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22/08/24

Journées Européennes du Patrimoine 2024 : Les thèmes de la 41e Edition

Cap sur les 41e Journées Européennes du Patrimoine 2024
21 et  22 septembre 2024

Journées Européennes du Patrimoine 2024
Journées Européennes du Patrimoine 2024
© Ministère de la Culture 

European Heritage Days 2024
European Heritage Days 2024
Routes, Networks, Connections

Le ministère de la Culture organise, sur l’ensemble du territoire, la 41e édition des Journées européennes du patrimoine samedi 21 et dimanche 22 septembre 2024 sur les thèmes du "Patrimoine des itinéraires, des réseaux et des connexions" et du "Patrimoine maritime".

Depuis 1984, les Journées européennes du patrimoine renouvellent chaque année leur promesse: ouvrir à tous les publics plusieurs milliers de bâtiments et d’espaces le plus souvent dérobés aux regards. Pousser des portes habituellement closes, explorer des lieux insolites, investir des coulisses et accéder à des sites d’ordinaire inaccessibles : monuments civils ou religieux, édifices d’art, de spectacle, demeures d’exception, enceintes de pouvoir, bâtiments institutionnels, infrastructures industrielles… Le patrimoine matériel doublé du patrimoine immatériel est des plus éclectiques.

Né en France sous l’appellation de "Journée portes ouvertes dans les monuments historiques", l’événement se déploie aujourd’hui à l’échelle européenne : pour cette 41e  édition, les Journées européennes du patrimoine se dérouleront dans 50 États.

Deux fils conducteurs caractérisent cette édition : le "Patrimoine des itinéraires, des réseaux et des connexions" sur le plan européen et le "Patrimoine maritime" à l’échelon national.

Par son ampleur, le thème européen autorise nombre d’approches. Exploration du patrimoine des transports (gares, aéroports, ports), du patrimoine mobilier (locomotives, avions, voitures, bateaux), de celui des connexions (antennes, paraboles, radars), mise en lumière de pratiques culturelles immatérielles comme la transhumance en sont quelques exemples. Les Journées européennes du patrimoine sont aussi l’opportunité de promouvoir les routes, sentiers et autres voies physiques historiquement empruntées pour des motifs spirituels ou à des fins commerciales. À ce titre, les 47 itinéraires culturels lancés par le Conseil de l’Europe (ICCE) en 1987 seront particulièrement valorisés. Parmi eux, 31 sillonnent la France à l’image des chemins de Saint-Jacques de Compostelle, de la route des Vikings, de celle des impressionnismes ou du réseau des grandes villes thermales européennes.

Côté patrimoine maritime, les initiatives permettent d’aborder de multiples facettes : découverte d’installations portuaires, des phares balisant le littoral métropolitain et ultra-marin, de bateaux dont le mythique trois-mâts Belem, de musées maritimes mais aussi de symboles d’architecture balnéaire ou de l’univers de l’archéologie sous-marin. Alors que le domaine maritime français est le deuxième plus vaste au monde, ce thème permettra d’évoquer des pratiques sociales ou culturelles intimement associées aux questions maritimes : des techniques en matière de construction de navires ou d’aquaculture jusqu’aux diverses traditions des fêtes de la mer.

Au carrefour de ces deux thématiques, l’échange, la mobilité et la transmission seront au cœur de ces nouvelles Journées européennes du patrimoine, lesquelles constituent toujours, pour les professionnels du patrimoine, une passerelle unique afin de partager avec le public leurs savoirs et savoir-faire.

Afin de favoriser l’accès du patrimoine aux plus jeunes, le vendredi 20 septembre est plus particulièrement dédié au public scolaire. Avec l’opération ! Levez les yeux ! # en partenariat avec le ministère de l’Education nationale et de la jeunesse, les élèves découvriront le patrimoine de leur région pour en apprendre l’histoire et les particularités et s’éveiller à l’importance de sa protection et de sa valorisation. 

Les Journées européennes du patrimoine sont organisées par le ministère de la Culture et orchestrées au niveau local par les Directions régionales des affaires culturelles (DRAC). Placées sous le patronage du Conseil de l’Europe et de la Commission européenne, elles reçoivent le concours des propriétaires publics et privés de monuments historiques. 

MINISTERE DE LA CULTURE

12/06/14

De Louis XIV à Louis XVI. Un art de vivre à la française - Musée du Louvre, Nouvelles salles des objets d'art

De Louis XIV à Louis XVI. Un art de vivre à la française - Musée du Louvre, Nouvelles salles des objets d'art

Au premier étage de l’aile nord et dans une partie de l’aile ouest de la cour Carrée, un chantier d’exception s’est achèvé : celui de la rénovation complète des salles consacrées aux objets d’art du règne de Louis XIV et du XVIIIe siècle. Il constitue la dernière étape des travaux du département des Objets d’art entrepris dans le cadre du projet du Grand Louvre. 

Le musée du Louvre abrite l’un des ensembles les plus riches et les plus complets jamais réunis dans une collection publique, témoignage éclatant du savoir-faire français du XVIIIe siècle, admiré dans le monde entier. Afin de donner aux visiteurs du musée une lecture plus compréhensible de cette collection, les salles ont connu un changement spectaculaire.

Une collection unique 

Les collections de l’art du XVIIIe du département des Objets d’art offrent un large panorama de la décoration intérieure, de la production des grandes manufactures, de l'artisanat et du commerce d'art, principalement français, du règne de Louis XIV à la Révolution. Elles sont constituées de boiseries et de décors peints, de tapisseries et de tapis, de meubles d'ébénisterie et de menuiserie, de bronzes d'ameublement, de marbres et pierres dures, d’orfèvrerie et de bijouterie, d’instruments scientifiques, de faïences et porcelaines européennes, de laques et porcelaines d'importation. L'origine principalement royale et princière de ces collections leur confère un caractère particulièrement remarquable, en comparaison de celles des autres musées d’arts décoratifs, en Europe et aux Etats-Unis. 

Les arts somptuaires des règnes de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI n’ont pourtant acquis droit de cité au musée du Louvre que tardivement, à l’occasion de deux moments-clés. En 1870, lors du sauvetage in extremis de meubles et d’objets historiques retirés du palais des Tuileries et du château de Saint-Cloud avant qu’ils ne soient la proie des flammes. Puis, en 1901, lors d’un versement par le Mobilier national d’un grand nombre de chefs-d’œuvre de l’ébénisterie et de la tapisserie parisienne provenant des demeures royales et impériales. 

La générosité de très grands amateurs, tels qu’Isaac de Camondo ou Basile de Schlichting, à l’origine de legs fastueux, respectivement en 1911 et 1914, contribua à enrichir la collection au début du XXe siècle. Les enrichissements se sont poursuivis depuis de manière spectaculaire, permettant au Louvre de rassembler une des premières collections au monde. 

Un nouveau parcours muséographique

Les salles du premier étage de l’aile nord de la cour Carrée, dont l’installation remontait pour l’essentiel au début des années 1960, ont été fermées dès 2005 pour une nécessaire mise aux normes. Celle-ci impliquait, entre autres, l’établissement d’escaliers de part et d’autre du pavillon Marengo. Par ailleurs, la muséographie en place jusqu’en 2004 était encore, avec quelques aménagements plus récents, celle voulue par Pierre Verlet en 1962-1966.

A l’automne 2011 ont débuté les travaux de rénovation. La maîtrise d’oeuvre du chantier a été confiée à l’architecte Michel Goutal, suivant un projet muséographique élaboré de concert par Jacques Garcia et les conservateurs du département des Objets d’art, sous la direction de Marc Bascou, et avec l’assistance technique de la direction de la Maîtrise d’Ouvrage du musée du Louvre.

Les visiteurs peuvent ainsi maintenant découvrir un nouveau parcours muséographique de 2183 m2, comportant 33 salles et présentant plus de 2 000 objets.

Le circuit est divisé en trois grandes séquences chronologiques et stylistiques :
- 1660-1725 : règne personnel de Louis XIV et la Régence
- 1725-1755 : épanouissement du style rocaille
- 1755-1790 : retour au classicisme et règne de Louis XVI.

Les créations du Grand Siècle seront présentées dans les salles historiques du Conseil d’Etat, tandis que l’aile nord de la cour Carrée accueille une suite de period rooms, doublées de galeries de vitrines thématiques. Les premières permettent de remettre les oeuvres en contexte, les secondes de présenter les collections de céramique et d’orfèvrerie et de mettre en valeur des grands chefs d’oeuvre de la période.

La présentation essentiellement chronologique des collections a vocation à éclairer aussi bien l'histoire des techniques que celle des styles, à présenter les grandes résidences et les principales personnalités du temps : artisans, artistes ou commanditaires. A travers l'évocation des palais royaux ou princiers disparus (Saint-Cloud, Bellevue, les Tuileries, Montreuil, ...), des hôtels particuliers parisiens (hôtels Le Bas de Montargis, Dangé, de Chevreuse) et des résidences de campagne des élites (châteaux de Voré et d'Abondant), c'est toute la variété des lieux et des milieux à l'origine de la floraison des arts décoratifs des XVIIe et XVIIIe siècles, qui fonde l'arrière-plan historique de la présentation.

On y croise la famille royale (le Roi, le prince de Condé, le comte d'Artois, Mesdames de France, Marie-Antoinette), mais aussi les favorites (Madame de Pompadour, Madame du Barry), des grands seigneurs de la cour (le duc de Chevreuse, le marquis de Sourches) et des financiers parisiens (Claude Le Bas de Montargis, François-Balthazar Dangé).

La collection rend bien sûr hommages aux grands créateurs des arts décoratifs de cette période, dont on mesure mal aujourd’hui, pour certains, l’immense prestige dans toute l’Europe du temps : les ébénistes André-Charles Boulle, Charles Cressent, Bernard II Van Risenburgh, Jean-François Oeben, Martin Carlin, Jean-Henri Riesener, les orfèvres Thomas et François-Thomas Germain, les Roëttiers, Robert-Joseph Auguste, les peintres et décorateurs Charles Le Brun, Jean-Baptiste Oudry, Charles-Antoine Coypel. Les plus fameux sont logés à la Galerie du Louvre et forment, à l’instar d’André-Charles Boulle ou de Thomas Germain, des dynasties aussi renommées que durables. 

Véritables laboratoires d’invention, leurs ateliers travaillent autant pour le roi et la cour que pour les souverains étrangers, contribuant à cette diffusion de la culture française qui donne le ton à toutes les cours européennes. 

Un programme de médiation permet en outre l’intégration par des panneaux de contextualisation et des équipements multimédia, de références historiques ou sociologiques éclairant aussi bien l’histoire du goût que le monde de la production, celui des intermédiaires et marchands ou l’évolution de la commande et des usages. 

La découverte d’un art de vivre à la française : le choix des period rooms   

Au sein de chaque séquence, une attention particulière est portée à l’aménagement de period rooms, s’efforçant de rétablir des décors dans leur configuration originale. D’autres salles regrouperont dans des « évocations d’intérieur » des ensembles stylistiquement cohérents de mobilier et d’objets d’art au sein de décors recréés. Ce principe muséographique des period rooms, adopté dès le XIXe siècle par certains musées historiques ou d’arts décoratifs, permet de répondre aux attentes d’un large public, en rendant perceptible et compréhensible cet art de vivre luxueux, au raffinement inégalé, et en resituant les plus belles inventions des décorateurs et maîtres-artisans dans leur environnement naturel. 

Les period rooms ainsi réalisées permettent de restituer des décors documentés, accompagnés de meubles d’époque, comme les salons et bibliothèque de l’hôtel de Villemaré, le grand salon du château d’Abondant et la chambre de parade de l’hôtel de Chevreuse. 

En concertation avec les autres départements, sont présentés des peintures, des sculptures antiques ou modernes, des pastels et des estampes dans des installations pérennes ou des accrochages renouvelables. Le célèbre portrait de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud est ainsi exposé dans l’une des salles du Conseil d’Etat, où est réunie l’une des plus belles collections de meubles Boulle au monde. 

La nouvelle muséographie permet notamment d’installer d’importants décors peints, comme les panneaux d’Oudry du château de Voré ou un plafond provenant du palais Pisani à Venise, attribué à Giovanni Scajario (1726-1792). Le pavillon Marengo accueillera une extraordinaire coupole peinte par Antoine-François Callet (1741-1823) pour l’hôtel de Bourbon Condé. 

Un chantier entièrement financé par le mécénat

Cette rénovation, d’un budget de 26 millions d’euros, est le premier grand projet muséographique entièrement financé grâce au mécénat. Elle a bénéficié du soutien de nombreux partenaires au premier rang desquels l’entreprise Montres Breguet, mécène principal du projet, et le Cercle Cressent du Louvre, présidé par Maryvonne Pinault, qui réunit amateurs et collectionneurs d’Objets d’art du XVIIIe siècle. 

En France et aux Etats-Unis, la Société des Amis du Louvre et les American Friends of the Louvre ont mobilisé de nombreux donateurs autour de ce projet. D’autres grands partenaires français et étrangers se sont engagés aux côtés du Louvre, en particulier MGM China, Eni, Kinoshita Group, la Fondation Stavros Niarchos, la Fondation Gilbert et Rosemary Chagoury et les Fondations Edmond de Rothschild. Enfin, deux collaborations d’envergure menées avec des musées américains, le High Museum d’Atlanta et les Fine Arts Museums de San Francisco, ont contribué au financement du réaménagement. 

Musée du Louvre

29/04/14

Le printemps des Maîtres d'art - 20 ans de transmission de savoir-faire

Le printemps des Maîtres d'art - 20 ans de transmission de savoir-faire 
Palais Royal, Paris 
Jusqu'au 25 mai 2014 

Initié et créé par le ministère de la Culture et de la Communication en 1994, le titre de Maître d’art est attribué à des professionnels des métiers d’art reconnus pour leurs savoir-faire remarquables et rares. Cette année, le dispositif fête ses 20 ans et à cette occasion, une exposition intitulée « Le Printemps des Maîtres d'art – vingt ans de transmission de savoir-faire » est présentée au grand public dans les vitrines du Palais Royal à Paris. 26 créations de Maîtres d'art ou d’Élèves y sont pour l'occasion exposées.

L’objectif de ce dispositif original, reconnu par l’Unesco, est de préserver et transmettre ces savoir-faire et de mettre en œuvre de véritables « contrats de générations » entre un professionnel, maître dans sa discipline, le Maître d’art, et un jeune professionnel ayant au moins cinq ans d’expérience, l’Élève. La formation se déroule dans l’atelier du Maître d’art pendant trois ans avec pour but d’inscrire cette transmission de gestes et de procédés dans un développement économique viable : au terme de sa formation, l’Élève développe son projet professionnel, soit aux côtés du Maître d’art, soit en reprenant son atelier, ou en créant sa propre entreprise.

A chacune de ses promotions, cette initiative portée par l’Institut national des métiers d’Art (INMA), démontre sa pertinence. 8 maîtres d’art ont ainsi été nommés en 2013 pour former désormais un groupe de 115 Maîtres d’art.

Pour cette exposition, le ministère de la Culture et de la Communication a sélectionné, après appel à proposition à l’ensemble des Maîtres d'art et à leurs 90 Élèves, 26 créations qui reflètent la diversité des métiers d'art, des techniques et des matériaux.

La grande voyageuse, Passage, Songe, Silence, Bestiaire d'amour, matin Bourgogne, Diane au jardin d'Eden... sont les titres de certaines de ces créations qui sont autant d'invitations à la rêverie et au voyage dans l'univers de ces « orfèvres » des techniques et des matières que sont les Maîtres d'art et leurs Élèves.

Les Maîtres d'art sont les « passeurs » d'un patrimoine immatériel exceptionnel qui contribue fortement au rayonnement de la France. L'ambition de cette exposition est de donner une image profondément renouvelée de ces professionnels et de ces métiers qui font aussi bien appel aux outils traditionnels qu'aux technologies les plus avancées.

Les créations présentées lors du Printemps de Maîtres d'art ont été réalisées par :

Gérard Adde, sérigraphe
Georges Alloro, facteur d'instruments
Serge Amoruso, maroquinier-designer
Marianne Anselin, créatrice de bijoux
Germain Benoît, gaufreur sur velours
Renato Baoretto, créateur d'automate
Sylvie Deschamps et Marlène Rouhaud (Le Bégonia d'or), brodeuses au fil d'or
Annie Bocel, graveur
Marie-Annick Bresson, mouleur statuaire
Jean-Pierre Baquère, verrier flaconneur, et Isabelle Emmerique, laqueuse
Gérard Borde (CRAFT-centre de recherche sur les arts du feu et de la terre) et Hélène Delépine, céramistes
Julie Decubber, créatrice de bijoux
Yves Dorget et Anne-Valérie Blézot, passementiers
Gabriel Goerger, forgeron d'art
Marcelle Guillet-Lubrano, parurière florale
Jean Girel, céramiste
Françoise Hoffmann, feutrière
Gilles Jonemann, créateur de bijoux
Jacques Loire (en collaboration avec Jean-Michel Othoniel), verrier
Emilie Moutard-Martin, plumassière
Francine Nicolle et Muriel Perez, brodeuses de boutis
Laurent Nogues et Clément Vinot-Battistoni, gaufreur sur papier
Olivia Oberlin, éventailliste
Philippe Rault et Naoya Miyake, facteurs et restaurateurs d'instruments en cuivre
Marie de la Roussière, laqueuse
Nelly Saunier, plumassière.

Ces œuvres sont accessibles gratuitement tous les jours dans les vitrines du Palais Royal depuis le 7 rue de Valois, Paris 1er, de 8h à 20h.

12/04/14

Porcelaine de la Manufacture royale de Berlin : Acquisition par le musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication annonce l'acquisition de deux vases pots-pourris en porcelaine de la manufacture royale de Berlin 
Le musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau vient d’acquérir, grâce au mécénat d’Axa, deux vases pots-pourris en porcelaine de la manufacture royale de Berlin.
Ces deux œuvres d'intérêt patrimonial majeur furent offertes en 1805, en cadeau diplomatique, par la reine Louise de Prusse à l'impératrice Joséphine. La Prusse de Frédéric-Guillaume III, malgré une neutralité acquise depuis le traité de Bâle en 1795, hésitait entre la France et la Russie. Bonaparte, en  1803, chercha une entente avec elle, qui n'aboutit qu'au traité de Schönbrunn, le 15 décembre 1805, après la victoire d'Austerlitz. Le cadeau de la reine Louise, qui se situe dans ce contexte de rapprochement, se devait d'être exceptionnel. Ce fut par ailleurs une des commandes les plus importantes reçues par la manufacture de Berlin au début du XIXème siècle. Elle n'était connue que par des sources historiques jusqu'à la réapparition des deux pots-pourris en 2011.
Leur exécution représenta une véritable prouesse technique et un enjeu de premier plan pour la manufacture royale de Berlin qui engageait sa renommée artistique dans une pareille entreprise et entendait rivaliser avec la manufacture française de Sèvres. Vases par leur forme, mais pots-pourris par leur destination, ils furent munis pour cet usage d'un couvercle ajouré, en bronze doré. La forme et les décors furent l'objet de nombreuses discussions aussi bien parmi les responsables de la manufacture qu'à la cour, où la reine Louise et ses conseillers intervinrent dans le choix des vues de Malmaison. Le travail préparatoire comme les nombreux essais et les difficultés d'exécution expliquent le délai de deux ans qui a couru entre la commande en 1803 et la remise en 1805.
Le musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau réunit les exemples les plus marquants des fabuleuses collections de porcelaines de l'impératrice Joséphine. Certains chefs-d’œuvre de Sèvres (comme le cabaret égyptien) ou des manufactures parisiennes (comme le célèbre service à dessert de Dihl et Guerhard) en font aujourd'hui l'un des lieux incontournables pour la connaissance de l'art de la porcelaine. L'entrée de ces pots-pourris d'une qualité d'exécution éblouissante, vient enrichir de façon spectaculaire ses collections. Ils sont actuellement présentés au musée du Luxembourg à Paris, dans le cadre de l'exposition "Joséphine", qui se déroule jusqu'au 29 juin.
C'est le recours au dispositif fiscal de l'article 238bis 0A du code général des impôts qui a permis cette acquisition remarquable, en créant des conditions favorables à l'entrée dans les collections publiques d’œuvres reconnues d'intérêt patrimonial majeur, grâce à un avantage fiscal exceptionnel consenti aux entreprises mécènes.
La ministre de la Culture et de la Communication salue l'action en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel français mené par le Groupe Axa et le remercie pour cette première opération effectuée pour le musée national de Malmaison.

19/01/14

1925, quand l'Art Déco séduit le monde, Cité de l’architecture & du patrimoine, Paris

1925, quand l’Art Déco séduit le monde 
Cité de l’architecture & du patrimoine, Paris 
Jusqu'au 17 février 2014 - Prolongation jusqu'au 3 mars 2014

Formes géométriques, pures et dynamiques, le style Art Déco (1919-1940) se caractérise par son attractivité et sa vivacité. Né de l’impulsion des créateurs français tels que les architectes Henri Sauvage, Robert Mallet-Stevens, Roger-Henri Expert, Pierre Patout, les décorateurs André Véra, Louis Süe, André Mare et Jacques-Émile Ruhlmann, les couturiers Paul Poiret et Jean Patou ou encore les sculpteurs Martel, Janniot, Sarrabezolles…, il est le fruit d’une vision commune émanant de champs artistiques variés. 

Salon de l’Ambassade de France à Belgrade
© Editions Internationales du Patrimoine / Marc Walter

La Cité de l’architecture & du patrimoine, installée dans le Palais de Chaillot, dernier chef-d’œuvre de l’architecture Art Déco, présente la première grande rétrospective française rendant hommage à une esthétique qui a su unir des créateurs du monde entier et acquérir une popularité pérenne et dont l’exposition internationale des Arts décoratifs et industriels de 1925 à Paris a signé l’apogée. Les singularités du style Art Déco sont mises en lumière au travers de mobilier, maquettes et dessins d’architecture mais aussi sculptures, peintures et objets d’art, et présentées sur une étendue de 1100 m².

L’exposition s’organise selon une suite de séquences thématiques qui s’attachent à démontrer les clés du succès international du style Art Déco et ses influences dans les différents domaines artistiques.

Après la comparaison et distinction avec l’Art Nouveau, notamment au travers des plans, maquettes et photographies de la Villa Majorelle de Henri Sauvage à Nancy et de la Villa Cavrois par Robert Mallet-Stevens, l’exposition présente les grandes figures de la création française dont les réalisations des années 1910 portent, déjà, les caractéristiques de l’Art Déco : les architectes Henri Sauvage et Auguste Perret, le décorateur André Véra, le couturier Paul Poiret ou le créateur Jacques-Emile Ruhlmann.

A partir des années 1920, le style Art Déco se développe dans un contexte marqué par les avancées technologiques et la modernité (aviation, automobile, radio, cinéma muet). Mouvement et vitesse inspirent artistes et architectes : les premiers cinémas Art Déco voient le jour comme le Louxor en 1921 (Henri Zipcy) ou le Grand Rex en 1932 (Auguste Bluysen). Les mentalités évoluent et des personnalités comme la peintre Tamara de Lempicka, Charlotte Perriand, Kiki de Montparnasse, Louise Brooks, Coco Chanel, Joséphine Baker ou Habib Benglia (premier acteur africain du cinéma français) contribuent à cette ouverture d’esprit et véhiculent ce style. 

Henri Sauvage 
Exposition internationale des arts décoratifs modernes, Paris, 1925 : Pavillon Primavera : étude en élévation pour la façade principale (1925)
© Cité de l’architecture & du patrimoine

Le parcours se poursuit avec une large séquence consacrée à l’Exposition internationale des Arts Décoratifs et Industriels de 1925, qui fit émerger la dénomination d’« Art Déco ». Implantée sur l’esplanade des Invalides à Paris, l’exposition de 1925 est marquée par les pavillons de l’Ambassade française et de la Manufacture de Sèvres, par ceux dédiés aux enseignes des Grands Magasins, ainsi que par le Pavillon du tourisme de Robert Mallet-Stevens et le Pavillon du collectionneur de Jacques-Émile Ruhlmann, construit par Pierre Patout et aménagé en collaboration avec les sculpteurs Joseph Bernard et Alfred Janniot ou le peintre Jean Dupas. 

Suivent la reconstruction de l’après-guerre 1914/18 et le développement de l’architecture Art Déco en France, notamment dans le domaine public (aéroports, gares, hôpitaux, lycées) mais aussi villas privées, magasins  : Samaritaine à Paris (Henri Sauvage, 1933), Bibliothèque Carnegie à Reims (Max Sainsaulieu, 1928), Hôtel Plazza à Biarritz (Louis-Hippolyte Boileau, 1928), Gare de Lens (Urbain Cassan, 1926), La Piscine à Roubaix (Albert Baert, 1932) ou la Bourse du travail à Bordeaux (Jacques D’Welles, 1938). 

Une dernière section importante est dédiée à la résonance mondiale de ce mouvement esthétique. Après le succès retentissant de l’exposition de 1925 à Paris, architectes, artistes et décorateurs français sont appelés dans les grandes villes du monde pour exercer leurs talents. A New York, Alfred Janniot réalise les portes du Rockefeller Center construit par Wallace Harrison, qui avait fait ses études aux Beaux-Arts de Paris. A Madrid, Bruxelles, Porto, Belgrade, Rio de Janeiro, São Paulo, Shanghai, Saïgon, Tokyo, Chicago, les artistes français influencent leurs homologues étrangers qui déclineront ainsi le style Art Déco en lui insufflant souvent un esprit local. L’Art Déco est adopté, et devient ainsi le premier style vraiment international.

Commissaires de l'exposition : Emmanuel Bréon, conservateur en chef du patrimoine, chef du département des peintures murales et des vitraux du musée des Monuments français à la Cité de l'architecture & du patrimoine. Il est le créateur du musée des Années 30 de Boulogne-Billancourt, et a notamment reçu le prix de la Critique à New York pour l'exposition Ruhlmann, Genius of Art Déco, présentée au Metropolitan Museum of Art en 2004.
Philippe Rivoirard, architecte DPLG, historien de l'architecture des années 1930 et enseignant à l'ENSA Paris Val-de-Seine, a notamment publié, en 2006, Mettre en scène l’architecture, in Tamara de Lempicka, (catalogue de l’exposition) et La modernité à l’Exposition des Arts Décoratifs de Paris – 1925 en 2004.

1925, quand l’Art Déco séduit le monde 
Catalogue de l'exposition
© Cité de l’architecture & du patrimoine / Editions Norma

L’exposition est accompagnée d’un catalogue publié par la Cité de l’architecture & du patrimoine et les Editions Norma.

Cité de l’architecture & du patrimoine
Galerie des expositions temporaires
1 place du Trocadéro, Paris 16e
www.citechaillot.fr

24/09/13

25 nouvelles Maisons des Illustres en France en 2013

Le ministère de la Culture et de la Communication attribue en 2013 le label Maisons des Illustres à 25 nouvelles Maisons

Au terme de cette troisième campagne de labellisation, les Maisons des Illustres comptent désormais 195 lieux d’histoire et de culture.

Le réseau Maisons des Illustres s'élargit et affirme son ancrage au cœur des territoires. 

Ouverte à l’automne 2012, la troisième campagne de labellisation vient de se clore. La commission nationale d'attribution, réunie le 6 juin dernier, a retenu 25 dossiers (voir la liste ci-dessous) sur 43 candidatures. Lors de la première campagne de labellisation, en 2011, 111 sites avaient été retenus. 60 nouvelles Maisons des Illustres s'y étaient ajoutés en 2012, lors de la seconde campagne de labellisation.

On trouve dans cette nouvelle sélection des maisons mais aussi des domaines, des laboratoires ou des musées, dont certains relèvent de l'appellation Musées de France. Plusieurs de ces lieux bénéficient par ailleurs d'une protection au titre des monuments historiques. Tous les propriétaires (Etat, collectivités territoriales, fondations, associations, particuliers) y sont représentés. 

Destinées à signaler au public les lieux qui conservent et transmettent la mémoire des acteurs politiques, religieux, scientifiques, littéraires et artistiques qui les ont habitées, ces 25 Maisons font une nouvelle fois le lien entre histoire locale et histoire nationale, saisie de l'intime et grand récit, héritages transmis et création artistique.

Dispositif de valorisation du patrimoine et de l'action culturelle sur l'ensemble du territoire, le label Maisons des Illustres est décerné aux Maisons qui ouvrent leurs portes aux visiteurs plus de quarante jours par an.

Il garantit un programme culturel d'excellence adapté à tous les publics, notamment aux personnes en situation de handicap. Il participe pleinement du grand projet d’éducation artistique et culturelle conjoint au Ministère de la Culture et au Ministère de l’Education nationale.

Le label Maisons des Illustres est attribué pour une durée de cinq ans au terme d’une procédure instruite par les directions régionales des affaires culturelles et une commission nationale d’attribution animée par la direction générale des patrimoines.

Il appartient aux réseaux gérés par le ministère de la Culture et de la Communication : Musées de France, Villes et Pays d’art et d’histoire, Jardins remarquables, Patrimoine du XXe siècle.

LES 25 NOUVELLES MAISONS DES ILLUSTRES

ALSACE
L'Alsace compte 5 Maisons des Illustres mais aucune nouvelle cette année.

AQUITAINE
L'Aquitaine compte 11 Maisons des Illustres mais aucune nouvelle cette année.

AUVERGNE
L'Auvergne compte 3 Maisons des Illustres mais aucune nouvelle cette année.

BASSE-NORMANDIE
■ Château du Tertre – Sérigny ( 61) : Roger Martin du Gard
■ Petite Plaisance – Northeast Harbor – Maine (USA) : Marguerite Yourcenar

BOURGOGNE
■ Château de Germolles – Germolles (71) : Philippe Le Hardi et Marguerite de Flandre
■ Maison Zervos – La Goulotte (89) : Christian et Yvonne Zervos
■ Musée Romain Rolland – Vézelay (89) : Romain Rolland

BRETAGNE
La Bretagne compte 5 Maisons des Illustres mais aucune nouvelle cette année.

CENTRE
■ Château de Valençay – Valençay (36) : Charles Maurice de Talleyrand-Périgord
■ Maison – Musée Lansyer – Loches (37) : Emmanuel Lansyer

CHAMPAGNE-ARDENNE
La Champagne-Ardenne compte 5 Maisons des Illustres mais aucune nouvelle cette année.

CORSE
La Corse compte 3 Maisons des Illustres mais aucune nouvelle cette année.

FRANCHE-COMTÉ
■ Maison natale de Victor Hugo – Besançon (25) : Victor Hugo

GUADELOUPE
La Guadeloupe compte 4 Maisons des Illustres mais aucune nouvelle cette année.

GUYANE
La Guyane compte 3 Maisons des Illustres mais aucune nouvelle cette année.

HAUTE-NORMANDIE
■ Château du Bois Guilbert – Bois Guilbert (76) : Pierre Le Pesant de Boisguilbert
■ Centre Abbé Pierre-Emmaüs – Esteville (76) : Abbé Pierre

ILE-DE-FRANCE
■ Musée Curie – Institut Curie – Paris (75) : Marie Curie, Hélène et Frédéric Joliot-Curie
■ Maison Pierre Mac Orlan – Saint-Cyr-sur-Morin (77) : Pierre Mac Orlan
■ Maison Jean Monnet – Bazoches (78) : Jean Monnet
■ Maison natale Claude Debussy (78) – Saint-Gemain-enn-Laye : Claude Debussy

LANGUEDOC-ROUSSILLON
■ Château d'Espeyran – Saint-Gilles (30) : Sabatier d'Espeyran
■ Hôtel des Cabrières Sabatier d'Espeyran – Montpellier (34) : Sabatier d'Espeyran

LIMOUSIN
■ Musée départemental de la Résistance – Neuvic (19) : Henri Queuille

LORRAINE
La Lorraine compte 5 Maisons des Illustres mais aucune nouvelle cette année.

MARTINIQUE
La Martinique compte 3 Maisons des Illustres mais aucune nouvelle cette année.

MIDI-PYRÉNÉES
■ Maison natale du Maréchal Lannes – Lectoure (32) : Jean Lannes
■ Musée Murat – Labastide Murat (46) : Joachim Murat
■ Maison natale Dominique Jean Larrey – Baudean (65) : Dominique Jean Larrey
■ Abbaye Ecole de Sorèze – Sorèze (81) : Henri Lacordaire

NOUVELLE-CALEDONIE
La Nouvelle-Calédonie compte une Maison des Illustres mais aucune nouvelle cette année.

NORD-PAS-DE-CALAIS
Le Nord-Pas-de-Calais compte 3 Maisons des Illustres mais aucune nouvelle cette année. 

PAYS-DE-LA-LOIRE
Les Pays-de-la-Loire comptent 5 Maisons des Illustres mais aucune nouvelle cette année.

PICARDIE
■ Maison Jean Racine – La Ferté Milon ( 02) : Jean Racine

POITOU-CHARENTES
■ Château de Guez de Balzac – Balzac (16) : Jean Louis Guez de Balzac
■ Château des Ducs de la Tremoïlle – Thouars (79) : Marie de la Tour d'Auvergne

POLYNESIE FRANCAISE
La Polynésie Française compte une Maison des Illustres mais aucune nouvelle cette année.

PROVENCE-ALPES-COTE-D'AZUR
La Provence-Alpes-Côte-d'Azur compte 10 Maisons des Illustres mais aucune nouvelle cette année.

RHÔNE-ALPES
■ Musée Ampère – Poleymieux au Mont d'Or (69) : André-Marie Ampère

Retrouvez les informations sur les Maisons des Illustres sur le site www.culture.fr

22/09/13

Photos anciennes de Damas, Syrie

Photographies anciennes de Damas, Syrie, datant de 1936 

Voici les photos anciennes de ma collection qui concernent la ville de Damas en Syrie. Ces anciennes photos datent de 1936. Il s'agit de scannes de plaques sur verre de photos stéréoscopiques. Ne figure ci-dessous qu'une des deux photos de chaque plaque. Les brèves informations sur chaque photo sont celles qui ont été notées par le photographe amateur qui a pris ces clichés. Il s'agit de photos inédites, jamais publiées, dont je détiens les droits (merci de ne pas les reproduire, elles ne sont pas libre de droit). C'est une exclusivité Wanafoto :) 

Photo ancienne de Damas, Syrie
 Photo ancienne de Damas, Syrie 
Vue générale prise du haut des anciens remparts 
(c) Collection Gautier Willaume

Photo ancienne de Damas, Syrie
Photo ancienne de Damas, Syrie 
Vue générale prise du haut des anciens remparts, direction nord
(c) Collection Gautier Willaume

Photo ancienne de Damas, Syrie 
Les vieux remparts vus de la cours de la gendarmerie
(c) Collection Gautier Willaume

Photo ancienne de Damas, Syrie 
Cours de la grande Mosquée
(c) Collection Gautier Willaume

Photo ancienne de Damas, Syrie 
Porte en bronze doré de l'église Sainte-Marie
(c) Collection Gautier Willaume






19/05/13

Parc de Saint-Cloud, Hauts-de-Seine - Monument historique

Patrimoine & Monuments historiques


Le domaine national de Saint-Cloud, 
Ile-de-France, Hauts-de-Seine

Dans le précédent message a été présenté l'inauguration de la nouvelle sculpture monumentale de Gérard Garouste qui allait prendre place dans le parc de Saint-Cloud. Voici une présentation de ce dernier.

LE CHATEAU DE SAINT-CLOUD : UN PALAIS DISPARU

Au XVIe siècle, les Gondi, issus d’une famille de riches financiers italiens de Florence, font bâtir sur un coteau dominant la Seine une résidence entourée de jardins en terrasse. 

Le château est ensuite acheté en 1658 par Louis XIV pour son frère, Philippe, duc d’Orléans, dit Monsieur. Le domaine est alors agrandi par les architectes Le Pautre et Hardouin-Mansart et les jardins redessinés par Le Nôtre. De 1660 à 1700, date de sa mort, André Le Nôtre traçe le dessin du parc et porte sa surface à près de 400 hectares. 

En 1785, le domaine est racheté par Marie-Antoinette qui commande aussitôt de grands travaux d’agrandissement et de décoration. Remanié après l’époque révolutionnaire, le château de Saint-Cloud devient la résidence favorite des souverains jusqu’à Napoléon III. 

Au cours de la guerre de 1870, le domaine est bombardé et un incendie détruit la plus grande partie du château de Saint-Cloud. Et la Troisième République décide de faire raser entièrement les ruines qui subsitent de ce bâtiment trop intimement lié aux souvenirs de la monarchie et de l’Empire.

LE PARC DE SAINT-CLOUD, TEMOIN MAJEUR DE L'ART DES JARDINS

Apanage de Philippe d’Orléans, le domaine national de Saint-Cloud a perdu son château,  mais conserve un site magnifique de 460 hectares, classé parmi les monuments historiques par un décret du 9 novembre 1994, qui garantit sa préservation et lui assure les conditions d’une mise en valeur respectueuse de son exceptionnelle qualité historique et architecturale. Il offre l’une des meilleures expressions de l’art des jardins classiques avec ses terrasses, perspectives et tapis verts, bosquets et salles de verdure,  fontaines et bassins. Par l’entrée principale, depuis le pont de Saint-Cloud, on accède à la terrasse sur laquelle des ifs taillés en cône marquent l’emplacement du château  de Saint-Cloud disparu.  

Elle est bordée au sud par le bassin du Fer à Cheval et par l’ancien parc réservé ou Petit-Parc, et à l’ouest par la Grande Perspective qui se déploie sur plus de deux kilomètres. Le jardin du Trocadéro, traité en jardin paysager, occupe depuis 1823 l’ancienne colline de Montretout. Jardin privé destiné au divertissement et à l’éducation des petits-enfants de Charles X, il a été conçu comme un véritable « herbier vivant ». 

Le Bas-Parc s’étend tout le long de la Seine, en contrebas de la terrasse du château, du pont de Saint-Cloud jusqu’au pont de Sèvres. On peut y admirer  la Grande Cascade, dont la partie supérieure s’étage sur près de 90 mètres de longueur,  savante et imposante composition du XVIIe siècle, due à Antoine Le Pautre et agrandie ensuite par Jules Hardouin-Mansart, et le Grand Jet voisin, au milieu de la salle de verdure, qui s’élève à plus de 30 mètres de haut. Témoins les plus spectaculaires du réseau hydraulique du domaine, ils constituent de précieux témoignages des techniques traditionnelles des fontainiers. 

Le Grand-Parc, autrefois d’un seul tenant, a été en partie coupé par la ligne de chemin de fer sous Louis-Philippe puis par l’autoroute à la fin des années 1930. Il a conservé pour l’essentiel le tracé des allées et des carrés boisés dessinés par Le Nôtre au XVIIe siècle. Sur le rond de la Balustrade dominant Paris s’élevait la Lanterne de Démosthène, érigée sous Napoléon Ier et détruite lors des bombardements de 1870. A l’ouest, les zones boisées de la Brosse et de la plaine des Quatre Cèdres ont un aspect plus sauvage.

Au nord de l’autoroute, dans le parc de Villeneuve, rattaché au domaine en 1852, l’étang, dans son cadre de verdure naturel, contraste avec le jardin très soigné entourant le mémorial de l’escadrille La Fayette, élevé en souvenir du sacrifice des 67 aviateurs américains engagés volontaires pendant la première guerre mondiale. 

Le domaine national est ouvert au public par le Centre des monuments nationaux.

Domaine national de Saint-Cloud - 92210 Saint-Cloud
Tél. 01 41 12 02 90 – www.saint-cloud.monuments-nationaux.fr

Horaires du Domaine de Saint-Cloud
Ouvert tous les jours 
Mars, avril, septembre, octobre : 7h30 à 21h 
Mai à août : 7h30 à 22h 
Novembre à février : 7h30 à 20h

Tarifs: Gratuit pour les piétons ; Automobile, deux et trois roues immatriculées à moteur : 5€

Source : Ministère de la Culture et de la Communication, Centre des monuments nationaux

19/05/11

Projet de rénovation de La Samaritaine à Paris pour 2012-2015

Architecture : Rénovation-modernisation de la Samaritaine à Paris

Le bâtiment de l'ancien grand magasin La Samaritaine à Paris fait partie des éléments architecturaux symboliques de Paris aux yeux de bon nombre de parisiens. La décision de mettre un terme à l'activité initiale du lieu avait bien sûr engendré des interrogations sur l'avenir du lieu. Bernard Arnault, Président-directeur général du groupe LVMH, et Bertrand Delanoë, Maire de Paris, ont inauguré hier (18 mai) "La Maison du Projet", un lieu d’informations et d’échanges qui sera ouvert au public, à partir de demain, 20 mai.

La rénovation de la Samaritaine doit redonner une nouvelle vie à l'ensemble architectural grâce à un programme d’activités, de logements et de services. Le concept architectural entend renouveler l’identité de la Samaritaine en mariant réhabilitation urbaine et création contemporaine. Le bâtiment principal, très largement inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques, fera l’objet d’une rénovation qui doit s'appuyer sur les principaux métiers de l’artisanat traditionnel. Toutes ses façades seront restaurées dans leur état d’origine et le grand hall sous-verrière retrouvera toute sa beauté. 

La façade rue de Rivoli, "alliant modernité esthétique, intégration urbaine et performance technique, renouera avec la tradition d’innovation de la Samaritaine qui avait déjà marqué son temps, et contribuera au rayonnement de Paris" souligne également le communiqué de presse faisant part du projet.

Les travaux de rénovation-modernisation doivent d'échelonner de 2012 à 2014, voire 2015. Le permis de construire devrait être déposé à la fin du mois, permettant ainsi le lancement du chantier courant juillet 2012, pour une durée de plus de 2 ans.

La nouvelle Samaritaine accueillera : 
- 26 000 m² de commerces,
- 7 000 m² de logements sociaux, soit 95 appartements qui accueilleront prés de 250 nouveaux habitants,
- une crèche de 60 enfants,
- 20 000 m² de bureaux,
- un hôtel de prestige  "Cheval Blanc", qui occupera le bâtiment emblématique quai du Louvre.

Le projet représente un investissement de 450 millions d’euros et développera une surface de 70 000 m². Le site doit rassembler 2400 nouveaux emplois. 

C’est l’agence d’architecture Sanaa, prix Pritzker 2010, qui a été choisie pour réaliser ce projet ambitieux de rénovation de la Samaritaine à Paris

Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa, fondateurs de l’agence, ont déclaré : "Depuis l’ouverture du premier magasin en 1870, l’architecture de la Samaritaine n’a cessé d’évoluer, notamment sous l’impulsion de deux grands architectes novateurs : Frantz Jourdain et Henri Sauvage. C’est donc avec la volonté de préserver l’identité unique du lieu, en collaboration étroite avec les architectes des bâtiments de France, que le nouveau projet architectural a été conçu. A l’intérieur, nous avons voulu cours et verrières pour créer lumière et continuité ; à l’extérieur, une façade associant légèreté et transparence pour faire écho à l’esthétique rénovée des bâtiments historiques".

Anne Hidalgo, première adjointe au Maire de Paris, a pour sa part indiqué : "La nouvelle Samaritaine portera une vision partagée et généreuse de Paris avec ses commerces, ses bureaux, sa terrasse accessible à tous, ses logements sociaux comme sa crèche. C’est aussi ici que se bâtit l’avenir d’une métropole durable, respectueuse de son patrimoine, en fidélité à son histoire". 

"Ce projet ambitieux, tant sur le plan architectural qu’économique, projette la Samaritaine dans le XXIème siècle. Nous avons été particulièrement attentifs à respecter l’identité du patrimoine et à observer les normes de haute qualité environnementale. Ce projet sera le symbole d’une continuité entre l’histoire des parisiens et le monde moderne" a indiqué Jean-Jacques Guiony, Président-directeur général de la Samaritaine.