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06/04/25

Matisse et Marguerite @ MAM de Paris - Exposition "Matisse et Marguerite. Le regard d’un père", Musée d’Art Moderne de Paris

Matisse et Marguerite
Le regard d’un père
Musée d’Art Moderne de Paris
4 avril - 24 août 2025

Henri Matisse, Portrait de Marguerite
Henri Matisse
Portrait de Marguerite
Issy-les-Moulineaux, 1918
Huile sur bois, 46 x 37,8 cm
West Palm Beach, Floride, Norton Museum of Art
Don de Jean et Martin Goodman, de Palm Beach, Floride, 1986
Crédit : Norton Museum of Art
« Au temps de mon père, on vivait avec son drame quotidien, qui était la peinture. »
Marguerite Duthuit-Matisse, 1970
Le Musée d’Art Moderne de Paris présente une exposition inédite d’Henri Matisse (1869-1954), l’un des plus grands artistes du XXème siècle. Rassemblant plus de 110 œuvres (peintures, dessins, gravures, sculptures, céramique), elle propose de montrer le regard d’artiste et de père que Matisse porte sur sa fille aînée, Marguerite Duthuit-Matisse (1894-1982), figure essentielle mais discrète de son cercle familial.

L’exposition présente de nombreux dessins rarement sinon jamais montrés au public, ainsi que d’importants tableaux venus de collections américaines, suisses et japonaises exposés en France pour la première fois. Des photographies, documents d’archives et œuvres peintes par Marguerite elle-même complètent l’évocation de cette personnalité méconnue du grand public.

Depuis les premières images de l’enfance jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Marguerite demeure le modèle de Matisse le plus constant – le seul à avoir habité son œuvre au cours de plusieurs décennies. Porteurs d’une franchise et d’une intensité remarquables, ses portraits trahissent une émotion rare, à la hauteur de l’affection profonde que Matisse portait à sa fille. L’artiste semblait voir en elle une sorte de miroir de lui-même, comme si, en la dépeignant, il accédait enfin à l’« identification presque complète du peintre et de son modèle » à laquelle il aspirait.

Organisée de manière chronologique, l’exposition témoigne de la force du lien qui unissait l’artiste et sa fille, et permet d’appréhender l’immense confiance et le respect qu’ils se vouaient mutuellement. Elle est aussi l’occasion de découvrir le destin fascinant d’une femme hors du commun, qui joua un rôle de premier plan dans la carrière de son père.

Aînée des trois enfants Matisse, Marguerite naît en 1894 de la relation éphémère que l’artiste, alors jeune étudiant en peinture, entretient avec son modèle Caroline Joblaud. Reconnue par son père, elle grandit aux côtés de Jean (1899-1976) et Pierre (1900-1989), fils de Matisse et de son épouse Amélie. « Nous sommes comme les cinq doigts de la main », écrira plus tard Marguerite à propos de ce noyau familial très soudé.

Son enfance est marquée par la maladie et la souffrance : à l’âge de sept ans, elle subit une première trachéotomie dont elle dissimulera longtemps la cicatrice sous un ruban noir, attribut distinctif de nombre de ses portraits. Privée d’une scolarité normale en raison de sa santé fragile, elle devient une authentique « gosse d’atelier », témoin attentif et quotidien du travail de Matisse. « Tout l’esprit de la famille était dirigé sur l’effort du père », se souviendra-t-elle. Sa disponibilité l’amène à prêter son visage aux recherches plastiques du peintre, lequel trouve en sa fille un modèle patient et bienveillant, prêt à accueillir ses expérimentations formelles les plus audacieuses.

En 1905, dans l’Intérieur à la fillette (The Museum of Modern Art, New York), Matisse dépeint Marguerite dans la touche vibrante et colorée caractéristique du fauvisme. L’année suivante, l’intérêt sensible du peintre pour sa fille se déploie dans un superbe ensemble de tableaux et dessins réalisés à Collioure, tandis que la sage écolière aux yeux baissés (Marguerite lisant, Musée de Grenoble) évolue en une fière adolescente affrontant le regard du spectateur (Musée Picasso, Paris). Plus frontale encore, la magistrale Marguerite au chat noir de 1910 (Centre Pompidou, Paris) précède la géométrisation austère et radicale de Tête blanche et rose (Centre Pompidou, Paris).

Au cours de la Première Guerre mondiale, les portraits de Marguerite se multiplient. La fille du peintre y apparaît comme une jeune femme élégante, habillée avec raffinement et coiffée de chapeaux élaborés. Alors que Matisse s’installe progressivement à Nice, elle fait l’objet d’une importante série de portraits au balcon, emmitouflée dans un large manteau à carreaux, avant de figurer au premier plan de la composition monumentale du Thé (LACMA), évocation du jardin familial à Issy-les-Moulineaux.

En 1920, Marguerite apparaît à nouveau, épuisée et convalescente, dans une série d’œuvres réalisées après une douloureuse opération de la trachée. Matisse s’y devine en père inquiet et empli de tendresse pour sa fille enfin libérée de sa cicatrice et de son ruban. Exécutées à Étretat, elles figurent parmi les derniers portraits individualisés que Matisse réalise de sa fille avant une interruption de vingt-cinq ans. Si Marguerite continue de poser pour son père au début des années 1920, c’est désormais au titre de figurante, dans des tableaux et dessins qui intègrent presque toujours un second modèle professionnel, Henriette Darricarrère. Complices, les deux jeunes femmes arborent des tenues recherchées, de bal ou de carnaval, dans des décors niçois riches en couleurs.

En 1923, Marguerite épouse l’écrivain Georges Duthuit et disparaît des tableaux de son père. Elle en demeure néanmoins très proche, endossant le rôle d’intermédiaire entre Matisse, désormais installé à Nice, et les innombrables sollicitations de collectionneurs, historiens, conservateurs et marchands d’art. Redoutablement précise et exigeante, c’est elle qui supervise le tirage des gravures de son père à Paris. Dévouée à la défense de l’art de Matisse, elle accroche des expositions à Berlin et Londres et, plus tard, aura la charge du catalogue raisonné de son œuvre, tâche jamais achevée. Une salle de l’exposition est ainsi consacrée au rôle primordial joué par Marguerite dans la carrière de son père, de même qu’à ses propres incursions dans le domaine de la peinture puis de la mode.

« Moi je suis faite de la substance des guerriers, des ardents », écrivait Marguerite en 1943. Son courage et son intégrité indomptables s’illustrent au cours de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’elle est arrêtée puis torturée pour faits de résistance. Les derniers portraits datent de 1945, alors que le peintre découvre, bouleversé, les immenses dangers et souffrances endurés par sa fille. Poignante, cette ultime série de dessins et lithographies fait écho à un ensemble de portraits tout aussi émouvants que Matisse réalise de son petit-fils Claude, enfant unique de Marguerite, au cours de ces années sombres.

En fin d’exposition, une projection vidéo conçue par la réalisatrice Elisabeth Kapnist retrace la vie de Marguerite par-delà l’art et la carrière de son père, à partir de dizaines de photographies d’archives. 

Préfacé par Barbara Duthuit dont le soutien a été déterminant, le catalogue s’appuie sur plusieurs années de recherche dans les Archives Matisse, et complète l’exposition en apportant des éléments plus approfondis sur la vie de Marguerite et l’œuvre de son père, ainsi que des extraits inédits de la correspondance entre père et fille. Publiée par les Editions Grasset, la première biographie de Marguerite Matisse, écrite par Isabelle Monod-Fontaine, spécialiste mondialement reconnue de l’œuvre du peintre, et Hélène de Talhouët, paraît également à l’occasion de l’exposition.

Parallèlement à l’exposition, une expérience de réalité virtuelle réalisée par TSVP et Lucid Realities est proposée autour de La Danse de Matisse, chef d’œuvre des collections du Musée d’Art Moderne de Paris.

Musée d’Art Moderne de Paris
11 Avenue du Président Wilson 75116 Paris

27/08/23

Nicolas de Staël @ MAM Paris + Fondation de l'Hermitage, Lausanne

Nicolas de Staël
Musée d’Art Moderne de Paris
15 septembre 2023 - 21 janvier 2024
Fondation de l'Hermitage, Lausanne
9 février - 9 juin 2024

Le Musée d’Art Moderne de Paris consacre une grande rétrospective à Nicolas de Staël (1914-1955), figure incontournable de la scène artistique française d’après-guerre. Vingt ans après celle organisée par le Centre Pompidou en 2003, l’exposition propose un nouveau regard sur le travail de l’artiste, en tirant parti d’expositions thématiques plus récentes ayant mis en lumière certains aspects méconnus de sa carrière (Antibes en 2014, Le Havre en 2014, Aix-en-Provence en 2018).

La rétrospective rassemble une sélection d’environ 200 tableaux, dessins, gravures et carnets venus de nombreuses collections publiques et privées, en Europe et aux Etats-Unis. À côté de chefs-d’oeuvre emblématiques tels que le Parc des Princes, elle présente un ensemble important d’œuvres rarement, sinon jamais, exposées, dont une cinquantaine montrées pour la première fois dans un musée français.

Organisée de manière chronologique, l’exposition retrace les évolutions successives de l’artiste, depuis ses premiers pas figuratifs et ses toiles sombres et matiérées des années 1940, jusqu’à ses tableaux peints à la veille de sa mort prématurée en 1955. Si l’essentiel de son travail tient en une douzaine d’années, Staël ne cesse de se renouveler et d’explorer de nouvelles voies : son « inévitable besoin de tout casser quand la machine semble tourner trop rond » le conduit à produire une œuvre remarquablement riche et complexe, « sans esthétique a priori ». Insensible aux modes comme aux querelles de son temps, son travail bouleverse délibérément la distinction entre abstraction et figuration, et apparaît comme la poursuite, menée dans l’urgence, d’un art toujours plus dense et concis : « c’est si triste sans tableaux la vie que je fonce tant que je peux », écrivait-il. La rétrospective permet de suivre pas à pas cette quête picturale d’une rare intensité, en commençant par ses voyages de jeunesse et ses premières années parisiennes, puis en évoquant son installation dans le Vaucluse, son fameux voyage en Sicile en 1953, et enfin ses derniers mois à Antibes, dans un atelier face à la mer.

La biographie de Staël a d’emblée créé un mythe autour de son art : de son exil après la Révolution russe jusqu’à son suicide tragique à l’âge de 41 ans, la vie du peintre n’a cessé d’influer sur la compréhension de son œuvre. Sans négliger cette dimension mythique, la rétrospective entend rester au plus près des recherches graphiques et picturales de Staël, afin de montrer avant tout un peintre au travail, que ce soit face au paysage ou dans le silence de l’atelier. Enfant exilé devenu voyageur infatigable, l’artiste est fasciné par les spectacles du monde et leurs différentes lumières, qu’il se confronte à la mer, à un match de football, ou à un fruit posé sur une table. Variant inlassablement les outils, les techniques et les formats (du tableautin à la composition monumentale), Staël aime « mettre en chantier » plusieurs toiles en parallèle, les travaillant par superpositions et altérations successives. Le dessin joue, dans cette exploration, un rôle prépondérant dont une riche sélection d’œuvres sur papier souligne le caractère expérimental.

Un extrait du documentaire Nicolas de Staël de François Lévy-Kuentz, co-écrit avec Stéphane Lambert et produit par Martin Laurent, Temps Noir sera présenté en permanence dans les salles de l’exposition et diffusé dans son intégralité sur Arte le 24 septembre 2023 à 20h05 et sur arte.tv.

Le catalogue de l’exposition permet d’approfondir encore la connaissance du travail du peintre, grâce à des textes sur sa relation aux maîtres du passé et à son contemporain Georges Braque, ou encore son rapport au paysage et à la nature morte. Le catalogue contient également un entretien des commissaires avec Anne de Staël, fille aînée de l’artiste, ainsi que le texte intégral et inédit du « Journal des années Staël » de Pierre Lecuire, écrivain, éditeur et ami proche de Staël.

Exposition organisée par le Musée d'Art Moderne de Paris / Paris Musées en collaboration avec la Fondation de l'Hermitage, Lausanne.

Commissariat : Charlotte Barat-Mabille et Pierre Wat

MUSÉE D'ART MODERNE DE PARIS
11 Avenue du Président Wilson, 75116 Paris

12/10/21

Anni et Josef Albers @ Musée d'Art Moderne de Paris - L'art et la vie

Anni et Josef Albers
L'art et la vie
MAM - Musée d'Art Moderne de Paris
Jusqu'au 9 janvier 2022

Josef et Anni Albers
Josef et Anni Albers 
dans le jardin de la maison des maîtres 
au Bauhaus, Dessau, vers 1925 
Photographe anonyme 
© The Josef and Anni Albers Foundation 

Le Musée d'Art Moderne de Paris présente une exposition inédite consacrée à Anni et Josef Albers, rassemblant plus de trois cent cinquante oeuvres (peintures, photographies, meubles, oeuvres graphiques et textiles) significatives du développement artistique des deux artistes.

Au-delà de la présentation très complète de leurs créations respectives, il s'agit de la première exposition en France dédiée au couple formé par les deux artistes. C'est en effet ce lien intime et très complice qui leur a permis, tout au long de leur vie, de se soutenir, de se renforcer mutuellement, dans un dialogue permanent et respectueux. Ils ont non seulement produit une œuvre considérée aujourd'hui comme la base du modernisme, mais ont aussi imprégné toute une nouvelle génération d'artistes de leurs valeurs éducatives.

Anni Albers (née Annelise Fleischmann, 1899-1994) et Josef Albers (1888-1976) se rencontrent en 1922 au Bauhaus et se marient trois ans plus tard. Ils partagent d’emblée la conviction que l’art peut profondément transformer notre monde et doit être au cœur de l’existence humaine : 
« Les oeuvres d’art nous apprennent ce qu’est le courage. Nous devons aller là où personne ne s’est aventuré avant nous. » - Anni Albers
Dès le début de leur travail, les deux artistes placent ainsi la fonction de l’art au coeur de leur réflexion. Ils adhèrent non seulement à la revalorisation de l’artisanat et aux atouts de la production industrielle (Bauhaus) pour rendre possible la démocratisation de l’art, mais ils estiment aussi que la création joue un rôle essentiel dans l’éducation de chaque individu. Ils ne cessent de démontrer, en tant qu’artistes mais aussi enseignants, l’impact incommensurable de l’activité artistique sur la réalisation de soi et, plus largement, sur la relation avec les autres. Forts de ces valeurs, ils cherchent à amener leurs élèves vers une plus grande autonomie de réflexion et à une prise de conscience de la subjectivité de la perception. Selon eux, l’enseignement ne se réduit pas à transmettre un savoir théorique déjà écrit mais consiste au contraire à susciter constamment des interrogations nouvelles : d’abord par l’observation sensible du monde – visuel et tactile – qui nous entoure ; puis par la découverte empirique que comporte l’expérimentation créatrice avec les matériaux à portée de main, sans préjuger de leurs valeurs esthétiques. 
« Apprenez à voir et à ressentir la vie, cultivez votre imagination, parce qu’il y a encore des merveilles dans le monde, parce que la vie est un mystère et qu’elle le restera. Mais soyons-en conscients. » - Josef Albers
L’exposition s’ouvre sur deux œuvres emblématiques de chaque artiste, illustrant d’emblée, tel un prologue, les valeurs formelles et spirituelles qui relient le couple. Puis elle suit, de manière chronologique, les différentes étapes de leur vie. Une première section rassemble leurs productions, riches et variées, issues du Bauhaus, de 1920 à 1933. Le départ du couple pour les États Unis en 1933 marque le début de la deuxième section, dédiée aux oeuvres réalisées au Black Mountain College. Puis deux autres temps forts de la visite s’attachent à présenter une sélection pointue de Pictorial Weavings de Anni Albers et de Homages to the Square de Josef Albers. Enfin, la dernière partie de l’exposition est consacrée au travail graphique d'Anni Albers, initié avec Josef Albers dans les années soixante et qu’elle va poursuivre jusqu’à la fin de sa vie.

Une salle, spécifiquement dédiée à leurs rôles respectifs en tant que professeurs, permet aux visiteurs, grâce à d’exceptionnels films d’archives, de se glisser dans la peau des étudiants et de suivre un cours « en direct ». Un grand nombre de documents (photographies, lettres, carnets de notes, cartes postales, etc.), réunis avec l’aide de la Fondation Josef et Anni Albers, permet également de contextualiser le travail des deux artistes.

L'exposition est organisée en étroite collaboration avec The Josef and Anni Albers Foundation à Bethany, Connecticut.

Elle sera également présentée à l'IVAM (Instituto Valenciano de Arte Moderno) à Valencia, Espagne, du 17 février au 20 juin 2022.

Un catalogue est publié aux éditions Paris Musées (272 pages, 45 €).

Commissaire
Julia Garimorth, assistée de Sylvie Moreau-Soteras

Comité scientifique
Nicholas Fox Weber, directeur de la Josef and Anni Albers Foundation, Bethany, Connecticut
Heinz Liesbrock, directeur du Josef Albers Museum Quadrat, Bottrop, Allemagne

A voir également au MAM l'exposition Les Flammes. L'Âge de la céramique 

MUSÉE D’ART MODERNE DE PARIS
11 Avenue du Président Wilson, 75116 Paris

18/06/20

Sarah Moon @ Musée d'Art Moderne de Paris - PasséPrésent

Sarah Moon, PasséPrésent
Musée d'Art Moderne de Paris
Réouverture du musée : 7 juillet
Jusqu'au 16 août 2020

Sarah Moon
SARAH MOON
Yohji Yamamoto II, 1996
© Sarah Moon
« C’est à la fois pour m’approcher et m’échapper de la réalité qu’instinctivement j’ai regardé à travers l’objectif d’un appareil photographique. » – Sarah Moon
Le Musée d’Art Moderne de Paris présente l’exposition « PasséPrésent » autour de l’oeuvre de SARAH MOON. Reconnue comme une grande photographe de mode, active en France et à l’étranger depuis la fin des années soixante, ses réalisations débordent pourtant ce seul domaine, et l’exposition souhaite faire découvrir la singularité de son travail, tant photographique que cinématographique, oscillant entre reflets et transparence, mirages et obscurité.

Dans le prolongement de sa carrière de mannequin, au début des années soixante, Sarah Moon commence à pratiquer la photographie en autodidacte et reçoit ses premières commandes. En 1968, sa collaboration avec Corinne Sarrut pour l’image de la marque Cacharel bénéficie d’un écho international dans la photographie de mode, dominée par les hommes. Elle façonne un imaginaire immédiatement reconnaissable au fil de ses campagnes, affiches et magazines. Les femmes qui peuplent ses photographies semblent suspendues dans le cours d’un récit où affleurent les références littéraires et cinématographiques.

En 1985, à la mort de son assistant, Mike Yavel, Sarah Moon développe une pratique personnelle, au-delà des commandes qui continuent d’affluer. Des thématiques apparaissent de façon rémanente dans ses photographies, à travers une recherche perpétuelle de l’imprévisible et de l’instant suspendu.

A rebours de tout déroulé chronologique, Sarah Moon a souhaité croiser pour cette exposition les époques, les typologies, les sujets, afin de montrer leurs porosités. Le parcours est constitué autour d’un choix de films, pour la plupart des adaptations de contes populaires, qui forment un fil narratif à partir duquel le visiteur est invité à évoluer. Chaque film – Circus (2002), Le Fil rouge (2005), Le chaperon noir (2010), L’Effraie (2004), Où va le blanc ? (2013) - fonctionne comme une escale autour de laquelle les images s’organisent et s’animent.

L’exposition est complétée par une salle, dans le parcours des collections permanentes, dédiée à ROBERT DELPIRE (1926-2017), qui partagea la vie de Sarah Moon durant quarante-huit ans. Elle présente des photographies, des affiches, des livres, des films, qui restituent les activités plurielles de ce personnage phare de l’histoire culturelle française, l’un de ses plus importants éditeurs, mais aussi directeur artistique de l’agence de publicité Delpire qu’il a créée, et fondateur du Centre National de la Photographie qu’il a dirigé de 1983 à 1996.

Un catalogue comprenant des essais et des témoignages est publié aux Editions Paris Musées.

Commissaire de l'exposition : Fanny Schulmann

MUSEE D'ART MODERNE DE PARIS
11 Avenue du Président Wilson, 75016 Paris
www.mam.paris.fr

13/10/19

Hans Hartung @ Musée d’Art Moderne de Paris - La fabrique du geste - Rétrospective

Hans Hartung, La fabrique du geste
Musée d’Art Moderne de Paris
11 octobre 2019 – 1er mars 2020

A l’occasion de sa réouverture après une année de travaux de rénovation, le Musée d’Art Moderne de Paris présente Hans Hartung, La fabrique du geste.

La dernière rétrospective dans un musée français datant de 1969, il était important de redonner à HANS HARTUNG (1904-1989) toute la visibilité qu’il mérite. L’exposition porte un nouveau regard sur l’ensemble de l’oeuvre de cet artiste majeur du XXe siècle et sur son rôle essentiel dans l’histoire de l’art. Hans Hartung fut un précurseur de l’une des inventions artistiques les plus marquantes de son temps : l’abstraction.

Acteur d’un siècle de peinture, qu’il traverse avec une soif de liberté à la mesure des phénomènes qui viennent l’entraver – de la montée du fascisme dans son pays d’origine l’Allemagne à la précarité de l’après-guerre en France et à ses conséquences physiques et morales – jamais, il ne cessera de peindre.

Le parcours de la rétrospective comprend une sélection resserrée d’environ trois cent oeuvres, provenant de collections publiques et particulières françaises et internationales et pour une grande part de la Fondation Hartung-Bergman. Cet hommage fait suite à l’acquisition du musée en 2017 d’un ensemble de quatre oeuvres de l’artiste.

L’exposition donne à voir la grande diversité des supports, la richesse des innovations techniques et la panoplie d’outils utilisés durant six décennies de production. Hans Hartung, qui place l’expérimentation au coeur de son travail, incarne aussi une modernité sans compromis, à la dimension conceptuelle. Les essais sur la couleur et le format érigés en méthode rigoureuse d’atelier, le cadrage, la photographie, l’agrandissement, la répétition, et plus surprenant encore, la reproduction à l’identique de nombre de ses oeuvres, sont autant de recherches menées sur l’original et l’authentique, qui résonnent aujourd’hui dans toute leur contemporanéité. Hans Hartung a ouvert la voie à certains de ses congénères, à l’instar de Pierre Soulages qui a toujours admis cette filiation.

L’exposition est construite comme une succession de séquences chronologiques sous la forme de quatre sections principales. Composée non seulement de peintures, elle comprend également des photographies, témoignant de cette pratique qui a accompagné l’ensemble de sa recherche artistique. Des ensembles d’oeuvres graphiques, des éditions limitées illustrées, des expérimentations sur céramique, ainsi qu’une sélection de galets peints complètent la présentation et retracent son itinéraire singulier.

Afin de mettre en relief le parcours d’Hans Hartung, en même temps que son rapport à l’histoire de son temps, cette exposition propose des documents d’archives, livres, correspondances, carnets, esquisses, journal de jeunesse, catalogues, cartons d’invitations, affiches, photographies, films documentaires, etc.

Figure incontournable de l’abstraction au XXe siècle, Hans Hartung ne se laisse pas pour autant circonscrire dans ce rôle de précurseur historique, car sa vision d’un art tourné vers l’avenir, vers le progrès humain et technologique, vient nous questionner aujourd’hui encore. Le parcours met en tension et en dialogue ces deux aspects complémentaires qui constituent le fil rouge de cette exposition.

Un catalogue comprenant une quinzaine d’essais et une anthologie de textes est publié aux Éditions Paris Musées.

Commissaire de l'exposition : Odile Burluraux

Musée d’Art Moderne de Paris
11 Avenue du Président Wilson - 75116 Paris
www.mam.paris.fr

30/06/00

Voilà. Le monde dans la tête - Exposition au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Voilà. Le monde dans la tête
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
15 juin - 29 octobre 2000
Voilà : état de fait et ouverture,

Voilà : tentative de retenir un fragment d'humanité,

Voilà : mémoire au présent, sans nostalgie,

Voilà : aventure sensible plutôt que démonstration conceptuelle.

Pour répondre à une demande destinée à célébrer le "millénaire" avec un événement contemporain inhabituel, le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris a souhaité prendre appui sur une initiative d'artistes. Aux côtés de l'équipe du Musée, Christian Boltanski et Bertrand Lavier ont en effet accompagné cette exposition depuis le départ.

Voilà

Le monde dans la tête présente des oeuvres visant à saisir et préserver le réel par diverses méthodes : archivage, compilation, collection, énumération, classement, enregistrement, accumulation... où se croisent données personnelles et destinées collectives.

Voilà

Le monde dans la tête rassemble sur les deux étages d'expositions temporaires du Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, quelque soixante quatre artistes français et internationaux, aux supports multiformes : peinture, sculpture, photographie, installation, vidéo, CD-Rom, site internet, projection, cinéma...

Un supplément aux Inrockuptibles a été préféré au catalogue d'exposition habituel, permettant de donner la parole à des interlocuteurs extérieurs au monde de l'art.
Les artistes de l'exposition :

Georges Adéagbo
Chantal Akerman
Elisabeth Arkhipoff
Oladélé Ajiboyé Bamgboyé
Matthew Barney
Bernd & Hilla Becher
Samuel Beckett / Marin Karmitz
Alighiero Boetti
Christian Boltanski
Claude Closky
Gérard Collin-Thiébaut
Hanne Darboven
Maria Eichhorn
Hans-Peter Feldmann
Robert Filliou
Peter Fischli & David Weiss
Gloria Friedmann
Paul-Armand Gette
Gilbert & George
Dominique Gonzalez-Foerster
Felix Gonzalez-Torres
Douglas Gordon
Renée Green
Joseph Grigely
Johan Grimonprez
Raymond Hains
Yong Ping Huang
Douglas Huebler
H|U|M|B|O|T (collectif)
Pierre Huyghe
Fabrice Hybert
Pierre Joseph
On Kawara
Seydou Keïta
Matthieu Laurette
Bertrand Lavier
Jac Leirner
Zoe Leonard
Claude Lévêque
Marysia Lewandowska & Neil Cummings
Armin Linke
Gilles Mahé
Chris Marker
Bruce Mau
Jonas Mekas
Annette Messager
Jean-Luc Moulène
Jean-Michel Othoniel
Marko Peljhan
Dan Perjovski
Jeff Preiss
Les ready made appartiennent à tout le monde®
Gerhard Richter
Liisa Roberts
Dieter Roth
Jacques Roubaud
Anri Sala
August Sander
Sarkis
Nebojsa Seric-Soba
Pascale Marthine Tayou
Rosemarie Trockel
Tatiana Trouvé
Andy Warhol

Commissariat

Suzanne Pagé et Béatrice Parent
avec Laurence Bossé et Hans Ulrich Obrist 
ainsi que Julia Garimorth et Angéline Scherf, Odile Burluraux et Guislaine Germain 

Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris
11, avenue du Président Wilson, 75116 Paris
Minitel (renseignements) : 36 15 Paris
www.paris.fr