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05/10/25

Faire impression @ Kunsthaus Zürich - Chefs-d’oeuvre sur papier d’Albrecht Dürer à Dieter Roth

Faire impression. Chefs-d’oeuvre sur papier d’Albrecht Dürer à Dieter Roth 
Kunsthaus Zürich 
31 octobre 2025 – 25 janvier 2026 

Dieter Roth
Dieter Roth, 
Feuillet 4 tiré de: «6 Piccadillies», 1970
Polymère au pochoir sur sérigraphie sur impression 
offset en couleur sur carton, monté sur carton-bois, 
49,9 × 69,7 cm
Kunsthaus Zürich, 2003
© Dieter Roth Estate / Courtesy Hauser & Wirth 

Dieter Roth
Dieter Roth 
Feuillet 5 tiré de: «6 Piccadillies», 1970
Sérigraphie sur impression offset en couleur sur
carton, montée sur carton-bois, 49,9 × 69,7 cm
Kunsthaus Zürich, 2003
© Dieter Roth Estate / Courtesy Hauser & Wirth

Helen Dahm
Helen Dahm 
Nu féminin en mouvement,
sans date
Eau-forte sur papier, 27,4 × 23,2 cm
Kunsthaus Zürich, don de Doris
Gäumann-Wild, 1953
© Helen Dahm Gesellschaft Oetwil am See

Le Kunsthaus Zürich présente des estampes magistrales créées au fil de six siècles.

La collection d’arts graphiques du Kunsthaus Zürich est un véritable trésor. Beaucoup de feuillets sensibles à la lumière ne peuvent être exposés que pendant une courte durée avant de regagner les dépôts, où ils sont conservés à l’abri. Dix ans après l’exposition anniversaire organisée à l’occasion des 100 ans d’existence de la collection d’arts graphiques, le Kunsthaus présente ses estampes les plus précieuses, domaine qui avait été laissé de côté à l’époque.

Aujourd’hui encore, la gravure est entourée de malentendus: une telle oeuvre peut-elle être considérée comme originale? Pourquoi n’y a-t-il pas un seul exemplaire mais plusieurs? Le Kunsthaus montre que l’estampe est un moyen d’expression artistique à part entière, pas seulement un procédé de reproduction d’images. Le travail de l’encre et le jeu de clair-obscur qui en résulte donnent naissance à des oeuvres dont l’effet est unique.

Albrecht Dürer
Albrecht Dürer 
Adam et Ève, 1504
Gravure sur cuivre sur papier,
25,1 × 19 cm
Kunsthaus Zürich, 
Collection Landammann Dietrich Schindler, 2000

Hendrik Goltzius
Hendrik Goltzius 
Le grand porte étendard, 1587
Gravure sur cuivre sur papier, 29 × 20,1 cm
Kunsthaus Zürich

Hans Sebald Beham
Hans Sebald Beham 
Cimon et Péro, 1544
Gravure sur cuivre sur papier, 7,3 × 5,1 cm
Kunsthaus Zürich, 
Collection Landammann Dietrich Schindler, 2000

Rembrandt Harmenszoon van Rijn
Rembrandt Harmenszoon van Rijn 
Jésus prêchant, dit «La petite tombe», vers 1652
Eau-forte et pointe sèche sur papier Japon,
15,2 x 20,5 cm
Kunsthaus Zürich, legs de Leonie Tobler, 2003

D’Albrecht Dürer à Francisco de Goya en passant par Rembrandt van Rijn – ne serait-ce que dans le domaine de l’art ancien, la collection du Kunsthaus Zürich réunit les représentants les plus importants de l’estampe. L’exposition présente de magistrales eaux-fortes et gravures sur bois qui mettent en avant le travail du motif et la maîtrise technique. La présentation ne suit pas une chronologie stricte, mais s’organise par types de techniques. Elle permet ainsi de comprendre comment un même procédé a donné naissance à des formes d’expression très différentes au fil des siècles. Elle montre également comment de nouvelles possibilités techniques ont inspiré de nouveaux thèmes aux artistes et leur ont suggéré de nouvelles solutions plastiques.

Henri Matisse
Henri Matisse 
Illustration pour «Poésie de mots inconnus», 1943
Linogravure sur papier, 30,4 × 23,4 cm
Kunsthaus Zürich, 1980

Bernhard Luginbühl
Bernhard Luginbühl 
Cyclope I, 1968
Gravure sur cuivre sur papier, 67,7 × 74,5 cm
Kunsthaus Zürich, 1984
© Bernhard Luginbühl

Chuck Close
Chuck Close 
Autoportrait, 1977
Eau-forte sur papier, 137 × 103,5 cm
Kunsthaus Zürich, 1978
© Chuck Close Estate

Julie Mehretu
Julie Mehretu
Untitled, 2006
Eau-forte et pointe sèche en couleur sur papier, 
58,9 × 71,6 cm
Kunsthaus Zürich, 2006
© 2025 Julie Mehretu

Avec la modernité, l’estampe s’épanouit dans toute sa diversité, que ce soit dans les oeuvres de Käthe Kollwitz, de Mary Cassatt ou de Dieter Roth. On expérimente désormais avec les techniques les plus diverses et différents états d’impression. Le format semble lui aussi ne plus connaître de limites. En témoigne par exemple l’autoportrait monumental de Chuck Close, aux dimensions imposantes de 137 × 103 cm. Dans cette exposition, le Kunsthaus s’abstient toutefois délibérément de toute hiérarchisation des oeuvres par la taille, car souvent, l’attrait d’une estampe tient à ses plus infimes détails. 

Edvard Munch
Edvard Munch 
Tête contre tête, 1905
Gravure sur bois en 4 couleurs sur papier,
56,5 × 74,5 cm
Kunsthaus Zürich, 1950

Otto Müller
Otto Müller 
Jeune fille allongée contre un tronc d’arbre, vers 1914
Lithographie aquarellée sur papier, 35,6 x 46 cm
Kunsthaus Zürich, don de Hugo Moses, 1933

Emil Nolde
Emil Nolde 
Tête masculine et tête féminine, 1937
Gravure sur bois sur papier, 41,5 × 30,3 cm
Kunsthaus Zürich, 1938
© Nolde Stiftung Seebüll

Plus de 80 oeuvres sur papier sont exposées au cabinet du Kunsthaus Zürich sous la houlette de Jonas Beyer. Un catalogue richement illustré complète l’exposition et fait écho à l’ouvrage «Meisterzeichnungen. 100 Jahre Grafische Sammlung im Kunsthaus Zürich» (Dessins de maîtres. Les 100 ans de la collection d’arts graphiques au Kunsthaus Zürich), désormais élargi au champ de l’estampe.

KUNSTHAUS ZURICH
Heimplatz 1/5, 8001 Zurich

06/04/25

Matisse et Marguerite @ MAM de Paris - Exposition "Matisse et Marguerite. Le regard d’un père", Musée d’Art Moderne de Paris

Matisse et Marguerite
Le regard d’un père
Musée d’Art Moderne de Paris
4 avril - 24 août 2025

Henri Matisse, Portrait de Marguerite
Henri Matisse
Portrait de Marguerite
Issy-les-Moulineaux, 1918
Huile sur bois, 46 x 37,8 cm
West Palm Beach, Floride, Norton Museum of Art
Don de Jean et Martin Goodman, de Palm Beach, Floride, 1986
Crédit : Norton Museum of Art
« Au temps de mon père, on vivait avec son drame quotidien, qui était la peinture. »
Marguerite Duthuit-Matisse, 1970
Le Musée d’Art Moderne de Paris présente une exposition inédite d’Henri Matisse (1869-1954), l’un des plus grands artistes du XXème siècle. Rassemblant plus de 110 œuvres (peintures, dessins, gravures, sculptures, céramique), elle propose de montrer le regard d’artiste et de père que Matisse porte sur sa fille aînée, Marguerite Duthuit-Matisse (1894-1982), figure essentielle mais discrète de son cercle familial.

L’exposition présente de nombreux dessins rarement sinon jamais montrés au public, ainsi que d’importants tableaux venus de collections américaines, suisses et japonaises exposés en France pour la première fois. Des photographies, documents d’archives et œuvres peintes par Marguerite elle-même complètent l’évocation de cette personnalité méconnue du grand public.

Depuis les premières images de l’enfance jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Marguerite demeure le modèle de Matisse le plus constant – le seul à avoir habité son œuvre au cours de plusieurs décennies. Porteurs d’une franchise et d’une intensité remarquables, ses portraits trahissent une émotion rare, à la hauteur de l’affection profonde que Matisse portait à sa fille. L’artiste semblait voir en elle une sorte de miroir de lui-même, comme si, en la dépeignant, il accédait enfin à l’« identification presque complète du peintre et de son modèle » à laquelle il aspirait.

Organisée de manière chronologique, l’exposition témoigne de la force du lien qui unissait l’artiste et sa fille, et permet d’appréhender l’immense confiance et le respect qu’ils se vouaient mutuellement. Elle est aussi l’occasion de découvrir le destin fascinant d’une femme hors du commun, qui joua un rôle de premier plan dans la carrière de son père.

Aînée des trois enfants Matisse, Marguerite naît en 1894 de la relation éphémère que l’artiste, alors jeune étudiant en peinture, entretient avec son modèle Caroline Joblaud. Reconnue par son père, elle grandit aux côtés de Jean (1899-1976) et Pierre (1900-1989), fils de Matisse et de son épouse Amélie. « Nous sommes comme les cinq doigts de la main », écrira plus tard Marguerite à propos de ce noyau familial très soudé.

Son enfance est marquée par la maladie et la souffrance : à l’âge de sept ans, elle subit une première trachéotomie dont elle dissimulera longtemps la cicatrice sous un ruban noir, attribut distinctif de nombre de ses portraits. Privée d’une scolarité normale en raison de sa santé fragile, elle devient une authentique « gosse d’atelier », témoin attentif et quotidien du travail de Matisse. « Tout l’esprit de la famille était dirigé sur l’effort du père », se souviendra-t-elle. Sa disponibilité l’amène à prêter son visage aux recherches plastiques du peintre, lequel trouve en sa fille un modèle patient et bienveillant, prêt à accueillir ses expérimentations formelles les plus audacieuses.

En 1905, dans l’Intérieur à la fillette (The Museum of Modern Art, New York), Matisse dépeint Marguerite dans la touche vibrante et colorée caractéristique du fauvisme. L’année suivante, l’intérêt sensible du peintre pour sa fille se déploie dans un superbe ensemble de tableaux et dessins réalisés à Collioure, tandis que la sage écolière aux yeux baissés (Marguerite lisant, Musée de Grenoble) évolue en une fière adolescente affrontant le regard du spectateur (Musée Picasso, Paris). Plus frontale encore, la magistrale Marguerite au chat noir de 1910 (Centre Pompidou, Paris) précède la géométrisation austère et radicale de Tête blanche et rose (Centre Pompidou, Paris).

Au cours de la Première Guerre mondiale, les portraits de Marguerite se multiplient. La fille du peintre y apparaît comme une jeune femme élégante, habillée avec raffinement et coiffée de chapeaux élaborés. Alors que Matisse s’installe progressivement à Nice, elle fait l’objet d’une importante série de portraits au balcon, emmitouflée dans un large manteau à carreaux, avant de figurer au premier plan de la composition monumentale du Thé (LACMA), évocation du jardin familial à Issy-les-Moulineaux.

En 1920, Marguerite apparaît à nouveau, épuisée et convalescente, dans une série d’œuvres réalisées après une douloureuse opération de la trachée. Matisse s’y devine en père inquiet et empli de tendresse pour sa fille enfin libérée de sa cicatrice et de son ruban. Exécutées à Étretat, elles figurent parmi les derniers portraits individualisés que Matisse réalise de sa fille avant une interruption de vingt-cinq ans. Si Marguerite continue de poser pour son père au début des années 1920, c’est désormais au titre de figurante, dans des tableaux et dessins qui intègrent presque toujours un second modèle professionnel, Henriette Darricarrère. Complices, les deux jeunes femmes arborent des tenues recherchées, de bal ou de carnaval, dans des décors niçois riches en couleurs.

En 1923, Marguerite épouse l’écrivain Georges Duthuit et disparaît des tableaux de son père. Elle en demeure néanmoins très proche, endossant le rôle d’intermédiaire entre Matisse, désormais installé à Nice, et les innombrables sollicitations de collectionneurs, historiens, conservateurs et marchands d’art. Redoutablement précise et exigeante, c’est elle qui supervise le tirage des gravures de son père à Paris. Dévouée à la défense de l’art de Matisse, elle accroche des expositions à Berlin et Londres et, plus tard, aura la charge du catalogue raisonné de son œuvre, tâche jamais achevée. Une salle de l’exposition est ainsi consacrée au rôle primordial joué par Marguerite dans la carrière de son père, de même qu’à ses propres incursions dans le domaine de la peinture puis de la mode.

« Moi je suis faite de la substance des guerriers, des ardents », écrivait Marguerite en 1943. Son courage et son intégrité indomptables s’illustrent au cours de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’elle est arrêtée puis torturée pour faits de résistance. Les derniers portraits datent de 1945, alors que le peintre découvre, bouleversé, les immenses dangers et souffrances endurés par sa fille. Poignante, cette ultime série de dessins et lithographies fait écho à un ensemble de portraits tout aussi émouvants que Matisse réalise de son petit-fils Claude, enfant unique de Marguerite, au cours de ces années sombres.

En fin d’exposition, une projection vidéo conçue par la réalisatrice Elisabeth Kapnist retrace la vie de Marguerite par-delà l’art et la carrière de son père, à partir de dizaines de photographies d’archives. 

Préfacé par Barbara Duthuit dont le soutien a été déterminant, le catalogue s’appuie sur plusieurs années de recherche dans les Archives Matisse, et complète l’exposition en apportant des éléments plus approfondis sur la vie de Marguerite et l’œuvre de son père, ainsi que des extraits inédits de la correspondance entre père et fille. Publiée par les Editions Grasset, la première biographie de Marguerite Matisse, écrite par Isabelle Monod-Fontaine, spécialiste mondialement reconnue de l’œuvre du peintre, et Hélène de Talhouët, paraît également à l’occasion de l’exposition.

Parallèlement à l’exposition, une expérience de réalité virtuelle réalisée par TSVP et Lucid Realities est proposée autour de La Danse de Matisse, chef d’œuvre des collections du Musée d’Art Moderne de Paris.

Musée d’Art Moderne de Paris
11 Avenue du Président Wilson 75116 Paris

06/10/23

Vertigo of Color: Matisse, Derain, and the Origins of Fauvism @ The Met Fifth Avenue, New York + Museum of Fine Arts, Houston

Vertigo of Color: Matisse, Derain, and the Origins of Fauvism 
The Met Fifth Avenue, New York 
October 13, 2023 – January 21, 2024 
Museum of Fine Arts, Houston 
February 25 – May 27, 2024 

Henri Matisse (1869–1954) and André Derain (1880–1954) embarked on a creative partnership in the summer of 1905 that would change the course of French and European painting. The two painters daringly experimented with energetic bursts of color, form, and structure, the outcome of which led to a bold, new artistic language known as Fauvism (from the French fauve, or “wild beast”). Vertigo of Color: Matisse, Derain, and the Origins of Fauvism presents, for the first time in the United States, the legacy of that legendary summer through 65 paintings, drawings, and watercolors by Henri Matisse and André Derain on loan from national and international museums and private collections.
"This captivating exhibition not only speaks to the transformative partnership of Matisse and Derain, but it also provides a highly focused and engaging view of their groundbreaking artistic practices," said Max Hollein, The Met's Marina Kellen French Director and CEO. "Vertigo of Color is remarkable in that the works are largely experimental, giving us the opportunity to understand their process and look back at a singular moment that has so powerfully resonated with generations of artists and audiences."
It was the partnership between the two artists—along with their intense investigations of color and light and their will to experiment outside the canon—that led to Fauvism in the early years of the last century. While staying in the modest fishing village of Collioure, Henri Matisse and André Derain worked toward a new aesthetic of color and light, drawing inspiration from local surroundings and their experience of the bustling life of the port, quiet beaches, and landscapes. Their evolving visual language grew from the sensory experience of a moment in time, rather than from observable reality—a sweep of sand brushed in saturated red, a cork oak tree delineated in pink, shadows of reflected light in dazzling hues. Matisse wrote, “My choice of colors does not rest on any scientific theory; it is based on observation, on feeling, on the experience of my sensibility.” 
"As the story of a rewarding partnership, this exhibition is the first to focus intently on the paintings, drawings, and watercolors that laid the groundwork for Fauvism," said Dita Amory, Robert Lehman Curator in Charge of the Robert Lehman Collection. "In just nine weeks, Matisse and Derain revolutionized color and liberated brushwork, paving the way for modernism."
Exhibiting several paintings at the Salon d’Automne in Paris in November 1905, Henri Matisse and André Derain were both derided and praised. They puzzled audiences and stirred controversy—and soon galvanized a group of contemporary artists to follow in their path, a new path in European art that radically contradicted conventional norms. Responding to the now-legendary Salon exhibition, a prominent French journalist labeled them and their fellow artists “les Fauves,” literally “wild beasts.” Though Fauvism was short-lived, it gave rise to a ravishing palette in an evolving modernist dialogue, and the Salon d’Automne played a key role in disseminating its inventions.

Vertigo of Color: Matisse, Derain, and the Origins of Fauvism, which is co-organized by The Metropolitan Museum of Art and the Museum of Fine Arts, Houston, features many of the most celebrated works of Fauvism. The works on view include loans from Musée National d’Art Moderne, Centre Pompidou; National Galleries of Scotland; National Gallery of Art, Washington, D.C.; San Francisco Museum of Modern Art; and the Museum of Modern Art, New York; as well as private collections.

The exhibition begins with galleries dedicated to André Derain and Henri Matisse and feature several paintings not shown in the United States in over half a century, including Derain’s portrait of Matisse, Henri Matisse (Tate), and Matisse’s portrait of Derain, André Derain (Tate). That summer, while Derain and Matisse shared many of the same geographic vantage points and subjects, their work diverged in structure, composition, treatment of space, and color palette. Matisse preferred to paint in watercolor while Derain worked in oil. There is a gallery devoted to Amélie Matisse, who joined her husband in Collioure along with their two sons. Amélie posed tirelessly for both her husband and for Derain in works of vibrant oil and watercolor, such as Derain’s dazzling Woman with a Shawl: Madame Matisse in a Kimono (private collection). Amélie Matisse  was an indispensable model whose presence advanced the figure painting of both artists immeasurably.

Vertigo of Color also presents significant works on paper, sketches, portraits, and intimate drawings, and features the original catalogue for the Salon d’Automne of 1905. While landscapes, seascapes, and portraits feature prominently, still lifes by Matisse detailing fresh local produce provide another platform for investigations of color and form.

While the exhibition foregrounds the marvelous partnership of the two artists, it also traces how their approaches to painting and drawing differed: André Derain was determined to finish his canvases in Collioure, while Henri Matisse chose to gather inspiration and source material and then work in his Paris studio. Vertigo of Color demonstrates Henri Matisse’s immense influence on modernism in the early years of the 20th century. The exhibition closes with a selection of paintings dating to 1906.  It was in the following years that Henri Matisse and André Derain realized some of their most important paintings of the period, paintings that owe a debt to the experiments of Collioure.

Vertigo of Color: Matisse, Derain, and the Origins of Fauvism is curated at The Met by Dita Amory, Robert Lehman Curator in Charge, Robert Lehman Collection, and at the Museum of Fine Arts, Houston, by Ann Dumas, Consulting Curator of European Art.

The exhibition is organized by The Metropolitan Museum of Art and the Museum of Fine Arts, Houston. It will be on view at the Museum of Fine Arts, Houston, from February 25 to May 27, 2024.

A fully illustrated catalogue accompanies the exhibition. It is published by The Metropolitan Museum of Art and distributed by Yale University Press. Authors include curators Dita Amory and Ann Dumas; Met conservator Isabel Duvernois; and Isabelle Monod-Fontaine, Curator Emerita, Centre Pompidou, Paris. ISBN: 9781588397652
THE MET FIFTH AVENUE
THE METROPOLITAN MUSEUM OF ART
1000 Fifth Avenue, New York, NY 10028

08/11/22

Stanley Whitney @ Baltimore Museum of Art - BMA - Dance With Me Henri

Stanley Whitney: Dance With Me Henri
Baltimore Museum of Art
November 20, 2022 -  April 23, 2023

Stanley Whitney
STANLEY WHITNEY
Dance with me Henri (center window sketch). 2021
The Baltimore Museum of Art: 
Commissioned by the Baltimore Museum of Art, 
supported by Art Fund established with exchange funds 
from  gifts of  Dr. and Mrs. Edgar F. Berman, 
Equitable Bank, N.A., Geoffrey Gates,  Sandra O. Moose, 
National Endowment for the Arts,  Lawrence Rubin, 
Philip M. Stern, and Alan J. Zakon, BMA 2021.189
© Stanley Whitney

The Baltimore Museum of Art (BMA) presents a focus exhibition of works by acclaimed artist STANLEY WHITNEY that highlights his career-long engagement with the work of Henri Matisse and draws parallels between the two artists’ visionary use of color and line. The exhibition follows Whitney’s celebrated commission of three stained-glass windows for the BMA’s Ruth R. Marder Center for Matisse Studies, which debuted with the Center’s opening in December 2021. Never-before-seen sketches and studies for the windows are presented alongside a selection of Matisse’s prints from the 1930s and 1940s chosen by Stanley Whitney. 

Stanley Whitney has often cited historic European painting as a source of inspiration, including the work of Matisse and in particular Matisse’s glass windows for the Chapelle du Rosaire de Vence in Southern France. Stanley Whitney’s stained-glass windows for the BMA marked the artist’s first museum commission and his first time working in stained glass, translating his interest in expressions of color in a medium naturally suited to it. His process of articulating stacks of color and experimenting with opacity and transparency provided the ideal method to translate the traditional aspects of stained glass into new contemporary possibilities.

The exhibition, presented in the Jay McKean Fisher Gallery adjacent to the stained-glass windows, features three of the watercolor and graphite sketches for the commission; one earlier drawing made in explicit homage to Henri Matisse; and five monotypes in watercolor and crayon. These works on paper reveal Whitney’s attention to color and light, as well as organic line and a sense of play that resonates with Matisse’s legacy. They are paired with seven prints by Henri Matisse that Stanley Whitney selected from the BMA’s extensive holdings. Rare lithographs from the 1930s depict the movement of an acrobatic dancer that highlight Matisse’s interest in line, balance, and poise. Color stencil prints (pochoirs) from Matisse’s groundbreaking book Jazz (1947) capture his explorations of pure color and improvisation that laid the foundations for his work in glass. This work dovetails with Stanley Whitney’s own engagement with jazz, which has served as a critical influence since the 1960s.
“Dance With Me Henri is grounded in Stanley Whitney’s deep love for Matisse,” said curator Katy Siegel. “The installation contextualizes Whitney’s remarkable stained-glass windows and highlights the rich layers of connection between the artists’ works and interests. Through Stanley’s eyes, we see Matisse’s saturated color and organic line as utterly contemporary—he brings French modern art into dialogue with a world that includes jazz, architecture, mid-century NYC painting, and the quilts of Gee’s Bend.”
Stanley Whitney: Dance With Me Henri is curated by Katy Rothkopf, The Anne and Ben Cone Memorial Director of The Ruth R. Marder Center for Matisse Studies and Senior Curator of European Painting and Sculpture, and Katy Siegel, former BMA Senior Research & Programming Curator and Thaw Chair of Modern Art at Stony Brook University.

STANLEY WHITNEY
Stanley Whitney has been exploring the formal possibilities of color within ever-shifting grids of multi-hued blocks and all-over fields of gestural marks and passages since the mid-1970s. His work has been the subject of solo exhibitions at the Modern Art Museum of Fort Worth, TX, USA (2017) and Studio Museum in Harlem, New York, NY (2015). He has been featured in many prominent group shows, including Inherent Structure, Wexner Center for the Arts, Columbus, OH (2018); Documenta 14 in Athens, Greece and Kassel, Germany (2017); Nero su Bianco at the American Academy in Rome, Italy (2015); and Utopia Station at the 50th Venice Biennale (2003), among others. Whitney has been awarded the Robert De Niro Sr. Prize in Painting (2011), the American Academy of Arts and Letters Art Award (2010), and a Guggenheim Fellowship (1996). His work is in a range of public collections, including the Nelson-Atkins Museum of Art, Kansas City, KS; Philadelphia Museum of Art, PA; Solomon R. Guggenheim Museum, NY; and The Metropolitan Museum of Art, NY. He holds a BFA from Kansas City Art Institute as well as an MFA from Yale University and is currently Professor emeritus of painting and drawing at Tyler School of Art, Temple University. Whitney was born in Philadelphia in 1946 and lives and works in New York City and Parma, Italy. Stanley Whitney: The Italian Paintings, a collateral event to the 59th Venice Biennial, is currently on view at the Palazzo Tiepolo Passi, Venice, through November 27, 2022. A major retrospective surveying his career will be presented in 2024 at the Buffalo AKG Art Museum, NY and will be traveling to the Walker Art Center, Minneapolis.

MATISSE COLLECTION
The Matisse collection at the BMA was first established in the early 20th century through the vision and philanthropy of sisters Claribel and Etta Cone, whose internationally renowned collection was bequeathed to the museum in 1949 and is the centerpiece of the BMA’s expansive holdings. Among the highlights of the Cone Collection are more than 600 works by Matisse, including paintings, sculptures, drawings, prints, and illustrated books. To this incredible group of objects, the BMA has added hundreds of works by the artist, amassing the world’s largest and most comprehensive collection of Henri Matisse works in a public museum. This includes gifts from members of the Matisse family, such as a selection of works from the collection of the artist’s daughter Marguerite Duthuit, and a major donation of prints by The Pierre and Tana Matisse Foundation in New York. In December 2021, the BMA opened The Ruth R. Marder Center for Matisse Studies, an approximately 2,500-square-foot space on the first floor of the museum dedicated to the study of Henri Matisse. The establishment of the center fulfilled the BMA’s long-term strategic goal to increase research and presentation opportunities for the museum’s incomparable collection of works by the artist.

BALTIMORE MUSEUM OF ART  - BMA
10 Art Museum Drive, Baltimore, MD 21218

20/02/19

Un Pays Nouveau. Henri Matisse (1868-1954) @ Centre Pompidou Málaga

Un Pays Nouveau. Henri Matisse (1868-1954)
Centre Pompidou Málaga
6 mars - 9 juin 2019

Le Centre Pompidou Málaga présente une sélection de chefs-d’oeuvre de Matisse (1869-1954). Cet ensemble permet de rendre compte de la position d’un artiste ayant bouleversé les codes picturaux de la modernité au 20e siècle, en une authentique révolution du regard. Cette exposition, baptisée Un pays nouveau. Henri Matisse (1869-1954), est le premier événement dans le cadre du 150e anniversaire de la naissance de l’artiste. 

Henri Matisse déclarait « faire corps avec la peinture ». L’exposition retrace sa trajectoire grâce à une sélection d’oeuvres iconiques faisant dialoguer peintures, sculptures et dessins. Six séquences chronologiques retracent ainsi le parcours de Matisse de ses débuts vers 1900 jusqu’à ses dernières oeuvres du début des années 1950, en une évocation de ses intérieurs de Vence et de son ultime ouvrage pour la chapelle du Rosaire, dans ce même lieu.

Un pays nouveau. Henri Matisse (1869-1954) s’appuie sur près de cinquante oeuvres, dont des chefs d’oeuvres tels que Le violoniste à sa fenêtre (1918) réalisé durant le premier séjour à Nice, le Nu rose assis (1935-1936) qui témoigne de la simplification radicale entreprise par l’artiste depuis ses débuts, ou bien encore un des tout premier papier gouachés découpés (Le Danseur, 1937).

Ce pays nouveau témoigne d’une vie vécue non pas dans la sérénité dont son art d’équilibre et de clarté semblait la promesse, mais à l’inverse au sein d’authentiques combats dans lesquels l’artiste a fini par trouver son accord le plus intime – un accord, dans le sens de cette métaphore musicale que Matisse empruntait si souvent pour parler de son art. Henri Matisse est bien ce « classique » de l’art moderne dont la radicalité surprend aujourd’hui encore.

Commissaire de l'exposition : Aurélie Verdier, Conservatrice, Musée national d’art Moderne

Centre Pompidou Málaga 
Pasaje Dr. Carrillo Casaux (Muelle Uno), Puerto de Málaga, 29016 Málaga, España
centrepompidou-malaga.eu

21/10/15

Matisse et la gravure, Musée Matisse, Le Cateau Cambrésis

Matisse et la gravure : L’autre instrument
Musée départemental Matisse, Le Cateau Cambrésis

Jusqu'au 6 mars 2016





Longtemps jugée comme un art mineur de par son caractère reproductible, l’estampe fait figure de malaimée de l’art des images. Rien de plus injuste, et comme le signalait la fille du peintre, Marguerite Duthuit pour justifier le travail lithographique de Matisse : "Il dessine, voilà tout, avec de nouveaux instruments". Ce préjugé explique pourquoi Henri Matisse, célèbre comme peintre, comme dessinateur et comme sculpteur, soit si peu connu comme graveur, alors même qu’il a gravé près de 900 estampes et appliqué cette technique à l’illustration de plus de 80 livres. Grâce à l’amicale et compétente collaboration de Barbara Duthuit, de la famille Matisse et de prestigieux établissements, le musée départemental Matisse au Cateau-Cambrésis rend compte de l’ampleur et de l’originalité de cette production rarement mise en lumière, si ce n'est en 1970 par la Bibliothèque Nationale ou en 2011 par la Mona Bismarck Foundation. Le musée Matisse expose pour la première fois des matrices utilisées pour graver quelques unes des 200 estampes présentées, ce qui rend particulièrement didactique un parcours qui traverse l’intégralité de la carrière de l'artiste.

Musée Matisse

Palais Fénelon
Place du Commandant Richez
59360 Le Cateau-Cambrésis
http://lenord.fr

02/11/13

Deux nouvelles oeuvres de Matisse au Centre Pompidou, Paris

Une donation historique de deux chefs-d'oeuvres de Henri Matisse au Centre Pompidou, Paris

Le Centre Pompidou vient de recevoir, le 23 octobre dernier, deux chefs-d’oeuvre d’Henri Matisse en donation de la part de Madame Claude Duthuit, en mémoire de son mari Claude Duthuit, petit-fils d’Henri Matisse.

Le portrait de Marguerite au chat noir (1910, huile sur toile, 94 x 64 cm) grand chef-d’oeuvre d’une période majeure du peintre et La Jérusalem céleste, une imposante composition en papiers gouachés et découpés (1948, 270 x 130cm), rejoignent ainsi la collection du musée national d’art moderne du Centre Pompidou.

La représentation déjà très riche de l’oeuvre d’Henri Matisse dans la collection du musée national d’art moderne, une des deux plus importantes collections d’art moderne et contemporaine au monde, se trouve aujourd’hui spectaculairement renforcée par l’arrivée de ces deux oeuvres essentielles.

Geste d’une grande générosité, cette donation vient consacrer les liens d’amitiés et de confiance noués entre l’artiste, sa famille et le musée national d’art moderne, à travers ses directeurs successifs notamment Dominique Bozo et aujourd’hui Alfred Pacquement, ainsi qu’Isabelle Monod-Fontaine, ex-directrice adjointe et co-commissaire avec Dominique Fourcade de la mémorable exposition de 1993 consacrée à l’oeuvre de Matisse. L’exposition récente Matisse, paires et séries présentée au Centre Pompidou l’an dernier a encore contribué à renforcer cette proximité. 

L’artiste avait fait lui-même plusieurs dons au musée dont La Blouse roumaine (1940) en 1949. Depuis les années 1970, ses héritiers ont à plusieurs reprises très généreusement enrichi les collections nationales par leurs dons, comme en témoignent les collections du Centre Pompidou.

Serviteur inlassable de l’oeuvre de Matisse, Claude Duthuit a conseillé et accompagné le musée dans les différents projets menés par le Centre Pompidou autour de l’oeuvre de Matisse, expositions et publications, notamment par l’accès privilégié qu’il réservait à sa propre collection. Cette relation exemplaire se trouve scellée par ces deux dons d’exception consentis par Barbara Duthuit. 

Henri Matisse, Marguerite au chat noir, 1910
Huile sur toile, 94 x 64 cm
Donation 2013
Collection Centre Pompidou, musée national d’art moderne
Photo : Georges Meguerditchian, Centre Pompidou / Dist. RMN-GP
© Succession H. Matisse
Marguerite au chat noir (1910, huile sur toile, 94 x 64 cm) représente la fille de l’artiste alors âgée de quinze ans, et fait partie de la série des grands portraits des années 1908-1911, période « radicale » dans l’oeuvre de l’artiste : le modèle est peint de face, sur fond plat, coloré, parfois très travaillé. Le tableau était jusqu’à ce jour la dernière grande peinture de cette période à être conservée dans une collection particulière. Peint par Henri Matisse au début de l’année 1910, ce chef-d’oeuvre a été très rarement montré au public.
Il a été exposée pour la dernière fois en 1993 dans l’exposition « Henri Matisse. 1904 -1917 » au Centre Pompidou. Ce type de portrait est pour l’artiste le territoire d’expérimentations plastiques très audacieuses. On trouve dans cette composition hiératique et imposante une intensité affective, magnifiée par une approche ambitieuse, des dimensions importantes et un parachèvement du traitement pictural.
A travers le travail de simplification et le chromatisme acidulé, Matisse amplifie ici la stylisation à l’oeuvre dans des portraits antérieurs. 

Henri Matisse, La Jérusalem céleste, 1948
Papiers gouachés et découpés, 270 x 130 cm
Donation 2013
Collection Centre Pompidou, musée national d’art moderne
Photo : Philippe Migeat, Centre Pompidou / Dist. RMN-GP
© Succession H. Matisse
La Jérusalem céleste, papiers gouachés et découpés (1948, 270 x 30cm), est issue des travaux préparatoires de Matisse pour la Chapelle du Rosaire à Vence qui sera inaugurée en 1951. Il s’agit de la première maquette, réalisée par l’artiste à demi-grandeur, pour le grand vitrail qui connaît trois versions successives. Ce premier projet forme l’un des très importants papiers gouachés découpés par sa composition géométrique et son chromatisme lumineux aux dominantes jaunes et rouges. Témoignage essentiel de la dernière période de l’artiste, cette oeuvre vient en complément de l’ensemble des maquettes pour la chapelle précédemment entrée dans la collection du Musée par la générosité de la famille Matisse.

21/01/12

Exposition Matisse au Centre Pompidou, Beaubourg, Paris : 60 chefs d’oeuvre de l’art moderne par un de ses plus grands maîtres

Exposition Matisse. Paires et Séries Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou - Beaubourg, Paris7 mars - 18 juin 2012

Henri Matisse est l'un des plus grands maîtres de l'art moderne. C'est aussi l'un des artistes préférés du public. Nombreux sont donc ceux qui se réjouissent de cette nouvelle exposition du Centre Pompidou. D’autant plus qu’elle offre une perspective inédite sur l’oeuvre de Matisse.

Henri Matisse Henri Matisse: Le Rêve, Hôtel Régina, 1940
La Dormeuse
Collection particulière 
Photo Courtesy Centre Pompidou, Paris

Matisse. Paires et séries rassemble une sélection exceptionnelle de chefs-d’oeuvre provenant des plus prestigieuses collections publiques et privées dans le monde: soixante peintures, dont quatre grands papiers gouachés découpés, ainsi qu’une trentaine de dessins, parfois réunis et confrontés pour la première fois depuis l’époque de leur création. L'exposition au Centre Pompidou en propose une lecture originale axée sur l’un des aspects singuliers de l’oeuvre de Matisse : l’exploration répétitive d’un même sujet, d’un même motif, qui permet à Matisse d’explorer la peinture elle-même. Ces différents points de vue qu’adopte l’artiste s’expriment, à travers des variations de cadre, de dessin, de touche et de couleurs.

Face à ces couples et à ces digressions, c’est toute l’oeuvre de l’artiste qu’il est ainsi permis de saisir, avec ses interrogations, ses ruptures, ses revirements, ses conquêtes. L’exposition dont Cécile Debray, assistée de Elsa Urtizverea, a assuré le commissariat,  invite le visiteur à comprendre combien le travail de Matisse a contribué à engendrer et à nourrir la peinture moderne, interrogeant sans cesse la représentation, la notion de réalisme, le rapport entre le dessin et la couleur, entre la surface et le volume, entre l’intériorité et l’extériorité. Etudiant de nouvelles solutions formelles, remettant en cause chacune de ses avancées plastiques, Henri Matisse fut un penseur profond de la forme.

Henri Matisse Henri Matisse: Blouse roumaine, 1940
Don de l’artiste en 1953,
Musée national d’art moderne, Centre Pompidou
© Succession Henri Matisse, 2011
Photo Courtesy Centre Pompidou, Paris

De la méthode pointilliste à laquelle Matisse s’essaye à l’été 1904 - Luxe, Calme et Volupté et Le Goûter se trouvent exceptionnellement réunis pour l’occasion - aux ambitieux papiers découpés des années 1950 - la célèbre série Nu bleu de 1952 - en passant par l’ensemble de dessins de Thèmes et variations qui constitue un aboutissement conceptuel du procédé, les grandes périodes du peintre sont représentées dans un parcours chronologique. L’exposition à Beaubourg permet également un nouvel éclairage de la genèse de chaque œuvre de Matisse présentée.

Un catalogue Matisse. Paires et séries est publié par les Editions du Centre Pompidou, sous la direction de Cécile Debray, commissaire de l’exposition et conservateur au Musée national d’art moderne. Un e-album Matisse pour Ipad est également disponible sur l’app store au prix de 4,90€

L’exposition sera ensuite présentée à Copenhague, au Statens Museum for Kunst, du 14 juillet au 28 octobre 2012, et au Metropolitan Museum of Art, à New York, du 4 décembre 2012 au 17 mars 2013.

CENTRE POMPIDOU - BEAUBOURG - PARIS
MUSEE NATIONAL D'ART MODERNE
Billet imprimable à domicile
www.centrepompidou.fr
Horaires : L'exposition est ouverte tous les jours de 11h à 21h, sauf le mardi, jours de fermeture du Centre Pompidou.







11/06/10

Exposition Matisse et le livre illustré - Scriptorial d’Avranches

Exposition Art Moderne > Henri Matisse
Exposition Art Moderne > Basse-Normandie > Avranches > Scriptorial

 

Henri Matisse, Icare Matisse et le livre illustré
Scriptorial d’Avranches

Commissariat d'exposition

Patrick Descamps

Jusqu'au 12 septembre 2010


« Le livre ne doit pas avoir besoin d’être complété par une illustration imitatrice. Le peintre et l’écrivain doivent agir ensemble, sans confusion, mais parallèlement. Le dessin doit être un équivalent plastique du poème ». Henri Matisse


Henri Matisse, Icare
Icare, planche au pochoir (VIII), Jazz, publié en 1947 par Tériade éditeur, Paris.
© Succession Henri Matisse. Photo : Archives Matisse

 

Dans l’univers de l’édition d’art, Henri Matisse a assurément atteint, avec Jazz notamment, un niveau de perfection et de qualité rarement égalé. Son exigence, le soin extrême qu’il apporte à la composition de chaque page, sa connaissance profonde des textes qu’il interprète, son investissement dans ces entreprises au long cours qui peuvent durer plusieurs années, ont donné naissance à une série de 14 ouvrages dans lesquels il a su, à plus de soixante ans, avec une étonnante fraîcheur se renouveler à chaque fois. Cette exposition présentera sept ouvrages d’Henri Matisse, à savoir Pasiphaé de Montherlant, Florilège des Amours de Ronsard, Poèmes de Charles d’Orléans, Jazz, les Fleurs du mal de Baudelaire, les Lettres portugaises et les Poésies antillaises de Nau. Ces livres sont accompagnés de gravures et des dessins originaux. Matisse n’ayant jamais caché son attrait pour l’art médiéval (1), intérêt qui apparaît très clairement dans ses illustrations pour les Poèmes de Charles d’Orléans, une sélection de manuscrits provenant de la collection du Scriptorial accompagnera cette présentation. Elle permettra d’établir un parallèle entre l’art abouti de la mise en page de Matisse et la réglure médiévale, sa créativité dans l’élaboration de lettrines et de motifs ornementaux et ceux exceptionnels qui décorent les manuscrits.

Entre la publication des Poésies de Mallarmé chez Skira en 1932 et l’achèvement de la maquette des Poésies antillaises de John-Antoine Nau en 1953, Henri Matisse a réalisé quatorze ouvrages majeurs qui font toujours les délices des bibliophiles les plus exigeants. Ces débuts tardifs, à plus de soixante ans, dans l’univers du livre illustré peuvent surprendre chez cet artiste tant renommé. Matisse pratique pourtant la gravure depuis près de trente ans, exercice qui est pour lui un prolongement du dessin et auquel il s’adonne de plus en plus au début des années 30. Ainsi, Henri Matisse n’a jusqu’alors jamais songé à se lancer dans l’aventure du livre illustré dans laquelle se sont déjà plongés nombre de ses contemporains comme Derain, Picasso ou encore Bonnard ; de plus, aucun éditeur ne l’a jamais sollicité. En 1930, une société de bibliophiles lyonnais « les XXX » le contacte afin de lui demander d’illustrer Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire, projet qui n’aboutira que partiellement en 1947. C’est donc en 1932 que le jeune éditeur Albert Skira s’adresse à lui pour lui proposer d’illustrer les Amours de Psyché de La Fontaine auxquels se substitueront très rapidement les Poésies de Mallarmé. Avec ce premier ouvrage, Henri Matisse élabore un protocole de travail duquel il ne dérogera pas pour ses livres à venir. Dans un premier temps, Il s’imprègne longuement des poèmes, qu’il recopie parfois, et qu’il lit au point de les connaître par coeur (2) puis il sélectionne ceux qu’il décide d’illustrer, généralement les plus proches de sa sensibilité et qui nous permettent de le découvrir tel qu’en lui-même. Cependant, il ne s’agit pas pour lui de donner une « illustration imitatrice » mais de concevoir « un équivalent plastique du poème » (3).
 

Lithographie originale d’Henri Matisse, Le Clown

Henri Matisse, Jazz
Lithographie originale d’Henri Matisse
Le Clown
Paris, Tériade, 1947 - Donation Alice Tériade en 2000
Musée Départemental Matisse, Le Cateau-Cambrésis
© Succession Henri Matisse - Photo Philip Bernard


Il s’attache ensuite à la composition de l’ouvrage, sélectionnant les caractères d’imprimerie, déterminant le rythme de l’ouvrage et la place des poèmes, puis décide de la technique d’illustration et enfin entame la recherche de l’expression plastique la plus adéquate en exécutant de très nombreuses études. Il passe alors au travail de gravure et en fonction de la sélection qu’il a opéré, reprend la maquette initiale. Cette élaboration lente et rigoureuse, obéissant à des règles strictes n’est pas sans évoquer la réglure médiévale qui, si elle doit guider la main du scribe, doit aussi guider l’oeil du lecteur. Les mises en page de Matisse dans leur équilibre entre texte et illustration, dans leurs respirations, dans le choix des couleurs ont cette même fonction. En 1935, paraît l’Ulysse de James Joyce, livre que Matisse ne considère pas véritablement comme le sien du fait de sa participation réduite à celle d’illustrateur et du peu de satisfaction que lui donne le résultat. Durant les années de guerre, Matisse va concevoir ses livres les plus personnels et les plus aboutis : Pasiphaé d’Henri de Montherlant, Les Lettres de Marianna Alcaforado, Jazz, Florilège des Amours de Ronsard et Poèmes de Charles d’Orléans. Cette intense activité trouve son explication dans la maladie et la grave opération subie par le peintre qui le contraint à passer une grande partie de son temps au lit. Il ne peut guère peindre et se consacre donc principalement au dessin et à ses livres. Ainsi écrit-il, en 1942, à son ami, l’écrivain et journaliste, André Rouveyre à propos du Ronsard ; « […] je crois que rarement les circonstances ont favorisé ainsi la naissance d’un travail qui de secondaire par essence, devient une chose essentielle, principale. » (4). Ces créations arrivent dans ce que Matisse lui-même définit comme une seconde vie (5).

Ayant frôlé la mort, c’est libéré et avec une étonnante fraîcheur, un amour serein de la vie, en dépit de la douleur qui est sa compagne, que Matisse aborde ce nouveau chapitre de son existence. Ces ouvrages sont placés sous le signe de l’amour, celui de Pasiphaé, l’épouse de Minos, pour un taureau blanc, la passion amoureuse d’une jeune religieuse portugaise, le Florilège de Ronsard… Matisse opère lui-même la sélection des poèmes qui de ce fait mettent en lumière ses propres préoccupations. L’exaltation nourrit le trait matissien qui n’a jamais été plus sensuel, surtout dans le Ronsard, sa première oeuvre après l’opération. Sirènes, naïades et corps enlacés jalonnent l’ouvrage formant comme un écho à la Joie de vivre, tableau fauve de 1905. Pour Charles d’Orléans dont le projet remonte à 1942, l’identification avec ce prince captif des anglais est évidente pour un Matisse prisonnier de sa chambre. Ce qui retient l’attention de Matisse dans les rondeaux et autres ballades de Charles d’Orléans, ce n’est pas leurs aspects limpides et légers mais le fait qu’il ait été conçu comme des remèdes aux malheurs. Matisse va donc adopter pour ce livre un style d’apparence superficiel et raffiné et une innovation majeure va substituer sa main au caractère d’imprimerie. Matisse devient donc scribe pour mieux s’approprier le texte et pour encore renforcer l’équivalence entre mots et images, il aborde par cette technique la fusion de l’acte de dessiner et de celui de peindre, fusion qui trouvera son suprême accomplissement avec Jazz. C’est par la fréquentation de l’éditeur Tériade qu’Henri Matisse a la révélation du papier découpé. En 1939, Matisse rend fréquemment visite à Tériade dont l’optimisme le soulage de son angoisse. Arrivant vers sept à huit heures du matin, Matisse passe ses matinées à découper les feuilles d’albums des spécimens d’encre d’imprimerie que lui donne Tériade avec le secret espoir que cela débouche sur un livre. Cependant, Matisse peu satisfait par les encres d’imprimerie ne poursuit pas l’expérience. En 1943, Matisse substituant l’encre d’imprimerie à des feuilles de papier gouaché revient à cette technique et dès 1944 réalise l’ensemble des planches qui constituent Jazz. Contrairement à ce que son titre peut laisser entendre, l’ouvrage évoque le monde du cirque, le titre initialement choisit était Cirque, mais également des souvenirs du voyage en Polynésie. Le titre Jazz retenu par Matisse s’explique au prisme de la liberté nouvelle que le peintre éprouve suite à son opération mais également par la technique de la gouache découpée, l’utilisation des ciseaux permet de trancher le fil du passé. Il est aussi symptomatique du passage d’un art « savant » à un art populaire, naïf, spontané que revendique alors Matisse. Le livre paraît en 1947 et rencontre un succès sans précédent. Matisse n’est cependant pas satisfait mais finira par nuancer son jugement. Le dernier ouvrage réalisé par Matisse et publié à titre posthume en 1972 est consacré à la poésie de son défunt ami Charles-Antoine Nau. Matisse a travaillé sur ce livre entre 1945 et 1953. Des problèmes financiers puis la mort de Matisse empêchent sa publication. En 1972, sous l’impulsion des héritiers de l’artiste, le livre paraît.

PATRICK DESCAMPS

NOTES

(1) « je me suis toujours senti à l’aise dans les choses médiévales. Ce sont elles qui traduisent de façon la plus directe mes sentiments. » in « Nous manquions d’un portrait de Charles d’Orléans… Henri Matisse vient d’en composer un. », Entretien avec Régine Pernoud, Le Figaro littéraire, 14 octobre 1950.

(2) « Au réveil à six heures je lis toutes les pièces copiées et assemblées selon mon plaisir. Je déplace celle-ci celle-là pendant une bonne heure avant midi ; je donne encore au moins une heure à lire au hasard des divers livres de poésies et je découvre la vie de telle ou telle pièce que j’avais déjà lu moins bien. J’ai peur que cette rage me quitte comme elle est venue. » Lettre à André Rouveyre, à propos des poèmes de Charles d’Orléans, du 5 février 1943. Matisse-Rouveyre Correspondance, Editions Flammarion, Paris, 2001.

(3) Entretien de Raymond Escholier avec Henri Matisse, in Matisse, ce vivant. Editions Arthème Fayard, Paris, 1956.

(4) Lettre à André Rouveyre des 3 & 4 juillet 1942. Matisse-Rouveyre Correspondance, Editions Flammarion, Paris, 2001.

(5) Lettre à Albert Marquet du 16 janvier 1942 in Henri Matisse, écrits et propos sur l’art, Editions Hermann, Paris, 1972.

Partenaires de l'exposition : Musée départemental Henri Matisse du Cateau-Cambrésis, Musée Henri Matisse de Nice, Bibliothèques Municipales de Nice et de Lille, Bibliothèque Jacques Doucet à Paris, Les Héritiers Matisse.

Scriptorial d’Avranches
Musée des manuscrits du Mont Saint-Michel
Place d’Estouteville
50300 Avranches

Informations pratiques - Horaires d’ouverture
Juillet / août > 10h - 19h tous les jours
Mai / juin / septembre > 10h - 18h (fermé le lundi)
Octobre à avril > 10h - 12h30 et 14h - 17h en semaine
10h - 12h30 et 14h - 18h samedi-dimanche (fermé le lundi)
La billetterie se termine une heure avant la fermeture du musée

Prochaine exposition au Scriptorial d’Avranches : Peintures et calligraphies chinoises de He Yifu, 18 septembre - 31 décembre 2010
 
Autre message sur ce thème
 

22/01/10

From Impressionism to Modernism: The Chester Dale Collection at the National Gallery of Art, Washington

From Impressionism to Modernism:
The Chester Dale Collection
National Gallery of Art, Washington 
January 31, 2010  – July 31, 2011

Henri Matisse, The Plumed Hat, 1919.

Henri Matisse
The Plumed Hat1919
Oil on canvas,
© National Gallery of Art
Chester Dale Collection
Courtesy National Gallery of Art

When Chester Dale bequeathed his remarkable collection of paintings to the National Gallery of Art in 1962, it became one of the most important repositories in North America of French art of the late 19th and early 20th centuries. Some 81 of the finest French and American paintings―among the Gallery’s most beloved masterpieces― explore the collector’s passion and talent for acquiring great art as well as his tastes in modern art. This installation will allow visitors to discover the rich array of Dale’s bequest to the Gallery in the format of a special exhibition.

The range of paintings on view includes Jean-Baptiste-Camille Corot’s Forest of Fontainebleau (1834), August Renoir’s A Girl with a Watering Can (1876), Mary Cassatt’s Boating Party (1893/1894), Pablo Picasso’s Family of Saltimbanques (1905), George Bellows’ Both Members of This Club (1909), and George Braque’s Still Life: Le Jour (1929). Several sculptures, such as Amedeo Modigliani’s Head of a Woman (1910/1911) and Paul Gauguin’s Père Paillard (1902), will also be on view. Among other artists represented are Henri Matisse, Edgar Degas, Paul Cézanne, Claude Monet, and Vincent van Gogh.

Chester Dale was an astute businessman who made his fortune on Wall Street in the bond market. He thrived on forging deals and translated much of this energy and talent into his art collection. He served on the boards of several museums that hoped to be the beneficiary of his collecting, but his greatest devotion was to the National Gallery of Art, where he served on the board of trustees from 1943 and as president from 1955 until his death in 1962. Two portraits of Dale, by Salvador Dali and Diego Rivera, and two portraits of Dale’s wife Maud (who greatly influenced his interest in art) by Fernand Léger and Bellows, are included in the show.

A fully illustrated catalogue will present a study of the collection, with a biographical essay on Chester Dale as a collector, an exploration of the context of collecting in America from the1920s to the 1960s, and a chronology of the Chester Dale Collection.

A 15-minute documentary film will profile Chester Dale.

A selection of books from the Chester Dale Collection and related documentary material from the Gallery Archives will be installed in Gallery G-21 of the West Building.

NATIONAL GALLERY OF ART

26/03/06

Exposition Henri Matisse, Fondation Beyeler, Riehen / Bâle – "Henri Matisse. Figure Couleur Espace"

Henri Matisse 
Figure Couleur Espace 
Fondation Beyeler, Riehen / Bâle 
19 mars – 9 juillet 2006 

Henri Matisse est un artiste tout à fait actuel : ce pionnier du modernisme qui, dans ses compositions chromatiques et formelles, a exploré les possibilités de la figuration et en quelque sorte, de l’abstraction jusqu’à leurs limites extrêmes, n’hésitant pas à les dépasser parfois, n’a jamais cessé d’exercer une influence majeure. La Fondation Beyeler consacre à son œuvre, dont les nombreuses ruptures n’empêchent pas de retracer la constante évolution, la première vaste exposition à caractère rétrospectif organisée en Suisse depuis plus de 20 ans. Elle présente environ 160 peintures, sculptures, dessins et estampes couvrant toutes les périodes de création de cet artiste. 

Cette exposition prend pour thème un phénomène aussi révolutionnaire que fascinant chez Matisse, celui de la pénétration et la redéfinition de l’espace de représentation par la figure et la couleur, qui finissent du reste par en triompher. Les tableaux montrent pour la plupart des figures de femmes dans un intérieur, dont la vue s’ouvre sur l’extérieur par une fenêtre ou une porte. Figure, espace intérieur et espace extérieur, représentés par des couleurs et des surfaces colorées différentes, donnent naissance à une sorte de « protocole expérimental », que Matisse n’a cessé de reprendre toute sa vie durant. 

L’exposition s’ouvre sur les intérieurs paisibles des années 1890, qui exhalent une paix singulière et dont le coloris foncé est encore inféodé à la tradition du XIXe siècle. La phase fauviste de Matisse, qui commence en 1905, marque une transformation radicale : les couleurs semblent littéralement exploser, malgré l’ordonnancement toujours paisible des objets représentés. Dans les années qui précèdent la Première Guerre mondiale, la réputation d’avant-gardiste de Matisse s’affirme. Ses tableaux privilégient alors les grandes surfaces et cèdent à davantage d’abstraction tandis que ses motifs gagnent en audace. C’est à cette époque qu’à la demande des collectionneurs russes Chtchoukine et Morosov, il crée les célèbres compositions telles que La Danse ou La Musique. Au cours de la Première Guerre mondiale, la couleur semble disparaître à nouveau de ses compositions, qui deviennent radicalement géométriques. On peut voir dans cette évolution une réaction aux événements politiques de l’époque. La période qui suit, celle des années 1920 à Nice, est celle du « retour » souvent incompris de Matisse aux sujets pleins de grâce et de simplicité apparente des odalisques. On l’interprétera plus justement comme une forme de libération par rapport à l’abstraction qui avait conduit l’artiste, de son propre aveu, dans une sorte d’impasse.

Dans la seconde moitié de sa vie surtout, l’art de Matisse est étroitement lié aux modèles qu’il peint et qui l’intéressent moins en tant que personnalités que pour la fonction figurative qu’ils occupent dans l’espace. Il convient d’accorder ici une place toute particulière à Lydia Delectorskaya, qui fut, dans les années 1930, son modèle favori, son assistante et peut-être sa maîtresse. Sa présence et son rayonnement charnels, qui inspirent beaucoup Matisse et qu’il a immortalisés dans de nombreux tableaux fréquemment remaniés, le conduisent à réduire de plus en plus son « protocole expérimental » de la figure, de la couleur et de l’espace à un système de signes, dont l’aboutissement sera les grandioses gouaches 

Découpées de la fin de sa vie. L’œuvre et l’existence artistique de Matisse, dont cette exposition offre un témoignage exemplaire, ne sont donc pas dénués de ruptures, d’impasses et de revirements ; mais cette évolution en direction de la « décoration » dont Matisse aspirait à faire une forme artistique accomplie ne manque pas de cohérence, et la présentation qu’en propose la Fondation Beyeler ne peut que combler les spectateurs. 

Pour cette exposition exceptionnelle, la Fondation Beyeler a réussi à rassembler un grand nombre de prêts provenant de musées américains et européens. Nous pouvons citer ainsi le
Centre Georges Pompidou de Paris, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, le Tate, la Städtische Galerie im Städelschen Kunstinstitut de Francfort-sur-le-Main, la Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen de Düsseldorf, le Stedelijk Museum d’Amsterdam, le Statens Museum for Kunst de Copenhague, le Moderna Museet de Stockholm, le Museum of Modern Art de New York, le Metropolitan Museum of Art de New York, le Baltimore Museum of Art, le Philadelphia Museum of Art, la National Gallery of Art de Washington, le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden de Washington, le Musée National de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg ainsi que le Kunstmuseum de Bâle, le Kunsthaus de Zurich et le Kunstmuseum de Berne.

De nombreux collectionneurs et institutions privés, dont la Pierre and Maria-Gaetana Matisse Foundation Collection de New York et la Collection Maeght de Paris, ont également accepté de se séparer de leurs précieuses œuvres pendant la durée de l’exposition.

Cette exposition a vu le jour en collaboration avec K20 Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen de Düsseldorf. Pour la Fondation Beyeler, le commissaire en est Christoph Vitali, assisté d’Ulf Küster et de Philippe Büttner.

Le catalogue a été publié chez Hatje Cantz Verlag, Ostfildern Ruit, en allemand et en français. Il propose des articles de Philippe Büttner, Isabelle Monod-Fontaine, Ulf Küster, ainsi qu’une importante partie de planches. Ce volume comprend 200 pages avec 135 illustrations en couleur. La version anglaise du catalogue est reprise de celui de l’exposition de Düsseldorf.

FONDATION BEYELER
Baselstrasse 101, 4125 Riehen/Basel
www.beyeler.com