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05/10/25

Faire impression @ Kunsthaus Zürich - Chefs-d’oeuvre sur papier d’Albrecht Dürer à Dieter Roth

Faire impression. Chefs-d’oeuvre sur papier d’Albrecht Dürer à Dieter Roth 
Kunsthaus Zürich 
31 octobre 2025 – 25 janvier 2026 

Dieter Roth
Dieter Roth, 
Feuillet 4 tiré de: «6 Piccadillies», 1970
Polymère au pochoir sur sérigraphie sur impression 
offset en couleur sur carton, monté sur carton-bois, 
49,9 × 69,7 cm
Kunsthaus Zürich, 2003
© Dieter Roth Estate / Courtesy Hauser & Wirth 

Dieter Roth
Dieter Roth 
Feuillet 5 tiré de: «6 Piccadillies», 1970
Sérigraphie sur impression offset en couleur sur
carton, montée sur carton-bois, 49,9 × 69,7 cm
Kunsthaus Zürich, 2003
© Dieter Roth Estate / Courtesy Hauser & Wirth

Helen Dahm
Helen Dahm 
Nu féminin en mouvement,
sans date
Eau-forte sur papier, 27,4 × 23,2 cm
Kunsthaus Zürich, don de Doris
Gäumann-Wild, 1953
© Helen Dahm Gesellschaft Oetwil am See

Le Kunsthaus Zürich présente des estampes magistrales créées au fil de six siècles.

La collection d’arts graphiques du Kunsthaus Zürich est un véritable trésor. Beaucoup de feuillets sensibles à la lumière ne peuvent être exposés que pendant une courte durée avant de regagner les dépôts, où ils sont conservés à l’abri. Dix ans après l’exposition anniversaire organisée à l’occasion des 100 ans d’existence de la collection d’arts graphiques, le Kunsthaus présente ses estampes les plus précieuses, domaine qui avait été laissé de côté à l’époque.

Aujourd’hui encore, la gravure est entourée de malentendus: une telle oeuvre peut-elle être considérée comme originale? Pourquoi n’y a-t-il pas un seul exemplaire mais plusieurs? Le Kunsthaus montre que l’estampe est un moyen d’expression artistique à part entière, pas seulement un procédé de reproduction d’images. Le travail de l’encre et le jeu de clair-obscur qui en résulte donnent naissance à des oeuvres dont l’effet est unique.

Albrecht Dürer
Albrecht Dürer 
Adam et Ève, 1504
Gravure sur cuivre sur papier,
25,1 × 19 cm
Kunsthaus Zürich, 
Collection Landammann Dietrich Schindler, 2000

Hendrik Goltzius
Hendrik Goltzius 
Le grand porte étendard, 1587
Gravure sur cuivre sur papier, 29 × 20,1 cm
Kunsthaus Zürich

Hans Sebald Beham
Hans Sebald Beham 
Cimon et Péro, 1544
Gravure sur cuivre sur papier, 7,3 × 5,1 cm
Kunsthaus Zürich, 
Collection Landammann Dietrich Schindler, 2000

Rembrandt Harmenszoon van Rijn
Rembrandt Harmenszoon van Rijn 
Jésus prêchant, dit «La petite tombe», vers 1652
Eau-forte et pointe sèche sur papier Japon,
15,2 x 20,5 cm
Kunsthaus Zürich, legs de Leonie Tobler, 2003

D’Albrecht Dürer à Francisco de Goya en passant par Rembrandt van Rijn – ne serait-ce que dans le domaine de l’art ancien, la collection du Kunsthaus Zürich réunit les représentants les plus importants de l’estampe. L’exposition présente de magistrales eaux-fortes et gravures sur bois qui mettent en avant le travail du motif et la maîtrise technique. La présentation ne suit pas une chronologie stricte, mais s’organise par types de techniques. Elle permet ainsi de comprendre comment un même procédé a donné naissance à des formes d’expression très différentes au fil des siècles. Elle montre également comment de nouvelles possibilités techniques ont inspiré de nouveaux thèmes aux artistes et leur ont suggéré de nouvelles solutions plastiques.

Henri Matisse
Henri Matisse 
Illustration pour «Poésie de mots inconnus», 1943
Linogravure sur papier, 30,4 × 23,4 cm
Kunsthaus Zürich, 1980

Bernhard Luginbühl
Bernhard Luginbühl 
Cyclope I, 1968
Gravure sur cuivre sur papier, 67,7 × 74,5 cm
Kunsthaus Zürich, 1984
© Bernhard Luginbühl

Chuck Close
Chuck Close 
Autoportrait, 1977
Eau-forte sur papier, 137 × 103,5 cm
Kunsthaus Zürich, 1978
© Chuck Close Estate

Julie Mehretu
Julie Mehretu
Untitled, 2006
Eau-forte et pointe sèche en couleur sur papier, 
58,9 × 71,6 cm
Kunsthaus Zürich, 2006
© 2025 Julie Mehretu

Avec la modernité, l’estampe s’épanouit dans toute sa diversité, que ce soit dans les oeuvres de Käthe Kollwitz, de Mary Cassatt ou de Dieter Roth. On expérimente désormais avec les techniques les plus diverses et différents états d’impression. Le format semble lui aussi ne plus connaître de limites. En témoigne par exemple l’autoportrait monumental de Chuck Close, aux dimensions imposantes de 137 × 103 cm. Dans cette exposition, le Kunsthaus s’abstient toutefois délibérément de toute hiérarchisation des oeuvres par la taille, car souvent, l’attrait d’une estampe tient à ses plus infimes détails. 

Edvard Munch
Edvard Munch 
Tête contre tête, 1905
Gravure sur bois en 4 couleurs sur papier,
56,5 × 74,5 cm
Kunsthaus Zürich, 1950

Otto Müller
Otto Müller 
Jeune fille allongée contre un tronc d’arbre, vers 1914
Lithographie aquarellée sur papier, 35,6 x 46 cm
Kunsthaus Zürich, don de Hugo Moses, 1933

Emil Nolde
Emil Nolde 
Tête masculine et tête féminine, 1937
Gravure sur bois sur papier, 41,5 × 30,3 cm
Kunsthaus Zürich, 1938
© Nolde Stiftung Seebüll

Plus de 80 oeuvres sur papier sont exposées au cabinet du Kunsthaus Zürich sous la houlette de Jonas Beyer. Un catalogue richement illustré complète l’exposition et fait écho à l’ouvrage «Meisterzeichnungen. 100 Jahre Grafische Sammlung im Kunsthaus Zürich» (Dessins de maîtres. Les 100 ans de la collection d’arts graphiques au Kunsthaus Zürich), désormais élargi au champ de l’estampe.

KUNSTHAUS ZURICH
Heimplatz 1/5, 8001 Zurich

28/10/24

Corita Kent. La révolution Joyeuse @ Collège des Bernardins, Paris

Corita Kent. La révolution Joyeuse
Collège des Bernardins, Paris
5 octobre - 21 décembre 2024

CORITA KENT
"stop the bombing," 1967,
serigraph, 18 x 23 inches © 2024,
Corita Art Center, corita.org

CORITA KENT
"passion for the possible," 1969,
serigraph, 23 x 12 inches © 2024,
Corita Art Center, corita.org

CORITA KENT
We Can Create Life Without War Billboard, c. 1984.
Image courtesy of the Corita Art Center,
Los Angeles, corita.org

Le Collège des Bernardins présente "Corita Kent. La révolution joyeuse", première exposition en France dédiée à l'artiste américaine CORITA KENT (1918-1986) connue sous le nom de Sister Mary Corita. Son œuvre est à l'image de son parcours atypique : à la fois audacieuse, militante et pédagogue. À travers le regard de Corita Kent, c’est une époque à redécouvrir, celle des États-Unis des années 1950 à 1980. Sont également exposées les reproductions d'une vingtaine d'oeuvres et d'une trentaine de photographies.

Corita Kent fait le choix de la technique de la sérigraphie, qu’elle contribue à faire reconnaître comme un médium artistique à part entière. Ainsi, ses créations transmettent au plus grand nombre ses messages d'amour et de foi. Ses sérigraphies, audacieuses et colorées, combinent des images tirées de la publicité et de journaux avec des textes allant de versets bibliques à des slogans, des paroles de chansons et de la littérature. Dans le contexte des années 1960 et 1970, l’émancipation de la jeunesse, l’affirmation des mouvements féministes, l’émergence des courants de la contre-culture artistique américaine, la profusion des codes de la société de consommation sont pour Corita Kent des sources d’inspiration. Au cours des années 60, son travail se teinte d'un engagement plus politique, incitant les spectateurs à réfléchir à la pauvreté, au racisme, à la guerre et aux injustices sociales.

Cette exposition revient sur son parcours personnel, ses engagements et le nouveau langage graphique que l’artiste a lancé. "Corita Kent. La révolution joyeuse" revient aussi sur les "Mary's Day", journée de Marie de l'Immaculate Heart College, l'école dont Corita Kent a dirigé le département artistique. Sa vision extraordinaire et ses compétences artistiques en tant qu'enseignante ont contribué à transformer le petit campus en un haut lieu dynamique de l'innovation artistique et en un modèle singulier d'engagement communautaire et social.

Irregular Bulletin, une publication du département d’Art de l’Immaculate Heart College est présentée à cette exposition. De 1956 à 1963, Sister Madeleine Mary, le mentor de Corita Kent, édite le magazine, Irregular Bulletin, qui rompt avec les règles des magazines traditionnels. Corita Kent est responsable d'une grande partie de la documentation photographique des éditions ultérieures et est considérée comme la « photographe officielle ». L’édition présentée dans l’exposition est la plus complète à être publiée : elle compile les années 1959, 1960 et 1961, et compte plus de 400 pages. Ce numéro est unique car il donne un aperçu du voyage de Sister Madeleine Mary et Sister Mary Corita en Europe, commencé à New York. De novembre 1959 à janvier 1960, elles voyagent dans de nombreuses villes de France, d'Italie, de Grèce, de Turquie, d'Égypte et d'Espagne, prennent plus de 8 000 photographies et achètent des centaines de livres, d'objets d'art et d'artefacts, qui ont tous été envoyés au département d'art du collège et ont été ajoutés à la célèbre collection d'art populaire.

Footnotes and Headlines : A Play-Pray Book, premier livre d’écrits de Corita Kent, datant de 1967, préfacé par le p. Daniel Berrigan, est consultable sur un écran digital, dans cette exposition. Ce livre innovant combine des conceptions graphiques percutantes de Corita Kent avec des messages poignants et souvent politiquement “chargés”. En inversant délibérément la hiérarchie des titres et des notes de bas de page dans son titre, Corita Kent propose aux lecteurs de les considérer sur le même plan, soulignant l'importance d'une lecture lente et attentive. Corita Kent ne réinvente pas seulement la forme du livre mais crée aussi une nouvelle forme de prière. L’environnement proche et quotidien, les mots, les phrases, les notes de bas de pages, les titres, les publicités, devient un laboratoire joyeux et une source d’inspiration spirituelle : « Jouer, c’est prier, et prier, c’est jouer ».

C'est grâce à la collaboration avec le Corita Art Center, une trentaine d’œuvres originales de ses productions sérigraphiques seront exposées. Cette technique, érigée en médium artistique, lui permet en effet une reproduction en masse de ses visuels et de ses messages de paix. La sélection de photographies, diffusée grâce à des visionneuses de diapositives, dans le respect des consignes laissées par Corita Kent, sont prises principalement par Corita entre 1955 et 1968. Ces photographies rares donnent un aperçu de sa vie et de sa pratique artistique alors qu'elle était professeur et directrice du département d'art du Collège du Cœur Immaculé, et documentent l'histoire peu connue de la communauté d'étudiants, d'enseignants et de l'Ordre du Cœur Immaculé de Marie qui ont appris et enseigné dans ce collège autrefois renommé.

Lieu de dialogue avec les courants intellectuels et artistiques de la société et de son époque, le Collège des Bernardins accueille l’exposition de cette femme ancrée dans la société américaine et dans l’Église de la seconde moitié du XXème siècle. Comme les moines cisterciens du XIIIème siècle venus s’installer au Collège des Bernardins pour être au milieu du monde et de ses questionnements, Corita Kent a embrassé son époque, qu’elle aborde avec l’espérance chrétienne et joyeuse.

Le partenariat avec l’École des Arts Décoratifs de Paris témoigne de la place accordée aux dimensions graphiques de son oeuvre et à la dimension pédagogique de son enseignement. Dans le cadre d’un projet pédagogique, un workshop a été organisé à l'École des Arts Décoratifs du 23 au 27 septembre 2024, pour des élèves de 3ème année Design Textile et Matière et 4ème année Design Graphique. Ce partenariat avec le Collège des Bernardins permet à des étudiants de conceptualiser, proposer et réaliser sept bannières, en sérigraphie textile, (format de 70 x 140 cm), présentées dans cette exposition.

Exposition sur une proposition de Nicolas de Palmaert.

Commissariat de l’exposition : Clara Murawiec et Juliette Oudot, designers graphiques, diplômées de l'Ecole des Arts Décoratifs

Autres expositions consacrées à Corita Kent sur Wanafoto (Textes en anglais) :
Corita Kent: heroes and sheroes, Andrew Kreps Gallery, New York (2021)
Corita Kent___Joyful Revolutionary, TAXISPALAIS Kunsthalle Tirol, Innsbruck (2020)
Corita Kent: Works from the 1960s, Andrew Kreps Gallery, New York (2019)
Corita Kent and the Language of Pop, Harvard Art Museums, Cambridge (2015)
Power Up: Sister Corita and Donald Moffett, Interlocking, UCLA Hammer Museum, Los Angeles, (2000)

Collège des Bernardins
20 rue de Poissy, 75005 Paris