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11/05/24

Exposition Paul Neagu @ MAMCO Genève

Paul Neagu
MAMCO Genève
Jusqu'au 9 juin 2024

Paul Neagu
PAUL NEAGU
Jump, 1977
Lithographie aquarellée et collage sur papier
56 x 76 cm
Coll. archives de la Galerie Rivolta

Paul Neagu
PAUL NEAGU 
Track 5/11, 1971
Encre de Chine et lavis de gouache sur papier millimétré
32.50 x 20.50 cm / 54 x 42 cm (avec cadre)
Coll. MAMCO, don Jean-Paul Jungo

Electricien puis topographe à Bucarest, le Roumain PAUL NEAGU (1938-2004) étudie en autodidacte la philosophie et le dessin géométrique. Il suit finalement des études d’art classiques à l’Institut d’arts plastiques Nicolae Grigorescu à l’issue desquelles il voyage et expose dans plusieurs pays soviétiques, puis en Europe occidentale. Il s’installe définitivement à Londres en 1970 grâce à l’entremise du commissaire d’exposition écossais Richard Demarco. Dès lors, en parallèle à sa pratique, il enseigne successivement dans différentes écoles d’art londoniennes, où il compte parmi ses étudiant·e·s Anish Kapoor, Rachel Whiteread, Tony Cragg ou encore Marc Camille Chaimowicz.

Peu avant son départ pour le Royaume-Uni, Paul Neagu développe une sculpture contrainte par un choix restreint de matériaux, tous bon marché, tels que des boîtes d’allumettes, du carton, du bois ou du cuir. Il crée des objets construits par unités cellulaires, parfois articulés par des charnières, qu’il met en scène lors d’actions urbaines à Bucarest (documentées dans le film Neagu’s Boxes, 1969). Nourri par ses lectures anthroposophiques, il formule, dans le Palpable Art Manifesto publié à Edimbourg en 1969, les bases théoriques sur lesquelles il construira l’ensemble de son œuvre : la vision d’un art qui s’appréhende par les cinq sens et qui appelle à l’interconnectivité des êtres avec leur environnement. Nommé Anthropocosmos, ce système se traduit dans ses œuvres par une grille alvéolée qui fragmente en cellules creuses et rectangulaires les parties sensibles du corps humain – le doigt, la main, les lèvres, l’œil, le sein – ou le corps tout entier. 

Insérée dans une grille géométrique, la figure humaine participe à un système intitulé Generative Art Code. Celui-ci théorise et codifie la coexistence dynamique des trois régimes qui, selon l’artiste, définissent les expériences philosophiques ou sociales : l’instinct primaire (représenté par le triangle), l’ordre et la rationalité de la société cartésienne (le rectangle) et enfin la révélation du soi grâce à la libération des normes et des contraintes (le cercle). Cet affranchissement ne peut être atteint que par le mouvement : le saut, la ronde, ou la « tornade », un motif-clé de l’œuvre de l’artiste. Fort de ce programme, Paul Neagu fonde en 1972 le Generative Art Group, un collectif de cinq artistes dont il est le seul membre non fictionnel, et du nom duquel il signe un catalogue et de nombreuses œuvres. Chacun des membres du groupe, dûment nommé et doté d’une biographie, se présente comme l’unité constitutive d’une superstructure.

Durant la décennie 1970, soit la plus décisive de son œuvre, Paul Neagu expose à trois reprises à la galerie Rivolta de Lausanne, avec laquelle il entretient une relation de confiance. Les expositions qu’il y conçoit en 1972, 1976 et 1981 sont envisagées comme des entités harmonieuses, l’artiste dessinant lui-même le mobilier de ses scénographies. L’exposition du MAMCO rassemble un important ensemble d’estampes et de dessins qui furent produits pour sa galerie lausannoise, ainsi qu’une sélection de documents d’archives mis à disposition par la famille Rivolta. Elle rend hommage à cet artiste singulier, qui se tint à l’écart des avant-gardes, tout en marquant discrètement, mais durablement, le paysage artistique européen.

L’exposition est organisée par Elisabeth Jobin, avec le soutien des archives de la galerie Rivolta et The Paul Neagu Estate (UK).

MAMCO GENÈVE
MUSÉE D’ART MODERNE ET CONTEMPORAIN
10 rue des Vieux Grenadiers, 1205 Genève

PAUL NEAGU -  MAMCO GENÈVE - 5.3 - 9.6.2024

Exposition Paul Thek @ MAMCO Genève

Paul Thek
MAMCO Genève
Jusqu'au 9 juin 2024

Paul Thek
PAUL THEK 
Untitled (Self-Portrait as a Pyramid)
(from the series Technological Reliquaries), 1966-1967
Cire, peinture acrylique, bois, métal, Plexiglas
56.2 x 32.1 x 39.4 cm
Coll. Wilhelm Lehmbruck Museum – Zentrum
Internationaler Skulptur, Duisburg

Paul Thek
PAUL THEK
La Corazza di Michelangelo, 1963
Cire et acrylique sur céramique
40 x 30 x 20 cm
Deichtorhallen Hamburg / Falckenberg Collection

PAUL THEK (1933-1988) est l’un des artistes américains les plus singuliers de la seconde moitié du 20e siècle et a toujours refusé d’appartenir aux courants artistiques dominants de son époque. Au cours des années 1960, son travail s’est développé en marge du Pop Art et de l’art minimal, en prenant le corps comme sujet et en développant de nouveaux modes de représentation. 

L’artiste se fait d’abord connaître par sa série des Meat Pieces (plus tard nommés Technological Reliquaries) qui représentent des fragments corporels traités comme des morceaux de chair, sculptés dans de la cire colorée et enfermés dans des boîtes en Plexiglas. Les Technological Reliquaries sont présentées dans les galeries new-yorkaises les plus importantes du moment (Stable Gallery, Pace Gallery), mais la relative confidentialité de la réception du travail de Paul Thek et son aversion pour le système de l’art américain le conduisent à se mettre à distance de la société américaine et à choisir de passer la plupart de son temps en Europe (Hollande, Italie). 

Parallèlement aux grandes installations éphémères, collectives et immersives de la fin des années 1960 et du début des années 1970, basées sur le motif symbolique et universel de la pyramide, Paul Thek revient à une pratique du dessin et de la peinture qui reste au cœur de son travail jusqu’à la fin de sa vie (il meurt du sida en 1988).

C’est d’abord la vie simple, extatique et panthéiste qu’il mène sur l’île de Ponza, en Italie, où il réside une partie de l’année entre 1969 et 1975 qui est la source de nombreuses peintures sur papier journal – une manière pour lui de revenir aux origines de la création en représentant ce qui l’entoure, l’infini de la mer et sa vie en harmonie avec les éléments naturels. Puis, dans les années 1980, la peinture est un moyen de parler de sa quête mystique, alors qu’il fait plusieurs retraites dans des monastères du Vermont. 

La Suisse a joué un rôle particulier dans la réception du travail de Paul Thek, puisqu’il fut soutenu notamment par Harald Szeemann et par Jean-Christophe Ammann. Toutefois, depuis l’exposition itinérante Paul Thek. The Wonderful World that Almost Was qui a circulé au Migros Museum et à la Kunsthalle de Zurich en 1996, son travail n’a plus fait l’objet d’une présentation institutionnelle en Suisse. 

L’exposition que lui consacre le MAMCO s’inscrit dans le prolongement de cette histoire, tout en souhaitant porter un nouveau regard sur l’œuvre inclassable de cette figure singulière de la contre-culture américaine. Elle propose, à partir d’un choix d’œuvres qui attestent la diversité des moyens d’expression que Paul Thek a explorés (sculptures, peintures, dessins et gravures), une traversée de sa pratique du début des années 1960 à la fin des années 1980. Elle s’attache à souligner cet entremêlement entre le spirituel et le corporel, le sacré et le profane, la nature et la technologie, la vie et la mort – autant d’oppositions qui reviennent au fil de ses créations, contribuant à faire de son œuvre hors normes un voyage initiatique. 

L’exposition est organisée par Valérie Da Costa, en collaboration avec Françoise Ninghetto.

MAMCO GENÈVE
MUSÉE D’ART MODERNE ET CONTEMPORAIN
10 rue des Vieux Grenadiers, 1205 Genève

PAUL THEK -  MAMCO GENÈVE - 5.3 - 9.6.2024

19/12/23

Tania Mouraud @ MAMCO Genève - Exposition "Da Capo"

Tania Mouraud: Da Capo
MAMCO Genève
4 octobre 2023 - 28 janvier 2024

Certaines des productions de TANIA MOURAUD (*1942) sont marquées par la Shoah, dette envers un père résistant tombé dans le Vercors sous les balles allemandes qui lui trace une destinée : celle de toujours prendre le parti des opprimés – et, de manière générale, celui des femmes. Une façon aussi d’être une citoyenne avertie, de parler de la vie, de ses contradictions et bouleversements tout en se déplaçant entre plusieurs cultures. Car, son œuvre est un creuset où se mélangent des influences musicales (John Zorn, la « noise » japonaise, les sonorités Klezmer, le manifeste « bruitiste » de Luigi Russolo), les chorégraphies de l’art martial indien, des références à l’histoire de l’art (du Journal de Léonard de Vinci aux avant-gardes russes) et aux figures historiques de la résistance (Gandhi, Mandela, Martin Luther King...).
 
L’exposition consacrée à Tania Mouraud se concentre sur ses travaux des décennies 1970 -1980 et notamment les « chambres de méditation ». Ces dispositifs psychosensoriels sonores ou silencieux répondent à un objectif ambitieux : celui d’intégrer une pièce supplémentaire dans les nouvelles constructions. Une forme d’organisation spatiale dans laquelle se recentrer, exister mentalement hors de toute contrainte, faisant le lien entre espace de méditation (« en Inde tout le monde a sa Prayer Room » dit volontiers l’artiste) et Une chambre à soi de Virginia Woolf.
 
A partir de 1977, Tania Mouraud recouvre les murs intérieurs ou extérieurs de mots dont elle agrandit au maximum les lettres à l’échelle du mur. Ainsi augmentés, les textes sont plus à déchiffrer qu’à lire, leur compréhension est ralentie ; une façon de se défaire des modes de lecture instantanés imposés par les médias.
 
« DCLLDF » (DIEUCOMPTELESLARMESDESFEMMES), phrase tirée de la Kabbale ou 
« STOPONYOURWAYHOMEJUSTTOLOOKATAFLOWER » prélevée dans Le dit du Genji, premier monument de la littérature japonaise et mondiale écrit par une femme au 11e siècle, comptent parmi les phrases ou expressions qu’elle propose à la réflexion des visiteurs et passants.

L’exposition du MAMCO, intitulée Da Capo, est aussi l’occasion de redécouvrir une œuvre qui appartient à la collection d’art minimal et conceptuel du musée, réunie dans l’Appartement : MENTATION qui renvoie à l’action en cours, au présent de l’expérience, à l’acte même de sentir. Elle est, pour l’occasion, restituée dans sa version originale, celle d’un texte imprimé sur bâche.

L’exposition est organisée par Sophie Costes et a reçu le soutien de la galerie Ceysson & Bénétière

MAMCO GENEVE
MUSÉE D’ART MODERNE ET CONTEMPORAIN
10 Rue des Vieux Grenadiers, 1205 Genève

13/05/18

FAILE @ MAMCS, Strasbourg - From the Air We Share

FAILE, From the Air We Share
Musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg - MAMCS
5 mai 2018 - 26 mai 2019

A l'occasion de ses 20 ans, le MAMCS a lancé une invitation originale au collectif FAILE, duo d'artistes installé à Brooklyn (USA) : investir les façades du musée. Leur création artistique offre ainsi à tous les visiteurs et passants une vaste et unique fresque de 1000 m2 aux influences croisées, de l'art de l'ornement au pop art en passant par la recherche typographique et l'influence des fanzines et des comic strips américains.

Duo internationalement reconnu, FAILE se compose de Patrick McNeil (né en 1975 à Edmonto, Canada) et de Patrick Miller (né en 1976 à Minneapolis, Etats-Unis). Amis d'enfance, Miller et McNey conçoivent ensemble sous le nom de FAILE, sérigraphies et collages. Le nom de leur duo "FAILE" est un anagramme du titre de leur première oeuvre collective, A Life. Ce sont leurs interventions monumentales dans l’espace public qui contribuent à leur reconnaissance : la Tate Modern à Londres en 2008, la Place des Restauradores à Lisbonne en 2010, le New York City Ballet en 2013 ou encore Times Square à New York en 2015. Epris de mots et d’images issues aussi bien de l’Histoire de l’Art que de la culture pop (cinéma, bande dessinée, publicité), FAILE réalise de vastes peintures murales et des installations dans l’espace urbain, leur champ d’action allant au-delà du seul Street Art. 

Première invitation française de cette ampleur pour FAILE, le projet du MAMCS vient magnifier le bâtiment du musée conçu par Adrien Fainsilber en 1998. Pour le musée, FAILE imagine une série de nouvelles compositions qui prend ses sources dans leur rencontre avec la ville. En décembre 2017, Patrick Miller et Patrick McNeil découvrent Strasbourg pour la première fois et observent avec attention et fascination le patrimoine, l’histoire et les légendes qui forgent l’identité d’une cité qui leur est complètement inconnue. De retour à Brooklyn, ils reprennent les images et souvenirs qui ont jalonné leur séjour pour écrire un poème qui sert de trame à leur projet. Intitulé From the Air We Share, ce poème dominé par la métaphore et le symbole, constitue la trame d’un récit épique, dans lequel apparaissent en filigrane des figures liées à l’histoire et à la culture strasbourgeoises, de Marie-Antoinette à Hans Arp, de la présence du Rhin à celle du diable qui hante la cathédrale.

Outre l’ensemble de fresques réalisées pour les murs du musée, une sélection d’oeuvres de FAILE
sera présentée dans l’une des salles du MAMCS. OEuvres sur bois, sérigraphies et acryliques sur
toile mettant en scène plusieurs de leurs personnages et motifs-fétiches seront ainsi visibles sur la mezzanine de l’espace d’« ExpériMAMCS ! » (au rez-de-chaussée, en bout de nef).

Ce projet a été mené en partenariat avec la Galerie Danisz qui représente FAILE.

L'exposition est organisée dans le cadre de "Happy 20", programme de manifestations de la Ville de Strasbourg, à l'occasion des 20 ans du Musée d'Art moderne et contemporain de Starsbourg, célébrés en 2018.

Commissaire : Estelle Pietrzyk, conservatrice en chef du patrimoine, Directrice du MAMCS

MAMCS - MUSEE D'ART MODERNE ET CONTEMPORAIN DE STRASBOURG
1 Place Hans-Jean-Arp, Strasbourg

23/01/18

Angela Detanico & Rafael Lain, MASC, Les Sables d'Olonne - Musée de l'Abbaye Sainte-Croix, musée d'art moderne et contemporain

Angela Detanico & Rafael Lain
MASC, Musée de l'Abbaye Sainte-Croix, musée d'art moderne et contemporain, Les Sables d'Olonne
28 janvier - 20 mai 2018

Angela Detanico & Rafael Lain
Angela Detanico & Rafael Lain
Ulysses , 2017
Animation noir et blanc, muet
Durée : 732 pages
Édition de 5
Courtesy Detanico/Lain et Martine Aboucaya

Angela Detanico & Rafael Lain
Angela Detanico & Rafael Lain
Atlas (the World), 2017
Impression numérique sur papier
24 éléments ; 50 x 40 cm chacun
OEuvre unique
Courtesy Detanico/Lain et Martine Aboucaya

Fins connaisseurs de la poésie concrète, héritiers de l'art conceptuel, Angela Detanico & Rafael Lain interrogent les grands mystères de l'univers et la saisie du temps et de l'espace par la mise en place de systèmes rigoureux. A la recherche de nouvelles écritures, ils inventent des processus de création et des grilles de lecture qui, sous leur apparence austère, recèlent une infinie poésie. Leur démarche, ancrée dans la modernité, s'appuie fréquemment sur les nouveaux médias qui leur permettent d'analyser, de décortiquer puis de recomposer les images, les textes, en un mot les données qui servent de point de départ à la création d'une œuvre qui fait son miel des connexions entre science et nature, art et paysage, image et langage. Angela Detanico et Rafael Lain travaillent ensemble depuis 1996.

Respectivement sémiologue et graphiste de formation, ils sont originaires du Brésil, qu'ils ont représenté lors de la Biennale de Venise en 2007. Ils travaillent et vivent aujourd'hui à Paris. Leurs œuvres ont notamment été présentées au Jeu de Paume à Paris (2008) et à la Fondation Berardo à Lisbonne (2013).

Angela Detanico & Rafael Lain
Angela Detanico & Rafael Lain
Le Nom des Étoiles, 2007
Castor et Pollux
Diptyque
Impression numérique pigmentaire sur papier et sérigraphie sur verre
40 x 40 cm chaque élément
OEuvre unique
Courtesy Detanico/Lain et Martine Aboucaya

Angela Detanico & Rafael Lain
Angela Detanico & Rafael Lain
Flatland, 2003
Vidéo couleur, son
Durée : 7'36''
Édition de 5
MASC, musée d'art moderne et contemporain, Les Sables d'Olonne

Parution d'un catalogue à l'occasion de l'exposition.

Visites commentées, en partenariat avec les Amis du Masc, les 11 février, 11 mars, 15 avril et 13 mai 2018 à 15 h

MASC, Musée de l'Abbaye Sainte-Croix, musée d'art moderne et contemporain
Rue de Verdun – 85100 Les Sables d’Olonne
www.lemasc.fr

09/07/16

Anne et Patrick Poirier à Saint-Etienne au Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Etienne Métropole

Anne et Patrick Poirier
Danger zones - Un voyage sans carte
Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Etienne Métropole
2 juillet 2016 - 29 janvier 2017


Pour la première exposition à caractère rétrospectif d’Anne et Patrick Poirier en France, le Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Etienne Métropole réunit une quarantaine d’oeuvres majeures de l’un des tout premiers et rares couples d’artistes.

Danger Zones, titre choisi à dessein par Anne et Patrick Poirier, reprend celui donné à l’une de leurs pièces, emblématique et prémonitoire, de 2001. Il témoigne du caractère visionnaire de leurs intuitions, nourries par leur observation attentive et distanciée de l’histoire passée et du cours du monde actuel. Il réaffirme avec éclat la pertinence de leurs questionnements au centre de leur oeuvre polymorphe et poétique : la fragilité des civilisations et de la nature, le rôle primordial de la mémoire et de son fonctionnement, antidote à la tyrannie du temps, les désordres des guerres et les menaces pesant sur la connaissance.

Anne et Patrick Poirier, qui se dénomment architectes-archéologues, ont commencé à visiter, fouiller, collecter et inventorier des sites et des vestiges issus des civilisations anciennes dès leurs premiers travaux communs à Rome en 1967. Cet intérêt pour le voyage, aux allures parfois d’errances, et la découverte du patrimoine de l’humanité est profondément ancré dans leur pratique artistique. Dans le sillage de l’enseignement de Claude Lévi-Strauss, ils font partie des premières générations d’artistes à avoir parcouru le monde pour comprendre l’organisation des cités antiques, et plus particulièrement, les formes de leur disparition.

Cette exposition met en regard des travaux récents comme Daidalopolis (2016), oeuvre monumentale aux allures de drone, sorte d’arche de Noé de la culture, conçue spécialement pour l’exposition, les peintures blanches de la série Mésopotamie (2012-2016), allégories monochromes des destructions en cours au Moyen Orient ou encore Hatra (2016), tapis évoquant le martyre de cette ville dévastée par l’Etat islamique, et d’autres, historiques, telles 2235 AP JC (2001), spectaculaire maquette reproduisant une ville futuriste postapocalyptique ou encore Construction IV (1977), de la série Domus aurea, grand paysage de ruines noires immergées dans une eau aussi sombre que glauque.

En écho à leur cheminement artistique « nous avons imaginé cette exposition comme un voyage où les temps et les lieux se mêlent, un voyage sans chronologie ni carte, à travers les paysages de notre mémoire, à travers nos travaux anciens et nouveaux », elle invite à une immersion dans l’oeuvre d’Anne et Patrick Poirier, au rythme de l’enfilade des salles, de celle des Ruines du futur, à celle des Regards intérieurs, puis de L’incertitude et de l’oubli pour aboutir à La salle des Mémoires englouties.

Enfants de la guerre, Anne, née en 1941 à Marseille, et Patrick Poirier, né à Nantes en 1942, ont étudié aux Arts décoratifs de Paris et séjourné comme pensionnaires de la Villa Médicis à Rome de 1967 à 1971.

Ils ont participé à de nombreuses expositions internationales telles que la Biennale de Venise (1976, 1980 et 1984), la documenta VI à Kassel (1977), la Biennale de Lyon (2000) et à la Biennale de Valencia (2003). Leur travail a fait l’objet d’expositions dans les institutions les plus prestigieuses : Neuer Berliner Kunstverein à Berlin (1977), Musée national d’art moderne Centre Georges Pompidou à Paris (1978), MOMA à New York (1979), Museum Moderner Kusnt Stiftung Ludwig à Vienne (1994) et The Getty Research Institute à Los Angeles (2001). Plus récemment, leur travail a été présenté au Musée des Beaux-Arts de Nantes (2014), au Musée Cocteau à Menton (2015) et à la Galerie Mitterrand (2015) dans le cadre d’une exposition personnelle. Ils ont également été invités à à la Fondation Louis Vuitton à Tokyo (2014) et la Triennale d’Echigo-Tsumari Art Field au Japon (2015).

Une de leurs oeuvres emblématiques, Mnemosyne, de 1990, ouvre l’exposition Carambolages au Grand Palais (2 mars- 4 juillet 2016). Tony Cragg leur consacre une exposition personnelle dans sa fondation Skulpturenpark Waldfrieden à Wuppertal, du 29 octobre 2016 au 8 janvier 2017, et la Maison européenne de la photographie les invite, en septembre et octobre 2017, pour la première rétrospective de leur travail photographique.

Catalogue trilingue (français, anglais, allemand) avec un texte de Lorand Hegyi, directeur du Musée d’art moderne et contemporain Saint-Etienne Métropole et commissaire de l’exposition et une interview par Heinz-Norbert Jocks, historien d’art. Editions Dilecta.

Commissaire de l’exposition : Lóránd Hegyi, directeur général du Musée

Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Etienne Métropole
rue Fernand Léger
42270 Saint-Priest-en-Jarez
www.mamc-st-etienne.fr