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10/11/16

Art Suisse, Sotheby's Zurich

Art Suisse / Swiss Made
Sotheby's Zurich
29 novembre 2016

Ce mois de novembre lève le voile sur une nouvelle vente d’Art Suisse / Swiss Made. A cette occasion, Sotheby’s est ravi de proposer la sensationnelle peinture de Félix Vallotton, Au Marché, ainsi qu’un groupe d’oeuvres remarquables issues du Mouvement nabi, période dont les oeuvres sont aujourd’hui parmi les plus recherchées. Aux côtés de ce chef-d’oeuvre se tiendront également deux peintures d’exception : une superbe toile du même artiste, La cuisinière, qui dépeint une scène d’intérieur, ainsi qu’un magnifique portrait réalisé par Cuno Amiet : Schlafende Bretonin.

Le centenaire du Dadaïsme et le surréalisme suisse sont aussi honorés par l’équipe d’Art Suisse de Sotheby’s, qui propose une sélection de travaux qui explorent le développement de ces mouvements majeurs de l’histoire de l’art suisse ; notamment à travers des oeuvres réalisées par Le Corbusier. La période contemporaine est quant à elle mise en valeur grâce à des fascinantes réalisations constructivistes d’artistes suisses parmi lesquels Max Bill, Fritz Glarner et Camille Graeser. Cette grande variété d’oeuvres proposées aux enchères par Sotheby’s illustre donc l’incroyable diversité de l’influence et de la production artistique suisse.

En prévision de cette vente qui se tiendra le 29 novembre prochain, Stephanie Schleining, co-directrice du département d’Art suisse chez Sotheby’s, déclare : « Le mouvement nabi est un exemple parfait des connections qui lient la production artistique suisse à la scène internationale. Vallotton et Amiet ont tous deux joué un rôle clé dans l’évolution du modernisme en Europe, notamment grâce à leurs interactions avec Paul Sérusier et Edouard Vuillard ainsi que par l’influence de Paul Gauguin. En termes d’histoire de l’art, l’influence suisse s’étend bien au-delà des frontières et nous sommes fiers que les oeuvres présentées dans notre vente reflètent cet aspect.»

A cela, Urs Lanter, co-directeur du département d’Art suisse chez Sotheby’s, ajoute : « La vente automnale d’Art Suisse / Swiss Made inclut une merveilleuse sélection de travaux provenant d’une importante collection privée suisse. Ces oeuvres témoignent de la passion du collectionneur pour l’art de son temps, en particulier pour des artistes constructivistes tels que Max Bill et Camille Graeser, qui étaient étroitement liés à l’avant-garde allemand ».

DES ARTISTES SUISSES AUX ORIGINES DU MOUVEMENT NABI

Au Marché est un exemple fascinant des peintures réalisées par Félix Vallotton dans sa période nabie, qui a été déterminante pour la suite de sa carrière et dont les oeuvres sont aujourd’hui les plus recherchées. Cette superbe composition dépeint le marché animé d’un quartier populaire, au coeur du Paris de la fin du XIXe siècle. Grâce à des couleurs vives posées en à plat et des contours simplifiés, aux côtés de surfaces texturées typiques du mouvement nabi, Félix Vallotton illustre de manière originale une scène ordinaire de la vie parisienne. Le recours à ces procédés rappelle les estampes japonaises, et évoque la gravure sur bois que Vallotton a remise à l’honneur, notamment dans les illustrations publiées dans La Revue blanche à cette époque.


Félix Vallotton
Au Marché
Lot 17, Est. CHF 1,5 – 2 millions

Au Marché est une oeuvre majeure de ce mouvement marquant de la fin du XIXè siècle, préfigurant l’avant-garde du XXe siècle, et est porteuse de très grand intérêt pour les collectionneurs d’art post-impressionniste européen (Lot 17, Est. CHF 1,5 – 2 millions).

Les Nabis cherchaient à exprimer en toute liberté leur réalité intérieure et la dimension décorative, symbolique, voire spirituelle de la peinture. Ainsi, ils rejetaient les conventions académiques de l’art, notamment la perspective réaliste.


Félix Vallotton
La Cuisinière
Lot 26, Est. CHF 350’000 – 450’000

Issue de la même période dans la carrière de Vallotton, La Cuisinière est un complément parfait à l’oeuvre Au Marché. Le tableau montre l’exploration de cet aspect décoratif de la philosophie nabie réalisée par l’artiste suisse. Ici, Félix Vallotton a porté une attention particulière aux détails. Sa représentation de l’intérieur est ancrée dans la réalité, influencée par des maîtres anciens hollandais et français. A nouveau, on constate le choix d‘une scène du quotidien, où on y aperçoit Hélène Chatenay, sa compagne de l’époque. Ainsi, Vallotton offre un aperçu intime et exquis de ce moment (Lot 26, Est. CHF 350’000 – 450’000).


Cuno Amiet
Schlafende Bretonin, 1893
Lot 13, Est. CHF 300’000 – 500’000

Les années 1890 représentent également une période clé dans les travaux de Cuno Amiet. Après avoir étudié les Beaux-Arts à Munich et Paris, il ne se satisfait plus des approches conventionnelles de la peinture qui prévalaient à l’époque. Entre mai 1892 et juin 1893, Cuno Amiet a passé du temps dans le village de pêcheurs de Pont-Aven qui, depuis le séjour de Paul Gauguin en 1886, attirait de nombreux jeunes artistes.

L’oeuvre pionnière d’Amiet, Schlafende Bretonin, révèle son interprétation de la philosophie nabie : des traits et des contours de pinceau audacieux qui encadrent des plans de couleur plats. De la même manière, ces techniques illustrent l’analyse des pratiques de Gauguin entreprise par Cuno Amiet, tout en rappelant les estampes japonaises très présentes dans les travaux de Vallotton. Un tableau tel que Schlafende Bretonin illustre parfaitement cette période de la vie d’Amiet qui s’est avérée cruciale pour le reste de sa carrière. Ce sont des oeuvres d’avant-garde comme celle-ci qui qui ont poussé Erich Hekel à inviter le peintre suisse à rejoindre « Die Brücke », un groupe d’artistes expressionnistes allemands (Lot 13, Est. CHF 300’000 – 500’000).

LE CENTENAIRE DADA


Le Corbusier
Nature morte au portrait de famille, 1940
Lot 62, Est. CHF 300’000 – 400’000

Les premières années du XXe siècle ont vu naître à Zurich un mouvement qui a incontestablement gagné une importance internationale : le dadaïsme. Ce dernier s’est positionné comme « anti-art », avant d’évoluer dans les explorations puissantes et rêveuses du surréalisme. La vente d’Art Suisse / Swiss Made rend hommage à ce mouvement, notamment grâce à une série d’oeuvres réalisées par Le Corbusier, dont Nature morte au portrait de famille, 1940. Ce tableau montre l’utilisation magistrale de la couleur et de la composition par l’artiste (Lot 62, Est. CHF 300’000 – 400’000).


Jean Arp
L'agressif
Lot 66, Est. CHF 150’000 – 200’000

Figure dominante de l’art abstrait, Jean Arp fait également partie de cette section, avec son étonnante sculpture en bronze nommée L’agressif (Lot 66, Est. CHF 150’000 – 200’000). Aux côtés d’oeuvres élaborées par Le Corbusier et par Arp figure une merveilleuse nature morte de Gino Severini. Cette dernière met parfaitement en valeur les liens qui ont unis des artistes aussi bien helvétiques qu’européens, durant la première moitié du XXe siècle. A noter qu’elle comprend une dédicace à l’architecte suisse Fernand Dumas, qui était un ami proche de Severini. Celui-ci a d’ailleurs travaillé avec de nombreuses figures notables du modernisme, telles que Le Corbusier ou encore Arp (Lot 64, Est. CHF 80’000 – 120’000, pas d’illustration).

CONSTRUCTIVISME: MAÎTRES DE L’ABSTRACTION

La seconde partie de notre vente de novembre propose des oeuvres issues d’une importante collection privée suisse. L’ensemble de ces travaux témoigne de l’admiration de leur propriétaire envers des artistes constructivistes comme Max Bill, Fritz Glarner ou encore Camille Graeser.


Max Bill
Gelbes Quadrat mit roten Verfärbungen, 1984
Lot 93, Est. CHF 50’000 – 70’000

Connu pour ses peintures à la fois géométriques et épurées, Max Bill est représenté avec trois tableaux proposés aux enchères, dont Gelbes Quadrat mit roten Verfärbungen, 1984 (Lot 93, Est. CHF 50’000 – 70’000). Par ailleurs, sa passion pour le design moderne se retrouve dans trois sculptures géométriques en métal (Lots 97-99, Est. CHF 20’000 – 25’000 chacun).


Fritz Glarner
Tondo, 1966
Lot 67, Est. CHF 25’000 – 35’000

La géométrie est évidemment au coeur du constructivisme et de l’art concret, tout comme elle est centrale au travail de Fritz Glarner. Ce dernier a d’ailleurs été hautement influencé par Piet Mondrian ainsi que par les peintres du mouvement De Stijl. Deux oeuvres sur papier de notre vente donnent un aperçu fascinant de l’oeuvre de cet artiste : Tondo, 1966 et Abstrakte Komposition, 1967 (Lot 67 et 68, Est. CHF 25’000 – 35’000 et CHF 20’000 – 30’000).


Camille Graeser
Relation mit schwarzem Quadrat
Lot 91, Est. CHF 70’000 – 90’000

Le genevois d’origine Camille Graeser est mis en lumière à travers sa fabuleuse toile Relation mit schwarzem Quadrat (Lot 91, Est. CHF 70’000 – 90’000). On ne peut parler de maîtres de l’abstraction sans citer Olivier Mosset et John Armleder, deux artistes également genevois qui ont connu un succès bien au-delà des frontières suisses. Deux oeuvres de Mosset datant de 1986 seront mises aux enchères : Ohne Titel (2 schwarze Bänder auf grünlichem Hintergrund) (Lot 86, Est. CHF 20’000 – 25’000) and Ohne Titel (Grünes Farbfeld mit Kreis) (Lot 87, Est. CHF 20’000 – 25’000). Quant à Armleder, il s’agit de Ohne Titel, 1987 (Lot 88, Est. CHF 20’000 – 30’000).

PEINTURES DU XIXe SIÈCLE


Robert Zünd
Luzern im Abendlicht von Tribschenhorn
Lot 3, Est. CHF 80’000 – 120’000

Le XIXe siècle ne sera bien évidemment pas oublié par la vente d’Art Suisse / Swiss Made. Ainsi, Sotheby’s propose plusieurs oeuvres d’artistes hors pair de cette période. Parmi eux se trouve Robert Zünd, véritable maître dans l’art de capturer la sérénité et le calme des paysages suisses. Il sera représenté à travers une peinture illustrant Lucerne au crépuscule, Luzern im Abendlicht von Tribschenhorn (Lot 3, Est. CHF 80’000 – 120’000).


Albert Anker
Kücheninterior mit Grossmutter und Kind
Lot 6, Est. CHF 80’000 – 120’000

Le talent du maître portraitiste Albert Anker brillera quant à lui grâce à Kücheninterior mit Grossmutter und Kind (Lot 6, Est. CHF 80’000 – 120’000), une oeuvre sur papier illustrant de manière remarquable un paisible intérieur paysan.

EXPOSITIONS

Sotheby’s Geneva, Hôtel Beau-Rivage
13 quai du Mont-Blanc
12-14 novembre 2016, de 10h à 18h

Sotheby’s Zurich, Talstrasse 83
25-27 novembre 2016, de 10h à 18h

SOTHEBY'S
www.sothebys.com

14/10/11

Mai Thu Perret, Magasin CNAC Grenoble – Exposition d’oeuvres anciennes et récentes

Exposition: MAI THU PERRET, THE ADDING MACHINE, MAGASIN - Centre National d'Art Contemporain, Grenoble, 9 octobre 2011 - 8 JANVIER 2012 

Après la présentation cet été à l’Aargauer Kunsthaus (Arrau, Suisse), le MAGASIN accueille cet automne à Grenoble l’exposition monographique consacrée à l'artiste suisse Mai-Thu Perret.

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MAI-THU PERRET, Every Man & Every Women is a star II, 2007  Courtesy Galerie Barbara Weiss, Berlin - Photo: Annik Wetter, Genève / MAI-THU PERRET, Sans titre, 2011 - Impression numérique - Dimensions variables - Courtesy Mai-Thu Perret - Photo: Annik Wetter, Genève

Cette exposition présente dans toute son ampleur le travail de cette artiste de renommée internationale. Elle rendra compte de la diversité des approches de Mai-Thu Perret dans sa pratique artistique en proposant des oeuvres anciennes et nouvelles créées à l’occasion de cette exposition.

La production pluridisciplinaire de cette artiste suisse se déploie à travers différents médiums aussi variés que la sculpture, la peinture, la vidéo, le son, mais aussi le texte ou même encore la céramique. Marquée par les mouvements avant-gardistes du XXe siècle et par les philosophies orientales, l’oeuvre de Mai-Thu Perret comporte de nombreuses références culturelles, historiques et littéraires. 

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MAI-THU PERRET, Perpetual Time Clock, 2010 : Peinture acrylique sur bois - 240 x 240 cm - Collection Ricola - Photo: Annik Wetter, Genève.

Le titre de l’exposition THE ADDING MACHINE renvoie au titre d’une collection d’essais de l’écrivain William S. Burroughs et à sa méthode du « cut-up » consistant à découper de façon aléatoire des passages de texte pour les recomposer ensuite. Ces différentes combinaisons dégagent des symboles nouveaux qui permettent une nouvelle interprétation de l'oeuvre. De la même manière, Mai-Thu Perret assemble à chaque exposition ses oeuvres de manière différente, proposant ainsi une lecture artistique chaque fois renouvelée et surprenante.

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MAI-THU PERRET, In Darkness Let Me Dwell, 2010 : film 16 mm transféré sur vidéo digitale (bande sonore d’Ikue Mori) - 40 mn - Courtesy Galerie Francesca Pia, Zürich

MAI-THU PERRET est née en 1976 à Genève, où elle vit et travaille. Elle a montré son travail dans plusieurs expositions monographiques et collectives aux Etats-Unis et en Europe. Elle a récemment remporté le Zürich Art Prize ainsi que le Manor Art Award Geneva.

Commissariat de l'exposition : Yves Aupetitallot

MAGASIN – Centre National d'Art Contemporain, Grenoble
Site Bouchayer-Viallet
155 cours Berriat
38000 Grenoble
www.magasin-cnac.org

22/09/10

Aloïs Godinat Exposition à la Galerie Chez Valentin, Paris

Aloïs Godinat 
Galerie Chez Valentin, Paris 
4 septembre - 9 octobre 2010 

ALOIS GODINAT, jeune artiste suisse né à Lausanne en 1978, pratique avec élégance et subversion l’art de la bascule ; élaborant des compositions aux allures élémentaires qui oscillent entre esthétisme et conceptualisme. Des expériences de la forme des minimalistes à celles de l’action développées par John Cage ou les courants appropriationnistes des années 80, Aloïs Godinat puise dans un répertoire formel et conceptuel avec une ingéniosité qui lui épargne les écueils de la tautologie. 

Chez cet artiste, dont l’aspect finement maîtrisé des installations frappe à première vue, la répétition fait partie intégrante du processus de création. Chaque œuvre procède d’une tentative de réappropriation d’un « déjà-là », objets ou fragments d’objets tirés d’un vaste instrumentarium dont il répète la forme originale, tout en la re-produisant. 

« Je fabrique ces objets en utilisant la suggestion de leur abstraction implicite » explique-t-il. Il ne s’agit pas pour lui d’exercer un rapport de force au détriment de l’objet, mais d’attester d’un passage ; la posture de l’artiste se définissant avant tout par l’économie et le retrait. Aussi, Aloïs Godinat ne cherche pas à « dompter » la matière, mais à comprendre et à exacerber tout l’envers méconnu de ses potentialités expressives. L’abstrait enjoint à la forme de se manifester, repoussant la clôture du sens au profit de l’expression d’une rythmique formelle détachée de toute exigence figurative. 

Chez cet artiste, l’intérêt porté à l’abstraction n’est pas le produit d’une pure recherche théorique mais bien plus le résultat d’une prise de position dynamique. Le geste du créateur, médiateur modeste mais non moins méticuleux, jouit d’une certaine lisibilité, ne se laissant pourtant saisir que sous forme indicielle, présent mais jamais pour autant triomphal. 

Le geste du spectateur est lui aussi implicitement stimulé, comme c’est le cas pour le « grattoir à dos » ou la séries d’affiches enroulées ; le grattoir comme tout outil implique une action en vue de son utilisation et les affiches quant à elles suggèrent l’action d’ouverture qui viendrait rendre visible leur contenu. Mais l’ambigüité demeure puisque les objets d’Aloïs Godinat semblent tenir dans un équilibre précieusement calculé qui rend toute possibilité d’activation fonctionnelle caduque. 

Ainsi, si l’action du spectateur est simultanément appelée et refusée, celle de l’artiste, effective, peut être comprise comme un hommage à l’objet auquel elle restitue un nouveau pouvoir évocateur, autrement dit une fonction poétique insoupçonnée. Rendus obsolètes par leur caractère anachronique ou strictement instrumental, les objets qu’affectionnent l’artiste se trouvent tout à coup dégagés de leur subordination à un usage pour être projetés dans une prolifique indétermination. 

Ainsi, le travail d’Aloïs Godinat ne repose pas à proprement parler sur la performance en tant que genre, mais sur une dualité subtile entre une forme et l’action qui va venir la travailler, un jeu d’équilibriste ou d’archéologue qui mesure les écarts de manière à ce qu’à chaque regard l’objet puisse se réinventer et prolonger ainsi son histoire.

Clara Guislain

Galerie Chez Valentin 
9 rue Saint Gilles
75003 Paris

www.galeriechezvalentin.com

Expositions à venir à la galerie Chez Valentin
Laurent Grasso, 16 octobre - 13 novembre 2010. Vernissage le 16 octobre 2010.
La galerie participe à la FIAC, Paris, 21 - 24 octobre 2010 ainsi qu'à Art Basel Miami Beach, "George Henry Longly & Anne Neukamp", Art Nova, Miami, 2 - 5 décembre 2010.

14/10/09

Olivier Mosset, Portrait de l'artiste en motocycliste, MAGASIN - Centre National d'Art Contemporain de Grenoble

Olivier Mosset
Portrait de l'artiste en motocycliste
MAGASIN - Centre National d'Art Contemporain de Grenoble
11 octobre 2009 - 3 janvier 2010 

Steven PARRINO
Untitled , 1993 
Courtesy Art & Public, Geneva.

Andy Warhol, Stephane Kropf, Sylvie Fleury, Walter Steding, John Dogg, Christian Marclay, Carl Andre, Alix Lambert, Amy Granat, Janine Antoni, Walter Robinson, John Nixon, Ricardo de Oliveira, Christian Floquet, Lily van der Stocker, John Armleder, Laurie Parson, Cady Noland, Gavin Brown, etc... 

Le MAGASIN consacre son projet de rentrée au portrait de l'artiste Olivier Mosset. La forme qui est celle de l'hommage rassemble les oeuvres de nombreux artistes sans jamais montrer le travail d’Olivier Mosset lui même ! Ces artistes appartiennent à toutes les générations confondues, de Carl Andre à Stéphane Kropf en passant par le collectif 1m3 pour les plus jeunes. 

Figure incontournable de la scène artistique, Olivier Mosset entretient avec eux des liens de voisinage au sein d'une famille de même sensibilité. Il collectionne leurs oeuvres, ou pratique l'échange. L’ensemble forme aujourd'hui une collection dont il a offert la plus grande partie au Musée de la Chaux-de-Fonds, d’autres oeuvres étant déposées ou données au MAMCO de Genève, au Consortium de Dijon, ou encore à Tucson. 

L'exposition entend donc faire le portrait de l’artiste à travers des salles qui seront organisées autour de thèmes identifiés. Une première salle présente ses racines, avec les gravures de Chardin données chaque année par son grand père à ses collaborateurs, ou le portrait de Grégoire Muller. Une autre rassemblera les portraits d’Olivier Mosset à travers les photographies de Steven Parrino ou la peinture à l'acrylique de Walter Steding. Une autre salle dévoile les citations, emprunts et copies (Hugo Pernet). Les ensembles qui suivent déclinent les peintures monochromes, les pièces au sol, et le lien indéfectible de l’artiste au monde du motocyclisme. 

Olivier Mosset est né en 1944 à Berne, il vit et travaille aujourd'hui à Tucson (Arizona). Membre du groupe BMTP en 1966 avec Daniel Buren, Niele Toroni et Michel Parmentier, il s'installe à New York en 1977. 

Bibliographie princiaples : Olivier Mosset : Travaux 1966-2003/Arbeiten 1966-2003/Works 1966-2003, Musée Cantonal des Beaux-Arts, Lausanne - Kunstverein St Gallen, 2003. 

Commissaire de l'exposition : Yves Aupetitallot 

MAGASIN – Centre National d'Art Contemporain 
Site Bouchayer-Viallet, 155 cours Berriat - 38000 Grenoble 
www.magasin-cnac.org

20/05/01

100 ans Alberto Giacometti - La rétrospective au Kunsthaus Zurich

100 ans Alberto Giacometti - La rétrospective
Kunsthaus Zurich
18 mai - 2 septembre 2001

Alberto Giacometti (1901 - 1966), le plasticien suisse de renommée mondiale, aurait eu 100 ans le 10 octobre prochain. Le Kunsthaus Zurich est le seul musée européen à organiser une rétrospective présentant outre les œuvres de maturité presque l'ensemble des travaux de la phase surréaliste de l'artiste décédé en 1966.

Quatre ans de préparation auront été nécessaires à la réalisation de cette exceptionnelle rétrospective. Grâce à la collaboration avec la Fondation Alberto Giacometti et le Museum of Modern Art de New York et du soutien considérable du Centre Pompidou, le Kunsthaus Zurich a été en mesure de réunir 90 sculptures, 40 tableaux et 60 dessins, dont la plupart n'a jamais été exposée en public à ce jour. Ainsi, la période surréaliste de l'artiste est presque entièrement représentée par exemple, une période fascinante rarement exposée à ce jour en raison de sa grande fragilité. Le souhait des organisateurs aura été de présenter l'artiste dans toutes ses facettes afin de mieux saisir la cheminement de ses intentions artistiques. L'exposition qui occupe près de 1'400 m2 poursuit deux objectifs : il s'agit tout d'abord de chercher à inciter le visiteur à éviter l'interprétation habituelle, et un peu hâtive, qui catégorise l'œuvre tardive de Giacometti dans la classe existentialiste. D'autre part, cette exposition souhaite, par la présentation des œuvres d'après la seconde guerre mondiale, montrer le lien intime existant entre les premiers travaux cubistes et les travaux surréalistes qui ont suivi.

De nombreuses manifestations viendront compléter l'exposition, permettant de mieux saisir la vie et le travail de création de l'artiste, ainsi que l'accueil réservé à son œuvre. Ainsi, une exposition de photos d'Ernst Scheidegger est présentée simultanément au Cabinet graphique. Il faut également signaler un opéra écrit sur des textes de Giacometti, des conférences, des films documentaires, des visites guidées à thème, et, bien entendu, le catalogue d'exposition.


Alberto Giacometti et son oeuvre

L'homme vient de loin, il marche, imperturbable malgré sa maigreur et sa fragilité: figure élémentaire et éternelle, il est l'un des grands symboles de la seconde moitié du 20e siècle. L'homme qui marche est imprimé sur les billets de cent francs. Alberto Giacometti, né à Bergell dans les Grisons, a créé plusieurs personnages analogues, des figures de femmes debout, le Chariot, sur lequel se tient une femme absente, le Chien, qui se presse dans la rue, des bustes dont les têtes aux formes parfaites surgissent de la matière chaotique. A ces sculptures, qui touchent à l'essence même de l'être humain, s'ajoutent des peintures et des dessins tout aussi fascinants, des portraits d'une présence incroyable, des paysages de montagnes cristallins, des espaces intérieurs à la fois familiers et énigmatiques.

Giacometti avait presque cinquante ans lorsqu'il créa l'image de cet homme dans lequelson époque, l'existentialisme, s'est reconnue. Mais à part cela, un autre Giacometti, le Giacometti jeune homme, a également joué un rôle capital dans le développement de l'art au 20e siècle, et son influence est ressntie aujourd'hui encore: en effet, Giacometti est tout simplement l'un des plasticiens le plus importants du surréalisme. Ses modèles de représentation psychique, ses fascinantes constructions de places des années "folles" (les années 30) sont ainsi rassemblés pour la première fois dans leur quasi-intégralité à l'occasion de la rétrospective du Kunsthaus. On peut notamment y voir le Palais à quatre heures du matin, que le Museum of Modern Art, New York, prête pour la première fois, et la seule grande sculpture de l'époque, la Figure dans un jardin, destinée au jardin du Vicomte de Noailles, et qui n'a tout bonnement encore jamais été exposée en public. La réunion de ces œuvres étonnamment diverses permet de mieux saisir la complexité de l'oeuvre de Giacometti, une œuvre extraordinairement inventive et influente.

Aucun artiste avant lui n'avait tenté avec autant d'intensité de chercher à comprendre et de modeler la façon dont nous avons de voir, de regarder: la façon dont une femme est aperçue au loin, au bord d'un talus, la façon dont la réalité extérieure est rendue visible. Sans répit, les yeux d'Alberto enveloppent et sondent les objets et les hommes; sans répit ses mains dessinent, travaillent la terre, peignent, pour rendre la vie aux choses vues, pour que le passant ne soit pas simplement une image morte mais devienne une véritable rencontre vivante pour l'observateur, une image sauvée de l'éphémère et fixée à tout jamais dans une œuvre d'art.


La rétrospective est organisée par Christian Klemm (vice-directeur du Kunsthaus Zurich. Depuis 1982, conservateur de la collection de la Fondation Alberto Giacometti) ; Tobia Bezzola (conservateur au Kunsthaus Zurich), Carolyn Lanchner (ancien conservateur au Museum of Modern Art, New York) ; et Anne Umland (conservateur associé au Museum of Modern Art, New York).

Après l'étape de Zurich, cette exposition sera reprise du 10 octobre 2001, date du centième anniversaire de la naissance d'Alberto Giacometti, au 8 janvier 2002 par le Museum of Modern Art, New York.

Au printemps 2002, après le retour des œuvres des Etats Unis, la Fondation Alberto Giacometti intégrera nouvellement la partie du Kunsthaus conçue par l'architecte Moser en 1910. La Fondation Giacometti possède la plus importante collection mondiale des oeuvres du peintre et plasticien suisse. D'autre part, cette collection sera enrichie d'œuvres supplémentaires , tel qu'annoncé par le frère de Giacometti, le nonagénaire Bruno Giacometti, lors de l'inauguration de l'aile Giacometti.

KUNSTHAUS ZURICH
Heimplatz 1, 8001 Zurich