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05/10/25

Faire impression @ Kunsthaus Zürich - Chefs-d’oeuvre sur papier d’Albrecht Dürer à Dieter Roth

Faire impression. Chefs-d’oeuvre sur papier d’Albrecht Dürer à Dieter Roth 
Kunsthaus Zürich 
31 octobre 2025 – 25 janvier 2026 

Dieter Roth
Dieter Roth, 
Feuillet 4 tiré de: «6 Piccadillies», 1970
Polymère au pochoir sur sérigraphie sur impression 
offset en couleur sur carton, monté sur carton-bois, 
49,9 × 69,7 cm
Kunsthaus Zürich, 2003
© Dieter Roth Estate / Courtesy Hauser & Wirth 

Dieter Roth
Dieter Roth 
Feuillet 5 tiré de: «6 Piccadillies», 1970
Sérigraphie sur impression offset en couleur sur
carton, montée sur carton-bois, 49,9 × 69,7 cm
Kunsthaus Zürich, 2003
© Dieter Roth Estate / Courtesy Hauser & Wirth

Helen Dahm
Helen Dahm 
Nu féminin en mouvement,
sans date
Eau-forte sur papier, 27,4 × 23,2 cm
Kunsthaus Zürich, don de Doris
Gäumann-Wild, 1953
© Helen Dahm Gesellschaft Oetwil am See

Le Kunsthaus Zürich présente des estampes magistrales créées au fil de six siècles.

La collection d’arts graphiques du Kunsthaus Zürich est un véritable trésor. Beaucoup de feuillets sensibles à la lumière ne peuvent être exposés que pendant une courte durée avant de regagner les dépôts, où ils sont conservés à l’abri. Dix ans après l’exposition anniversaire organisée à l’occasion des 100 ans d’existence de la collection d’arts graphiques, le Kunsthaus présente ses estampes les plus précieuses, domaine qui avait été laissé de côté à l’époque.

Aujourd’hui encore, la gravure est entourée de malentendus: une telle oeuvre peut-elle être considérée comme originale? Pourquoi n’y a-t-il pas un seul exemplaire mais plusieurs? Le Kunsthaus montre que l’estampe est un moyen d’expression artistique à part entière, pas seulement un procédé de reproduction d’images. Le travail de l’encre et le jeu de clair-obscur qui en résulte donnent naissance à des oeuvres dont l’effet est unique.

Albrecht Dürer
Albrecht Dürer 
Adam et Ève, 1504
Gravure sur cuivre sur papier,
25,1 × 19 cm
Kunsthaus Zürich, 
Collection Landammann Dietrich Schindler, 2000

Hendrik Goltzius
Hendrik Goltzius 
Le grand porte étendard, 1587
Gravure sur cuivre sur papier, 29 × 20,1 cm
Kunsthaus Zürich

Hans Sebald Beham
Hans Sebald Beham 
Cimon et Péro, 1544
Gravure sur cuivre sur papier, 7,3 × 5,1 cm
Kunsthaus Zürich, 
Collection Landammann Dietrich Schindler, 2000

Rembrandt Harmenszoon van Rijn
Rembrandt Harmenszoon van Rijn 
Jésus prêchant, dit «La petite tombe», vers 1652
Eau-forte et pointe sèche sur papier Japon,
15,2 x 20,5 cm
Kunsthaus Zürich, legs de Leonie Tobler, 2003

D’Albrecht Dürer à Francisco de Goya en passant par Rembrandt van Rijn – ne serait-ce que dans le domaine de l’art ancien, la collection du Kunsthaus Zürich réunit les représentants les plus importants de l’estampe. L’exposition présente de magistrales eaux-fortes et gravures sur bois qui mettent en avant le travail du motif et la maîtrise technique. La présentation ne suit pas une chronologie stricte, mais s’organise par types de techniques. Elle permet ainsi de comprendre comment un même procédé a donné naissance à des formes d’expression très différentes au fil des siècles. Elle montre également comment de nouvelles possibilités techniques ont inspiré de nouveaux thèmes aux artistes et leur ont suggéré de nouvelles solutions plastiques.

Henri Matisse
Henri Matisse 
Illustration pour «Poésie de mots inconnus», 1943
Linogravure sur papier, 30,4 × 23,4 cm
Kunsthaus Zürich, 1980

Bernhard Luginbühl
Bernhard Luginbühl 
Cyclope I, 1968
Gravure sur cuivre sur papier, 67,7 × 74,5 cm
Kunsthaus Zürich, 1984
© Bernhard Luginbühl

Chuck Close
Chuck Close 
Autoportrait, 1977
Eau-forte sur papier, 137 × 103,5 cm
Kunsthaus Zürich, 1978
© Chuck Close Estate

Julie Mehretu
Julie Mehretu
Untitled, 2006
Eau-forte et pointe sèche en couleur sur papier, 
58,9 × 71,6 cm
Kunsthaus Zürich, 2006
© 2025 Julie Mehretu

Avec la modernité, l’estampe s’épanouit dans toute sa diversité, que ce soit dans les oeuvres de Käthe Kollwitz, de Mary Cassatt ou de Dieter Roth. On expérimente désormais avec les techniques les plus diverses et différents états d’impression. Le format semble lui aussi ne plus connaître de limites. En témoigne par exemple l’autoportrait monumental de Chuck Close, aux dimensions imposantes de 137 × 103 cm. Dans cette exposition, le Kunsthaus s’abstient toutefois délibérément de toute hiérarchisation des oeuvres par la taille, car souvent, l’attrait d’une estampe tient à ses plus infimes détails. 

Edvard Munch
Edvard Munch 
Tête contre tête, 1905
Gravure sur bois en 4 couleurs sur papier,
56,5 × 74,5 cm
Kunsthaus Zürich, 1950

Otto Müller
Otto Müller 
Jeune fille allongée contre un tronc d’arbre, vers 1914
Lithographie aquarellée sur papier, 35,6 x 46 cm
Kunsthaus Zürich, don de Hugo Moses, 1933

Emil Nolde
Emil Nolde 
Tête masculine et tête féminine, 1937
Gravure sur bois sur papier, 41,5 × 30,3 cm
Kunsthaus Zürich, 1938
© Nolde Stiftung Seebüll

Plus de 80 oeuvres sur papier sont exposées au cabinet du Kunsthaus Zürich sous la houlette de Jonas Beyer. Un catalogue richement illustré complète l’exposition et fait écho à l’ouvrage «Meisterzeichnungen. 100 Jahre Grafische Sammlung im Kunsthaus Zürich» (Dessins de maîtres. Les 100 ans de la collection d’arts graphiques au Kunsthaus Zürich), désormais élargi au champ de l’estampe.

KUNSTHAUS ZURICH
Heimplatz 1/5, 8001 Zurich

02/04/24

Exposition Louise Bourgeois @ Galerie Lelong & Co., Paris - "I do, I undo, I redo"

Louise Bourgeois
I do, I undo, I redo
Galerie Lelong & Co., Paris
14 mars – 30 avril 2024 

Louise Bourgeois
LOUISE BOURGEOIS
Sainte Sébastienne, 1992
Gravure, 50 ex. 120.5 x 94.3 cm
© Louise Bourgeois / Courtesy Galerie Lelong & Co.

Louise Bourgeois
LOUISE BOURGEOIS
Henriette, 1998
Lithographie et montage, 50 exemplaires 
Lithograph and montage, edition of 50
118 x 80 cm
© Louise Bourgeois / Courtesy Galerie Lelong & Co. 

Louise Bourgeois
LOUISE BOURGEOIS
Ainu tree, 2000
Lithographie, 100 exemplaires 
Lithograph, edition of 100
74 x 51 cm
© Louise Bourgeois / Courtesy Galerie Lelong & Co

Tissé de nombreux éléments autobiographiques, l’oeuvre de Louise Bourgeois témoigne d’un corps à corps entre le souvenir et la mémoire qui oscille, s’étiole, se distend.

La sculptrice, qui disait "la peinture n’existe pas pour moi", a néanmoins toujours été fortement atachée à l’image gravée ou dessinée. Elle consignait dans ses journaux intimes les idées visuelles qui lui apparaissaient et qu’elle attrapait comme des mouches en plein vol, selon ses propres mots.

Comme ses sculptures aux matières informes et organiques, son oeuvre gravé explore l’ambiguïté des formes de ses souvenirs fantasmés.

Ainsi, Louise Bourgeois collecte, dépèce, déconstruit, modèle et assemble.

Ce jeu fait d’allers et retours, propice à l’activité du graveur, se retrouve nottamment dans la "Sainte Sébastienne", relecture féminine de la figure du célèbre martyr transpercé de flèches. En 1990, Bourgeois en a commencé la première version et reviendra dessus plusieurs fois en recadrant l’image, utilisant même la photocopie pour développer sa composition et/ou à la transférer sur la plaque de cuivre.

Née en France en 1911 et décédée en 2010, Louise Bourgeois est une des artistes majeures de la seconde moitié du XXe siècle et du début du XXIe. Découverte tardivement, son oeuvre, qui échappe à toute classification artistique a fait l’objet de grandes expositions et rétrospectives à travers le monde ces 30 dernières années. Son oeuvre a été présenté pour la première fois en France en 1985, par la galerie Lelong.

La Galerie Lelong & Co. a publié en 2000 un volume d’écrits et entretiens de Louise Bourgeois sous le titre : "Destruction du père / Reconstruction du père".

GALERIE LELONG & CO.
13 rue de Téhéran, 75008 Paris (Librairie)

23/12/23

Exposition Rembrandt et la Bible @ MIR Genève - Musée International de la Réforme - "Rembrandt et la Bible. Gravure divine"

Rembrandt et la Bible. Gravure divine 
Musée International de la Réforme, Genève
30 novembre 2023 - 17 mars 2024

Rembrandt et la Bible. Gravure divine, MIR Genève


Le Musée International de la Réforme à Genève (MIR), en collboration avec le Musée d’art et d’histoire (MAH) de Genève, expose 70 gravures du maître hollandais. Intitulée « Rembrandt et la Bible. Gravure divine », l’exposition événement dévoile le lien tout personnel que le peintre entretenait avec la religion et ses représentations.

L’exposition « Rembrandt et la Bible » réunit pour la première fois à Genève un ensemble exceptionnel de 70 gravures signées de l’un des plus grands artistes de l’histoire. La majorité des œuvres sont prêtées par le Musée d’art et d’histoire de Genève (MAH). Ce prêt est complété par le Musée Jenish de Vevey et la Fondation Jan Krugier. Trois bibles dont deux provenant de la Bibliothèque de Zurich complètent le propos. L’exposition présente plus des deux tiers des gravures à contenu religieux et biblique de Rembrandt. Ces gravures évoquent des épisodes bibliques aussi connus qu’Adam et Ève consommant le fruit défendu, le Sacrifice d’Abraham, la Résurrection de Lazare, la Crucifixion, etc. L’exposition permet de comprendre le génie artistique et la virtuosité technique de Rembrandt. L’exposition témoigne par ailleurs du contexte social et religieux dans lequel l’artiste évolue : si la Réforme est dominante, l’Amsterdam du 17e siècle offre à ses habitants une grande liberté de pratique.

La scénographie de l’exposition «Rembrandt et la Bible», dont le commissariat est assuré par Bénédicte De Donker, conservatrice au Cabinet d’arts graphiques du MAH, fait la part belle au clair-obscur cher à Rembrandt. Des agrandissements de gravures permettent au public d’entrer dans le détail des scènes reproduites. En sus de cette mise en contexte soignée de la production de Rembrandt, un autoportrait, des représentations de contemporains de différentes religions, une chronologie biographique, historique et artistique et une évocation audiovisuelle de la technique de gravure de Rembrandt promettent une expérience culturelle et artistique agréable et complète.

La médiation et les animations sont particulièrement adaptées : une presse typographique inspirée de Gutenberg permet aux visiteurs d’imprimer artisanalement leur propre reproduction d’un détail d’une gravure de Rembrandt. Des visites guidées et un programme de conférences accompagnent l’exposition durant quatre mois. 

Un magnifique catalogue de 240 pages reproduit toutes les œuvres de l’exposition. Publié par les éditions Labor et Fides, il contient des essais introductifs rédigés par Bénédicte De Donker et Jan Blanc, professeur à l’Université de Genève.

Rembrandt et la Bible - Catalogue
Bénédicte De Donker
Rembrandt et la Bible
Gravure divine
MIR / Labor et Fides, 2023
240 pages • 27 CHF
Quel autre artiste que Rembrandt s’est aussi profondément plongé dans sa Bible protestante? Il a réalisé des milliers d’œuvres tirées des Ancien et Nouveau Testaments, dont 89 gravures. Lecteur assidu de la Bible, « ce ne sont pas simplement des sujets que le peintre extrait de la Bible ; ce sont des textes de l’Écriture qu’il commente », selon la belle formule du pasteur W. A. Visser ‘T Hooft. Ce catalogue est publié à l’occasion de l’exposition « Rembrandt et la Bible » présentée au MIR en collaboration avec le MAH, du 30 novembre 2023 au 17 mars 2024. Il présente entre autres 54 des gravures bibliques de Rembrandt, organisées selon l’ordre d’une chronologie biblique, d’Adam et Ève aux Actes des Apôtres.
MUSEE INTERNATIONAL DE LA REFORME - GENEVE
Cour de Saint-Pierre 10 - 1204 Genève

Musée International de la Réforme, Genève

21/10/15

Matisse et la gravure, Musée Matisse, Le Cateau Cambrésis

Matisse et la gravure : L’autre instrument
Musée départemental Matisse, Le Cateau Cambrésis

Jusqu'au 6 mars 2016





Longtemps jugée comme un art mineur de par son caractère reproductible, l’estampe fait figure de malaimée de l’art des images. Rien de plus injuste, et comme le signalait la fille du peintre, Marguerite Duthuit pour justifier le travail lithographique de Matisse : "Il dessine, voilà tout, avec de nouveaux instruments". Ce préjugé explique pourquoi Henri Matisse, célèbre comme peintre, comme dessinateur et comme sculpteur, soit si peu connu comme graveur, alors même qu’il a gravé près de 900 estampes et appliqué cette technique à l’illustration de plus de 80 livres. Grâce à l’amicale et compétente collaboration de Barbara Duthuit, de la famille Matisse et de prestigieux établissements, le musée départemental Matisse au Cateau-Cambrésis rend compte de l’ampleur et de l’originalité de cette production rarement mise en lumière, si ce n'est en 1970 par la Bibliothèque Nationale ou en 2011 par la Mona Bismarck Foundation. Le musée Matisse expose pour la première fois des matrices utilisées pour graver quelques unes des 200 estampes présentées, ce qui rend particulièrement didactique un parcours qui traverse l’intégralité de la carrière de l'artiste.

Musée Matisse

Palais Fénelon
Place du Commandant Richez
59360 Le Cateau-Cambrésis
http://lenord.fr

03/06/12

Expo Dennis Nona, Art aborigène d'Australie à Môtiers, Suisse


Waii. L’oeuvre gravée de Dennis Nona, Iles du Détroit de Torres, Australie 
Musée d’art aborigène australien La grange, Môtiers, NE, Suisse 
3 juin - 28 octobre 2012

La Fondation Burkhardt-Felder Arts et Culture expose au sein de son musée d’art aborigène australien « La grange » à Môtiers, pour la première fois en Suisse, l’oeuvre de DENNIS NONA, artiste aborigène, né en 1973, originaire des Iles du Détroit de Torres en Australie et internationalement reconnu pour son art. Plus de 50 eau-fortes et linogravures sont exposées dans le musée "La grange". 

Dennis Nona
DENNIS NONA, Gauatau Ural, eau-forte, 2007, planche 93 x 80 cm
Collection Fondation Burkhardt-Felder Arts et Culture, Môtiers, Suisse
(c) Dennis Nona / AAPN - www.artsdaustralie.com

Depuis son ouverture en 2008, « La grange », musée d’art aborigène australien, unique en Suisse, a présenté deux expositions. La première, Treasures of the Spirit, avait pour vocation d’introduire les visiteurs à la conception spirituelle des peuples aborigènes. La seconde, Visions aborigènes, voulait souligner, ainsi que son nom le suggère, la façon particulière qu’ont les aborigènes de percevoir leur environnement, tout en mettant l’accent sur la diversité des cultures aborigènes australiennes.

Dennis Nona
DENNIS NONA, Guthath Au Ulakalal, 2005
Linogravure coloriée à la main, éd.32/45, 53 x 45 cm 
Collection Fondation Burkhardt-Felder Arts et Culture, Môtiers, Suisse
(c) Dennis Nona / AAPN - www.artsdaustralie.com

Cette année, le musée présente une exposition monographique d’un artiste dont l’oeuvre et la culture d’origine (Iles du Détroit de Torres) sont à la croisée de deux mondes : l’Australie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. A travers le compositions de Dennis NONA, le visiteur est emporté dans le monde exotique des îles du Détroit de Torres. Ses oeuvres permettent de connaître et de comprendre l’histoire ancestrale de son peuple, ses légendes, son environnement végétal, minéral et animal.

Dennis Nona
DENNIS NONA, Mamoose, eau-forte, éd. 22/45, 96 x 49 cm, 2005
Collection Fondation Burkhardt-Felder Arts et Culture, Môtiers, Suisse
(c) Dennis Nona / AAPN - www.artsdaustralie.com

L’exposition Waii, L’oeuvre gravé de Dennis NONA souhaite livrer une image plus nuancée de l’Australie en présentant au public un artiste exceptionnel des lointaines Iles du Détroit de Torres, dans l’extrême nord de l’Australie. Graveur accompli et récompensé pour son art en Australie à de nombreuses reprises, Dennis NONA traduit les anciennes légendes de ses îles pour les raconter dans un style graphique aux techniques innovantes. Ses oeuvres représentent un parfait mariage entre tradition et interprétation contemporaine. Plus récemment, sa vision particulière et son talent de graveur extraordinaire ont aussi trouvé leur expression dans la sculpture qui est reçue par les amateurs avec autant d’enthousiasme que son oeuvre gravée. 

Pour rendre hommage à ses anciens et en particulier à Waii, guerrier légendaire de l’Ile de Badu, Dennis Nona a souhaité baptiser cette exposition Waii. C’est aussi un mot employé pour désigner la présence des créatures marines dans les récifs de son Ile au gré du flux et du reflux des marrées. Il y voit un parallèle avec ses oeuvres qui parcourent de longues distances dans le cadre d’expositions internationales pour revenir finalement à leur point d’origine en Australie.

Dennis Nona
DENNIS NONA, Mutura Goiga, eau-forte, éd. 3/45, 42 x 39 cm, 2007
Collection Arts d'Australie - Stéphane Jacob 
(c) Dennis Nona / AAPN - www.artsdaustralie.com

Considéré comme l’un des meilleurs représentants de l’estampe et de la sculpture australienne, Dennis Nona a reçu pour son œuvre en Australie plusieurs distinctions et prix. Ses oeuvres se trouvent dans les grands musées australiens ainsi que dans d’importantes collections internationales. En 2011, deux expositions ont été consacrées à l’artiste à Paris et à Rochefort.

L'exposition est ouverte les vendredi, samedi, dimanche, de 12h00 à 18h00 ou sur réservation d'une visite guidée dès 8 personnes (se reporter à la rubrique "information" du site internet de la Fondation Burkhardt-Felder Arts et Culture).

Musée d’art aborigène australien « La grange »
Fondation Burkhardt-Felder Arts et Culture
Château d’Ivernois
CH-2112 Môtiers - Val-de-Travers - Neuchatel - Suisse 

15/11/11

Expo Lithographie finlandaise contemporaine, Hanasaari, Espoo, Finlande

Exposition : La lithographie finlandaise contemporaine
Hanasaari, Centre culturel Suédois-Finlandais, Espoo-Helsinki, Jusqu'au 15 janvier 2012

ARTISTES : Ben Allal Ayad, Andrei Bakharev, Annika Dahlsten, Matti Hintikka, Katri Ikävalko, Valpuri Kylmänen, Kuutti Lavonen, Marita Mikkonen, Antti Ojala, Pilvi Ojala, Vappu Rossi, Tuomo Saali, Elina Sipilä, Kaisu Sirviö, Katja Syrjä et Aila Tikkala

katri_ikvalko

PHOTO: KATRI IKAVALKO
Inflorescence, 2010
Lithographie tirée d'une gravure sur pierre, 53 x 75 cm.
© & courtesy Katri Ikävalko

L'exposition présente des oeuvres de ces 16 artistes qui font parties des plus reconnus en Finlande pour leurs oeuvres lithographiques. Présenter la lithographie contemporaine en Finlande sous cette forme d'une exposition collective s'imposait dans la mesure où il s'agit de souligner l'originalité de la création finlandaise, mais aussi sa diversité.

L'association Pro Litografia qui a organisé cette exposition avec l'Ateneum entend souligner à travers elle, les possibilités artistiques qu'offre la lithographie ; en quoi cette technique offre à l'artiste un champ de possibilité très large dans l'expression de sa créativité et de l'originalité de son travail d'artiste. Toulouse-Lautrec, Chagall, Miro, Matisse, pour n'en citer que quelques uns parmi les artistes les plus marquant de l'art moderne , ont largement utiliser la lithographie. A travers des oeuvres qui ont toutes été réalisées en appliquant la technique traditionnelle de la lithographie, où le graphisme est d'abord gravé dans la pierre, cette exposition montre que la lithographie demeure une des formes majeures d'expression de l'art contemporain.

La technique de la lithographie exige une bonne maîtrise. Elle est exigente et nécessite un savoir faire qui transparaît aux travers des oeuvres présentées dans cette exposition. Mais il est toujours possible, pour la phase d'impression de la gravure, de la réaliser en collaboration avec l’imprimeur.

Hanasaari - Swedish-Finnish Cultural Centre, Finlande
Site web : www.hanasaari.fi

Espoo est une petite île située à 10 min d'Helsinki en étant motorisé (un pont vous permet d'éviter de vous mouiller). A l'accueil du centre culturel, si vous précisez que vous connaissez Wanafoto, vous aurez la chance de découvrir l'équivalent en Finlandais de l'expression française "ça me fait une belle jambe". Pour les marins, Hanasaari est situé à l'Ouest sur l'île. Mettez le cap sur N 60°09.9 E 24°50.4

05/12/10

Exposition Heemskerck et l’humanisme au Musée des Beaux Arts de Rennes

Heemskerck et l'humanisme. Une œuvre à penser
Affiche de l'exposition Heemskerck (c) Musée des Beaux-Arts de Rennes, 2010Musée des Beaux-Arts de Rennes
Jusqu'au 4 janvier 2011

Le musée des Beaux-Arts de Rennes présente jusqu’au 4 janvier 2011, l'exposition-dossier Heemskerck et l'humanisme consacrée à MAARTEN VAN HEEMSKERCK (Heemskerk, 1498 - Haarlem, 1574), l'un des plus grands artistes de la Renaissance dans les anciens Pays-Bas.

Plus que tout autre, Heemskerck mérite le qualificatif d’artiste humaniste : passionné par la culture antique qu’il découvre avec enthousiasme lors de son séjour à Rome de 1532 à 1536, Heemskerck rentre à Haarlem imprégné des idées de la Renaissance italienne. 

L'exposition-dossier s'articule autour du chef d'œuvre de l'artiste conservé à Rennes, le célèbre  Saint Luc peignant la Vierge (vers 1553), dont elle met en lumière l'inspiration humaniste, commune avec l'œuvre graphique de l'artiste, présentée pour la première fois en France, avec 64 dessins, estampes et livres anciens. A partir des années 1550, Heemskerck réalise en effet de nombreux dessins (près de 600) pour la gravure, qui constituent désormais la partie la plus importante de son activité. Il s'empare de ce nouveau moyen d'expression artistique, qui lui apporte une renommée européenne, pour diffuser des sujets originaux et érudits, en étroite collaboration avec de grands humanistes haarlémois. Hadrianus Junius, médecin, historien et philologue, est l'auteur de nombreux vers accompagnant les estampes d’Heemskerck, et Dirck Volkertsz Coornhert, graveur et théologien, lui suggère les thèmes de plusieurs séries d’allégories morales. 

L'exposition aborde successivement trois aspects fondamentaux de l'humanisme : l’intérêt pour le corps humain, la place centrale de l’homme dans l'univers et son éducation morale : « Les hommes ne naissent pas hommes, ils le deviennent » écrit Erasme. 

o L'étude et la représentation du corps humain requièrent des connaissances antiques et scientifiques qui font de l'artiste un intellectuel à part entière (première section). 

o La représentation de saint Luc en médecin sur le tableau de Rennes répond aux allégories astrologiques illustrant la place de l'homme dans le cosmos (deuxième section). 

o Les allégories délivrant des leçons pour la vie quotidienne – trait plus spécifique à l’humanisme nordique – sont nourries de savantes lectures, de Pétrarque à Érasme (troisième section).

 

MUSEE DES BEAUX-ARTS DE RENNES 
20 quai Emile Zola
35000 RENNES

 

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Les expositions à la Galerie Oniris à Rennes

Les estampes de la Collection Frits Lugt : sur les gravures néerlandaises anciennes

06-10-10 > 04-01-11

17/06/10

Expo Estampes Collection Frits Lugt, Institut Neerlandais, Paris

Exposition Estampes > Paris > Institut Néerlandais
Un cabinet particulier
Les estampes de la Collection Frits Lugt

Institut Néerlandais, Paris
Coordination Hans Buijs, conservateur, Fondation Custodia
Jusqu'au 11 juillet 2010

Moins connu que ses dessins de maîtres anciens, le fonds d’estampes collectionné par Frits Lugt (1884-1970) et les deux directeurs qui lui succédèrent, est l’un des plus beaux ensembles réunis au XXe siècle dans ce domaine. L’exposition, dont la composition a été tenue secrète jusqu’au vernissage, est organisée pour célébrer les années de directorat de Mària van Berge-Gerbaud à la Fondation Custodia qui prendront fin en juin 2010 (c’est la Fondation Custodia qui conserve la collection Frits Lugt). Ce « Cabinet particulier » présente pour la première fois un panorama de la riche collection d’estampes conservées à l’hôtel Turgot (rue de Lille, Paris 7e).

L’exposition, qui compte plus de 85 oeuvres, dont la plupart n’a jamais été montrée, se décline suivant les thèmes qui constituent les points forts de la collection Frits Lugt. Elle comprend une sélection des plus belles estampes de Rembrandt et de Lucas de Leyde, dont Frits Lugt a rassemblé avec passion et exigence quasiment l’ensemble des oeuvres gravées. Ces ensembles font partie aujourd’hui des plus beaux fonds de gravures existant de ces deux artistes. Sont ainsi exposées sept gravures de Lucas de Leyde dont la célèbre « Grande Agar » (vers 1506-1507), le fameux Portrait de Jan Six, réalisé par Rembrandt en 1647, ou encore l’exceptionnel Christ présenté au peuple (1655) presque entièrement réalisé à la pointe sèche et présent dans la collection avec deux états dont l’un extrêmement rare sur lequel on aperçoit même l’emprunte de la paume de Rembrandt.

Lucas de Leyde, Abraham renvoie Agar (la « Grande Agar ») - Fondation Custodia
   Lucas de Leyde (Leyde 1494 - 1533 Leyde),
   Abraham renvoie Agar (la « Grande Agar »),
   vers 1506-1507, gravure au burin, 27,5 x 21,4 cm
   © Fondation Custodia
   Courtesy Fondation Custodia / Institut Néerlandais

Rembrandt Harmensz. van Rijn, Portrait de Jan Six - Fondation Custodia
Rembrandt Harmensz. van Rijn (Leyde 1606 - 1669 Amsterdam),
Portrait de Jan Six, 1647,
3e état, eau-forte, pointe sèche et gravure, 24,6 x 19,1 cm
© Fondation Custodia
Courtesy Fondation Custodia / Institut Néerlandais

L’un des points forts de la collection est l’ensemble de gravures sur bois en clair-obscur pour lesquelles Lugt avait une prédilection. Cette technique complexe, en couleurs – le graveur réalise plusieurs planches de bois chacune enduite d’une encre différente – rappelle à bien des égards l’art du dessin que Lugt affectionnait tant (à l’origine ces gravures furent d’ailleurs conçues pour imiter les oeuvres des dessinateurs italiens). Parmi les seize chiaroscuri présentés à l’exposition figurent les chefs d’oeuvre dans ce domaine des Allemands Hans Wechtlich et Hans Baldung Grien, ceux, bien sûr, des Italiens Ugo da Carpi et Andrea Andreani qui grava d’après Mantegna Les Prisonniers que la collection possède dans une impression exceptionnelle sur tissu de soie violette. Un autre tirage sur toile – extrêmement rare – est présenté à l’exposition : le David jouant de la harpe devant Saül (1555) de Frans Floris, tout emprunt des influences italiennes (et notamment de celle de Michel-Ange) rapportées de son séjour dans la péninsule et dont le Flamand se fit le champion dans sa ville d’Anvers.

L’un des thèmes chers à Frits Lugt, lorsqu’il constitua sa collection était le portrait, avec une prédilection pour les portraits d’artistes, dont l’ensemble fut si bien complété par ses deux successeurs. La Fondation Custodia conserve ainsi la série entière des portraits qui composent l’Iconographie de Van Dyck. Frits Lugt s’intéressait tout particulièrement aux tirages exceptionnels des estampes et en particulier aux premiers états, inachevés. Parmi ceux-ci le Portrait de Dirck Volckertsz. Coornhert (vers 1591-1592) par le maître graveur Hendrick Goltzius ou encore le Portrait de l’archiduchesse Isabella Clara Eugenia d’Autriche (vers 1615) réalisé par Jan Muller d’après Peter Paul Rubens, sont deux magnifiques exemples de ces feuilles d’une grande rareté dans lesquelles on peut lire le processus créatif de l’artiste.

Outre les portraits réalisés par les Néerlandais, Lugt s’est également intéressé aux productions des graveurs français et a assemblé entre autres un très bel ensemble d’oeuvres de Robert Nanteuil, présent à l’exposition notamment avec le spectaculaire Portrait de Louis XIV (1678-1679) qu’il réalisa avec cet autre grand graveur, Gérard Edelinck.

L’art du paysage est omniprésent dans la collection Frits Lugt : tableaux, dessins et estampes témoignent de la faveur du collectionneur pour ce thème. Pieter Bruegel l’Ancien est l’un des instigateurs du genre dans le domaine de la gravure. Ses nombreux paysages furent transposés sur plaques de cuivre par divers graveurs mais il ne réalisa lui-même qu’une seule estampe : la fameuse Chasse aux lapins (1560) dont le dessin préparatoire se trouve dans la Collection Frits Lugt, oeuvres qui sont toutes deux exposées. Parmi les célèbres paysagistes hollandais, dont on connaît bien les tableaux, certains cherchèrent également à se distinguer dans le domaine de la gravure à l’instar de Rembrandt. C’est le cas de Jacob van Ruisdael ou de Karel Dujardin qui, comme leur confrère, exercèrent la technique de l’eau-forte, tirant magnifiquement parti de la liberté et expressivité du trait que permet celle-ci. Ce sont ces peintres-graveurs hollandais du XVIIe siècle – et tout particulièrement Rembrandt – qui inspirèrent les artistes du British Etching Revival au XIXe siècle et dont les oeuvres forment un bel ensemble au sein de la collection. C’est à ce courant que se rattache James McNeill Whistler présent à l’exposition avec sa magnifique eau-forte Rotherhithe (1860).

Un cabinet particulier
Les estampes de la Collection Frits Lugt

12 mai - 11 juillet 2010
Institut Néerlandais 121, rue de Lille
75007 Paris
www.institutneerlandais.com
Horaires : Mardi - Dimanche, 13h-19h - Fermé le lundi
Tarif 6 €, tarif réduit 4 €

11/06/10

Exposition Matisse et le livre illustré - Scriptorial d’Avranches

Exposition Art Moderne > Henri Matisse
Exposition Art Moderne > Basse-Normandie > Avranches > Scriptorial

 

Henri Matisse, Icare Matisse et le livre illustré
Scriptorial d’Avranches

Commissariat d'exposition

Patrick Descamps

Jusqu'au 12 septembre 2010


« Le livre ne doit pas avoir besoin d’être complété par une illustration imitatrice. Le peintre et l’écrivain doivent agir ensemble, sans confusion, mais parallèlement. Le dessin doit être un équivalent plastique du poème ». Henri Matisse


Henri Matisse, Icare
Icare, planche au pochoir (VIII), Jazz, publié en 1947 par Tériade éditeur, Paris.
© Succession Henri Matisse. Photo : Archives Matisse

 

Dans l’univers de l’édition d’art, Henri Matisse a assurément atteint, avec Jazz notamment, un niveau de perfection et de qualité rarement égalé. Son exigence, le soin extrême qu’il apporte à la composition de chaque page, sa connaissance profonde des textes qu’il interprète, son investissement dans ces entreprises au long cours qui peuvent durer plusieurs années, ont donné naissance à une série de 14 ouvrages dans lesquels il a su, à plus de soixante ans, avec une étonnante fraîcheur se renouveler à chaque fois. Cette exposition présentera sept ouvrages d’Henri Matisse, à savoir Pasiphaé de Montherlant, Florilège des Amours de Ronsard, Poèmes de Charles d’Orléans, Jazz, les Fleurs du mal de Baudelaire, les Lettres portugaises et les Poésies antillaises de Nau. Ces livres sont accompagnés de gravures et des dessins originaux. Matisse n’ayant jamais caché son attrait pour l’art médiéval (1), intérêt qui apparaît très clairement dans ses illustrations pour les Poèmes de Charles d’Orléans, une sélection de manuscrits provenant de la collection du Scriptorial accompagnera cette présentation. Elle permettra d’établir un parallèle entre l’art abouti de la mise en page de Matisse et la réglure médiévale, sa créativité dans l’élaboration de lettrines et de motifs ornementaux et ceux exceptionnels qui décorent les manuscrits.

Entre la publication des Poésies de Mallarmé chez Skira en 1932 et l’achèvement de la maquette des Poésies antillaises de John-Antoine Nau en 1953, Henri Matisse a réalisé quatorze ouvrages majeurs qui font toujours les délices des bibliophiles les plus exigeants. Ces débuts tardifs, à plus de soixante ans, dans l’univers du livre illustré peuvent surprendre chez cet artiste tant renommé. Matisse pratique pourtant la gravure depuis près de trente ans, exercice qui est pour lui un prolongement du dessin et auquel il s’adonne de plus en plus au début des années 30. Ainsi, Henri Matisse n’a jusqu’alors jamais songé à se lancer dans l’aventure du livre illustré dans laquelle se sont déjà plongés nombre de ses contemporains comme Derain, Picasso ou encore Bonnard ; de plus, aucun éditeur ne l’a jamais sollicité. En 1930, une société de bibliophiles lyonnais « les XXX » le contacte afin de lui demander d’illustrer Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire, projet qui n’aboutira que partiellement en 1947. C’est donc en 1932 que le jeune éditeur Albert Skira s’adresse à lui pour lui proposer d’illustrer les Amours de Psyché de La Fontaine auxquels se substitueront très rapidement les Poésies de Mallarmé. Avec ce premier ouvrage, Henri Matisse élabore un protocole de travail duquel il ne dérogera pas pour ses livres à venir. Dans un premier temps, Il s’imprègne longuement des poèmes, qu’il recopie parfois, et qu’il lit au point de les connaître par coeur (2) puis il sélectionne ceux qu’il décide d’illustrer, généralement les plus proches de sa sensibilité et qui nous permettent de le découvrir tel qu’en lui-même. Cependant, il ne s’agit pas pour lui de donner une « illustration imitatrice » mais de concevoir « un équivalent plastique du poème » (3).
 

Lithographie originale d’Henri Matisse, Le Clown

Henri Matisse, Jazz
Lithographie originale d’Henri Matisse
Le Clown
Paris, Tériade, 1947 - Donation Alice Tériade en 2000
Musée Départemental Matisse, Le Cateau-Cambrésis
© Succession Henri Matisse - Photo Philip Bernard


Il s’attache ensuite à la composition de l’ouvrage, sélectionnant les caractères d’imprimerie, déterminant le rythme de l’ouvrage et la place des poèmes, puis décide de la technique d’illustration et enfin entame la recherche de l’expression plastique la plus adéquate en exécutant de très nombreuses études. Il passe alors au travail de gravure et en fonction de la sélection qu’il a opéré, reprend la maquette initiale. Cette élaboration lente et rigoureuse, obéissant à des règles strictes n’est pas sans évoquer la réglure médiévale qui, si elle doit guider la main du scribe, doit aussi guider l’oeil du lecteur. Les mises en page de Matisse dans leur équilibre entre texte et illustration, dans leurs respirations, dans le choix des couleurs ont cette même fonction. En 1935, paraît l’Ulysse de James Joyce, livre que Matisse ne considère pas véritablement comme le sien du fait de sa participation réduite à celle d’illustrateur et du peu de satisfaction que lui donne le résultat. Durant les années de guerre, Matisse va concevoir ses livres les plus personnels et les plus aboutis : Pasiphaé d’Henri de Montherlant, Les Lettres de Marianna Alcaforado, Jazz, Florilège des Amours de Ronsard et Poèmes de Charles d’Orléans. Cette intense activité trouve son explication dans la maladie et la grave opération subie par le peintre qui le contraint à passer une grande partie de son temps au lit. Il ne peut guère peindre et se consacre donc principalement au dessin et à ses livres. Ainsi écrit-il, en 1942, à son ami, l’écrivain et journaliste, André Rouveyre à propos du Ronsard ; « […] je crois que rarement les circonstances ont favorisé ainsi la naissance d’un travail qui de secondaire par essence, devient une chose essentielle, principale. » (4). Ces créations arrivent dans ce que Matisse lui-même définit comme une seconde vie (5).

Ayant frôlé la mort, c’est libéré et avec une étonnante fraîcheur, un amour serein de la vie, en dépit de la douleur qui est sa compagne, que Matisse aborde ce nouveau chapitre de son existence. Ces ouvrages sont placés sous le signe de l’amour, celui de Pasiphaé, l’épouse de Minos, pour un taureau blanc, la passion amoureuse d’une jeune religieuse portugaise, le Florilège de Ronsard… Matisse opère lui-même la sélection des poèmes qui de ce fait mettent en lumière ses propres préoccupations. L’exaltation nourrit le trait matissien qui n’a jamais été plus sensuel, surtout dans le Ronsard, sa première oeuvre après l’opération. Sirènes, naïades et corps enlacés jalonnent l’ouvrage formant comme un écho à la Joie de vivre, tableau fauve de 1905. Pour Charles d’Orléans dont le projet remonte à 1942, l’identification avec ce prince captif des anglais est évidente pour un Matisse prisonnier de sa chambre. Ce qui retient l’attention de Matisse dans les rondeaux et autres ballades de Charles d’Orléans, ce n’est pas leurs aspects limpides et légers mais le fait qu’il ait été conçu comme des remèdes aux malheurs. Matisse va donc adopter pour ce livre un style d’apparence superficiel et raffiné et une innovation majeure va substituer sa main au caractère d’imprimerie. Matisse devient donc scribe pour mieux s’approprier le texte et pour encore renforcer l’équivalence entre mots et images, il aborde par cette technique la fusion de l’acte de dessiner et de celui de peindre, fusion qui trouvera son suprême accomplissement avec Jazz. C’est par la fréquentation de l’éditeur Tériade qu’Henri Matisse a la révélation du papier découpé. En 1939, Matisse rend fréquemment visite à Tériade dont l’optimisme le soulage de son angoisse. Arrivant vers sept à huit heures du matin, Matisse passe ses matinées à découper les feuilles d’albums des spécimens d’encre d’imprimerie que lui donne Tériade avec le secret espoir que cela débouche sur un livre. Cependant, Matisse peu satisfait par les encres d’imprimerie ne poursuit pas l’expérience. En 1943, Matisse substituant l’encre d’imprimerie à des feuilles de papier gouaché revient à cette technique et dès 1944 réalise l’ensemble des planches qui constituent Jazz. Contrairement à ce que son titre peut laisser entendre, l’ouvrage évoque le monde du cirque, le titre initialement choisit était Cirque, mais également des souvenirs du voyage en Polynésie. Le titre Jazz retenu par Matisse s’explique au prisme de la liberté nouvelle que le peintre éprouve suite à son opération mais également par la technique de la gouache découpée, l’utilisation des ciseaux permet de trancher le fil du passé. Il est aussi symptomatique du passage d’un art « savant » à un art populaire, naïf, spontané que revendique alors Matisse. Le livre paraît en 1947 et rencontre un succès sans précédent. Matisse n’est cependant pas satisfait mais finira par nuancer son jugement. Le dernier ouvrage réalisé par Matisse et publié à titre posthume en 1972 est consacré à la poésie de son défunt ami Charles-Antoine Nau. Matisse a travaillé sur ce livre entre 1945 et 1953. Des problèmes financiers puis la mort de Matisse empêchent sa publication. En 1972, sous l’impulsion des héritiers de l’artiste, le livre paraît.

PATRICK DESCAMPS

NOTES

(1) « je me suis toujours senti à l’aise dans les choses médiévales. Ce sont elles qui traduisent de façon la plus directe mes sentiments. » in « Nous manquions d’un portrait de Charles d’Orléans… Henri Matisse vient d’en composer un. », Entretien avec Régine Pernoud, Le Figaro littéraire, 14 octobre 1950.

(2) « Au réveil à six heures je lis toutes les pièces copiées et assemblées selon mon plaisir. Je déplace celle-ci celle-là pendant une bonne heure avant midi ; je donne encore au moins une heure à lire au hasard des divers livres de poésies et je découvre la vie de telle ou telle pièce que j’avais déjà lu moins bien. J’ai peur que cette rage me quitte comme elle est venue. » Lettre à André Rouveyre, à propos des poèmes de Charles d’Orléans, du 5 février 1943. Matisse-Rouveyre Correspondance, Editions Flammarion, Paris, 2001.

(3) Entretien de Raymond Escholier avec Henri Matisse, in Matisse, ce vivant. Editions Arthème Fayard, Paris, 1956.

(4) Lettre à André Rouveyre des 3 & 4 juillet 1942. Matisse-Rouveyre Correspondance, Editions Flammarion, Paris, 2001.

(5) Lettre à Albert Marquet du 16 janvier 1942 in Henri Matisse, écrits et propos sur l’art, Editions Hermann, Paris, 1972.

Partenaires de l'exposition : Musée départemental Henri Matisse du Cateau-Cambrésis, Musée Henri Matisse de Nice, Bibliothèques Municipales de Nice et de Lille, Bibliothèque Jacques Doucet à Paris, Les Héritiers Matisse.

Scriptorial d’Avranches
Musée des manuscrits du Mont Saint-Michel
Place d’Estouteville
50300 Avranches

Informations pratiques - Horaires d’ouverture
Juillet / août > 10h - 19h tous les jours
Mai / juin / septembre > 10h - 18h (fermé le lundi)
Octobre à avril > 10h - 12h30 et 14h - 17h en semaine
10h - 12h30 et 14h - 18h samedi-dimanche (fermé le lundi)
La billetterie se termine une heure avant la fermeture du musée

Prochaine exposition au Scriptorial d’Avranches : Peintures et calligraphies chinoises de He Yifu, 18 septembre - 31 décembre 2010
 
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22/10/07

Giacometti, Oeuvre gravé, BnF Richelieu, Paris

Alberto Giacometti, œuvre gravé 
Collections de la Fondation Alberto et Annette Giacometti et de la Bibliothèque nationale de France  
BnF Richelieu, Paris 
19 octobre 2007 - 13 janvier 2008 

Alberto Giacometti a pratiqué l’estampe tout au long de sa vie, soit à titre expérimental, soit pour répondre à des commandes d’éditeurs. Son oeuvre gravé n’a, à ce jour, jamais fait l’objet d’une exposition rétrospective. Organisée en collaboration avec la Fondation Alberto et Annette Giacometti, l’exposition proposée par la BnF présente une sélection d’estampes de l’artiste. A cette occasion, la Fondation fait don à la Bibliothèque de 14 planches, dont un rare portrait de Tristan Tzara sur chine. 

Fils du peintre Giovanni Giacometti, ALBERTO GIACOMETTI (1901-1966) s’est essayé très tôt à la gravure sur bois. Arrivé à Paris au début des années 1920, il fréquente l’atelier 17, animé par Stanley William Hayter qui l’initie à la taille-douce et lui donne le goût de l’expérimentation dans ce domaine. Naissent de ses recherches quelques gravures dont la Fondation Alberto et Annette Giacometti possède des épreuves. Il fréquente alors le milieu surréaliste et sa collaboration avec les écrivains débute également dès cette époque : il réalise ainsi des planches pour Les Pieds dans le plat de René Crevel (1933) et L’Air de l’eau d’André Breton (1934).  

Alberto Giacometti participera ensuite à une cinquantaine d’ouvrages, réalisant tantôt un frontispice comme pour La Folie Tristan de Gilbert Lély (1959) ou La Danse du château de Miguel de Cervantes (1962), tantôt une suite de planches comme pour Vivante cendres innommées de Michel Leiris (1961), ou Retour Amont de René Char (1965). Plusieurs ouvrages donnent lieu à des recherches infinies, tel  Histoire de rats de Georges Bataille (1947), pour lequel Giacometti créa en tout 31 gravures différentes dont la Fondation Alberto et Annette Giacometti possède de nombreux exemplaires et états successifs qui permettent de suivre pas à pas la démarche du graveur. Certains projets n’ont jamais abouti, parmi lesquels figure  Mais si la mort n’était qu’un mot, texte et poèmes de René Crevel illustrés par Alberto Giacometti, dont la Fondation possède la maquette, les cuivres et des tirages rares.  

Alberto Giacometti a également créé des estampes en feuille, lithographies et eaux-fortes, le plus souvent pour répondre à la demande d’éditeurs, déclinant dans ses techniques les thèmes qui lui sont chers : son atelier, Annette, Diego, sa mère, des portraits de proches, des vues de Paris. 

Il pratique la lithographie dans l’atelier du grand imprimeur de l’époque, Fernand Mourlot. Beaucoup de ses lithographies et de ses eaux-fortes ont été éditées par Maeght, qui commande en outre à Giacometti des planches pour plusieurs numéros de Derrière le miroir.  

Paris sans fin (1969) constitue le chef-d’œuvre de son œuvre imprimé : à travers 150 planches dessinées avec une grande liberté au crayon lithographique, Alberto Giacometti livre un portrait personnel de la capitale et des lieux qui lui sont familiers.  

La Bibliothèque nationale de France possède une part importante de ses éditions, tant au département des Estampes et de la photographie qu’à la Réserve des livres rares. L’exposition montre le processus de création de l’artiste dans le domaine de l’estampe, à travers la présentation de ses réalisations majeures, mais également de matrices, travaux préparatoires, épreuves non retenues ou retouchées provenant des collections de la Fondation Giacometti, la plupart montrées pour la première fois.   

Une trentaine de livres illustrés sont présentés, ainsi que 136 estampes dont 109 issues des collections de la Fondation Giacometti, et 6 dessins de la même provenance. 

Commissaires de l'exposition :
Céline CHICHA, Conservateur au département des Estampes et de la photographie de la BnF  
Véronique WIESINGER, Conservateur en chef du Patrimoine, Directrice de la Fondation Alberto et Annette Giacometti 

En présentant l’œuvre gravé de l’artiste, la BnF offre un regard complémentaire de celui proposé en parallèle par le Centre Pompidou, à l’occasion de l’exposition « L’Atelier d’Alberto Giacometti » qui a lieu jusqu'au 11 février 2008. 

BnF - BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE
Site Richelieu - Galerie Mazarine, 58, rue de Richelieu , 75002 Paris 

20/04/07

Jim Dine : Aldo et moi, BnF, Paris - Estampes gravées et imprimées avec Aldo Crommelynck

Jim Dine : Aldo et moi
Estampes gravées et imprimées avec Aldo Crommelynck
BnF, Paris

24 avril - 17 juin 2007

JIM DINE, artiste américain de renommée internationale, a fait don à la Bibliothèque nationale de France d’une centaine d’estampes élaborées et imprimées à Paris depuis 1976 dans l’atelier d’Aldo Crommelynck, l’un des plus grands maîtres imprimeurs contemporains. Une exposition présentée sur le site Richelieu de la BnF rend hommage à cette féconde collaboration.

Peintre, sculpteur, photographe, graveur prolifique et inventif depuis quarante ans, Jim Dine vient travailler pour la première fois en 1976 chez Aldo Crommelynck et grave quatre planches sur le thème de la tour Eiffel, dont Paris Smiles in Darkness. Il retournera ensuite régulièrement dans son atelier. Une connivence et une amitié exceptionnelles se nouent durant vingt années de création à quatre mains. C’est le fruit de cette collaboration - 126 planches gravées, dont 41 contenues dans deux livres illustrés – qui est offert par Jim Dine au département des Estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France.

L’exposition proposée par la BnF est conçue comme un hommage du graveur à son imprimeur.

ALDO CROMMELYNCK est reconnu comme l’un des plus grands graveurs et imprimeurs du XXe siècle. Imprimeur de Picasso, il a également collaboré à l’oeuvre gravé d’artistes éminents tels Braque, Giacometti, Richard Hamilton, Jasper Johns, David Hockney, Sam Szafran ou Donald Sultan. Le Grand Prix national des Métiers d’art a récompensé son travail en 1989. Il a mis fin à ses activités à la fin des années 90.

L’exposition permet au visiteur de découvrir quarante-cinq estampes choisies pour la diversité de leur thème et de leur technique.

Sont notamment présentées quinze des vingt-cinq planches de la série "Nancy Outside in July", portraits de la première femme de Jim Dine gravés entre 1977 et 1981. Le visage est saisi dans la multiplicité de ses expressions, parfois envahi de fleurs ou dissimulé sous les couches de peinture. Véritable recherche pour saisir les traits d’un être aimé, à partir des sentiments, des humeurs et de l’écoulement des jours, cette série de Jim Dine représente un des temps forts de l’exposition. La collaboration du peintre et du maître imprimeur se révèle ici à travers les couleurs chatoyantes et la puissance de la gamme des noirs, rendue grâce à des techniques d’aquatinte et de taille-douce infiniment variées.

Citons encore le quadriptyque "Quartet", réalisé en 1986 à partir de tableaux anonymes du XIXe siècle, des coeurs, figure emblématique de Jim Dine, parmi lesquels "A Heart on the rue de Grenelle" et "The Heart called Paris Spring", ou bien encore quatre planches autour de Vénus, dont "Black and White Cubist Venus", véritable clin d’oeil à la sculpture grecque antique.

Des livres sont également exposés : "Mabel" (1977), dans lequel douze portraits féminins illustrent un texte de Robert Creeley, poète américain mort en 2005 et "The Temple of Flora" (1984), suite de 29 planches inspirées d’un traité de botanique de R.J.Thornton datant de 1807, dans lesquelles Jim Dine met en oeuvre la totalité des techniques de gravure en taille-douce à l’aide d’outils aussi originaux que des clous, des aiguilles, des brosses métalliques actionnées par une perceuse électrique ou des pièces à main de chirurgien-dentiste, témoignant ainsi de son approche parfois iconoclaste de la gravure.

Commissaire de l'exposition : Marie-Cécile Miessner, conservateur en chef, département des Estampes et de la photographie, BnF

Le Musée des Beaux-arts de Caen expose, du 16 mars au 11 juin 2007, l’Odyssée de Jim Dine : un choix d’estampes, 1985-2006

Bibliothèque nationale de France 
Site Richelieu, Crypte - 58, rue de Richelieu - 75002 Paris
www.bnf.fr

18/03/07

Edvard Munch – Signes de l’art moderne – Fondation Beyeler

Edvard Munch
Signes de l’art moderne
Fondation Beyeler, Riehen / Bâle
18 mars – 15 juillet 2007

Pionnier de l’art moderne, précurseur et fondateur de l’expressionniste, le peintre et graveur norvégien EDVARD MUNCH (1863-1944) est un des plus grands noms de l’histoire de l’art. La Fondation Beyeler consacre à Edvard Munch, une grande rétrospective,  la plus importante exposition de ses oeuvres organisée en Suisse depuis une vingtaine d'années.

Edvard Munch porte un regard pénétrant, proche de l’obsession, sur la solitude, l’amour et la mort. Son oeuvre traite de la crise, de la précarité et de la disparition de l’individu au siècle de l’industrialisation. Ses propres ruptures existentielles prêtent à sa création une cohérence suprême.

Cette exposition s’interroge sur la modernité des oeuvres d’Edvard Munch et présente le peintre comme un maître de la matière et de l’expérience artistique. Son caractère thématique permet de redécouvrir sous un jour nouveau des œuvres que l’on croyait pourtant connaître et réunit, à côté d’icônes de l’histoire de l’art comme « L’Enfant malade », « Madonna », « Mélancolie », « Vampire », « Puberté » ou « Autoportrait en enfer », de nombreuses pièces qui n’ont plus été montrées, ou rarement seulement, depuis la mort de l’artiste ; elles proviennent de près de 50 collections publiques et de plus de 50 collections particulières. Les œuvres très colorées de Munch témoignent de son apport original autant que décisif à l’art moderne. Pour la première fois, le thème de l’apparition et de la disparition du motif, qui est une particularité majeure et novatrice de son oeuvre, fait l’objet d’une présentation spécifique.

Le traitement du substrat du tableau et de la matière n’a rien de conventionnel chez Edvard Munch. Il franchit les frontières traditionnelles entre les différents modes d’expression artistique — gravure, dessin, photographie, collage et peinture. Devenir et disparition, destruction et création, autant d’états que le peintre représente de façons diverses : cela va de la dissolution des figures et de leur fusion dans le fond au dépassement opiniâtre de la marge du tableau et au grattage de la surface picturale, sans oublier l’exposition de nombreuses œuvres à l’air libre, soumises aux effets de la pluie et de la neige. Par ce « remède de cheval », Edward Munch n’intègre pas seulement dans son processus de création le hasard, mais également la décomposition naturelle. Dans son oeuvre tardive, il érige ce qui relève du processus et du temporaire, disparition physique concrète de la matière, en expression générale du caractère éphémère d’une modernité fondée sur la matière. En cela notamment, Edward Munch offre, dès le tournant du siècle, un aperçu de l’évolution artistique du XXe siècle.

Cette exposition présente 130 toiles, 85 dessins et gravures, retraçant toutes les phases de création de l’artiste. Elle s’articule en sept chapitres, et commence par la rupture précoce de Munch avec le naturalisme scandinave dans des oeuvres comme « L’Enfant malade » (1880–1892), dont la présentation en 1886 provoqua une indignation générale. Malgré leurs commentaires accablants — « facture grossière » ou « esquisses à moitié inachevées » —, les critiques n’ont pas pu s’empêcher, dès les premières années, de reconnaître le rôle de précurseur de Munch et l’originalité de ses visions artistiques.

L’intérêt d’Edvard Munch pour les expériences picturales des années berlinoises (1892–1895), objet du deuxième chapitre, conduit à un changement de style marquant et à des oeuvres d’une expressivité incomparable. Ses motifs, influencés par l’impressionnisme et le post-impressionnisme français, cèdent alors la place au thème de l’angoisse existentielle de l’homme civilisé, de la solitude et de la douleur. On voit naître avec « Madonna », « Puberté », « Baiser » ou « Vampire » de grandes œuvres qui l’accompagneront toute sa vie et s’associeront plus tard en une « frise de vie ».

Le troisième chapitre de l’exposition aborde les incroyables expériences que Munch a faites dans le domaine de la gravure pendant ses années parisiennes, en 1896/1897. Ses toiles deviennent ensuite plus monumentales et plus planes. Après des années de bohème marquées par une crise personnelle et d’innombrables voyages en Europe, ainsi qu’un changement de style caractéristique, les oeuvres de Munch prennent une intensité chromatique et une expressivité uniques, comme le révèle de façon impressionnante le quatrième chapitre (1898–1909) de l’exposition.

Après sa dépression nerveuse de 1908 et son rétablissement ultérieur, Edvard Munch poursuit encore avec cohérence ses recherches en matière de photographie et de mouvement (1909–1919), avant de s’intéresser au film muet (cinquième chapitre).

Son œuvre tardive (1920–1944), objet du sixième chapitre, est marquée par la dissolution rapide et la disparition de la matière et du motif, aboutissement logique de ses travaux précédents. Le chapitre final propose une vaste présentation de ses gravures tardives.

Cette exposition rassemble des prêts de nombreux musées américains et européens et montre en outre un grand nombre d’oeuvres appartenant à des collections privées qui n’étaient pas accessibles jusqu’à ce jour. Cette exposition a été montée par Dieter Buchhart, en collaboration avec Christoph Vitali, Ulf Küster et Philippe Büttner.

Ces précieuses oeuvres proviennent du Munch-museet d’Oslo, du Musée des Beaux-Arts de Bergen, du Musée National des Beaux-Arts, d’Architecture et de Design d’Oslo, du konstmuseum de Göteborg, du Moderna Museet de Stockholm, du Statens Museum for Kunst de Copenhague, de l’Ateneum Art Museum, de la Galerie nationale finlandaise d’Helsinki, du Museum of Modern Art de New York, du Museum of Fine Arts de Boston, du and Sculpture Garden, Smithsonian Institution à Washington D.C., de la Tate de Londres, de la Nationalgalerie de Berlin, de la Kunsthalle de Hambourg, du Sprengel Museum de Hanovre, de la Staatsgalerie de Stuttgart, du Musée Folkwang d’Essen, du Von der Heydt-Museum de Wuppertal, de la collection Würth de Künzelsau, du Westfälisches Landesmuseum für Kunst und Kulturgeschichte de Münster, de la Neue Pinakothek de Munich, de l’Osterreichische Galerie du Belvédère de Vienne, de la Narodni Galerie de Prague, du Museo Thyssen-Bornemisza de Madrid, du Kunstmuseum de Bâle et du Kunsthaus de Zürich ainsi que de nombreuses collections privées.

Cette exposition est accompagnée de la publication d’un catalogue richement illustré édité chez Hatje Cantz Verlag, Ostfildern, avec des articles de Dieter Buchhart, Oivind Storm Bjerke, Philippe Büttner et Ulf Küster ainsi que de textes introductifs aux différents chapitres. Ce volume comprend 288 pages avec 258 illustrations en couleur et est vendu au prix de CHF 68.

FONDATION BEYELER
Baselstrasse 101, CH-4125 Riehen/Bâle
www.beyeler.com