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10/05/25

La Pologne rêvée : 100 Chefs-d’oeuvre du musée national de Varsovie @ Fondation de l'Hermitage, Lausanne

La Pologne rêvée
100 Chefs-d’oeuvre du musée national de Varsovie
Fondation de l'Hermitage, Lausanne
27 Juin - 9 Novembre 2025

ZBIGNIEW PRONASZKO
ZBIGNIEW PRONASZKO
Dans un verger, vers 1909-1910
Huile sur toile, 120,5 x 132 cm
Musée national de Varsovie

STANISLAW WYSPIANSKI
STANISLAW WYSPIANSKI
Jeune fille éteignant une bougie, 1893
Huile sur toile, 65 x 46 cm
Musée national de Varsovie

MICHALINA KRZYZNANOWSKA
MICHALINA KRZYZNANOWSKA
Deux lacs, 1931
Huile sur panneau, 94,8 x 110 cm
Musée national de Varsovie

LEON WYCZOLKOWSKI
LEON WYCZOLKOWSKI
Pêcheur, 1911
Huile sur toile, 101 x 71,5 cm
Musée national de Varsovie

En été 2025, la Fondation de l’Hermitage mettra en lumière la remarquable vitalité artistique de la Pologne des années 1840 jusqu’à 1914, grâce à un partenariat exceptionnel avec le musée national de Varsovie.

Siècle crucial dans la longue histoire du pays – puisque celui-ci disparaît comme état indépendant au profit de la Russie, l’Autriche et la Prusse –, le 19e siècle polonais est celui de la lutte des artistes, des écrivains et des musiciens pour garder vivants les particularismes, les traditions et la langue d’un peuple. À travers la mise en image de l’histoire médiévale et celle des grands monarques, mais également de la célébration de ses paysages, du monde rural, du folklore et des récits mythologiques, les peintres, privés d’académie nationale, créent une iconographie unique célébrant la Pologne indépendante dont ils préparent le retour. Souvent formés dans les académies de Munich, Paris ou Saint-Pétersbourg, ils participent également aux échanges croisés qui nourrissent l’art européen du 19e siècle.

Avec plus de 100 oeuvres emblématiques des plus grands peintres, l’exposition proposera une histoire de l’art polonais à travers ses principaux courants : romantisme, réalisme, impressionnisme, symbolisme, modernisme. L’occasion unique de découvrir les trésors du musée national de Varsovie, et les explorations esthétiques des artistes audacieux·ses qui ont établi le socle de la culture polonaise contemporaine.

JULIAN FALAT
JULIAN FALAT
Paysage d’hiver avec rivière et oiseau, 1913
Huile sur toile, 106 x 135 cm
Musée national de Varsovie

EDWARD OKUN
EDWARD OKUN
Nous et la guerre, 1917-1923
Huile sur toile, 88 x 111 cm
Musée national de Varsovie

WLADYSLAW JAROCKI
WLADYSLAW JAROCKI
Houtsoules dans les Carpates, 1910
Huile sur toile, 201 x 282 cm
Musée national de Varsovie

ARTISTES EXPOSÉ·E·S / EXHIBITED ARTISTS

Lawrence ALMA-TADEMA
Teodor AXENTOWICZ
Wacław BOROWSKI
Olga BOZNAŃSKA
Józef BRANDT
Julian FAŁAT
Stefan FILIPKIEWICZ
Stanisław GAŁEK
Wojciech GERSON
Aleksander GIERYMSKI
Maksymilian GIERYMSKI
Vlastimil HOFMAN
Władysław JAROCKI
Antoni KOZAKIEWICZ
Michalina KRZYŻANOWSKA
Konrad KRZYŻANOWSKI
Ludwik de LAVEAUX
Stanisław LENTZ
Jacek MALCZEWSKI
Stanisław MASŁOWSKI
Jan MATEJKO
Józef MEHOFFER
Edward OKUŃ
Józef PANKIEWICZ
Fryderyk PAUTSCH
Władysław PODKOWIŃSKI
Zbigniew PRONASZKO
Witold PRUSZKOWSKI
Ferdynand RUSZCZYC
Kazimierz SICHULSKI
Alfred Józef SIPIŃSKI
Władysław ŚLEWIŃSKI
Kazimierz STABROWSKI
Jan STANISŁAWSKI
Zofia STRYJEŃSKA
Henryk SZCZYGLIŃSKI
Włodzimierz TETMAJER
Marian WAWRZENIECKI
Wojciech WEISS
Henryk WEYSSENHOFF
Stanisław WITKIEWICZ
Witold WOJTKIEWICZ
Leon WYCZÓŁKOWSKI
Stanisław WYSPIAŃSKI

COMMISSARIAT DE L'EXPOSITION

Agnieszka Lajus, Directrice du musée national de Varsovie

Agnieszka Bagińska, Conservatrice de la peinture polonaise d’avant 1914 au musée national de Varsovie

CATALOGUE

L’exposition est accompagnée d’un ouvrage richement illustré, publié en co-édition avec Snoeck, à Gand.

FONDATION DE L’HERMITAGE, LAUSANNE
Route du Signal 2, 1018 Lausanne

05/03/25

Exposition Alice Pauli @ MCBA, Lausanne - "Alice Pauli. Galeriste, collectionneuse et mécène, Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne + Catalogue

Alice Pauli
Galeriste, collectionneuse et mécène
Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne
14 février - 4 mai 2025
En hommage à la générosité d’Alice Pauli, l’exposition salue le parcours hors norme d’une pionnière. Figures de l’art contemporain international, personnalités de la scène suisse: l’accrochage présente des artistes que cette femme d’exception se réjouissait de voir réuni·e·s.
Plus de 40 artistes présenté.e.s : Magdalena Abakanowicz, Geneviève Asse, Enrico Baj, Balthus, Georg Baselitz, Julius Bissier, Pierrette Bloch, Jagoda Buić, Philippe Cognée, Roberto Crippa, Willem de Kooning, Jim Dine, Jean Dubuffet, Dušan Džamonja, Émilienne Farny, Lucio Fontana, Sam Francis, Alberto Giacometti, Elsi Giauque, Sheila Hicks, Rebecca Horn, Alain Huck, Rolf Iseli, Anselm Kiefer, Maria Łaszkiewicz, Jean Lecoultre, Jean Lurçat, Zbigniew Makowski, Juan Martínez, Louise Nevelson, Nunzio, Alicia Penalba, Giuseppe Penone, Jean-Pierre Pincemin, Arnulf Rainer, Jean Paul Riopelle, Mariette Rousseau-Vermette, Erica Rutherford, Wojciech Sadley, Emil Schumacher, Sean Scully, Pierre Soulages, Louis Soutter, Frank Stella, Miroslav Šutej, Mark Tobey, Maria Helena Vieira da Silva, Rajmund Ziemski.

À sa mort, Alice Pauli (Moutier, 1922 – Lausanne, 2022) institue l’État de Vaud son unique héritier, en faveur du Musée cantonal des Beaux-Arts. L’exposition Alice Pauli. Galeriste, collectionneuse et mécène permet à l’institution d’inviter les publics à découvrir ce nouveau pan de leur patrimoine, et de retracer la trajectoire singulière de cette personnalité lausannoise.

Au fil d’une dizaine de sections thématiques, l’exposition donne les clés contextuelles du parcours de vie d’une femme en avance sur son temps. Aux côtés des œuvres entrées dans la collection du MCBA, des prêts de musées, fondations et collections privées témoignent de l’engagement de la galeriste et collectionneuse en faveur des artistes qu’elles a défendu·e·s et souvent révélé·e·s. Des grands formats d’art textile de Magdalena Abakanowicz, Jagoda Buić ou Jean Lurçat rendent un hommage à celle qui, en compagnie de son époux Pierre Pauli, a contribué au lancement des Biennales internationales de la tapisserie. Les travaux de figures incontournables de l’art contemporain international, parmi lesquelles Louise Nevelson, Giuseppe Penone, Pierre Soulages et Maria Helena Vieira da Silva, font écho aux rencontres faites lors du Salon international de galeries pilotes. Ses relations avec la scène artistique suisse sont illustrées par la présentation d’œuvres de Louis Soutter, Jean Lecoultre et Juan Martínez. Une salle dédiée aux scènes polonaise et yougoslave dans les années 1960 et une autre à l’œuvre d’Alicia Penalba soulignent encore les talents de précurseure d’une femme animée par le désir de partager ses émotions artistiques et sa passion de l’art avec les publics.

LALICE PAULI - BIOGRAPHIE

À la fin des années 1940, Alice Pauli (Moutier, 1922 – Lausanne, 2022), alors commerciale dans le domaine de l’horlogerie, développe un intérêt pour l’art et les expositions. Elle fait ses premiers pas dans le milieu du marché de l’art dès 1954, en s’occupant de la diffusion des tapisseries de Jean Lurçat. Avec son époux Pierre Pauli, elle contribue au lancement des Biennales internationales de la tapisserie qui se tiennent dans les salles du MCBA, au Palais de Rumine.

En 1961, Alice Pauli ouvre une galerie à Lausanne, avenue de Rumine. Souhaitant d’emblée donner un écho international à son activité, elle dédie l’une de ses premières expositions aux lithographies de Sam Francis. Grâce notamment au Salon international de galeries-pilotes au MCBA, elle rencontre de nombreux artistes contemporains étrangers (Maria Helena Vieira da Silva, Mark Tobey, Alicia Penalba, …), dont elle présente l’oeuvre au public lausannois, et promeut des artistes suisses tels que Jean Lecoultre, Catherine Bolle et Juan Martinez. Les projets qu’elle mène avec eux impriment alors à la vie artistique romande un élan exceptionnel et contribuent à la renommée de la Galerie Alice Pauli. Elle participe en même temps aux grandes foires internationales, développant ainsi son activité et son réseau. Rejointe en 1989 par son fils Olivier, Alice Pauli décide de déménager sa galerie dans le quartier du Flon à Lausanne, dans des espaces plus à même d’accueillir des œuvres de grands formats.

Des artistes, dont elle suit le parcours avec passion – nouant parfois des liens d’amitié durables avec eux –, Alice Pauli conserve des œuvres pour sa collection personnelle. Leurs créations, accrochées aux murs de sa maison et installées dans son jardin, l’accompagnent au quotidien et l’aident à surmonter les épreuves douloureuses de la vie.

Alice Pauli et le MCBA

Dans les années 1990, Alice Pauli compte parmi les premiers et les plus actifs soutiens d’un projet de construction d’un nouveau musée des beaux-arts. Elle poursuit son engagement en contribuant au financement du nouveau bâtiment inauguré en 2019 sur le site de Plateforme 10. Pour orner son hall, elle offre une sculpture monumentale de Giuseppe Penone. Puis elle enrichit régulièrement sa collection d’art contemporain international par le don d’œuvres d’art majeures, notamment de Pierre Soulages, Anselm Kiefer, Louise Nevelson, William Kentridge, Rebecca Horn ou encore Anish Kapoor.

Commissariat: Camille Lévêque-Claudet, conservateur art ancien et moderne, MCBA

Alice Poli, Galleriste, Collectionneuse et Mécène
Alice Pauli
Galeriste, Collectionneuse, Mécène
Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne  
Fage éditions, Lyon, 2025
Publication: Camille Léveque-Claudet avec des textes de Magali Junet, Alice Pauli. Galeriste, collectionneuse et mécène, Lausanne, Musée cantonal des Beaux-Arts, Lyon, Fage éditions, 2025, 200 p. fr., CHF 32.–
Musée cantonal des Beaux-Arts - Lausanne
Platerforme 10
Place de la Gare 16, 1003 Lausanne 

05/10/24

Pascal Vonlanthen @ Collection de l’Art Brut, Lausanne

Pascal Vonlanthen
Collection de l’Art Brut, Lausanne
14 juin - 27 octobre 2024

PASCAL VONLANTHEN
rücünesLicht, 2020
Encre de Chine et feutre sur papier
70 x 100 cm
Atelier de numérisation - Ville de Lausanne (AN)
Collection de l'Art Brut, Lausanne

PASCAL VONLANTHEN
sans titre, 2019
Feutre et encre de Chine sur papier
50 x 70 cm
Atelier de numérisation - Ville de Lausanne (AN)
Collection de l'Art Brut, Lausanne

PASCAL VONLANTHEN
sans titre, 2019
Encre de Chine sur papier, 50 x 70 cm
Atelier de numérisation - Ville de Lausanne (AN)
Collection de l'Art Brut, Lausanne

PASCAL VONLANTHEN
sans titre, 2020
Encre de Chine sur papier, 70 x 50 cm
Atelier de numérisation - Ville de Lausanne (AN)
Collection de l'Art Brut, Lausanne

Fasciné par la typographie des titres et l’agencement des textes, PASCAL VONLANTHEN recopie à sa façon les pages de journaux, de magazines ou de dépliants publicitaires. Ne maîtrisant pas la lecture, il s’approprie les codes d’un langage qu’il n’est pas en mesure de décrypter. En une dizaine d’années, il a ainsi créé un corpus original d’écritures asémiques, dépourvues de syntaxe, mais dotées d’une grande puissance formelle.

Si au début, les lettres tracées dans ses compositions ont une certaine ressemblance avec celles du modèle imprimé, et permettent parfois de reconnaître l’incipit d’un article, très vite la lecture bute sur des lettres inversées, des chiffres épars, une suite qui défie la logique, des lignes qui s’étirent sans espaces entre les mots et sans ponctuation, ou une même lettre qui se répète de manière de plus en plus abstraite. À la rigidité des caractères typographiques Pascal Vonlanthen oppose une calligraphie qui s’étale par vagues ou par colonnes dans un mouvement ondulatoire. Son écriture se déploie avec une sorte de logique grégaire : la forme de chaque lettre influence la suivante, et chaque ligne s’accorde sur le mouvement de celle qui la précède, dans une dynamique qui rappelle le vol des étourneaux. Parfois, des masses abstraites comme des nuages imposent leur volume ; ailleurs, lettres et images se partagent la composition et l’écriture devient aussi figurative, grâce à la présence d’animaux ou de formes embryonnaires. L’auteur alterne les petits formats au feutre noir ou coloré à la pointe fine, et les grands au marqueur sur papier ou carton d’emballage, jusqu’à atteindre la démesure avec un rouleau de huit mètres de long.

À une époque où les moyens de communication envahissent notre existence avec leur flux continu d’informations, l’élégance purement visuelle et silencieuse des écritures de Pascal Vonlanthen exerce un attrait irrésistible qui transcende les frontières linguistiques.

Né à Rossens, un village du canton de Fribourg, en Suisse, Pascal Vonlanthen (1957) a grandi à la campagne. Depuis 1998, il fréquente l’atelier CREAHM situé dans ce même canton. Pendant les quinze premières années de son activité artistique, le monde de la ferme a été sa principale source d’inspiration. Dans ses dessins au crayon gris ou au pastel, poules, vaches et lapins, outils et ustensiles divers se retrouvent alignés comme les caractères d’une écriture imagée. C’est à partir de 2014 que ses œuvres sont devenues plus graphiques.

Après avoir fait l’acquisition de neuf œuvres de Pascal Vonlanthen, entre 2020 et 2021, la Collection de l’Art Brut présente pour la première fois un large ensemble de ses créations dans le cadre de cette exposition monographique.

Commissariat : Teresa Maranzano, historienne de l’art.

COLLECTION DE L'ART BRUT, LAUSANNE
11, avenue des Bergières, 1004 Lausanne

01/10/24

Clemens Wild @ Collection de l’Art Brut, Lausanne

Clemens Wild
Collection de l’Art Brut, Lausanne
14 juin - 27 octobre 2024

CLEMENS WILD
Sam, 2016
Acrylique, feutre, mine de plomb
et crayon de couleur sur papier
219 x 99,5 cm
Atelier de numérisation - Ville de Lausanne (AN)
Collection de l'Art Brut, Lausanne

CLEMENS WILD
Anjuli, 2016
Acrylique, feutre, mine de plomb
et crayon de couleur sur papier
210,5 x 99,5 cm
Atelier de numérisation - Ville de Lausanne (AN)
Collection de l'Art Brut, Lausanne

Elles s’appellent Babsi, Sam ou Uschi. Ce sont les protagonistes des peintures de CLEMENS WILD. Leurs silhouettes et leurs poses, avec cigarettes, coiffures et tenues colorées, composent une galerie de femmes au destin cabossé, mais dignes et sans complexes. Elles partagent des métiers humbles, une position sociale précaire, des origines lointaines, et racontent leur histoire, leurs tracas, leurs ambitions et leurs loisirs.

Clemens Wild permet aux femmes qui travaillent dans l’ombre de sortir de l’invisibilité sociale. Solidaire, l’auteur a lui-même connu la marginalisation. Il vit depuis 1982 à la Humanushaus, une résidence sociale anthroposophique située près de Berne (Suisse). C’est en observant les femmes qui travaillent dans la cuisine, les appartements et les ateliers de cette institution pour personnes en situation de handicap que l’idée lui est venue de leur rendre hommage.

CLEMENS WILD
Romy, 2013
Acrylique, feutre, mine de plomb
et crayon de couleur sur papier
198,5 x 75 cm
Atelier de numérisation - Ville de Lausanne (AN)
Collection de l'Art Brut, Lausanne

CLEMENS WILD
Mila, Walpurga, Sabine, 2021
Mine de plomb, crayon de couleur,
feutre et peinture acrylique sur papier
210,5 x 99,5 cm
Atelier de numérisation - Ville de Lausanne (AN)
Collection de l'Art Brut, Lausanne

Issu d’une famille de libraires, Clemens Wild (1964) cultive depuis l’enfance la passion pour le dessin et les récits imaginaires. Les fictions qu’il se plaît à écrire et dessiner sont pour lui une manière d’appréhender le monde qui l’entoure. Parmi les femmes qui composent sa galerie, certaines reviennent régulièrement depuis une quarantaine d’année. L’auteur les représente de manière frontale et statique, ou en train d’accomplir des tâches quotidienne sur leurs lieux de travail : cuisine, WC, ateliers, etc. Elles bavardent à la pause-café, attendent à l’arrêt de bus. Clemens Wild prend soin de leur donner une personnalité unique : leurs tenues n’obéissent jamais aux normes des habits de travail standardisés, mais diffèrent les unes des autres, tout en restant réalistes et fonctionnelles. Aucun détail n’échappe à son sens de l’observation, entraîné depuis des années au sein du microcosme de l’Humanushaus.

L’auteur exploite toutes sortes de formats et de supports qu’il récupère : papier Kraft, feuilles A4, couvercles de boîtes en carton ou petits sacs en papier. Il rédige aussi des textes dans lesquels les sujets féminins se présentent. En plus de donner vie à chaque personnage, ces calligraphies au feutre noir dialoguent avec l’image et la complètent, en lui conférant un fort impact visuel.

Depuis 2012, Clemens Wild fréquente l’atelier bernois Rohling. Grâce à l’infrastructure dont il dispose sur place, aux rencontres avec d’autres artistes, aux expositions et aux voyages auxquels il participe, sa pratique artistique a pris de l’ampleur, elle est devenue plus complexe, et sa critique sociale s’est aiguisée.

La Collection de l’Art Brut, qui a fait l’acquisition de douze œuvres de Clemens Wild en 2024, présente pour la première fois un large ensemble de ses créations, dans le cadre de cette exposition monographique.

Commissariat : Teresa Maranzano, historienne de l’art

COLLECTION DE L'ART BRUT, LAUSANNE
11, avenue des Bergières, 1004 Lausanne

07/07/24

Chefs-d’oeuvre du Musée Langmatt, Boudin, Renoir, Cézanne, Gauguin… @ Fondation de l'Hermitage, Lausanne

Chefs-d’oeuvre du Musée Langmatt
Boudin, Renoir, Cézanne, Gauguin…
Fondation de l'Hermitage, Lausanne
28 juin - 3 novembre 2024

En 2024, la Fondation de l’Hermitage fête ses 40 ans et présente une exposition exceptionnelle en partenariat avec le Museum Langmatt de Baden. Constituée des trésors – majoritairement impressionnistes – rassemblés pour l’essentiel entre 1908 et 1919 par le couple de collectionneurs Jenny et Sidney Brown, cette somptueuse collection, habituellement montrée à la Villa Langmatt, fera escale à l’Hermitage pour sa première présentation hors-les-murs. Quarante ans après son exposition inaugurale L’impressionnisme dans les collections romandes, la Fondation dévoiler ainsi l’une des plus prestigieuses collections impressionnistes de Suisse allemande. Cette présentation-événement permet aussi de célébrer les 150 ans de l’impressionnisme, qui s’est cristallisé en 1874 autour de la première exposition collective d’un groupe de jeunes artistes indépendants, adeptes d’une « nouvelle peinture ».

Tous deux issus de familles de grands entrepreneurs basés à Winterthour, Jenny Sulzer (1871-1968) et Sidney Brown (1865-1941) se marient en 1896. C’est pendant leur voyage de noces à Paris qu’ils achètent leur première oeuvre, un paysage d’Eugène Boudin représentant des lavandières près de Trouville. Ce tableau scelle d’emblée un attrait pour la peinture française, et en particulier pour la couleur et les effets de lumière.

Au tournant du 20e siècle, les Brown effectuent maints voyages pour découvrir la création de leur temps et soutenir des artistes. Dominée par les paysages et les natures mortes, la collection réunit des oeuvres de Pierre Bonnard, Eugène Boudin, Mary Cassatt, Camille Corot, Paul Cézanne, Edgar Degas, Henri Fantin-Latour, Paul Gauguin, Henri Matisse, Claude Monet, Camille Pissarro, Odilon Redon, Pierre-Auguste Renoir, ou encore Alfred Sisley, constituant ainsi l’une des premières et plus significatives collections impressionnistes de Suisse.

Ces chefs-d’oeuvre sont désormais conservés à la Villa Langmatt, que le couple a fait construire dans le style Art nouveau par l’architecte Karl Moser (1860-1936) entre 1899 et 1901. La demeure, inspirée de l’architecture rurale anglaise, est actuellement fermée pour d’importants travaux de rénovation. L’exposition de la collection Langmatt à la Fondation de l’Hermitage réunit plus de 60 oeuvres parmi les plus remarquables de cet ensemble : une occasion unique d’admirer ces trésors hors de leur écrin habituel. L’exposition fera ensuite étape au Wallraf-Richartz-Museum & Fondation Corboud, à Cologne, puis à la Österreichische Galerie Belvedere, à Vienne.

ARTISTES EXPOSÉ·E·S

Pierre BONNARD (1867-1947)
Eugène BOUDIN (1824-1898)
Eugène CARRIÈRE (1849-1906)
Camille COROT (1796-1875)
Mary CASSATT (1844-1926)
Paul CÉZANNE (1839-1906)
Gustave COURBET (1819-1877)
Edgar DEGAS (1834-1917)
Julius EXTER (1863-1939)
Henri FANTIN-LATOUR (1836-1904)
Jean-Honoré FRAGONARD (1732-1806)
Paul GAUGIN (1848-1903)
Henri MATISSE (1869-1954)
Claude MONET (1840-1926)
Max OPPENHEIMER (1885-1954)
Camille PISSARRO (1830-1903)
Odilon REDON (1840-1916)
Pierre-Auguste RENOIR (1841-1919)
Alfred SISLEY (1839-1899)
Victor VIGNON (1847-1909)

COMMISSARIAT
Sylvie Wuhrmann, Directrice de la Fondation de l’Hermitage
Aurélie Couvreur, Conservatrice de la Fondation de l’Hermitage
Corinne Currat, Conservatrice adjointe de la Fondation de l’Hermitage

CATALOGUE
L’exposition est accompagnée d’un ouvrage richement illustré, placé sous la direction de Markus Stegmann, directeur du Musée Langmatt, et publié en co-édition avec les éditions Snoek à Gand.

FONDATION DE L’HERMITAGE 
Route du Signal 2, 1018 Lausanne 

31/03/24

Exposition Man Ray @ Photo Elysée, Lausanne - "Man Ray : Libérer la photographie"

Man Ray : Libérer la photographie
Photo Elysée, Lausanne
29 mars - 4 août 2024

Photo Elysée, Lausanne
Vue de l'installation Man-Ray au Musée de l'Elysée
© Khashayar-Javanmardi - Photo-Elysée - Plateforme 10

Photo Elysée, Lausanne
Vue de l'installation Man-Ray au Musée de l'Elysée
© Khashayar-Javanmardi - Photo-Elysée - Plateforme 10

« Être totalement libéré de la peinture et de ses implications esthétiques », tel est le premier but avoué de Man Ray (États-Unis, 1890-1976) qui débute sa carrière en tant que peintre. La photographie constitue une des ouvertures importantes de l’art moderne. Elle suscite alors une remise en question des notions de représentation. C’est dans les années 1920 et 1930 que le médium photographique s‘impose dans les avant-gardes et que Man Ray se fait rapidement remarquer par sa virtuosité. Portraitiste de studio, photographe de mode, mais aussi artiste expérimental ayant exploré les potentiels de la photographie avec les personnalités de son entourage, Man Ray apparaît comme une figure aux facettes multiples. Considéré comme l’un des artistes majeurs du XXe siècle, proche de dada, puis du surréalisme, il photographie le cercle artistique présent à Paris dans l’entre-deux-guerres. 

Réalisée à partir d’une collection privée, l’exposition explore les sociabilités multiples de l’artiste, tout en présentant certaines de ces oeuvres les plus emblématiques. En plus de présenter un éblouissant who’s who de l’avant-garde parisienne, les oeuvres mettent également en évidence les innovations en matière de photographie que Man Ray a réalisées à Paris dans les années 1920 et 1930.

Il réalise ses premières photographies à New York dans les années 1910, mais c’est à Paris que sa carrière décolle. Avant même d’ouvrir son studio en 1922 à Montparnasse, Man Ray opère durant une année dans sa chambre d’hôtel. La réputation du photographe grandit. Rapidement, l’atelier de l’artiste foisonne. Aux photographies de mode se mêlent les portraits des figures artistiques de l’époque qui font rayonner Paris : Marcel Duchamp, rencontré à New York en 1915 et qui l’introduit à l’élite artistique parisienne, Robert Delaunay, Georges Braque, Alberto Giacometti, Pablo Picasso, nombreux sont les peintres à poser pour le photographe. Parmi ses portraits, on trouve également les danseuses des Ballets russes ou les invités au bal du comte de Beaumont. Man Ray a su s’introduire, dès son arrivée à Paris en été 1921, au coeur de l’intelligentsia parisienne des Années folles. C’est ainsi qu’il rencontre Jean Cocteau, qui était lui-même très connecté, André Breton mais aussi Francis Picabia, Joan Miró, Salvador Dalí, Henri Matisse et Max Ernst. Il rencontre également Gertrude Stein, Virginia Woolf, Igor Stravinsky, Ernest Hemingway, Arnold Schoenberg et James Joyce qu’il photographie pour la librairie anglo‑américaine Shakespeare and Company. Man Ray ne s’est pas contenté de faire poser des célébrités dans son atelier ou d’explorer le genre du nu féminin en travaillant avec celles qu’il considère comme ses muses, Lee Miller, Kiki de Montparnasse, Meret Oppenheim ou Adrienne Fidelin.

Man Ray a aussi expérimenté dans la chambre noire, transformant le médium photographique en un puissant outil d’expression artistique, allant même jusqu’à supprimer l’usage de l’appareil photographique lorsqu’il se met à créer en 1921‑1922 des photogrammes, qu’il nomme d’après son nom « rayographes ». Il explique alors que ce travail en chambre noire avec la lumière lui permet de se libérer de la peinture tant il est convaincu de la puissance visuelle de ses expérimentations. Dans les années 1920 également, il s’essaie à l’image en mouvement et réalise quatre films. Le rythme et la liberté que le cinéma lui offre complètent alors sa production photographique, voyant en outre une relation étroite entre le film et la poésie. C’est la raison pour laquelle il donne à son film Emak Bakia (1926) le titre supplémentaire de « cinépoème ». Sans jamais abandonner le portrait, il s’essaie à d’autres techniques dans les années 1930 : la solarisation, la surimpression et autres distorsions.

Dès ses débuts, la photographie va au-delà d’un simple processus de reproduction. Chez lui, les images ne sont pas prises de manière fugace, mais minutieusement réalisées en intérieur. Contrairement à Henri Cartier-Bresson qui opte pour le geste spontané et qui voit dans la rue un terrain de jeu privilégié, Man Ray compose et met en scène ses photographies. Le studio lui fournit un espace qui lui permet d’explorer son imaginaire. On retrouve dans l’oeuvre certains thèmes chers aux surréalistes : la féminité, la sexualité, l’étrangeté, la frontière entre le rêve et la réalité. Ses études de nus s’inscrivent dans ses recherches artistiques qu’il développe en collaboration étroite avec ses compagnes appartenant comme lui à la scène artistique parisienne. Kiki de Montparnasse – la femme aux ouïes de violon dans le dos – s’appelait Alice Prin et était une danseuse, chanteuse, actrice et peintre, qui posait pour des artistes comme Chaïm Soutine et Kees van Dongen. Lee Miller, une compatriote arrivée comme lui de New York, avait commencé une carrière de mannequin aux États-Unis mais voulait passer de l’autre côté de l’appareil. Âgée de 22 ans, elle rencontre le photographe à Paris en 1929 et participe aux activités des surréalistes. Plus qu’une muse, elle devient sa collaboratrice, s’initiant à ses côtés à la photographie. Ensemble, ils découvrent la technique de la solarisation. Une autre artiste, avec qui Man Ray entretient une relation professionnelle et romantique, est la Suissesse Meret Oppenheim, qui était alors proche du cercle des surréalistes avant de poursuivre une carrière d’artiste en toute indépendance.

Man Ray aimait la liberté que lui offraient ses créations photographiques, les portraits et la photographie de mode lui permettaient de gagner sa vie. C’est au sein de son studio qu’il se lance dans différentes expérimentations visuelles. Ses portraits, de facture relativement classique, témoignent, outre de son succès commercial, de sa grande sociabilité. Les artistes de Montparnasse, les surréalistes, les gens de la mode ou de la nuit, les mécènes, les Américains à Paris, tout le gratin artistique passent par son atelier, comme ce fut le cas au XIXe siècle chez Nadar. Près de cinquante ans après la mort de Man Ray, ses photographies continuent de fasciner. Son impact sur l’histoire du médium est indéniable et des photographes aussi importants que Berenice Abbott, Bill Brandt ou Lee Miller vont apprendre la photographie à son contact. Man Ray reste l’un des photographes les plus célèbres du XXe siècle. Il n’a cessé de créer, sans préjugés ni contraintes.

PHOTO ELYSEE
Musée cantonal pour la photographie
Place de la Gare 17 –1003 Lausanne

30/12/23

Théophile-Alexandre Steinlen @ MCBA, Lausanne - Exposition "Steinlen. Coups de griffe et patte de velours"

Steinlen 
Coups de griffe et patte de velours
MCBA, Lausanne
Jusqu'au 18 février 2024

Théophile-Alexandre Steinlen
Théophile-Alexandre Steinlen
Le Petit Sou, 1900
Lithographie en couleurs sur papier, 135 × 96 cm
MCBA. Donation Paul et Tina Stohler, 2021
Photo : MCBA

Théophile-Alexandre Steinlen
Théophile-Alexandre Steinlen
Passé le détroit. Dessin pour Gil Blas illustré, 1895
Encre de Chine et pastel sur papier, 37,2 × 32 cm
MCBA. Acquisition, 2022
Photo : MCBA

Théophile-Alexandre Steinlen
Théophile-Alexandre Steinlen
Couverture pour Fernand Vandérem, Asche, 1895
Lithographie en couleurs sur papier, 20 × 26,5 cm
MCBA. Donation Paul et Tina Stohler, 2021
Photo : MCBA

Le Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne (MCBA) célèbre Théophile-Alexandre Steinlen, fabuleux chroniqueur du Paris Belle Époque, mort il y a tout juste 100 ans. L’exposition présente pour la première fois un riche ensemble d’oeuvres issues de la donation Paul et Tina Stohler.

Dessinateur, graveur, caricaturiste, illustrateur, affichiste, peintre et sculpteur, Théophile-Alexandre Steinlen (1859-1923) met ses talents d’observateur de la société au service de son militantisme : « – À quoi bon prêcher ? Il faut agir. Le monde ne va pas ainsi qu’il devrait aller… ». Né à Lausanne et installé à Paris dès 1881, il rejoint les artistes du cabaret littéraire Le Chat noir et devient un contributeur régulier de leur revue, conquérant rapidement la réputation d’un des meilleurs illustrateurs de son temps. Ses dessins, amusants ou mordants, envahissent les pages des revues enfantines, du Mirliton d’Aristide Bruant et surtout du Gil Blas illustré, son gagne-pain. Il fournit aussi avec la même productivité des sujets socialisants et contestataires à des journaux engagés tels Le chambard socialiste, L’assiette au beurre, ou La feuille. Toujours du côté du petit peuple, il dénonce les injustices et les violences, en particulier avec ses célèbres estampes de la Première Guerre mondiale qui décrivent l’épouvantable boucherie des tranchées. Cette face publique est la plus connue et lui assure une réputation internationale, mais Steinlen est aussi le peintre de l’intime. Dans le cercle familial, il croque avec tendresse ses proches, ses modèles et ses chats, livrant des dessins et des estampes qui révèlent son beau tempérament, son regard compatissant et sans préjugés, son adhésion spontanée à la vie dans toutes ses manifestions.

L’exposition présente pour la première fois de nombreuses oeuvres issues de l’exceptionnelle donation des époux Paul et Tina Stohler, fervents admirateurs de l’artiste. Elle instaure un dialogue entre ce riche ensemble et la collection du MCBA qu’il vient enrichir. Coups de griffe et patte de velours : mort il y a tout juste cent ans, Steinlen interpelle et émeut, aujourd’hui comme hier.

Théophile-Alexandre Steinlen
Publication : Catherine Lepdor, Théophile-Alexandre Steinlen. Coups de griffe et patte de velours (FR), 48 p., 41 ill., MCBA, 2023 (coll. Espace Focus, n° 11).
Commissaire de l'exposition : Catherine Lepdor, conservatrice en chef

MCBA LAUSANNE
Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne
Plateforme 10 - Place de la Gare 16 - 1003 Lausanne

Steinlen. Coups de griffe et patte de velours, MCBA, LAUSANNE, 22.9.2023 – 18.2.2024

27/08/23

Nicolas de Staël @ MAM Paris + Fondation de l'Hermitage, Lausanne

Nicolas de Staël
Musée d’Art Moderne de Paris
15 septembre 2023 - 21 janvier 2024
Fondation de l'Hermitage, Lausanne
9 février - 9 juin 2024

Le Musée d’Art Moderne de Paris consacre une grande rétrospective à Nicolas de Staël (1914-1955), figure incontournable de la scène artistique française d’après-guerre. Vingt ans après celle organisée par le Centre Pompidou en 2003, l’exposition propose un nouveau regard sur le travail de l’artiste, en tirant parti d’expositions thématiques plus récentes ayant mis en lumière certains aspects méconnus de sa carrière (Antibes en 2014, Le Havre en 2014, Aix-en-Provence en 2018).

La rétrospective rassemble une sélection d’environ 200 tableaux, dessins, gravures et carnets venus de nombreuses collections publiques et privées, en Europe et aux Etats-Unis. À côté de chefs-d’oeuvre emblématiques tels que le Parc des Princes, elle présente un ensemble important d’œuvres rarement, sinon jamais, exposées, dont une cinquantaine montrées pour la première fois dans un musée français.

Organisée de manière chronologique, l’exposition retrace les évolutions successives de l’artiste, depuis ses premiers pas figuratifs et ses toiles sombres et matiérées des années 1940, jusqu’à ses tableaux peints à la veille de sa mort prématurée en 1955. Si l’essentiel de son travail tient en une douzaine d’années, Staël ne cesse de se renouveler et d’explorer de nouvelles voies : son « inévitable besoin de tout casser quand la machine semble tourner trop rond » le conduit à produire une œuvre remarquablement riche et complexe, « sans esthétique a priori ». Insensible aux modes comme aux querelles de son temps, son travail bouleverse délibérément la distinction entre abstraction et figuration, et apparaît comme la poursuite, menée dans l’urgence, d’un art toujours plus dense et concis : « c’est si triste sans tableaux la vie que je fonce tant que je peux », écrivait-il. La rétrospective permet de suivre pas à pas cette quête picturale d’une rare intensité, en commençant par ses voyages de jeunesse et ses premières années parisiennes, puis en évoquant son installation dans le Vaucluse, son fameux voyage en Sicile en 1953, et enfin ses derniers mois à Antibes, dans un atelier face à la mer.

La biographie de Staël a d’emblée créé un mythe autour de son art : de son exil après la Révolution russe jusqu’à son suicide tragique à l’âge de 41 ans, la vie du peintre n’a cessé d’influer sur la compréhension de son œuvre. Sans négliger cette dimension mythique, la rétrospective entend rester au plus près des recherches graphiques et picturales de Staël, afin de montrer avant tout un peintre au travail, que ce soit face au paysage ou dans le silence de l’atelier. Enfant exilé devenu voyageur infatigable, l’artiste est fasciné par les spectacles du monde et leurs différentes lumières, qu’il se confronte à la mer, à un match de football, ou à un fruit posé sur une table. Variant inlassablement les outils, les techniques et les formats (du tableautin à la composition monumentale), Staël aime « mettre en chantier » plusieurs toiles en parallèle, les travaillant par superpositions et altérations successives. Le dessin joue, dans cette exploration, un rôle prépondérant dont une riche sélection d’œuvres sur papier souligne le caractère expérimental.

Un extrait du documentaire Nicolas de Staël de François Lévy-Kuentz, co-écrit avec Stéphane Lambert et produit par Martin Laurent, Temps Noir sera présenté en permanence dans les salles de l’exposition et diffusé dans son intégralité sur Arte le 24 septembre 2023 à 20h05 et sur arte.tv.

Le catalogue de l’exposition permet d’approfondir encore la connaissance du travail du peintre, grâce à des textes sur sa relation aux maîtres du passé et à son contemporain Georges Braque, ou encore son rapport au paysage et à la nature morte. Le catalogue contient également un entretien des commissaires avec Anne de Staël, fille aînée de l’artiste, ainsi que le texte intégral et inédit du « Journal des années Staël » de Pierre Lecuire, écrivain, éditeur et ami proche de Staël.

Exposition organisée par le Musée d'Art Moderne de Paris / Paris Musées en collaboration avec la Fondation de l'Hermitage, Lausanne.

Commissariat : Charlotte Barat-Mabille et Pierre Wat

MUSÉE D'ART MODERNE DE PARIS
11 Avenue du Président Wilson, 75116 Paris

30/12/21

5e biennale de l’Art Brut, Collection de l'Art Brut, Lausanne : Croyances

5e biennale de l’Art Brut: Croyances
Collection de l'Art Brut, Lausanne
Jusqu'au 1er mai 2022

Noviadi Angkasapura
Noviadi Angkasapura
Sans titre, 2015
Mine de plomb et stylo-bille sur papier, 14,8 x 20,9 cm
Photo : Atelier de numérisation – Ville de Lausanne (AN)
Collection de l’Art Brut, Lausanne

Victor Simon
Victor Simon
Christ-Roi, 1941
Huile sur toile, 59 x 48 cm
Photo : Atelier de numérisation – Ville de Lausanne (AN)
Collection de l’Art Brut, Lausanne

Catherine de Porada
Catherine de Porada
L’union primordiale, entre 1942 et 1950
Gouache sur papier, 26 x 21 cm
Photo : Atelier de numérisation – Ville de Lausanne (AN)
Collection de l’Art Brut, Lausanne

En se plaçant sous le thème des croyances, la 5e biennale de l’Art Brut révèle une nouvelle facette des fonds du musée lausannois. Près de trois cents dessins, peintures, assemblages, sculptures, écrits et broderies dus à quarante-trois auteurs ont été sélectionnés et constituent une sorte d’éventail des possibles, avec aussi bien des illustrations de divinités et de saints, que des compositions abstraites d’un grand raffinement, des peintures à caractère symboliste et des objets rituels. L’exposition invite à faire dialoguer les univers de ces différents créateurs, bien que leurs mondes demeurent uniques et très exclusifs. Les principaux angles d’approche retenus regroupent des œuvres en lien avec la religion, un ensemble de productions dites spirites, une grande pluralité de travaux issus de mythologies personnelles, ainsi que quelques pièces réalisées par des adeptes des sciences occultes ou de la radiesthésie.

Laure Pigeon
Laure Pigeon
 
Pierre, 1964
Encre sur papier, 65 x 50 cm
Photo : Atelier de numérisation – Ville de Lausanne (AN)
Collection de l’Art Brut, Lausanne

Guyodo
Guyodo 
Sans titre, sans date
Stylo à bille sur carton d’emballage, 59 x 40,5 cm
Photo : Atelier de numérisation – Ville de Lausanne (AN)
Collection de l’Art Brut, Lausanne

Michel Nedjar
Michel Nedjar
Sans titre, entre 1976 et 1982 
Assemblage de tissu, racines, papier, fil de fer et
matériaux divers, le tout enduit, haut. : 26,5 cm
Photo : Atelier de numérisation – Ville de Lausanne (AN)
Collection de l’Art Brut, Lausanne

Si nombre d’auteurs d’Art Brut vivent en marge de la société, ils restent néanmoins profondément empreints de religion. Celle-ci tient en effet une place importante dans leur éducation et leur quotidien, et colonise leur imaginaire. Quant aux spirites ou médiums, ils affirment être en relation avec l’au-delà et guidés dans leur pratique artistique par des défunts ou des forces surnaturelles, se soustrayant ainsi à la paternité de leurs travaux. Cependant, c’est bien souvent par modestie ou crainte d’être perçus comme illégitimes que ces autodidactes se retranchent derrière cet alibi. L’exposition présente aussi des créations investies de pouvoirs magiques par leurs auteurs, censées notamment remplir une fonction protectrice ou jouer le rôle de talisman.

Charles Boussion
Charles Boussion
Icône Bernadette, 2015
Feutre, correcteur blanc et collage sur papier glacé 
42 x 29,9 cm
Photo : Atelier de numérisation – Ville de Lausanne (AN)
Collection de l’Art Brut, Lausanne

Giovanni Battista Podestà
Giovanni Battista Podestà
Sans titre, sans date
Peinture sur toile, 60 x 35 cm
Photo : Atelier de numérisation – Ville de Lausanne (AN)
Collection de l’Art Brut, Lausanne

Philippe Ducollet Michaëlef
Philippe Ducollet Michaëlef
Vierges, entre 2006 et 2020
Mine de plomb, encre de Chine et crayon de couleur sur papier
42 x 29,7 cm
Photo : Atelier de numérisation – Ville de Lausanne (AN)
Collection de l’Art Brut, Lausanne

Les auteurs d’Art Brut ne se distinguent pas tant des autres artistes par leurs interrogations métaphysiques, mais bien par les moyens inédits qu’ils inventent et les procédés qu’ils mettent en œuvre pour y répondre et se relier au monde. En quête d’explications sur les fondements de l’être, sur la vie, la mort ou, plus humblement, sur leur propre destin, pour la plupart en rupture de ban avec la société, marginaux ou anticonformistes, ils ne trouvent à priori pas de réponses dans les dogmes et les repères habituels. Ils conçoivent leurs propres croyances, élaborant des théories singulières et construisant des systèmes de pensée originaux. Et, quand ils s’en remettent à des traditions religieuses, ils les réinterprètent en un geste de réappropriation.

Commissariat : Anic Zanzi, conservatrice à la Collection de l’Art Brut

Comte de Tromelin
Comte de Tromelin
Sans titre, ca 1903
Crayon noir sur papier, 32,5 x 24 cm
Photo : Atelier de numérisation – Ville de Lausanne (AN)
Collection de l’Art Brut, Lausanne

Madge Gill
Madge Gill
Sans titre, s.d.
Broderie de laine, 125 x 150 cm
Photo : Atelier de numérisation – Ville de Lausanne (AN)
Collection de l’Art Brut, Lausanne

PUBLICATION

Le n° 5 de la série éditoriale « Art Brut, la collection », intitulé Croyances, accompagne l’exposition et apporte différents éclairages sur la thématique des croyances dans l’Art Brut. Deux éditions séparées (français et anglais). 

Emmanuel Grimaud, Sarah Lombardi et Anic Zanzi 
Croyances, Lausanne/ Milan
Collection de l’Art Brut/ 5 Continents Editions, 2021,
« Art Brut, la collection », sous la direction de Sarah Lombardi,
168 pages, plus de 100 illustrations couleur, disponible en français et en anglais

LISTE DES AUTEURS PRÉSENTÉS DANS L’EXPOSITION

ALOÏSE [CORBAZ]
NOVIADI ANGKASAPURA
CHARLES BOUSSION
MARIE BOUTTIER
FLEURY-JOSEPH CRÉPIN
ANTONIO DALLA VALLE
FERNAND DESMOULIN
JANKO DOMSIC
PHILIPPE DUCOLLET-MICHAËLEF
ELIJAH
MINNIE EVANS
JILL GALLIENI
MADGE GILL
JULES GODI
FENGYI GUO
GUYODO
WERNER HERTIG
AUGUSTIN LESAGE
RAPHAËL LONNÉ
SIMONE MARYE
JOSEPH MOINDRE
EDMUND MONSIEL
MARC MORET
MICHEL NEDJAR
ATAA OKO
MICHAEL PANKOKS
LAURE PIGEON
GIOVANNI BATTISTA PODESTÀ
CATHERINE DE PORADA
JANE RUFFIÉ
F. SEDLAK
VICTOR SIMON
PALMERINO SORGENTE
NI NYOMAN TANJUNG
THEO
JOHANN THOMA
JEANNE TRIPIER
LE COMTE DE TROMELIN
VICTOR-FRANÇOIS
AUGUST WALLA
ADOLF WÖLFLI
MARIA WNEK
HENRIETTE ZÉPHIR

COLLECTION DE L'ART BRUT
Avenue des Bergières 11, 1004 Lausanne

10/12/21

Trésors de la Fondation des Treilles @ Fondation de l'Hermitage, Lausanne - Arp, Brauner, Ernst, Picasso, Takis…

Trésors de la Fondation des Treilles
Arp, Brauner, Ernst, Picasso, Takis…
Fondation de l’Hermitage, Lausanne
21 janvier - 29 mai 2022

Trésors de la Fondation des Treilles
Trésors de la Fondation des Treilles
Arp, Brauner, Ernst, Picasso, Takis…
Affiche de l'exposition courtesy de la Fondation de l'Hermitage

La Fondation de l’Hermitage présente, pour la première fois en Suisse, une sélection des plus grands chefs-d’oeuvre de la Fondation des Treilles. Etablie à Tourtour, dans le sud de la France, elle abrite une collection prestigieuse créée par une mécène visionnaire, Anne Gruner Schlumberger (1905-1993), qui réunit des oeuvres de Hans Arp, Georges Braque, Victor Brauner, Jean Dubuffet, Max Ernst, Alberto Giacometti, Paul Klee, François-Xavier Lalanne, Henri Laurens, Fernand Léger, Pablo Picasso, ou encore Takis. A travers une centaine de peintures, dessins, gravures, sculptures et objets, l’exposition présentée à Lausanne offre une occasion unique d’admirer ces trésors hors de leur écrin habituel tout en découvrant le goût, la personnalité et les amitiés artistiques de l’une des plus illustres collectionneuses du 20e siècle.

Réalisée en collaboration avec la Fondation des Treilles, l’exposition imaginée pour l’Hermitage propose une saisissante plongée dans l’univers de Max Ernst et dans celui de Victor Brauner, les deux artistes les plus richement représentés au sein de la collection. Elle ménage également de nombreuses surprises avec, entre autres, un spectaculaire troupeau de quatorze Moutons du sculpteur François-Xavier Lalanne, et une envolée d’oiseaux lithographiés par Georges Braque, tout droit échappés de L’Ordre des Oiseaux (1962) du poète Saint-John Perse. L’accrochage montre enfin l’amour de la collectionneuse pour la culture méditerranéenne, en faisant dialoguer une tête de cheval antique avec des reliefs de bois peints de Hans Arp, et des céramiques « pâtes blanches » de Pablo Picasso avec des sculptures lancées vers le ciel de Takis.

ANNE GRUNER SCHLUMBERGER (1905-1993)
Née dans une famille d’industriels alsaciens, Anne Gruner Schlumberger grandit dans un milieu où le goût des sciences va de pair avec celui des arts. Dès la fin des années 1940, elle collectionne des oeuvres exceptionnelles, de l’art antique à la création moderne – avec une prédilection pour le surréalisme. En 1964, elle inaugure la Fondation des Treilles, à Tourtour (Haut Var) conçue selon ses mots comme « un écrin pour la pensée ». Développant des synergies fructueuses entre savants, musiciens, poètes et philosophes lors de séjours d’étude, de séminaires et de résidences, ce havre préservé accueille également l’éclectique collection de sa fondatrice, qui rassemble plus d’un millier d’oeuvres.

COMMISSARIAT SCIENTIFIQUE
Marie-Paule Vial
Conservatrice en chef honoraire 
Responsable de la collection de la Fondation des Treilles

COMMISSARIAT GÉNÉRAL
Sylvie Wuhrmann
Directrice de la Fondation de l’Hermitage

CATALOGUE
L’exposition est accompagnée d’un ouvrage richement illustré, comprenant plusieurs essais sur la collection et ses artistes phares. Placé sous la direction de Marie-Paule Vial, il est publié en coédition avec les éditions Snoeck, Gand.

PROGRAMME D’ACTIVITÉS
Pour approfondir les thématiques présentées dans le cadre de l’exposition, des animations pour petits et grands sont proposées : ateliers créatifs, cycle de conférences, visites guidées…

FONDATION DE L'HERMITAGE
Route du Signal 2, 1018 Lausanne
Billetterie en ligne : 

01/11/21

Ferenc Berko @ UBS, Lausanne - Fascination pour l’ordinaire

Ferenc Berko : Fascination pour l’ordinaire
UBS et Photo Elysée, Lausanne
Jusqu'au 10 décembre 2021

Ferenc Berko
Ferenc Berko 
British Museum, Londres, Angleterre, 1937 
© Ferenc Berko, The Ferenc Berko Photo Archive ; 
Collections de Photo Elysée, Lausanne

Ferenc Berko
Ferenc Berko
New York, Etats-Unis, 1951
© Ferenc Berko, The Ferenc Berko Photo Archive ; 
Collections de Photo Elysée, Lausanne

UBS et Photo Elysée proposent une exposition temporaire inédite intitulée Ferenc Berko : Fascination pour l’ordinaire. Dans le hall du siège d’UBS, place Saint-François à Lausanne, sont exposées 38 photographies conservées dans les collections du musée et réalisées par cet artiste hongrois influencé par le mouvement photographique allemand des années 1920, la Nouvelle Vision (Neues Sehen), et pionnier de la photographie couleur.

Réalisée à partir des collections de Photo Elysée, l’exposition Ferenc Berko : Fascination pour l’ordinaire présente 38 photographies issues des sept décennies de la carrière de l’artiste. L’œuvre de Ferenc Berko couvre une grande partie du XXe siècle. Depuis ses premières photographies documentaires sur l’Europe de l’entre-deux-guerres et ses images presque surréalistes du quotidien jusqu’à son expérimentation ultérieure de la photographie couleur, l’influence de la modernité sur l’ensemble de son œuvre est exemplaire.

Né dans une famille juive en Hongrie au milieu de la Première Guerre mondiale puis élevé en Allemagne, Ferenc Berko a vécu les trente premières années de sa vie dans une Europe en proie à de nombreux troubles politiques. Cette instabilité générale a eu des répercussions directes sur sa propre vie. Il a notamment dû déménager à Londres en 1932 afin d’échapper à la persécution nazie. Plusieurs années plus tard, alors que la guerre contre l’Allemagne se profile en Europe, Berko et sa femme Mirte s’installent en Inde où il travaille d’abord comme cameraman pour un studio de cinéma, puis comme producteur de films documentaires pour l’armée britannique. Néanmoins, tout au long de ces périodes bouleversées, la photographie est restée pour lui une pratique continue.

Ferenc Berko a commencé à prendre des photographies à l’âge de 12 ans et, à 16 ans, il possédait déjà un Leica. Les circonstances l’ont rapidement mis en contact avec d’éminents photographes contemporains, tel le professeur du Bauhaus László Moholy-Nagy, qui influencera son approche tout à la fois documentaire et formaliste.

Ferenc Berko
Ferenc Berko
Londres, Angleterre, 1937
© Ferenc Berko, The Ferenc Berko Photo Archive ; 
Collections de Photo Elysée, Lausanne

Ferenc Berko
Ferenc Berko
Chicago, Etats-Unis, 1948 
© Ferenc Berko, The Ferenc Berko Photo Archive ; 
Collections de Photo Elysée, Lausanne

L’indépendance de l’Inde en 1947 met fin à l’engagement de Ferenc Berko au sein de l’armée britannique. En l’apprenant, son mentor de longue date, László Moholy-Nagy, qui avait depuis fondé l’Institute of Design à Chicago (également connu sous le nom de The New Bauhaus), lui offre un poste de professeur au département de photographie. Bien qu’il n’y ait enseigné que deux ans, les États-Unis sont devenus son pays d’adoption jusqu’à sa mort en 2000. Une fois en Amérique, à une époque où presque tous les photographes d’art défendaient la photographie en noir et blanc, Ferenc Berko consacre une grande partie de son temps à expérimenter la couleur et devient l’un des pionniers de cette technique aux Etats-Unis.

La fascination pour l’ordinaire, une des caractéristiques de Ferenc Berko, se manifeste de diverses manières dans son œuvre. Si ses premières images captent la curiosité apparente d’inconnus et s’attachent à des scènes de prime abord ordinaires dont il dégage néanmoins la dimension surréaliste, ses œuvres ultérieures dépeignent le quotidien sous de nouveaux angles ou dans des couleurs vives et contrastées. 

Commissariat : Hannah Pröbsting, Photo Elysée

Exposition
Hall UBS, Place St-François 16, 1003 Lausanne
Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 17h. Entrée libre

PHOTO ELYSEE
Avenue de l’Elysée 18, 1014 Lausanne