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25/02/18

Icônes de Mai 68 @ BnF François-Mitterrand, Paris - Les images ont une histoire

Icônes de Mai 68 - Les images ont une histoire
BnF François-Mitterrand, Paris
17 avril - 26 août 2018

Comment s’est construite notre mémoire visuelle collective des événements de Mai 68 ? Selon quels processus certaines photographies, présentées comme documentaires, ont-elles atteint un statut d’icônes? S’appuyant sur près de deux cents pièces - photographies, planches contact, magazines, documents audiovisuels -, l’exposition présentée par la BnF fait l’histoire de certaines de ces images désormais célèbres. Elle suit leur trajectoire médiatique pour mettre en évidence les conditions de leur émergence culturelle dans la mémoire collective.

La barricade, le duel CRS/étudiants, le pavé lancé, le poing levé... depuis 50 ans, la représentation des événements de Mai 68 est associée à des motifs récurrents. L’exposition analyse le parcours sinueux de différentes photographies, depuis la planche-contact jusqu’à leur circulation dans les magazines et autres produits éditoriaux : elle revient sur l’élaboration médiatique et culturelle de la représentation de ces événements historiques.

De la photographie à l’icône

Le portrait de Daniel Cohn-Bendit face à un CRS par Gilles Caron et la « Marianne de 68 » de Jean-Pierre Rey constituent deux exemples caractéristiques de la fabrique des icônes. 

La photographie de Daniel Cohn-Bendit par Gilles Caron n’a pas immédiatement été distinguée et mise en exergue par les grands titres de la presse magazine. Reprise dans le milieu photojournalistique à partir de 1970, elle circule plus largement à partir de 1978 puis à l’occasion des anniversaires décennaux de Mai 68 et de l’agence Gamma (fondée en 1967). Ce sont ces publications successives dans la presse et autres supports culturels (livres, catalogues,…) qui ont contribué à sa singularisation. Pour éclairer la trajectoire de cette photographie devenue icône, l’exposition en présente des tirages originaux mais aussi de nombreuses formes éditées jusqu’en 2008, tout en retraçant la légende photojournalistique de son succès dans les médias. 

La « Marianne de 68 » de Jean-Pierre Rey a également évolué vers un statut d’icône. Publiée en petit format en 1968, elle a ensuite été diffusée à plusieurs reprises jusqu’en 2008. Au fur et à mesure de ses publications, le cadrage se resserre, faisant perdre à la photographie son ancrage historique, et les commentaires se recentrent sur l’image elle-même faisant d’elle un symbole de Mai 68.

Une mémoire en noir et blanc

L’exposition interroge également la pratique de la couleur : comment et pourquoi la mémoire visuelle de Mai 68 se conjugue-t-elle en noir et blanc alors que les événements ont été couverts et diffusés en couleurs par la presse de l’époque ? Des clichés couleurs ont été pris par de nombreux photographes : Janine Niépce, Georges Melet, Bruno Barbey, Claude Dityvon... Peu de ces images sont pourtant remobilisées dans les médias par la suite. L’exposition éclaire ces choix éditoriaux rétrospectifs et l’amnésie associée à cet usage de la couleur .

Récits photographiques

D’autres récits photographiques des événements ont à l’inverse échappé à la mémoire visuelle commune. En marge de la presse magazine, des photographes ont pris part à des démarches collectives. Des initiatives d’expositions et de projections photographiques ont vu le jour, portées par des personnalités qui racontent leur propre printemps 1968 et participent aux réflexions politiques et sociales à l’oeuvre. C’est le cas de l’exposition du club amateur des 30X40 ou du diaporama collaboratif de Jean Pottier et Jacques Windenberger présentés dans l’exposition. Ces montages et séries photographiques constituent une redécouverte de recherches d’alternatives aux représentations dominantes des grands médias.

« L’icône absente »

Pour finir, l’exposition interroge en creux le statut d’icône. Pourquoi la première « nuit des barricades » n’a-t-elle paradoxalement laissé aucune image persistante ? Il s’agit de la nuit du 10 au 11 mai, qui a fait monter en Une des principaux magazines d’information de l’époque les événements du printemps 1968. Malgré l’imaginaire puissant qu’elles suscitent, ces scènes d’affrontements nocturnes n’ont généré aucune icône. Les photographies produites ont peu fait l’objet de publications à l’époque et de citations ultérieures. Cette absence d’icône trouve des pistes d’explication dans le manque de lisibilité de ces images et leur inadéquation visuelle avec le récit porté par les médias : celle d’un duel entre jeunesse et forces de l’ordre.

Commissariat : 
Dominique Versavel, conservatrice au département des Estampes et de la photographie, BnF 
Audrey Leblanc, docteure en histoire et civilisations (Ehess), Université Lille 3

Publication : Catalogue de l’exposition - Editions de la BnF, 20x30 cm, 128 pages, Prix : 29 euros

BnF François-Mitterrand
Quai François-Mauriac, 75013 - Galerie 1
www.bnf.fr

03/11/16

Expo Richard Avedon, BnF, Paris : La France d’Avedon, Vieux monde, New Look

La France d’Avedon, Vieux monde, New Look
BnF, Paris

Jusqu'au 26 février 2017


Audrey Hepburn, Mel Ferrer et Buster Keaton dans
« Paris Pursuit » pour Harper’s Bazaar, Paris, 9 août 1959
Photographie Richard Avedon
© The Richard Avedon Foundation

La BnF explore pour la première fois les liens singuliers de l’artiste Richard Avedon avec la France. Célébré dès ses débuts pour ses photographies de mode, Avedon a développé au long de sa vie une oeuvre exceptionnelle, jalonnée de rencontres françaises qui ont fortement influencé son travail. L’exposition rassemble près de 200 pièces, choisies pour raconter une histoire : celle de l’attachement profond pour la France de l’un des plus grands photographes américains de la seconde moitié du XXe siècle.

L’image photographique chez Richard Avedon s’est constamment enrichie et renouvelée par et pour d’autres formes : le texte, le livre, le magazine, le cinéma, la danse… Cette réinvention permanente est particulièrement sensible dans son travail développé en lien avec la France. Des années 40, quand il vient photographier les collections de mode à Paris pour le magazine Harper’s Bazaar à son séjour en 1968 pour travailler à l’édition d’une monographie de Jacques Henri Lartigue, jusqu’à sa collaboration avec Nicole Wisniak pour Egoïste à partir de 1985, chaque rencontre française amène Avedon à se réinventer, à développer toujours plus une pratique hybride de la photographie. La « France d’Avedon » se découvre à la BnF en quatre temps, qui témoignent de la richesse de son oeuvre. Elle se raconte au travers de nombreux portraits de personnalités saisies par l’objectif de l’artiste mais également autour d’un film, d’un livre et d’un magazine.

Des portraits
Jean Cocteau, Coco Chanel, Catherine Deneuve, Jeanne Moreau, Yannick Noah, Isabelle Adjani, Yves Montand, Simone Signoret… Autant de personnalités et d’icônes photographiques qui témoignent de l’attachement de l’artiste à la culture française comme de son oeuvre exceptionnelle développée autour du portrait pendant près de cinquante ans.


Yves Montand et Simone Signoret, acteurs, New York,
23 octobre 1959
Photographie Richard Avedon
© The Richard Avedon Foundation


Catherine Deneuve, actrice, Los Angeles,
22 septembre 1968
Photographie Richard Avedon
© The Richard Avedon Foundation


François Truffaut et Jean-Pierre Léaud, réalisateur et acteur, Paris, 20 juin 1971
Photographie Richard Avedon
© The Richard Avedon Foundation

Un film : Funny Face
En 1956, Richard Avedon est « consultant visuel » dans Funny Face (Drôle de frimousse) réalisé par Stanley Donen. Le film, largement tourné en France, s’inspire de la carrière d’Avedon en tant que photographe de mode à Paris. Sont extraites et exposées pour la première fois les photographies réalisées par Richard Avedon pour le film lors de la fameuse séance de mode, immergeant ainsi le visiteur dans un Paris fantasmé des années 50. En parallèle, le public peut contempler un modèle de Vistavision ainsi qu’un photomaton, du même type que celui dans lequel Avedon a fait poser Hepburn, son époux Mel Ferrer et Truman Capote, affirmant ainsi que l’oeil importe plus en photographie que la maîtrise technique.


Audrey Hepburn, actrice sur le plateau
de Funny Face, Paris, 1956
Photographie Richard Avedon
© The Richard Avedon Foundation

Un livre : Diary of a Century
La relation intime entre Avedon et la France se lit également dans son travail sur l’oeuvre de Jacques Henri Lartigue. En 1968, Richard Avedon vient à Paris travailler à l’édition de Diary of a Century. Cette monographie de photographies de Lartigue est conçue par Avedon et contribuera à faire reconnaître l’artiste français dans le monde entier. En véritable « metteur en page » en plus de « découvreur » des images de Lartigue, Avedon réussit à inscrire l’oeuvre du photographe dans l’histoire du XXe siècle, bien au-delà de la seule Belle-Epoque à laquelle Lartigue était alors identifié.

Un magazine : Egoïste
Richard Avedon collabore de nombreuses années avec le magazine français Egoïste, dédié aux arts, la littérature, la performance, le théâtre et la danse, mêlant reportage, publicités, portraits et photographies de mode dans une mise en page d’une grande élégance… Avec Egoïste, il réalise pleinement une photographie nourrie des autres formes d’art.

L’exposition qui dessine « La France d’Avedon » suit ainsi les courbes du parcours exceptionnel du photographe à travers la culture française : d’un Paris fantasmé dans Funny Face, l’histoire bascule à la Belle-Epoque « relookée » dans Diary of a Century, pour s’achever en 1991 dans Egoïste, avec le Bal Volpi à Venise, une série photographique qui met en scène le déclin du « vieux monde » proustien.

Commissariat de l'exposition :
Robert M. Rubin
Marianne Le Galliard

Bibliothèque nationale de France
www.bnf.fr

24/12/15

Expo Franc-maçonnerie, BnF, Paris

La franc-maçonnerie
BnF François-Mitterrand, Paris
12 avril - 24 juillet 2016

Grand tableau de loge d’apprenti des amis fidèles de l’Orient de Sète 
Musée de la franc-maçonnerie

La Bibliothèque nationale de France, qui conserve l’un des plus importants fonds maçonniques au monde, consacre une exposition majeure à la franc-maçonnerie française. En partenariat avec le Musée de la franc-maçonnerie, elle présente plus de 450 pièces, certaines encore jamais montrées, issues des collections de la Bibliothèque mais aussi des principales obédiences françaises ou de prêts étrangers exceptionnels. Les origines de la franc-maçonnerie, l’histoire de son implantation en France, ses symboles et rituels, ses contributions dans de multiples domaines - politique, religieux, artistique et philosophique - enfin l’évocation des légendes qui lui sont attachées constituent le parcours de cette exposition dont l’ambition est de faire comprendre, dans un esprit didactique, ce qu’est la franc-maçonnerie.

L’exposition s’attache d’abord à retracer les origines – encore en partie mystérieuses – de la franc-maçonnerie moderne. Comment, au cours du XVIIe siècle en Grande-Bretagne, une confrérie de métier s’est-elle transformée en une société de rencontres et d’échanges? Des documents exceptionnels, tels les manuscrits médiévaux des Anciens Devoirs datant de 1390 et 1425, ont été prêtés par la British Library. La Grande Loge d’Écosse a accepté de montrer les fameux Statuts Schaw de 1599 ou le premier « livre d’architecture » (registre de procès-verbaux) connu d’une Loge remontant à la fin du XVIe siècle… qui quitteront Édimbourg pour la première fois. Le visiteur pourra aussi découvrir l’original du journal de l’alchimiste Elias Ashmole qui relate son initiation en 1645 et les tout premiers documents de la franc-maçonnerie française, saisis par la police de Louis XV dans les années 1730.

L’exposition introduit ensuite le visiteur dans l’univers des symboles et des rites de la franc-maçonnerie. Qu’est-ce que l’ « initiation » ? Comment fonctionne la « méthode symbolique » ? Quels sont les principaux rites ? Comment se déroule la vie en Loge ? Des pièces remarquables sont là aussi présentées, comme les singuliers Manuscrits Noël de 1812, véritable cours de symbolisme mystique illustré de centaines de dessins à la plume aquarellés.

En France – des Lumières du XVIIIe siècle à la construction de la IIIe République – la franc-maçonnerie est intervenue dans le débat public : tolérance, laïcité, éducation, solidarité … Les loges sont passées d’un libéralisme philosophique sincère à un militantisme républicain et laïque. S’appuyant notamment sur une série de pièces relatives à la célèbre Loge des Neuf Soeurs, présidée par Benjamin Franklin et qui initia Voltaire en 1778, l’exposition montre comment la franc-maçonnerie a soutenu les mouvements qui ont donné naissance aux valeurs de 1789 et marqué l’histoire de la République. Le manuscrit de La Marseillaise de Rouget de Lisle est mis en regard des témoignages sur sa vie maçonnique. De Victor Schoelcher à Jules Ferry, les « pères fondateurs » de la République en France se voient consacrer des séquences mettant en parallèle leurs grandes réalisations et leur engagement maçonnique.

L’exposition explore enfin l’imaginaire suscité par la franc-maçonnerie depuis ses origines : légende noire avec les fantasmes d’un antimaçonnisme multiforme, pittoresque ou virulent, légende dorée avec la mise en scène de la franc-maçonnerie dans les arts et les lettres, de La Flûte enchantée de Mozart au Corto Maltese du dessinateur Hugo Pratt, en passant par les oeuvres de Tolstoï ou Kipling.

L’exposition s’ouvre et se clôt sur un panorama de la franc-maçonnerie actuelle et des vidéos d’interviews de Maçons d’aujourd’hui.

Commissariat de l'exposition : 
Sylvie Bourel, conservateur, département des Manuscrits, BnF
Pierre Mollier, Directeur de la bibliothèque du Grand Orient de France et conservateur du Musée de la franc-maçonnerie
Laurent Portes, conservateur en chef, département Philosophie, histoire, sciences de l’Homme, BnF

Publication
La franc-maçonnerie
sous la direction de Sylvie Bourel, Pierre Mollier et Laurent Portes
300 pages, 200 illustrations, Éditions de la BnF - 45 euros

Bibliothèque nationale de France

20/12/15

Miquel Barceló @ BnF Paris

Miquel Barceló. Sol y sombra
BnF François-Mitterrand, Paris
22 mars - 28 août 2016

Miquel Barceló
Photo © Jean-Marie del Moral

La Bibliothèque nationale de France et le Musée national Picasso-Paris s’associent pour proposer un double évènement consacré à Miquel Barceló. Fortes de nombreuses pièces inédites, deux expositions permettent au public une immersion dans l’univers de l’artiste majorquin. Aux peintures et céramiques présentées par le Musée national Picasso-Paris fera écho la riche production gravée proposée par la BnF. Deux lieux et deux expositions pour une oeuvre exceptionnelle à découvrir au printemps 2016 à Paris.

L’oeuvre imprimée de Miquel Barceló, rarement exposée, représente cependant une part majeure du travail de l’artiste. Peintre, dessinateur, sculpteur et céramiste, il expérimente également depuis ses débuts les techniques d’impression. Foisonnant, profondément original, son oeuvre imprimé représente à ce jour près de deux cent cinquante gravures sur cuivre, sur bois, lithographies, sérigraphies et estampages. Bien qu’autonome, ce travail reste indissociable, par sa dimension foncièrement expérimentale, de l’ensemble de la production protéiforme de l’artiste majorquin. C’est tout naturellement que la BnF a choisi de faire découvrir cette part méconnue de son oeuvre en dialogue avec des dessins, des sculptures, des céramiques et des peintures, dans un parcours thématique construit autour d’une sélection de soixante estampes, travaux récents ou très anciens, qui rend compte de la cohérence et de la singularité de sa démarche.

Une monumentale fresque de terre et de lumière est créée in situ sur toute la hauteur des vitres de l’allée Julien Cain que l’artiste a couvertes d’une fine couche d’argile avant d’y dessiner en grattant la glaise séchée. Spectaculaire introduction à l’exposition, cette fresque de 190 mètres de long sur 6 mètres de haut immerge le visiteur dans l’univers envoûtant de Barceló et rend hommage au philosophe majorquin Ramon Llull. Le parcours se déploie ensuite sur les thèmes de l’empreinte, la trace et la griffure, de la métamorphose, des tauromachies et des littératures. Vases et briques de terre cuite, portraits à l’eau de Javel, sur parchemin ou oreille d’éléphant, livres embossés et bronzes patinés, peintures et carnets font écho aux estampes. Estampes dans lesquelles l’artiste, tirant parti de toutes les ressources du medium, joue avec les textures, les couleurs et les subtiles nuances des noirs et des blancs pour, de l’ombre, faire naître la lumière.

A l’occasion de cette exposition, Miquel Barceló a complété par de belles donations le fonds de ses estampes et de ses livres d’artistes à la BnF.

Exposition réalisée avec le soutien de l’Institut Ramon Llull, organisme public chargé de la promotion internationale de la culture catalane, dans le cadre des commémorations du 700e anniversaire de la mort de Ramon Llull.

Commissariat de l'exposition à la BnF : Cécile Pocheau-Lesteven, conservateur au département des Estampes et de la photographie de la BnF, chargée de collections Estampes XXe et XXIe siècles


Publication
Miquel Barceló. Sol y sombra
Catalogue sous la direction d’Émilia Philippot et Cécile Pocheau-Lesteven
19,6 x 25,5 cm, 224 pages et 150 illustrations quadri
Ouvrage broché
Coédition Actes Sud / Bibliothèque nationale de France / Musée national Picasso - Paris
Prix : 39 euros

BnF François Mitterrand
Quai François-Mauriac, Paris XIIIe . Galerie I
Du mardi au samedi 10h > 19h, dimanche 13h >19h. Fermé lundi et jours fériés

26/10/15

Anselm Kiefer, BnF, Paris - l'alchimie du livre

Anselm Kiefer, l'alchimie du livre
BnF François Mitterrand, Paris
Jusqu'au 7 février 2016

Anselm Kiefer
Shevirat Ha-Kelim (Le bris des vases), 2011
© Anselm Kiefer, Photo Avraham Hay

La Bibliothèque nationale de France organise une exposition consacrée aux livres d’Anselm Kiefer. Avec une scénographie inédite signée par l’artiste allemand, l’exposition dévoilera plus d’une centaine de livres réalisés entre 1968 et 2015, associés à des sculptures et des tableaux récents. Une occasion unique de découvrir l’aspect le plus intime du travail de cet artiste contemporain majeur et de comprendre le rôle essentiel que joue le livre dans son processus de création.

« Au moment même où il réfléchissait à sa grande rétrospective au Centre Pompidou, Anselm Kiefer nous a confié son désir de mettre en valeur séparément l’aspect le plus personnel et le moins exposé de son œuvre. J’ai immédiatement répondu à ce vœu, en lui donnant carte blanche pour présenter ses livres à la BnF », déclare Bruno Racine, président de la BnF.

Exposé dans le monde entier, Anselm Kiefer est connu essentiellement pour ses tableaux et ses sculptures alors que ses livres qui fondent l’œuvre et représentent soixante pour cent de son travail, n’ont, paradoxalement, jamais fait l’objet d’une rétrospective en France.

Anselm Kiefer 
Für Jean Genet, 1969
Photographies en noir et blanc, gouache, roses séchées, aquarelle sur papier 
et mine de plomb sur carton relié
Collection privée © Anselm Kiefer, Photo Charles Duprat

Existant en un seul exemplaire, ces livres sont des œuvres uniques dont les formats et la présentation évoluent au cours des décennies. Pouvant atteindre de grandes dimensions, ils intègrent dans leurs pages divers matériaux, tels que l’argile, le sable, la cendre, les cheveux, les plantes, la paille, des photos… et bien sûr, le plomb, medium privilégié de l’artiste, d’abord utilisé sous forme de feuilles ou de fragments, avant de devenir, vers la fin des années 1980, les livres eux-mêmes, pesant alors entre 70 et 200 kg. Pour l’artiste, outre sa plasticité, le plomb se caractérise par sa puissance poétique et spirituelle.

Dans une mise en espace conçue par Anselm Kiefer pour la BnF, l’exposition recrée tour à tour l’atelier, la bibliothèque de l’artiste, projetant le visiteur dans son univers le plus intime, inaccessible habituellement au public. L’exposition présente deux cabinets de lecture, ses premiers livres conceptuels utilisant la photographie, autre medium privilégié de Kiefer, indissociable de son œuvre depuis 1968. Elle explore les différents thèmes traités par l’artiste depuis plus de 40 ans, à travers une sélection de plus d’une centaine de pièces. On y voit ainsi un ensemble de livres consacrés aux écrivains, aux cosmogonies (The secret life of plants), aux grands mythes antiques (Gilgamesh et Enkidu) ; mais aussi des livres de sable, des livres brûlés, des livres de plomb et les livres, récents, d’aquarelles érotiques, réalisées sur des pages enduites de plâtre.

Pour la première fois, les livres d’Anselm Kiefer sont installés, dans un dialogue stimulant, en parfait écho avec une dizaine d’œuvres, sculptures et tableaux évoquant le livre. Une bibliothèque, Shevirat Ha-Kelim (Le bris des vases), est également exposée. Composée d’une trentaine de volumes de plomb et de verre brisé, elle évoque le mythe kabbalistique de la Création divine selon Isaac Louria. Cette exposition spécialement créée pour la BnF, révèle le cheminement de la pensée d’Anselm Kiefer dont le livre est au cœur du processus artistique. De même, elle éclaire la manière dont l’artiste évolue d’un medium à l’autre. Elle met également en évidence combien l’écrit est au centre de son œuvre et comment les références littéraires, philosophiques et historiques irriguent son art.

Anselm Kiefer 
Vue d’installation, Croissy, 2015 
© Anselm Kiefer, Photo Charles Duprat

ANSELM KIEFER, BIOGRAPHIE

Né le 8 mars 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, à Donaueschingen dans le Bade-Wurtemberg, Anselm Kiefer étudie le droit et la littérature, avant de bifurquer vers l’école des Beaux-arts de Karlsruhe. Depuis ses débuts sur la scène artistique dans les années 1960, Anselm Kiefer consacre une rare énergie à analyser les possibilités de créer après l’Holocauste. Il réalise une série de performances appelées Occupations qui consistent à se faire photographier « occupant » différents lieux d’Europe, en parodiant le salut hitlérien. Acte d’identification conceptuelle, ses « autoportraits » seront utilisés dans ses premières œuvres peintes et dans ses livres : Heroische Sinnbilder, Für Jean Genet qui témoignent d’un travail sur la mémoire individuelle et collective pour lutter contre l’oubli et le refoulement du souvenir. Il n’aura, dès lors, de cesse, d’interroger son identité d’Allemand, son histoire, ses racines, sa culture par cet important travail de mémoire.

A partir des années 1970, son œuvre prend progressivement la forme d’une quête spirituelle à la portée universelle, qui sait prendre en compte l’Histoire, les mythes germaniques, grecs, assyriens, la religion, les femmes, mais aussi le cosmos, la mystique juive et la Kabbale qui traverse l’œuvre sous diverses formes depuis 1983. Grand lecteur, Kiefer nourrit son œuvre de ses lectures : Ingeborg Bachmann, Paul Celan, Céline, Paul Valéry, Velimir Khlebnikov, Ossip Mandelstam, Robert Fludd… 

Installé en France depuis 1993, il a travaillé d’abord à Barjac, dans le Gard, avant d’établir son atelier en région parisienne en 2007. 

Commissariat de l'exposition : Marie Minssieux-Chamonard, conservateur, Réserve des livres rares, BnF

Publication : Anselm Kiefer, l’alchimie du livre. Sous la direction de Marie Minssieux-Chamonard, 256 pages, 366 illustrations, 39 euros, Éditions du Regard/BnF

BnF François Mitterrand, Paris
www.bnf.fr

A voir également sur Wanafoto : Anselm Kiefer au Centre Pompidou

17/10/13

Expo Edith Piaf, Ministère de la Culture, Paris

Edith Piaf, petite robe noire et autres souvenirs issus des collections de la BnF 
Ministère de la Culture et de la Communication, Paris 
Jusqu'au 9 novembre 2013 

A l’occasion des cinquante ans de la disparition d'EDITH PIAF, le ministère de la Culture et de la Communication présente l’exposition intitulée Edith Piaf, petite robe noire et autres souvenirs. Elle réunit un florilège d’une soixantaine de pièces et documents provenant des collections de la Bibliothèque nationale de France et évoque la vie et la carrière de la chanteuse, star de renommée internationale et idole populaire d’hier et d’aujourd’hui. 

Le public peut admirer la petite robe noire d’Edith Piaf si emblématique de sa présence en scène. Il découvrira ou redécouvrira des affiches, programmes et pochettes de disque de l’époque, des photographies, de son enfance, de ses proches et de sa carrière à la scène et au cinéma, des lettres d’anonymes ou d’artistes connus comme Jean Cocteau, Charles Aznavour ou Charles Dumont, ainsi que la matrice en cuivre des inédits de Piaf découverts en 2003.

Les pièces exposées sont toutes issues des collections de la Bibliothèque nationale de France. Le département des Arts du spectacle, la plus importante collection patrimoniale consacrée au spectacle vivant en France, conserve en particulier un fonds d’archives « Edith Piaf » constitué grâce à la générosité de Danielle Bonel, secrétaire et confidente de l’artiste, et de l’association Les Amis d’Edith Piaf. Les autres trésors exposés proviennent des départements de l'Audiovisuel, des Estampes et de la Photographie, et de la Musique. 

Commissaire de l’exposition : Joël Huthwohl, directeur du département des Arts du spectacle (BnF)

Exposition au ministère de la Culture et de la Communication, 182, rue Saint-Honoré, 75001 PARIS

Dans le cadre de cette exposition est projeté le film Piaf intime réalisé par Valérie Esposito Coproduction Imagine INA 2013

12/11/12

BnF : La Photographie en 100 chefs d'oeuvres - Expo 2012-2013


La photographie en cent chefs-d’œuvre
BnF - François-Mitterrand, Paris
13 novembre 2012 - 17 février 2013

L'affiche de l'exposition à la BnF avec une photo signée Man Ray


« Choisir parmi les trésors photographiques que conserve la Bibliothèque est un exercice difficile auquel notre collection se prête avec bonheur. Photographies d’art, documentaires, scientifiques, images issues de fonds d’écrivains ou de savants, de fonds de journaux ou de théâtre, images de cinéma... aucune autre institution française ne rassemble une telle variété, des origines de la photographie à nos jours.» -- Bruno Racine, président de la BnF.

De la plus ancienne pièce présentée, un essai de William Henry Fox Talbot de 1839, à la plus récente de la sélection, une image prise à Fos-sur-Mer en 1986 par Lewis Baltz, les cent photographies exposées questionnent le concept de chef-d’œuvre. Quelle photographie peut prétendre accéder à ce statut ? Une grande image d’un grand auteur ?  Sans nul doute, mais tout autant une photographie scientifique qui atteint la perfection dans son domaine ou un tirage anonyme ancien qui anticipe de façon étonnante sur l’art des 20e et 21e siècles. 

Parmi les photographies les plus anciennes, le daguerréotype réalisé par Joseph Philibert Girault de Prangey en 1842.

Joseph Philibert Girault de Prangey (1804-1892)
Athènes. 1842. Palmier près de l’église Saint Théodore
Daguerréotype pleine plaque. 24 x 18 cms
Ancienne collection du comte Charles de Simony
BnF, Estampes et photographie


Portraits, paysages, nus, reportages, publicité, photographie scientifique, tous les genres sont représentés à travers le regard de grands noms de la photographie :  Eugène Atget, Félix Nadar, Frantisek Drtikol, Diane Arbus, Raoul Hausmann, Henri Cartier-Bresson, Man Ray, Franco Fontana, William Eggleston, Claude Levi-Strauss, Brassaï, Julia Margaret Cameron, André Kertesz, Bill Brandt, Gustave Le Gray, Gilles Caron...


Etienne-Jules Marey (1830-1904), Saut long et élevé, 1882
Tirage sur papier albuminé d’après négatif sur verre au gélatino-bromure d’argent. 7x9 cms
Don du Collège de France en 1976



Des photographies anonymes ou d’autres, plus étonnantes encore, réalisées par des écrivains tels Emile Zola, Victor Segalen ou Jacques Prévert font également partie des trésors sélectionnés pour l’occasion. A noter,également, un autoportrait réalisé par Edgar Degas en 1895 (photo reproduite ci-dessous avec l'autorisation de la BnF).


Edgar Degas (1834-1917)
Autoportrait avec Zoé Clousier. Automne 1895
Tirage argentique. 24,2 x 18,2 cms
Don en 1920 de René Degas, frère de l’artiste
BnF, Estampes et photographie

La beauté formelle et la qualité du tirage - toujours exceptionnelle - font l’intérêt des photographies exposées, de même que leur mode d’entrée dans les collections de la Bibliothèque, qui participe de l’histoire de chaque image :  don de l’auteur ou de sa famille, dation, acquisition parfois très précoce telle la photographie mythique de Mai 68 de Gilles Caron acquise en grand tirage dès septembre de la même année. Ces modes d’entrée sont en filigrane une histoire de la constitution de la collection de la BnF.

Loin d’écrire une histoire de la photographie, le parcours de l’exposition se déroule d’image en image au fil de rapprochements et de correspondances esthétiques et formelles. Ni chronologique ni thématique, la déambulation s’ouvre ainsi sur l’essai de Talbot de 1839 pour se clore au gré d’associations visuelles sur un autoportrait d’Emile Zola.

Albert Peignot,  Radiographie d’un volatile, 1896
Tirage sur papier citrate. 8,5 x 22,5 cms
Ancienne collection Léon Vidal pour le Musée des
photographies documentaires
BnF, Estampes et photographie


Arturo Bragaglia (1893-1962), L’éventail, 1928
Tirage argentique
Archives internationales de la danse. D.R.
BnF, Bibliothèque Musée de l’Opéra



Commissaires d'exposition : Sylvie Aubenas, directeur du département des Estampes et de la photographie, BnF, Marc Pagneux, expert et collectionneur 
Coordination : Aurélie Brun, chargée d’expositions, BnF

Publication - Catalogue de l'exposition : La photographie en cent chefs-d’œuvre
Sous la direction de Sylvie Aubenas et Marc Pagneux
196 pages / 100 illustrations 
Prix : 39 euros



Le catalogue édité par la BnF reflète la logique de l’exposition : classique dans son principe, qui consiste à montrer de très belles photographies, et décalée dans sa réalisation qui s’éloigne des traditionnels axes monographiques ou thématiques. Cet ouvrage regroupe toutes les photographies exposées, assorties de commentaires réalisés par des personnalités aussi variées que les photographes, parmi lesquelles des artistes, des acteurs du monde de la culture ou des écrivains, dont par exemple Anish Kapoor, Annette Messager, Roberto Alagna, David Lynch, Anne Pingeot ou encore Patrick Modiano, Michel Pastoureau, Charles Baudelaire... Le catalogue propose également un texte des commissaires ainsi que des notices descriptives scientifiques complètes accompagnées d’un éclairage sur l’histoire de chaque image.  

LISTES DES PHOTOGRAPHES DE L'EXPOSITION

3 Anonymes
Manuel Alvarez Bravo (1902-2002) 
James Anderson (1813-1877) 
Rogi André (1900-1970) 
Diane Arbus (1923-1971) 
Eugène Atget (1857-1927) 
Charles Aubry (1811-1877) 
Edouard Baldus (1813-1889) 
Lewis Baltz (né en 1945) 
George N. Barnard (1819-1902) 
Auguste Bartholdi (1834-1904) 
Ernest Benecke (1817-1894) 
Paul Berthier (1822-1912) 
Auguste Rosalie Bisson (1826-1900) 
Félix Bonfils (1831-1885) 
Arturo Bragaglia (1893-1962) 
Bill Brandt (1904-1983) 
Brassaï (1899-1984) 
Leonida Caldesi (1822-1891) 
Harry Callahan (1912-1999) 
Julia Margaret Cameron (1815-1879) 
Jean Carlu (1900-1997) et André Vigneau (1892-1968) 
Gilles Caron (1939-1970) 
Henri Cartier-Bresson (1908-2004) 
Désiré Charnay (1828-1915) 
Pierre-Joseph dit Aimé Civiale (1821-1893) 
Louis de Clercq (1837-1901) 
Charles Clifford (1819-1863) 
Jules Ferdinand Coste (1829-1873) 
Eugène Cuvelier (1837-1900) 
Edgar Degas (1834-1917) 
André-Adolphe-Eugène Disdéri (1819-1889) 
Frantisek Drtikol (1883-1961) 
Eugène Druet (1868-1917) 
Jean-Baptiste Henri Durand-Brager (1814-1879) et Lassimonne 
Louis Emile Durandelle (1839-1917) 
Eugène Durieu (1800-1874) 
William Eggleston (né en 1939) 
Constant Alexandre Famin (1827-1888) 
Pierre de Fenoyl (1945-1987) 
Franco Fontana (né en 1933)
François Alphonse Fortier (?-1882) 
Robert Frank (né en 1924) 
Lee Friedlander (né en 1934) 
Luigi Ghirri (1943-1992) 
Joseph Philibert Girault de Prangey (1804-1892) 
Goplo (actif vers 1886) 
Maurice Guibert (1856-1913) 
Raoul Hausmann (1886-1971) 
Jean-Jacques Heilmann (1822-1859) 
Florence Henri (1893-1982) 
Emil Otto Hoppé (1878-1972) 
William Henry Jackson (1843-1942) 
Jules Janssen (1824-1907) 
Edouard Jarrot (1835-1873) 
André Kertesz (1894-1985) 
William Klein (né en 1928) 
Germaine Krull (1897-1985) 
Jules Laplanche 
Gustave Le Gray (1820-1884) 
Claude Levi-Strauss (1908-2009) 
Man Ray (1890-1976) 
Etienne-Jules Marey (1830-1904) 
Charles Marville (1813-1879) 
Paul Emile Miot (1827-1911) 
Curtis Moffat (1887-1949) et Man Ray (1890-1976)  
Robert de Montesquiou (1855-1921) 
Félix Nadar (1820-1910) 
Charles Nègre (1820-1880) 
Timothy O’Sullivan (1840-1882) 
Albert Peignot 
Pierre Louis Pierson (1822-1913) et Aquilin Schad (1817-1866) 
Philippe Potteau (1807-1876) 
Jacques Prévert (1900-1977) et Robert Doisneau (1912-1994)
Tony Ray-Jones (1941-1972) 
Victor Regnault (1810-1878) 
Oscar Gustav Rejlander (1813-1875) 
Albert Renger-Patzsch (1897-1966) 
Louis Robert (1810-1882) 
James Robertson (1813-1888) 
Albert Rudomine (1892-1975) 
Gabriel Wassilievitch de Rumine (1840-1871) 
Auguste Salzmann (1824-1872) 
Victor Segalen (1878-1919) et Augusto Gilbert de Voisins (1877-1939) 
Victor Stribeck (1806-1869) 
Josef Sudek (1896-1976) 
Maurice Tabard (1897-1984) 
William Henry Fox Talbot (1800-1877)
Arthur Taylor (1830-1873) 
Félix Teynard (1817-1892)
Linneaus Tripe (1822-1902) 
François Tuefferd (1912-1996) 
Benjamin Brecknell Turner (1815-1894) 
Auguste Vacquerie (1819-1895) 
Othon von Ostheim 
Arthur Fellig dit Weegee (1899-1968) 
Gary Winogrand (1928-1984)
Emile Zola (1840-1902)

BnF - François-Mitterrand
Galerie François 1er
Quai François-Mauriac - 75013 Paris
Site internet : www.bnf.fr

17/03/11

Expo Graphisme & Création contemporaine à la BnF : 450 pièces uniques de 57 créateurs graphistes

Exposition :
Graphisme et création contemporaine  
BnF François-Mitterrand, Paris 
Commissaires de l'exposition : 
Anne-Marie Sauvage, Sandrine Maillet 
27 avril - 6 juin 2011

ANTOINE + MANUEL : carton d’invitation
Christian Lacroix, défilé haute  couture, printemps-été, 2009
© Antoine + Manuel
BnF, Réserve des livres rares


De la monographie d’un artiste à la communication d’une saison théâtrale en passant par le carton d’invitation à un défilé de mode, plus de 450 pièces issues des collections de la BnF illustrent la grande variété des travaux commandés aux graphistes. L’exposition GRAPHISME ET CREATION CONTEMPORAINE présentée à la Bibliothèque nationale de France propose un florilège de travaux de graphistes réalisés durant les années 2000 pour tous les domaines de la création contemporaine : arts plastiques, photographie, architecture, théâtre, danse, littérature, musique, mode...


FANETTE MELLIER : Affiche
Exposition Specimen : graphisme et édition, 2008
© Fanette Mellier/Pôle Graphisme de la Ville de Chaumont (Haute-Marne)
BnF, Département des Estampes et de la Photographie


L’exposition présente, graphiste par graphiste, un choix de 57 créateurs, toutes générations confondues, travaillant en France. Nombre d’entre eux rappellent volontiers qu’en répondant à des commandes, ils ont forcément un statut différent des artistes qui, eux, développent leur propre projet. Ce qui ne les empêche pas de signer leurs réalisations et d’affirmer, parfois même avec force, leur subjectivité. Citons par exemple Vier5 qui invente une écriture graphique originale pour The billboard book project (Paris), le livre de Jonathan Monk. Ou encore les M/M dont l’intervention dans l’exposition Translation, autour de la collection de Dakis Joannou au Palais de Tokyo, manifestait, de manière spectaculaire, l’entrelacement des univers des graphistes et des artistes. C’est cette rencontre qui est au cœur de l’exposition de la BnF.

La confrontation avec les scènes artistiques contemporaines est-elle propice à la création graphique ? Quel rôle donne-t-on au graphiste ? Est-il un technicien ou un interprète ? Ces dernières années ont-elles vu émerger de nouvelles pratiques ? L’exposition pose ces questions et invite, surtout, à porter le regard sur des choix, des partis pris mais aussi des contraintes qui fondent ou infléchissent les « objets graphiques ».

MICHEL BOUVET : couverture du catalogue
Rencontres photographiques d’Arles, 2010
© Michel Bouvet
BnF, Réserve des livres rares



Commissaires de l'exposition : 
Anne-Marie Sauvage, conservateur, département des Estampes et de la photographie, BnF
Sandrine Maillet, bibliothécaire en chef, Réserve des livres rares, BnF

Entrée libre 

Egalement à la BnF du 29/03 au 26 juin 2011 : Exposition Richard Prince

Richard Prince exhibit at BnF in Paris, France - An American Prayer

Richard Prince: An American Prayer 
BnF - Bibliothèque nationale de France, Paris
Curators: Bob Rubin, Marie Minssieux-Chamonard 
March 29 - June 26, 2011


RICHARD PRINCE, American Prayer at BnF - Photograph (c) Richard Prince

AN AMERICAN PRAYER is a book of poems by Jim Morrison, who would have traded rock stardom for recognition as a legitimate artistic figure in a heartbeat. Seven years after his death, “An American Prayer” was the name of a posthumous album of his poetry recorded to music by the remaining Doors. On March 29, “American Prayer,” an exhibition of American literature and ephemera from the collection of American artist RICHARD PRINCE opens at the Bibliothèque nationale de France. Also on view will be artworks by Prince relating to books, an important source of both inspiration and materials for artistic practice, including two never-before-seen examples of his famous “Nurse” paintings from his personal collection.  

In a purpose-built structure meant to evoke the wood-shingled houses of l’amérique profonde, Richard Prince displays 40 of his American / English series (sculptures based on the first American and English editions of his favorite works) with 24 Untitled (original)s, which reunite pulp paperbacks with their original cover art. A selection of Prince artwork which derives from and/or pays homage to the book and the mechanically reproduced image – works from the series Publicities, Gangs, Cartoons, and even Hoods – encircle vitrines with treasures from the most important collection of twentieth-century Americana still in private hands.

(c) Richard Prince / Rob McKeever,
courtesy of Gagosian Gallery

Finally, a “Reading Room” provides a conceptual tour d’horizon of the complex interactions of art and the text in the digital age. The “greatest hits” of the Prince and BnF collections – precious books and manuscripts from the likes of James Joyce and Louis-Ferdinand Celine you can’t touch without getting arrested – are intercut with livres ireel (imaginary books) and iPads stuffed with Prince’s prolific output of artist's books. Part bibliographic exhibition, part art installation, the show toys with the viewer’s preconceived notions of image and text, while presenting a fascinating taxonomy of American subcultures: cowboys, bikers, hoboes, hippies, and spacemen.


(c) Richard Prince / Rob McKeever,
courtesy of Gagosian Gallery


A book collector for nearly forty years, Prince has amassed a remarkable trove of works from what he describes as the “BeatHippiePunk” era: 1949 (the year of his birth) to 1984. It starts with the “Beats” – Kerouac, Ginsberg, and Burroughs, for sure, but also Nabokov (whose personal library relating to Lolita Prince owns) and J.D. Salinger. He has a particular faible for Hunter S. Thompson, whose Hell’s Angels and Fear and Loathing in Las Vegas figure prominently in the mix; the hugely influential underground cineaste Jack Smith; Mario Puzo, whose manuscript for The Godfather will be on display; Truman Capote, whose letters to the convicted murderer Perry Smith are in the collection and Jimi Hendrix, as well as Robert Crumb and Yoko Ono…and of course Thomas Pynchon, Ken Kesey, Tom Wolfe, and Terry Southern. Prince has a special interest in a number of American writers better known and loved in France: Richard Brautigan, Philip K. Dick, Jim Thompson, and Chester Himes. Prince’s holdings of letters include Jimi Hendrix’s handwritten letters home to his father while he was in the army, and, later, on the road with Little Richard’s band; Kerouac’s letters to Malcolm Cowley, editor of On the Road; and a plethora of missives from those two incognito novelists, J.D. Salinger and Thomas Pynchon. 

This would be an amazing aggregation of Americana from Mr. X, but the fact that it comes from Richard Prince is what makes this uniquely interesting. Prince’s collecting and his artistic practices are hard to separate…so why try?


An illustrated CATALOGUE accompanies the exhibition. Published by GAGOSIAN GALLERY in association with the Bibliothèque nationale de France, the catalogue includes text excerpts from many of the aforementioned by books in the artist’s collection as well as essays by exhibition curators Bob Rubin and Marie Minssieux-Chamonard, and rare book collector John McWhinnie.





BNF - BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE
Quai François Mitterrand
75713 PARIS

14/10/10

BnF à l’heure anglaise - Week-end Britannique

Ce week-end la BnF devient The French national Library…

Du vendredi 15 au dimanche 17 octobre 2010, au Petit auditorium, la BnF se met à l’heure de Londres avec un coup de projecteur sur divers aspects de la culture britannique contemporaine, de la littérature à la série télé, en passant par le foot, la musique chorale et le théâtre engagé : lectures, rencontres, tables rondes, projections…

Retrouvez, dans l’Abécédaire des collections (Espace Découverte, hall Est), une sélection de pièces patrimoniales autour des Beatles, notamment le manuscrit original de Yesterday, un prêt exceptionnel de la British Library !

vendredi 15 octobre, 14 h 30

► Lecture par Charlotte Rampling, comédienne
en anglais surtitrée en français

samedi 16 octobre

► 14 h 30 : « Va te faire foot » : l’Angleterre, royaume du ballon rond ?
dialogue entre Stephen Frears, cinéaste et Philippe Auclair, journaliste

► 15 h 30 : The english dream ? Quelle société les Anglais ont-ils choisie ?
dialogue entre Will Self, écrivain et Agnès Catherine Poirier, journaliste

► 16 h 15 : Le théâtre anglais est-il toujours un lieu de contestation ?
avec Chris Campbell, directeur artistique du Royal Court Theatre,
Moira Buffni, dramaturge britannique et 
Patrice Martinet, directeur de l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet
Rencontre animée par Agnès Catherine Poirier

► 17 h 30 : Concert « de Henri VIII aux Beatles »
par le Choeur 43 sous la direction de Myriam Niel

dimanche 17 octobre, 14 h

► Blackpool
série musicale (BBC, 2004), VO sous-titrée, durée 5h50 
Quand un doux rêveur de Blackpool désire transformer  sa ville en un nouveau Las Vegas...

En partenariat avec la librairie Shakespeare and Co et la maison de thé Le Thé des Ecrivains.

Entrée libre

BnF François Mitterrand
Petit auditorium - Hall Est
Quai François Mauriac
75013 Paris

www.bnf.fr

25/09/10

Bibliothèque numérique enFants en ligne – Pour les 8-12 ans

Nouveauté à la BnF : La Bibliothèque numérique des enFants

La BnF inaugure la Bibliothèque numérique des enFants, nouvel espace de lecture et de jeux pour les internautes en herbe. Abécédaires et imagiers, récits animaliers, encyclopédies, récits d’aventure, contes et légendes, livres d’art et de poésie… plusieurs centaines d’ouvrages issus des collections de la BnF sont rassemblés autour d’animations variées pour une introduction colorée à l’univers de l’écrit et de l’image.

Un espace entièrement dédié aux 8-12 ans
Réalisée avec le soutien du ministère de la Culture et de nombreux éditeurs jeunesse, cette Bibliothèque numérique des enFants offre au jeune public un programme complet d’activités, qui s’adapte selon l’âge de l’internaute.
• Une Salle de lecture virtuelle propose plusieurs centaines de livres de jeunesse que les enfants  cherchent via des mots à choisir sur un nuage de tags ou à attraper au passage sur l’écran.
• D’un clic, l’enfant se trouve à la Réserve des livres rares, où il peut consulter par exemple le fac-similé numérique du « Roman de Renart » ou du « Livre des Merveilles » de Marco Polo.
• Un Cabinet de curiosités propose des parcours-découvertes qui lui font découvrir la légende arthurienne, l’Inde ou encore l’histoire des écritures à travers des modules de jeu ( puzzles, images à explorer à la lampe torche, textes à remettre dans l’ordre, mots et images à associer...).
• Egalement dans un esprit ludique et créatif, une Salle des jeux regroupe des activités conçues autour des collections de la BnF : jeux de lettres autour des abécédaires, bestiaire permettant d’inventer des animaux hybrides, jeu de cartes, jeu de l’oie…

Pour s'y rendre : http://enfants.bnf.fr/

Le coin des adultes
Un « coin des enseignants » permet à ceux-ci d’utiliser cet outil dans le cadre scolaire et un « coin des parents » permet d’accompagner son enfant dans l’aventure du livre.

A venir en 2011
Des mises en ligne progressives et de nouveaux espaces enrichiront dans les mois à venir la Bibliothèque numérique des enFants. Une Chambre des histoires, donnera accès à des contenus sonores et audiovisuels, la Galerie des images regroupera un ensemble d’images commentées et le Labo, espace personnel et lieu de création, proposera des ateliers pour mettre en page un livre, concevoir un album ou une exposition, inventer sa papeterie, écrire des histoires…

A lire également sur ce Blog 

Mon 1er Festival 1010 à Paris. Pour les enfants à partir de 2 ans pedant les vacances de la Toussint

15/04/10

Colloque BnF Résister par l’art à Buchenwald et Dora



Torture, dessin de Herbert Sandberg
Colloque
Résister par l’art
à Buchenwald et Dora

Torture, dessin de Herbert Sandberg       

BnF François Mitterrand > Jeudi 6 mai 2010
14h - 18h45 > Petit auditorium > Entrée libre

Nous connaissons la déportation dans les camps nazis par les récits des déportés rescapés. Certains d’entre eux l’ont représentée par des dessins réalisés au cours de la « vie » concentrationnaire, expression plastique contemporaine de celle-ci. C’est le cas de trente artistes, 28 hommes, 2 femmes, détenus à Buchenwald, à Dora et dans les kommandos. Soumis à des épreuves communes : la faim, l’humiliation, les souffrances physiques et morales, ils ont dessiné pour témoigner et vivre. Leurs dessins sont des « j’accuse » visuels mais aussi des actes de vie puisque de l’ordre de la création salvatrice. Ils forment un art de résistance, un art de combat.
Après-midi proposé en partenariat avec l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos et Marie-France Reboul.

14h00 Ouverture par Dominique Durand, président de l’Association Buchenwald-Dora et Kommandos
14h10 Mise en perspective du camp et de la vie à Buchenwald et Dora par Marie-France Reboul, secrétaire générale de l’Association Buchenwald-Dora et Kommandos.
14h30 Dessiner et être dessiné dans un camp, témoignages
Projection d’une interview réalisée en décembre 2009 de José Fosty, dessinateur au camp de Buchenwald, suivie d’un dialogue animé par Antoine Spire, journaliste avec Walter Spitzer, dessinateur au camp de Buchenwald, Floréal Barrier, déporté dessiné, Gaston Viens, et Jean Laidet, déportés à Buchenwald.
15h15 Pause

15h30 Comment ces dessins nous sont parvenus ? Quel héritage représentent-ils pour les familles ?
Dialogue animé par Antoine Spire avec les familles de certains dessinateurs.
16h00 Quel statut donner à ces oeuvres, art ou non ? Art malgré tout ?
Dialogue animé par Antoine Spire avec Christophe Cognet, réalisateur et Jean-Luc Nancy, philosophe.
17h00 Pause

17h15 Comment la génération d’aujourd’hui traduit-elle la vie des camps ? Illustration
« KZ Dora », bande dessinée sur la vie au camp de Dora
Présentation par Robin Walter, dessinateur et scénariste
« La racine perdue, le père de mon père » 9’
Présentation et projection d’une oeuvre vidéo de Cyril de Commarque, artiste
17h45 Projection
« Quand nos yeux sont fermés, l’art clandestin à Buchenwald » 55’
Documentaire de Christophe Cognet, précédé d’une présentation par l’auteur.
18h45 Fin de la journée

BnF François Mitterrand
Petit auditorium
Hall Est
Quai François Mauriac
75013 Paris

26/11/09

Alain Fleischer, Biographie

 

Ecrivain, cinéaste, artiste plasticien, photographe, ALAIN FLEISCHER est né en 1944, à Paris. Après des études de lettres, d’anthropologie, de linguistique et de sémiologie à la Sorbonne et à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, il a enseigné dans diverses universités, écoles d’art, de cinéma et de photographie, en France et à l’étranger. Lauréat de l’Académie de France à Rome, il a séjourné à la Villa Médicis de 1985 à 1987. Sur mission du ministère de la Culture, Alain Fleischer a conçu le Fresnoy-Studio National des Arts Contemporains qu’il dirige depuis son ouverture en 1997.

Sa filmographie compte près de 200 titres dans les genres les plus divers : cinéma expérimental (Montage IV, Règes, rites, L’aventure générale, etc.), longs-métrages de fiction (Dehors-Dedans, Zoo Zéro, Rome Romeo, etc.), documentaires d’art (A la recherche de Christian B., L’art d’exposer, Pierre Klossowski ou l’éternel détour, Le Louvre imaginaire, Centre Pompidou : l’espace d’une Odyssée, Morceaux de conversation avec JL Godard, etc.), ou films de montage (Un tournage à la campagne, Le monde agité...). Participation aux festivals de Cannes, Venise, Berlin, Locarno, Montréal, etc. Plusieurs rétrospectives de son oeuvre cinématographique ont été réalisées en France, en Italie, aux Etats-Unis, au Canada.

Son oeuvre d’artiste et de photographe est présentée régulièrement en France et à l’étranger et a fait l’objet de plusieurs rétrospectives dans des musées (à Barcelone, Rotterdam, Montréal, San Paolo, Rio de Janeiro, La Havane, Buenos Aires, Singapour, Moscou, etc.). En 2003, la Maison Européenne de la Photographie et le Centre Pompidou ont présenté la deuxième rétrospective parisienne, après celle du Centre national de la photographie, en 1995. En 2008, il a conçu l’événement Dans la nuit, des images, au Grand Palais, à Paris

Il est l’auteur de plus d’une trentaine d’ouvrages de littérature (romans, nouvelles, essais) publiés notamment aux Editions du Seuil et chez Gallimard. En 2009 : L’empreinte et le tremblement - Ecrits sur le cinéma et la photographie 2 (Galaade Editions), Descentes dans les villes (nouvelles, Fata Morgana), Moi, Sandor F. (roman, Fayard) et Courts-circuits (roman, Le Cherche-midi).

 

Un exposition, Choses lues, choses vues, conçue et réalisée par Alain Fleischer a lieu actuellement à la Bnf jusqu'au 31 janvier 2010.

 

Choses lues, choses vue - ALAIN FLEISCHER - BNF

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  © Courtesy BnF

06/07/09

John Batho, Le champ d’un regard, Bnf

Photo (c) John Batho - Série Parasols
Exposition de Photographies de John Batho
à la Bibliothèque nationale de France,
jusqu'au 6 septembre 2009
Entre gloire de la couleur, interrogation sur l’effacement et mélancolie de la disparition, Le Champ d’un regard présente quelque cent cinquante images du photographe français John Batho. Des pièces les plus célèbres aux récentes séries moins connues, l’exposition permet de redécouvrir le travail de ce grand artiste qui fonde son oeuvre sur les enjeux de la photographie et ceux de la couleur.
« Avec John Batho, la photographie en couleur nous plonge dans l’émerveillement et la délectation du visible. Nous nous réjouissons qu’une partie de son travail vienne à cette occasion enrichir nos collections grâce à une donation de l’artiste », précise Bruno Racine, président de la BnF.
Né en 1939, John Batho commence à photographier en 1961. A une époque où prédomine le noir et blanc, il concentre sa recherche sur la question de la couleur en photographie. Au-delà du factuel, de l’anecdote et des sujets, son oeuvre se fonde sur la couleur considérée pour elle-même, sur son pouvoir d’attraction, sur sa manière de perturber ou de surprendre la perception. « La couleur n’est pas vraiment saisie, elle saisit plutôt celui qui la regarde. Originale, elle ne se réduit pas à l’image d’elle-même. Elle se photographie pourtant, le photographe en rapporte les effets, en prolonge la vibration ».
Auteur de célèbres séries (les Parasols, les Manèges, les Nageuses), John Batho a mis rapidement à profit l’invention de l’impression numérique. La liberté et la précision qu’elle offre, lui ont permis, à partir de 1993, de développer son oeuvre dans de nouvelles directions et de parfaire des travaux précédents. L’exposition présente également un autre aspect moins connu de son oeuvre, son récent travail en noir et blanc tiré en grand format.
Le parcours mène le visiteur d’une méditation sur la lumière et l’ombre, le passage du temps et le vertige de l’espace, à un suspens devant la présence des choses, leur matière, leur forme et leur contingence. Sans être une rétrospective, l’exposition retrace le cheminement rigoureux né d’un foisonnement de questions. Qu’ajoutait la couleur à ce médium ? Quel champ spécifique Batho allait-il lui offrir, alors que le noir et blanc était encore largement dominant ? Comment l’impression jet d’encre, avec la précision qu’elle autorise, a–t-elle amené le photographe à réinterpréter l’ensemble de son travail ? « Le point de départ est l’étude de la couleur et de son effet sur le regard » écrivait Kandinsky (Du spirituel dans l’art, 1912). Retournant la situation, se plaçant à contrecourant de cette première phase de son oeuvre, John Batho nous offre, de surcroît, la primeur de ses séries récentes, en noir et blanc, voire en « faux » noir et blanc.
Prix Kodak en 1977, John Batho sera à partir de cette date représenté par la Galerie Zabriskie à Paris et New York. De nombreuses expositions ont été consacrées à son travail, en France et à l’étranger, entre autres au musée d’Art moderne de la ville de Paris (1977), au musée Fratelli Alinari à Florence (1987) et récemment au musée Nicéphore Niepce (2000 et 2001) et au Musée des Beaux-Arts de Dijon (2008). Son travail fera également l’objet d’une exposition à Paris à la Galerie Nicolas Silin en novembre 2009.
Le Champ d’un regard présente près de cent cinquante photographies en couleur et noir et blanc, allant de formats 40 x 60 cm, au format 209 x 134 cm. Quel que soit le mode de prise de vue originel, qu’elles soient encadrées ou présentées « à cru », sans verre ni cadre, toutes les images exposées sont des impressions jet d’encre. John Batho a souhaité faire donation d’un large choix de ses oeuvres au département des Estampes et de la photographie. Une partie de cette donation est montrée à la faveur de cette exposition.
Le parcours de l’exposition propose des aires visuelles propres à chacune des recherches du photographe. Quiétude et mystère des études sur l’ombre et la lumière répondent au dynamisme, à la vibration, au volume né de la couleur. Parmi les photographies exposées au travers de deux mosaïques de la série Ombres (1999 et 2000), John Batho tente, à une époque où la photographie en couleur prend une place quasi exclusive, une expérience liée à la pure présence de la lumière. Tirées en noir et blanc, sur toile, non encadrées, les oeuvres de la série Présents & absents (1998) sont issues d’une commande réalisée à Vilnius (Lituanie). Postés face à une cabine camera obscura munie d’un verre de grand format couvert de buée, les modèles sont des passants anonymes, visiteurs du Centre d’art contemporain de la ville. L'exposition présente également des oeuvres des séries Photocolore (1974-1992), Papiers froissés (1987-1990), Papiers lumière (1988-1992), Surfaces (1994-1996), Cartes (2008), Nuages peintures (1998) qui utilise la technique de la double exposition, Manèges (1980) avec des temps de pose longs qui amène produisent une dilution des couleurs, Parasols (1981-2002) dont une partie d'une photo est représentée sur l'affiche de l'exposition, Nageuses (1990), Visages (1998), Neige (2004).
Commissaire de l'exposition : Anne Biroleau, conservateur général au département des Estampes et de la Photographie de la BnF, avec la collaboration de l’artiste
Coordination : Annie Gay, BnF, service des Expositions Scénographie : Hélène Lecarpentier, Agence NC - Nathalie Crinière
John Batho
Le champ d’un regard
Jusqu'au 6 septembre 2009
BnF - Site Richelieu
Galerie de photographie
58 rue de Richelieu - Paris IIe
Métro : Bourse, Palais Royal, Pyramides
Bus : 20, 21, 27, 85, 74, 39
Du mardi au samedi 10h-19h
Dimanche 12h-19h
Fermé lundi et jours fériés
Entrée : 7 euros, TR : 5 euros
Réservations FNAC au 0892 684 694
(0,34 euros TTC/mn) et sur fnac.com
Visites guidées :
Renseignements et réservations
au 01 53 79 49 49