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28/03/24

Exposition À nous les stades ! Une histoire du sport au féminin @ BnF Site François-Mitterrand, Paris

À nous les stades ! Une histoire du sport au féminin
BnF Site François-Mitterrand, Paris
22 mai - 13 octobre 2024 

17/04/20, stade Elisabeth, 
Mme Violette Gouraud-Morris au lancer de javelot
Agence Rol - BnF, Estampes et photographie 

L’exposition À nous les stades ! Une histoire du sport au féminin dessine un panorama du sport féminin en France depuis la fn du XIXe siècle jusqu’à la période la plus récente. Cette histoire est par bien des aspects une histoire contrariée, souvent même empêchée. Bien que né au même creuset d’une culture des loisirs et d’un nouveau rapport au corps, progressivement diffusés à l’ensemble de la société, le sport féminin a connu un développement bien différent de celui de son homologue masculin. Plus de 250 documents issus des collections de la BnF, photographies, articles, affiches, illustrations, couvertures de magazines ou de livres, reproduits et présentés en accès libre dans l’allée Julien Cain, retracent les aléas de cette histoire mouvementée qui dit aussi, en creux, celle de la condition féminine en France. 

Parcours de l’exposition
- Présentation générale
- Le sport aristocratique
- Les intrépides
- La cycliste
- Dans l’espace public
- Les années folles du sport féminin
- Lenglen/ Morris : figures inversées
- Les femmes pilotes
- Contre le sport féminin
- Le sport politique
- La renaissance du sport féminin (années 1950 -1980 )
- À la conquête des bastions masculins
- Têtes d’affiche
- #MeeToo
- Mixité 

En 2024, les Jeux olympiques afficheront pour la première fois à Paris la parité totale : autant de femmes que d’hommes se trouveront sur la ligne de départ et participeront à toutes les épreuves. C’est peu dire que les femmes ont dû négocier, et parfois forcer leur intégration dans le nouvel espace social du sport dont les hommes ont fixé, à la fin du XIXe siècle, les règles, les valeurs et les institutions. Elles ont eu un accès plus tardif à l’ensemble des disciplines sportives, avec une ouverture plus limitée, certaines leur restant même interdites en compétition jusqu’à des périodes extrêmement récentes, à l’instar de la boxe ou du saut à ski inclus au programme des Jeux en 2012 et 2018. 

Une pratique transgressive pour les femmes au début du XXe siècle

« Ô mes sœurs ne craignez pas de développer un peu vos biceps, d’avoir la taille... pas trop mince, et des mains capables de saisir une carabine ou de diriger un cheval.» Lancé par l’opiniâtre duchesse d’Uzès en 1911, cet appel dit assez combien la voie à suivre pour pratiquer le sport était transgressive pour les femmes du début du siècle. Digne représentante de la nouvelle « classe des loisirs » qui importe depuis l’Angleterre le tennis ou le golf, la duchesse vient pourtant d’un milieu où la mixité est plutôt bien tolérée.

Les pionnières du sport ne se recrutent cependant pas que dans les milieux aristocratiques. Les participantes aux premières courses pédestres, de natation, de cyclisme et même d’aviation viennent de milieux sensiblement plus populaires. 

Reconquérir des bastions masculins

Au sortir de la Première Guerre mondiale, comme en témoignent les affiches, la presse et les collections de photographies présentées dans l’exposition, une certaine effervescence règne autour des pratiques sportives féminines. Délaissées par les fédérations masculines, les Françaises organisent leurs propres clubs et compétitions, et, sous l’égide de l’incontournable Alice Milliat, une fédération nationale puis internationale féminine. La conquête de cette autonomie ne va pas sans susciter de vives résistances : la pratique féminine est encouragée si elle s’inscrit dans les bornes de la bienséance et d’un destin biologique déjà tout tracé. Aux contacts brutaux des sports collectifs sont préférées les finalités esthétiques et prophylactiques de la gymnastique rythmique et de ses grands mouvements d’ensemble.

La Seconde Guerre mondiale achève de mettre en sommeil la pratique compétitive dans de nombreux sports collectifs. C’est seulement à la fn des années 1960 que les femmes reconquièrent progressivement les bastions masculins, à commencer par le rugby et le marathon. 

Des inégalités persistantes

Si les femmes ont gagné droit de cité dans le sport, des inégalités persistantes se manifestent encore aujourd’hui dans le nombre de licenciés, l’audience, les revenus des professionnelles ou encore la représentation dans les instances dirigeantes. Les fédérations sportives doivent quant à elles prendre la mesure des conséquences du mouvement #MeToo.

En même temps que des pratiques sportives, l’exposition À nous les stades ! témoigne ainsi de l’évolution des normes de genre à travers les performances corporelles, le choix des vêtements, des coiffures ou encore la manière de se tenir et de se mouvoir. À partir de l’objet « sport », c’est l’histoire, concrète, physique, des femmes en France depuis la fin du XIXe siècle qui se raconte. 

Commissariat : Christophe da Silva, chef du service de la conservation et des entrées au département Sciences et techniques, BnF

BnF I François-Mitterrand
Allée Julien Cain
Quai François-Mauriac - 75013 Paris
Exposition gratuite
Lundi 14h > 20h
Du mardi au samedi 10h > 19h, dimanche13h > 19h
Fermeture les jours fériés 

23/01/22

Pionnières. Artistes dans le Paris des Années folles @ Musée du Luxembourg, Paris

Pionnières. Artistes dans le Paris des Années folles
Musée du Luxembourg, Paris
2 mars - 10 juillet 2022

Très longtemps marginalisées et discriminées tant dans leur formation que dans leur accès aux galeries, aux collectionneurs et aux musées, les artistes femmes de la première moitié du XXe siècle ont néanmoins occupé un rôle primordial dans le développement des grands mouvements artistiques de la modernité sans pour autant être reconnues de leur vivant en tant que telles. Ce n’est que récemment que leur rôle dans les avant-gardes est exploré: de fait il est a prévoir que lorsque le rôle de ces femmes sera reconnu a leur juste valeur, ces mouvements seront profondément changés. Cette exposition nous invite à les réinscrire dans cette histoire de l’art en transformation: du fauvisme à l’abstraction, en passant par le cubisme, Dada et le Surréalisme notamment, mais aussi dans le monde de l’architecture, la danse, le design, la littérature et la mode, tout comme pour les découvertes scientifiques. Leurs explorations plastiques et conceptuelles témoignent d’audace et de courage face aux conventions établies cantonnant les femmes à certains métiers et stéréotypes. Elles expriment de multiples manières la volonté de redéfinir le rôle des femmes dans le monde moderne. Les nombreux bouleversements du début du XXe siècle voient s’affirmer certaines grandes figures d’artistes femmes. Elles se multiplient après la révolution russe et la Première Guerre mondiale qui accélèrent la remise en cause du modèle patriarcal pour des raisons pratiques, politiques et sociologiques. Les femmes gagnent en pouvoir et visibilité et les artistes vont donner à ces pionnières le visage qui leur correspond. 

Un siècle après, il est temps de se remémorer ce moment exceptionnel de l’histoire des artistes femmes. Les années 1920 sont une période de bouillonnement et d’effervescence culturelle, d’où sera tiré le qualificatif d’années folles. Synonymes de fêtes, d’exubérance, de forte croissance économique, cette époque est aussi le moment du questionnement de ce que l’on appelle aujourd’hui les «rôles de genre», et de l’invention ainsi que de l’expérience vécue d’un «troisième genre». Un siècle avant la popularisation du mot «queer», la possibilité de réaliser une transition ou d’être entre deux genres, les artistes des années 20 avaient déjà donné forme à cette révolution de l’identité.

La crise économique, la montée des populismes, puis la seconde guerre mondiale vont à la fois restreindre la visibilité des femmes, et faire oublier ce moment extraordinaire des années 20 où elles avaient eu la parole. L’euphorie avant la tempête se joue surtout dans quelques capitales où Paris tient un rôle central, et plus précisément les quartiers latin, de Montparnasse et de Montmartre,

L’exposition Pionnières, artistes dans le Paris des années folles présente 45 artistes travaillant aussi bien la peinture, la sculpture, le cinéma, que des techniques/catégories d’objets nouvelles (tableaux textiles, poupées et marionnettes). Des artistes connues comme Suzanne Valadon, Tamara de Lempicka, Marie Laurencin côtoient des figures oubliées comme Mela Muter, Anton Prinner, Gerda Wegener. Ces femmes viennent du monde entier, y compris d’autres continents où certaines exporteront ensuite l’idée de modernité : comme Tarsila Do Amaral au Brésil, Amrita Sher Gil en Inde, ou Pan Yunliang en Chine. 

Après les “femmes nouvelles” du XIXème siècle liées à la photographie, ces « nouvelles Eves », sont les premières à avoir la possibilité d’être reconnue comme des artistes, de posséder un atelier, une galerie ou une maison d’édition, de diriger des ateliers dans des écoles d’art, de représenter des corps nus, qu’ils soient masculins ou féminins, et d’interroger ces catégories de genre. Les premières femmes à avoir la possibilité de vivre leur sexualité, quelle qu’elle soit, de choisir leur époux, de se marier ou pas et de s’habiller comme elles l’entendent. Leur vie et leur corps, dont elles sont les premières à revendiquer l’entière propriété, sont les outils de leur art, de leur travail, qu’elles réinventent dans toaus les matériaux, sur tous les supports. L’interdisciplinarité et la performativité de leur création a influencé et continue d’influencer des générations entières d’artistes.

Organisation spatiale en neuf chapitres

L’exposition se veut aussi foisonnante que ces années 1920, convoque artistes et femmes de l’art, amazones, mères, androgynes à leurs heures et révolutionnaires presque toujours, qu’elle rassemble dans neuf chapitres thématiques Dans certaines salles/chapitres une sélection d’extraits de films, chansons, partitions, romans, revues évoquent les grands personnages féminins dans les domaines du sport, de la science, de la littérature, de la mode. 

En introduction, « Les femmes sur tous les fronts » examine comment la guerre a promu les femmes engagées volontaires comme infirmières au front, mais aussi remplaçant les hommes décimés par une guerre meurtrière partout où leur présence était nécessaire. Une  galerie de portraits de Berenice Abott, datant de ses années parisiennes, brosse une image de la ville cosmopolite où milieux sociaux, élites aristocratiques et artistiques se mélangent.

Pourquoi Paris? Paris c’est la ville des Académies privées où les femmes sont bienvenues ; la ville des librairies d’avant-garde, des cafés où les artistes croisent les poètes et romanciers dont les livres sont traduits et diffusés dans des librairies uniques au monde, où le cinéma expérimental s’invente…. Tous ces lieux sont tenus ou remplis, par des femmes ; elles sont dans toutes les avant -gardes et toutes les formes d’abstraction. Paris c’est elles, les protagonistes des nouveaux langages (cinéma, littérature, peinture et sculpture).

Pour ces femmes libérées et autonomes, Vivre de son art est un impératif essentiel : elles développent des points entre l’art et les arts appliques, la peinture et la mode, inventent des espaces intérieurs et des architectures ou même des décors de théâtre, et enfin inventent de nouvelles typologies d’objet comme des poupées/portraits, des marionnettes/sculptures, des tableaux en textile. Sonia Delaunay aura sa boutique ainsi que Sarah Lipska

Non contentes de ré-inventer le métier d’artiste, elles se saisissent du temps de loisir et représentent le corps musclé, sous le soleil, voire sportif, transformant le sport masculin en un équivalant à la fois élégant, ambitieux et décontracté féminin, inventant ce qui deviendra un poncif du XXIème siècle. La nouvelle Eve découvre les joies de ne rien faire au soleil (l’héliothérapie), s’inscrit aux Jeux Olympiques ou promeut son célèbre nom grâce à des produits dérivés, pratiquant aussi bien le music hall la nuit, que le golf la journée : elle s’appelle Joséphine Baker.

Tandis que le corps se déploie librement sous le soleil dans des poses nouvelles, il se réinvente aussi Chez soi, sans fard. Ces odalisques modernes se représentent dans leurs intérieurs avec naturalisme. Plus besoin de paraître ni de faire semblant : la maternité peut-être ennuyeuse et fatigante; les poses de nues excentriques, le déshabillage un échappatoire aux diktats du regard du monde.

Ainsi s’élabore dans les années 20 ce nouveau point de vue complexe et informé de femmes éduquées et ambitieuses, déterminées à représenter le monde telles qu’elles le voient, à commencer par leur corps. C’est là que leur regard s’affute, se mesure au passé, rêve un autre futur. Le female gaze des années 20 s’emploie à représenter le corps autrement.

Parmi les tropes que ces années folles inventent et surtout mettent en pratique au grand jour, celui des « deux amies », décrit une amitié forte entre deux femmes sans la présence d’hommes, ou une histoire d’amour, ou un mélange d’amitié et de désir qui permet aux femmes une bisexualité assumée. Les deux amies sont une invention des années 20 que la peinture, la littérature et la société cosmopolite vont représenter, accueillir et dont elles transmettront la mémoire.

Ni les garçonnes qui succombent à la mode de se couper les cheveux, ni les amazones qui ne dédaignent pas d’endosser des costumes masculins, ni les travestis occasionnels ou bals masqués courants, ne recouvrent l’essentielle émergence d’un « troisième sexe », ancêtre de notre fluidité des genres et en particulier de la possibilité de ne pas s’assigner de genre.

Pour conclure, l’exposition rappellera que ces artistes furent aussi des voyageuses : d’un continent à l’autre pour se former et lancer des avant-gardes dans leur pays ; ou exploratrices de pays inconnus, ou peintres et sculpteuses à la découverte d’un « autre » dont elles tentent de saisir l’identité sans les poncifs du regard coloniales. Ces Pionnières de la diversité souffraient de l’invisibilité dans leur pays : elles étaient à même de comprendre d’autres identités mises à l’écart : elles ont beaucoup à nous apprendre.

Commissariat général : Camille Morineau, Conservatrice du Patrimoine et directrice d’AWARE (Archives of WOmen Artists, Research and Exhibitions)

Commissaire associée : Lucia Pesapane, historienne de l’art

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais

Liste des 45 artistes exposées

Berenice Abbott
Laure Albin-Guillot
Tarsila do Amaral
Alice Bailly
Aleksandra Beļcova
Maria Blanchard
Anna Boetty Steiner
Romaine Brooks
Marcelle Cahn
Claude Cahun
Emilie Charmy
Franciska Clausen
Irina Codreanu
Lucie Cousturier
Sonia Delaunay
Gisèle Freund
Natalia Gontcharova
Alicja Halicka
Nina Hamnett
Rita Kern Larsen
Marie Laurencin
Stefania Lazarska
Tamara de Lempicka
Sarah Lipska
Sonia Lewitska
Madame d’Ora
Marevna
Jacqueline Marval
Marcelle Moore
Marlow Moss
Chana Orloff
Mela Muter
Anton Prinner
Anna Fanny Quinquaud
Juliette Roche
Germaine de Roton
Amrita Sher Gil
Sophie Taeuber-Arp
Suzanne Valadon
Marie Vassilieff
Gerda Wegener
Gertrude Whitney

Catalogue de l’exposition

PIONNIÈRES
Artistes dans le Paris des Années folles
Editions de la Réunion des musées nationaux - Grand Palais
Auteures : Camille Morineau, Lucia Pesapane, 
Emmanuelle Retaillaud, Pauline Créteur, Ewa Bobrowska, 
Paula J. Birnbaum, Lauren Jimerson, Catherine Gonnard, 
Tirza Latimer, Nathalie Ernoult
Relié, 20 x 29 cm, 208 p., 160 illustrations
Parution : 2 mars 2022

MUSÉE DU LUXEMBOURG
19 rue Vaugirard, 75006 Paris

11/05/21

Valadon et ses contemporaines. Peintres et sculptrices, 1880 - 1940 @ Monastère royal de Brou, Bourg-en-Bresse

Valadon et ses contemporaines 
Peintres et sculptrices, 1880 - 1940 
Monastère royal de Brou, 
Bourg-en-Bresse 
Jusqu'au 5 septembre 2021 

Suzanne Valadon
SUZANNE VALADON
(Bessines-sur-Gartempe, 1865 – Paris, 1938),
Femme aux bas blancs, 1924
Huile sur toile, 73 x 60 cm
Nancy, musée des Beaux-Arts
© Musée des Beaux-Arts, Cliché G. Mangin

Le monastère royal de Brou organise une exposition consacrée à Suzanne Valadon (1865 -1938) et aux autres artistes féminines de sa génération, actives entre 1880 et 1940. Une exposition qui révèle, pour la première fois en France, le rôle des femmes dans l’explosion artistique française au tournant du 20e siècle.

Valadon et ses contemporaines
Valadon et ses contemporaines
Peintres et sculptrices, 1880 - 1940 
Monastère royal de Brou, Bourg-en-Bresse
Affiche de l'exposition

Comment devenir artiste lorsqu’on est née femme, à une époque où celles qui appartiennent au « deuxième sexe », dénuées de tout droit civique, ne peuvent accéder à l’École nationale des Beaux-Arts et sont priées de se cantonner à la sphère domestique ? C’est au tournant des 19e et 20e siècles que les femmes peintres et sculptrices vont lutter pour être reconnues comme des artistes à part entière, passant comme Suzanne Valadon du statut de modèle à celui de peintre accomplie.

Autour de la figure de Suzanne Valadon, l’exposition met en lumière les artistes de son époque et questionne à travers elles l’accès à la formation, les réseaux artistiques auxquels elles appartiennent, les sujets dont elles s’emparent et leur contribution aux mouvements d’avant-garde… dans une société où la place de la femme n’est pas égale à celle de l’homme.

L’exposition réunit près de 50 artistes : célèbres comme Camille Claudel, Marie Laurencin, Sonia Delaunay, Séraphine de Senlis ou Tamara de Lempicka, et d’autres moins connues ou parfois oubliées par la postérité (voir la liste complète des artistes exposées ci-dessous). Dévoilant une centaine d’oeuvres, cette exposition permet au public d’appréhender au mieux le rôle et l’influence de ces femmes artistes à l’assaut de la « Modernité ».

Emilie Charmy
EMILIE CHARMY
(Saint-Étienne, 1878 – Paris, 1974) 
Jeune femme nue, 1921, 
Huile sur toile, 89 x 147 cm
Paris, galerie Bernard Bouche
© Alberto Ricci

Mary Cassatt
MARY CASSATT
(Allegheny, États-Unis, 1844 – Mesnil-Théribus, 1926) 
Simone au chapeau bleu, vers 1900
Gouache, 50 x 33 cm
Collection Thierry Pinault
© Galerie Michel Descours (Lyon / Paris)

A chacune de ses expositions, le monastère royal de Brou propose une programmation culturelle dédiée et pour tous les publics : visites commentées, cycle de conférences, ateliers de pratiques artistiques, rendez-vous en famille… Un parcours parallèle sera créé dans les collections permanentes du musée afin de mettre en valeur les oeuvres des femmes artistes déjà présentes. 

En écho à l’histoire du monument et de sa fondatrice Marguerite d’Autriche (1480 - 1530), le monastère royal de Brou met une fois de plus les femmes à l’honneur. L’exposition « Valadon et ses contemporaines » vient clôturer un cycle dédié aux femmes, après les expositions « Marie-Madeleine, la Passion révélée » (2017) et « Voilé.e.s / Dévoilé.e.s » (2019).

Exposition organisée en partenariat avec le BAL – Musée des Beaux-Arts de Limoges et produite par la Ville de Bourg-en-Bresse et le Centre des monuments nationaux.

CATALOGUE

Valadon et ses contemporaines
Valadon et ses contemporaines
Peintres et sculptrices, 1880 - 1940
Sous la direction de Magali Briat-Philippe, conservatrice,
responsable du service des patrimoines du
monastère royal de Brou, conservatrice en chef du patrimoine
et Anne Liénard, directrice du musée des
Beaux-Arts de Limoges, conservatrice du patrimoine.
Avec la participation de Charlotte Foucher-Zarmanian, 
Marianne Le Morvan, Lena Pfeiffer et Nathalie Ernoult.
208 pages, 230 illustrations, 25 × 28 cm 
Brochée avec grands rabats
In Fine éditions d'art, 2020

LISTE DES ARTISTES EXPOSÉES

Louise ABBEMA (Étampes, 1853 – Paris, 1927)
Georges ACHILLE-FOULD (Asnières-sur-Seine, 1865 – Bruxelles, 1951)
Georgette AGUTTE (Paris, 1867 – Chamonix, 1922)
Lou ALBERT-LASARD (Metz, 1885 – Paris, 1959)
Jeanne BARDEY (Lyon, 1872 – Lyon, 1954)
Hélène BERTAUX (Paris, 1825 – Saint-Michel-de-Chavaignes, 1909)
Lucie BILLET (Madrid, 1862 – Arras? Vers 1906)
Louise BRESLAU (Munich, Allemagne, 1856 – Paris, 1927)
Marcelle CAHN (Strasbourg, 1895 – Neuilly-sur-Seine, 1981)
Mary CASSATT (Allegheny, États-Unis, 1843 – Mesnil-Théribus, 1926)
Émilie CHARMY (Saint-Étienne, 1878 – Paris, 1974)
Camille CLAUDEL (Fère-en-Tardenois, 1864 – Montdevergues, 1943)
Irène CODREANO (Bucarest, Roumanie, 1896 – Nogent-sur-Marne, 1985)
Lucie COUSTURIER (Paris, 1876 – Paris, 1925)
Sonia DELAUNAY (Gradizhsk, Ukraine, 1885 – Paris, 1979)
Tamara DE LEMPICKA (Varsovie, Pologne, 1898 – Cuernavaca, Mexique, 1980)
Henriette DELORAS (Grenoble, 1901 – Grenoble, 1941)
Germaine DE ROTON (Beaujeu, 1889 – Bron, 1942)
Rita KERNN-LARSEN (Hillerod, Danemark, 1904 – Copenhague, 1998)
Leonor FINI (Buenos Aires, Argentine, 1908 – Paris, 1996)
Marthe FLANDRIN (Paris, 1904 – Paris, 1987)
Valentine HUGO (Boulogne-sur-Mer, 1887 – Paris, 1968)
Marie LAURENCIN (Paris, 1905 – Paris, 1956)
Nadia LEGER-KHODOSSIEVITCH (Ossetishchi, Biélorussie, 1904 – Grasse, 1982)
Sonia LEWITSKA (Czestochowa, Pologne, 1874 – Paris, 1937)
Séraphine LOUIS, dite Séraphine de Senlis (Arsy, 1864 – Villers-sous-Erquery, 1942)
Jacqueline MARVAL (Quaix, 1866 – Paris, 1932)
Marguerite MIRAILLET (Lyon, 1891 – Vaugneray, 1959)
Henriette MOREL (Villeurbanne, 1883 – Villeurbanne, 1956)
Louise OCHSE (Forest, Belgique, 1884 – Auschwitz, 1944)
Chana ORLOFF (Starokonstantinov, Ukraine, 1888 – Tel Aviv, 1968)
Marguerite PELTZER (Gladenbach, Allemagne, 1898 – Thonon-les-Bains, 1991)
Blanche POLONCEAU (Paris, 1843 – Paris, 1914)
Jane POUPELET (Saint-Paul-Lizonne, 1874 – Talence, 1932)
Anna QUINQUAUD (Paris, 1890 – Fontenay-Trésigny, 1984)
Juliette ROCHE (Paris, 1884 – Paris, 1980)
Élisabeth SONREL (Tours, 1874 – Sceaux, 1953)
Sophie TAEUBER-ARP (Davos-Platz, Suisse, 1889 – Zurich, Suisse, 1943)
Suzanne VALADON (Bessines-sur-Gartempe, 1865 – Paris, 1938)
Marie VASSILIEFF (Smolensk, Russie, 1884 – Nogent-sur-Marne, 1957)
Gerda WEGENER (Hammelev, Danemark, 1885 - Frederiksberg, Danemark, 1940)

Commissariat
Magali Briat-Philippe, responsable du service des patrimoines du monastère royal de Brou, conservatrice en chef du patrimoine
Anne Liénard, directrice du musée des Beaux-Arts de Limoges, conservatrice du patrimoine

Conseillères scientifiques, autrices
Nathalie Ernoult, docteure en Histoire, attachée de conservation, Musée national d’art moderne – Centre Pompidou, Paris
Charlotte Foucher-Zarmanian, docteure en Histoire de l’art, chargée de recherches, CNRS, laboratoire LEGS (UMR 8238)
Marianne Le Morvan, docteure en Histoire de l’art, enseignante, chercheuse et commissaire d’expositions
Lena Pfeiffer, doctorante en Histoire de l’art, Technische Universität, Dresde, Allemagne

MONASTÈRE ROYAL DE BROU
63 boulevard de Brou, 01000 Bourg-en-Bresse

24/01/21

Peintres femmes, 1780-1830. Naissance d’un combat @ Musée du Luxembourg, Paris

Peintres femmes, 1780-1830
Naissance d’un combat
Musée du Luxembourg, Paris
3 mars - 4 juillet 2021

Julie Duvidal de Montferrier

JULIE DUVIDAL DE MONTFERRIER
Autoportrait
Huile sur toile, 65 x 53,5 cm
Paris, Ecole nationale supérieure des Beaux-arts (ENSBA)

Parcours du demi-siècle qui s’étend entre les années pré-révolutionnaires jusqu’à la Restauration, l’exposition Peintres femmes 1780-1830. Naissance d’un combat comprend environ 70 oeuvres exposées provenant de collections publiques et privées françaises et internationales. L’exposition s’attache à porter à la connaissance du public une question peu ou mal connue : comment le phénomène alors inédit de la féminisation de l’espace des beaux-arts s’articule à cette époque avec la transformation de l’organisation de l’espace de production artistique (administration, formation, exposition, critique) et une mutation du goût comme des pratiques sociales relatives à l’art.

Entre le XVIIIe des Lumières et le second XIXe siècle, celui du Romantisme puis de l’Impressionnisme, la perception de la période est phagocytée par les figures de David et celles des « trois G. » (Gérard, Gros, Girodet). En ce qui concerne les peintres femmes, il en va de même : après le « coup de théâtre » de la réception à l’Académie royale de peinture d’Elisabeth Vigée-Lebrun et Adélaïde Labille-Guiard en 1783, les noms le plus souvent cités sont ceux de Marie-Guillemine Benoît (et son célèbre Portrait d’une négresse — c’est le titre original), Angélique Mongez pour ces grandes machines historiques davidiennes, Marguerite Gérard qui a survécu stylistiquement au goût Rococo et à la renommée de Fragonard, dont elle fut l’élève puis la collaboratrice ou bien encore Constance Mayer dont le suicide semble l’avoir sauvée de l’oubli davantage que son oeuvre souvent réattribuée à Prud’hon, son compagnon de vie et d’atelier. Or, si on se plaît à rapporter souvent cet épisode tragique, c’est qu’il offre une explication commode à l’ « absence des femmes » et une occasion de s’en indigner pour ne pas pousser plus loin l’analyse historique de la période.

Un des enjeux majeurs de l’exposition est celui de la méthode historique, de l’interrogation de cette méthode et de la conscience critique que doit en avoir l’historien (comme le commissaire d’exposition) pour ne pas rompre le contrat de vérité qui le lie à son lecteur. Pour écrire et mettre en scène une histoire qui n’a pas été racontée (celle des peintres femmes), il apparaît essentiel de se doter de moyens nouveaux et, plus humblement d’interroger sans relâche ceux qui ont été mobilisés jusque-là pour écrire une histoire de l’art « sans femmes ».

On a souvent posé la question de l’absence des « grandes » femmes artistes et trouvé une réponse historique à cette absence et à l’ « empêchement » : l’interdiction faite aux femmes de pratiquer le nu et donc la peinture d’histoire, leur niveau moindre de formation, le numerus clausus à l’académie royale, la vocation matrimoniale, maternelle et domestique que leur attribuent les critères de genre, leur minorisation sociale et politique, la limitation de leur pratique à des genres « mineurs ». Tous ces arguments sont documentés, il n’est pas question de le nier. Le problème est qu’ils sont ceux-là même (arguments et documents) et seulement ceux que fournissent l’histoire de l’art traditionnelle et le récit historique dominant. Dans ce récit, on ne parle pas des peintres femmes parce qu’il n’y en a pas ou peu qui sont « grandes ». Parce que le « grand » (grand homme, grand genre, grande oeuvre, grande Histoire) y est un présupposé tout autant qu’une intention esthétique et politique qui détermine des choix, des omissions et des exclusions dans la recherche documentaire.

Un des intérêts de l’exposition est d’avoir déplacé l’origine du point de vue sur les productions des artistes femmes. Les livrets des salons (avec les commentaires des oeuvres, les noms des exposant-e-s), les articles de la presse en pleine expansion à cette époque, les oeuvres elles-mêmes (par qui ont elles été commandées ? achetées ? etc.), les témoignages contemporains constituent un paysage totalement différent de celui que l’histoire de l’art traditionnelle nous a transmis : il est beaucoup plus complexe, et le sort des artistes femmes y apparaît moins tributaire qu’on a voulu le dire du schéma manichéen opprimées/ oppresseurs, empêchées / favorisés, féminin /masculin. Il s’est donc agi de redonner toute sa place aux témoins et aux acteurs de l’époque dont la parole avait été occultée mais aussi aux oeuvres, à la démarche artistique.

Car à ne considérer les oeuvres des artistes femmes qu’à la lumière de leur statut de femme, qu’il s’agisse de démontrer comment elles en pâtirent, comment elles le transgressèrent ou comment elles le revendiquèrent, on ne fait que corroborer et maintenir les présupposés et les valeurs qui ont conduit le modèle historiographique dominant à oublier leur rôle, leur apport et leur place dans l’espace des beaux–arts entre 1780 et 1830 comme dans les importantes mutations que celui-ci enregistre alors — mutations déterminantes pour la seconde moitié du XIXe siècle. L’exposition est aussi un combat contre l’oubli.

Commissariat de l'exposition : Martine Lacas, Docteure en histoire et théorie de l’art, auteure, chercheuse indépendante
Scénographie : Loretta Gaïtis et Irène Charrat

MUSEE DU LUXEMBOURG
19 rue Vaugirard, 75006 Paris

03/05/11

CPA 1900 - Flirt - Humour - Galerie photos en ligne

CPA 1900 - Flirt / Humour - Cette série de cartes postales anciennes c. 1900 met en scène deux femmes dont l'une joue le rôle d'un homme. C'est une gentille histoire de flirt que l'on peut également considéré comme "humoristique", sachant qu'elle prête davantage à sourire qu'à rire. De nombreuses histoires sur cette double base flirt / humour ont été produites dans les années 1900. On peut y voir une forme de roman-photo de l'époque ou encore de pièce de théâtre en images. De ce point de vue, on peut noter le décor peint qui sert de fond aux photographies. On peut considérer que l'ensemble est bien réalisé. Ces CPA, n'indiquent pas de nom d'éditeur. Les cartes ont voyagés en avril et mai 1904. Le titre de la série est Mademoiselle, écoutez-moi donc !


 CPA 1900 - Humour / Flirt n°1
Lui - Psst!... Psst !...

 CPA 1900 - Humour / Flirt n°2
Elle - Vous m'appelez, Monsieur ?
Lui - Oui Mademoiselle - Voulez-vous une petite leçon de bécane ! 

 CPA 1900 - Humour / Flirt n°3
Elle - Je ne sais pas si je dois vous écouter, et puis, je ne suis pas en tenue.
Lui - Oh ! Mademoiselle, quelle jambe...

 CPA 1900 - Humour / Flirt n°4
Lui - Mais approchez donc plus près, plus près encore... Que craignez-vous ?... Voyez mes yeux, ils vous trouvent adorable... Que faites-vous dans la journée ?... 

 CPA 1900 - Humour / Flirt n°5
Elle - Je suis ouvrière dans une grande maison de Modes de la Rue de la Paix.
Lui - Oh ! Quel rêve... Mais vous vous tenez très bien... Quelle bonne assiette... Une fois bien enfourchée cela va tout seul...

CPA 1900 - Humour / Flirt n°6
Lui - Allons patatras ! vous voilà par terre... Oh ! Mademoiselle, vous vous êtes cassé votre verre de montre... Laissez-moi achevez ma leçon de bécane dans ma petite chambre de garçon, et alors je réponds des chûtes...



04/09/08

Rizières en Thailande

Voici quelques photos prises lors d'un voyage en Thailande en 2005. J'en mettrais d'autres sur ce blog mais je commence par celles-ci car c'est un de mes meilleurs souvenirs. C'est très paradoxal car ces femmes travaillaient dans des conditions très difficiles. Nous étions en plein été, avec une chaleur et une humidité qu'un travail physique comme celui-ci rendait d'autant plus rude. Les gestes étaient répétitifs, précis, effectués les pieds et les mains dans l'eau toute la journée. Et pourtant l'accueil a été très sympathique, très souriant. Mais finalement assez génant pour moi qui était là, l'air nigot (orth ?), avec mon appareil photo. C'était en pleine campagne, au bord de la route, mais hors des sentiers touristiques. Je n'osais pas prendre de photos mais lorsqu'elles ont vu mon appareil elles ont posé. Il faudrait que je retrouve d'autres photos qui le montre. Celles-ci étaient destinées à la publication non éditoriales. Il ne fallait pas que l'on puisse voir leur visage car je me voyais mal leur faire signer une autorisation de publication !

D'autres photos de Thailande dans un autre message :)

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