Showing posts with label art video. Show all posts
Showing posts with label art video. Show all posts

04/11/25

Aziz Hazara: Bow Echo @ SMAK Gand - Installation vidéo sur cinq écrans géants

Aziz Hazara: Bow Echo 
S.M.A.K. Gand
29 novembre 2025 – 3 mai 2026

Aziz Hazara Bow Echo
Aziz Hazara 
Bow Echo, 2019 
Collection S.M.A.K

Bow Echo est une puissante installation vidéo en cinq parties de l’artiste afghan Aziz Hazara. Depuis sa donation à S.M.A.K. en 2022, l’oeuvre est exposée pour la première fois dans le musée.

L’installation Bow Echo (2019) est composée de cinq écrans géants sur lesquels on voit cinq jeunes garçons qui affrontent un vent violent pour escalader un gros rocher. Une fois arrivés au sommet, ils jouent presque solennellement du kazoo, un petit instrument à vent qui produit un son nasillard. Le contraste entre la rigueur des conditions climatiques sur le haut plateau près de Kaboul et le maigre son du kazoo est une métaphore poétique de l’âpre situation de guerre qui règne en Afghanistan. 

Aziz Hazara dévoile les mécanismes du pouvoir sous-jacents qui sont à l’œuvre et montre comment une population traumatisée tente de s’accommoder du conflit et de l’oppression. Dans ce contexte, les notes qui sortent du kazoo résonnent comme une bande son ténue et macabre au-dessus d’un territoire occupé et en même temps comme un puissant appel à l’expression individuelle, l’espoir et la vie. 

AZIZ HAZARA (né en 1992, Wardak, Afghanistan) vit et travaille à Kaboul et à Berlin. À travers son art – dans lequel il combine photographie, vidéo, son, langages de programmation, texte et installations multimédias –, il étudie des thèmes tels que l’identité, le souvenir, les archives, le conflit, l’occupation et la migration, invariablement dans une perspective plus large, à la fois géopolitique et critique envers le pouvoir.

S.M.A.K
Jan Hoetplein 1, 9000 Gand

21/01/25

Amandine Khulmann @ Studio de la MEP, Paris - Installation vidéo "Cash me Online"

Amandine Khulmann 
Cash me online
Studio de la MEP, Paris
3 avril - 18 mai 2025

Amandine Kuhlmann 
Delusional Queen, 2023 
© Amandine Kuhlmann

Amandine Kuhlmann 
Catfish Training, 2023 
© Amandine Kuhlmann

Amandine Kuhlmann
Fame Won't Love You, 2023 
© Amandine Kuhlmann

Amandine Kuhlmann 
I'm Just a Girl, 2023 
© Amandine Kuhlmann

Amandine Kuhlmann présente son installation vidéo Cash me Online au Studio de la MEP, dédié aux artistes émergents. Réalisé en 2023, ce projet mêlant performance et vidéo explore les réseaux sociaux comme espace de représentation et de mise en scène.

L’artiste a créé un personnage fictif, un alter ego hypersexualisé, qui évolue aussi bien en ligne que lors de performances publiques. Adoptant des poses glamour, artificielles ou suggestives, inspirées des tendances en vogue sur les plateformes sociales, ce personnage rejoue les stéréotypes omniprésents qui définissent ces espaces virtuels et imposent des normes codifiées. Le projet présente une succession de séquences courtes : des vidéos de « Mukbang » – un phénomène consistant à regarder des jeunes femmes manger des quantités excessives de nourriture – aux conseils bien-être de la « Clean girl », adepte d’un mode de vie sain et productif ponctué de mantras de développement personnel. Pour incarner ces multiples archétypes, Amandine Kuhlmann mêle des images d’elle-même à des vidéos trouvées en ligne. Grâce à la technique du deepfake, elle superpose son visage sur ces corps étrangers, accentuant l’artificialité et l’étrangeté de ces mises en scène. Ce travail met en lumière l’impact des réseaux sociaux sur la marchandisation des corps, en particulier celui des femmes, dont la condition reste largement influencée par ces normes imposées. Cash Me Online propose un regard critique et sarcastique sur ces injonctions, offrant ainsi un espace de réflexion pour mieux s’en libérer.
____________

Amandine Kuhlmann est née en 1992, elle vit et travaille à Paris. Elle est diplômée de l’École cantonale d’art de Lausanne (ECAL) en 2023 et a travaillé pour la presse féminine, notamment dans les domaines de la mode et de la beauté. Ces expériences viennent nourrir sa réflexion sur la notion de féminité et ses représentations. Sa pratique artistique, qui mêle la performance, la photographie et la vidéo, est marquée par des questions sociales et politiques. Son travail a été exposé lors d’expositions collectives en France et à l’étranger, comme « A Nova Feminilidade », Thirdbase Studio, Lisbonne. Elle a également participé à la Biennale Images Vevey en 2024.

Studio de la MEP
MAISON EUROPEENNE DE LA PHOTOGRAPHIE
5/7 rue de Fourcy, 75004 Paris

18/04/24

Exposition Patrick Goddard @ MABA, Nogent -sur-Marne - "Essaims, hordes, fléaux !"

Patrick Goddard
Essaims, hordes, fléaux !
MABA, Nogent -sur-Marne
25 avril - 7 juillet 2024

Patrick Goddard
Patrick Goddard
Whoopsie’s Dream, 2022
Image extraite du film
Vidéo 4K, son 5.1, 20 minutes
Courtesy de l’artiste
« La maison se définit après tout par sa capacité à limiter la présence d’autres êtres vivants… » – Whoopsie, Bichon Frisé

Dans le cadre de sa saison dédiée à l’image fixe et animée, la MABA à Nogent-sur-Marne présente la première exposition personnelle en France de l’artiste britannique PATRICK GODDARD. Intitulée Essaims, hordes, fléaux !, elle rassemble des œuvres récentes et inédites : sculptures, installations et films, mêlant les préoccupations anthropiques sur la fin de la « nature » à une critique de la xénophobie.

Mettant en relation fenêtres et luxure, frontières et contrôle, nationalisme et nostalgie, invertébrés et répulsion, cette exposition se concentre sur les différentes politiques d’exclusion. Les œuvres s’envisagent, en effet, sous la perspective du statut de « non-résident », considérant à la fois le domicile moderne et l’État-nation comme espaces d’exclusion et de violence pour une vie « non autorisée ». 

Trouvant un écho particulier au sein de la MABA, une ancienne maison particulière, cette question de la maison comme espace domestique et comme seuil, délimitant ce qui est à l’intérieur de ce qui en est à l’extérieur, apparaît ainsi comme centrale dans l’exposition. Réalisées à partir de matériaux recyclés récupérés dans des logements démolis de Londres (plomb, bois et verre), les nouvelles oeuvres sculpturales élargissent le corpus du travail de l’artiste, passant du concept de maison (logement) à celui de foyer.

L’exposition permet également de découvrir les films récents Animal Antics (2021) et sa suite Whoopsie’s Dream (2022), deux comédies satiriques mettant en scène le Bichon Frisé éponyme Whoopsie. Alors qu'il raconte son récent cauchemar se déroulant dans une Grande-Bretagne idéalisée des années 1960, l’animal révèle progressivement ses angoisses et préjugés concernant l’immigration, la libération queer et l’altérité. Dans ces deux films, le bichon voit des animaux « sauvages » envahir la ville, la maison et finalement son propre corps. Les animaux sauvages d’Animal Antics servent, eux, à la fois de paradigme aux controverses anthropocentriques et de métaphore pour une politique raciale plus humaine.

Les invertébrés envahissent la maison, les parasites infestent le corps et une multitude d'escargots géants se déploie dans l'environnement suburbain, dans des sculptures murales dérivées du film, sortes de dioramas miniatures conçus comme des visions nostalgiques envahies par des escargots. 

Dans Essaims, hordes, fléaux !, les mollusques décortiqués ou les animaux sauvages servent alors de symboles pour le retour d'un monde naturel indompté et de satire des préoccupations racistes concernant l'immigration.

Patrick Goddard, né en 1984, vit et travaille à Londres. Il a présenté son travail à l’occasion de récentes expositions à Seventeen, Londres (2024), E-Werk, Fribourg (2021), Matt's Gallery, Londres (2020), Almanac Projects, Londres (2016), Outpost Gallery, Norwich (2015). Il a également participé à l'exposition itinérante au Royaume-Uni : British Art Show 9 (2021-2022) et a publié un livre de photographies avec les éditeurs bâlois Speres Projects en 2022. Patrick Goddard est diplômé de l'Université Goldsmiths (2011) et d’un doctorat de l'Université d'Oxford (2018). Il est représenté par la galerie Seventeen, Londres.

MABA
16, rue Charles VII, 94130 Nogent-sur-Marne

La MABA est un établissement de la Fondation des Artistes
Facebook : @fondationdesartistes
X : @FondDesArtistes
Instagram : @fondationdesartistes
LinkedIn : Fondation des Artistes

25/08/23

Ange Leccia @ Casa Conti, Oletta - Exposition De Guerre et de Mode

Ange Leccia
De Guerre et de Mode
Casa Conti - Ange Leccia, Oletta
Jusqu'au 29 octobre 2023

Ange Leccia
ANGE LECCIA
Audrey, 2018
Vidéo, 12min 27s, en boucle

Ange Leccia
ANGE LECCIA
Girls, Ghosts and War, 2018
Vidéo, 23min, en boucle

Ange Leccia n’avait pas présenté son travail à la Casa Conti depuis l’ouverture du lieu. Son exposition intitulée De Guerre et de Mode peut être vu comme une extension à sa première monographie dans les salles du FRAC à Corti, Je veux ce que je veux, l’artiste propose ici un ensemble de cinq vidéos récentes qui confrontent la fragilité à l’horreur, comme l’amour à la violence.

Sur un mode fantomatique, il laisse planer les présences féminines dans l’ensemble des pièces pour dévoiler un regard inquiet sur notre monde contemporain. Avec Audrey, un jeu de transparence associe le visage d’une adolescente à un traveling aérien qui montre un lâcher de bombes enflammant le paysage. Comme un cauchemar dont nous ne parviendrions pas à nous réveiller, les images reviennent en boucle et apparaissent aussi entêtantes que la musique planante de Perez. Cette confrontation dialectique est en fait un extrait de Girls, Ghosts and War : les surimpressions ajoutent dans ce cas une présence militaire dans la Syrie dictatoriale de Bashar al-Assad au tournant des années 2000 ou encore l’enterrement des leaders de la Bande à Baader dans la République fédérale d’Allemagne en 1977. Si les contextes diffèrent, une même hantise se retrouve. C’est que les images sont comme des champs de force qui s’interpénètrent et connaissent une forme de survivance. Là où l’actualité médiatique nous place face à un présent piégé dans une constante immédiateté, l’art peut s’approprier ce flux continu et lui redonner une épaisseur sensorielle.

Le reste de l’exposition se fait alors baudelairien en convoquant des figures sophistiquées issues de la mode qui émergent du calme de la mer et du ciel. Surfaces de projection, elles peuvent être considérées comme des allégories contemporaines sans signification codifiée. La charge symbolique s’allège comme en attente d’une nouvelle potentialité. On se souvient du mot de Stendhal qui expliquait que la beauté est toujours une promesse de bonheur. Entravée, incertaine, ou même aujourd’hui diminuée, la grâce qui ponctue ces moments suspendus dessine à elle seule une résistance à l’égard de la destruction et des tensions géopolitiques qui sont plus terribles que jamais. Il ne s’agit pas d’une simple échappatoire, qui ajouterait à la cruauté, mais plutôt d’une éthique qui cherche à cultiver l’art du détachement et la vigilance, la superficialité et l’alerte. Pareille ambivalence est une façon de retrouver le pouls du monde à travers une observation qui n’est pas entièrement désenchantée. 

Ange Leccia
ANGE LECCIA
Dipti 1, 2021
Vidéo, 12min, en boucle

Ange Leccia
ANGE LECCIA
Bijoux, 2021
Vidéo, 21min 50s, en boucle

Ange Leccia
ANGE LECCIA
Dipti 2, 2021
Vidéo, 12min, en boucle

ANGE LECCIA - BIOGRAPHIE

Après une formation dans la section art du lycée de Bastia emmené par José Lorenzi, puis des études d’arts plastiques à l’Université Paris 1 (Panthéon-Sorbonne entre 1972 et 1976), Ange Leccia s’engage dans une double activité de plasticien et de cinéaste, et initie ses recherches en tant que pensionnaire à la Villa Médicis – Académie de France à Rome de 1981 à 1983.

À la croisée entre cinéma expérimental, installation et vidéo, les images de Leccia mêlent portraits, paysages, histoires, puisent souvent leurs motifs dans la nature et captent des moments où intimité et intensité créent une texture visuelle particulièrement sensible. L’épure et l’abstraction deviennent alors les vecteurs d’une approche vibrante propice à la contemplation. Son travail propose une analyse charnelle de l’image où la lumière et les éléments naturels affirment l’énergie de la création.

Créateur d’un univers singulier, Ange Leccia est aussi un fédérateur de talents. Enseignant à l’École supérieure d’art de Grenoble puis de Paris-Cergy, et enfin au Pavillon, laboratoire de création au Palais de Tokyo qu’il a créé et dirigé de 2000 à 2017, on lui doit d’avoir repéré et développer les talents de Dominique Gonzalez-Foerster, mais aussi Philippe Parreno, Apichatpong Weerasethakul (Palme d’Or au Festival de Cannes de 2010) ou encore Isabelle Cornaro. Il a également enseigné à Geidai Tokyo University of the Arts et a été résident de la Villa Kujoyama à Kyoto en 1992.

Les oeuvres d’Ange Leccia sont régulièrement exposées en France et à l’international, notamment au Centre Georges Pompidou et au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, au Guggenheim Museum à New York, à la documenta à Cassel, au Skulptur Projekte à Münster, à la Biennale de Venise, au Seibu Museum of Art à Tokyo et à la National Gallery of Iceland à Reykjavík. En 2013, le MAC/VAL lui consacre une exposition monographique, ainsi que le Palais de Tokyo en 2014, la HAB galerie à Nantes durant l’été 2016 et l’Akureyri Art Museum (Islande) en 2019. En 2017, il fait l’objet d’une exposition rétrospective à la National Gallery de Reykjavik, en 2018 à la Maison Salvan (Labège), en 2019 au Centre des Arts d’Enghien-les-Bains, et en 2022 au musée de l’Orangerie et au musée des impressionismes à Giverny.

Son travail fait partie des prestigieuses collections internationales du Guggenheim Museum de New-York, du musée de la ville d’Hiroshima au Japon, le musée d’Art Contemporain Helsinki en Finlande ou encore The Progressive Collection de Cleveland aux États-Unis. En France, on peut citer le Centre George Pompidou et le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris à Paris, ainsi que dans de nombreux Fonds Régionaux d’Art Contemporain (Corse, Rhône Alpes, Pays de la Loire, Alsace, Grand Large, Hauts-de-France, Nouvelle Aquitaine Méca, etc.)

En 2022, le film Christophe…Définitivement, co-réalisé avec Dominique Gonzalez-Foerster, est sélectionné au festival de Cannes et sort au cinéma à l’échelle nationale.

Ange Leccia est représenté par la galerie Jousse Entreprise à Paris et la galleria Six à Milan. 


CASA CONTI - ANGE LECCIA
62 Saliceto - 20232 Oletta, Corse




Ange Leccia - De Guerre et de Mode - Casa Conti - Ange Leccia - 2.07 / 29.10.2023

30/10/22

Exposition Faut-il voyager pour être heureux ? @ Espace Fondation EDF, Paris

Faut-il voyager pour être heureux ?
Espace Fondation EDF, Paris
Jusqu'au 29 janvier 2023

Affiche de l'exposition 
Courtesy Fondation groupe EDF

Simon Faithfull
Simon Faithfull
Going Nowhere 1.5, 2016
Vidéo, 8’43’’
© Simon Faithfull

La Fondation groupe EDF présente Faut-il voyager pour être heureux ? une exposition inédite en France sur la thématique du voyage, illustrée par les œuvres de 32 artistes contemporains, français et internationaux.

Invitant les visiteurs à se questionner sur le voyage aujourd’hui, l’exposition aborde des sujets d’actualité, comme la mobilité repensée à la suite de la crise sanitaire, les enjeux environnementaux de la préservation des écosystèmes et du changement climatique, ou encore les migrations contraintes et l’exil. C’est aussi une invitation au plaisir et à l’émotion pour découvrir d’un autre œil l’univers du voyage. Près d’une cinquantaine d’œuvres – installations, peintures, vidéos ou encore photographies – évoquent ces questions majeures.

Née d’un commissariat collectif réunissant Nathalie Bazoche de la Fondation groupe EDF, Alexia Fabre anciennement directrice du MAC VAL et Rodolphe Christin sociologue, cette exposition a pour ambition de faire réfléchir sur notre conception du voyage souvent identifiée comme un incontournable ingrédient du bien-être. Les récentes mesures prises par les différents gouvernements pour lutter contre la Covid-19 ont souligné notre dépendance au mouvement et révélé à quel point notre envie de mobilité pouvait être contrariée.

C’est avec l’art contemporain et toute sa créativité que s’éclaire le réel. Les artistes et leurs œuvres bousculent ainsi l’enchantement spontané du voyage, perçu comme un vecteur de connaissance, de dialogue et de développement, pour le confronter aux grands enjeux de notre époque : quelle est l’empreinte écologique des voyages et de leurs infrastructures ? Comment le tourisme transforme les ailleurs en espaces de consommation ? Quel regard peut-on porter sur les populations qui migrent par nécessité alors que d’autres se déplacent par plaisir ? Et enfin, parce que le rêve reste une dimension fondamentale du voyage, quels sont les nouveaux imaginaires pour les voyageurs d’aujourd’hui et de demain ?

LES ARTISTES DE L’EXPOSITION

David ANCELIN
Mali ARUN
Davide BALULA
Taysir BATNIJI
Mike BRODIE
Emilie BROUT & Maxime MARION
Stefan EICHHORN
Simon FAITHFULL
RICHARD & Camille MARTIN & Marine PONTHIEU
Julie C. FORTIER
Hamish FULTON
Andy GOLDSWORTHY
Pierre HUYGHE
Emily JACIR
Bouchra KHALILI
KIMSOOJA
Ange LECCIA
Barbara & Michael LEISGEN
Inka & Niclas LINDERGÅRD
Jean-Christophe NORMAN
Martin PARR
Abraham POINCHEVAL
Santiago SIERRA
Nathalie TALEC
Gwenola WAGON & Stéphane DEGOUTIN
Mark WALLINGER

COMMISSARIAT COLLECTIF
Nathalie Bazoche, Fondation groupe EDF
Rodolphe Christin, Sociologue
Alexia Fabre avec Julien Blanpied et Florence Cosson, MAC VAL - Musée d’Art Contemporain du Val-de-Marne 

CATALOGUE DE L’EXPOSITION
Faut-il voyager pour être heureux ?
Textes de Julien Blanpied, Rodolphe Christin et Jeanne Slagmulder
Préface de Laurence Lamy
Éditions La Muette, mai 2022
16 x 23 cm - 160 pages

ESPACE FONDATION EDF
6 rue Récamier, 75007 Paris

Faut-il voyager pour être heureux ?
Espace Fondation EDF, Paris
20 mai 2022 - 29 janvier 2023

09/09/22

Laurent Goldring @ Galerie Maubert, Paris - Le temps des mains

Laurent Goldring 
Le temps des mains
Galerie Maubert, Paris
29 octobre 2022 - 7 janvier 2023

Laurent Goldring
LAURENT GOLDRING
Le temps des mains, 2022
Tirage pigmentaire, 30 x 30 cm

Laurent Goldring
LAURENT GOLDRING
Sans titre, 2021 (Isabelle Schad)
Tirage pigmentaire, 100 x 100 cm

La galerie Maubert présente Le temps des mains, sa troisième exposition personnelle de LAURENT GOLDRING (* 1957). L'artiste continue son travail sur les représentations du corps (ici des mains) : la richesse et la pauvreté de la fabrique des images, en lien avec la photographie, la vidéo et le cinéma. De nombreux artistes, directeurs d’institutions, journalistes... ont collaboré sur ce projet durant les confinements de la pandémie.

Ci-dessous le texte de l'exposition rédigé par Laurent Goldring :
Si le hors champs existe, c’est qu’on peut voir sans voir. Le plus commun, le plus lisible, n’a même plus besoin de se montrer pour être vu. Le cinéma serait cette immense fabrique de hors champs où les choses et les gens acquièrent ce statut étrange, d’être reconnu avec un minimum d’images. La cave de «Arsenic et vieilles dentelles» ou le berceau d’Eraserhead, et les clichés rabâchés d’Histoires du cinéma sont les zones obscures et vides où viennent se ressourcer les prévisibilités.

Quand je filme un corps, je le filme en entier, sans hors cadre, ses topographies étant bien assez complexes pour que fragmentations, duplications, et multiplications adviennent, et d’autant plus frappantes qu’elles n’ont pas été prévues. 
Il y a une décision à prendre à chaque fois que je filme une entité plus vaste : une troupe, une foule, un flux, une architecture, un musée, une bagarre, un défilé, un carrefour, un shopping mall, une autoroute, un aéroport, une ville, la mer, le ciel, une chaîne de montagne, un essaim ou une forêt : qu’est-ce qui singularise cet ensemble ? Quelles sont les limites : le groupe, quelques personnes, la scène en entier ? L’important est de garder le cadre, de rester à l’intérieur et que rien ne manque pour lire l’image. Surgit alors la perturbante vérité du visible, toujours en excès sur ce qu’on en prévoit.

De la même façon, si je choisis de cadrer sur une partie, c’est que cette partie peut devenir un tout. L’ensemble jambes-pieds, le torse, le visage, le nez, le crâne, les coudes, les genoux, les omoplates, la ceinture scapulaire sont des zones anatomiques qui ont leur personnalité et leur expressivité propre et n’ont pas besoin du reste pour exister.

Il y a donc deux sortes d’images : les centrifuges (qui se défaussent sur les lieux communs du hors champ et qui excluent de leur cadre tout imprévu) et les centripètes, qui se tiennent au cadre et y acceptent tout ce qui n’a pas été prévu.

Cadrer, pour moi, c’est donc décider de la continuité d’une métamorphose, rendue visible par celle, spatiale et temporelle, du cadre. Le continu permet de s’étonner, de découvrir, et d’apprendre.

Les mains et les dents ont un statut à part, il faut d’abord comprendre, avec Leroi-Gourhan, que, c’est la main qui parle et que le geste utile est une affaire de dents. La main est toujours porteuse de sens, saturée de significations. Elle indique, pointe, indexe, démontre, interdit et raconte des histoires, l’histoire de la peinture est là pour l’illustrer. Tous les instruments, outils, machines, les molaires broyeuses devenues biface, marteau et train de laminoir, les canines aiguilles, poinçons et clous, les incisives couteaux et scie sauteuse. Le visage autour de la bouche, le cou sous la mâchoire, les bras au bout des mains, sont là comme des impossibilités provisoires du cadre, comme si les mains et les dents ne pouvaient plus échapper au hors champs des mots et des instruments. 

Filmer les mains serait donc accepter ce couplage du geste et de la parole, des mains et des dents, et trouver les moyens de maintenir le cadre. Travailler l’effacement du hors-cadre par le cadre. C’est aussi faire la preuve qu’on doit à tout prix filmer centripète pour résister à une image purement illustrative (au service du politique, de la morale et du narratif).

Le travail sur les dents a donné lieu à ma deuxième exposition personnelle à la galerie Maubert : Figure (février-mars 2020).

Ce travail sur les mains a commencé au moment où nos mains et nos visages sont devenus nos ennemis, grâce à l’hygiène, grande fabrique de l’ennemi aujourd’hui. Il a fallu trouver le cadre juste, après s’être rendu compte que tout le processus communicationnel de mise à distance en passait par des images totalement hors champs : l’image internet, Skype ou Zoom, est une image illisible, d’une médiocrité insultante, qu’il faut comprendre comme la victoire définitive du hors champs, entré dans le cadre de l’image «normale» : on ne peut rien voir sauf ce qu’on sait qu’on doit voir.

Cette recherche du cadre adéquate a donné lieu à un premier ensemble publié par le Muzeum Susch (MS#2, 2021, suite à la résidence en août 2020) : le cadre étant aussi bien affaire de temps que d’espace, c’est ce premier aspect qui avait donné lieu à cette publication et à un spectacle : Personne (avec Isabelle Schad).   

C’est en travaillant le cadre comme durée que je me suis rendu compte de l’importance de la « camisole temporelle ». L’emploi du temps, analysé par Hartmut Rosa, est sans doute aujourd’hui la technique principale de dressage des comportements. Calée et calquée sur le rythme des objets techniques, « la camisole temporelle » interdit toute marge de liberté par la prolifération d’un agenda quotidien qui se subdivise à l’infini. Cette temporalité prothétique nous dicte une succession de tâches qui a définitivement effacé les errances du vivant, vivant dont il ne reste que la dimension accordée à la technique. Qu’il y ait une affinité de principe entre le vivant et la technique nous le savons depuis Mashin et Bydül, mais que cette affinité ait été transformée par le pouvoir en principe de soumission écrasante, plus nous le vivons et moins nous en avons conscience.

Cette logique temporelle se retrouve à tous les niveaux de la vie quotidienne. Le résultat est une atterrante succession de rituels immuables - et indépendants des structures psychiques : lever, toilette, petit déjeuner, habillage, départ, actes manqués, trajet aller, arrivée au travail, installation, travail, pauses, déjeuner, reprises, fin de journée, trajet retour.… Jusqu’au rituel du coucher, toutes ces activités passent par la mise en œuvre de routines minutieuses au-delà de ce qu’on peut soupçonner de nous-mêmes. Le plus proche est toujours le plus impensé et le plus invisible. Si l’on prend l’exemple de la toilette vespérale, le brossage des dents occupe en général une place dans le rituel qu’il est hors de question de changer. Il vient à son heure, toujours précédé de la même ablution et suivi d’une autre ablution aussi peu interchangeable. Et le brossage lui-même est soumis à cette loi, valable pour toutes les séquences choisies, aussi petites soient-elle : le début commence immanquablement par la même dent, suivie d’une autre, et les temps inégalement répartis entre chaque surface d’émail restent rigoureusement identiques jour après jour, aussi peu variables que l’ordre dans lequel les surfaces de peau successives sont considérées lavées pendant une douche.

Depuis la façon de défaire le cadenas de l’antivol jusqu’au geste pour enfourcher le vélo, depuis la façon d’ouvrir la porte du garage, s’installer, passer la ceinture de sécurité, mettre la radio, chasser le chien, jeter le sac sur la banquette... Jusqu’au jeu des pédales pour démarrer, si on est en voiture ; depuis la façon d’aller à l’arrêt de bus, à la gare de RER, prendre à gauche, couper l’angle à tel endroit, passer devant ou derrière tel arbre, éviter telle vitrine, se laisser accrocher le regard par telle affichette, croiser telle personne au moment où son chien vérifie l’odeur de la même portion de mur que hier, avant-hier et avant avant-hier, voir sans la voir la même famille échevelée livide au milieu des tempêtes se précipiter en retard vers l’école et finir par finir à la même place sur le même quai où la journée ne fait que commencer... Cette ritournelle bousculée par le virus, l’étouffement dont l’enfermement devrait nous libérer, aurait dû nous apparaître au moins aussi vide que la menace qui nous covide. Mais.

Filmer la façon dont les gens se lavent les mains au moment où ce geste acquiert une importance vitale, c’est se souvenir que se laver les mains a toujours été, depuis le début de l’hygiène, une question de vie ou de mort, et c’est tester cette habitude qui résume ces injonctions à vivre pour éviter la mort : depuis trop longtemps confinés dans le temps pour ne pas sentir le confinement dans l’espace comme étonnamment normal.

J’ai donc proposé à des proches devenus lointains - et à des lointains rendus proches par l’enferment subi ensemble - de filmer de loin leur rituel de lavage des mains. Filmer juste les gestes, sans eau ni solvant, dans leur succession à la fois idiosyncrasique et commune.

Filmer par Skype, cette absurde façon de communiquer dans la souillure déniée de l’image de son interlocuteur devenue pur indice technique de son identité au sens le plus administratif du terme, atteinte définitive à la dignité du visage.

Filmer sans savoir encore ce que ces séances allaient devenir. J’ai repris certains de ces gestes, j’ai essayé de les comprendre pour les faire voir dans leur étrangeté imperceptible au départ mais qui, si je les joue devant la caméra, se densifient pour devenir de plus en plus imprévisibles. Comment concilier, le temps de la montre, le temps de la prothèse, et la densité de l’organe ? Ou comment les laisser irréconciliés ? Je n’en suis qu’au début, mais déjà je vois surgir le temps des mains, un temps qui n’a rien à voir.

Laurent Goldring 
GALERIE MAUBERT
20 rue Saint-Gilles, 75003 Paris

Shimabuku @ Galerie Air de Paris, Romainville - Swan Goes to the Sea / Let’s Make Cows Fly!

Shimabuku
Swan Goes to the Sea / Let’s Make Cows Fly!
Air de Paris, Romainville
11 septembre - 19 novembre 2022

Shimabuku
Shimabuku
Swan Goes to the Sea 
© Shimabuku, courtesy Air de Paris

Shimabuku
Shimabuku
Let’s Make Cows Fly!
© Shimabuku, courtesy Air de Paris

Air de Paris présente deux films récents de Shimabuku : « Swan Goes to the Sea » et « Let’s Make Cows Fly! ». Avec humour et liberté Shimabuku construit une vision onirique de notre rapport aux animaux.
« Un jour, j’ai visité la rive de la rivière Asahikawa à Okayama, qui était la ville natale de ma mère. Quand j’étais un enfant, je jouais avec le bateau-cygne. Le même bateau-cygne était encore là et rien n’a changé pendant 40 ans. Alors que le bateau-cygne était resté sur le même petit tronçon de rivière, je voyageais dans le monde entier. J’ai décidé de prendre le bateau-cygne vers la mer. »
Qu’il s’agisse d’eau ou d’air, souvent les oeuvres de Shimabuku flottent (1). « Let’s Make Cows Fly! » s’inscrit dans la lignée de « When Sky was Sea (2) » et de « Flying Me (3) ». Lors de la Biennale de Lyon en 2017, Shimabuku est surpris par la présence de vaches dans un parc habituellement dédié aux loisirs. Il décide alors de faire des peintures sur des cerf-volants en forme de vache qu’il fait voler dans les pâturages. Avec ce geste, il offre aux vaches une exposition (4) pour les faire sourire (5) et nous offre à nous une exposition pour questionner l’ordre du monde.
« Dans un univers soumis à une logique ininterrompue de flux, liés aux migrations, aux réseaux sociaux, à la circulation des idées et des capitaux, les formes se dissolvent en un paysage mobile et atmosphérique qui se recompose sans cesse. » - Emma Lavigne
Shimabuku (né en 1969 à Kobe au Japon) vit et travaille à Okinawa. Son travail a récemment été présenté lors d’expositions personnelles au Nouveau Musée National de Monaco (2021) ; au Crédac, Ivry (2018) ; à la Contemporary Art Gallery, Vancouver (2014) ; à la Kunsthalle Bern (2014) ; à la Ikon Gallery, Birmingham (2013) ; au 21st Century Museum of Contemporary Art, Kanazawa (2013) ; au Centre international d’art et du paysage de l’ile de Vassiviére (2011). Il a également participé à de nombreuses expositions internationales comme la 14e Biennale de Lyon (2017), la 27e Biennale de Venise (2017), au Okayama Art Summit (2016), à la Havana Biennial (2015), à la Taipei Biennial (2014), à la Sharjah Biennale (2013), à la Yokohama Triennial (2011). Shimabuku est représenté par Air de Paris depuis 1999. C’est la sixième exposition personnelle de l’artiste à la galerie. Le Wiels (Bruxelles) a inauguré « Instrumental », une exposition personnelle de Shimabuku le 8 septembre. Le Museion (Bolazano) travaille également sur une exposition qui ouvrira au printemps prochain.

(1) Shimabuku: Something to Float / Something to Sink, 2010
(2) Shimabuku: When Sky was Sea (2002)
(3) Shimabuku: Flying Me (2006) 
(4) Shimabuku: Gift: Exhibition for the monkeys (1992-2014) 
(5) Shimabuku: Make Animal Smile (2011)

AIR DE PARIS
43 rue de la Commune de Paris, 93230 Romainville

26/03/22

Ange Leccia @ Galleria Six, Milan & Venice - Cars, Marble and Cinder Block

Ange Leccia 
Cars, Marble and Cinder Block 
Galleria Six, Milan & Venice 
March 26 - June 25, 2022 

Galleria Six presents ANGE LECCIA's solo exhibition, Cars, Marble and Cinder Block. This is his second show at the gallery after Ange Leccia: Girls, Ghosts and war (2018-2019).

The exhibition focuses on both sculptural and installation works. The pieces are concerned with the constant relationship between light and image: an image that disorients our gaze, our thinking and leads us to question the subtle relationship between man, technology and identity.

In this exhibition the photographic works, Arrangement, are related both formally and conceptually to the sculptures on display. 

In fact the construction of an enigmatic space placed between the proximity of two or more objects, seems to constitute 'the original gesture' upon which the artist leads us to reflect.

For the occasion a work by Ange Leccia is exhibited in the new space in Venice at Calle de la Vida San Marco 2530.

For the Musée de l'Orangerie, Paris, Ange Leccia has created a video installation, (D') Aprés Monet, which proposes to feel and read the polysemy of Monets Water Lillies from the story of the genesis of this masterpiece. 

Ange Leccia, born in 1952 in Minerviu, Corsica, lives and works in Paris and Corsica. After studying visual arts, he became dually involved as a visual artist and filmmaker, and initiated his research as a resident at the French Academy in Rome. His work has been shown at the Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, the Centre Georges Pompidou (Paris), the Guggenheim Museum in New York, Documenta in Kassel, Skulptur Projekte in Münster, the Venice Biennale, the Seibu Museum, Hiroshima Art Document, among others. Ange Leccia has taught at Geidai Tokyo University of the Arts. He was a resident at Villa Kujoyama in Kyoto. In 2013, he had a solo exhibition at the MAC/VAL, as well as the Palais de Tokyo in 2014, and the HAB in Nantes during the summer of 2016. In 2017, he had a retrospective exhibition at the National Gallery in Reykjavik. In 2018, he participated in Printemps de Septembre in Toulouse. In 2019, he had a solo exhibition at the Abbaye de Jumièges and the Akureyri Art Museum in Iceland. In 2022, he will exhibit his work at the Artizon Museum in Tokyo, the Musée de l'Orangerie in Paris, the Musée des Impressionnismes in Giverny, and the Louvre Abu Dhabi. Ange Leccia has directed numerous films and fashion shows for big names in the fashion world such as Vuitton and Hermès. He recently co-directed the feature film Christophe Définitivement with the artist Dominique Gonzalez-Foerster. It will be released in 2022.

GALLERIA SIX
Piazza Piola 5 - 20131 Milan
Calle de la Vida San Marco, 2530 - Venice

06/03/22

Ange Leccia @ Musée de l'Orangerie, Paris - (D’) Après Monet - Arrangement vidéo et sonore - Bande sonore originale de Julien Perez

Ange Leccia : (D’) Après Monet 
Musée de l'Orangerie, Paris 
2 mars - 5 septembre 2022 

Arrangement vidéo et sonore, 2020 
Bande sonore originale de Julien Perez 

En réponse à l’invitation du musée de l’Orangerie, Ange Leccia propose de sentir et de lire la polysémie des Nymphéas de Claude Monet dans un arrangement vidéo, (D’) Après Monet, conçu à partir de l’histoire de la genèse de cette oeuvre magistrale, de sa relation avec le jardin de Giverny, avec la lumière et les saisons, soulignant aussi son lien tant avec les abstractions américaine et européenne qu’avec la culture japonaise. Le titre de la pièce, créée en 2020, exprime avec une extrême concision son ambition, « (D’) Après » pointant à la fois l’hommage d’un des principaux acteurs de la scène artistique française au maître du siècle précédent, le regard attentif sur le chef d’oeuvre des Nymphéas et le principe fondateur qu’il représente pour nombre d’artistes. Ange Leccia propose au spectateur une expérience sensible et spirituelle, une plongée dans l’univers coloré et mouvant de Claude Monet, une traversée temporelle. 

Ange Leccia mène simultanément une réflexion sur l’objet et un travail sur l’image en mouvement. Il est reconnu comme l’un des pionniers de l’art vidéo en France. Grâce au montage, au centre de ses recherches, il juxtapose le langage pictural au vocabulaire cinématographique dans une relation étroite à l’histoire de l’art. Du travail de Monet à Giverny face au bassin des Nymphéas, qu’il avait façonné comme un motif pour la peinture, il note : « Sa pratique impressionniste fut l’occasion d’affirmer à la fois la dissolution du motif et la matérialité de la peinture. Mon ambition est donc de retrouver ces caractéristiques à travers des images en mouvement. Il s’agit de filmer les jardins de Giverny, en faisant appel au format DV des années 1990 afin d’obtenir une texture de l’image qui rappelle la liquidité picturale des oeuvres de Monet. » 

Après avoir étudié les arts plastiques à l’université au milieu des années soixante-dix, été pensionnaire de l’Académie de France à Rome - Villa Médicis de 1981 à 1983, Ange Leccia a enseigné dans plusieurs écoles d’art. À partir de 2001 et pendant près de vingt ans il a dirigé le Pavillon, résidence d’artiste et laboratoire de création du Palais de Tokyo, poursuivant une ambition pédagogique qui fait partie intégrante de son approche artistique.

Commissariat : Sophie Eloy, responsable de la documentation, de la bibliothèque, des archives et de la recherche au musée de l’Orangerie.

Musée de l'Orangerie
Jardin des Tuileries, côté Seine, 75001 Paris

06/11/21

Hilary Galbreaith @ Passerelle Centre d'art contemporain, Brest - The Grasshopper’s Ball

Hilary Galbreaith : The Grasshopper’s Ball
Passerelle Centre d'art contemporain, Brest
Jusqu'au 15 janvier 2022

Hilary Galbreaith
HILARY GALBREAITH 
PARADE #2 (extrait), 2020
© Hilary Galbreaith

Hilary Galbreaith
HILARY GALBREAITH
PARADE #1 (extrait), 2019
© Hilary Galbreaith

Elevée en Californie, installée à Rennes, HILARY GALBREAITH (née en 1989) a su associer l’influence américaine de la côte Ouest à la culture française. Son oeuvre est profondément marquée par l’outil du tutorial et par le do it yourself occidental. Le « do it yourself », en français « faites le vous-même », comprend une philosophie de vie s’apparentant à la débrouillardise mais aussi des principes de partage de connaissances, de diffusion facilitée ou encore de recyclage. Souvent engagé socialement, ce précepte se pose comme une voie alternative au système marchand et de l’ultraconsommation ; il s’approche aussi des concepts de décroissance et d’auto-gestion. Toutes ces notions se retrouvent également au coeur de la pratique multimédia d’Hilary Galbreaith qui multiplie vidéos, sculptures bricolées et fanzines auto-édités.

Hilary Galbreaith
HILARY GALBREAITH 
The Bureau, fanzine
Édité par Lendroit éditions en collaboration avec In extenso
Courtesy de l’artiste, Lendroit éditions et In extenso, Clermont-Ferrand

L’exposition The Grasshopper’s Ball est conçue comme une déambulation dans les méandres de l’univers acidulé et pop d’Hilary Galbreaith. Grâce à des rideaux teints avec des pigments naturels par l’artiste, l’espace se divise en plusieurs sections correspondant à différentes étapes de création. L’artiste élabore depuis plusieurs années une fiction intitulée Bug [insecte]. Cette histoire prend place initialement dans la ville de La Nouvelle Nouvelle-Orléans et se concentre sur une catastrophe touchant certain.e.s humain.e.s : une infection les transforme en insectes humanoïdes. L’intrigue évoque le cinéma d’horreur ou de science-fiction de Starship Troopers à District 9 jusqu’aux films de série B, mais en évacuant la conception binaire classique du « bien contre le mal ». Trois corpus distincts ont été imaginés par l’artiste : The Bureau, un fanzine explorant les origines et la création d’une administration complexe et absurde à destination de ce nouveau monde marginal ; Bug Eyes, une série vidéo mettant en scène des marionnettes dans une téléréalité ; et Parade, la partie la plus récente mêlant performances et films où des acteurs interprètent des mutants dans des situations du quotidien ou festives.

Dans les films d’Hilary Galbreaith, les langues se mélangent, l’anglais et le français deviennent inaudibles. Les mots sont transformés en son d’ambiance tandis que la musique est improvisée par l’artiste ou composée par des collaborateur.rice.s. La compréhension en détail des choses n’est pas une finalité en soi et le sentiment de confusion est assumé. Il faut davantage les envisager comme des compilations, de sons donc, mais aussi de stéréotypes. C’est au moyen de son esthétique punk carnavalesque et joyeuse, rappelant celle des artistes californiens Mike Kelley et Marnie Weber, qu’Hilary Galbreaith arrive à examiner les mécanismes de rejet et d’exclusion. Son humour noir habille d’un voile léger « le bal de la cigale » – la traduction du titre de l’exposition – entre prélude de fête à venir et fin d’un monde désenchanté. Avec ses habiles détours, évitant la simple critique, Hilary Galbreaith cerne les dérives politiques, sociétales et écologiques dans lesquelles nous baignons davantage chaque jour.

Coproduction : Cripta747 Residency Program, ministère de la Culture / DRAC Bretagne, In Extenso, Ville de Rennes

PASSERELLE Centre d'art contemporain
41 rue Charles Berthelot, 29200 Brest

15/05/21

Hito Steyerl @ Centre Pompidou, Beaubourg, Paris - I Will Survive. Espaces physiques et virtuels

Hito Steyerl. I Will Survive 
Espaces physiques et virtuels 
Centre Pompidou, Paris 
19 mai 2021 - 5 juillet 2021 

Hito Steyerl
HITO STEYERL
SocialSim, 2020 (montage de deux détails)
Vidéo numérique, 16/9, couleur, son, 18min
Courtesy de l’artiste, Andrew Kreps Gallery, New York 
et Esther Schipper, Berlin
Still Photo © Image CC 4.0 Hito Steyerl

Le Centre Pompidou présente, en collaboration avec le K21 de Düsseldorf, la première exposition de large envergure consacrée à l’artiste allemande Hito Steyerl en France. Se déployant dans tout l’espace de la Galerie 2du Centre Pompidou, cette rétrospective fait écho d’emblée à par son titre : « I Will Survive ». Elle réunit un ensemble d’oeuvres majeures, articulées autour d’une nouvelle production qui imagine le devenir du monde à l’ère des technologies de simulation sociale. Elle retrace un parcours débuté dans les années 1990 dans le champ du cinéma documentaire et qui développe, depuis une dizaine d’années, des installations multimédias particulièrement inventives, vouées à transformer joyeusement le caractère immersif de notre culture visuelle en espace de réflexion. Pointant les échecs et les paradoxes de l’image, Hito Steyerl expérimente de nouvelles façons de parler du réel et aborde de manière critique le nationalisme, le capitalisme et l’intelligence artificielle.

Le tournant documentaire dans l’Allemagne réunifiée

Depuis le début des années 1990, les films, vidéos et installations immersives de Hito Steyerl abordent l’air du temps avec un humour corrosif, livrant une critique lucide du contrôle rentable accéléré de l’espace public et des données privées. Son travail s’amorce dans le contexte de la réunification allemande et la fin des utopies qu’elle examine à travers un regard très personnel sur le film documentaire. Le nationalisme et la recrudescence du racisme et de l’antisémitisme sont l’objet de ses premiers opus, pensés pour la diffusion cinématographique et télévisuelle. Le court-métrage Babenhausen (1997), le long-métrage Die leere Mitte [Le Centre vide] (1998) et la série Normality (1999-2001) opèrent le sondage sans concession d’une société allemande partagée entre l’emprise croissante de la spéculation néo-libérale et le retour des pires fantômes de l’histoire. La béance sans projet laissée par la chute du mur de Berlin, la banalité des crimes antisémites qui tient lieu de « normalité », sont examinées dans des narrations sophistiquées à la première personne, où la voix off de l’artiste alterne avec celles de personnes qu’elle invite à une parole située, élaborant autant de points de vue alternatifs à ceux des médias.

Sa propre biographie prend le premier plan lorsque, dans November (2004), elle évoque le parcours de son amie d’adolescence Andrea Wolf, jadis l’héroïne du féminisme enjoué de ses premiers courts tournés en Super 8, tuée en Turquie à la suite de son engagement politique armé pour la cause kurde. C’est encore un fil intime qu’elle tire dans Lovely Andrea (2007), pour faire résonner son expérience du bondage lors de ses études au Japon et de l’exploitation incontrôlée de sa propre image dans le circuit lucratif de l’imagerie érotique. 

Hito Steyerl
HITO STEYERL
Die leere Mitte [Le Centre vide], 1998 (détail)
Bandes vidéo DV et Hi8 et film 16mm
transférés sur DVD, couleur, son, 62min
Courtesy de l’artiste, Andrew Kreps Gallery, New York 
et Esther Schipper, Berlin
Still Photos © Image CC 4.0 Hito Steyerl

Hito Steyerl
HITO STEYERL
November, 2004 (détail)
Vidéo numérique, 4/3, couleur, son, 25min 19s
Courtesy de l’artiste, Andrew Kreps Gallery, New York 
et Esther Schipper, Berlin
Still Photos © Image CC 4.0 Hito Steyerl

Les « images pauvres » de l’Internet

Progressivement, son langage narratif singulier mêle l’essai à la satire, dans un ton direct et décapant qui lui vaut une notable reconnaissance internationale, tant pour ses productions, qui transitent du cadre cinématographique à celui du musée, que pour ses écrits, régulièrement publiés sur e-flux Journal. Sa vidéo In Free Fall (2009-2010), dont un exemplaire est conservé dans la collection du Musée national d’art moderne, répond à la crise bancaire de 2008 par un montage vertigineux autour du thème du crash aérien. Films hollywoodiens et démonstrations de sécurité aérienne se télescopent dans un mix énergique, évoquant une perte de tout repère de gravité. Dans son texte In Defense of the Poor Image [Pour une défense de l’image pauvre] (2009), Hito Steyerl annonce ce langage de recyclage d’images trouvées, assumant le piratage, la circulation et le remploi sauvage du film et de la vidéo dans le magma anarchique et inépuisable d’Internet. Son très remarqué How Not to be Seen. A Fucking Didactic.MovFile (2013) s’attaque à la surveillance aérienne sous la forme d’un tutoriel pour devenir invisible, où l’artiste entrelace des images promotionnelles pour des complexes immobiliers de luxe et une chorégraphie fantasque méditant sur la vie des pixels.

Hito Steyerl
HITO STEYERL
Liquidity Inc., 2014 (détail)
Installation audiovisuelle
Environnement architectural et projection vidéo
numérique, 16/9, couleur, son, 30,15 min
Courtesy de l’artiste, Andrew Kreps Gallery, New York 
et Esther Schipper, Berlin
Still Photos © Image CC 4.0 Hito Steyerl

Par-delà les écrans : le pouvoir des algorithmes

Le tournant des années 2010 est aussi marqué par une transformation radicale de son oeuvre vers le format de l’installation vidéo. Des dispositifs à large échelle sont conçus pour étendre l’écran dans l’espace réel et renvoyer de manière sensible à l’environnement. Liquidity Inc. (2014), qui ironise sur la dérégulation mondialisée des flux financiers via le format de la prévision météo, accueille ainsi les spectateurs et les spectatrices sur une vague qui s’élève au-dessus de l’horizon de l’image, recouverte d’un tapis de judo. Hell Yeah We Fuck Die (2016) voit entrer dans l’espace d’exposition des robots androïdes, héros ambivalents de la science-fiction devenus les agents de l’intelligence artificielle à l’ère du numérique, tandis que les écrans démultipliés de la vidéo apparaissent fichés dans un méandre de tuyauteries de chantier. Ces constructions métalliques servant de support aux images deviendront une figure récurrente des installations récentes de Hito Steyerl, une manière de pointer du doigt les structures invisibles qui se cachent derrière la surface lisse et hypnotique des écrans.

Si Hito Steyerl emploie les technologies les plus récentes, c’est pour mieux questionner leur pouvoir d’emprise sur le public et leur capacité à refaçonner de manière souterraine ce qui tient lieu de « réel ». Dotées d’une forte charge d’ironie, ses oeuvres livrent un irrésistible persiflage des dérives de la surveillance globale et de la réduction du monde à un centre de données aux mains du plus offrant.

Attentive au devenir des institutions d’État, Hito Steyerl aborde sous plus d’un angle l’action croissante des multinationales dans l’ensemble de la sphère sociale et de l’espace public. Le pouvoir politique et économique exercé via les algorithmes est désormais au coeur de cette réflexion, développée dans une série d’oeuvres récentes jusqu’à la nouvelle pièce produite pour la présente exposition. Dans Power Plants et This is the Future (2018), l’artiste s’interroge à propos des logiciels d’anticipation qui, imaginant l’avenir sur la base de données existantes, sont réduits à prédire, en grande partie, une répétition de ce qui a déjà eu lieu. L’application de réalité augmentée qui prolonge l’installation vidéo donne la parole à l’imaginaire poétique des plantes qui, dans un futur proche, s’apprêtent à prendre le pouvoir. Dans The City of Broken Windows (2019), elle donne à réfléchir sur l’élaboration d’algorithmes par des compagnies privées qui, censées prévenir la criminalité, échafaudent un monde en forme de cloche étanche sous capteurs, où tout mouvement devient un suspect pour la technique.

Hito Steyerl
HITO STEYERL
Dancing Mania, 2020
Simulation par ordinateur en temps réel, durée illimitée
Courtesy de l’artiste, Andrew Kreps Gallery, New York 
et Esther Schipper, Berlin
Still Photo © Image CC 4.0 Hito Steyerl

Musées et épidémie de danse à l’ère de la simulation sociale

L’installation SocialSim mène cette réflexion vers une nouvelle dimension. Hito Steyerl s’intéresse ici plus spécifiquement aux programmes de simulation sociale, qui s’attachent à étudier et à prédire les comportements des individus au sein d’une collectivité et à modéliser les interactions de masse. La vidéo tourne autour d’un « chef-d’oeuvre disparu » – le Salvator Mundi attribué à Léonard de Vinci, qui a défrayé la chronique en battant le record de « la peinture la plus chère du monde », en 2017. Sa recherche mène dans un musée imaginaire, « the museum of self-evolving art works » [le musée des oeuvres qui évoluent par elles-mêmes]. Dans ce musée du futur – peut-être déjà en partie présent – la flambée spéculative du marché de l’art, les assauts du nationalisme identitaire et la chute des subventions publiques allouées aux lieux culturels ont conduit les oeuvres à prendre en main leur propre destin dans le chaos dérégulé du néo-libéralisme sauvage, tandis que l’humanité apparaît livrée aux algorithmes gestionnaires d’une crise sans fin. Il s’avère que le nouveau Salvator Mundi est le « deus ex-machina », l’intelligence artificielle elle-même qui s’est emparée des outils de la simulation sociale pour diriger le monde.

Les applications Dancing Mania et Rebellion s’inspirent de ce que la pandémie révèle d’une perte généralisée de toute maîtrise des individus sur leur environnement. Avec l’humour grinçant propre à Hito Steyerl, elles modélisent une infection d’un autre genre : le retour des chorémanies du Moyen Âge, ces danses collectives irrépressibles soutenues sur les places publiques, jusqu’à l’épuisement, où certains historiens ont vu des manifestations de détresse des populations précarisées. Ce retournement carnavalesque face aux impasses sociales ne livre ni jugement ni réponse. Comme toujours dans l’oeuvre de Hito Steyerl, la fiction est un détour pour mieux ouvrir les yeux sur le présent, mettre les sens et la pensée en éveil.

« I Will Survive », le titre de l’exposition, sonne comme un défi autant qu’il constitue un hommage à la célèbre chanson disco (Gloria Gaynor, 1978), laissant à chacun et à chacune un espace d’introspection et de questionnement sur sa propre position.

Hito Steyerl
HITO STEYERL 
© Trevor Paglen

HITO STEYERL

Née à Munich en 1966, Hito Steyerl a étudié au Japan Institute of the Moving Image (anciennement Yokohama Broadcasting Technical School, fondée en 1975 par Shohei Imamura), puis à l’université de la télévision et du film de Munich avant de soutenir une thèse en philosophie à l’académie des beaux-arts de Vienne. Elle vit à Berlin, où elle enseigne le New Media Art à l’université des arts de Berlin et a fondé le Research Center for Proxy Politics (avec Vera Tollmann et Boaz Levin). Son oeuvre a fait l’objet de plusieurs expositions monographiques et a été incluse dans nombre de manifestations internationales comme la documenta de Cassel en 2007, Skupktur Projekte (Münster) en 2017, les Biennales de Venise en 2013, en 2015 (où elle était l’une des quatre artistes à représenter l’Allemagne) et en 2019, enfin l’Armory Show (New York) où elle présentait en 2019 une exposition personnelle. En 2017, elle a été désignée à la première place de la liste Power 100 des « personnalités les plus puissantes du monde de l’art » par la revue ArtReview, avant d’être nommée lauréate du Käthe Kollwitz Preis 2018. Le Musée national d’art moderne conserve deux oeuvres de Hito Steyerl : l’installation multimédias Red Alert, 2007, et la vidéo In Free Fall, 2010.

L’exposition est organisée par le Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, Düsseldorf et le Centre Pompidou Paris et bénéficie du soutien de la Kulturstiftung des Bundes, de la galerie Andrew Kreps, New York et de la galerie Esther Schipper, Berlin et du Goethe-Institut France.

Commissariat

Centre Pompidou, Musée national d’art moderne
Florian Ebner, chef du Cabinet de la photographie
Marcella Lista, cheffe du Service des nouveaux médias
Assistés d’Alexandra Delage, Attachée de conservation au Service des nouveaux médias et Daniel Mebarek, Assistant temporaire de recherche

K21
Doris Krystof, Curator
Assistée de Florentine Muhry, Assistant Curator

CENTRE POMPIDOU
Place Georges-Pompidou, 75004 Paris

17/06/19

Véronique Goël @ Galerie Arnaud Lefebvre, Paris - Aperçu d'une oeuvre

Véronique Goël : Aperçu d'une oeuvre
Galerie Arnaud Lefebvre, Paris
20 juin - 13 juillet 2019

A l’invitation de la Galerie Arnaud Lefebvre, VERONIQUE GOËL présente une sélection d’œuvres photographiques et un film qui est projeté le soir du vernissage. L’exposition s’accompagne d’un texte de Tadeo Kohan sur le parcours de cette cinéaste dont le rapport à l’image au cours de ces quarante dernières années a défini un langage d'une grande richesse et d’une grande précision.

Artiste suisse née à Rolle en 1951, Véronique Goël développe depuis le milieu des années 1970 un travail cinématographique et photographique important, décryptant la mémoire, les liens interpersonnels et les rapports des individus avec les structures sociales, politiques et architecturales.

Rencontre avec Véronique Goël et projection de son film vidéo POBLE NO (2007, vidéo couleur et noir & blanc, 30 min.) jeudi 20 juin à 19h30. Synopsis : Barcelone 2004. Du côté du quartier industriel, devenu inutile, les bulldozers et les spéculateurs s’activent. Un film sur un territoire éventré, gigantesque chantier d’où surgit ici et là l’extravagance de quelques tours et buildings.
" …/… Il y a quelque chose de l’ordre du trajet, du déplacement et de la déambulation dans le travail de Véronique Goël. C’est le mouvement de la caméra, qui fait défiler devant nos yeux le paysage, la ville, la zone industrielle. Le déplacement horizontal est aussi – surtout – celui du temps. Ce glissement continu permet d’apercevoir les formes mais jamais de s’attarder dessus et de s’en saisir complètement. Comme un temps trop rapide pour s’attacher et se fixer. Les choses apparaissent et s’évanouissent aussitôt. On voit, puis on oublie. 
Le mouvement chez Goël est celui de la transformation. Ses films et photographies sont comme un flux,« glissement continu du réel ». Elle nous montre les images mouvantes d’un monde figé, démesurément solide – ou alors c’est le changement du monde qui est trop soudain pour être appréhendé. "
Tadeo Kohan

GALERIE ARNAUD LEFEBVRE
10, rue des Beaux-Arts, 75006 Paris
www.galeriearnaudlefebvre.com

21/10/18

Ange Leccia @ Galleria Six, Milan - Girls, Ghosts and war - Curated by Elio Grazioli

Ange Leccia 
Girls, Ghosts and war 
Galleria Six, Milan 
20 October 2018  - 26 January 2019 

​Galleria Six presents a solo show by Corsican artist Ange Leccia curated by Elio Grazioli

​In the '80s Ange Leccia became famous for one of the simplest yet most fascinating artistic operations, a sort of double readymade. In fact, he took two copies of an object, of various sizes, even very large, such as the caterpillars at Skulptur Projekte in Münster (1987) or two airplanes or two oil tankers (of which a photographic version is on display), arranged one in front of the other (or next to it) . It was a radical and significant operation as never before, if one thinks that doubling is the basis of a certain idea of postmodernism. One of the most important exhibitions of American art of the period was titled Art and his double (1986). Ange Leccia's version was more limpid than the American ones and at the same time unequivocally poetic, suspended and not demonstrative . Two identical objects, that were simply juxtaposed, "arranged" as the French say (and it was the title of the works: Arrangement), as if they were a reflection of one the other, or as if they were kissing, as an encounter, but also as a confrontation . Because a relationship between two parties is the simplest but also the most paradigmatic one: what happens between the two? What unites them and / or separates them? how are they together? But the fact that they are identical gives these questions sort of an enigmatic allure, as in the case of twins: something flows between the two, unity is the whole, no longer the single, or other.

​In the '90s Ange Leccia went on to make more and more videos - he had already shot them before, but never shown before, and they are back now. Sometimes he put two projections of the same video next to each other, but gradually Ange Leccia goes from identical subjects to other forms of relationship . Therefore the video can now either be alone or inserted into complex video installations. It is as if instead of looking at the two objects now Ange Leccia looks rather at the space between them, the one in which they touch, while remaining separate: something happens there, something special. Videos are a particular medium: the shooting first, with its face to face with the subject that is shot, and the projection then, with that peculiar device that is the screen, seem to contain the two from the beginning , the doubling and the relationship. But Ange Leccia also goes in search of subjects that make this new and different doubling clearer: the explosion, the wake of the ship, the shore, the lightning, the intermittent light. There, in threshold spaces, all sorts of mixing or tensions take place, of turbulences or contacts. All ever-changing visual forms.

​Elio Grazioli

GALLERIA SIX
Piazza Piola 5 - 20131 Milan

30/11/17

Peter Kogler @ Galerie Mitterrand, Paris

Peter Kogler
Galerie Mitterrand, Paris

Jusqu'au 23 décembre 2017

La Galerie Mitterrand présente une nouvelle exposition personnelle de PETER KOGLER. A cette occasion, l’artiste autrichien présente une installation visuelle et sonore (son de Franz Pomassl) ainsi qu’un ensemble de collages récents.

Peter Kogler est un artiste pionnier de la création assistée par ordinateur. Toujours à la pointe de la technologie, il décline depuis une trentaine d'années une série de motifs récurrents qu’il matérialise sous de nombreuses formes : impressions bi et tridimensionnelles, sculpture, mobilier, papier-peint, dispositifs lumineux, collages et autres installations. Son iconographie, constituée depuis ses débuts de fourmis, cerveaux, globes terrestres, ampoules et lignes ondulatoires, est une métaphore du réseau, des flux et du lien social.

Pour sa nouvelle exposition à la Galerie Mitterrand, Peter Kogler présente une installation visuelle et sonore créée en 2016, produite et exposée par la Fondation ERES à Munich la même année et au K21 à Düsseldorf en 2017. L’oeuvre est une boîte de H 240 x 230 x 270 cm dans lequel le visiteur est invité à entrer. A l’intérieur, les murs composés d’écrans LED et de miroirs reflètent à l’infini une animation vidéo kaléidoscopique créée par ordinateur. L’image du visiteur se reflète et fait partie intégrante de cet univers psychédélique et mouvant. Cette immersion dans un environnement abstrait et hypnotique est caractéristique des installations vidéo que Peter Kogler développe depuis le début des années 2000. Toutefois, pour la première fois, Peter Kogler a conçu une installation vidéo qui n’est pas techniquement in situ et donc éphémère. Il s’agit cette fois-ci d’un dispositif vidéo à la fois sculptural et par conséquent déplaçable. Cet forme hybride pourrait être envisagée comme une sorte de Dream Machine du XXIème siècle.

Un ensemble de collages réalisés spécialement pour l’exposition est aussi présenté. Ces oeuvres, pensées comme des « mood-boards », sont composées d’images collectées par l’artiste au cours des 30 dernières années. Celles-ci sont assemblées selon des protocoles fixés par l’artiste et combinées avec son iconographie personnelle. Elles constituent une sorte de paysage mental, une fenêtre sur le processus créatif spécifique de Peter Kogler.

Peter Kogler est né à Innsbruck en 1959 et vit et travaille à Vienne (Autriche). Peter Kogler a fait l’objet de nombreuses expositions internationales notamment à la Documenta IX (1992) et X (1997) à Kassel ainsi que dans le pavillon autrichien de la Biennale de Venise (1995). Il a bénéficié d’expositions personnelles dans de nombreuses institutions telles que le MAMCO de Genève (2007), le MUMOK de Vienne (2009), le Museu Colecção Berardo à Lisbonne (2009) et plus récemment au MSU – Museum of Contemporary Art, Zagreb (2014), au Sigmund Freud Museum, Vienne (2015) ou encore à l’ING Art Center, Bruxelles (2016).

Galerie Mitterrand
79 rue du Temple - 75003 Paris
www.galeriemitterrand.com