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01/01/25

Anne et Patrick Poirier @ Galerie Mitterrand, Paris - Exposition "56ème Campagne de Fouilles, 1968/2024"

Anne et Patrick Poirier
56ème Campagne de Fouilles, 1968/2024
Galerie Mitterrand, Paris
Jusqu'au 18 janvier 2025

Anne et Patrick Poirier
, Fragilita, 2024 

La galerie Mitterrand | Temple présente une nouvelle exposition du couple d’artistes Anne et Patrick Poirier. Intitulée 56ème Campagne de Fouilles, 1968/2024, cette quatrième exposition à la galerie est une exploration inédite de leur oeuvre dont Anne et Patrick Poirier sont ici les archéologues. « Ils exhument et montrent des travaux de périodes et d’expressions diverses, depuis les années 1970 où ils ont réintroduit les concepts de ruines et de mémoire dans l’art contemporain. »1

Présentée dans les deux espaces de la galerie, cette exposition rassemble plus d’une vingtaine d’oeuvres qui donnent à voir, à travers la multiplicité des médiums, l’insatiable curiosité, le goût permanent de l’expérimentation et la foisonnante créativité du duo depuis sa décision de faire oeuvre commune en 1968 à la Villa Médicis, à Rome. La décennie 70 est marquée par une remise en cause générale. En art, elle s’incarne dans plusieurs mouvements l’art conceptuel, l’art minimal, le Nouveau Réalisme, l’Arte Povera... Sans appartenir à l’un de ces courants, leur démarche s’inscrit néanmoins dans cette volonté commune de rompre avec les conventions artistiques. Dans cet esprit de rupture, invités en 1970 au Japon pour intervenir dans le pavillon français de l’Exposition universelle à Osaka, ils font inscrire à la rubrique profession « architecte » pour Anne et « archéologue » pour Patrick.

Parmi les oeuvres exposées, La cité des ombres (2022) occupe une place particulière. Présentée en France pour la première fois, elle est dans la filiation des grandes maquettes, dont Tony Cragg a, à juste titre, rappelé qu’elles ont élargi le champ de la sculpture2. Nourries de leurs vécus d’enfants de la guerre ainsi que de leurs explorations de sites antiques à travers le monde, ces maquettes, comme tout leur travail, sont des métaphores qui traitent de la violence de l’Homme et des menaces qu’elle fait peser sur l’avenir de l’humanité.

La cité des ombres se rapproche de la série Mnémosyne par sa forme elliptique et sa couleur blanche, mais elle en diverge par les matériaux utilisés (laine et faïence), ainsi que par sa composante intime. Cette oeuvre est le fruit d’un rêve fait par Anne Poirier en janvier 2022, peu avant le retour de la guerre aux portes de l’Europe. Dans celui-ci, Anne Poirier est guidée par son fils, disparu en 2002, à travers une ville déserte et en ruines. Les éléments en faïence réalisés par les artistes et inspirés par l’architecture de la nécropole étrusque de Cerveteri en Italie en renforcent la dimension méditative et existentielle.

La promenade introspective du duo dans leur oeuvre, permet au visiteur de découvrir nombre de pièces historiques ou inédites. La sculpture De la fragilité du pouvoir (1986-2024) se rattache aux oeuvres monumentales des années 80. La série Isola Sacra (1973) appartient aux tout premiers travaux du duo, créés sur le site même de l’ancienne nécropole, en utilisant la technique de l’estampage, dont ils ont découvert à posteriori qu’elle était celle utilisée par les archéologues. Les deux Jardin noir. Domus Aurea (1975) font partie des herbiers qui ont accompagné la création des grandes maquettes noires des années 70. Ils témoignent d’une prise de conscience précoce des méfaits de la société de consommation sur la nature. Reflets de l’âme (2019) appartient à un corpus d’oeuvres développées depuis 1990, dans lesquelles la forme récurrente du cerveau témoigne de l’intérêt du couple pour la mémoire et les complexités de la psyché dont il tente de percer les secrets et d’en donner une représentation. Dans les photographies sur porcelaine de la série La serre de Chaumont et D’après nature. Musée archéologique Salinas, Palerme (2024), le duo renoue avec cette technique utilisée déjà dans les années 70, mais ici en couleurs, élargissant le champ de leurs expérimentations.
« Anne et Patrick Poirier répondent avec le recul nécessaire aux évènements du monde d’aujourd’hui. (…) Plongeant leur regard jusque dans la nuit des temps, ils sont de ce fait des Veilleurs de jour, toujours en alerte pour témoigner des méfaits de l’homme pour l’homme et tenter de saisir les complexités contradictoires de sa psyché. »3 En cela, Anne et Patrick Poirier sont des artistes visionnaires dont l’oeuvre ne cesse d’être une source de réflexion et d’inspiration.
Parallèlement à cette exposition, Anne et Patrick Poirier présentent deux sculptures, lustres intitulés Le Monde à l’envers à la galerie Régis Mathieu (2, rue de Miromesnil, Paris VIIIe).

ANNE ET PATRICK POIRIER (nés respectivement en 1941 et 1942) sont des pionniers de la création en couple. Ils ont participé à la Biennale de Venise (1976, 1980 et 1984) et la documenta VI à Kassel (1977). Leur travail a fait l’objet d’expositions personnelles dans des institutions prestigieuses, comme le Centre Pompidou, Paris (1978), le MoMA, New York (1979), le Musée d’art moderne de Saint-Étienne (2016), la Maison Européenne de la Photographie, Paris (2017), le De Pont Museum, Tilburg (2018-2019), la Villa Médicis, Rome (2019), le Château La Coste, Le Puy Ste-Réparade (2021), le Ludwig Museum, Coblence (2022), le Musée Ingres Bourdelle, Montauban (2023) et le Domaine de Chaumont-sur-Loire (2024). Leur travail a également été inclus dans de nombreuses expositions de groupe au Grand Palais, Paris (2016), au Palazzo Fortuny, Venise (2018), à la Fondation Juan March, Madrid (2023).

1. Anne et Patrick Poirier, septembre 2024.
2. Discours de Tony Cragg lors du vernissage de l’exposition de Anne et Patrick Poirier dans sa fondation éponyme à Wuppertal en 2016.
3. Jean-Hubert Martin, Veilleurs de jour, ANNE ET PATRICK POIRIER, Paris, Editions Flammarion, 2017, p. 7.

ANNE ET PATRICK POIRIER, 56e CAMPAGNE DE FOUILLES. 1968/2024
GALERIE MITTERRAND, PARIS, 15.11.2024 - 18.01.2025

Exposition suivante : Ron Gorchov, 24 janvier - 15 mars 2025

GALERIE MITTERRAND | TEMPLE
79, rue du Temple, Paris IIIe

26/09/21

Anne et Patrick Poirier @ MRAC Occitanie, Sérignan - La mémoire en filigrane

Anne et Patrick Poirier
La mémoire en filigrane
Musée régional d’art contemporain Occitanie, Sérignan
9 octobre 2021 - 20 mars 2022

Anne et Patrick Poirier

Anne et Patrick Poirier
ANNE ET PATRICK POIRIER
Sans titre, série Villa Médicis, 1969
Empreinte sur papier japon, bois, paille, 55 x 30 x 40 cm.
© Anne et Patrick Poirier, collection des artistes. Photo : Damien Roy

L’exposition La mémoire en filigrane propose une déambulation dans l’espace méditerranéen et dans le temps de la mémoire d’Anne et Patrick Poirier, avec des travaux de la fin des années 1960 à aujourd’hui, pour certains jamais ou rarement montrés.

Le travail protéiforme d’Anne et Patrick Poirier, d’une très grande diversité de médiums et d’échelles, porte sur la question de la mémoire et s’attache à rendre compte de la fragilité du monde. « Nous nous sommes, dès le début de notre travail, passionnés pour l’archéologie et les villes en ruines, et, à travers elles, pour l’architecture parce que nous pressentions le rapport étroit entre archéologie, architecture, mémoire et psyché. Et nous avons compris que l’architecture, qu’elle soit en ruines ou pas, pouvait être une métaphore de la mémoire et de la psyché » (Anne et Patrick Poirier).

Loin d’être seulement une recherche sur des formes archéologiques, le travail d’Anne et Patrick Poirier est une exploration obsessionnelle, distanciée et ludique de l’histoire qui nous permet de comprendre notre présent et d’entrevoir le devenir de nos sociétés. 

ANNE ET PATRICK POIRIER
Nés respectivement en 1941 et 1942, Anne et Patrick Poirier vivent et travaillent à Lourmarin en Provence. Après leurs études à l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris, Anne et Patrick Poirier passent quatre ans à la Villa Médicis à Rome. Dès le début de leur séjour, en 1968, ils décident de travailler ensemble. Réunissant leurs idées et leurs sensibilités, leurs travaux signés en commun deviennent les fruits de ce partage. Ce ne sont plus des artistes solitaires travaillant dans leur atelier en quête d’un langage personnel, mais des voyageurs, arpenteurs de sites, découvreurs de civilisations, de religions et de cultures différentes (Orient, Moyen-Orient, Amérique Centrale, ÉtatsUnis…). Refusant les rôles conventionnels de sculpteur et de peintre, ils endossent ceux, interchangeables d’archéologue et d’architecte. Leur approche artistique des sciences humaines est un voyage dans la mémoire qu’ils considèrent comme fondamentale, base de toute intelligence entre les êtres et entre les sociétés. Enfants de la guerre, ils révèlent la fragilité des civilisations, des cultures, et leur esthétique est souvent celle du fragment, de la ruine, de la catastrophe. Anne et Patrick Poirier forment l’un des tout premiers et rares couples d’artistes. Fidèles à la symbiose qui sous-tend leur création depuis plus de cinquante ans, ils développent une œuvre protéiforme et visionnaire. En France, Anne et Patrick Poirier sont représentés par la Galerie Mitterrand et, en Italie, par la Galleria Fumagalli.

Commissariat de l'exposition : Laure Martin-Poulet et Clément Nouet

Musée régional d’art contemporain - MRAC
Occitanie / Pyrénées-Méditerranée
146 avenue de la plage, 34410 Sérignan

09/07/16

Anne et Patrick Poirier à Saint-Etienne au Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Etienne Métropole

Anne et Patrick Poirier
Danger zones - Un voyage sans carte
Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Etienne Métropole
2 juillet 2016 - 29 janvier 2017


Pour la première exposition à caractère rétrospectif d’Anne et Patrick Poirier en France, le Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Etienne Métropole réunit une quarantaine d’oeuvres majeures de l’un des tout premiers et rares couples d’artistes.

Danger Zones, titre choisi à dessein par Anne et Patrick Poirier, reprend celui donné à l’une de leurs pièces, emblématique et prémonitoire, de 2001. Il témoigne du caractère visionnaire de leurs intuitions, nourries par leur observation attentive et distanciée de l’histoire passée et du cours du monde actuel. Il réaffirme avec éclat la pertinence de leurs questionnements au centre de leur oeuvre polymorphe et poétique : la fragilité des civilisations et de la nature, le rôle primordial de la mémoire et de son fonctionnement, antidote à la tyrannie du temps, les désordres des guerres et les menaces pesant sur la connaissance.

Anne et Patrick Poirier, qui se dénomment architectes-archéologues, ont commencé à visiter, fouiller, collecter et inventorier des sites et des vestiges issus des civilisations anciennes dès leurs premiers travaux communs à Rome en 1967. Cet intérêt pour le voyage, aux allures parfois d’errances, et la découverte du patrimoine de l’humanité est profondément ancré dans leur pratique artistique. Dans le sillage de l’enseignement de Claude Lévi-Strauss, ils font partie des premières générations d’artistes à avoir parcouru le monde pour comprendre l’organisation des cités antiques, et plus particulièrement, les formes de leur disparition.

Cette exposition met en regard des travaux récents comme Daidalopolis (2016), oeuvre monumentale aux allures de drone, sorte d’arche de Noé de la culture, conçue spécialement pour l’exposition, les peintures blanches de la série Mésopotamie (2012-2016), allégories monochromes des destructions en cours au Moyen Orient ou encore Hatra (2016), tapis évoquant le martyre de cette ville dévastée par l’Etat islamique, et d’autres, historiques, telles 2235 AP JC (2001), spectaculaire maquette reproduisant une ville futuriste postapocalyptique ou encore Construction IV (1977), de la série Domus aurea, grand paysage de ruines noires immergées dans une eau aussi sombre que glauque.

En écho à leur cheminement artistique « nous avons imaginé cette exposition comme un voyage où les temps et les lieux se mêlent, un voyage sans chronologie ni carte, à travers les paysages de notre mémoire, à travers nos travaux anciens et nouveaux », elle invite à une immersion dans l’oeuvre d’Anne et Patrick Poirier, au rythme de l’enfilade des salles, de celle des Ruines du futur, à celle des Regards intérieurs, puis de L’incertitude et de l’oubli pour aboutir à La salle des Mémoires englouties.

Enfants de la guerre, Anne, née en 1941 à Marseille, et Patrick Poirier, né à Nantes en 1942, ont étudié aux Arts décoratifs de Paris et séjourné comme pensionnaires de la Villa Médicis à Rome de 1967 à 1971.

Ils ont participé à de nombreuses expositions internationales telles que la Biennale de Venise (1976, 1980 et 1984), la documenta VI à Kassel (1977), la Biennale de Lyon (2000) et à la Biennale de Valencia (2003). Leur travail a fait l’objet d’expositions dans les institutions les plus prestigieuses : Neuer Berliner Kunstverein à Berlin (1977), Musée national d’art moderne Centre Georges Pompidou à Paris (1978), MOMA à New York (1979), Museum Moderner Kusnt Stiftung Ludwig à Vienne (1994) et The Getty Research Institute à Los Angeles (2001). Plus récemment, leur travail a été présenté au Musée des Beaux-Arts de Nantes (2014), au Musée Cocteau à Menton (2015) et à la Galerie Mitterrand (2015) dans le cadre d’une exposition personnelle. Ils ont également été invités à à la Fondation Louis Vuitton à Tokyo (2014) et la Triennale d’Echigo-Tsumari Art Field au Japon (2015).

Une de leurs oeuvres emblématiques, Mnemosyne, de 1990, ouvre l’exposition Carambolages au Grand Palais (2 mars- 4 juillet 2016). Tony Cragg leur consacre une exposition personnelle dans sa fondation Skulpturenpark Waldfrieden à Wuppertal, du 29 octobre 2016 au 8 janvier 2017, et la Maison européenne de la photographie les invite, en septembre et octobre 2017, pour la première rétrospective de leur travail photographique.

Catalogue trilingue (français, anglais, allemand) avec un texte de Lorand Hegyi, directeur du Musée d’art moderne et contemporain Saint-Etienne Métropole et commissaire de l’exposition et une interview par Heinz-Norbert Jocks, historien d’art. Editions Dilecta.

Commissaire de l’exposition : Lóránd Hegyi, directeur général du Musée

Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Etienne Métropole
rue Fernand Léger
42270 Saint-Priest-en-Jarez
www.mamc-st-etienne.fr