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03/06/24

Exposition Paradis naturistes @ Mucem, Marseille - 600 photographies, films, revues, objets quotidiens, peintures, dessins, livres, estampes et sculptures

Paradis naturistes 
Mucem, Marseille 
3 juillet - 9 décembre 2024 

Affiche - Paradis naturistes - Mucem

Pierre Audebert
 
Île du Levant, 1935 
Collection Éliane Schoeffert-Audebert 
© Archives Pierre Audebert

Un nouvel engouement se manifeste aujourd’hui pour les pratiques de nudité dans la nature, engouement qui va de pair avec la recherche d’une alimentation saine, végétarienne, ou encore le recours aux thérapeutiques naturelles, à la méditation ou au yoga en plein air. Ces modes de vie, mais aussi le rejet des diktats qui pèsent sur nos corps, sont autant de clés de lectures contemporaines pour comprendre les enjeux des naturismes d’hier et d’aujourd’hui.

La France est la première destination touristique au monde pour les naturistes : son climat tempéré et la présence de trois mers ont facilité l’installation de véritables communautés, qui – excepté en Suisse – ont peu de véritables équivalents ailleurs en Europe, où le naturisme se pratique de manière plus libre, hors de communautés constituées. Mais d’autres raisons, historiques, culturelles, juridiques, expliquent la singularité et la longévité des communautés installées en France.

Alors, vivre nu en communauté pour communier avec la nature serait-il le secret du bonheur et de la santé ? Pourquoi et comment la France est-elle devenue un « paradis naturiste » ? Mais au fait, naturisme et nudisme, est-ce la même chose ?

En tant que musée de société implanté à Marseille, cité méditerranéenne autour de laquelle plusieurs lieux naturistes importants se sont développés, il semblait naturel que le Mucem cherche à explorer ce phénomène singulier et fédérateur qu’est le naturisme, ou plutôt les naturismes, car ils sont pluriels.

Dans une scénographie solaire conçue par l’agence Trafik, l’exposition « Paradis naturistes » réunit 600 photographies, films, revues, objets quotidiens, peintures, dessins, livres, estampes et sculptures.

Ils sont issus des archives des communautés naturistes, ainsi que de collections privées et publiques françaises et suisses, parmi lesquelles : le Musée national d’art moderne MNAM/CCI Centre Pompidou, le musée du Louvre, la Bibliothèque nationale de France, le musée Bourdelle, le musée des Beaux-Arts de Rennes, le musée de l’Éphèbe et d’archéologie sous-marine d’Adge, le musée des Beaux-Arts de Dole, la Cinémathèque de Paris, l’INA, les Archives départementales des Yvelines, les Archives municipales d’Agde, le syndicat d’administration d’Héliopolis – île du Levant, la Fondation Henri Cartier-Bresson, la galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, la Bibliothèque nationale suisse à Berne, le Bündner Kunstmuseum à Coire, la Cinémathèque de Berne, la Fondazione Monte Verita à Ascona.

Commissariat de l'exposition :
—Bernard Andrieu, philosophe, professeur au sein de l’Institut des sciences du sport et de la santé de Paris, université Paris Cité.
—Jean-Pierre Blanc, directeur de la villa Noailles.
—Amélie Lavin, conservatrice en chef au Mucem, responsable du pôle Corps, apparences, sexualités.
—David Lorenté, ingénieur des systèmes et techniques audiovisuels et multimédia à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et doctorant, université Paris Cité.

 Commissaires associés :
—Julie Liger, directrice adjointe de la villa Noailles.
—Thomas Lequeu, associé à la direction artistique pour la villa Noailles.

MUCEM, MARSEILLE

06/05/24

Méditerranées - Episode 1 : Inventions et représentations @ Mucem, Marseille - Exposition permanente - Mucem J4 Niveau 2

Méditerranées 
Episode 1 : Inventions et représentations
Mucem, Marseille 
Exposition permanente - Mucem J4 Niveau 2 
A partir du 5 juin 2024

Affiche - Méditerranées - Mucem

Elly Sougioultzoglou-Seraidari
Elly Sougioultzoglou-Seraidari (Nelly’s)
Collage de la série « Parallèles » 
présenté à l’Exposition universelle de New York 1939
Grèce, Tirage photographique moderne 
Archives photographiques du musée Benaki, Athènes, Grèce 
© Benaki Museum Photographic Archives

Maria Varela
Maria Varela 
One Piece of Cloth – an “Invented” Emblem 
(« Un bout de tissu – un emblème “inventé” »), 2021 
Dessin algorithmique brodé au fil d’or sur un drapeau composé 
d’éléments de costumes 170 × 120 cm 
Athènes, Grèce, musée de l’Histoire 
du costume grec Lykeion ton Ellinidon, 
avec l’aimable autorisation de l’artiste © Maria Varela

Le Mucem est le seul musée de société dont le projet scientifique se consacre pleinement aux cultures de la Méditerranée. À l’occasion de ses 10 ans, il nous invite à découvrir la richesse de ses collections européennes et méditerranéennes à travers une nouvelle exposition permanente. De l’Antiquité gréco-latine à nos jours en passant par la période coloniale, celle-ci nous plonge dans l’histoire des « Méditerranées » plurielles et fantasmées. 

Cette exposition permanente se décline en plusieurs épisodes, appelés à renouveler sa présentation jusqu’à l’horizon 2030 : « Méditerranées » se verra régulièrement enrichie de nouveaux chefs d’œuvres de l’histoire de l’art, de nouveaux trésors des collections et de nouvelles pièces rares, récemment acquis ou prêtés, ouvrant de nouvelles voies et de nouveaux caps pour embrasser ces Méditerranées. En effet, les imaginaires de la Méditerranée sont multiples, et tous ne peuvent être montrés dans une seule exposition. « Méditerranées » interroge la manière dont se sont formés et diffusés ces imaginaires, et notamment le rôle des musées, en découvrant comment l’histoire des arts et l’ethnologie ont contribué à créer des « images » de la Méditerranée, toutes relatives et toutes construites. 

Jules Migonney
Jules Migonney 
Tamaroud-Kabylie, 1910
Tamaghoucht, Algérie 
Huile sur toile, 65,5 x52 cm 
Mucem, Marseille © Mucem / Marianne Kuhn

James D. Robertson
James D. Robertson
 
Les Cariatides de l’Érechthéion, 1853 
(prise de vue) Athènes, Grèce
Tirage photographique moderne 38 × 26 cm
Mucem, Marseille © Mucem

Antoine Gadan
Antoine Gadan
 
Troupeau et bergers en Kabylie 
Entre 1881 et 1934 - Algérie 
Huile sur toile, 56 × 100 cm
Mucem, Marseille © Mucem / Marianne Kuhn

Dans les musées de beaux-arts, ce sont les civilisations du passé, en particulier celles de l’Antiquité, qui sont mises en valeur les premières et qui construisent une Méditerranée rêvée nourrie de l’Odyssée d’Homère, de temples grecs et de récits sur Rome et Palmyre. 

Les musées d’ethnographie, qui apparaissent durant la période coloniale, s’intéressent pour leur part aux sociétés géographiquement ou culturellement « lointaines ». La sincérité de l’intérêt scientifique et humain pour l’Autre y côtoie les intérêts et les entreprises des puissances coloniales. 

La distinction entre musées de beaux-arts et musées d’ethnographie a créé des frontières entre les objets qu’ils conservent et les disciplines qui les étudient. Le Mucem souhaite aujourd’hui dépasser ces frontières et mettre en évidence les parallèles et les influences mutuelles qui existent entre ces deux types de musée. Suivant cette idée, « Méditerranées » mêle différents modèles muséographiques historiques, de l’accrochage dense des musées de beaux-arts de la fin du XVIIIe et du XIXe siècles, aux différentes formes de présentation utilisées au cours de l’histoire par les musées d’ethnographie. 

Francis Alÿs
Francis Alÿs
Miradores, détroit de Gibraltar, 
Maroc-Espagne (capture de la vidéo) 2008
Vidéo 2 canaux 
© Francis Alÿs 
Avec l’autorisation de l’artiste et 
de la galerie David Zwirner

Fred Boissonnas
Fred Boissonnas 
Bassæ, temple d’Apollon à Phigalie, 1903 
Bassæ, Grèce
Tirage photographique moderne 
Archives Boissonnas, ministère de la Culture hellénique, 
déposées à l’Organisation métropolitaine des musées 
d’Arts visuels de Thessalonique – musée de la Photographie 
de Thessalonique, Grèce 
© Hellenic Ministry of Culture 
repository MOMus Thessaloniki Museum of Photography

Hélène Bellenger
Hélène Bellenger 
Sans titre (bianco piastraccia), série « Bianco ordinario » 
(« Blanc ordinaire »), 2023 
Impression jet d’encre sur carton, 23 x 16 cm 
Mucem, Marseille © Hélène Bellenger

L’exposition présente plus de 300 objets et documents dont la moitié sont issues des collections du Mucem. Tout au long du parcours, des œuvres d’art contemporain évoquent les enjeux d’aujourd’hui en Méditerranée. Elles ont été réalisées par les artistes Francis Alÿs, Ziad Antar, Hélène Bellenger, Nidhal Chamekh, Joseph Eid (AFP), Nina Fischer & Maroan el Sani, Mouna Karray, Fatima Mazmouz, Selma et Sofiane Ouissi, Maria Varela, ainsi que Théo Mercier, ce dernier ayant été invité à « infiltrer » le parcours de l’exposition.

Les dépôts proviennent d’une vingtaine d’institutions : musée du Quai Branly – Jacques Chirac, musée d’Orsay, musée du Louvre, Bibliothèque nationale de France, Médiathèque du patrimoine, École des beaux-arts de Paris, musée du château de Versailles, conseil général de Seine-Saint-Denis, musée d’Archéologie nationale, musée des Beaux-Arts de Marseille, museon Arlaten, musée des Beaux-Arts de Bordeaux, musée des Beaux-Arts de Valenciennes, musée des Beaux-Arts d’Angers, musée des Beaux-Arts de Laval, musée Denys-Puech de Rodez, musée d’Art et d’Histoire de L’Isle-Adam, musée des moulages de l’université Lumière Lyon 2,  Lugdunum Musée et théâtres romains, Ateliers d’art, moulages et chalcographie de la Réunion des musées nationaux – Grand Palais, musée Bénaki d’Athènes, musée de la Photographie de Thessalonique, musée de l’histoire du costume grec à Athènes, la galerie mor charpentier. 

Commissaire générale :
Marie-Charlotte Calafat, conservatrice en chef du patrimoine, responsable du département des collections et des ressources documentaires du Mucem 

Commissaires :
Justine Bohbote, Raphaël Bories, Camille Faucourt, Enguerrand Lascols, Hélia Paukner, conservatrices et conservateurs du patrimoine au Mucem 

MUCEM, MARSEILLE

02/01/24

Brognon Rollin : Le Phare @ Mucem Fort Saint-Jean, Tour du Fanal, Marseille

Brognon Rollin : Le Phare
Mucem Fort Saint-Jean, Tour du Fanal
12 janvier - juillet 2024

Brognon Rollin, Le Phare
Brognon Rollin 
Le Phare, 2022-2024 (simulation) 
© Mucem / Brognon Rollin / Julie Cohen

A partir du 12 janvier 2024, un regard lumineux s’élèvera vers le ciel depuis le fort Saint-Jean. Le duo d’artistes Brognon Rollin transformera la tour du Fanal en phare poétique, à travers lequel ils adresseront aux Marseillais un message de Pone.

Atteint de la maladie de Charcot depuis 2015, Pone, l'iconique beatmaker de la Fonky Family est appareillé d’une technique informatique de calibrage oculaire. Avec ses yeux, il peut ainsi naviguer seul sur internet et communiquer avec ses proches, alors que la maladie le paralyse et le prive de sa voix.

En conversation avec lui, David Brognon et Stéphanie Rollin ont capté et archivé le mouvement de ses pupilles. Cet enregistrement numérique est connecté à la tour du Fanal. L’ancien phare reprend vie et reproduit fidèlement le mouvement des pupilles de Pone. 

Jusqu’au mois de juillet, à la nuit tombée ou au petit matin, un extrait de leur conversation visuelle éclairera le ciel et la terre par intermittence, suite d'épiphanies muettes à l'échelle de la cité phocéenne.

PONE - BIOGRAPHIE
Né à Toulouse, Guilhem Gallart, dit Pone, y découvre la culture hip-hop. Il quitte sa région natale à 18 ans pour Marseille, suivi de son ami Don Choa. Dans la cité phocéenne, il fait la connaissance d’artistes qui marquent sa carrière, comme DJ Djel, Le Rat Luciano, Sat l’Artificier, Menzo ou Fellaga. Ensemble, en 1994, ils créent le groupe la Fonky Family. Pone a ainsi produit l’intégralité du premier album du groupe Si Dieu veut…, qui sortira en 1997. Il est intervenu sur l’ensemble de la discographie du groupe phocéen et a aussi produit en indépendant d’autres artistes (113, Diams…). En 2015, Pone connaît des problèmes de santé et une série d’examens médicaux révèle qu’il souffre de la maladie de Charcot (sclérose latérale amyotrophique, SLA). Paraplégique et trachéotomisé, il est alité depuis plus de sept ans. Cependant, alors qu’il devrait être hospitalisé, Pone vit chez lui de façon autonome à Gaillac, avec sa femme et ses deux filles, grâce à la connaissance qu’il a développée de sa maladie, à ses proches et à un accompagnement médical poussé. À l’aide d’un ordinateur et d’un logiciel de poursuite oculaire, il arrive à écrire, à lire, à communiquer et à composer. En 2019, Pone réalise l’exploit de composer et mixer un album uniquement avec ses yeux. Il revient ainsi sur le devant de la scène musicale avec l’album Kate & Me, puis avec l’EP Vision et Listen and Donate. Il sera également invité à mixer à l’occasion de la cérémonie de passation des Jeux paralympiques d’été entre Tokyo 2020 et Paris 2024. Il vient par ailleurs de publier une autobiographie intitulée Un peu plus loin (JC Lattès, 2023). 

Portrait Brognon-Rollin
Portrait Brognon-Rollin 
© dirtymonitor

BROGNON ROLLIN - BIOGRAPHIE
David Brognon, né en 1978 à Messancy (Belgique), et Stéphanie Rollin, née en 1980 à Luxembourg, forment depuis 2006 un duo d’artistes établi entre Paris et Luxembourg. Depuis 15 ans, ils développent une œuvre aux formes diverses (installations, sculptures-objets, vidéos, performances, photos) dont l’humain est le sujet principal et la rencontre le moteur. En raison de la subtilité de sa démarche et de l’épure de ses formes, leur travail renouvelle l’héritage de l’art conceptuel en l’enrichissant d’une dimension relationnelle. « Notre univers, c’est la périphérie, c’est cet espace-temps qu’on ne veut pas voir. » Attentif aux marges de la société, le duo d’artistes allie analyse sociale, recherches et immersion sur le terrain. Leur pratique s’appuie sur l’observation, le dialogue et la co-construction avec les personnes concernées. Au cours de ces interactions, ils prélèvent d’infimes éléments du quotidien dont leur œuvre révèle la portée, souvent éthique ou existentielle. À partir de situations réelles et le plus souvent complexes, ils cherchent ainsi à donner une forme plastique à l’expérience vécue du temps, de la durée ou de l’attente. Brognon Rollin ont bénéficié en 2020 d’une importante exposition monographique au MAC VAL, musée d’Art contemporain du Val-de-Marne, à Vitry-sur-Seine. Leur travail a récemment été montré à Los Angeles et le sera à Dublin en juin prochain. Il est représenté dans plusieurs collections publiques d’ampleur : au Centre Pompidou-Musée national d’art moderne, au Centre national des arts plastiques (CNAP), au MUDAM, Luxembourg ou au MAC’S - Grand-Hornu, Belgique.

Le Phare est une œuvre inclusive par laquelle le Mucem souhaite soutenir la création contemporaine, mais aussi les patients atteints de maladies chroniques et leurs proches, tout en rendant hommage aux pionniers de la culture hip-hop. Jusqu'en juillet 2024, plusieurs événements seront organisés autour de ces thèmes.

Commissariat :
Hélia Paukner, conservatrice responsable du pôle Art contemporain, Mucem
Justine Bohbote, conservatrice responsable du pôle Sport et Santé, Mucem

HELIA PAUKNER - BIOGRAPHIE
Hélia Paukner est conservatrice responsable du pôle « Art contemporain » au Mucem - Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Elle y est en charge, aussi, des collections hip-hop et graffiti du musée. Agrégée d’allemand, formée en littérature et en histoire de l’art à l’École normale supérieure de Lyon, puis à l’Institut national du patrimoine (Paris), elle a fait ses premières expériences curatoriales au musée des Beaux-Arts de Lyon. Elle a été commissaire en 2020-2021 de l’exposition « Affleurements » au Centre de conservation et de ressources du Mucem, dans le cadre du projet européen « Excavating Contemporary Archaeology » et co-commissaire de la rétrospective consacrée à Ghada Amer dans trois lieux marseillais en 2022-2023.

JUSTINE BOHBOTE - BIOGRAPHIE
Justine Bohbote est conservatrice du patrimoine, responsable du pôle « Sport et santé » au Mucem. Elle a été formée en histoire de l’art moderne et contemporain et en philosophie de l’art à l’École du Louvre et à la Sorbonne. Au Mucem, elle travaille en particulier sur les collections relatives aux cultures urbaines (notamment autour du skateboard) et sur les liens entre le soin et l’histoire de l’art. Elle enseigne ponctuellement à la Sorbonne et à l’École du Louvre, où elle a dispensé avec Amélie Lavin une formation intitulée « Le soin et ses images » en 2023.

MUCEM, MARSEILLE

21/11/23

Populaire ? Les trésors des collections du Mucem @ Mucem, Marseille - Exposition permanente

Populaire ? 
Les trésors des collections du Mucem
Exposition permanente
Mucem, Marseille
A partir du 13 décembre 2023

Mucem
Affiche Populaire ?, Mucem
Courtesy du Mucem

Alors que le Mucem fête cette année ses dix ans, l’occasion est belle de revenir sur ce qui constitue son cœur et son histoire : sa collection. Cette exposition permanente souhaite présenter sa collection dans toute sa diversité. Elle réunit en effet les fonds historiques du Musée national des arts et traditions populaires, les collections européennes du Musée de l’Homme et celles acquises depuis le début des années 2000 dans une volonté d’ouverture vers la Méditerranée et le monde contemporain. 

Au rez-de-chaussée du bâtiment, l’exposition permanente du Mucem est imaginée comme un espace de découverte visant à mettre en évidence le caractère profondément humain des objets et témoignages qui composent cette collection. Elle présente ce qui fait la « matière » du musée, elle témoigne du caractère à la fois sémiotique (ce que les objets disent de la société dans laquelle ils ont été produits) et esthétique de cette collection et permet de donner à lire toutes les histoires qui ont mené aux acquisitions, les parcours de vie des objets, ce qui a motivé leur entrée dans les réserves du musée, hier comme aujourd’hui.

Le parcours général propose un cheminement au gré de grandes catégories empruntées au vocabulaire de l’histoire des arts et des techniques (« peinture », « sculpture », « arts du métal », « céramique », etc.). Un parcours qui fait émerger les particularités de la collection du Mucem en rompant avec la hiérarchisation habituelle entre beaux-arts et arts populaires. On passe ainsi d’objets attendus dans un musée (par exemple des tableaux, des ex-voto, des icônes, etc.) à des éléments plus surprenants (comme des portes de ruche décorées), et d’objets familiers du grand public à des éléments plus inattendus voire mystérieux de prime abord. 

A côté des 1 200 objets et documents issus des fonds historiques du Mucem ou plus récemment acquis par le musée, un dispositif de médiation numérique immersive permet d’évoquer, à travers une sélection d’objets, l’idée de « culture populaire » qui irrigue ses collections.

Commissariat collectif
L’équipe de la conservation du Mucem : Justine Bohbote, Raphaël Bories, Marie-Charlotte Calafat, Caroline Chenu, Françoise Dallemagne, Camille Faucourt, Julia Ferloni, Émilie Girard, Vincent Giovannoni, Mireille Jacotin, Enguerrand Lascols, Édouard de Laubrie, Amélie Lavin, Hélia Paukner, Jean-Fabien Philippy.

+  +  +

Julie Cohen - Mucem
Au talent ! © Julie Cohen

Vendredi 15 décembre, l’exposition « Populaire ? » se visite en nocturne… Mais pas seulement !

« Au talent ! », c’est une soirée sous le signe de l’audace et de la créativité durant laquelle de jeunes médiateurs ont carte blanche pour vous parler de leurs plus belles découvertes au sein de l’expo.

 La soirée se prolonge dans l’auditorium avec une scène ouverte pluridisciplinaire animée par le Théâtre l’Art Dû. Au programme, danse, chant, beat box, impro, stand-up, et plus si affinités. Tout le monde peut participer (même vous !) et chacun dispose de 5 minutes sur la scène pour s’exprimer comme il le souhaite.

Pour conclure cette soirée plurielle, ambiance dancefloor avec une programmation musicale pensée avec l'agence Bi: Pole.

Entrée libre

MUCEM, MARSEILLE
Mucem J4, niveau Rdc (1 200 m²)

20/11/23

René Perrot @ Mucem, Marseille - Exposition "Mon pauvre cœur est un hibou"

René Perrot 
Mon pauvre cœur est un hibou 
Mucem, Marseille 
24 novembre 2023 - 10 mars 2024

René Perrot - Affiche - Mucem
René Perrot
Mon pauvre cœur est un hibou
René Perrot - Affiche - Mucem

René Perrot
Anonyme, René Perrot et sa chouette 
chevêche Grisette. Vers 1958
Tirage photographique moderne
Collection particulière 
Photo : Yves Inchierman

RENE PERROT (1912-1979) fut un artiste prolifique, expérimentant sans cesse de nouveaux styles et de nouvelles techniques. Il est particulièrement connu pour ses tapisseries, destinées à orner bâtiments officiels, ministères ou ambassades à travers le monde. Cette exposition propose de redécouvrir la richesse et la sensibilité de son travail à travers près de 200 dessins, peintures, tapisseries et objets issus des collections du Mucem, du Mobilier national mais aussi de collections privées. Profondément pacifiste, la production de René Perrot est marquée par l’histoire de son temps et ses bouleversements, la Seconde Guerre mondiale constituant un tournant dans son parcours.

Fils d’instituteurs et petit-fils d’agriculteurs, René Perrot a étudié à l’École nationale des arts décoratifs avant de travailler comme affichiste jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale. Antimilitariste convaincu, il dénonce l’absurdité de la guerre à laquelle il participe dans des gravures. Après la défaite française face à l’Allemagne, il enquête pour le musée des Arts et Traditions populaires, portant un regard artistique sur les campagnes françaises. Comme ce fut le cas pour un certain nombre d’architectes, de décorateurs et d’artistes, la protection du musée lui évite d’être trop inquiété en raison de ses positions politiques dans ce contexte troublé. C’est dans son village natal de Cuse (Doubs) et ses environs qu’il commence son enquête en 1942 et 1943 ; il la poursuit dans le Cantal en 1944, puis dans les Pyrénées-Orientales en 1945.

Il réalise ainsi de très nombreuses peintures et gravures dont près de quatre-cents sont conservées au Mucem. Ces œuvres documentent des thématiques variées, de l’architecture au paysage, de l’artisanat à l’agriculture, et des réalités de la vie quotidienne au spectacle des fêtes. Ce travail dresse un portrait interrogatif et songeur d’une France en pleine transformation : il en ressort une image à la fois précise et idéalisée, à la fois quasi-scientifique et quasi-utopique, de la France rurale.

Après cette expérience sur le terrain, René Perrot consacre l’essentiel de son travail à la tapisserie et à l’enseignement. Il est profondément attaché à la nature et aux animaux qui finissent par remplacer presque complètement, dans sa production artistique, les humains qui l’ont peut-être déçu. C’est dans la faune, la flore, les fonds marins et les minéraux qu’il trouve son inspiration : leurs formes et leurs couleurs éclatantes nourrissent l’univers poétique de ses œuvres. Dès 1945, il contribue à la relance des ateliers creusois de basse-lice, auxquels il restera fidèle. Il réalise plus de quatre cents cartons de tapisseries à partir desquels sont exécutées des tapisseries par les Manufactures de Felletin, d’Aubusson ou des Gobelins, participant aux côtés de son aîné Jean Lurçat au renouveau de cet art mural.

L’exposition a été conçue et organisée par la Cité internationale de la tapisserie et le Mucem.

Un catalogue accompagne l'exposition.

René Perrot - Catalogue - Mucem
René Perrot - Couverture Catalogue
Coédition Mucem - Liénart, 2023

Commissariat de l'exposition :

Alice Bernadac, conservatrice de la Cité internationale de la Tapisserie, Aubusson
 
Raphaël Bories, conservateur du patrimoine, responsable du pôle Croyances et religions, Mucem
 
Marie-Charlotte Calafat, conservatrice du patrimoine, responsable du département des collections et des ressources documentaires, Mucem
 
MUCEM, MARSEILLE
Bâtiment Georges Henri Rivière — Fort Saint-Jean (320 m²)

08/11/23

Fashion folklore @ Mucem, Marseille - Costumes populaires et Haute couture

Fashion folklore
Costumes populaires et Haute couture
Mucem, Marseille
12 juillet — 6 novembre 2023
Prolongation jusqu'au 8 janvier 2024


Qu’y a-t-il de commun entre une coiffe tyrolienne et un chapeau Chanel ? Entre une blouse traditionnelle roumaine et un ensemble d’Yves Saint Laurent ? Ou encore entre une veste de Jean-Paul Gaultier et un plastron breton ? 

Les dialogues entre le costume traditionnel et la haute couture, rarement exposés, peuvent sembler fondés sur des contradictions : le costume traditionnel serait le fait d’un groupe, associé à un territoire et symbole de permanence ; là où la haute couture correspondrait à un phénomène globalisé, adossé à des principes comme l’éphémère et le renouvellement et lié à des individualités créatrices. Pourtant, force est de constater que, depuis Paul Poiret, les créateurs ne cessent de convoquer les formes et les imaginaires attachés au costume régional, invitant à une histoire croisée entre les deux domaines. 

Jeanne Lanvin
Jeanne Lanvin 
Album de dessins, robe Toutankhamon, Paris, été 1923. 
Gouache sur papier 
© Courtoisie du Patrimoine Lanvin, Paris

Aurélie Samuel (co-commissaire de l'exposition) souligne ainsi que :
Les créateurs s’inspirent depuis toujours de la mode ancienne et des archives existantes. De nombreux couturiers arpentent les musées, les collections privées ou visitent les archives patrimoniales des maisons de couture. C’est une source d’inspiration inépuisable. La plupart d’entre eux sont eux-mêmes collectionneurs ou tout au moins « collecteurs ». Ils ramènent de leurs voyages des échantillons ou des vêtements et puisent sur le terrain des idées qu’ils vont ensuite réinterpréter, comme tous les artistes.
Franck Sorbier
Franck Sorbier
Robe Larantuka, 
Collection haute couture Rien que du bonheur 2008 
Raphia, chanvre, macramé.
Mucem, Marseille, Inv. 2022.9.1.
Photo © Mucem / Marianne Kuhn
L’exposition s’ouvre sur une pièce de Franck Sorbier qui a été inspirée par les expéditions du musée d’Ethnographie du Trocadéro. Elle met en valeur des techniques de vannerie traditionnelle. Cette robe d’une grande technicité témoigne de la puissance créatrice du couturier, entre artiste et artisan. Franck Sorbier se nourrit particulièrement des savoir-faire traditionnels, de culture et de patrimoine et affectionne les costumes traditionnels dont il est connaisseur. Il a fait don de cette pièce au Mucem en 2022.
L’exposition Fashion folklore propose un panorama des dialogues entre costume traditionnel et haute couture, depuis la structuration de celle-ci en secteur professionnel dans la deuxième moitié du XIXème siècle jusqu’aux productions les plus contemporaines. Intimement lié aux évolutions de la pensée folkloriste ou de la notion d’exotisme, le sujet est aussi celui de la création artistique pour laquelle les emprunts, formels ou techniques, ne s’encombrent pas toujours d’intentions idéologiques. 

Tout en proposant une lecture historique et contextualisée des modèles exposés, l’exposition met l’accent sur les processus créatifs déployés par les couturiers dans une approche volontairement formaliste. Ce sera l’occasion de revenir sur des enjeux de définition complexes, propres à l’histoire du costume. Tantôt « régional », « traditionnel » ou « folklorique », celui-ci pourra être présenté dans toutes ses complexités terminologiques comme dans la diversité de ses usages et de ses fonctions, diversité bien souvent occultée par l’histoire des représentations. 

Au coeur du projet d’exposition se trouvent les collections textiles du Mucem, ainsi que les nombreux fonds iconographiques portant sur le costume et ses représentations. Mises en regard avec des pièces de haute couture, ces collections témoignent des continuités qui irriguent l’histoire de la mode comme de la porosité des frontières entre créations artistiques et cultures populaires. Au nouveau regard que la création contemporaine permet de poser sur les costumes répond la profondeur historique que ceux-ci offrent aux œuvres des couturiers, dans un dialogue fructueux entre patrimoine et contemporain. 

Marit Ilison 
Cape n°5, collection Longing For Sleep, Estonie, 2013 
Couverture d’enfant vintage, laine jacquard, perles cristal 
© Courtoisie de Marit Ilison ; photo Maiken Staak

Givenchy par Riccardo Tisci
Givenchy par Riccardo Tisci 
Robe longue, chapeau et sandales, 
collection haute couture printemps-été 2011, passage no 1. 
Robe : tulle stretch rebrodé, paillettes, tubes de verre, zip ; 
chapeau : fibre de verre laquée ; 
sandales : broderies de roues en métal cuivré. 
Givenchy Patrimoine, Paris. 2011_SS_HC_RT_W_0000001.
© Courtoisie de Givenchy ; photo : Willy Vanderperre

Victor Weinsanto
Victor Weinsanto
Sans titre, Alsace, 2021.
Crin
Weinsanto, Paris
© Courtoisie de Weinsanto

« Fashion Folklore » présente près de 300 pièces issues des fonds du Mucem et de collections françaises et étrangères : Palais Galliera, musée des Arts décoratifs de Paris ; Musée de Quimper ; Musée Yves Saint Laurent – Paris ; Musée de la Mode de Marseille ; Musée municipal de Bucarest. Les plus grands couturiers et maisons de haute couture sont présents : Balenciaga, Gabrielle Chanel, Chloé, Dior, John Galliano, Jean Paul Gaultier, Philippe Guilet, Hermès, Simon Porte Jacquemus, Pascal Jaouen, Kenzo Takada, Christian Lacroix, Karl Lagerfeld, Jeanne Lanvin, Givenchy par Alexander McQueen, Martin Margiela, Val Piriou, Paul Poiret, Yves Saint Laurent, Paco Rabanne, Elsa Schiaparelli, Franck Sorbier, Givenchy par Riccardo Tisci, Valentino, Giambattista Valli, Dries Van Noten, Victor and Rolf, Clare Waigth Keller, Victor Weisanto, Bernard Wilhelm.

Commissariat : 

Marie-Charlotte Calafat, conservatrice du patrimoine, responsable du département des collections et des ressources documentaires du Mucem
Aurélie Samuel, conservatrice du patrimoine, commissaire indépendante

MUCEM, Marseille
Mucem J4, Niveau 2 (1200 m2)

10/10/13

Exposition Katryn Cook, MuCEM, Marseille : Memory of trees. Un travail sur la mémoire de l’histoire arménienne

Kathryn Cook : Memory of trees 
MuCEM, Fort Saint-Jean, Marseille 
Jusqu'au 18 novembre 2013 

KATRYN COOK, Memory of trees © Kathryn Cook

KATRYN COOK, photographe de l’Agence Vu, réalise un travail sur la mémoire de l’histoire arménienne de 1915 à nos jours, des villages arméniens aux quartiers Marseillais. Memory of Trees regroupe des photographies et une vidéo de l’artiste qui confronte les archives historiques aux quelques traces qui subsistent en Arménie.

Née en 1979, de nationalité américaine, Kathryn Cook grandit à Albuquerque au Nouveau Mexique. Elle débute sa carrière professionnelle à l’agence Associated Press en 2003. Elle quitte l’agence deux ans plus tard pour se consacrer à ses projets personnels. En 2006 elle s’installe à Istanbul, en Turquie où elle démarre un projet de longue haleine sur les traces du génocide arménien. Elle partage désormais sa vie entre Istanbul et Rome et se concentre sur la mémoire et la conscience collective dans les sociétés post-génocidaires, notamment en Turquie, au Moyen-Orient et au Rwanda. 

KATRYN COOK, Lake Van, Eastern Turkey, 2007 © Kathryn Cook

Le travail photographique de Kathryn Cook depuis plus de trois ans, explore la mémoire du génocide arménien en Turquie. Il s’attache à transmettre les vestiges, les traces de cette tragédie. Il repose sur l’idée que le passé doit être exhumé, discuté et partagé pour construire un futur collectif. Régulièrement partie à la rencontre de la diaspora arménienne, notamment à Vakifli, dernier village arménien en Turquie, à Beyrouth, ou encore dans les villes où les survivants au génocide ont trouvé refuge, Kathryn Cook a achevé son travail lors d’une résidence à Marseille, l’une des principales villes refuges pour les exilés arméniens.

Outre l’intérêt documentaire que l’on pourra trouver à ces portraits et ces paysages recomposés, Kathryn Cook établit une relation nouvelle à la question de la représentation de la souffrance et du malheur. Elle procède par allitération et symboles. Là où d’autres désignent, elle suggère, contourne et jamais ne prescrit. 

MuCEM - Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, Marseille
www.mucem.org

25/07/13

Expo Photos Antoine d' Agata, MuCEM, Marseille

Antoine D’Agata, Odyssées
MuCEM, Fort Saint Jean, Marseille
9 août - 23 septembre 2013

ANTOINE D'AGATA
Bloc Cherbourg persos 

© Antoine D'Agata

Antoine d'Agata, membre de Magnum photos, a suivi des migrants, en redonnant à chacun de leurs parcours, la dimension d’une odyssée personnelle. Aux frontières de l’Europe, à l’assaut de la citadelle, ils tentent tous avec des moyens différents d’en forcer l’entrée. Par la photographie et la vidéo, l’artiste propose d’accéder à la réalité de ces itinéraires, de partager le quotidien de ces anonymes, fait de routes, de foyers, de centres de rétention, de zones portuaires... Autant de road-movies à travers des paysages urbains, non identifiables, tous identiques, d’individus conscients de leurs conditions de vie de clandestins.

ANTOINE D'AGATA
Migrants 
© Antoine d’Agatha

ANTOINE D'AGATA
Migrants, Tripoli, 2011 
© Antoine d'Agata

ANTOINE D’AGATA - BIOGRAPHIE

Né en 1961 à Marseille, Antoine d’Agata quitte la France en 1983 pour une dizaine d’années. Alors qu’il séjourne à New York en 1990, son intérêt pour la photographie le conduit à s’inscrire à l’International Center of Photography où il suit notamment les cours de Larry Clark et de Nan Goldin. C’est en 1998 qu’il s’impose avec ses images prises à la frontière mexicaine. “Mala Noche” impose un auteur. Le monde de la nuit, son cortège de personnages troubles s’installe avec les séries “Vortex” et “Insomnia”.

Depuis quelques années, Antoine D’Agata s’est éloigné d’une certaine tradition photographique, et nous propose au travers d’un geste autobiographique une alternative à la fin du photojournalisme.

La photographie d’Antoine d’Agata est plus suggestion qu’identification, plus évocation que représentation. Fruits d’errances nocturnes associées à une part d’inconscience, conséquence de psychotropes, les images d’Antoine d’Agata versent dans le flou, la fuite jusqu’à un lyrisme noir, profond et rarement atteint.

Depuis dix ans, l’artiste, de nuit de préférence, parcourt le monde profitant de ses déambulations pour nous dépeindre un univers sombre et torturé. Dorénavant il nous fait pénétrer dans l’univers décalé de son propre vécu, faisant de nous des spectateurs mal à l’aise. 

En co-production Košice 2013, Bibliothèque et Archives Départementales des Bouches-du-Rhône, Atelier de Visu, Marseille-Provence 2013

Exposition réalisée dans le cadre du programme des Ateliers de l’EuroMéditerranée de Marseille-Provence 2013. Parallèlement à ses voyages, Antoine D’Agata a effectué une résidence au sein de la bibliothèque et des archives. 

MuCEM - Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, Marseille
Site internet du musée : www.mucem.org