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29/08/25

Alina Szapocznikow @ Musée de Grenoble - Exposition "Alina Szapocznikow. Langage du corps"

Alina Szapocznikow
Langage du corps 
Musée de Grenoble
20 septembre 2025 - 4 janvier 2026

Alina Szapocznikow
Alina Szapocznikow. Langage du corps
Courtesy Musée de Grenoble

Aujourd’hui considérée comme l’une des artistes majeures du XXe siècle, Alina Szapocznikow (1926 à Kalisz, Pologne – 1973 à Paris, France) a rarement fait l'objet d'expositions dans son pays d’adoption, la France. Le musée de Grenoble présente, en partenariat avec le Kunstmuseum Ravensburg, un parcours de près de 150 oeuvres réalisées entre 1947 et 1973. L’exposition Alina Szapocznikow. Langage du corps permet d’appréhender toute la carrière de l’artiste en mettant l’accent sur la période de maturité des années 1960-70. Dans son oeuvre, mêlant érotisme et traumas, le corps est le principal sujet d’inspiration. Sculptrice, elle s’attelle à toutes sortes de matériaux, aussi bien classiques, que plus novateurs, résine de polyester et mousse de polyuréthane. Héritière du Surréalisme, contemporaine des artistes du Nouveau Réalisme, elle contribue avec indépendance, en seulement deux décennies, au renouveau de la sculpture.

Troublante, bizarre, baroque, existentielle, informe et érotique, l’oeuvre de la sculptrice polonaise Alina Szapocznikow, longtemps incomprise, échappe à la classification. Consacrant son oeuvre au corps, elle exprime à travers lui tant la puissance de l’érotisme que la fragilité de nos existences. L’exposition se déployant en 15 salles se subdivise en deux parties. La première est consacrée à ses années de création à Prague (1945-1951) et en Pologne (1951-1962). La deuxième est dédiée à celles passées dans le Paris des années 1960 entre 1963 et 1973.

Juive, Alina Szapocznikow survit, adolescente, à la Shoah et à sa détention dans les camps de concentration. Après la Seconde Guerre mondiale, elle mêle un langage formel marqué à la fois par le modernisme tchèque, le Surréalisme et l’art informel, à l’esthétique du Réalisme socialiste, répond à des commandes publiques, et donne corps à des créations marquées par une forme d’existentialisme.

Alina Szapocznikow réalise l’essentiel de son oeuvre de maturité en France où elle s’installe définitivement en 1962. Avec son mari le graphiste Roman Cieslewicz, elle s’attelle à déconstruire la figure humaine. Le corps fragmenté devient le coeur de sa production sculpturale et graphique. Inventant une forme de grammaire érotique, une mythologie personnelle où le désir côtoie la mort, l’artiste conjure ses peurs, exorcise ses traumatismes. A travers ses Lampes-bouches, la série des Desserts et des Ventres-coussins, elle développe une production en série formée de fragments corporels sensuels et troublants, interrogeant la place de la femme dans la société des années 1960. Son intérêt pour l’informe et le hasard s'incarne aussi dans l’ensemble des Photosculptures (1971) dans lesquelles des chewing-gums mastiqués par l’artiste elle-même sont photographiés comme des sculptures traditionnelles. 

A partir de 1969, atteinte d’un cancer du sein, Alina Szapocznikow, se focalise sur la mémoire, les traumas et la finitude dans sa série Souvenirs (1970-1971) puis dans celle des Tumeurs (1969-1972). Constituées de résine, de photographies froissées, de journaux et de la gaze, ces oeuvres évoquent la maladie. Elles témoignent aussi de l’inébranlable courage et de la vitalité artistique qui n’ont cessé d’animer l’artiste.

Par la singularité comme par l’érotisme qui imprègne son oeuvre, l’artiste a été comparée à Louise Bourgeois et à Eva Hesse. Il s’agit de mettre en lumière l’oeuvre d’une femme artiste pionnière longtemps négligée par l’histoire de l’art.

COMMISSARIAT

MUSÉE DE GRENOBLE
Commissariat général : Sébastien Gokalp, directeur du musée de Grenoble
Commissariat scientifique : Sophie Bernard, conservatrice en cheffe pour l'art moderne et contemporain du musée de Grenoble

KUNSTMUSEUM RAVENSBURG
Commissaires
Ute Stuffer, directrice du Kunstmuseum Ravensburg
Ursula Ströbele, Professeur d’histoire de l’art, HBK, Braunschweig

MUSÉE DE GRENOBLE
5 place Lavalette - 38000 Grenoble 

05/12/20

Jean-Luc Moulène @ Galerie Chantal Crousel, Paris - Implicites & Objets

Jean-Luc Moulène
Implicites & Objets
Galerie Chantal Crousel, Paris
Jusqu'au 19 décembre 2020

Pour sa sixième exposition à la Galerie Chantal Crousel, Jean-Luc Moulène propose un paysage sculptural où l’abstraction se présente comme une force de pensée, d’imagination, évoluant conjointement avec une figuration forte et fixe dans un espace ritualisé.

Au centre de la première salle, un objet abstrait, la Montagne pourpre (2019) est installée sur son socle. Conçue à partir de modélisation 3D et produite par machine-outils, cette imposante sculpture abstraite en mousse dure est une surface remplie. Elle est conçue par l’artiste comme un monochrome en trois dimensions. Cette abstraction colorée est placée sous le regard d’un ensemble de sculptures inédites en béton, produites manuellement, les Implicites (2020). Assemblés autour de la Montagne pourpre et adossés au mur, ils l’observent à distance mais par cette observation, les Implicites sont également amenés à regarder leur propre intériorité. En effet, suivant le même protocole de production déjà utilisé pour la série des Tronches (2014-2017)*, ce sont des figures retournées, inversées, intériorisées puis remplies de béton - des effigies aux corps et faciès distordus.

L’aspect du béton diffère d’une sculpture à l’autre tant par sa couleur (nuances de gris) que par son traitement de surface (cire, époxy). La forme des corps et leurs attributs surgissent de leur propre effacement par l’action de remplissage. On peut parler ici de mise en scène de leur existence sensible.

Au coeur de la seconde salle, nous trouvons une sculpture totémique en bronze sur socle haut, Pyramid’os (2020). Ici, les os longs des membres du corps humain forment les arrêtes d’une pyramide et en délimitent les surfaces ou plutôt l’absence de surface puisque son cœur reste vide ; les articulations, quant à elles, en deviennent les sommets.

La Pyramid’os partage son espace avec un portrait dessiné (Tronche, 2020) et plusieurs autres objets dont une figure Implicite de taille réduite (Redux Implicite, 2020) également adossée au mur et présentée en hauteur sur le même plan et face à la pyramide.

En résonnance avec les oeuvres dont nous avons précédemment parlées, la troisième et dernière salle, latérale à la première, présente trois sculptures dont deux grandes abstractions posées sur tables. Reprenant les questions formelles soulevées par la Montagne pourpre, la Montagne blanche (2020) a une forme abstraite quelconque**. C’est un grand monochrome blanc qui garde en surface les traces de la peinture à l’huile. Toutes ces traces renvoient directement aux gestes visibles de l’artiste peignant sa toile. Autre variation, Nature Morte (2020) est également une peinture en relief, un volume avec des éléments réalistes et non dissimulés cette fois-ci, tels que des os et des cailloux.
« L'abstraction […] n'est pas simplement un thème, une technique ou un style, mais un protocole évolutif qui permet à la pensée de voir l'image d'elle-même du point de vue d'une matière qui la traque implacablement. »***
Enfin, ces deux abstractions côtoient une dernière sculpture posée sur une poutre de bois, Yeux bleus (2020). En position d’observateur, cet objet est composé de deux pierres trouvées, collées entre elles par de la pâte époxy. Sur sa partie supérieure, se répandent des centaines de Nazar boncuk, petites amulettes traditionnelles turques en verre destinées à protéger contre le mauvais œil. Non sans rappeler l’abstraction quelconque présentée à la Biennale de Venise en 2019 (Pale blue Eyes, 2019), ces yeux, qui semblent se multiplier, regardent la scène et épient tant les sculptures que les visiteurs.

Comme le disait très justement Philippe Vasset, on aime « s’attarder dans les expositions de Jean-Luc Moulène : pleines d’énigmes et de détails suggestifs, ce sont de véritables machines à fiction. »****

Au cours de ces deux dernières décennies, les oeuvres de Jean-Luc Moulène ont été présentées dans les plus grandes institutions et lors des plus importants évènements internationaux, parmi lesquels : les expositions More or Less Bone au SculptureCenter, New York, Etats Unis (2019) ; The Secession Knot à Secession, Vienne, Autriche (2017) ; Jean-Luc Moulène au Centre Georges Pompidou, Paris, France (2016) ; Il était une fois à la Villa Médicis, Rome, Italie (2015) ; Documents and Opus (1985 - 2014) au Kunstverein de Hanovre, Allemagne (2015) ; Jean-Luc Moulène . works au Beirut Art Center, Liban (2013) ; Jean-Luc Moulène au Modern Art Oxford, Oxford, U.K. (2012) ; Opus + One, Dia: Beacon, Beacon, New York, Etats Unis (2012) ; Jean-Luc Moulène au Carré d’art – Musée d’art contemporain de Nîmes, France (2010) ; ou encore Le Monde – le Louvre au Musée du Louvre, Paris, France (2005) ; et sa participation à de nombreuses biennales : 58ème Biennale de Venise, Italie (2019) ; Biennale de Taipei, Taïwan (2016) ; Biennale Internationale Design, Saint-Etienne, France (2015) ; Biennale de Sharjah, Émirat Arabes Unis (2011) ou encore la Biennale de Sao Paulo, Brésil (2002).

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* Jean-Luc Moulène travaille sur la série des Tronches entre 2014 et 2017. Ce sont des masques d’Halloween en latex, d’abord retournées à l’envers par l’artiste puis dans lequel il verse du béton. Quand ce dernier est sec, le latex est retiré, le béton ciré, le masque posé sur une couverture et exposé ainsi. Le béton est alors gris ou coloré. Un ensemble de Tronches fut notamment présenté dans l’exposition personnelle de l’artiste à la Villa Médicis en 2015.
** Le terme « quelconque » est fréquemment utilisé dans le lexique de Jean-Luc Moulène. Il s’agit de formes, de choses, quelconques dont nous ne connaissons ni l’organisation, ni la composition ni la transformation.
*** Reza Negarestani dans “Torture Concrete: Jean-Luc Moulène and the Protocol of Abstraction”, Sequence press editions, New York City, Etats-Unis, 2014, p.5 - traduction de l’anglais.
**** Philippe Vasset dans « Un rituel sans liturgie », catalogue de l’exposition Jean-Luc Moulène, éditions Centre Georges Pompidou et Dilecta, Paris, 2016, p. 108.

GALERIE CHANTAL CROUSEL
10 rue Charlot, 75003 Paris

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13/03/16

Kim Simonsson, Galerie Forsblom, Helsinki - Little Prince And Moss People

Kim Simonsson
Little Prince And Moss People
Galerie Forsblom, Helsinki
March 11 – June 3, 2016

Little Prince and Moss People is a series of ceramic sculptures by KIM SIMONSSON (b. 1974) portraying denizens of a parallel reality. Wearing voodoo masks, his feathered creatures are members of a tribe blessed with the power of flight. The all-white boy represents the figure of the Little Prince, who dons a helmet as he embarks on his phantasmagorical adventures in outer space. The huddle of hand-crafted moss people creates a stark contrast to the pure white sculptures.

Kim Simonsson electrostatically transfers nylon fiber to the surface of the sculptures, where it forms a layer resembling moss. The sculptor’s touch is visibly imprinted on the surface, creating dappled effects as the light catches in the moss-like folds. The nylon fiber and hand-crafted effect add new dynamism to the customarily smooth, glazed surface of Kim Simonsson’s sculptures. Some of his sculptures are encrusted in a cauliflower-like surface; others are decked in feathers. Kim Simonsson renews the traditions of ceramic art by combining the vocabulary of classic marble sculpting with computer games and other elements of popular culture. This is the first exhibition to also feature a bronze sculpture by Kim Simonsson.

KIM SIMONSSON graduated as a ceramics major from the University of Arts and Design in 2000. He was chosen as Finland’s Young Artist of the Year in 2004. He is an internationally active artist whose works are found in Finnish and foreign collections including the Victoria and Albert Museum, the Museum of Contemporary Art Kiasma and the EMMA – Espoo Museum of Modern Art. Kim Simonsson lives and works in Fiskars. 

GALERIE FORSBLOM
Lönnrotinkatu 5 / Yrjönkatu 22, 00120 Helsinki