Château de Penthes
18 chemin de l’Impératrice
1292 Pregny-Chambésy
Suisse
Web : www.penthes.ch
Page Facebook : Musée des Suisses dans le Monde // Museum of the Swiss Abroad
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| Dennis Nona |
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| Dennis Nona |
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| Dennis Nona |
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| Dennis Nona |
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| SARKIS, Mamco, Genève, 2011 |
« l’introduction d’un relais sociologique au stade essentiel de la communication. La sociologie vient au secours de la conscience et du hasard, que ce soit au niveau de la ferraille compressée, du choix ou de la lacération de l’affiche, de l’allure d’un objet, d’une ordure de ménage ou d’un déchet de salon, du déchaînement de l’affectivité mécanique, de la diffusion de la sensibilité chromatique au-delà des limites logiques de sa perception. » RESTANY, 1960
« J’affirme que l’expression des détritus, des objets, possède sa valeur en soi, directement, sans volonté d’agencement esthétique les oblitérant et les rendant pareils aux couleurs d’une palette ; en outre, j’introduis le sens du geste global sans rémission ni remords. » ARMAN, 1960
« Eloigner les modèles de leur environnement naturel et les installer dans un studio face à l’objectif n’avaient pas seulement pour but de les isoler, cela les transformait. »
« En général, les Parisiens doutaient que nous ferions exactement ce que nous avions promis. Ils pensaient que quelque chose de louche allait arriver, mais ils arrivaient au studio plus ou moins comme convenu – motivés par le cachet. Les Londoniens étaient assez différents des Français. Il leur semblait tout à fait logique d’être photographiés en tenues de travail. Ils arrivaient au studio, toujours à l’heure et se présentaient devant l’appareil photo avec un sérieux et une fierté tout à fait remarquables. Des trois, les Américains étaient les plus imprévisibles. En dépit de nos recommandations, quelques-uns arrivèrent aux séances changés de pied en cap, rasés de frais et parfois même dans leurs costumes sombres du dimanche, convaincus de faire leur premier pas vers Hollywood. »
KATARINA ZDJELAR
I think that here I have heard my own voice coming to me from somewhere else
Fri Art, Centre d'Art de Fribourg
20 novembre 2010 - 16 janvier 2011
KATARINA ZDJELAR
The Perfect Sound, 2009
Arrêts sur image, courtoisie l'artiste.
© 2009, Katarina Zdjelar
Née en 1979, KATARINA ZDJELAR a notamment représenté la Serbie lors de la biennale de Venise en 2009, aux côtés de Zoran Todorovic. Elle vit et travaille à Rotterdam.
Pour son exposition personnelle au centre d'art de Fribourg, elle présentera six vidéos récentes, dont une nouvelle production.
LA DEMARCHE ARTISTIQUE DE KATARINA ZDJELAR
Les portraits vidéographiques de Katarina Zdjelar concentrent leur objet sur le langage et son apprentissage. La langue étrangère apprise, remémorée, énoncée ou décryptée, est une source clairement lisible de tension physique et mentale chez les personnages, qu’ils soient un groupe de militants italiens, des écoliers turcs, des citoyens ordinaires des pays de l’Est ou des immigrants européens. La poétique de ces portraits tient à la rencontre entre les diverses idéologies qui se trahissent dans ces langues et les aspects psychologiques qui se lisent sur les visages. L’artiste observe méticuleusement l’étroite corrélation établie entre la question du langage et celle de l’appartenance, communautaire ou sociale.
LES OEUVRES VIDEOS DE KATARINA ZDJELAR
The Perfect Sound (2009) montre le travail d'un thérapeute consistant à ôter tout accent étranger de l'anglais de son patient, basé sur la répétition, presque incantatoire, de phonèmes. Le but affirmé est d'obtenir un anglais international, prisé du monde des affaires et dénué de toute particularité. Cette recherche de la neutralité se fait au prix d'un travail physique et phonétique conséquent et surtout de l'abandon d'une partie de la personnalité du patient.
Les efforts déployés pour dépasser une barrière linguistique peuvent mettre les protagonistes dans une situation particulière de vulnérabilité. Dans la vidéo Shoum (2009), la caméra se focalise sur un exercice de décodage de la chanson Shout du groupe pop (New Wave) britannique Tears for Fears. Deux hommes, parlant serbe et ne comprenant manifestement pas l'anglais, effectuent une transcription homophonique de la chanson, créant quasiment un nouveau langage, pour leur permettre de la chanter.
Pour Don't do it wrong (2007), Katarina Zdjelar s'est rendue dans une école primaire d'Istanbul. Le rituel matinal consiste à chanter l'hymne national et réciter un serment de fidélité à Ataturk, père de l'état moderne, avec force solennité : autant d’éléments artificiels pour les écoliers qui laissent transparaître leur nature enfantine, et révèlent la pression absurde qui se joue dans la cérémonie.
KATARINA ZDJELAR
Don’t do it wrong, 2007
Arrêts sur image, courtoisie l'artiste.
© 2007, Katarina Zdjelar
Chaque langue véhicule un système de valeurs : c'est précisément ce qui transparaît dans A Girl, the Sun and an Airplane Airplane (2007). Katarina Zdjelar a demandé à des personnes de Tirana (Albanie), de se remémorer quelques mots de russe, une langue qui faisait obligatoirement partie de leur scolarité. Le choix des mots est loin d'être anodin et trahit l'idéologie propre aux régimes de l'Est. La difficulté qu'ont les participants à réveiller leurs souvenirs semble proportionnelle aux efforts déployés pour faire disparaître toutes traces des régimes passés, qu'elles soient des monuments ou des vocables.
En 1968, la chanson Revolution marque un tournant dans la carrière des Beatles puisqu'elle amorce leur engagement politique, spécialement pour le pacifiste John Lennon. Dans Everything is gonna be (2008), la chanson est reprise par un chœur amateur des îles Lofoten en Norvège. La distance est flagrante entre ce qu’a pu véhiculer cette chanson et la situation de ces chanteurs, répétant avec hésitation dans un intérieur ordinaire.
We need to have civil consciousness and basta (2010), le travail le plus récent présenté à Fribourg, se concentre sur les notions d'écoute et d'engagement. On y voit, à Naples, un groupe de citoyens participer à une réunion à l'issue de laquelle ils prendront la décision de former ou non un parti politique. Quelles que soient les valeurs véhiculées, ce n'est qu'avec un certain pragmatisme que le citoyen enthousiaste peut se muer en politicien.
KATARINA ZDJELAR
We need to have civil consciousness and basta, 2010
Arrêts sur image, courtoisie l'artiste.
© 2010, Katarina Zdjelar
EXPOSITIONS RECENTES DE KATARINA ZDJELAR
2010 : Parapoetics, TENT Rotterdam (solo) ; Circus, Berlin (solo); There Has Been No Future, There Will Be No
Past, ISCP New York; Let’s Talk about Nationalism! Between Ideology and Identity, Kumu Art Museum, Tallinn.
2009 : Morality. Act II : From Love to Legal, Witte de With Centre for Contemporary Art, Rotterdam ;
The Uncertainty Principle / How fast does an idea travel?, MACBA, Barcelone.
FRI ART, CENTRE D'ART DE FRIBOURG
KUNSTHALLE FREIBURG
Petites Rames 22
Case postale 582
CH-1701 Fribourg
Vernissage vendredi 19 novembre à 18h
Exposition organisée avec le soutien de : Loterie Romande, Agglomération de Fribourg, Canton de Fribourg, Pour-cent culturel Migros, Verticaldrape SA.
NICOLAS DE STAEL 1945-1955
Fondation Pierre Gianadda, Martigny, Suisse
Jusqu’au 21 novembre 2010
La Fondation Pierre Gianadda présente pour la deuxième fois depuis 1995 une importante rétrospective du peintre Nicolas de Staël, un des artistes européens les plus influents de la période de l’après-guerre. Le commissaire de l’exposition, Jean-Louis Prat, a choisi de focaliser cette présentation sur 10 ans, 10 ans intenses où l’artiste a créé un langage radicalement nouveau entre peinture abstraite et peinture figurative.
L’exposition réunit une centaine d’œuvres de Nicolas de Stael en provenance des plus grandes collections publiques et privées d’Europe et des Etats-Unis (notamment : Centre Georges Pompidou, Paris ; Henie-Onsad Art Centre, Norvège ; Kunsthaus, Zurich ; Kunstmuseum, Berne ; The Phillips Collection, Washington) et de la famille de l’artiste. Petits et grands formats, tous les thèmes sont abordés : la Nature, paysages d’Agrigente, nus, footballeurs... La juxtaposition d’œuvres très connues et de quelques découvertes engendre une lecture différente de l’œuvre.
Victime des profonds bouleversements que traverse la Russie à partir de 1917, Nicolas de Staël âgé de cinq ans, connaît en 1919, avec sa famille les affres douloureuses de l’exil en Pologne. En l’espace d’à peine une années, en 1921 et 22, le jeune Nicolas perd ses parents. Les trois orphelins sont confiés à une famille russe de Bruxelles, les Fricero, riches et hospitaliers. A dix ans, il entre chez les Jésuites et à partir de seize ans, se passionne déjà pour la peinture qu’il pratique. A partir de 1933 à 1936, il suit les cours de l’Académie royale des Beaux-Arts et ceux de l’Académie Saint-Gilles. Il s’initie au dessin antique, et ponctue ses études de voyages en Hollande, en Espagne et au Maroc. En 1937, il rencontre une jeune femme peintre, Jeannine Guillou qui deviendra sa femme.
L’année suivante, avec Jeannine, Nicolas parcourt l’Italie, s’enthousiasme pour les primitifs, mais reconnaît, que les vieux Flamands et les Hollandais « sont plus proches de son cœur ». A Paris, il travaille en 1938 trois semaines dans l’atelier de Léger.
La guerre éclate, et Nicolas de Staël, s’engage dans la Légion étrangère, courte aventure car il est démobilisé en 40 et rejoint Jeannine à Nice. C’est dans cette ville que naît Anne, en 1942. C’est précisément cette année là que Staël, commence réellement à peindre des œuvres qui ne rappellent en rien les dessins des débuts. Orienté par Magnelli, Arp ou Le Corbusier, Staël peint ses premières toiles non figuratives, œuvres atypiques, géométriques, des formes qui s’entrecroisent, des griffures et des hachures qui animent la surface, dans des tons plutôt sombres. L’important, c’est un style qui se précise. Il intéresse la galeriste Jeanne Bucher qui accroche en 1944 à ses cimaises des peintures et des dessins de Staël entre Magnelli et Kandinsky. A cette époque le peintre vit avec sa famille à Paris, gagne l’amitié de Braque et expose pour la première fois seul à la galerie l’Esquisse.
Mais le couple Staël vit dans une pauvreté qu’accentue l’occupation. Les acheteurs sont rares, la famille souffre du froid et de la faim qui ne sont pas étrangers à la mort de Jeannine en 1946. Sa peinture jusque là s’exprime avec des traits violents, souvent noirs, l’abstraction se révèle profonde, l’intensité du geste est palpable, témoin d’un tempérament excessif.
A partir de 1947, la palette s’éclaircit, et on assiste à une évolution sûre, favorisée par son mariage avec Françoise Chapouton, qui lui donne trois enfants, et son installation dans un atelier spacieux rue Gauguet. Les soucis matériels s’éloignent et des séjours à la montagne lui inspirent des lumières nouvelles. Apparaissent dès 1950 des formats plus grands, une matière généreuse souvent appliquée au couteau, d’où jaillissent des jaunes éclatants et des rouges vifs. La réussite de Staël à cette époque s’inscrit dans la reconnaissance de l’abstraction. Mais Staël, continue à proclamer : « Toujours, il y a un sujet, toujours... ». Les grands plans juxtaposés s’imbriquent les uns dans les autres, mais l’inspiration reste le motif : les arbres deviennent des verticales, les massifs des courbes, Staël pose son œil inspiré sur la nature.
Les grandes expositions se succèdent à New York, Paris et Londres. Il entre au Musée d’art moderne et dans les collections anglaises et américains. Le 26 mars 1952, Nicolas de Stael assiste au match France-Suède en nocturne au Parc des Princes. Peintre jusqu’au bout du pinceau, il déclare : « Entre ciel et terre sur l’herbe rouge ou bleue, une tonne de muscles voltige en plein oubli de soi... Alors j’ai mis en chantier toute l’équipe de France... ». Suivent vingt-quatre tableaux où le peintre explore toutes les possibilités révélées lors de ce fameux match dont « Les Footballeurs » de 1952 de la Fondation Pierre Gianadda.
Le bleu outremer et le rouge de cadmium s’entrechoquent, rythment la rencontre, le blanc calme et harmonise la violence des contrastes ou verticales et horizontales s’affrontent.
En 1953, Staël achète le Castellet à Ménerbes, ancienne maison fortifiée, et y réside jusqu’en septembre 1954 où il s’installe à Antibes. Sa technique se modifie, sa matière devient plus fluide. Les Nus le préoccupent et semblent hanter son univers pictural. Aux couleurs stridentes répondent des bleus calmes qui ont la couleur de l’azur. La figuration se fait plus palpable. Comme surgi de la terre avec une puissance chtonienne, Nu couché bleu, (1955) appartient par certains côtés encore à l’abstraction mais rejoint malgré tout la figuration. Confrontation abstraction- figuration, Staël a porté en lui cette contradiction jusqu’au vertige dans une aventure dont l’œuvre sort vainqueur et le peintre anéanti. Nicolas de Staël se donne la mort le 16 mars 1955 à Antibes. Il avait écrit à sa sœur religieuse « Dieu que c’est difficile la vie ! Il faut jouer toutes les notes, les jouer bien... »
Commissaire de l’exposition : Jean-Louis Prat.
Le catalogue de l’exposition reproduit en couleurs toutes les œuvres exposées et comprend des textes de divers auteurs et spécialistes, qui éclairent les multiples facettes de Nicolas de Staël. Auteurs : Jean-Louis Prat, Thomas Augais, Anne de Staël, André du Bouchet, 288 pages, français, Prix : broché CHF 45.--, € 34.50 / relié CHF 58.--, € 45.--
Soutien : Crédit Suisse, Partenaire principal de la Fondation Pierre Gianadda
Fondation Pierre Gianadda
Rue du Forum 59
1920 Martigny, Suisse
Ouvert tous les jours de 10h à 18h
18 juin - 21 novembre 2010
Prochaine exposition à la Fondation Pierre Gianadda : De Renoir à Sam Szafran. Parcours d'un collectionneur, 10 décembre 2010 - 12 juin 2011.