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06/10/25

De la ligne à la matière @ Galerie Mitterrand, Paris - Josef Albers, Carl Andre, Donald Judd, Sol Lewitt, Robert Mangold, Allan Mccollum, Robert Morris, Kenneth Noland, Richard Nonas, Fred Sandback, Keith Sonnier, Lawrence Weiner

De la ligne à la matière
Josef Albers, Carl Andre, Donald Judd, Sol Lewitt, Robert Mangold, Allan Mccollum, Robert Morris, Kenneth Noland, Richard Nonas, Fred Sandback, Keith Sonnier, Lawrence Weiner
Galerie Mitterrand, Paris
12 septembre - 20 décembre 2025

La galerie Mitterrand présente une exposition collective, intitulée De la ligne à la matière, sur l’ensemble de ses espaces à Paris (Faubourg Saint-Honoré et Temple).
 
Réunissant des figures majeures de l’art minimal et post-minimal américain, l’exposition offre un regard transversal sur une génération d’artistes ayant transformé les pratiques sculpturales et picturales à partir des années 1960. À travers une sélection d’oeuvres caractéristiques, elle interroge les principes fondamentaux de ces courants artistiques : réduction formelle, matérialité brute, répétition, rapport au corps et à l’espace, expérience physique de l’oeuvre.
 
Les structures horizontales de Carl Andre, les lignes tendues de Fred Sandback, les modules répétitifs de Richard Nonas ou les volumes suspendus de Robert Morris activent une nouvelle relation entre l’œuvre, l’espace et le spectateur, fondée sur l’expérience directe, sensorielle et physique, plutôt que sur la représentation. Judd, théoricien majeur du minimalisme, développe des modules géométriques en série, réalisés en métal ou plexiglas, qu’il qualifie d’“objets spécifiques” : ni peintures, ni sculptures, mais entités autonomes interagissant avec l’espace.
 
Les carrés de Josef Albers, bien qu’antérieurs, annoncent par leur rigueur formelle et leur approche sérielle certaines préoccupations du minimalisme et ouvrent la voie à une approche analytique de la perception. Keith Sonnier, en introduisant le néon et des matériaux industriels dans l’espace, illustre une sensibilité post-minimale, où la lumière, la couleur et l’environnement deviennent partie intégrante de l’oeuvre. De son côté, Allan McCollum développe des compositions sérielles et modulaires à grande échelle, où la répétition n’annule pas la singularité, mais au contraire la questionne. Sa démarche systématique inscrit son œuvre dans une veine post-minimale qui dépasse la pure réduction formelle pour interroger les conditions mêmes de l’unicité et de la reproductibilité dans l’art.
 
Ces approches renforcent l’idée selon laquelle le minimalisme – et aussi son prolongement post-minimal - n’est pas une réduction, mais une densité essentielle. L’épure devient ici une stratégie de révélation : de la ligne, de la matière, et de notre propre perception. A travers les oeuvres de Josef Albers, Carl Andre, Donald Judd, Sol Lewitt, Robert Mangold, Allan Mccollum, Robert Morris, Kenneth Noland, Richard Nonas, Fred Sandback, Keith Sonnier et Lawrence Weiner, De la ligne à la matière propose un regard collectif sur une esthétique qui privilégie la forme, le matériau et l’espace, sans recours à l’ornement ou à la narration.

GALERIE MITTERRAND
95, rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris
79, rue du Temple, 75003 Paris

01/01/25

Anne et Patrick Poirier @ Galerie Mitterrand, Paris - Exposition "56ème Campagne de Fouilles, 1968/2024"

Anne et Patrick Poirier
56ème Campagne de Fouilles, 1968/2024
Galerie Mitterrand, Paris
Jusqu'au 18 janvier 2025

Anne et Patrick Poirier
, Fragilita, 2024 

La galerie Mitterrand | Temple présente une nouvelle exposition du couple d’artistes Anne et Patrick Poirier. Intitulée 56ème Campagne de Fouilles, 1968/2024, cette quatrième exposition à la galerie est une exploration inédite de leur oeuvre dont Anne et Patrick Poirier sont ici les archéologues. « Ils exhument et montrent des travaux de périodes et d’expressions diverses, depuis les années 1970 où ils ont réintroduit les concepts de ruines et de mémoire dans l’art contemporain. »1

Présentée dans les deux espaces de la galerie, cette exposition rassemble plus d’une vingtaine d’oeuvres qui donnent à voir, à travers la multiplicité des médiums, l’insatiable curiosité, le goût permanent de l’expérimentation et la foisonnante créativité du duo depuis sa décision de faire oeuvre commune en 1968 à la Villa Médicis, à Rome. La décennie 70 est marquée par une remise en cause générale. En art, elle s’incarne dans plusieurs mouvements l’art conceptuel, l’art minimal, le Nouveau Réalisme, l’Arte Povera... Sans appartenir à l’un de ces courants, leur démarche s’inscrit néanmoins dans cette volonté commune de rompre avec les conventions artistiques. Dans cet esprit de rupture, invités en 1970 au Japon pour intervenir dans le pavillon français de l’Exposition universelle à Osaka, ils font inscrire à la rubrique profession « architecte » pour Anne et « archéologue » pour Patrick.

Parmi les oeuvres exposées, La cité des ombres (2022) occupe une place particulière. Présentée en France pour la première fois, elle est dans la filiation des grandes maquettes, dont Tony Cragg a, à juste titre, rappelé qu’elles ont élargi le champ de la sculpture2. Nourries de leurs vécus d’enfants de la guerre ainsi que de leurs explorations de sites antiques à travers le monde, ces maquettes, comme tout leur travail, sont des métaphores qui traitent de la violence de l’Homme et des menaces qu’elle fait peser sur l’avenir de l’humanité.

La cité des ombres se rapproche de la série Mnémosyne par sa forme elliptique et sa couleur blanche, mais elle en diverge par les matériaux utilisés (laine et faïence), ainsi que par sa composante intime. Cette oeuvre est le fruit d’un rêve fait par Anne Poirier en janvier 2022, peu avant le retour de la guerre aux portes de l’Europe. Dans celui-ci, Anne Poirier est guidée par son fils, disparu en 2002, à travers une ville déserte et en ruines. Les éléments en faïence réalisés par les artistes et inspirés par l’architecture de la nécropole étrusque de Cerveteri en Italie en renforcent la dimension méditative et existentielle.

La promenade introspective du duo dans leur oeuvre, permet au visiteur de découvrir nombre de pièces historiques ou inédites. La sculpture De la fragilité du pouvoir (1986-2024) se rattache aux oeuvres monumentales des années 80. La série Isola Sacra (1973) appartient aux tout premiers travaux du duo, créés sur le site même de l’ancienne nécropole, en utilisant la technique de l’estampage, dont ils ont découvert à posteriori qu’elle était celle utilisée par les archéologues. Les deux Jardin noir. Domus Aurea (1975) font partie des herbiers qui ont accompagné la création des grandes maquettes noires des années 70. Ils témoignent d’une prise de conscience précoce des méfaits de la société de consommation sur la nature. Reflets de l’âme (2019) appartient à un corpus d’oeuvres développées depuis 1990, dans lesquelles la forme récurrente du cerveau témoigne de l’intérêt du couple pour la mémoire et les complexités de la psyché dont il tente de percer les secrets et d’en donner une représentation. Dans les photographies sur porcelaine de la série La serre de Chaumont et D’après nature. Musée archéologique Salinas, Palerme (2024), le duo renoue avec cette technique utilisée déjà dans les années 70, mais ici en couleurs, élargissant le champ de leurs expérimentations.
« Anne et Patrick Poirier répondent avec le recul nécessaire aux évènements du monde d’aujourd’hui. (…) Plongeant leur regard jusque dans la nuit des temps, ils sont de ce fait des Veilleurs de jour, toujours en alerte pour témoigner des méfaits de l’homme pour l’homme et tenter de saisir les complexités contradictoires de sa psyché. »3 En cela, Anne et Patrick Poirier sont des artistes visionnaires dont l’oeuvre ne cesse d’être une source de réflexion et d’inspiration.
Parallèlement à cette exposition, Anne et Patrick Poirier présentent deux sculptures, lustres intitulés Le Monde à l’envers à la galerie Régis Mathieu (2, rue de Miromesnil, Paris VIIIe).

ANNE ET PATRICK POIRIER (nés respectivement en 1941 et 1942) sont des pionniers de la création en couple. Ils ont participé à la Biennale de Venise (1976, 1980 et 1984) et la documenta VI à Kassel (1977). Leur travail a fait l’objet d’expositions personnelles dans des institutions prestigieuses, comme le Centre Pompidou, Paris (1978), le MoMA, New York (1979), le Musée d’art moderne de Saint-Étienne (2016), la Maison Européenne de la Photographie, Paris (2017), le De Pont Museum, Tilburg (2018-2019), la Villa Médicis, Rome (2019), le Château La Coste, Le Puy Ste-Réparade (2021), le Ludwig Museum, Coblence (2022), le Musée Ingres Bourdelle, Montauban (2023) et le Domaine de Chaumont-sur-Loire (2024). Leur travail a également été inclus dans de nombreuses expositions de groupe au Grand Palais, Paris (2016), au Palazzo Fortuny, Venise (2018), à la Fondation Juan March, Madrid (2023).

1. Anne et Patrick Poirier, septembre 2024.
2. Discours de Tony Cragg lors du vernissage de l’exposition de Anne et Patrick Poirier dans sa fondation éponyme à Wuppertal en 2016.
3. Jean-Hubert Martin, Veilleurs de jour, ANNE ET PATRICK POIRIER, Paris, Editions Flammarion, 2017, p. 7.

ANNE ET PATRICK POIRIER, 56e CAMPAGNE DE FOUILLES. 1968/2024
GALERIE MITTERRAND, PARIS, 15.11.2024 - 18.01.2025

Exposition suivante : Ron Gorchov, 24 janvier - 15 mars 2025

GALERIE MITTERRAND | TEMPLE
79, rue du Temple, Paris IIIe

Ron Gorchov @ Galerie Mitterrand, Paris

Ron Gorchov
Galerie Mitterrand, Paris
24 janvier - 15 mars 2025

Ron Gorchov
, Penduluum, 1982

La galerie Mitterrand | St-Honoré présente une exposition de l’artiste américain RON GORCHOV (1930 - 2020).
 
Ron Gorchov fait partie d’une génération de peintres qui a rompu dans les années 60 avec le traditionnel châssis rectangulaire en établissant un lien nouveau entre la sculpture et la peinture abstraite. Au sein d'un groupe d'artistes new-yorkais comprenant Frank Stella, Richard Tuttle, Blinky Palermo et Ellsworth Kelly, Ron Gorchov a repoussé les limites physiques de la peinture. C’est en 1967 dans l’atelier de Mark Rothko qu’il façonne sa première toile courbée. Ron Gorchov a dès lors contribué à l’apparition et au développement des shaped canvas dans l’histoire de la peinture du XXème siècle. Ses œuvres se caractérisent par l’usage de cadres en bois courbés qui peuvent évoquer une selle de cheval ou un bouclier. Sur les toiles de lin tendues sur ces châssis délibérément sculpturaux, Ron Gorchov répète inlassablement des motifs abstraits inspirés de sculptures grecques antiques qu’il décline à travers une multitude d’expérimentations chromatiques.
 
Les œuvres présentées à la galerie Mitterrand | St-Honoré donnent à voir un aperçu de ces explorations formelles réalisées entre 1970 et 2020. La tension appliquée au châssis, qui devient donc concave ou convexe, permet de libérer la surface picturale de certaines contraintes spatiales et matérielles. La profondeur réelle de la toile renforce le dialogue entre les formes biomorphiques qui contrastent avec le fond et créent un effet d’illusion. L’œuvre n’est plus fixe, les formes flottent à la surface de la composition et semblent se détacher de leur support. Comme a pu l’évoquer Gorchov lors d’une interview, son idéal esthétique serait de s’affranchir de la gravité et de voir l’œuvre flotter librement dans l’espace [1]. Un détachement qui reflète tout un état d’esprit, voir une philosophie, comme l’a déclaré l’artiste lui-même, « mes peintures sont principalement faites de rêveries, et de chance » [2].
 
Ron Gorchov est né en 1930 à Chicago (IL) et est décédé en 2020 à Brooklyn (NY). Ses peintures font partie de nombreuses collections importantes, notamment le Metropolitan Museum of Art, New York ; le Museum of Modern Art, New York ; le Whitney Museum of American Art, New York ; le Detroit Institute of Arts, Michigan ; le Solomon R. Guggenheim Museum, New York ; et le Everson Museum of Art, New York.

[1] Ron Gorchov, Maruani Mercier, Bruxelles, 2017

[2] Entretien de Ron Gorchov avec Robert Storr et Phong Bui, septembre 2006

GALERIE MITTERRAND
95, rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris VIIIe

30/11/17

Edi Hila @ Galerie Mitterand, Paris - Tirana-Versailles

Edi Hila : Tirana-Versailles
Galerie Mitterand, Paris

Jusqu'au 23 décembre 2017

La Galerie Mitterrand présente la troisième exposition personnelle du peintre albanais Edi Hila. Cette exposition, intitulée Tirana-Versailles, intervient à la suite de la participation de l’artiste à la dernière documenta à Cassel et Athènes et est l’occasion pour le public parisien de découvrir un ensemble de peintures réalisées entre 2001 et 2015. L’artiste bénéficiera prochainement d’une grande rétrospective au Musée d’Art Moderne de Varsovie (mars-mai 2018).

Figure majeure de la scène balkanique, Edi Hila témoigne depuis plus de vingt ans des profonds changements vécus par les sociétés postcommunistes européennes. Ayant refusé d'émigrer vers un pays économiquement plus riche, il vit à Tirana, où il développe un travail de réflexion sur la nature transitoire de l'histoire de son pays (frontière naturelle entre occident et orient) et sur la position de la peinture albanaise dans l'histoire de l'art méditerranéenne.

L’exposition Tirana-Versailles présentée à la Galerie Mitterrand réunit une sélection d’oeuvres d’Edi Hila provenant de différentes séries qu’il a réalisées depuis le début des années 2000. Ces peintures mettent l’accent sur l’environnement urbain et plus particulièrement sur l’architecture qui est, selon l’artiste, le lieu d’expression privilégié de l’identité albanaise. C’est à travers sa représentation qu’il matérialise visuellement et symboliquement le pouvoir politique, l’héritage culturel et le climat psychologique de son pays. L’exposition réunit des réalités sociales opposées. Les bâtiments officiels du régime autoritaire communiste - dans les oeuvres Pyramides, Monuments, Municipalité de Tirana - côtoient certains édifices modestes comme dans Périphérie ou à l’abandon dans la peinture Maison III. La référence à Versailles est présente dans la série récente des Boulevards notamment exposée dans sa totalité lors de la dernière documenta. Dans cette série, où sont représentés les principaux édifices publics qui bordent le Boulevards des Martyrs de la Nation, à Tirana, Edi Hila, établi un parallèle entre l’organisation urbaine et architecturale de l’âge classique, avec notamment le plan géométrique et la grandiloquence ornementale de Versailles et l’expression autoritaire du pouvoir communiste dans l’urbanisation et l’implantation de ses bâtiments officiels. De Tirana à Versailles, l’artiste nous sensibilise, avec sa peinture délicate et mystérieuse, aux relations complexes qui nouent notre histoire, nos identités et notre environnement.

Edi Hila est né à Shkodër, en Albanie, en 1944. Depuis 1991, il enseigne la peinture à l'Académie des Arts de Tirana où il forma notamment des artistes comme Adrian Paci et Anri Sala. Il a participé à de nombreuses expositions internationales telles que la Biennale de Venise (1999), After the Wall au Moderna Museet à Stockholm (1999), au Hamburger Bahnhof à Berlin et au Ludwig Museum à Budapest (2000), Blood and Honey, The Future's Balkan sous le commissariat de Harald Szeeman au Essl Museum à Vienne (2003), la Biennale de Liverpool (2010) ou encore la documenta de Kassel et Athènes (2017). Ses oeuvres sont présentes dans les collections du Musée national d'art Moderne - Centre Pompidou, du FRAC Pays de la Loire, du Fonds Municipal de la ville de Paris, de la Neue Gallery à Cassel et du Musée d’Art Moderne de Varsovie.

Galerie Mitterrand
79 rue du Temple - 75003 Paris
www.galeriemitterrand.com

Peter Kogler @ Galerie Mitterrand, Paris

Peter Kogler
Galerie Mitterrand, Paris

Jusqu'au 23 décembre 2017

La Galerie Mitterrand présente une nouvelle exposition personnelle de PETER KOGLER. A cette occasion, l’artiste autrichien présente une installation visuelle et sonore (son de Franz Pomassl) ainsi qu’un ensemble de collages récents.

Peter Kogler est un artiste pionnier de la création assistée par ordinateur. Toujours à la pointe de la technologie, il décline depuis une trentaine d'années une série de motifs récurrents qu’il matérialise sous de nombreuses formes : impressions bi et tridimensionnelles, sculpture, mobilier, papier-peint, dispositifs lumineux, collages et autres installations. Son iconographie, constituée depuis ses débuts de fourmis, cerveaux, globes terrestres, ampoules et lignes ondulatoires, est une métaphore du réseau, des flux et du lien social.

Pour sa nouvelle exposition à la Galerie Mitterrand, Peter Kogler présente une installation visuelle et sonore créée en 2016, produite et exposée par la Fondation ERES à Munich la même année et au K21 à Düsseldorf en 2017. L’oeuvre est une boîte de H 240 x 230 x 270 cm dans lequel le visiteur est invité à entrer. A l’intérieur, les murs composés d’écrans LED et de miroirs reflètent à l’infini une animation vidéo kaléidoscopique créée par ordinateur. L’image du visiteur se reflète et fait partie intégrante de cet univers psychédélique et mouvant. Cette immersion dans un environnement abstrait et hypnotique est caractéristique des installations vidéo que Peter Kogler développe depuis le début des années 2000. Toutefois, pour la première fois, Peter Kogler a conçu une installation vidéo qui n’est pas techniquement in situ et donc éphémère. Il s’agit cette fois-ci d’un dispositif vidéo à la fois sculptural et par conséquent déplaçable. Cet forme hybride pourrait être envisagée comme une sorte de Dream Machine du XXIème siècle.

Un ensemble de collages réalisés spécialement pour l’exposition est aussi présenté. Ces oeuvres, pensées comme des « mood-boards », sont composées d’images collectées par l’artiste au cours des 30 dernières années. Celles-ci sont assemblées selon des protocoles fixés par l’artiste et combinées avec son iconographie personnelle. Elles constituent une sorte de paysage mental, une fenêtre sur le processus créatif spécifique de Peter Kogler.

Peter Kogler est né à Innsbruck en 1959 et vit et travaille à Vienne (Autriche). Peter Kogler a fait l’objet de nombreuses expositions internationales notamment à la Documenta IX (1992) et X (1997) à Kassel ainsi que dans le pavillon autrichien de la Biennale de Venise (1995). Il a bénéficié d’expositions personnelles dans de nombreuses institutions telles que le MAMCO de Genève (2007), le MUMOK de Vienne (2009), le Museu Colecção Berardo à Lisbonne (2009) et plus récemment au MSU – Museum of Contemporary Art, Zagreb (2014), au Sigmund Freud Museum, Vienne (2015) ou encore à l’ING Art Center, Bruxelles (2016).

Galerie Mitterrand
79 rue du Temple - 75003 Paris
www.galeriemitterrand.com

13/05/16

Allan McCollum: Perfect Couples & Shapes Spinoffs, Galerie Mitterrand, Paris

Allan McCollum
Perfect Couples & Shapes Spinoffs
Galerie Mitterrand, Paris

13 mai - 30 juillet 2016

La Galerie Mitterrand présente la troisième exposition personnelle de l'artiste américain Allan McCollum dans ses deux espaces. A cette occasion, les Perfect Couples (2012-2016) et Shapes Spinoffs (2015-2016), toutes deux issues du vaste projet The Shapes Project, sont exposées pour la première fois en France.

Aujourd’hui internationalement reconnu, Allan McCollum est l’un des artistes post-conceptuels à la fois les plus singuliers et les plus marquants de notre époque. Son œuvre se caractérise par un recours systématique à une production en très grand nombre d’œuvres uniques. Qu’il s’agisse de sculptures, de dessins ou de photographies, chacune de ses œuvres forme des « collections », allant de quelques objets à plusieurs milliers. Malgré l’apparente massification de sa production, McCollum préserve l’unicité de chaque élément en le différenciant de son ensemble par de subtiles variations.

The Shapes Project, qui a déjà fait l’objet d’une exposition à la Galerie Mitterrand en 2012, est sans doute le projet le plus ambitieux d’Allan McCollum à ce jour. En 2005, l’artiste a créé un système qui « [lui] permet de fabriquer suffisamment de formes uniques pour que chaque personne sur la planète possède la sienne ». À partir de la combinaison de 4 répertoires comprenant chacun 144 patrons différents (partie haute droite, partie haute gauche, partie basse droite, partie basse gauche) et 2 répertoires de 12 patrons (parties intermédiaires droite et gauche), ce protocole peut générer jusqu’à 31 milliards de formes uniques. L’artiste reconnaît lui-même que « le système est aujourd’hui en place, mais le projet de construire toutes les Shapes est bien trop large pour qu’[il] puisse le mener à bien seul, ou même qu’[il] puisse le terminer de [son] vivant. C’est pourquoi [il] l’organise de façon à ce que d’autres puissent le continuer en [son] absence ». 

En pratique, The Shapes Project peut être matérialisé sur des supports de natures diverses et de tailles variables. Après avoir présenté en 2012 les Shapes Monoprints, œuvres « génériques » du projet, la Galerie Mitterrand présente deux nouvelles formulations avec les Perfect Couples et les Shapes Spinoffs. Pour la série des Perfect Couples, Allan McCollum a réalisé des formes en bois peintes de différentes couleurs et les a associées par paires. Cette idée de « couple », présente dans des œuvres antérieures de l’artiste, anthropomorphise les Shapes et met l’accent sur l’idée de la relation entre individus. Les Shapes Spinoffs, réalisés en Allemagne, sont des sculptures en bois de frêne faites à la main à l’aide d’un tour à bois. L’utilisation d’une technique traditionnelle d’ébénisterie constitue un véritable défi à la réalisation des centaines de pièces qui composent cette série. Dans les séries les plus récentes de The Shapes Project, le recours à un artisanat généralement vernaculaire confère une typicité et un régionalisme aux œuvres et suggère, par extension, une réflexion sur l’identité et la communauté.

Allan McCollum est né en 1944 à Los Angeles (Californie). Il vit et travaille à New York. Ses œuvres sont présentes dans les collections de plus de 70 musées, tels que le Centre Pompidou ; le FNAC-CNAP ; le MoMA, NY ; le Musée Guggenheim, NY ; le Metropolitan Museum of Art, NY ; le Whitney Museum, NY, etc. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles notamment au Portikus Frankfurt, Allemagne (1988), au Stedelijk Van Abbemuseum, Eindhoven, Pays-Bas (1989), au Rooseum Center for Contemporary Art, Malmö, Suède (1990); à la Serpentine Gallery, Londres, Royaume-Uni (1990) ; au Sprengel Museum, Hanovre, Allemagne (1995–96) ; au Musée d'Art Moderne, Villeneuve d'Ascq, Lille, France (1998) ; au MAMCO à Genève (2006). Actuellement, son travail est aussi présenté à la galerie michèle didier jusqu’au 18 juin 2016 dans une exposition réalisée en binôme avec l’artiste français Claude Rutault.

GALERIE MITTERRAND
http://galeriemitterrand.com

11/12/15

Claude et François-Xavier Lalanne, Galerie Mitterrand, Paris

Claude et François-Xavier Lalanne
Galerie Mitterrand, Paris
12 décembre 2015 - 6 février 2016

La Galerie Mitterrand présente la nouvelle exposition consacrée à Claude et François-Xavier Lalanne et de célébrer ainsi les 40 ans de collaboration des artistes avec Jean-Gabriel Mitterrand et les 25 ans avec la Galerie Mitterrand. Cette exposition est une invitation à découvrir ou à redécouvrir l’univers artistique de ce couple de sculpteurs dont la reconnaissance internationale est établie.

Claude et François-Xavier Lalanne ont, chacun selon son propre modus operandi, élaboré depuis les années 60 une oeuvre parallèle sur le thème des animaux et de la nature, pleine d’humour et de poésie. Leur vocabulaire sculptural fait d’associations surréalistes telles que la Pomme-bouche (1980), le Choupatte (1978), le Gorille de Sûreté (1970) ou encore le Rhinocrétaire (1964), témoigne d’une créativité et d’une imagination qui s’est développée tout au long de leur carrière. Le style de Claude Lalanne est porté par son esprit ornemental et baroque, une intuition qui se libère des contraintes techniques qu’elle s’impose ; le travail de François-Xavier, quant à lui, recouvre un bestiaire espiègle sous des attitudes hiératiques, inscrivant les formes de ses sculptures dans une lignée d’artistes du XXe siècle, de Pompon à Brancusi (qui fut son voisin d’atelier à Montparnasse). Les Lalanne ont l’un et l’autre leur propre production, leur propre atelier et leur propre technique : la galvanoplastie pour Claude qui fige les formes naturelles pour les transformer instinctivement en sculptures, tables, chaises, bancs ou autres miroirs et le métal martelé pour François-Xavier qui sait « allier l’élégance du dessin à la rigueur des formes » (Claude Lalanne, 2000)* - S’ils n’ont que très rarement travaillé à quatre mains, ils restent pourtant indissociables.

REDÉCOUVERTES, NOUVELLES CRÉATIONS ET OEUVRES INÉDITES
L’exposition à la Galerie Mitterrand présente une sélection de pièces historiques et d’oeuvres plus récentes des deux artistes. Sont réunies des oeuvres incontournables de François-Xavier – les Moutons en epoxystone ou la Fontaine aux oiseaux sur la plage (1995) – et pour la première fois sont présentées la Table aux Cerfs et le Moyen Mouflon de Pauline. Des oeuvres récentes de Claude – le Nouveau Choupatte (2014), Jules & Jim (2015) sont exposées aux côtés de nouvelles sculptures réalisées spécialement pour l’exposition à la Galerie Mitterrand : les Berces Adossées (2015), une paire de Fauteuils entrelacs (2015), une Petite Table Crocodile (2015), un Marcassin (2015) ou encore une nouvelle série de six Miroirs (2015).

Claude Lalanne est née à Paris en 1925, elle vit et travaille à Ury. François-Xavier Lalanne est né à Agen en 1927 et décédé à Ury en 2008. François-Xavier a étudié la peinture à l'Académie Julian avant de se tourner vers la sulpture et travaille avec Claude depuis le milieu des années 50. Ils ont longuement collaboré avec la galeriste Alexandre Iolas et sont liés à la Galerie Mitterrand depuis le début des années 1990, avec laquelle ils ont réalisé plus d’une dizaine expositions. Avec le grand succès de la vente de la collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé le monde a découvert la place que les Lalanne occupaient auprès des deux collectionneurs et parmi les chefs d’oeuvres réunis au cours de leur vie. Une rétrospective leur a été consacrée en 2010 au Musée des Arts Décoratifs à Paris. On retrouve leurs oeuvres dans de nombreuses expositions de groupe, notamment lors de Decorum, tapis et tapisseries d’artistes (Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, 2013 et Power Station of Art à Shanghai 2014).

* Claude et François-Xavier Lalanne - Fragments. Edition Acatos, 2000.

GALERIE MITERRAND
http://galeriemitterrand.com

04/11/15

Duncan Wylie, Galerie Mitterrand, Paris

Duncan Wylie
Slashers
Galerie Mitterrand, Paris

7 novembre - 5 décembre 2015

La Galerie Mitterrand présente la nouvelle exposition personnelle de Duncan Wylie intitulée Slashers. Cette exposition réunit un ensemble de peintures récentes, les premières réalisées par l’artiste Franco-Zimbabwéen dans son nouvel atelier à Londres.

Depuis sa dernière exposition parisienne, en 2012 (From Chaos à la Galerie Mitterrand), Duncan Wylie a voyagé et fait voyager sa peinture. Cette période d’exploration et d’expérimentation intense dans son travail l’a d’abord mené en Afrique du Sud, où il a séjourné une année à l’occasion d’une résidence à la Nirox Foundation à Johannesburg. Ce retour en terre familière, puisque Duncan Wylie est né au Zimbabwé, lui a permis de faire évoluer sa palette, avec des tons chauds et terreux, de modifier sa pratique, avec des gestes plus lâchés et une composition plus esquissée, et enfin ses motifs, la figure humaine étant désormais au centre de sa peinture. Dès 2012, des silhouettes énigmatiques et discrètes étaient apparues furtivement sur quelques toiles encore largement dominées par des constructions architecturales en ruines. Elles représentaient une humanité précaire que l’artiste souhaitait faire émerger du chaos.

A son retour d’Afrique du Sud, Duncan Wylie a décidé de s’installer à Londres pour se confronter à un nouveau contexte culturel et artistique et approfondir ses recherches sur la représentation humaine. Nous savons que sa pratique passe par la collecte, l’archivage et la sélection d’images d’origines très diverses. Celles-ci sont ensuite reproduites librement, additionnées et superposées sur la toile. Or, l’une des nouvelles problématiques de Duncan Wylie est spécifiquement picturale, puisqu’il s’agit d’inclure dans son vocabulaire plastique une forme très identifiée, historiquement référencée et en rupture avec l’iconographie de ses travaux antérieurs. Des formes humaines évoluent désormais à la surface de ces constructions complexes. S’il est impossible de ne pas les percevoir, elles ne semblent pourtant jamais s’imposer sur leur environnement mais s’y fondent à la manière d’un caméléon. Les personnages peints font littéralement corps avec les trames successives. L’usage du glacis, récurrente dans le travail de Duncan Wylie, permet notamment de délimiter ces formes humaines en négatif, comme des fenêtres ouvertes sur le background de la peinture.

Les œuvres réunies dans cette nouvelle exposition nous interpellent par la typologie des personnages représentés, principalement des funambules et des skateurs, en équilibre précaire, que l’artiste nomment Slashers. Ce terme lancé par Marci Alboher du New York Times dérive du slash, le signe typographique (/) devenu omniprésent sur le net. Les Slashers de Duncan Wylie correspondent à une catégorie sociologique récente qui désigne les trentenaires qui multiplient les emplois par nécessité économique mais aussi par volonté de diversification de leurs activités. Entre précarité et construction d’une identité plurielle, les Slashers trouvent un écho particulier dans la peinture de Duncan Wylie : répétés, fusionnés, décontextualisés d’œuvres en œuvres, ils sont à la fois universels, identifiables au premier coup d’œil mais ils demeurent pourtant hermétiques et insaisissables. Comme l’explique Duncan Wylie : « Ces figures n’ont pas été décidées à l’avance, elles sont plutôt issues des événements en cours dans les tableaux : elles sortent de, et elles s’adaptent à ce qu’il se passe dans les strates du tableau ».

Duncan Wylie est né à Harare au Zimbabwe en 1975 et a obtenu la nationalité française en 2005. Diplômé avec félicitations de l'Ecole National Supérieure des Beaux-Arts de Paris, il vit et travaille entre Paris et Londres. En 2009, le Musée de Grenoble lui a consacré une exposition personnelle : « Duncan Wylie - Open House » (commissariat : Guy Tosatto). Duncan Wylie a participé à de nombreuses expositions de groupe : « Poétique du Chantier » (Musée-Château d'Annecy, 2010) ; DYNASTY (MAMVP et Palais de Tokyo, 2010) ; « Beyond the Crisis » (6ème Biennale de Curitiba, Brésil, 2011) ; « De Leur Temps 4 » (Centre d'art Le Hangar à Bananes, Collections de L'ADIAF, Nantes, 2013) ; ou encore « Facing Nature » (Museum Belvédère, Heerenveen, Pays-Bas, 2014). Ses œuvres sont présentes dans les collections du Musée de Grenoble, du MUDAM à Luxembourg et dans la collection du CNAP en France. Actuellement il est inclus dans l’exposition « La Forza delle Rovine » à Rome au Museo Nazionale Romano Palazzo Altemps jusqu’au 15 janvier 2016.

GALERIE MITTERRAND
http://galeriemitterrand.com