Showing posts with label dessin. Show all posts
Showing posts with label dessin. Show all posts

28/03/24

Julie Doucet @ Musée Tomi Ungerer, Strasbourg - Exposition - Une rétrospection

Julie Doucet. Une rétrospection
Musée Tomi Ungerer, Strasbourg
25 avril - 3 novembre 2024

Julie Doucet
Julie Doucet 
Horoscope, 2023 
Encre noire sur papier. 
Collection de l’artiste 
© Julie Doucet

Cette exposition monographique, au Musée Tomi Ungerer - Centre international de l'illustration, présente l’œuvre de Julie Doucet, artiste québécoise qui compte parmi les auteurs les plus importants et les plus influents de la bande dessinée alternative au Canada, aux États-Unis, en France et en Allemagne depuis les années 1990. En 2022, elle a reçu le Grand Prix du Festival d'Angoulême pour l’ensemble de son œuvre. Cette autrice culte a créé une œuvre foisonnante qui, outre le dessin, s’étend aussi à la gravure, au collage, à la vidéo et à la poésie.

Au cœur de cette œuvre se trouve un profond désir de rupture avec les contraintes sociales et artistiques formelles. Dans les années 1990, à travers sa série de bandes dessinées autofictionnelles Dirty Plotte, Julie Doucet apporte à la scène alternative de la bande dessinée une vision subjective et radicale de la condition féminine. Sa représentation des menstruations, de la masturbation, de la santé mentale, mais aussi les expériences de concurrence et de réussite dans un domaine dominé par les hommes, ouvrent pour toute une génération de dessinatrices la possibilité d’une écriture située. Elle préfigure ainsi l’autofiction comme méthode d’empowerment, de prise de pouvoir sur sa propre vie.

Dans les années 2000, Julie Doucet abandonne la bande dessinée pour passer à d’autres formes d’art. Elle développe alors une pratique plastique dans laquelle il s’agit toujours de réinventer le rapport entre l’image et l’écriture. Ses illustrations et collages sont des images de matière, ses films sont des études sur la ligne, ses photocomics sont des images à lire à voix haute. Elle écrit sa poésie sous forme d’images concrètes de mots découpés. Elle publie ses dessins les plus récents sous forme d’essais graphiques.

L’exposition est donc aussi une histoire de la fabrication et de l’édition de livres : du fanzine underground, en passant par ses publications dans les toutes premières maisons d’édition de BD, jusqu’à une pratique expérimentale sur la forme matérielle du livre, à laquelle elle est revenue ces dernières années. À travers son essai graphique, qui se déploie comme un Leporello, et une autobiographie en mots découpés, les innovations formelles de Julie Doucet dépassent les limites de ce que la marchandisation des livres autorise. De cette manière, elle renouvelle constamment ce que sont et peuvent être les possibilités politiques et esthétiques de faire des livres. 

A l’occasion de l’exposition, un livre d’artiste de Julie Doucet est publié aux éditions des Musées de la Ville de Strasbourg.

Commissariat : Anna Sailer, conservatrice responsable du Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’Illustration

Musée Tomi Ungerer - Centre international de l'illustration
2 avenue de La Marseillaise, Villa Greiner, Strasbourg

24/11/19

Sarah Navasse @ Galerie Marie Vitoux, Paris - Sur le fil

Sarah Navasse : Sur le fil
Galerie Marie Vitoux, Paris
21 novembre 2019 - 11 janvier 2020

Dans cette nouvelle exposition de dessins à la Galerie Marie Vitoux, SARAH NAVASSE continue de questionner la place de l'être humain dans l’environnement ainsi que son rapport au monde.
“ L’équilibriste incarne tout du “jeu sérieux” [...] Tout se joue dans un instant éphémère de grande fragilité… Il est à la merci de la bourrasque de vent, comme une feuille en fin de vie rattachée à l’arbre par son dernier filament de sève. Confronté au vertige, il devient une trace infime du paysage questionnant ainsi l’échelle et la place de l’Homme. Dans ces expériences de basculement, ou de perte d’équilibre, l’espace mental transforme notre paysage, notre corps et notre place dans le monde. Cela se fait au quotidien où l’on projette nos frayeurs et nos désirs.

L’espace du dessin est alors le lieu idéal pour explorer ces situations, l’illusion de plusieurs réalités qui se confrontent et nous parlent (Illusion tire son étymologie de “inlusio” signifiant entrée dans le jeu). “ - Sarah Navasse
SARAH NAVASSE expose à la galerie Marie Vitoux depuis 2014. L'artiste est titulaire d'un master en histoire de l'Art de l'Université Paris I - Panthéon-Sorbonne (2007), d'un MFA de l'American University de Washington DC (2011) et d'une licence de l'Ecole Professionelle Supérieure d'Art Graphiques de Paris (2012-2014). Sarah Navasse à été en résidence à la  Casa Velazquez- Académie de France- Madrid (2014-2015) et à la Fondation Goya à - Fuendetodos, Espagne (2015).

GALERIE MARIE VITOUX
3 rue d’Ormesson, 75004 Paris
____________



06/11/10

Poster Art - Tomi Ungerer - Strasbourg

Poster Art
Tomi Ungerer et la publicité
Musée Tomi Ungerer - Centre international de l’Illustration, Strasbourg
Jusqu'au 21 novembre 2010

En parallèle à sa production pour les enfants et à celle du dessin satirique, TOMI UNGERER s’est également livré dès le début de  sa carrière au dessin publicitaire. L’exposition présentée au Musée Tomi Ungerer – Centre International de l’Illustration montre en un parcours thématique qui témoigne de la créativité de l’artiste dans ce domaine, une  centaine  de dessins et affiches provenant exclusivement de la collection du musée.

Les célèbres travaux des années new-yorkaises, comme les posters protestataires contre la ségrégation raciale et la guerre du Vietnam ainsi que la campagne pour The New York Times, des créations des années soixante-dix pour la publicité allemande et celles, plus récentes, pour Electricité de Strasbourg et le festival de jazz de Montreux, se succèdent au premier étage du musée.

Cet ensemble illustre à merveille la devise de Tomi Ungerer, dont le but avoué est de provoquer chez le spectateur un choc visuel : « Attendez-vous à l’inattendu ». La publicité représente son moyen d’expression graphique favori, dans lequel il peut laisser libre cours à son goût pour l’absurde et la provocation. A cet égard, quelques projets refusés  au dessinateur par ses commanditaires sont également présentés. 

Des travaux de l’agence publicitaire strasbourgeoise Hella-Arno, des documents imprimés des affichistes Henri Villemot et Raymond Savignac et des produits dérivés du célèbre motif de Benjamin Rabier, « La Vache qui rit », prêtés par des collectionneurs privés et par la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg, esquissent le contexte de la publicité en France lorsque le jeune Tomi Ungerer dans les années 1950 étudiait cette discipline à l’Ecole des arts décoratifs de Strasbourg. Dans l’exposition est diffusé un film prêté par l’INA, de la série « Le petit monde des humoristes », consacré au talent de Savignac.

L’exposition « Poster Art. Tomi Ungerer et la publicité », qui s’inscrit dans le 8e accrochage du musée depuis son ouverture en 2007, est un nouveau volet de la programmation consacrée aux différents aspects de l’œuvre de Tomi Ungerer. 

Musée Tomi Ungerer - Centre international de l’Illustration
2, avenue de la Marseillaise
Strasbourg 
Tel : 03 69 06 37 27

www.strasbourg.eu

Horaires :   
Le lundi, mercredi jeudi et vendredi de 12h à 18h
Le samedi et le dimanche de 10h à 18h
Fermeture  le mardi
Tarif normal : 5 euros / Tarif réduit : 2,50 euros

Message lié sur Wanafoto : Dessins de Tomi Ungerer, Galerie Martel, Paris

07/10/08

RUBRIQUE - VENDRE SES PHOTOS

Bien qu'étant photographe amateur, je vend mes photos sur internet en passant par des banques d'images en ligne que l'on appelle les microstocks photos aux Etats-Unis.

J'en ai une très bonne expérience car je participe à ces sites depuis le début, c'est-à-dire 2004. Je les ai vu se développer pour certains... certains aussi sont apparus puis ont disparus...

Vous trouverez sur ce blog une présentation de ces sites ;

des conseils pour réussir son inscription pour les sites filtrants les participants ;

des conseils pour préparer vos photos avant de les envoyer pour inspection ;

les astuces pour vendre davantage de photos ;

je vous propose aussi une aide en ligne en répondant aux questions que vous me laisserez dans les commentaires ou par e-mail.
En outre ces sites sont également ouverts aux illustrations en vectoriels. J'élargirais un peu le champ du blog pour donner des infos utiles sur le dessin vectoriel.
D'autres types d'illustrations sont également possible. Cela dépend des sites et mérite quelques précisions. Peut-être que ce blog pourrait permettre de mettre en contact des dessinateurs ou peintres et des photographes pour un travail en commun... On verra bien... de toute manière, pour l'instant, je n'ai pas tellement de visiteurs :)
Ces sites s'ouvrent également progressivement aux vidéos. Je vous préciserais en quoi cela consiste.
En attendant, vous pouvez consulter le blog suivant : http://gautier.blogzoom.fr à la rubrique "Vendre ses photos sur internet"
Vous pouvez aussi vous inscrire gratuitement sur PixBurger en cliquant sur le lien ci-dessous pour vous faire une idée sur ce types de sites. L'avantage de celui-ci est qu'il est en français alors que beaucoup sont en anglais.

FAIL (the browser should render some flash content, not this).

25/05/08

Katsushika Hokusai « l’affolé de son art » d’Edmond de Goncourt à Norbert Lagane au Musée des Arts asiatiques–Guimet, Paris

HOKUSAI « l’affolé de son art » 
d’Edmond de Goncourt à Norbert Lagane
Musée des Arts asiatiques–Guimet, Paris
21 mai - 4 août 2008

Le musée Guimet organise la première rétrospective de l’intégralité de son fonds Hokusai, après l’entrée dans ses collections d’œuvres majeures. A travers des découvertes récentes, un nouveau regard sur l’œuvre d’un des maîtres de l’estampe japonaise est proposé au public, en hommage à un grand donateur : Norbert Lagane.

Katsushika Hokusai (1760-1849) a réalisé des milliers de peintures, de dessins, d’estampes, de livres illustrés et de manuels didactiques destinés aux peintres ou aux artisans. Le fonds d’art graphique du musée Guimet conserve aujourd’hui environ 130 œuvres attribuées à Hokusai. Les estampes polychromes aussi célèbres que les Trente-six Vues du Mont Fuji, y côtoient des dessins préparatoires, des croquis et quelques peintures qui éclairent un autre versant de l’activité créatrice de ce peintre.

L’influence d’Hokusai (1760-1849), illustre dans le domaine du paysage, dépassa largement le domaine de l’estampe japonaise –Ukiyo-e-, puisqu’il inspira les collectionneurs et peintres européens tels que Degas, Van Gogh, Gauguin, Monet, etc., (ce dernier possédait une très riche collection d’estampes), donnant naissance au « japonisme ». Ce mouvement permit aux collectionneurs de découvrir des oeuvres peu communes et de développer ainsi une voie nouvelle de l’histoire de l’art japonais. La possibilité de mieux cerner certaines données, permit d’aborder sous un angle nouveau, la question de l’histoire de la constitution de ces collections, ouvrant sur des découvertes essentielles. Pourtant, en dépit de la renommée que connut le maître en Europe-principalement en France- depuis la fin du XIXe siècle, aucune exposition ne lui fut jamais consacrée au musée Guimet.

Une exceptionnelle donation permit en 2001, l’entrée dans les collections du musée d’une peinture inédite d’Hokusai : le Dragon parmi les nuages, kakemono issu de la donation Norbert Lagane, s’avérant former une paire avec un rouleau du musée Ota de Tokyo, le Tigre sous la pluie. Deux ventes de la collection Huguette Berès organisées à Paris en 2002 puis 2003 à l’occasion de sa succession, donnèrent également l’opportunité au musée d’acquérir un ensemble de dessins préparatoires et un très rare tirage du Mont Fuji en bleu. En marge de ces découvertes, la campagne de restauration des œuvres entreprise en 2006, aboutit à des analyses scientifiques sur la nature des papiers et des pigments employés.

Cela imposait de présenter enfin au public la totalité du fonds Hokusai. A ces tirages célèbres de paysages, viendront se superposer de belles jeunes femmes et des estampes à connotations érotiques (shun-ga, images de printemps). La femme a d’ailleurs, depuis l’origine des estampes Ukiyo-e, constitué l’un des thèmes de prédilection des dessinateurs, rencontrant la faveur du public. Des œuvres bien moins connues (pour n’avoir jamais été publiées), ou inédites pour certaines peintures, viennent compléter cet ensemble. Très peu reconnus au Japon, victimes de la censure, ces artistes produisaient un art considéré comme léger et populaire, par les élites de l’époque.

Perpétuellement insatisfait et d’une curiosité toujours en alerte, il s’intéressa à tous les mouvements picturaux sans jamais se fixer à aucun d’entre eux. Sa vie est une quête touchante de la perfection, se composant de six grandes périodes dans un parcours retracé dans le circuit de visite. Katsushika Hokusai, peintre et dessinateur, grand théoricien, a su garder et même développer un art très personnel dont la richesse et l’ampleur ont parfois fait naître la sensation d’avoir affaire à plusieurs artistes. Allant jusqu’à signer ses travaux, à partir de 1800, par la formule Gakyōjin, « le vieil homme fou de peinture », son oeuvre exprime l’éternité d’un temps transcendé. Cette rétrospective permet de dresser le portrait d’un artiste considéré malgré lui, comme le plus occidental de son temps et de mettre en lumière sa profonde humanité…

Cette exposition s’inscrit dans le cadre de la commémoration du 150ème anniversaire des relations diplomatiques entre le France et le Japon.

Un catalogue accompagne l'exposition :

HOKUSAI « l’affolé de son art » 
d’Edmond de Goncourt à Norbert Lagane
Catalogue de l'exposition
Auteur : Hélène Bayou
Editeur : Réunion des musées nationaux/MNAAG
Relié – 29 × 23 cm – 245 pages Français

Musée Guimet
6, place d’Iéna, 75016 Paris
www.guimet.fr

Maj

10/04/07

Enki Bilal en vente aux enchères chez Artcurial

Beau succès pour ENKI BILAL chez ARTCURIAL

En soit, la vente aux enchères de 32 oeuvres exceptionnelles du dessinateur, scénariste, coloriste et cinéaste Enki Bilal constitue déjà un évènement inédit. Il y avait donc la foule des grands jours à l’Hôtel Dassault pour cette vente de prestige, clou de la vente bande dessinées du 24 mars 2007.

Les enchères ont atteint des niveaux dont peuvent se féliciter François Tajan et l’expert Eric Leroy qui ont effectué cette vente. On peut y voir une "consécration" du marché de l'art pour Enki Bilal qui dévoilait la veille, à l’occasion du salon du livre de Paris, le dernier opus de la tétralogie du monstre : Quatre ? .

Ainsi, la vente de l'oeuvre de Enki Bilal, Bleu Sang réalisée en 1994 en acryliques de couleurs, pastels gras et mine de plomb sur Vélin, 90 x 63 cm, constitue un record mondial pour une réalisation d’un auteur de Bande Dessinée : 177 000 euros (frais inclus).

Autre oeuvre en vente, Appoline, réalisée également en 1994, en acryliques de couleurs, pastels gras et encre de Chine pour un dessin du concept « TRANSIT », conçu par Enki Bilal et Christian Desbois en novembre 1990. L'oeuvre est dérivée des dessins « Mèche », « 11h53, Heure Locale » et « Faux Passeport ». Elle était estimée à 8 000 euros mais a finalement été adjugée à 108 500 euros.

ENKI BILAL - BIOGRAPHIE

Né en 1951 à Belgrade en Yougoslavie, Enki Bilal publie sa première histoire, le Bal maudit en 1972, pour le journal Pilote.

Son premier album, La Croisière des Oubliés, sur un scénario de Pierre Christin, paraît en 1975 aux Humanoïdes Associés. Avec le même scénariste, il signe Les Phalanges de l’ordre noir (1979) et Partie de Chasse (1983) chez Dargaud.

En 1980, il débute dans Pilote sa trilogie Nikopol, première bande dessinée en solo, qui lui apporte la reconnaissance du public et des critiques. La Femme piège, publiée en 1986, représente un tournant dans sa carrière et son style s’impose à tous comme inimitable par le dessin et le scénario mêlant politique, actualité et fiction.

Le cinéma l’attire très vite avec, en 1982, la création des décors du film d’Alain Resnais, La vie est un roman.

En 1987, il obtient le Grand Prix du 14ème festival International de la Bande Dessinée à Angoulême.

En 1988, son travail fait l’objet d’une exposition au Palais de Tokyo avec Joseph Koudelka et Guy Pellaert, une consécration pour la Bande Dessinée en général portée au rang d’oeuvre d’art et pour le travail d’Enki Bilal en particulier.

En 1989, il réalise son premier film, Bunker Palace Hôtel avec notamment Jean-Louis Trintignant et Carole Bouquet. Il participe également à la création des décors et des costumes de nombreux opéras et pièces de théâtre – OPA Mia de Denis Lavaillant (1990), Roméo et Juliette de Prokoviev chorégraphié par Angelin Preljocaj (1991).

En 1997 sort son second long métrage Tykho Moon avec Jean-Louis Trintignant, Richard Bohringer, Michel Piccoli… et Immortel ad vitam (libre adaptation de son album La Foire aux Immortels) en 2004 avec Linda Hardy, Charlotte Rampling...

En 1998, le premier volume de sa nouvelle trilogie Le Sommeil du Monstre paraît chez les Humanoïdes Associés, suivi en 2003 par 32 décembre puis Rendez-vous à Paris en 2005 aux éditions Casterman.

... En mars 2007, il publie Quatre ? , le dernier album de la tétralogie du Monstre à l’occasion du salon du livre de Paris... et participe à la première vente de l’année Bandes Dessinées chez Artcurial... avec le succès souligné plus haut.

 

ARTCURIAL
Hôtel Dassault
7, rond-point des Champs Elysées
75008 Paris

12/10/04

Boucher et les peintres du Nord, Musée Magnin, Dijon

Boucher et les peintres du Nord 
Musée Magnin, Dijon 
9 octobre - 14 décembre 2004

Quelque célèbre qu’il soit encore aujourd’hui, le peintre François Boucher (1703-1770) reste victime d’un préjugé défavorable dû à l’excessive diffusion d’un aspect fragmentaire de son œuvre, l’aspect « galant ». On oublie trop qu’il fut un artiste très complet qui, autodidacte, se forma d’une manière extrêmement méthodique et il convient, pour prendre la mesure de son œuvre, de revenir sur cette formation. Tel est le propos de cette exposition.

L’étude d’œuvres de peintres des écoles du Nord a joué un rôle déterminant dans la formation de François Boucher ; elle lui permit de se forger un style propre, qui sera adopté par toute l’Europe. Cette influence profonde s’est exercée de diverses manières : à vingt ans, François Boucher regarde Wouwerman et Berchem ; lors de son séjour en Italie, il copie Bloemaert ou s’en inspire ; plus tard, dans sa maturité, ce sont les dessins à la plume de Rembrandt qui retiennent toute son attention. En fait, l’influence de la peinture nordique est sensible dans l’ensemble de son œuvre.

Le tricentenaire de la naissance du peintre est l’occasion de traiter cet aspect méconnu de l’art de François Boucher. L’exposition et le catalogue qui l’accompagne permettent de faire le point des connaissances les plus récentes sur le goût nouveau des collectionneurs français pour les sujets nordiques, et d’aborder la question des relations de Boucher avec les amateurs de son temps et leurs collections d’œuvres d’art. Célèbre de son temps mais dispersée à la mort du peintre, la collection personnelle d’œuvres nordiques de François Boucher est également évoquée.

L’exposition regroupe quatre-vingt œuvres, dont, de François Boucher, une dizaine de peintures, 29 dessins de techniques diverses (pierre noire, sanguine, plume et encre…) et 11 gravures. Ces œuvres proviennent de plusieurs grands musées français et étrangers. Parmi les peintures de Boucher, on peut ainsi voir ou revoir la Forêt conservée au musée du Louvre ainsi que la Vue de Tivoli avec le temple de Vesta et un Paysage avec cours d’eau conservés en Suède (musée national, à Stockholm, et musée de Linköping). Pour les peintres des écoles du Nord, la place prépondérante revient à des œuvres d’Abraham Bloemaert et de Nicolaes Berchem (notamment Les Deux Laboureurs, Londres, National Gallery – tableau qui a appartenu à Boucher), mais on peut admirer aussi des feuilles de Van Ostade, de Jordaens, de Van Dyck…

Le parcours de l’exposition, à la fois chronologique et thématique, s’organise selon les sections suivantes :

I.   Le goût de Boucher pour les Nordiques à travers ses collections. Brève évocation des tableaux et dessins de jeunesse avant son départ pour l'Italie (1728)
II.   La question des copies d’après Bloemaert, et de l’usage que Boucher en a fait en France 
III.  La copie d’après les Nordiques ; poursuite du travail de Boucher sur Bloemaert ; découverte d’autres artistes, grâce aux dessins des collections françaises
IV.  Les douze gravures des Cris de Paris d'après Boucher
V.   La Pastorale, une harmonieuse synthèse opérée par Boucher (1730 et 1740)
VI.  Boucher paysagiste après 1740
VII. François Boucher, ombres et lumière, réflexion sur Rembrandt, les dernières années (1760-1770)

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux, le musée Magnin, Dijon, et la Wallace Collection, Londres, où elle sera en partie présentée du 6 janvier au 6 mars 2005.

Commissaires : 
Françoise Joulie, chargée de mission au département des Arts graphiques du musée du Louvre et historienne de l’art spécialiste de l’œuvre de François Boucher.
Jo Hedley, conservateur des peintures antérieures à 1800, Wallace Collection, Londres.

Musée Magnin
4, rue des Bons-Enfants, 21000 Dijon