurich existe depuis 1999. Art Zurich 2010 aura lieu cette année les 15, 16 et 17 octobre 2010. Le salon de Zurich  présente un ensemble d'oeuvres qui sont souvent le travail de jeunes artistes. Plus qu'ailleurs sans doute les contacts entre visiteurs et artistes sont favorisés et simples. Au vue des éditions précédentes, les oeuvres sont très diversifiées couvrant un très large éventail des arts visuels. Que se soit simplement pour les admirer, se faire une idée de la création artistique contemporaine dans sa diversité, pour acheter une oeuvre sur place ou plus tard, prendre contact avec un artiste ou une galerie, échanger sur les oeuvres présentées, chacun devrait y trouver son bonheur avec des travaux d'artistes proposant des prix raisonnables. Un salon très sympathique.

Zemanek-Münster présente un ensemble d'oeuvres d'art tribal d'Afrique.

Zemanek-Münster - Tribal Art Auktion - Hörleingasse 3-5 - 97070 Würzburg - Deutschland




Ethnie JUKUN, Nigeria, Masque Akuma
Courtesy Zemanek-Münster, Würzburg, Allemagne
© Copyright by BB International Fine Arts GmbH, Switzerland



© Jón Thor Gíslason, Neomodern, 2009 
acryl on canvas, 150 x 125 cm
Courtesy Galerie Splettstößer, Kaarst, Allemagne
© Copyright by BB International Fine Arts GmbH, Switzerland




© Maximilian Verhas, Small Ring of Kerry, 2009
Silber Vollguss, ca. 10 kg, Aufl. 25 Ex., Durchm. 20 cm
Courtesy Galerie BullionArt, Munich, Allemagne
© Copyright by BB International Fine Arts GmbH, Switzerland

© Marck, Türkisch Bad, Chrom, 2010 
video-sculpture, 86 x 51 x 22 cm
Courtesy Galerie Fishpiece, Zürich
© Copyright by BB International Fine Arts GmbH, Switzerland


LIEU D'EXPOSITION
Kongresshaus (Maison des Congrès) de Zurich
1er étage (Panoramasaal, Foyers I / II)
Entrée principale Claridenstrasse 5 (porte K)
CH-8002 Zurich, Suisse

HORAIRES D'OUVERTURE
Ouverture au public : 15, 16 et 17 octobre, 11h - 20h
Vernissage : 14 octobre, 18h - 22h
TARIFS
Billet 1 jour : CHF 16
Billet 1 jour tarif réduit (étudiants, retraité) : CHF 8
Personnes en fauteuil roulant: CHF 8.00 / Escorteur : CHF 8.00
Vernissage : CHF 25.00 (pas de réduction)
Enfants jusqu'à 12 ans : entrée libre
Carte VIP : entrée gratuite pour 2 personnes
Carte Blanche : entrée gratuite pour 1 personne

Site internet d’Art Zurich : www.art-zurich.com

19/09/03

Le monde selon François Dubois au Musée des Beaux Arts de Lausanne

Le monde selon François Dubois
Musée des Beaux-Arts, Lausanne
19 septembre 2003 - 4 janvier 2004

L’exposition Le monde selon François Dubois, conçue par Ralf Beil, trouve son point de départ ainsi que son centre de gravité dans une des œuvres les plus célèbres de la collection lausannoise: Le Massacre de la Saint-Barthélemy, tableau d'histoire peint vers 1572-1584 par François Dubois. Les thèmes inhérents au tableau - religion, cruauté, mort et mémoire - seront déployés dans une présentation d’envergure, mêlant librement l'art de tous les siècles. Le monde selon François Dubois englobe les expressions artistiques les plus diverses, d’une statuette égyptienne d’Isis lactans à la World Map 2001 de l’artiste écossaise Louise Hopkins, en passant par des œuvres clefs de Matthias Stomer, Charles Gleyre, Ernest Biéler, Marcel Broodthaers, Christian Boltanski ou Ugo Rondinone.

Catalogue : A l’occasion de cette exposition paraît le 13ème numéro de la série des Cahiers du Musée des Beaux-Arts de Lausanne, catalogue publié sous la direction de Ralf Beil.

Conférences
3 octobre à 19h, rencontre avec Luc et Christian Boltanski à propos de la parution d'A l'instant, ouvrage composé à quatre mains. En collaboration avec la Bibliothèque Cantonale et Universitaire de Lausanne.

20 novembre à 18h30, "L'imaginaire du massacre et la conscience moderne: autour de la Saint-Barthélemy", conférence par Biancamaria Fontana, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques et Internationales de Lausanne.

La Nuit des Musées au musée des Beaux-Arts
Projections vidéo de la collection du Kunsthaus de Zurich
27 septembre 2003, 14h00-2h00

Après la présentation de sa propre collection d’art vidéo en 2001, puis celle du Centre pour l’Image Contemporaine de Saint-Gervais, Genève, en 2002, le Musée cantonal des Beaux-Arts invite cette année le Kunsthaus de Zurich qui joue un  rôle de premier plan dans la présentation et la conservation de l’art vidéo qu’il collectionne depuis 1979 et dont il possède aujourd’hui environ 600 oeuvres.

Conçue spécialement pour la Nuit des musées, la programmation dialogue avec les oeuvres de l’exposition Le monde selon François Dubois et répond aux thématiques évoquées dans les différentes salles du musée : la religion, la cruauté, la mort, et la mémoire. Des pionniers de l’art vidéo des années 1960 à la vidéo contemporaine, cette programmation offre un panorama d’artistes de renommée internationale et une sélection affinée de la production suisse : Vito Acconci, Emanuelle Antille, Michel Auder, John Baldessari, Stefan Banz, Biefer/Zgraggen, Christoph Büchel, Sophie Calle, Christoph Draeger, Dan Graham, Fabrice Gygi, Masuyama Hiroyouki, Alexej Koschkarow, Zilla Leutenegger, Christian Marclay, Bruce Nauman, Yves Netzhammer, Arnulf Rainer/Dieter Roth, Pipilotti Rist, Carolee Schneemann, Smith/Stewart.

Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne
Palais de Rumine
6, place de la Riponne
CH - 1000 Lausanne 17
ma-me,11h-18h / je, 11h-20h / ve-di, 11h-17h
les 24 et 31 décembre, 11h-17h
fermé le lundi du Jeûne, le 25 décembre 2003 et le 1er janvier 2004