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14/03/15

Andres Serrano, Musée de Vence

Andres Serrano, ainsi soit-il
Château de Villeneuve, Musée de Vence
21 mars - 10 juin 2015

Né à New York en 1950, Andres Serrano est originaire du Honduras et d’Haïti. Depuis 30 ans, ses photographies font le tour du monde avec des expositions dans les plus grands musées. Yvon Lambert, né à Vence, a été le premier marchand français à s’intéresser à lui et à déceler chez le photographe ce rapport très fort avec la culture européenne et l’art ancien.

Quand la Collection Lambert ouvre ses portes en 2000, elle donne l’opportunité à Andres Serrano de lui consacrer sa première exposition monographique en France (2006) et lui proposera même par exemple de renouer avec la tradition de la Comédie Française qui consistait à faire peindre ou photographier la troupe de Molière, de Mignard à Nadar, de David au Studio Harcourt. Il photographie les 42 sociétaires de l’illustre maison de Guillaume Galienne à Murielle Mayette, de Denis Podalydes à Catherine Hiegel en passant par Eric Ruf son nouvel administrateur général (2007).

En 2014, dès que le nouveau maire de Vence, Loïc Dombreval a proposé à Yvon Lambert de retrouver une place de choix avec des expositions au château place des Frênes, le marchand et collectionneur a immédiatement proposé à Andres Serrano de commencer ce cycle d’exposition à Vence, lui-même venant d’acquérir auprès du photographe le magnifique Black Supper, un polyptyque représentant la Cène avec Jésus et ses apôtres plongés dans une nuée de bulles d’effervescence christique et de vitalité mystique.

Serrano, enchanté par le projet d’exposition, a immédiatement accepté et proposé de réaliser une nouvelle série dans la Chapelle du Rosaire réalisée par Henri Matisse, (le peintre étant pour lui l’artiste français le plus spirituel du XXe siècle) comme en écho à sa série The Church qu’Yvon Lambert l’avait aidé à réaliser.

Ainsi, l’exposition de Vence présentera des séries anciennes, celles des Fluids, des Churchs, des Nomads, du Ku Klux Klan, de la Comédie Française, celle plus récente réalisée à Cuba après le décès de sa mère, telle une nécessité de se rapprocher, enfin, de ses origines de descendant d’esclaves venus d’Haïti et Cuba où la ferveur chrétienne a toujours été associée à des traditions vaudous, et enfin celle réalisée pour l’exposition dans la Chapelle du Rosaire.

Musée de Vence
Château de Villeneuve / Fondation Emile Hugues
2 place du Frêne, Vence
www.museedevence.com

03/03/15

Expo David Bowie is, Philarmonie de Paris

David Bowie is
Philarmonie de Paris
3 mars - 31 mai 2015

Conçue par le Victoria and Albert Museum, l’exposition David Bowie is a connu un succès retentissant à Londres au printemps 2013. Elle sillonne désormais le monde et fait escale à la Philharmonie de Paris du 3 mars au 31 mai 2015 dans une version légèrement remaniée pour l’occasion.

David Bowie is, Photo Duffy 
© Duffy Archive & The David Bowie Archive

Victoria Broackes et Geoffrey Marsh, conservateurs au Victoria and Albert Museum, ont sélectionné plus de 300 objets, rassemblés pour la première fois. Parmi ceux-ci, des textes de chansons manuscrits, des costumes originaux, des photographies, des films, clips vidéo et décors de scène ainsi que des instruments de musique de David Bowie et des illustrations de ses albums.

Le V&A a ainsi bénéficié d’un accès exceptionnel aux archives de David Bowie pour présenter cette première rétrospective d’envergure de l’extraordinaire carrière de l’artiste anglais – un des performers les plus avant-gardiste et influent de l’époque moderne.

L’exposition David Bowie is se penche sur le processus créatif de Bowie en tant qu’icône du monde de la culture moderne et pionnier de la musique pop, en suivant son style sans cesse changeant et en perpétuelle réinvention, sur une période couvrant cinq décennies. Elle témoigne du parcours hors normes et de l’influence sur la culture populaire d’un artiste unique et « inclassable ».

Une exposition qui se vit comme une véritable expérience visuelle et sonore réalisée en partenariat avec Sennheiser.

18/01/15

Bronzes, Galerie Maeght, Paris

Bronzes
Galerie Maeght, Paris
23 janvier - 7 mars 2015

Georges Braque, Pur-sang, 1956. 
Bronze sur pierre. 35 x 29 cm. 
© Galerie Maeght, Paris

La Galerie Maeght met à l’honneur le bronze dans une exposition où les oeuvres sculptées des plus grands maîtres dialoguent avec celles, récentes, d’artistes contemporains : de Georges Braque, Eduardo Chillida, André Derain, Alberto Giacometti, Roger de La Fresnaye, Joan Miró, Paul Rebeyrolle, Jean-Paul Riopelle et Raoul Ubac, à Ruth Adler, Nicolas Alquin, Marco Del Re, Joanet Gardy-Artigas, François Lamore, Daniel Milhaud et Manolo Valdès.

Isabelle Maeght, directrice de la Galerie Maeght, rend hommage au matériau noble et exigeant qu’est le bronze par une sélection de très belles oeuvres d’artistes majeurs du XXe et XXIe siècle. L’exposition est l’occasion de (re)découvrir ce matériau à travers un ensemble d’oeuvres originales ou inédites comme l’un des rares bronzes qu’Ubac ait réalisé. Couleurs, formes, toucher, classicisme et contemporanéité : Isabelle Maeght a choisi de montrer la fascinante diversité offerte par ce médium.

« Le bronze, matériau aussi mythique qu’exigeant techniquement, offre aux artistes des possibilités immenses en même temps qu’il leur permet de renouveler leur langage artistique. L’oeuvre sculpté de Miró a révolutionné ce champ artistique. Le « Pur-Sang » de Braque qui semble jaillir de fouilles archéologiques revendique un héritage classique en même temps qu’une intense modernité », précise Isabelle Maeght.

Joan Miró, Femme, 1968 
Bronze, 69,5 x 32 x 23,5 cm. 
© Galerie Maeght, Paris

Joan Miró, Tête de Tériade, 1975 
Bronze, 32 x 39 x 25 cm. 
© Galerie Maeght, Paris

Miró, sculpteur. L'exposition présente une dizaine d’oeuvres sculptées de Miró. D’une puissance exceptionnelle, ses bronzes témoignent de l’importance qu’il accorde au rendu des matières et aux textures. Recouverts d’une patine naturelle, ses bronzes gardent une certaine rugosité comme ils incitent à la caresse. Sans cesse à la recherche de nouvelles formes et supports, Miró transgresse avec le bronze les règles établies et traditionnelles de la sculpture. Il ira jusqu’à se l’approprier et en faire une peinture. Chacune de ses créations est le résultat d’un dialogue étroit et complice avec les maîtres-artisans. Attentif au travail des fondeurs, Miró surveille avec minutie l'élaboration de ses bronzes, guide la main des artisans ou crée lui-même sa patine. « Le travail que je réalise avec plusieurs fonderies me donne à chaque fois des nouvelles idées », avait-il déclaré.

Manolo Valdès, Dama de Barajas I, 2004 
Bronze, 22 x 12 x 7 cm. 
© Galerie Maeght, Paris 

Manolo Valdès, Dama de Barajas II, 2004 
Bronze, 18 x 10 x 8,5 cm. 
© Galerie Maeght, Paris 

Manolo Valdès, Dama de Barajas III, 2004 
Bronze, 20,5 x 10,5 x 6,5 cm. 
© Galerie Maeght, Paris 

« Les dames de Barajas » de Manolo Valdès. L’oeuvre de Valdès, que ce soit ses peintures, ses sculptures ou son oeuvre graphique, éveille le toucher. Plus particulièrement avec le bronze, Valdès part à la recherche de textures informelles. Il décide de ne pas polir les défauts de fonte. Il recherche la texture, l’éveil des sens. Conçues comme des icônes qui dialoguent à trois, « Les dames de Barajas » se parlent, se regardent, se répondent. Le bronze devient le support tant de la forme que de la voix. Les personnages, qu’il réalise en taille réelle ou surdimensionnée, sont figés, immobiles, et en même temps, profondément humains. Ils traduisent l’éternité de la matière. Leurs coiffures, volumineuses, étonnantes, renvoient à des expériences plastiques antérieures. La rêveuse, la coquette, la réaliste, les qualifiait l’écrivain Marco Vargas Llosa dans les poèmes accompagnant ce trio de têtes féminines « grands formats » installé dans le nouvel aéroport de Madrid réalisé par Lord Richard Rogers en 2004.

Marco Del Re, Assyrien moderne, 2009. 
Bronze, 110 x 70 x 63 cm. 
© Galerie Maeght, Paris.

« Assyrien moderne » de Marco Del Re offre avec le bronze une nouvelle lecture de son travail. Son oeuvre sculpté est un voyage où se réinventent et se côtoient la tradition classique et le contemporain. Ses bronzes patinés imitent la couleur de la pierre des temples romains et évoquent les héritages grec et étrusque en même temps qu’ils témoignent d’une grande liberté. Escargots de mer, animaux, bateaux de guerre s’y croisent comme autant clins d’oeil à un univers aussi poétique qu’onirique.

La sélection proposée par Isabelle Maeght rassemble plus de cinquante bronzes, de petits comme de grands formats, édités par Maeght Éditeur. Chaque pièce témoigne du soutien sans faille des Maeght aux artistes d’hier et d’aujourd’hui dans leur création.

« C’est aujourd’hui un enjeu pour les artistes contemporain de redécouvrir ce médium. Les pièces les plus récentes qui sont présentées aujourd’hui, avec François Lamore et Nicolas Alquin par exemple, en témoignent », déclare Isabelle Maeght.

Reconnu aujourd’hui comme le plus important éditeur de lithographies et de gravures originales au monde, Maeght Editeur travaille depuis longtemps avec la Fonderie Susse, véritable entreprise du patrimoine vivant au service de la sculpture depuis plus de 200 ans qui a collaboré avec les plus grands : de Matisse à Giacometti, en passant par Miró, Braque, Ubac. L’exposition est l’occasion de mettre en lumière les relations amicales qui ont existé entre eux.

« La Fonderie Susse a depuis toujours bénéficié de notre confiance, de notre passion pour l’art et le bronze. Chaque pièce exposée porte en elle toute cette histoire, ces rapports très étroits avec les artisans et leur savoir-faire », ajoute Isabelle Maeght.

GALERIE MAEGHT
42, rue du Bac
75007 PARIS
www.maeght.com

12/01/15

La toilette, la naissance de l'intime, Musée Marmottan Monet, Paris

La toilette, la naissance de l'intime 
Musée Marmottan Monet, Paris 
12 février - 5 juillet 2015 

Henri de Toulouse Lautrec, "La toilette : Madame Favre (femme se faisant les mains)", 1891 
Peinture à l’essence sur carton, 72 x 76 cm, Suisse, Collection Nahmad 

© Suisse, Collection Nahmad / Raphaël Barithel

Après avoir célébré les quatre-vingts ans de l’ouverture du musée au public à travers les deux expositions temporaires « Les Impressionnistes en privé » et « Impression, soleil levant », le musée Marmottan Monet présente du 12 février au 5 juillet 2015 la première exposition jamais dédiée au thème de La Toilette et à La Naissance de l’Intime.

L’exposition réunit des œuvres d’artistes majeurs du XVe siècle à aujourd’hui, concernant les rites de la propreté, leurs espaces et leurs gestuelles.

C’est la première fois qu’un tel sujet, unique et incontournable, est présenté sous forme d’exposition. Dans ces œuvres qui reflètent des pratiques quotidiennes qu’on pourrait croire banales, le public découvrira des plaisirs et des surprises d’une profondeur peu attendue.

Des musées prestigieux et des collections internationales se sont associés avec enthousiasme à cette entreprise et ont consenti des prêts majeurs, parmi lesquels des suites de peintures qui n’avaient jamais été montrées depuis leur création.

Une centaine de tableaux, des sculptures, des estampes, des photographies et des images animées (« chronophotographies ») permettent de proposer un parcours d’exception.

François Boucher, "L’Œil indiscret" ou "La Femme qui pisse", 1742 ? Ou années 1760 ? 
Huile sur toile, 52,5 x 42 cm, Collection particulière 
© Christian Baraja 

François Boucher, "Une Dame à sa toilette", 1738 
Huile sur toile, 86 x 76 cm, Collection particulière 
© Image courtesy of P & D Colnaghi & Co, Ltd, London 

L’exposition s’ouvre sur un ensemble exceptionnel de gravures de Dürer, de Primatice, de peintures de l’Ecole de Fontainebleau, parmi lesquels un Clouet, l’exceptionnelle Femme à la puce de Georges de La Tour, un ensemble unique et étonnant de François Boucher, montrant l’invention de gestes et de lieux spécifiques de toilette dans l’Europe d’Ancien Régime.

Edgar Degas, "Après le bain, femme nue couchée", 1885-1890 
Pastel sur papier, 48,3 x 82,3 cm, Suisse, Collection Nahmad
© Suisse, Collection Nahmad / Raphaël Barithel 

Dans la deuxième partie de l’exposition, le visiteur découvrira qu’avec le XIXe siècle s’affirme un renouvellement en profondeur des outils et des modes de la propreté. L’apparition du cabinet de toilette, celle d’un usage plus diversifié et abondant de l’eau inspirent à Manet, à Berthe Morisot, à Edgar Degas, à Toulouse Lautrec et encore à d’autres artistes, et non des moindres, des scènes inédites de femmes se débarbouillant dans un tub ou une cuve de fortune. Les gestuelles sont bouleversées, l’espace est définitivement clos et livré à une totale intimité, une forme d’entretien entre soi et soi se lit dans ces œuvres, d’où se dégage une profonde impression d’intimité et de modernité.

Natalino Bentivoglio Scarpa, dit Cagnaccio di San Pietro, "Femme au miroir", 1927 
Huile sur toile, 80 x 59,5 cm, Vérone, collezione della Fondazione Cariverona 
© collezione della Fondazione Cariverona, Italy 


Bettina Rheims, "Karen Mulder with a very small Chanel bra, janvier 1996, Paris", 1996 
C-print, 120 x 120 cm, Signé au dos sur le cartel, Paris, collection de l’artiste, 
© Bettina Rheims copyright Studio Bettina Rheims  

La dernière partie de l’exposition livre au visiteur l’image à la fois familière et déconcertante de salles de bains modernes et « fonctionnelles » qui sont aussi, avec Pierre Bonnard, des espaces où il est permis, à l’écart du regard des autres et du bruit de la ville, de s’abandonner et de rêver.

Commissaires de l’exposition : Nadeije Laneyrie-Dagen, historienne de l’art et Georges Vigarello, historien.

Musée Marmottan Monet 

10/01/15

Le Fresnoy, mémoire de l’imagination, BnF, Paris

Le Fresnoy, mémoire de l’imagination 
BnF, Paris
3 mars - 12 avril 2015

Manon Le Roy
Continuum © Manon Le Roy
Le Fresnoy-Studio national des arts contemporains (DR)
Capture d’écran film de la donation Le Fresnoy

La BnF propose de découvrir, du 3 mars au 12 avril 2015, une sélection emblématique de films du Fresnoy - Studio national des arts contemporains, à la suite du don remarquable de plus de six cents de ses films réalisés entre 1998 et 2013. Cette donation vient enrichir les collections exceptionnelles du département de l’Audiovisuel riches de plus de 1 500 000 enregistrements sonores, documents vidéo, documents multisupports, jeux vidéo et logiciels.

Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains est un établissement de formation et de recherche artistique et audiovisuelle unique en France : pôle d’excellence accueillant de jeunes artistes du monde entier, il produit chaque année une cinquantaine d’œuvres dans les domaines du cinéma, de la photographie, des arts numériques, de la vidéo, du spectacle vivant, de la création sonore.

Le Fresnoy a ouvert ses portes à une première promotion d’étudiants en octobre 1997, dans un bâtiment situé dans l’agglomération lilloise, entièrement réhabilité par l’architecte Bernard Tschumi. C’était l’aboutissement d’un processus qui avait commencé par une mission du ministère de la Culture et de la Communication, confiée à Alain Fleischer pour la conception d’une école d’art d’un type nouveau – « Bauhaus de l’électronique », « Villa Médicis high-tech » ou « Ircam des arts plastiques »… –, multidisciplinaire et orientée vers les technologies numériques, destinée à créer un pôle d’excellence dans le Nord de la France.

« Si ce projet s’est réalisé, c’est grâce au caractère utopique dont il s’était fait un impératif : paradoxe ? Exception à la règle ? En tout cas, il ne fait aucun doute que toute inflexion du projet pour le rendre raisonnable et réalisable l’aurait condamné à n’être jamais réalisé » note Alain Fleischer dans un livre de souvenirs.

JungHee Seo
Sing under © JungHee Seo
Le Fresnoy-Studio national des arts contemporains (DR)
Capture d’écran film de la donation Le Fresnoy

Aujourd’hui, Le Fresnoy est une utopie active qui attire des étudiants d’une cinquantaine de pays à travers le monde et qui conduit bon nombre d’entre eux à de brillantes carrières dans les domaines du cinéma, de la vidéo, de la photographie, des arts plastiques et de la création numérique. Citons parmi eux Anri Sala, Mohamed Bourouissa, Neil Beloufa, Hicham Berrada, Bertille Bak, Enrique Ramirez, Laurent Pernod, Laurent Grasso, Fabien Giraud, Laura Henno ou Sebastian Diaz Morales.

La direction artistique des projets est assurée pour chaque promotion par des artistes-professeurs invités qui réalisent eux-mêmes un projet personnel auquel sont associés les étudiants. Depuis octobre 1997 sont intervenus, entre autres, Chantal Akerman, Mathieu Amalric, Pier Paolo Calzolari, Claire Denis, Arnaud des Pallières, Bruno Dumont, Jean-Luc Godard, Miguel Gomes, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, Ryoji Ikeda, Benoit Jacquot, Tsai Ming-liang, Avi Mograbi, Nicolas Moulin, Valérie Mréjen, Antoni Muntadas, Hans Op de Beeck.

Le Fresnoy ne prétend pas avoir créé un style ou un type d’œuvres reconnaissables à certaines options esthétiques ou à certains thèmes. Il offre à de jeunes artistes l’accompagnement culturel, théorique et pratique ainsi que les moyens techniques de niveau professionnel pour leur permettre de réaliser, avec une grande liberté et hors du formatage des industries audiovisuelles des œuvres qui contribuent à l’incessante et passionnante exploration du monde qu’est l’art aujourd’hui. 

« L’accueil par la Bibliothèque nationale de France d’un don de toutes les œuvres cinématographiques et vidéographiques produites au Fresnoy par de jeunes artistes, ou par de prestigieux créateurs qui furent professeurs invités, constitue une reconnaissance de la place prise par cette institution dans le paysage de l’enseignement artistique en France en vue du renouvellement en profondeur des langages et des techniques » souligne Alain Fleischer, directeur du Fresnoy.

Meryll Hardt
Une vie radieuse © Meryll Hardt
Le Fresnoy-Studio national des arts contemporains (DR)
Capture d’écran film de la donation Le Fresnoy

L’exposition présentée dans la Galerie des donateurs proposera de découvrir 19 films courts, diffusés en continu sur un écran réservé à chaque artiste. Sélectionnés en fonction de leur écriture novatrice, ces films témoignent d’une recherche narrative et plastique qui s’empare en particulier de la question du corps, sa représentation et son inscription dans l’espace.

Cette présentation sera complétée par un week-end événement : le samedi 7 mars, un après-midi de rencontres réunira Alain Fleischer et ses invités, les artistes, penseurs, critiques et commissaires d’exposition qui ont marqué l’histoire du Fresnoy.

Le dimanche 8 mars, un autre ensemble de films, exceptionnellement projetés sur grand écran dans l’auditorium, complètera la sélection proposée en Galerie des donateurs, programme ensuite diffusé dans la salle audiovisuelle de la BnF. Brouillant les pistes entre les genres établis, cette sélection questionne les frontières entre le réel et sa scénographie à travers une très large palette de moyens d’expression, du super-8 aux dernières techniques du cinéma numérique.

Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains est financé par le Ministère de la Culture et de la Communication et la Région Nord-Pas-de-Calais avec la participation de la Ville de Tourcoing.

Commissariat de l'exposition : Julien Farenc, chargé de collections, département de l’Audiovisuel, BnF

08/01/15

Expo De Koning : Espace - Couleurs, CentQuatre, Paris

De Koning : Espace - Couleurs
CentQuatre, Paris
10 janvier - 5 avril 2015

© Krijn de Koning

Chaque oeuvre de l'artiste néerlandais Krijn de Koning est pensée pour un site spécifique. Ses installations, qui mêlent sculpture, peinture et architecture, déconstruisent géométriquement le lieu choisi en l'investissant, créent une mise en abyme, avec d'autres espaces dans l'espace, induisant ansi de nouvelles déambulations et perspectives. Les interventions de Krijn de Koning bouleversent l'esprit du lieu afin d'en révéler sa particularité, sa beauté et parfois même sa problématique.

Avec son architecture brute et monumentale, le CENTQUATRE-PARIS invite Krijn de Koning à remodeler ses espaces et ses volumes ouverts à tous. Exposition architecturale mystérieuse et protéiforme, l'oeuvre de Krijn de Koning sous la halle Aubervilliers veut épouser le bâtiment tout en le repoussant et lui donner une autre fonction que celle de simple porteur. Au travers d'une construction qui adopte parfois des couleurs pures, parfois une noirceur déstabilisante, parfois un espace vide, parfois un espace comble, Krijn de Koning interroge le public en le confrontant à des formes paradoxales.

Le spectateur devient acteur de l'oeuvre, se perd dans ce labyrinthe étonnant où la notion d'espace se floute pour laisser place à une divagation architecturale haute en couleur. Interactive, l'oeuvre de Krijn de Koning interpelle le visiteur et l'invite à participer à une réflexion contemplative sur la place de l'architecture dans notre perception de l'espace.

Ce que Krijn de Koning essaie surtout de mettre en exergue c'est la disparitions des murs centenaires du bâtiment derrière une construction éphémère. Les murs de Krijn de Koning s'émancipent de la structure principale pour créer leur propre délimitation du lieu et perdre le spectateur dan un jeu de questionnement abstrait : " qu'est-ce qui a été là avant ? Qu'est-ce qui a été construit après ? "

Krijn de Koning
Nieuwe Kerk Amsterdam 2010
© Krijn de Koning

Brève biographie de Krijn de Koning
Né en 1963 à Amsterdam, Krijn de Koning a étudié à l’Académie Gerrit Rietveld d’Amsterdam de 1983 à 1988, puis à l’Institut « De Atelier » au Pays-Bas d’où il sort diplômé en 1990. L’année suivante, il s’installe à Paris pour étudier à l’Institut des Hautes Etudes en Arts Plastiques et y suit les enseignements de Daniel Buren et Portus Hultén (directeur du Centre Pompidou de 1977 à 1981). Il commence à exposer ses installations dans les années 1990, aussi bien dans son pays natal (Stedelijk Museum, Amsterdam, 1997, Centraal Museum Utrect, 1999) qu’en France ( FRAC Lorraine, Metz en 2001, Musée des Beaux Arts de Nantes en 2002, Beffroi de Béthune en 2004…). Krijn de Koning a notamment exposé ses oeuvres à Paris en 2008, à Ostend en 2009, à New York en 2010, à Edimbourg en 2013 et récemment son œuvre Dwelling au Turner Contemporary, Margate (UK) en 2014. En 2007, il reçoit le Silkens Prize par la Silkens Foundation, pour son utilisation originale de la couleur dans ses travaux, prix décerné par Gerrit Rietveld, Le Corbusier et Donald Judd avant lui. Actuellement), Krijn de Koning vit et travaille à Amsterdam.

Krijn de Koning est représenté à Paris par la galerie Jean Brolly et à Amsterdam par la Slewe Gallery.

Le CENTQUATRE-PARIS
5 rue Curial 75019 Paris
www.104.fr

01/01/15

Balthus, Gagosian Gallery, Paris

Balthus
Gagosian Gallery, Paris
14 janvier - 28 février 2015

Balthus
BALTHUS 
Etude pour "La Partie de cartes" , 1947 
Oil on cardboard 17 1/4 x 24 3/4 inches 43.8 x 62.9 cm 
© Harumi Klossowska Courtesy Gagosian Gallery / Photography by Robert McKeever

Après l’exposition inédite « Balthus : The Last Studies » à Gagosian New York au moment de la rétrospective du Metropolitan Museum « Balthus : Cats and Girls » en 2013-2014, Gagosian Paris présente une exposition retraçant la carrière de Balthus à travers une sélection de peintures, dessins et photographies. Préparée en collaboration avec la famille de l’artiste, cette exposition sera la première consacrée à son travail à Paris depuis la rétrospective du Centre Georges Pompidou en 1983-1984.

Balthus était le peintre solitaire de scènes narratives chargées et inquiétantes, dont les sources d’inspiration et le choix d’une technique rigoureuse et raffinée ne sont pas sans rappeler les prémices de la Renaissance, accompagnées d’une touche de modernité subversive. Ayant travaillé à l’écart des mouvements d’avant-garde tels que le Surréalisme, il préféra se tourner vers les maîtres anciens, comme Piero della Francesca ou Gustave Courbet, s’appropriant leurs techniques pour décrire les tourments physiques et psychiques de l’adolescence. En rendant les spectateurs voyeurs face à ces sujets féminins pubères couvant des rêves embarrassants, il scandalisa le public parisien lors de sa première exposition dans une galerie en 1934. Dans ses portraits d’intérieur, scènes de rue et paysages des soixante-dix années suivantes, Balthus cultiva un classicisme autodidacte comme cadre d’investigations artistiques plus énigmatiques.

Les premières études à l’encre des rues de Paris et de ses passants démontrent l’évolution de ce que Balthus décrivait comme son « réalisme intemporel ». Sa signature, un éclairage dramatique et une palette voilée, apparaissent déjà dans les peintures à l’huile Portrait de Pierre Leyris (1932-1933), représentant le jeune traducteur en train d’allumer une cigarette après avoir dîné ; et Portrait de jeune fille en costume d’amazone (1932), présentée lors de sa célèbre première exposition à la Galerie Pierre, deux ans plus tard. Une étude à l’huile sur carton de 1947 de la grande peinture majeure Le jeu de cartes (1948-1950) met en scène deux jeunes filles vêtues à la mode de l’époque, mais dont le rendu géométriquement ordonné est typique de la peinture de la Renaissance.

Balthus fut nommé Directeur de l’Académie de France à Rome en 1961, et fit l’acquisition d’un château datant du Moyen-âge à côté de Viterbe, à une heure de route au nord de la ville, en 1970. Dans ses aquarelles produites pendant les années qui suivirent, il n’a cessé de représenter les ruines environnantes d’une tour de guet située sur une falaise abrupte surplombant un ravin richement boisé, ajustant sa palette au gré des saisons. Au cours des dix dernières années de sa vie, alors que sa santé fragile ne lui permettait plus de dessiner, il découvrit le Polaroid —un virage surprenant pour celui qui a gardé toute sa vie une distance avec la plupart des innovations techniques de son époque. A partir de ces polaroids, il commença à réaliser de nombreuses « esquisses » photographiques instantanées pour ses peintures, qui étaient souvent produites sur plusieurs années. A cette époque, son énergie artistique et son attention étaient largement portées sur Anna, son dernier modèle. Elle posa pour lui tous les mercredis durant huit ans, dans la même pièce avec le même rideau, la même chaise longue, la même fenêtre aux conditions de lumière changeantes, la même scène bucolique de montagne qui se profilait au loin ; cette scène inscrite dans la durée fut le sujet de sa dernière peinture, Jeune fille à la mandoline (2000-2001), inachevée à sa mort.

Balthus
BALTHUS 
Untitled , c. 1990 - 2000 
Color polaroid 4 x 4 inches 10.2 x 10.2 cm 
© Harumi Klossowska Courtesy Gagosian Gallery / Photography by Robert McKeever

Balthus (Balthasar Klossowski de Rola) est né à Paris en 1908 et mort à Rossinière, Suisse, en 2001. A l’âge de 13 ans, il publia Mitsou, un livre constitué de 40 dessins à l’encre accompagnés d’un texte de Rainer Maria Rilke, un ami proche de sa famille. Artiste autodidacte, sa première exposition eut lieu à la Galerie Pierre en 1934. Après le scandale qui en résulta, il collabora avec la Pierre Matisse Gallery à New York de 1938 à 1977, alors même qu’il n’a jamais visité les Etats-Unis. Ses peintures et dessins font partie des collections muséales et privées les plus prestigieuses au monde.

La premiere exposition muséale majeure de Balthus eut lieu au Museum of Modern Art en 1956. Parmi les expositions muséales importantes, on compte le Musée des Arts Décoratifs, Paris (1966); la Tate Gallery, London (1968); La Biennale de Venise (1980); Musée d’Art Contemporain de Chicago (1980); Centre Georges Pompidou (1983-84, exposition itinérante au Metropolitan Museum of Art, New York); Musée Municipal d’Art de Kyoto (1984); Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne (1993), Palazzo Grassi, Venise (2001); Metropolitan Art Museum, Tokyo (2014, exposition itinérante au Musée Municipal d'Art de Kyoto). Son oeuvre a fait l'objet de deux expositions majeures au Metropolitan Museum of Art, New York: "Balthus" (1984) ; et "Balthus" (1984) ; et "Balthus : Cats and Girls" (2013-2014).

Gagosian Gallery
4 rue de Ponthieu - 75008 Paris