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18/04/25

De verre et de pierre. Chagall en mosaïque - Exposition @ Musée national Marc Chagall, Nice

De verre et de pierre
Chagall en mosaïque
Musée national Marc Chagall, Nice
24 mai - 22 septembre 2025

Tout comme le vitrail, la tapisserie ou la céramique, la mosaïque fait partie des nouvelles expressions artistiques que Marc Chagall expérimente après la Seconde Guerre mondiale après son retour en France en 1949 à Vence. Elle ouvre à l’artiste de nouvelles voies dans ses recherches sur la lumière, la matière et la couleur et la création d’oeuvres monumentales dialoguant avec l’architecture.

L’entente artistique que Marc Chagall met en place avec les mosaïstes incarne une synergie où se rencontrent innovation et patrimoine, révélant la manière dont une technique ancestrale peut stimuler la création contemporaine. Ainsi, Marc Chagall réalisera de 1958 à 1986, quatorze mosaïques réparties entre le Sud de la France (Nice, Vence, Saint-Paul-de-Vence, Les-Arcssur Argens), les États-Unis (Chicago et Washington), Israël (Jérusalem) et la Suisse avec une oeuvre créée pour un hôtel particulier à Paris puis transférée à la Fondation Gianadda à Martigny en 2003.

Cette exposition est l’occasion d’offrir, pour la première fois, un panorama complet des quatorze projets de mosaïque réalisés par Chagall, à travers de nombreuses oeuvres et documents d’archives. Quelque vingt-cinq esquisses et maquettes préparatoires pour les mosaïques de Chagall illustrent le processus de recherches et de création de l’artiste, tandis que quatre à cinq pièces en mosaïque sont exceptionnellement réunies et constitueront un temps fort de l’exposition.

Cette manifestation est également l’opportunité de mettre en valeur la mosaïque Le Char d’Elie, réalisée en 1971 pour le musée national Marc Chagall en la présentant en vis-à-vis des deux maquettes de cette oeuvre dont celle inédite acquise en 2023. Un ensemble de peintures, dessins, gravures et lithographies complètent le propos.

Issues de collections particulières et d’institutions nationales et internationales, ces oeuvres sont mises en valeur par une scénographie faisant la part belle à de larges photographies de mosaïques en grand format ainsi qu’à des dispositifs destinés à faire découvrir cette technique ancestrale aux publics. Le musée rend accessible cette exposition au plus grand nombre par le biais de dispositifs tactiles permettant de comprendre la technique de la mosaïque, à destination de tous, notamment des familles et des personnes atteintes de déficience visuelle.

Exposition organisée par le Musée national Marc Chagall, le GrandPalaisRmn et le Museo d’Arte della città di Ravenna.

L'exposition sera accompagnée d'un catalogue, à paraître.

De verre et de pierre. Chagall en mosaïque
De verre et de pierre. 
Chagall en mosaïque
Catalogue de l'exposition
Rmn Edition

L’exposition sera présentée d’octobre 2025 à janvier 2026 au Museo d’Arte della citta di Ravenna (Italie).

Commissariat général de l'exposition

Anne Dopffer, Directrice des musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes

Grégory Couderc, Responsable scientifique des collections du musée national Marc Chagall, Nice

A l’occasion de cette exposition, le catalogue raisonné des mosaïques de Marc Chagall sera publié le 24 mai 2025 sur le site :
Il est réalisé par l’Association des Amis de Marc Chagall, en collaboration avec le Comité Marc Chagall et les Archives Marc et Ida Chagall à Paris.

Musée national Marc Chagall
Avenue du Docteur Ménard, 06000 Nice

30/01/25

Exposition Raoul Dufy @ Musée des Beaux-Arts Jules Chéret, Nice - « Le miracle de l’imagination »

Raoul Dufy 
« Le miracle de l’imagination »
Musée des Beaux-Arts Jules Chéret, Nice
Jusqu'au 28 septembre 2025

RAOUL DUFY
Portrait d’Émilienne Dufy, 1930
Huile sur toile
Nice, musée des Beaux-Arts Jules Chéret, N.Mba 2851
Don de Mme Émilienne Dufy en 1955
© Muriel Anssens – Ville de Nice

RAOUL DUFY
La Pêche, Vers 1919
Gouache sur papier
Nice, musée des Beaux-Arts Jules Chéret, N.Mba 6128
Achat de la Ville de Nice en 1986
© Muriel Anssens – Ville de Nice

RAOUL DUFY
Hommage à Claude Debussy, 1952
Huile sur toile
Nice, musée des Beaux-Arts Jules Chéret, N.Mba 5623
Legs de Mme Émilienne Dufy en 1962
© Muriel Anssens – Ville de Nice

RAOUL DUFY
Bateaux à l’Estaque, 1908
Huile sur toile
Nice, musée des Beaux-Arts Jules Chéret, N.Mba 5601
Legs de Mme Émilienne Dufy en 1962
© Muriel Anssens – Ville de Nice

Le Musée des Beaux-Arts Jules Chéret, à Nice, présente une nouvelle exposition consacrée à l’artiste Raoul Dufy.

RAOUL DUFY (1877-1953) est aujourd’hui connu pour sa palette aux couleurs vives et la gaité de ses sujets, dont est bannie toute forme de doute ou d’inquiétude. Cette exposition invite à découvrir son cheminement artistique, depuis la révélation de Luxe, Calme et Volupté d’Henri Matisse, où la nécessité de faire advenir le « miracle de l’imagination » lui apparaît pleinement, jusqu’à l’élaboration de sa touche en regard de celle de Paul Cézanne et enfin l’épanouissement de son langage pictural propre dans son atelier de Vence.

Son style singulier se déploie au fil du parcours de l’exposition dans les paysages de Normandie et de Provence, le motif de l’atelier, les vues de ports et les baigneuses ou encore la musicalité des fêtes et des réceptions. Et si le Normand est avant tout un peintre, il cherche aussi très tôt à transposer les motifs récurrents de son imaginaire dans l’illustration d’ouvrages, la création textile ou encore la céramique.

Cette exposition est l’occasion de redécouvrir la richesse de la collection Dufy du musée des Beaux-Arts, due principalement à la générosité de l’épouse de l’artiste, la Niçoise Eugénie Brisson, appelée Émilienne, selon son souhait.

Commissaires de l'exposition :

Johanne LINDSKOG
Conservatrice du patrimoine, directrice du musée des Beaux-Arts Jules Chéret

Jeanne PILLON
Responsable des expositions, de la documentation et des archives au musée des Beaux-Arts Jules Chéret

Musée des Beaux-Arts Jules Chéret
33 avenue des Baumettes, Nice 

Exposition Raoul Dufy - Le miracle de l’imagination
Musée des Beaux-Arts Jules Chéret, Nice
13 décembre 2024 – 28 septembre 2025

21/10/23

Chagall politique @ Musée La Piscine, Roubaix - Exposition Le cri de liberté. Chagall politique

Le cri de liberté. Chagall politique
Musée La Piscine, Roubaix
7 octobre 2023 - 7 janvier 2024

Le cri de liberté. Chagall politique
La Piscine, Roubaix

Après La Terre est si lumineuse en 2007, L’Epaisseur des rêves en 2012, et Les Sources de la musique en 2015, Marc Chagall est, pour la quatrième fois, l’invité de La Piscine à Roubaix qui poursuit ici un effort de relecture d’une figure essentielle de la modernité, engagée et à l’écoute de son temps, qu’il traverse et qu’il inspire de son message de peintre et d’humaniste.

Au fil d’une vie traversée par deux guerres et un exil, Marc Chagall (1887-1985) est à l’origine d’un œuvre puissamment ancré dans l’histoire du XXe siècle. Figure du déplacement et de la migration, l’artiste sillonne le monde au gré des tourments du siècle, de son enfance en Russie à la France, en passant par l’Allemagne, des États-Unis au Mexique, avant de s’installer en Méditerranée. Son art, empreint d’un profond humanisme, nourri par ses racines juives et par l’écoute des cultures rencontrées et des expériences vécues, se fait le messager d’un engagement sans faille pour l’homme et ses droits, pour l’égalité et la tolérance entre les êtres. Porté par un grand cri de liberté, il confronte l'œil aux guerres affrontées et aux combats artistiques menés, transcendés par la force poétique et l’imaginaire auxquels le vocabulaire pictural de la dérision et de l’humour ancrés dans la culture juive se conjugue. Crayon et pinceau deviennent des armes de paix pour le peintre, reflétant les luttes de ce « vingtième siècle forgé dans le feu1 », dont les « mots et [les] échos s’agrippent dans les airs et se pétrifient, chairs ensanglantées sur les draps des neiges2 ». Dessins et peintures révèlent ainsi l’idéalisme sans condition du « peintre témoin de (son) temps3 », sa foi inébranlable en l’harmonie et la paix universelle entre les hommes, créant des regards et des dialogues croisés sur l’histoire en train de s’écrire.

L'exposition, spectaculaire, présente l'œuvre de l'artiste à la lumière des événements historiques dont il a été témoin et auxquels il a participé, et constitue ainsi la première lecture complète de ses travaux sous l'angle des prises de position et de l’engagement. Objet d'une coproduction avec la Fundación MAPFRE à Madrid et le Musée National Marc Chagall de Nice, sous la direction des commissaires Ambre Gauthier et Meret Meyer, Le cri de liberté. Chagall politique bénéficie du soutien des Indivisions Ida Chagall et Michel Brodsky et de nombreux prêts prestigieux, français et étrangers, offrant par ailleurs l'occasion de découvrir un large éventail de documents inédits provenant des archives de l'artiste, sélectionnés dans le cadre des recherches menées pour les besoins de l'exposition.

1 Peretz Markish, Khaliastra, la bande, Lachenal & Ritter, 1989, p. 11.
2 Ibidem.
3 Les Peintres témoins de leur temps, Musée Galliera, Paris, 17 janvier-17 mars 1963.

Commissariat scientifique :
Ambre Gauthier, docteure en histoire de l’art, responsable du Catalogue raisonné et des Archives Marc Chagall, et Meret Meyer, coprésidente du Comité Marc Chagall et petite-fille de l’artiste.
Commissariat à Roubaix : Bruno Gaudichon, conservateur en chef.

Le cri de liberté. Chagall politique est une exposition coproduite avec la Fundación MAPFRE à Madrid qui la présentera du 2 février au 5 mai 2024, et avec le Musée National Marc Chagall à Nice qui la présentera du 1er juin au 16 septembre 2024.

Le cri de liberté. Chagall politique
Publié à l’occasion de l’exposition aux éditions
Gallimard, sous la direction d’Ambre Gauthier.
312 pages, 283 illustrations, 17 x 24 cm, 35€.
Parution le 5 octobre 2023

Site officiel dédié à l’artiste Marc Chagall : marcchagall.com
Instagram : marc_chagall_officiel

LA PISCINE, ROUBAIX
Musée d'Art et d'Industrie André Diligent
23 rue de l’Espérance, 59100 Roubaix

22/03/23

Caroline Rivalan @ Galerie Eva Vautier, Nice - Persona muta

Caroline Rivalan : Persona muta
Galerie Eva Vautier, Nice
9 avril - 4 juin 2022

Caroline Rivalan
CAROLINE RIVALAN
Hurlante, 2022
Impressions sur plexi diffusant, profilés leds
Série Les Muses Médicales
39 x 49 cm
© Caroline Rivalan

Caroline Rivalan
CAROLINE RIVALAN
Augustine, 2021
Impressions sur plexi diffusant, profilés leds
Série Les Muses Médicales
59 x 79 cm
© Caroline Rivalan

La galerie Eva Vautier présente la première exposition personnelle de Caroline Rivalan, Persona muta

Pour l’exposition Persona muta, l’artiste s’est intéressée à la théâtralisation des patientes du Professeur Charcot à la Salpêtrière. La figure du Grand Hypnotiseur et de la Grande Hystérique sont des figures incontournables en cette fin de siècle. Les expériences réalisées sur ces femmes dîtes ‘‘hystériques’’ sont documentées, grâce au dispositif photographique installé in situ.

La fabrication et la réception des images produites lors de ces expériences sont questionnées dans L’invention de l’hystérie par Georges Didi Huberman. Les leçons du mardi du professeur Charcot rendent publiques et ‘‘spectaculaires’’ les agissements sous hypnose de ces femmes internées où il met en scène le corps pathologique, le féminin déchaîné.

Le projet de recherche de Caroline Rivalan tourne autour de la figure de la folie et de l’instrumentalisation de la femme. Le travail sur ces images d’archives, permet de transformer l’objet en sujet et ainsi de supprimer la figure d’autorité qui orchestre ces représentations, pour déplacer la relation de pouvoir établi. Il s’agit de la déconstruction des rapports de dominations.

Ce projet bénéficie du soutien du Cnap (Centre national des arts plastiques).

GALERIE EVA VAUTIER
2 rue Vernier, Quartier Libération, 06000 Nice

27/06/14

Kristof Everart @ Galerie Eva Vautier, Nice

Kristof Everart
Galerie Eva Vautier, Nice
28 juin - 6 septembre 2014



Kepler 186f, titre mystérieux et ambitieux. Que peut-il bien cacher? Kepler, c’est Johannes Kepler, un mathématicien, astronome, astrologue allemand du seizième siècle. C’est lui qui détermina que les planètes orbitaient en ellipse autour du soleil. Il démontra aussi que leur vitesse dépendait de la distance qui les éloigne du soleil et décrivit le mouvement de chaque planète autour du notre. Kepler, c’est aussi un télescope de la NASA qui fut mis en orbite en 2009, sa mission: détecter des exoplanètes. Il tomba en panne en 2013.

Kepler 186f, c’est la première exoplanète de la taille de la Terre située dans la zone habitable du soleil Kepler 186. Elle pourrait disposer d’eau sous forme liquide, condition sine qua non à une présence de vie telle que nous la connaissons. C’est en avril 2014 que la fausse jumelle de notre Terre fut révélée au monde, à notre monde.

Quel rapport avec le travail de Kristof Everart, me direz-vous? Va-t-il nous proposer sa vision de cette planète? Des illustrations de ses paysages? De ses campagnes? Ses villes? Nous montrer ses habitants? Pas vraiment.

Les dernières œuvres d’Everart explorent les territoires, leurs frontières, leurs limites et leur étendue, le passage d’un territoire à l’autre, d’un espace à l’autre, d’un concept à un autre. Kepler 186f, c’est l’autre fantasmé, l’autre inaccessible, l’autre où tout est inconnu, tout est possible, tout est possibilité. C’est là que se situe le fil conducteur de cette exposition. Il est au-delà des recouvrements, des Transformations de son exposition à la Galerie des Ponchettes pendant l’hiver 2009. Il raconte une histoire d’expériences et de ressentis. Pour le faire, la Galerie Eva Vautier a été transformée, elle abrite maintenant un nouveau monde. La circulation est modifiée, de nouvelles zones sont nées.

Au premier niveau, le sommet d’une montagne, le passage d’un col désertique, devant, le bloquant, une sculpture posée, lumineuse, un tournant et nous voici face à de grands tableaux, paysages mouvants, taches de peintures, nuages, nuances, des formes à distinguer, invitant à la contemplation. Une atmosphère entre deux états, sobriété, légèreté, une abstraction à la limite de la figuration qui nous raconte une histoire surréaliste, une construction du hasard décidée par l’Architecte de ce monde.

A l’étage, l’air, les dessins, des arbres en suspension, du bois sculpté, un nœud de circulation menant à des trésors disposés ici et là, une partition légère, de la musique improvisée par Dorian Casacci, l’artiste musicien invité par Kristof Everart, qui propose une lecture et une illustration sonore de ce monde énigmatique. Un monde où, comme dans Twin Peaks «il y a toujours de la musique dans l’air» et l’apparence peut être trompeuse.

Plus qu’une exposition, Kepler 186f est une proposition, une traversée de territoires familiers, qu’un décalage nous rend inconnus, proches et lointains, à portée de main et d’esprit. Une réflexion plastique sur ce qui nous entoure, sur notre perception, notre appréhension et nos sensations. 

Texte Anne-Sophie Lecharme

Galerie Eva Vautier
2 rue vernier
Quartier Libération
06000 Nice
www.eva-vautier.com

29/06/13

Exposition Chagall, Nice, Musée national Marc Chagall - Chagall devant le miroir : autoportraits, couples et apparitions

Chagall devant le miroir : autoportraits, couples et apparitions
Musée national Marc Chagall, Nice
Jusqu'au 7 octobre 2013

Marc Chagall
Chagall devant le miroir : 
autoportraits, couples et apparitions
Affiche de l'exposition
© Affiche de la Réunion des musées nationaux - Grand Palais, Paris 2013

A l’occasion du quarantième anniversaire du musée national Marc Chagall à Nice, une exposition entièrement dédiée à l’artiste, autour du thème de l’autoportrait, réunit près d’une centaine d’œuvres, peintures et dessins, dont de nombreux inédits.

Ce sujet a été le plus traité par MARC CHAGALL au cours de sa très longue carrière. Il reflète, à la manière traditionnelle, ses préoccupations stylistiques et les interrogations sur son identité comme sur son rôle d’artiste, auxquelles Chagall apporte cependant des réponses nouvelles. D'abord simple affirmation de soi comme peintre, il devient vite, dès 1915-1917, le moyen de se présenter comme le passeur d'un message qui le dépasse.

Le peintre réalise également une version écrite de son autoportrait avec sa biographie poétique, Ma Vie, rédigée dès 1922, alors qu’il est âgé seulement de trente-cinq ans, et publiée plus tard, en 1931.

De 1907 à 1985, cette abondante production relève de tous les genres : le plus souvent autoportraits au chevalet, à la palette ou dans l’atelier, donc en artiste ; plus rarement autoportraits méditatifs d’homme se regardant ; et une étonnante série d'autoportraits en Christ dans les années 40 et 50. Mais aussi de nombreux doubles portraits où Marc Chagall se représente avec sa femme, inspiratrice étroitement enlacée au créateur, et enfin, des autoportraits déguisés où l’artiste se montre sous une autre forme, souvent celle d’un animal. Il apparaît également dans ses autres peintures comme témoignant de son travail accompli.

Ces représentations de lui-même, très diversifiées, permettent à l’artiste d’embrasser le monde avec tous ses règnes – le hassidisme, la forme de judaïsme de son enfance, n’est pas étranger à cette vision de la Création - et d’en être le porte-parole.

Le traitement même de ces autoportraits évolue avec le temps : tour à tour réaliste, descriptif, ou mis en scène à la manière des peintres anciens (on y note l’influence de l’Espagne ou des autoportraits de Rembrandt). L’autoportrait devient avec le temps une représentation de plus en plus stylisée, le visage de l’artiste offrant des traits peu individualisés mais reconnaissables à ses cheveux frisés bruns. Lorsqu’il se représente en peintre assis devant un tableau dont on reconnaît la plupart du temps le sujet, Chagall met autant l’accent sur le sujet de la peinture que l’on voit que sur l’autoportrait.

L’exposition permet d’aborder tous les aspects d’une production significative d’abord par la quantité ; de comprendre comment elle est, pour Chagall, le moyen d’affirmer sa différence en tant qu'artiste religieux ; et amène à s’interroger sur l’autoportrait comme voie d’accès privilégiée vers la vérité de l’artiste et la signification de son œuvre.

Publication d'un catalogue de l’exposition aux éditions de la Réunion des musées nationaux - Grand Palais, Paris 2013, 136 pages, 22 x 28 cm, 124 illustrations.

Commissaires de l'exposition : Maurice Fréchuret, conservateur en chef du Patrimoine, directeur des musées nationaux du XXème siècle des Alpes-Maritimes et Elisabeth Pacoud-Rème, historienne de l’art, chargée des collections au musée national Marc Chagall.

Cette exposition est organisée par le musée national Marc Chagall et la Réunion des musées nationaux - Grand Palais.

Musée national Marc Chagall
Avenue Docteur Ménard, 06000 Nice
www.musee-chagall.fr

Egalement sur Wanafoto : 
Exposition Chagall au Musée du Luxembourg Paris
Exposition Chagall au Jewish Museum New York

02/04/11

Expos L'art contemporain et la Côte d Azur, un territoire pour l'experimentation, 1951-2011

Expositions : L’art contemporain et la Côte d’Azur, un territoire pour l’expérimentation, 1951-2011 
Musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes :
Musée Marc Chagall, Nice 
Musée Fernand Léger, Biot 
Musée Pablo Picasso, Vallauris 
26 juin - 7 novembre 2011 


Serpillières, NOEL DOLLA, 1967-1999  
© Noël Dolla, 1999

Cet été 2011, de Vallauris à Menton, en passant par Biot, Vence ou Nice, la manifestation L’Art contemporain et la Côte d’Azur, Un territoire pour l’expérimentation, 1951-2011 présente l’exceptionnelle création artistique de la région dans une vingtaine de lieux (musées, centres d’art, galeries…).  

Dans ce cadre, les musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes ont choisi de présenter les œuvres des artistes qui ont fait leur le questionnement sur les modalités de l’acte de peindre et sur les différents dispositifs de déconstruction de la peinture. L’exposition retrace 60 ans de création rassemblant de nombreux artistes qui ont vécu, travaillé ou sont intervenus de manière significative dans la région. Leur travail s’inscrit dans une réflexion générale sur la nature même de la peinture, sur les occurrences, les outils et les moyens de son émergence. Ces artistes ont choisi de placer leur œuvre sous les signes croisés du support, de la surface, de l’expérimentation du pigment ou de la teinture sur la toile, de la matérialité du châssis et des autres composants du tableau ou de la sculpture. Au delà de leur appartenance à des mouvements comme le Nouveau réalisme, Supports/Surfaces ou le Groupe 70, ils participent pleinement, dans le courant international qui se fait alors entendre, à la remise en cause de l’œuvre d’art dans ses définitions et fonctions habituelles.  

EXPOSITION AU MUSEE FERNAND LEGER, BIOT 
Au musée Fernand Léger, des propositions comme celle de la dernière période d’Hartung côtoieront les Allures d’objets d’Arman, les Cosmogonies d’Yves Klein ou encore les paillettes de Malaval. De telles œuvres permettent, d’une part, de promouvoir une autre lecture des courants artistiques et, d’autre part, d’offrir un socle historique aux propositions qui viendront après coup. Celles-ci sont nombreuses. Les gestes de Ben (Geste : me peindre, 1964), les expérimentations de Noël Dolla sur la toile ou les autres matériaux comme la tarlatane, la serpillière ou le paysage ; celles de Claude Viallat sur des supports eux aussi très divers sur lesquels il appose sa fameuse forme si reconnaissable ; les confrontations d’objets ou de matériaux qu’entreprend Bernard Pagès et les déclinaisons qu’il propose de certains gestes sculpturaux… Dans ce même courant où peindre et exercer une réflexion critique sur la peinture ne font qu’un, place sera faite tout naturellement aux tenants du Groupe 70. Toutes ces ouvertures sont en phase avec ce, qu’ailleurs, à Paris mais aussi aux Etats-Unis, d’autres, au même moment, entendent mettre en évidence.  

EXPOSITION AU MUSEE MARC CHAGALL, NICE
Mais les années 70 ne sont pas les seules à poser le problème de la peinture et de ce qui la constitue. L’exposition au musée national Marc Chagall montre comment la génération suivante, ainsi que de nombreux artistes aujourd’hui, se soucient de son identité, de ses limites et du jeu qu’il est encore possible de leur apporter. Ainsi, Adrian Schiess et Pascal Pinaud se sont, chacun à leur manière, engagés dans une telle recherche, privilégiant pour l’un les surfaces où dominent de miroitantes monochromies et pour l’autre celles où les accidents de toutes sortes viennent leur conférer une réalité plastique indéniable. La profondeur noire des surfaces fluides que présente le groupe BP reflète l’esprit critique qui les a fait émerger. Elle peut entrer en dialogue avec celles que façonnent de leur côté Ghada Amer, Dominique Figarella, Cédric Teisseire, Marc Chevalier, Aïcha Hamu, Julien Bouillon et d’autres encore à qui cette exposition fait également place.  

EXPOSITION DE JEUNES ARTISTES A COARAZE
En écho à l’exposition organisée par des artistes en 1969 à Coaraze dans l’arrière-pays niçois, les musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes s’associent à la ville pour, à nouveau, programmer une exposition de jeunes artistes. A Pierre Descamps, Frédérique Nalbandian, Emilie Perotto et Xavier Theunis est demandé d’investir l’espace public avec des installations réalisées spécialement pour cet événement.  

Commissaires de l'exposition
Maurice Fréchuret, directeur des musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes 
Ariane Coulondre, conservateur au musée national Fernand Léger 

Cette exposition est organisée par le musée national Marc Chagall, Nice, le musée national Fernand Léger, Biot, le musée national Pablo Picasso, la Guerre et la Paix, Vallauris et  la Rmn-GP.  

Liens vers les sites web des Musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes :

MUSEE NATIONAL MARC CHAGALL, NICE
www.musee-chagall.fr

MUSEE NATIONAL FERNAND LEGER, BIOT
www.fernandleger.fr

MUSEE NATIONAL PABLO PICASSO, VALLAURIS 
www.musee-picasso-vallauris.fr

Pour cet été 2011, comme toute l'année, wanafoto attire votre attention sur le fait que l'art et la culture sont bons pour votre santé : à consommer sans modération, donc. 

06/04/10

Exposition Wim Delvoye au MAMAC, Nice

 

WIM DELVOYE

Dessins & Maquettes

Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, Nice

Jusqu'au 23 mai 2010

 

Né en 1965, Wim Delvoye vit et travaille à Gand. Artiste important de la scène artistique internationale, cet artiste c'est fait connaître – notamment – pour son installation Cloaca, plus communément appelée "machine à caca" car étant capable de digérer des aliments jusqu'à la production de caca.  Wim Delvoye aime provoquer et il y parvient plutôt bien. Le "plutôt bien" ne concerne que sa capacité à provoquer et aucunement la qualité de son travail qui elle est reconnue comme étant excellente. De la cage de but de football incluse dans un vitrail au faux dallage de marbre réalisé avec du jambon, des nichoirs ornés d'accessoires sadomasochistes, aux cochons tatoués, l'inventivité de l'artiste et son goût pour la dérision ne connaissent aucune limite ou, en tout cas, pas assez pour certains. Les cochons tatoués ont suscités quelques critiques. Il paraît même que Brigitte Bardot en était toute retournée.

Au MAMAC, Wim Delvoye choisit de développer trois thématiques restituant sa démarche plastique : les tatouages porcins, les maquettes gothiques et un travail sur la torsion du Christ en croix. Cette exposition souhaite confronter l’oeuvre graphique et sculpturale de cet artiste hors norme... même si on ne trouve point de machine à caca au MAMAC, l'exposition qui a débutée le 13 février devrait attirer un grand nombre d'amateurs d'art conceptuel, d'art tout court et un public plus large aussi, sans doute, et ce serait tant mieux.

25/12/08

Nick Danziger - Femmes Face à la guerre - Nice

Le Théâtre de la Photographie et de l’Image de Nice présente jusqu'au 22 février 2009 une exposition de 80 portraits de femmes en noir et blanc de Nick Danziger
Ces photographies ont été réalisées en 2001 dans le cadre d’une étude effectuée pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Intitulée Femmes face à la guerre, elle dénonce le non respect des femmes touchées par un conflit armé.
Nick Danziger a ainsi réalisé 11 portraits de femmes aussi bien en Iran, en Irak, en Afghanistan, dans les Balkans, en Israël, au Congo…
Que sont devenues Mariatu, Shinaz, Sarah, Amanda, Qualam, Dzidza, Olja, Efrat, Mah-Bibi, Zakiya, Nasrin, les 11 héroïnes anonymes de cette exposition ? Elles sont là, sous notre regard, incarnant une souffrance intemporelle, universelle, celle des femmes face à la guerre, atteintes dans leur dignité, en lutte pour leur survie et subissant des conflits auxquels elles demeurent, pour la plupart, étrangères.
Elles sont des millions à se battre aujourd’hui dans l’oubli, pour survivre, se reconstruire, protéger leur foyer, s’accrocher à l’hypothétique retour d’un proche porté disparu et se préparer, sans se résigner, au deuil impossible. Au-delà de cette souffrance, deux mots réunissent ces femmes: courage et colère.
Par ce travail, Nick Danziger et le CICR en appellent à la responsabilité des Etats qui se sont engagés à «respecter et à faire respecter en toute circonstance» le droit international humanitaire.
Les 11 photographies grand format de cette exposition ont été offertes au Théâtre de la Photographie et de l'Image par Raymond James Patrimoine et le Club Femme et Patrimoine.
  • Lieu : Théâtre de la Photographie et de l’Image
  • Adresse : 27 boulevard Dubouchage – 06000 Nice
  • Horaires : Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h – Entrée Libre
  • Accès : Bus n°1, 2, 4, 5, 12, 15, 17, 22 arrêt avenue Jean Médecin
  • Tel : 04 97 13 42 20
  • Site internet : http://www.tpi-nice.org/
Nick Danziger naît en 1958 à Londres.
Il passe sa jeunesse à Monaco et en Suisse avec son père américain et sa mère anglaise. Il voyage à Paris à l’âge de 13 ans où il commence à travailler en vendant des croquis. Il étudie ensuite à Londres à la Chelsea Art School.
En 1982 le Winston Churchill Memorial Trust lui attribue une bourse qui lui permet de voyager, en suivant les anciennes routes commerciales de la Turquie vers la Chine. Ce voyage lui inspire son premier livre, utilisant ses carnets de voyages : Danziger’s Travels. C’est tout de suite un best-seller suivi d’un deuxième livre Danziger’s Adventures.
En 1991, il réalise son premier film documentaire en Afghanistan appelé War Lives and Videotape consacré aux enfants abandonnés de l'asile psychiatrique de Marastoon à Kaboul. Diffusé par la B.B.C. et par ARTE, il remporte le Prix Italia pour le meilleur film documentaire télévisé de l’année. Il tourne alors pour différentes chaines des documentaires sur la Mongolie, l'Afghanistan, le Niger… Il réalise AIDS: The Global Killer, The Establishment et Out of Kosovo. Tout en filmant et en photographiant, Nick Danziger continue d’écrire sur ses expériences de vie. Dans son dernier livre The British, il retourne à ses racines.
Il obtient en 2004 le World Press Award pour un “portrait miroir” de George Bush face à Tony Blair s’entendant sur le déclenchement du conflit en Irak en avril 2003.
Mais la principale raison de son travail reste l’engagement humanitaire, un engagement qui l’a conduit à travailler à plusieurs reprises pour le Comité International de la Croix-Rouge. Nick continue de courir le monde, avec son regard d’humanité et un souci : le droit de suite. Que deviennent ceux et celles que j’ai photographiés ?
Le catalogue de l'exposition (cf. photo illustrant ce message) - Format 165 x 174 - 59 images n/b, 80 pages - Nice musées - novembre 2008 - 30 € - est en vente à la boutique du Théâtre de la Photographie et de l'Image et par correspondance à :
Régie Autonome des Comptoirs de vente des Musées de Nice - 26 avenue des Diables Bleus - 06300 NICE - Tel : 04 93 55 09 43

05/12/05

Joan Miró, Galerie Sandrine Mons, Nice - Graphics

Joan Miró: Graphics
Galerie d’Art Moderne et Contemporain Sandrine Mons, Nice
10 décembre 2005 – 18 février 2006

La Galerie d’Art Moderne et Contemporain Sandrine Mons à Nice présente une sélection d’œuvres graphiques par l’artiste catalan, Joan Miró (1893-1983). 
L’œuvre de Joan Miró n’est pas seulement gigantesque, fruit d’une vie entière consacrée à la création artistique, elle perdure dans sa capacité à nous interroger, à nous fasciner. Elle fascine parce qu’elle cache plus qu’elle ne révèle, concilie l’infime et l’infini. Elle présente des couleurs et des formes dont les harmonies rythmiques et suggestives allient l’humour et la fraîcheur enfantine à l’intuition du surnaturel. 

Celui dont André Breton disait qu’il est le plus surréaliste de tous n’aura de cesse de chercher à « atteindre le maximum d’intensité avec le minimum de moyens » (Joan Miró). 
Grâce à l’épuration de sa rhétorique visuelle et l’alliance des mots, il créa un langage plastique singulier qui fera de lui une figure à part dans l’histoire de l’art du XXème siècle. En constant dialogue avec ses contemporains, il dit préférer l’écriture à la peinture et fait de sa collaboration avec des écrivains l’une de ses principales activités. 

Joan Miró est à l’origine d’une multitude d’œuvres sur tous supports dont la production et la distribution s’écartent des réseaux traditionnels liés aux Beaux-Arts. Il crée des livres, des affiches,  des estampes, des œuvres qui peuvent circuler et faire de son art un bien commun. Dans l’exposition présentée par la Galerie d’Art Moderne et Contemporain Sandrine Mons, ces pièces révèlent combien ces œuvres de distribution plus large ne forment pas seulement un écho de son œuvre picturale mais constituent le cœur même de la pensée artistique de celui qui dira qu’« un brin d’herbe est aussi gracieux qu’un arbre ou une montagne ».

Catherine Somzé, Amsterdam 2005
Galerie d’Art Moderne et Contemporain Sandrine Mons
8 rue Dalpozzo, 06000 Nice
www.galeriemons.fr

01/11/05

Pierre Alechinsky, Galerie Sandrine Mons, Nice - Encres et Estampes, 1969-2004

Pierre Alechinsky 
Encres et Estampes, 1969-2004
Galerie d’Art Moderne et Contemporain Sandrine Mons, Nice
4 novembre – 3 décembre 2005

A l’occasion de son inauguration, la Galerie d’Art Moderne et Contemporain Sandrine Mons présente une sélection d’œuvres d’un des artistes emblématiques de la seconde moitié du XXe siècle, Pierre Alechinsky. 

Sont exposées des aquarelles, encres et autres estampes qui rendent compte de la diversité technique et thématique de l’ensemble de l’œuvre de cet artiste né à Bruxelles en 1927 et qui depuis la fin des années 1940 fait histoire. 

A  22 ans, Pierre Alechinsky se lança corps et âme dans l’aventure CoBrA, mouvement dont le nom est l’acronyme des trois villes - Copenhague, Bruxelles et Amsterdam- et autour duquel gravitent Dotremont, Appel et Jorn pour ne citer que quelques uns des illustres comparses de ce courant.   

Tant du point de vue de la forme que du contenu, Pierre Alechinsky n’a eu de cesse d’expérimenter le substrat instinctif de l’être libéré des normes et valeurs du monde civilisé, dans l’espoir idéaliste de voir surgir des traits vifs de couleurs primaires. Il s’empare des traditions et des formes d’expressions les plus diversifiées : du folklore à l’histoire de l’art et de la calligraphie aux fameuses trouvailles et rencontres de hasard d’héritage surréaliste. 

Pierre Alechinsky a clairsemé l’imaginaire occidental d’êtres fantastiques qui le plus souvent se reposent sur les lettres typographiques du papier d’imprimerie, ne constituant que l’une des multiples impressions que reçoit le support improvisé. 

Il mêle entre autres l’écriture aux beaux-arts et la finesse formelle japonaise aux explosions d’acrylique de l’après-guerre.

Les œuvres de l’exposition qui donne le coup d’envoi de la Galerie d’Art Moderne et Contemporain Sandrine Mons, sauront se faire apprécier des amoureux de liberté et de spontanéité.

Galerie d’Art Moderne et Contemporain Sandrine Mons
8 rue Dalpozzo, 06000 Nice
www.galeriemons.fr

21/04/02

Jeroen de Rijke et Willem de Rooij, Villa Arson, Nice - Exposition

Jeroen de Rijke et Willem de Rooij
Villa Arson, Nice
20 avril - 16 juin 2002

La Villa Arson présente la première exposition importante, en France, des travaux de Jeroen de Rijke et Willem de Rooij, artistes néerlandais, nés en 1970 et 1969, vivant et travaillant à Amsterdam.

Lorsqu'on les interroge, Jeroen de Rijke et Willem de Rooij ne se présentent pas comme des cinéastes, mais comme des plasticiens qui tournent des films en 16 mm et 35 mm. Il n'y a là nulle coquetterie, sinon qu'ils préfèrent envisager leur production sous l'angle croisé de la sculpture et de la peinture. Ainsi, la manière dont l'oeuvre est présentée compte presque autant que le film lui-même. Ils aménagent les espaces de monstration avec une rigueur toute fonctionnelle, afin que chaque salle, entre deux projections, puisse être aussi parcourue du regard comme une espèce d'installation minimaliste.

Dans ces espaces neutralisés sont projetés des films relativement courts qui ne développent aucune intrigue, aucune histoire. Du temps et de la lumière passent à travers des blocs d'images successives ; le spectateur est fait inquisiteur du moindre mouvement, du moindre geste ; le presque perceptible, les microvariations s'imposent à l'oeil.

Alors le cinéma se trouve réduit à ce qu'il a de plus visiblement cinématographique, c'est-à-dire à ce qu'il possède de plus immédiatement pictural et sculptural : les artefacts de la projection, la planéité de l'écran (comme une fenêtre sans espagnolette), les taches colorées sur la pellicule. Et pourtant, quelque chose de la narration a survécu à la réduction…

On distingue encore les traces d'un contour narratif, dilué dans l'immédiateté de l'image, de la couleur ou d'un travelling. Jeroen de Rijke et Willem de Rooij se livrent à un très précis travail de démontage des conventions de l'art cinématographique. Les registres d'emprunt varient avec chaque film.

Nous sommes face à des images, mais ces images en appellent d'autres sans cesse et d'autres encore qu'on aimerait placer avant, après ou parfois ailleurs ; elles sont là comme un membre fantôme qui ne dirait pas son emplacement ; elles font commerce de nos vieilles habitudes de spectateurs. Il y a du film hors le film.

L’exposition a reçu le soutien financier de la Mondriaan Stichting (Fondation Mondriaan), Amsterdam.

Commissaire de l’exposition :
Laurence Gateau, directrice du Centre National d’Art Contemporain

VILLA ARSON NICE
20 avenue Stephen Liégeard, Nice
www.cnap-villa-arson.fr

21/01/96

Marc Chagall - les Fables de la Fontaine, Musée Marc Chagall, Nice

Marc Chagall
Les Fables de la Fontaine
Musée Marc Chagall, Nice
14 janvier - 25 mars 1996

En 1926, à la demande du marchand et éditeur Ambroise Vollard, Marc Chagall exécuta une centaine de gouaches pour illustrer les Fables de la Fontaine. Soixante-dix ans plus tard, cette exposition regroupe pour la première fois une partie de cet ensemble extraordinaire : vingt-quatre gouaches auxquelles s’ajoutent quarante gravures réalisées par l’artiste lui-même d’après ses gouaches.

La totalité des gouaches de la série fut exposée à Paris (Galerie Bernheim-Jeune), à Bruxelles (Galerie Le Centaure) puis à Berlin (Galerie Flechtheim) la même année, en 1930. La critique fut pour le moins partagée et certains chroniqueurs s'étonnèrent que l’on ait confié à un artiste étranger l’illustration d’un des chefs-d’oeuvre de la littérature classique française...  A l’issue de ces trois expositions, l’ensemble fut dispersé entre plusieurs collectionneurs privés. Aucun musée n’acquit la moindre gouache de la série et les six collections publiques qui en conservent six aujourd’hui les obtinrent plus tard par legs ou donation.

Plus de deux années de recherches ont été nécessaires pour localiser les 43 gouaches reproduites dans le catalogue ; vingt-quatre d’entre elles figurent dans l’exposition, dont neuf qui n’ont pas été vues depuis 1930.

Ces gouaches occupent une place importante dans l’oeuvre de Chagall : dans l’évolution de son art, elles marquent une rupture avec l’imaginaire judéo-russe de son enfance, mais aussi avec l’influence des peintres cubistes rencontrés à Paris au cours du séjour des années 1910-1914, et celle des mouvements constructivistes côtoyés en Russie entre 1914 et 1923. Elles montrent avec quelle fraîcheur et quelle invention l’artiste aborde l’une des oeuvres les plus fameuses de la littérature française ; elles expriment aussi, indirectement, son désir d’intégration dans la culture du pays qui l’accueille.

Sur le plan formel, les gouaches illustrant les Fables de la Fontaine constituent un sommet dans l’art de Chagall. Avec une grande liberté, l’artiste recourt tantôt à des compositions extrêmement simples (comme pour Le Renard et les Raisins ou L’Aigle, la Laie et la Chatte ), tantôt à des mises en scène complexes, à plusieurs personnages et fonds ornementés (comme pour L’Ours et l’Amateur des Jardins, Le Rat et l’Eléphant ou Le Soleil et les Grenouilles).

L’exposition Marc Chagall - les Fables de la Fontaine a d’abord été présentée au Musée d’art moderne de Céret. Le musée Message Biblique Marc Chagall l’accueille en la modifiant un peu le visiteur peut en effet y voir des oeuvres que d’autres illustrateurs ont réalisées pour les Fables de la Fontaine. L’exposition de Nice permet ainsi de mesurer à quel point le travail de Chagall diffère de celui des illustrateurs de La Fontaine qui l’ont précédé l’anthropomorphisme et la primauté des morales sur l’analyse des situations sont deux travers que l’artiste sut éviter, au profit d’une vision poétique qui met en valeur les aspects cocasses, émouvants ou tragiques des récits. On admirera aussi la magnifique utilisation que Chagall fait de la couleur expressive dans ces oeuvres.

Le deuxième volet de l’exposition esquisse l’évolution dans le temps de la perception des Fables à travers la présentation d’oeuvres d’autres illustrateurs ayant travaillé sur différents types de supports assiettes, images d’Epinal, livres, estampes.

En effet, dès le XVIIIème siècle, les Fables deviennent une source d’inspiration majeure pour des artistes comme Chauveau ou Jean-Baptiste Oudry, dont le réalisme animalier triomphe. Au XIXème et au XXème siècles, la vogue des Fables auprès des illustrateurs évolue et donne naissance à des interprétations plus libres. Trois tendances apparaissent :
- la première, représentée par des artistes originaux, propose de nouvelles lectures c’est le cas de Jean-Jacques Grandville, de 1838 à 1845, ou de Gustave Doré, en 1868 ; Chagali s’inscrit aussi, au siècle suivant, dans cette lignée de rénovateurs
- la seconde est celle des satiristes en 1927, Jehan Sennep caricature à travers les personnages des Fables les personnalités politiques de l’époque
- enfin, la troisième témoigne d’un glissement de l’univers de La Fontaine vers l’enfance, glissement qui se produit à la fin du XIXème siècle : les images d’Epinal sont très représentatives de cette évolution.

Publication : Catalogue de l’exposition, préface de Sylvie Forestier, textes de Didier Schulmann, 144 pages, 43 illustrations couleurs, 145F, édition RMN

Cette exposition a été organisée par la Réunion des musées nationaux/Musée National Message Biblique Marc Chagall, à Nice, et la Ville de Céret/Musée d’art moderne de Céret.

Commissaire Didier Schulmann, conservateur au Musée national d’Art moderne, Paris

Musée National Message Biblique Marc Chagall
Avenue Docteur Ménard, 06000 Nice