Showing posts with label BnF François Mitterand. Show all posts
Showing posts with label BnF François Mitterand. Show all posts

28/03/24

Exposition À nous les stades ! Une histoire du sport au féminin @ BnF Site François-Mitterrand, Paris

À nous les stades ! Une histoire du sport au féminin
BnF Site François-Mitterrand, Paris
22 mai - 13 octobre 2024 

17/04/20, stade Elisabeth, 
Mme Violette Gouraud-Morris au lancer de javelot
Agence Rol - BnF, Estampes et photographie 

L’exposition À nous les stades ! Une histoire du sport au féminin dessine un panorama du sport féminin en France depuis la fn du XIXe siècle jusqu’à la période la plus récente. Cette histoire est par bien des aspects une histoire contrariée, souvent même empêchée. Bien que né au même creuset d’une culture des loisirs et d’un nouveau rapport au corps, progressivement diffusés à l’ensemble de la société, le sport féminin a connu un développement bien différent de celui de son homologue masculin. Plus de 250 documents issus des collections de la BnF, photographies, articles, affiches, illustrations, couvertures de magazines ou de livres, reproduits et présentés en accès libre dans l’allée Julien Cain, retracent les aléas de cette histoire mouvementée qui dit aussi, en creux, celle de la condition féminine en France. 

Parcours de l’exposition
- Présentation générale
- Le sport aristocratique
- Les intrépides
- La cycliste
- Dans l’espace public
- Les années folles du sport féminin
- Lenglen/ Morris : figures inversées
- Les femmes pilotes
- Contre le sport féminin
- Le sport politique
- La renaissance du sport féminin (années 1950 -1980 )
- À la conquête des bastions masculins
- Têtes d’affiche
- #MeeToo
- Mixité 

En 2024, les Jeux olympiques afficheront pour la première fois à Paris la parité totale : autant de femmes que d’hommes se trouveront sur la ligne de départ et participeront à toutes les épreuves. C’est peu dire que les femmes ont dû négocier, et parfois forcer leur intégration dans le nouvel espace social du sport dont les hommes ont fixé, à la fin du XIXe siècle, les règles, les valeurs et les institutions. Elles ont eu un accès plus tardif à l’ensemble des disciplines sportives, avec une ouverture plus limitée, certaines leur restant même interdites en compétition jusqu’à des périodes extrêmement récentes, à l’instar de la boxe ou du saut à ski inclus au programme des Jeux en 2012 et 2018. 

Une pratique transgressive pour les femmes au début du XXe siècle

« Ô mes sœurs ne craignez pas de développer un peu vos biceps, d’avoir la taille... pas trop mince, et des mains capables de saisir une carabine ou de diriger un cheval.» Lancé par l’opiniâtre duchesse d’Uzès en 1911, cet appel dit assez combien la voie à suivre pour pratiquer le sport était transgressive pour les femmes du début du siècle. Digne représentante de la nouvelle « classe des loisirs » qui importe depuis l’Angleterre le tennis ou le golf, la duchesse vient pourtant d’un milieu où la mixité est plutôt bien tolérée.

Les pionnières du sport ne se recrutent cependant pas que dans les milieux aristocratiques. Les participantes aux premières courses pédestres, de natation, de cyclisme et même d’aviation viennent de milieux sensiblement plus populaires. 

Reconquérir des bastions masculins

Au sortir de la Première Guerre mondiale, comme en témoignent les affiches, la presse et les collections de photographies présentées dans l’exposition, une certaine effervescence règne autour des pratiques sportives féminines. Délaissées par les fédérations masculines, les Françaises organisent leurs propres clubs et compétitions, et, sous l’égide de l’incontournable Alice Milliat, une fédération nationale puis internationale féminine. La conquête de cette autonomie ne va pas sans susciter de vives résistances : la pratique féminine est encouragée si elle s’inscrit dans les bornes de la bienséance et d’un destin biologique déjà tout tracé. Aux contacts brutaux des sports collectifs sont préférées les finalités esthétiques et prophylactiques de la gymnastique rythmique et de ses grands mouvements d’ensemble.

La Seconde Guerre mondiale achève de mettre en sommeil la pratique compétitive dans de nombreux sports collectifs. C’est seulement à la fn des années 1960 que les femmes reconquièrent progressivement les bastions masculins, à commencer par le rugby et le marathon. 

Des inégalités persistantes

Si les femmes ont gagné droit de cité dans le sport, des inégalités persistantes se manifestent encore aujourd’hui dans le nombre de licenciés, l’audience, les revenus des professionnelles ou encore la représentation dans les instances dirigeantes. Les fédérations sportives doivent quant à elles prendre la mesure des conséquences du mouvement #MeToo.

En même temps que des pratiques sportives, l’exposition À nous les stades ! témoigne ainsi de l’évolution des normes de genre à travers les performances corporelles, le choix des vêtements, des coiffures ou encore la manière de se tenir et de se mouvoir. À partir de l’objet « sport », c’est l’histoire, concrète, physique, des femmes en France depuis la fin du XIXe siècle qui se raconte. 

Commissariat : Christophe da Silva, chef du service de la conservation et des entrées au département Sciences et techniques, BnF

BnF I François-Mitterrand
Allée Julien Cain
Quai François-Mauriac - 75013 Paris
Exposition gratuite
Lundi 14h > 20h
Du mardi au samedi 10h > 19h, dimanche13h > 19h
Fermeture les jours fériés 

26/10/15

Anselm Kiefer, BnF, Paris - l'alchimie du livre

Anselm Kiefer, l'alchimie du livre
BnF François Mitterrand, Paris
Jusqu'au 7 février 2016

Anselm Kiefer
Shevirat Ha-Kelim (Le bris des vases), 2011
© Anselm Kiefer, Photo Avraham Hay

La Bibliothèque nationale de France organise une exposition consacrée aux livres d’Anselm Kiefer. Avec une scénographie inédite signée par l’artiste allemand, l’exposition dévoilera plus d’une centaine de livres réalisés entre 1968 et 2015, associés à des sculptures et des tableaux récents. Une occasion unique de découvrir l’aspect le plus intime du travail de cet artiste contemporain majeur et de comprendre le rôle essentiel que joue le livre dans son processus de création.

« Au moment même où il réfléchissait à sa grande rétrospective au Centre Pompidou, Anselm Kiefer nous a confié son désir de mettre en valeur séparément l’aspect le plus personnel et le moins exposé de son œuvre. J’ai immédiatement répondu à ce vœu, en lui donnant carte blanche pour présenter ses livres à la BnF », déclare Bruno Racine, président de la BnF.

Exposé dans le monde entier, Anselm Kiefer est connu essentiellement pour ses tableaux et ses sculptures alors que ses livres qui fondent l’œuvre et représentent soixante pour cent de son travail, n’ont, paradoxalement, jamais fait l’objet d’une rétrospective en France.

Anselm Kiefer 
Für Jean Genet, 1969
Photographies en noir et blanc, gouache, roses séchées, aquarelle sur papier 
et mine de plomb sur carton relié
Collection privée © Anselm Kiefer, Photo Charles Duprat

Existant en un seul exemplaire, ces livres sont des œuvres uniques dont les formats et la présentation évoluent au cours des décennies. Pouvant atteindre de grandes dimensions, ils intègrent dans leurs pages divers matériaux, tels que l’argile, le sable, la cendre, les cheveux, les plantes, la paille, des photos… et bien sûr, le plomb, medium privilégié de l’artiste, d’abord utilisé sous forme de feuilles ou de fragments, avant de devenir, vers la fin des années 1980, les livres eux-mêmes, pesant alors entre 70 et 200 kg. Pour l’artiste, outre sa plasticité, le plomb se caractérise par sa puissance poétique et spirituelle.

Dans une mise en espace conçue par Anselm Kiefer pour la BnF, l’exposition recrée tour à tour l’atelier, la bibliothèque de l’artiste, projetant le visiteur dans son univers le plus intime, inaccessible habituellement au public. L’exposition présente deux cabinets de lecture, ses premiers livres conceptuels utilisant la photographie, autre medium privilégié de Kiefer, indissociable de son œuvre depuis 1968. Elle explore les différents thèmes traités par l’artiste depuis plus de 40 ans, à travers une sélection de plus d’une centaine de pièces. On y voit ainsi un ensemble de livres consacrés aux écrivains, aux cosmogonies (The secret life of plants), aux grands mythes antiques (Gilgamesh et Enkidu) ; mais aussi des livres de sable, des livres brûlés, des livres de plomb et les livres, récents, d’aquarelles érotiques, réalisées sur des pages enduites de plâtre.

Pour la première fois, les livres d’Anselm Kiefer sont installés, dans un dialogue stimulant, en parfait écho avec une dizaine d’œuvres, sculptures et tableaux évoquant le livre. Une bibliothèque, Shevirat Ha-Kelim (Le bris des vases), est également exposée. Composée d’une trentaine de volumes de plomb et de verre brisé, elle évoque le mythe kabbalistique de la Création divine selon Isaac Louria. Cette exposition spécialement créée pour la BnF, révèle le cheminement de la pensée d’Anselm Kiefer dont le livre est au cœur du processus artistique. De même, elle éclaire la manière dont l’artiste évolue d’un medium à l’autre. Elle met également en évidence combien l’écrit est au centre de son œuvre et comment les références littéraires, philosophiques et historiques irriguent son art.

Anselm Kiefer 
Vue d’installation, Croissy, 2015 
© Anselm Kiefer, Photo Charles Duprat

ANSELM KIEFER, BIOGRAPHIE

Né le 8 mars 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, à Donaueschingen dans le Bade-Wurtemberg, Anselm Kiefer étudie le droit et la littérature, avant de bifurquer vers l’école des Beaux-arts de Karlsruhe. Depuis ses débuts sur la scène artistique dans les années 1960, Anselm Kiefer consacre une rare énergie à analyser les possibilités de créer après l’Holocauste. Il réalise une série de performances appelées Occupations qui consistent à se faire photographier « occupant » différents lieux d’Europe, en parodiant le salut hitlérien. Acte d’identification conceptuelle, ses « autoportraits » seront utilisés dans ses premières œuvres peintes et dans ses livres : Heroische Sinnbilder, Für Jean Genet qui témoignent d’un travail sur la mémoire individuelle et collective pour lutter contre l’oubli et le refoulement du souvenir. Il n’aura, dès lors, de cesse, d’interroger son identité d’Allemand, son histoire, ses racines, sa culture par cet important travail de mémoire.

A partir des années 1970, son œuvre prend progressivement la forme d’une quête spirituelle à la portée universelle, qui sait prendre en compte l’Histoire, les mythes germaniques, grecs, assyriens, la religion, les femmes, mais aussi le cosmos, la mystique juive et la Kabbale qui traverse l’œuvre sous diverses formes depuis 1983. Grand lecteur, Kiefer nourrit son œuvre de ses lectures : Ingeborg Bachmann, Paul Celan, Céline, Paul Valéry, Velimir Khlebnikov, Ossip Mandelstam, Robert Fludd… 

Installé en France depuis 1993, il a travaillé d’abord à Barjac, dans le Gard, avant d’établir son atelier en région parisienne en 2007. 

Commissariat de l'exposition : Marie Minssieux-Chamonard, conservateur, Réserve des livres rares, BnF

Publication : Anselm Kiefer, l’alchimie du livre. Sous la direction de Marie Minssieux-Chamonard, 256 pages, 366 illustrations, 39 euros, Éditions du Regard/BnF

BnF François Mitterrand, Paris
www.bnf.fr

A voir également sur Wanafoto : Anselm Kiefer au Centre Pompidou

10/10/05

Bestiaire médiéval - Enluminures - Exposition à la BnF- Site François-Mitterrand, Paris

Bestiaire médiéval - Enluminures
BnF- Site François-Mitterrand, Paris
11 octobre 2005 – 8 janvier 2006

Sculpté aux chapiteaux des églises, brodé sur les tentures des châteaux, l’animal peuple au Moyen Âge les manuscrits enluminés. Il dit les merveilles de la Création et les mystères de la foi. Il enseigne la morale et le savoir hérité des Anciens. Il est porteur des rêves de pouvoir et de conquête. L’exposition donne à voir, à travers quatre-vingts manuscrits, trésors de la Bibliothèque nationale de France, l’animal dans les livres au Moyen Âge, ses représentations et les croyances qui y sont attachées.

Défilent alors les pages enluminées de l’histoire sainte : l’arche de Noé, la bête de l’Apocalypse, saint Gilles et sa biche, saint Antoine et ses tentations. Des histoires extraordinaires charment le regard, celle du lion qui, de sa queue, efface ses traces, de la licorne dont la corne purifie l’eau des rivières, de l’araignée qui fut autrefois une belle jeune fille. En suivant Gaston Phébus, l’on se prend à rêver de chasse à courre, de chasse au vol, faucon au poing. Avec Lancelot, l’on poursuit le cerf blanc. Sur les traces d’Hercule, l’on part à la conquête du monde. Dans les marges des livres d’heures, des oiseaux aux ramages multicolores chantent l’amour de Dieu et la beauté du monde.

Dans la pensée chrétienne médiévale, chaque élément du monde réel porte en lui un message qui renvoie au monde spirituel. L’animal n’y existe donc pas pour ce qu’il est – on ne l’étudie pas scientifiquement comme aujourd’hui – mais comme porteur d’une multiplicité de sens. L’exposition décline les modes de représentation de l’animal dans les quatre secteurs qui constituent l’univers médiéval : la foi chrétienne, le savoir, la société, la chasse. Elle se conclut sur la vie quotidienne. 

L'exposition montre comment, au sein d’une conception éminemment symbolique qui fait de l’animal un support privilégié de la prédication, s’insèrent insensiblement quelques éléments naturalistes, nés de la redécouverte de l’Histoire des animaux d’Aristote au XIIIe siècle et de l’observation de chasseurs expérimentés, comme l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen ou le comte de Foix, Gaston Phébus.

Commissariat : Marie-Hélène Tesnière, conservateur en chef au département des Manuscrits

BnF- Site François-Mitterrand
Quai François Mauriac, 75013 Paris