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30/12/23

Théophile-Alexandre Steinlen @ MCBA, Lausanne - Exposition "Steinlen. Coups de griffe et patte de velours"

Steinlen 
Coups de griffe et patte de velours
MCBA, Lausanne
Jusqu'au 18 février 2024

Théophile-Alexandre Steinlen
Théophile-Alexandre Steinlen
Le Petit Sou, 1900
Lithographie en couleurs sur papier, 135 × 96 cm
MCBA. Donation Paul et Tina Stohler, 2021
Photo : MCBA

Théophile-Alexandre Steinlen
Théophile-Alexandre Steinlen
Passé le détroit. Dessin pour Gil Blas illustré, 1895
Encre de Chine et pastel sur papier, 37,2 × 32 cm
MCBA. Acquisition, 2022
Photo : MCBA

Théophile-Alexandre Steinlen
Théophile-Alexandre Steinlen
Couverture pour Fernand Vandérem, Asche, 1895
Lithographie en couleurs sur papier, 20 × 26,5 cm
MCBA. Donation Paul et Tina Stohler, 2021
Photo : MCBA

Le Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne (MCBA) célèbre Théophile-Alexandre Steinlen, fabuleux chroniqueur du Paris Belle Époque, mort il y a tout juste 100 ans. L’exposition présente pour la première fois un riche ensemble d’oeuvres issues de la donation Paul et Tina Stohler.

Dessinateur, graveur, caricaturiste, illustrateur, affichiste, peintre et sculpteur, Théophile-Alexandre Steinlen (1859-1923) met ses talents d’observateur de la société au service de son militantisme : « – À quoi bon prêcher ? Il faut agir. Le monde ne va pas ainsi qu’il devrait aller… ». Né à Lausanne et installé à Paris dès 1881, il rejoint les artistes du cabaret littéraire Le Chat noir et devient un contributeur régulier de leur revue, conquérant rapidement la réputation d’un des meilleurs illustrateurs de son temps. Ses dessins, amusants ou mordants, envahissent les pages des revues enfantines, du Mirliton d’Aristide Bruant et surtout du Gil Blas illustré, son gagne-pain. Il fournit aussi avec la même productivité des sujets socialisants et contestataires à des journaux engagés tels Le chambard socialiste, L’assiette au beurre, ou La feuille. Toujours du côté du petit peuple, il dénonce les injustices et les violences, en particulier avec ses célèbres estampes de la Première Guerre mondiale qui décrivent l’épouvantable boucherie des tranchées. Cette face publique est la plus connue et lui assure une réputation internationale, mais Steinlen est aussi le peintre de l’intime. Dans le cercle familial, il croque avec tendresse ses proches, ses modèles et ses chats, livrant des dessins et des estampes qui révèlent son beau tempérament, son regard compatissant et sans préjugés, son adhésion spontanée à la vie dans toutes ses manifestions.

L’exposition présente pour la première fois de nombreuses oeuvres issues de l’exceptionnelle donation des époux Paul et Tina Stohler, fervents admirateurs de l’artiste. Elle instaure un dialogue entre ce riche ensemble et la collection du MCBA qu’il vient enrichir. Coups de griffe et patte de velours : mort il y a tout juste cent ans, Steinlen interpelle et émeut, aujourd’hui comme hier.

Théophile-Alexandre Steinlen
Publication : Catherine Lepdor, Théophile-Alexandre Steinlen. Coups de griffe et patte de velours (FR), 48 p., 41 ill., MCBA, 2023 (coll. Espace Focus, n° 11).
Commissaire de l'exposition : Catherine Lepdor, conservatrice en chef

MCBA LAUSANNE
Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne
Plateforme 10 - Place de la Gare 16 - 1003 Lausanne

Steinlen. Coups de griffe et patte de velours, MCBA, LAUSANNE, 22.9.2023 – 18.2.2024

20/02/22

Henning Wagenbreth @ Centre de design de l'UQAM, Montréal - Le design graphique pour les 6 à 99 ans

Henning Wagenbreth 
Le design graphique pour les 6 à 99 ans
Centre de design de l'UQAM, Montréal
24 février – 10 avril 2022

Henning Wagenbreth
HENNING WAGENBRETH
Les cyclistes n’ont rien à perdre que leurs chaînes !
Affiche en sérigraphie 4 couleurs en ton direct
Imprimée par Lézard Graphique, Brumath, France
Crédit photo : Centre de design de l'UQAM

Henning Wagenbreth
HENNING WAGENBRETH
The Mazookas
Pique-niques du dimanche
Illustrations de Henning Wagenbreth
Crédit photo : Centre de design de l'UQAM

Henning Wagenbreth
HENNING WAGENBRETH
L’usine Wagenbreth d’illustrations
Affiche en sérigraphie 5 couleurs en ton direct
Imprimée par Squadro, Bologna, Italie
Crédit photo : Centre de design de l'UQAM

Un OVNI s’est posé à Montréal, déversant sa cargaison d’objets graphiques inusités au Centre de design de l’UQAM. L’affichiste et illustrateur berlinois Henning Wagenbreth en est le commandant de bord. Son univers se compose de personnages de bandes dessinées qui assurent dans presque toutes les œuvres une présence humaine plus ou moins caricaturée, de robots, de fusées, de machines infernales, que l’on peut retrouver à travers diverses créations.

Ce designer graphique exerce ses talents tous azimuts : illustrations, affiches, livres, timbres, pochettes de disques, jeux, costumes et décors de théâtre, marionnettes. Son graphisme coloré, foisonnant et déconstruit se donne des airs naïfs, mais est parfaitement pensé et maîtrisé. Identifiable parmi tous, sa touche originale a fait la renommée internationale de son auteur.

Henning Wagenbreth
HENNING WAGENBRETH
Petit-déjeuner en plein air
Affiche en sérigraphie 4 couleurs en ton direct
Imprimée par Lézard Graphique, Brumath, France
Crédit photo : Centre de design de l'UQAM

Henning Wagenbreth
HENNING WAGENBRETH
Festival du film d’animation hollandais
Affiche en sérigraphie 4 couleurs en ton direct
Imprimée par Lézard Graphique, Brumath, France
Crédit photo : Centre de design de l'UQAM

Henning Wagenbreth
HENNING WAGENBRETH
Kosmostage, 2021
Affiche en sérigraphie 4 couleurs en ton direct
Imprimée par Lézard Graphique, Brumath, France
Crédit photo : Centre de design de l'UQAM

Henning Wagenbreth
HENNING WAGENBRETH
Zones de transit
Livre édité par Kunstbibliothek Berlin, 120 illustrations
Crédit photo : Centre de design de l'UQAM

Élevé en Allemagne de l’Est, Henning Wagenbreth participe, jusqu’à la chute du mur de Berlin, à un certain activisme anti-régime. Depuis, son regard critique sur nos sociétés s’exerce à travers des images destinées à nous faire réfléchir. Son commentaire social ou politique s’accompagne le plus souvent d’une pointe d’humour, un peu sarcastique, d’une satire sensible. L’approche ludique du graphisme de Henning Wagenbreth lui permet de séduire le client pour ensuite, au second regard, l’amener à se questionner sur des sujets sérieux, voire sombres. L’idée finale n’est pas de plaire, mais de passer le message. « La lisibilité de mon idée est importante. J’attrape les gens avec une image intéressante et après ils regardent le reste », affirme-t-il avec un sourire en coin. Visiblement, pour Henning Wagenbreth, on peut rire de tout. Encore faut-il savoir comment.

Outre les très grandes affiches en sérigraphie, qui caractérisent l’œuvre de Wagenbreth, l’exposition rassemble des créations de formats différents, réalisées grâce à des techniques d’impression variées. Elle amène les visiteurs à découvrir le travail de Wagenbreth, jongleur d’idées et d’illustrations dont l’univers graphique évoque l’Art brut. Les illustrations sont constituées de morceaux découpés, sortes de puzzles géométriques auxquels s’ajoutent des typographies composites que Wagenbreth aime dessiner. Le tout s’agence dans une cacophonie visuelle pouvant rappeler les cadavres exquis des surréalistes. L’affichiste s’amuse et nous entraîne irrésistiblement dans son monde, un monde de poésie visuelle, d’enfants sensibles, parfois blessés par l’état de nos sociétés.

Henning Wagenbreth
HENNING WAGENBRETH
Handisport – Pour le sport
Timbres de la série annuelle sur le sport, créés par Henning Wagenbreth 
Crédit photo : Centre de design de l'UQAM 

Henning Wagenbreth
HENNING WAGENBRETH
Behindertensport – Für den Sport, 145, 2015
Timbres de la série annuelle sur le sport, créés par Henning Wagenbreth 
Crédit photo : Centre de design de l'UQAM 

Henning Wagenbreth
HENNING WAGENBRETH
Appels à l’aide – 36 courriels d’escroquerie provenant d’Afrique 
Livre édité par Gingko Press, 42 pages 
Crédit photo : Centre de design de l'UQAM 

HENNING WAGENBRETH est né en 1962 à Eberswalde, en Allemagne de l’Est, et a étudié à la Kunsthochschule Berlin-Weißensee de 1982 à 1987. Depuis, il œuvre principalement comme illustrateur. Il crée du graphisme et ses propres caractères de typographie, et inclut la connaissance des techniques artisanales et industrielles dans son processus de création. Il vit à Berlin, mais a aussi séjourné à Paris et à San Francisco. Il illustre et conçoit des graphismes de tous formats, du timbre à la bannière, des peintures uniques ou des impressions produites en série, livres, affiches, journaux et magazines. Parfois, il vagabonde vers l’animation et le théâtre. Avec le groupe The Mazookas, il combine discours visuel par projection et musique. Depuis 1994, il est professeur de communication visuelle à l’Universität der Künste Berlin. Il a reçu le prix du « plus beau livre au monde » de la Stiftung Buchkunst en 2000 et de nombreux autres pour ses affiches et ses livres. Wagenbreth a présenté plusieurs expositions à travers le monde et est membre de l’Alliance graphique internationale (AGI) depuis 2002.

Le commissaire de l'exposition, MARC H. CHOKO, est professeur émérite à l’École de design de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), où il a enseigné de 1977 à 2018. Il a été directeur de recherche à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) Urbanisation, Culture et Société de 1985 à 2005 et directeur du Centre de design de l'UQAM de 1999 à 2008. Passionné par les affiches, il les collectionne depuis sa jeunesse. Depuis le début des années 1980, il a organisé des expositions, dont plusieurs à titre de commissaire, et a publié de nombreux ouvrages reconnus dans le domaine. De 2008 à 2018, il a été responsable du cours Design graphique et culture à l’École de design de l’UQAM. Marc H. Choko consacre dorénavant ses activités professionnelles à la publication de livres, à la production d’expositions et à des conférences sur le graphisme et sur l’affiche.

CENTRE DE DESIGN DE L’UQAM
1440 rue Sanguinet, Montréal, Québec H3X 3X9

01/09/20

Léopold Chauveau @ Musée d'Orsay, Paris - Au pays des monstres

Au pays des monstres.
Léopold Chauveau (1870-1940)
Musée d'Orsay, Paris
Jusqu'au 13 septembre 2020

Médecin par obligation familiale, Léopold Chauveau s'est réfugié en autodidacte dans un univers artistique étrange et singulier. À la fois sculpteur, illustrateur et auteur de livres pour adultes et enfants, il est longtemps resté oublié de l'histoire de l'art, avant que plusieurs donations de son petit-fils au musée d’Orsay ne permettent sa redécouverte. Désormais riche de 465 dessins, 48 sculptures et d’archives liées à sa production artistique, le musée propose au public une immersion dans son oeuvre, en résonance avec ses sources d’inspiration et ses contemporains.

Les premières sculptures de Léopold Chauveau sont datées 1905, alors qu’il réside à Versailles, non loin du peintre et sculpteur Nabi Georges Lacombe. Les monstres deviennent rapidement un leitmotiv de sa production, en sculpture comme en dessin, avec la première série de la Maison des monstres (1910-1919). Hybrides, ses créatures sont souvent attachantes, maladroites et comme étonnées de leur propre présence. Semblant sortir de son inconscient, elles constituent pour Léopold Chauveau de véritables compagnons, le peuple d'un monde imaginaire dans lequel il trouverait refuge, loin de l’exerce de la médecine qu’il abhorre. Malgré leur singularité, les monstres sculptés de l'artiste peuvent s'inscrire dans une généalogie de l'histoire de l'art, on pense notamment aux gargouilles médiévales ou à des influences japonaises. Pendant la première guerre mondiale, Léopold Chauveau oeuvre comme chirurgien aux armées et doit faire face à une série de deuils. Durant l’année 1917, il envoie à ses enfants des cartes postales du front illustrées de monstres à la plume proches de ceux de la Maison des monstres.

Vers 1922, il abandonne la médecine et se consacre à sa production littéraire et artistique. Léopold Chauveau se lie alors avec des écrivains tels Roger Martin du Gard, André Gide ou encore Paul Desjardins. Il écrit puis illustre des recueils d’histoires pour enfants. Dépourvues de morale, ironiques et souvent cruelles, les histoires de Léopold Chauveau mettent en scène des animaux confrontés à des péripéties fantastiques. Il dessine également des Paysages monstrueux, étendues antédiluviennes et désertiques où évoluent des monstres biomorphes qui se plient à des activités étranges. Léopold Chauveau adopte un trait synthétique, précis et incisif pour créer ses personnages, d’un trait souple à l’encre de Chine dans un style naïf inspiré par l’univers enfantin, dans des décors simplifiés mais explicites. Léopold Chauveau a aussi illustré de grands classiques (L'Ancien et le Nouveau Testament, Les Fables de La Fontaine), dont il a même parfois revisité le texte (Le Roman de Renard). Au début des années 1930, Léopold Chauveau manifeste son antifascisme dans le roman illustré le Bouffon Babriot, qui conte avec humour noir et des moyens plastiques épurés la montée sur le trône d’un bouffon doté de bon sens, qui renverse la hiérarchie militaire et prône la paix. Cette exposition permet une complète redécouverte d'un oeuvre sans équivalent à son époque.

Commissariat :
Ophélie Ferlier-Bouat, conservatrice Sculpture au musée d’Orsay
Leïla Jarbouai, conservatrice Arts graphiques au musée d'Orsay
Avec Géraldine Masson, collaboratrice scientifique
Scénographie : Martin Michel

Cette exposition sera présentée à La Piscine, musée d'Art et d'Industrie André Diligent de Roubaix du 17 octobre 2020 au 17 janvier 2021.

Musée d'Orsay
1 rue de la Légion d'Honneur, 75007 Paris