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05/04/24

Valérie Belin @ MUsBA - Musée des Beaux-Arts de Bordeaux - Exposition "Les visions silencieuses"

Valérie Belin - Les visions silencieuses
MUsBA - Musée des Beaux-Arts de Bordeaux
24 avril - 28 octobre 2024

Répondant à l’invitation du musée des Beaux-Arts de Bordeaux – qui convie régulièrement un/e artiste contemporain/e à porter un regard personnel sur ses collections – Valérie Belin propose Les visions silencieuses, une exposition monographique d’envergure organisée en partenariat avec la Galerie Nathalie Obadia (Paris, Bruxelles).

L'exposition consacrée à Valérie Belin (née en 1964), considérée comme l'une des plus importantes de sa génération et comme l'une des rares représentantes de la photographie plasticienne, s’inscrit aussi dans le prolongement des expositions dédiées par le musée des Beaux-Arts aux artistes femmes, de l’artiste contemporaine Suzanne Lafont en 2018 à Rosa Bonheur en 2022. 

Valérie Belin - Florilège et affinités électives

Rassemblant une centaine de pièces couvrant toute la production de l’artiste, de la fin des années 1990 aux séries les plus récentes dont une inédite, l'exposition se déploie sur les deux sites du musée des Beaux-Arts, mettant en lumière la dimension singulière de son travail.

A la Galerie des Beaux-Arts, sont réunies les séries les plus emblématiques de l’artiste (Robes, Modèles II, Michael Jackson, Black Women, Mariées marocaines, Têtes couronnées, Still Life, Bouquets, Corbeilles de fruits, Intérieurs, Bodybuilders…) auxquelles s’ajoutent les plus récentes (Painted Ladies, Reflection, Modern Royals, All Star et Heroes) ainsi que cinq œuvres inédites issues de la nouvelle série intitulée Lady Stardust (2023).

Les nombreuses références de l’artiste à l’histoire de l’art, à travers les genres de la nature morte, du portrait, du nu ou du culte du corps, permettent un dialogue stimulant et inédit avec les collections bordelaises. Ainsi, dans les deux ailes du musée, onze photographies viennent converser avec les collections de peintures. Centré surtout sur le portrait féminin – sujet de prédilection de l'artiste –, le choix de ces correspondances repose sur des rapports avant tout formels.

Valérie Belin - Jeux de dupes

A travers des images saturées de signes visuels pour les plus récentes, Valérie Belin joue sur les codes de la représentation et trouble les frontières entre réalité et imaginaire. Elle accompagne ainsi les mutations technologiques et ontologiques de la photographie, de l’analogique au numérique, tout en s’inscrivant dans la tradition des avant-gardes de l’entre-deux-guerres en s’appropriant des techniques de surimpression ou de solarisation. Son passage à la couleur, à partir de 2006, apporte à ses photographies une dimension plus picturale et parfois un aspect de « collages » pleinement assumé.

Valérie Belin brouille ainsi les pistes entre réel et virtuel, nature et artifice, objets inanimés et êtres vivants, présence et absence, hyperréalisme et métaphore. L’artiste se plaît ainsi à dire qu’elle ne fait pas des « photographies d’objets » mais des « portraits d’objets », voyant en eux une « métaphore du corps traversé par la lumière ». Aux Bodybuilders, aux corps cabossés et huilés, répondent les carcasses métalliques des Voitures accidentées tandis que les Mannequins de vitrines semblent souvent plus humains que leurs doubles de chair. 

Valérie Belin - Éléments biographiques 

Valérie Belin est diplômée de l’École nationale supérieure d'art (ENSA) de Bourges et de la Sorbonne (philosophie de l’art). Tout d’abord influencée par différents courants minimalistes et conceptuels, Valérie Belin s’est intéressée au medium photographique, qui est à la fois le sujet de son œuvre et son moyen de réflexion et de création. La lumière, la matière et le « corps » des choses et des êtres en général, ainsi que leurs transformations et représentations, constituent le terrain de ses expérimentations et l’univers de son propos artistique. Le travail se manifeste sous la forme de séries photographiques, chacune étant réalisée dans le cadre d’un projet.

Commissariat : Valérie Belin et Sophie Barthélémy, directrice du MusBA

Musée des Beaux-Arts de Bordeaux
Jardin de la mairie, 20 cours d’Albret, 33000 Bordeaux 

Galerie du musée des Beaux-Arts de Bordeaux
Place du Colonel Raynal, 33000 Bordeaux
Ouverture du 24 avril au 28 octobre 2024

12/12/21

Absalon Absalon @ Capc, Bordeaux, Musée d’art contemporain de Bordeaux

Absalon Absalon
Absalon, Alain Buffard, Dora García, Robert Gober, Felix González-Torres, Marie-Ange Guilleminot, Mona Hatoum, Laura Lamiel, Myriam Mihindou
Capc, Musée d’art contemporain de Bordeaux
Jusqu'au 2 janvier 2022

Absalon
ABSALON
Solutions, 1992.
Vidéo transférée sur DVD.
Couleur, son. 7’25’’, boucle.
Courtesy de l’artiste et Galerie Chantal Crousel, Paris. 
© The Estate of Absalon

Absalon Absalon est une exposition collective qui prend comme point de départ l’oeuvre prématurément interrompue de l’artiste franco-israélien Absalon pour en proposer une interprétation renouvelée, à travers un réseau d’affinités formelles et conceptuelles avec une sélection d’oeuvres de certain·e·s artistes de sa génération.

Meir Eshel est né à Ashdod en Israël, en 1964. Après avoir démissionné de son service militaire, Meir Eshel s’installe à Paris en 1987 où il s’inscrit, sur les conseils de son oncle, le critique d’art Jacques Ohayon, dans l’atelier de Christian Boltanski à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Jacques Ohayon, collectionneur et enseignant en histoire de l’art, est également une figure flamboyante et subversive de la nuit parisienne. Cette année-là Meir prend le nom d’Absalon, inspiré par un récit de l’Ancien Testament, histoire d’un fils rebelle finalement vaincu et assassiné. Un nom associé à l’idée de révolte, mais aussi de destin tragique. Alors qu’Absalon, encouragé par un cercle d’enthousiastes de plus en plus large, commence à montrer son travail et reçoit rapidement un succès critique, il est admis à l’Institut des Hautes Études en Arts Plastiques, programme annuel dirigé par l’ancien directeur du Musée National d’Art Moderne Pontus Hulten, et par les artistes Daniel Buren et Sarkis. Absalon y rencontre notamment Michael Asher, qui a une influence importante pour la suite de son travail. Alors qu’il commence à collaborer avec la galerie Chantal Crousel à Paris en 1990, il déménage dans un atelier à Boulogne, construit par Le Corbusier pour l’artiste Jacques Lipchitz en 1924. En janvier 1993, il inaugure une importante exposition monographique au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, organisée par Béatrice Parent et Angeline Scherf. Il y présente les prototypes de ses Cellules, des constructions blanches, bâties selon les proportions des mesures du corps de l’artiste et destinées à être installées dans six villes différentes pour y vivre. Conçues comme des « espaces mentaux » par Absalon, les Cellules déterminent une forme de vie fondée sur la résistance, l’habitude, le mécanisme et la contrainte, comme formes non pas d’aliénation mais d’émancipation. Il s’agit pour Absalon de vivre selon ses propres termes en se libérant des identités assignées. En octobre 1993, à l’âge de 28 ans, Absalon succombe aux conséquences du virus du sida, sans avoir pu mener à bien son projet.

Connue, donc, pour ses Cellules, ses constructions architecturales géométriques d’un blanc immaculé, que l’artiste avait conçues et construites pour les habiter, la pratique d’Absalon a souvent été considérée à l’aune d’une généalogie des avant-gardes, dans la continuation d’une abstraction radicale, générique et idéalisée, déconnectée des contingences du monde. Sans nier que l’oeuvre d’Absalon ait des traits communs avec une certaine téléologie historique, l’exposition propose d’en questionner les intentions et significations en en proposant une approche plus subjective, politique et incarnée.

A partir d’une large sélection de ses dessins, maquettes, sculptures, plans et prototypes à l’échelle un, elle entend d’abord montrer comment l’oeuvre d’Absalon s’articule autour d’un unique programme, dont la trajectoire linéaire devait aboutir à un projet de vie, qui dépasserait le champ de l’art. Dès lors, sous son minimalisme de surface perce une multitude de questions sociales, affectives et psychologiques, qui toutes concernent l’émancipation d’un corps physique par rapport au corps social. Une échelle politique, mais absolument personnelle, minoritaire et non prescriptive, telle une poche de résistance lovée au coeur du système, plus implosive qu’explosive. Au sein des Cellules, il est moins question de claustrophobie ou de retranchement que de la construction d’un espace mental et physique à l’échelle un, à la fois protégé et connecté. Un bio-dispositif parasite qui fonctionne comme un lieu de vie et de soin dans un environnement considéré par l’artiste comme un ensemble d’assignations et de déterminations culturelles dont son oeuvre doit lui permettre de s’affranchir.

En regard de cette utopie concrète, dans une logique de dépliage plus que de dialectique, un choix précis de travaux de huit artistes -Alain Buffard, Dora García, Robert Gober, Felix González-Torres, Marie-Ange Guilleminot, Mona Hatoum, Laura Lamiel, Myriam Mihindou- crée des perspectives multiples, qui sont autant de courroies de transmission vers des questions culturelles, spirituelles, identitaires, poétiques et sentimentales, dissimulées au coeur de l’oeuvre-programme d’Absalon, en allant au-delà de son premier abord monolithique et insondable. Elle place rétrospectivement la carrière fulgurante d’Absalon non pas au sein d’un hypothétique esprit des temps (celui des années 1990), mais dans un réseau de résonances politiques, formelles et affectives dont les échos s’entendent encore aujourd’hui.

Reconsidérer l’oeuvre d’Absalon presque trente ans après sa disparition implique d’abord de réfléchir à sa singularité, mais aussi à sa proximité avec une certaine génération d’artistes qui a émergé internationalement au tournant des années 1990. L’oeuvre d’Absalon, tout entière tendue par une volonté de vivre, et de vivre selon ses propres termes, est à situer près de celles des artistes qui, notamment dans le contexte de la lutte contre le sida, ont mis de côté les atermoiements qui avaient un temps séparé l’activisme de la pratique artistique pour se lancer dans des pratiques motivées par l’urgence et la nécessité impérative d’exister et de témoigner. Une dénonciation incarnée, performée, physiquement « incorporée », des mécanismes de l’oppression et du déterminisme, qui place rétrospectivement la carrière fulgurante d’Absalon dans un réseau de résonnances dissidentes dont les échos s’entendent encore aujourd’hui.

Commissaires : Guillaume Désanges et François Piron

Cette exposition est coproduite avec l’Institut Valencià d’Art Modern (IVAM).

Cette exposition est reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture / Direction régionale des Affaires culturelles de Nouvelle-Aquitaine. Elle bénéficie à ce titre d’un soutien financier exceptionnel de l’État.

Capc, Musée d’art contemporain de Bordeaux
7 rue Ferrère, Bordeaux

17/05/21

Absolutely Bizarre ! @ Galerie des Beaux-Arts, Bordeaux

Absolutely Bizarre !
Les drôles d’histoires de l’École de Bristol (1800-1840)
Galerie des Beaux-Arts, Bordeaux
10 juin – 17 octobre 2021 

Francis Danby
FRANCIS DANBY
Sunset at Sea after a Storm, 1824 
Coucher de soleil sur la mer après une tempête 
Huile sur toile 
© Bristol, Bristol Museum & Art Gallery

Samuel Colman
SAMUEL COLMAN  
St James’s Fair, Bristol, 1824 
La Foire de Saint-James
Huile sur panneau 
© Bristol, Bristol Museum & Art Gallery.

Proches par leur situation géographique au Sud-Ouest de leurs pays respectifs et par leur passé commun de ports coloniaux, Bordeaux et Bristol sont jumelées depuis plus de 70 ans. Si de nombreux échanges existent entre les deux villes, l’école de peinture de Bristol, peu étudiée jusqu’à présent et peu connue en France, n’avait pas encore été mise à l’honneur de ce côté-ci de la Manche.

Cette exposition propose donc la première présentation d’ensemble, en France, de ce phénomène singulier qu’a représenté « L’École de Bristol ». Plus qu’un mouvement pictural autonome, il s’agit bien davantage d’une association informelle de peintres, principalement paysagistes, et d’amateurs (critiques, mécènes, écrivains), caractéristique des réalités artistiques de la première moitié du XIXe siècle. Des « sketching parties » (du terme « sketch », « esquisser ») dans les environs de Bristol et des réunions chez les uns et les autres cimentèrent l’unité de ce groupe dans les années 1820-1830. L’École de Bristol aborde alors une grande variété de genres qu’elle renouvelle : la peinture de la vie citadine et des scènes de genre, vues au prisme des transformations sociales de l’époque, le paysage, en inventant une forme très originale de vues pittoresques et péri-urbaines, et enfin la peinture fantastique, traitée avec une ambition inédite jusqu’alors.

De 1800 à 1840, Bristol est ainsi une pépinière de talents de grande valeur qui, pour certains, se feront remarquer jusqu’à Londres au point d’influer sur l’évolution de la création artistique de la capitale britannique. Parmi eux, on compte les peintres Edward Bird, Francis Danby, Edward Villiers Rippingille, Samuel Colman, Samuel Jackson, Rolinda Sharples – artiste femme qui réussit une brillante carrière au point de pouvoir vivre de son art - et enfin William James Müller. Ce dernier, qui réalisa un témoignage saisissant des émeutes embrasant Bristol en 1831, sera mis en regard, pour la première fois, d’un célèbre contemporain, William Turner, dont on pourra admirer de puissantes aquarelles représentant l’incendie du Parlement britannique, qui eut lieu trois ans plus tard.

Le musée des Beaux-Arts accueille environ 80 oeuvres provenant majoritairement du Bristol Museum & Art Gallery (65 aquarelles et peintures à l’huile), auxquelles s’ajoutent plusieurs prêts de la Victoria Art Gallery de Bath et de la Tate Britain de Londres ainsi que du musée du Louvre.

Un catalogue propose la première présentation d’ensemble, tant en France qu’en Grande-Bretagne, du phénomène singulier qu’a représenté « L’École de Bristol ». Il rassemble des essais d’introduction sur cette école mais aussi un ensemble de plus de 70 notices consacrées aux oeuvres exposées. Dirigé par Guillaume Faroult, conservateur en chef au musée du Louvre, cet ouvrage bénéficiera des contributions de David Solkin, professeur honoraire au Courtauld Institute de Londres, de Jenny Gaschke, conservatrice des collections anciennes (pré-1900) au Bristol Museum & Art Gallery, d’Amy Concannon, conservatrice des collections britanniques (1790-1850) à la Tate Britain, ainsi que des co-commissaires Sophie Barthélémy, conservatrice en chef et directrice du musée des Beaux-Arts de Bordeaux, et Sandra Buratti-Hasan, directrice adjointe, conservatrice en charge des collections XIX-XXe siècles au sein du même établissement. Edition bilingue (français-anglais) illustrée, Coédition Musée des Beaux-Arts/Éditions Snoeck, à paraître à la fin de l’année 2020, 280 pages.

Absolutely Bizarre ! a été labellisée Exposition d’intérêt national par le ministère de la Culture.

Artistes présentés

Edward Bird (1772–1819) 
Samuel Colman (1780–1845) 
Francis Danby (1793–1861) 
Samuel Jackson (1794-1869) 
James Johnson (1803–1834) 
John King (1788-1847) 
William James Müller (1812–1845)
Nicholas Pocock (1740–1821) 
James Baker Pyne (1800–1870) 
Edward Villiers Rippingille (1798–1859)
Thomas L. Rowbotham (1782-1853)
Rolinda Sharples (1793–1838)
Joseph Mallord William Turner (1775-1851)
William West (b.c.1793–1861)

GALERIE DES BEAUX-ARTS
Place du Colonel Raynal, 33000 Bordeaux

10/07/16

Graffiti Art @ Institut Culturel Bernard Magrez, Bordeaux

Graffiti Art, tableaux de légende 1970 - 1990
Institut Culturel Bernard Magrez, Bordeaux
Jusqu'au 27 septembre 2016


 
© T-KId, collection Gallizia

© Rammellzee, collection Gallizia

L’Institut Culturel Bernard Magrez, haut lieu des arts et de la culture à Bordeaux, présente au sein du Château Labottière, la prestigieuse Collection Gallizia pour une exposition exceptionnelle, Graffiti Art, tableaux de légende 1970-1990, jusqu’au 27 septembre 2016.

Le fond Gallizia, un des plus grands au monde, est constitué de plusieurs collections, dont principalement la « Collection Vintage » et la « Collection Amour ».

La « Collection Amour » est, dans l’histoire, la seule commande faite à des artistes internationaux, avec une unité de lieu, de thème et de format, pour mieux mettre en évidence la variété de styles et servir de panorama à la création contemporaine en ce domaine.

La « Collection Vintage », la plus fortement représentée dans cette exposition, offre une rétrospective de cet art depuis ses débuts en 1970 au travers de rares toiles d’époque, parfois les premières de ces Maîtres de la bombe aérosol.


© zlotykamien, collection Gallizia

© Crash, collection Gallizia
 © Crash, collection Gallizia

Le Château Labottière sert d’écrin à ces tableaux de légende, peu nombreux à être conservés et pour la plupart inédits, signés Coco, Blade, Dondi, Rammellzee, Crash, Aone, Toxic, Lee, Lady Pink, Zéphyr, Daze, Zlotykamien, Bando, Jayone, JonOne et bien d’autres.

A l’Espace Boétie il est possible de découvrir une partie de la « Collection Amour », déjà présentée en 2009 au Grand Palais, et de la « Collection Vintage » dont certaines oeuvres ont été présentées à la Pinacothèque de Paris en 2015.

Une exposition rare de cet Art caché, exposé en galerie depuis 1972, masqué par le milieu de l’Art new-yorkais après 1983, à découvrir enfin dans le cadre prestigieux du Château Labottière, siège de l’Institut Culturel Bernard Magrez.

INSTITUT CULTUREL BERNARD MAGREZ
Château Labottière
16 rue de Tivoli
33000 Bordeaux
www.institut-bernard-magrez.com

11/12/13

Expo Verres, Musée Arts décoratifs, Bordeaux : Verres d'usage et d'apparat, de la Renaissance au XIXe siècle - La collection du Mesnil

Verres d'usage et d'apparat, de la Renaissance au XIXe siècle - La collection du Mesnil
Musée des Arts décoratifs, Bordeaux 
13 décembre 2013 - 30 mars 2014 

Coupe en verre rubis monture en argent doré 
© Jean-Christophe Garcia 

Le musée des Arts décoratifs de Bordeaux accueille la collection du Mesnil, des verres anciens allant de la Renaissance jusqu’au XIXe siècle, comprenant un ensemble particulièrement remarquable de verres vénitiens. Durant quatre mois, deux visions de collectionneur sont ainsi réunies sous un même toit, l’une publique, l’autre particulière. La première s’est constituée avec l’objectif de créer et constituer un patrimoine, la seconde s’est faite avec liberté, aux grés des passions d’un amateur.

En acceptant avec beaucoup de générosité de déposer ses verres précieux au musée, ce collectionneur dévoile l’intimité de ses choix, parfois emballés, parfois raisonnés.

On observe un goût particulier pour les verres de la Renaissance vénitienne, des verres soufflés aux XVIe et XVIIe siècles, des objets raffinés et fragiles, à couper le souffle de beauté. C’est leur très belle transparence, leur extrême pureté que le collectionneur apprécie tout particulièrement. Des caractéristiques qui le conduisent également à acquérir de rares pièces des pays du Nord, tel ce verre gravé à la roue d’un décor de vignoble, autour de 1735.

Sont exposés des verres à boire, des verres de mariage, des pièces d’ostentation ou de rares aiguières en verre opalescent, en rubinglass, ce verre rouge intense, ou encore en verre bleu profond. Ces objets nous renvoient à cette culture de la Renaissance où les verres font partie du cérémonial des banquets. Les verres d’usage n’étaient alors apportés à table que lorsque le convive souhaitait boire. Il faut attendre le XIXe siècle pour que le verre devienne un élément primordial du décor de la table.

Sont ici réunies quelques cent trente pièces d’exception, qui sont comme autant d’enfants que le collectionneur a souhaité lui-même transporter au musée, refusant ainsi toute prise de risque par un autre. Une sortie qui se montre exceptionnelle, une occasion unique d’admirer ces pièces délicates.

Première exposition qui ouvre un cycle dédié aux collectionneurs d’Arts décoratifs et de design, c’est également un premier témoignage de cette ardeur fébrile du collectionneur qui l’incite à chercher sans répit la pièce rare, la pièce exceptionnelle, sans laquelle la collection demeure incomplète. Après plus de dix ans en quête de ces pièces du puzzle, si tant est qu’on puisse imaginer qu’une collection soit un jour finie, cet amateur bordelais a réuni un exceptionnel ensemble de verres d’usage et d’apparat. Cette collection fait aujourd’hui partie des plus belles collections privées en Europe. 

MUSEE DES ARTS DECORATIFS, BORDEAUX
39 rue Bouffard - 33000 Bordeaux

Musée des Beaux-arts de Bordeaux : Réouverture et nouveautés

Réouverture et nouveautés au Musée des Beaux-arts de Bordeaux 

Attendue depuis bientôt quatre années, la réouverture complète du musée des Beaux-Arts, le 19 décembre, est l’occasion de redécouvrir la richesse de ses collections, avec un accrochage entièrement revu et des espaces rénovés.

Institution culturelle majeure de Bordeaux, le musée des Beaux-Arts est créé sous le Consulat, en 1801 par l’arrêté Chaptal. Installé depuis 1881 dans les deux ailes construites par l’architecte Charles Burguet dans les jardins de la mairie, il est l’un des dix plus importants musées en région, par la richesse de ses collections.

Fermée en totalité depuis quatre ans, l’aile nord, consacrée à l’art des XIXe et XXe siècle, a bénéficié d’importants travaux de rénovation. La muséographie a été entièrement revue, avec un nouveau matériel muséographique (vitrines, socles, banquettes), des cimaises colorées, une signalétique conçue pour une meilleure approche des oeuvres. Les verrières naturelles, entièrement réhabilitées, apportent le meilleur éclairage qui soit.

Le parcours chronologique met en évidence les points forts du musée : la Restauration, époque importante de l’histoire bordelaise, ouvre les années romantiques avec le chef-d’oeuvre tutélaire du musée, La Grèce sur les ruines de Missolonghi de Delacroix. Suivent les grands mouvements esthétiques du siècle, l’académisme (avec Bouguereau), le réalisme et l’école de Barbizon (avec Corot, Huet, Daubigny, Boudin...) ou la peinture animalière (avec la bordelaise Rosa Bonheur), sections où les collections du musée s’honorent de nombreuses oeuvres importantes. Rolla, d’Henri Gervex, retrouve les cimaises du musée où il était déposé par l’Etat depuis 1933. A ses côtés, sont exposés l’impressionnisme et le naturalisme des années 1870-1880.

La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle correspondent à une période remarquablement riche pour Bordeaux et pour son musée : Odilon Redon, figure majeure du symbolisme, Albert Marquet, un des fondateurs du fauvisme, André Lhote, compagnon du cubisme, Jean Dupas, pour les années « Art déco », sont tous nés à Bordeaux. Le parcours leur dédie en conséquence une place particulière. A leurs côtés, la présence d’oeuvres importantes de Matisse, Valloton, Picasso, Braque... accompagne le visiteur dans une promenade lumineuse à la découverte de l’art moderne.

Le parcours s’achève avec une salle consacrée à la non figuration et à l’art abstrait, comme une introduction proposée aux amateurs de continuer logiquement leur visite au CAPC, musée d’art contemporain de Bordeaux. Au centre de la galerie, une allée des sculptures permet une confrontation passionnante avec les peintures présentées sur les cimaises : de Barye, Carpeaux, Rodin, Despiau à Zadkine ou Morellet...

L’accent a été mis sur la médiation, avec de nombreux documents d’information mis à la disposition des visiteurs (panneaux historiques, cartels développés, fiches de salles), tous traduits en anglais et en espagnol). Des tablettes numériques complèteront ces dispositifs, disposées tout au long du parcours, pour permettre à tous les publics un accès renouvelé aux oeuvres et aux artistes, ludique et savant à la fois.

A l’occasion de cette réouverture, l’aile sud du musée, consacrée à l’art du XVe au XVIIIe siècle, rénovée il y a quelques années, a été rafraichie. Les salles, désormais, proposent une ambiance plus chaleureuse mise au service des oeuvres et pour le confort du visiteur. Un nouvel accrochage est proposé, notablement enrichi, qui remet en lumière les points forts de la collection : Pérugin, Titien, Véronèse, Rubens, Van Dyck, Ruysdael, Murillo, Reynolds, Lawrence, Greuze, Taillasson...

C’est donc à une véritable renaissance du musée que le public est aujourd’hui convié. Au total, ce sont près de 350 oeuvres qui sont à nouveau visibles, dont un grand nombre de chefs-d’oeuvre célèbres. C’est aussi l’occasion de renouer avec les grands artistes que Bordeaux a vu naître : Rosa Bonheur, Odilon Redon, Albert Marquet, André Lhote, Roger Bissière...

Musée des Beaux-Arts de Bordeaux
20, cours de l’Albret
33000 Bordeaux

14/06/13

Expo Design Espana, Bordeaux, Musée des Arts décoratifs, Galerie des Beaux-arts

Design Espana
Musée des Arts décoratifs de Bordeaux
Galerie des Beaux-arts, Bordeaux
14 juin - 16 septembre 2013


Design:España
Affiche de l'exposition 
© Musée des Arts Décoratifs-mairie de Bordeaux

Le panorama espagnol en matière de design se révèle tout à fait passionnant. Une production dynamique, des designers reconnus, des techniques innovantes, une présence internationale : la modernité espagnole s’exporte et a conquis une place mondiale. Le succès actuel de Patricia Urquiola ou de Jaime Hayon en est le signe. Selon l’architecte et designer Juli Capellà, le design espagnol est non seulement une réalité tangible et consolidée mais aussi l’un des secteurs où l’Espagne trouve sa meilleure projection internationale. Le musée des Arts décoratifs de Bordeaux propose un panorama de la création espagnole en ce domaine.

Javier Mariscal, fauteuil Alessandra, 1995 
Moroso Ed - photo © Estudio Mariscal

Josep Maria Coderch, Lampe (suspension) 
© Vinçon, Barcelone

L’ambition de cette exposition est de faire découvrir au public français les apports de l’inventivité espagnole en matière de mobilier, de graphisme et de design, avec un regard rétrospectif sur la création plus ignorée du 20e siècle. L’actualité du design y est présentée avec des personnalités qui rencontrent aujourd’hui une projection internationale. Autour d’objets emblématiques de la culture populaire espagnole sont évoqués le design industriel, le design graphique et le design contemporain. C’est l’occasion de découvrir la totale singularité de notre voisin ibérique.

Martin AZUA, siège OM 
Ed Mobles 114 - Photo © Martin Azua


Martin AZUA, Rebotijo 
Photo © Daniel Riera et Martin Azua

Au terme de 40 années de dictature, l’Espagne était un pays méconnu et fermé, avant d’exploser sur le plan international dans les années 80 dans une Movida effervescente, suivie d’une Olympiade (1992) qui prépara son entrée dans la Communauté européenne. Pendant un siècle, la créativité du pays s’était pourtant toujours affirmée : avec l’Art nouveau et les mouvements catalanistes du siècle nouveau à Barcelone, puis dans une première tentative d’adhésion à la modernité internationale (1929, Exposition universelle de Barcelone), tentative interrompue à la fin de la Seconde République, puis dans une singularité industrielle rendue plus originale par l’isolement des années de dictature. Et enfin, avec la Transition, dans l’explosion des années 80 et 90 ont coexisté un parti-pris de modernité et une tendresse non reniée pour le folklore vernaculaire, coexistence très originale portée à la connaissance du monde par les films de Pedro Almodóvar.

Camper Store Tokyo 2009 
© Hayon Studio

Par ailleurs, trois locomotives économiques, la Catalogne, le Pays Basque et Madrid entretiennent depuis le début du XXe siècle un grand nombre d’initiatives industrielles dans lequel le design n’est pas oublié. Après Oscar Tusquets et Javier Mariscal dans les décennies précédentes, Patricia Urquiola, Jaime Hayon ou le jeune Nacho Carbonell incarnent la nouvelle génération. Ils ne sont plus perçus aujourd’hui comme les simples emblèmes d’une modernité surprenante mais plutôt comme les auteurs d’un nouveau design international, né en Espagne.

Musée des Arts décoratifs, Bordeaux
L'exposition du musée des Arts décoratifs a lieu à la Galerie des Beaux-Arts:
Galerie des Beaux-Arts
Place du colonel Raynal - 33000 Bordeaux - France
HORAIRES : La galerie est ouverte tous les jours de 11h à 18 sauf mardis et jours fériés.
www.bordeaux.fr

01/03/12

Expo Tobeen à Bordeaux au Musée des Beaux-arts

Tobeen - Un poète du cubisme
Musée des Beaux-arts de Bordeaux

8 juin - 16 septembre 2012

L'oeuvre de Félix-Elie Bonnet dit TOBEEN (Bordeaux, 1880-1938,  Saint-Valery-sur-Somme) est celle d'un peintre fortement imprégné de ses origines bordelaise qui participe activement au renouvellement artistique mené par les avant-gardes qui sont les acteurs de la naissance de l’art moderne.

Né à Bordeaux en 1880, Tobeen fait partie du cercle du collectionneur et mécène Gabriel Frizeau. Il gardera des liens d'amitié avec certains de ces intellectuels et artistes entourant l'esthète bordelais, comme le critique Olivier Hourcade et surtout André Lhote avec qui il partage très vite un grand intérêt pour le cubisme.

Tobeen TOBEEN (1880-1938)
La nageuse, Collection privée
Courtesy Musée des Beaux-arts de Bordeaux

Il s'établit à Paris en 1907 et fréquente les artistes regroupés à Montparnasse, à la Ruche, foyer de l’avant-gardisme parisien, où il trouve un premier atelier. Cette même année, Pablo Picasso peint Les demoiselles d'Avignon et sonne le coup d'envoi du cubisme. Tobeen est aussi un proche du cercle de Puteaux, côtoyant Jacques Villon, Metzinger, Gleizes et prêche, comme eux, pour un art dont le "sujet devenait le métier" (Jacques Villon).

Dès 1911, il expose à Paris, au Salon des Indépendants dans la salle des cubistes. Mais c'est en 1912 qu'il se fait remarquer, au Salon de la Section d'Or où il présente onze oeuvres en compagnie du groupe qui, sous l'impulsion de Picabia, déferle rue de La Boétie, avec les grands noms de l’art moderne que sont Metzinger, Juan Gris, Gleizes, Marcel Duchamp, Marcoussis, Picabia, Fernand Léger, André Lhote ou encore Jacques Villon et Alexandra Exter.

Son oeuvre qui rencontre alors un grand succès est Les Pelotaris, déjà présentée au Salon des Indépendants de 1912 et acquise par le critique d'art Théodore Duret. Quant au critique du Mercure de France, Gustave Kahn, il juge le peintre "compréhensif, robuste, sculptural, dans ses Pelotaris".

Autre oeuvre remarquable, Le bassin dans le parc de 1913, acquise par Gabriel Frizeau et donnée au musée des Beaux-Arts de Bordeaux par son fils Jean en 1947. Tobeen pousse le cubisme jusqu'à l'abstraction, tout en suggérant, grâce à une touche légèrement mouchetée, les variations de lumière irisant un point d'eau. Guillaume Apollinaire, dans ses commentaires du Salon des Indépendants de 1913, note ses « efforts fervents vers le beau ».

La même année, Tobeen est sélectionné avec trois oeuvres à l’Armory show de New York, Chicago et Boston.

De cette phase cubiste, Tobeen conservera une vision synthétique de la nature qu'il appliquera aussi à la scène de genre et aux portraits. Il ne se départira pas de cette vision de constructeur, qu’il adoucit d’une touche mouchetée qui confère à ses oeuvres, notamment à ses bouquets, un aspect velouté captant la lumière dans une douce sensualité.

La fracture de la première Guerre mondiale entraîne, comme chez beaucoup de ses confrères, un abandon de l’avant-garde artistique. Mais l’adoption d’une figuration qui doit au cubisme une structuration de l’espace et une synthèse des formes maintient l’oeuvre de Tobeen dans la modernité.

Cette exposition rétrospective constitue un événement important dans la mesure où il s'agit de la première consacrée à l'artiste.  Elle comprend une centaine d’œuvres, paysages, portraits, scènes de genre et natures mortes. Ces oeuvres proviennent d’institutions publiques ou de collections particulières de France, des Pays-Bas et de Belgique. Tobeen - Un poète du cubisme ne manquera pas de séduire par les thèmes mêmes que l'artiste aborde, notamment sa série consacrée au Pays Basque. Dans des gestes rituels, les pêcheurs ramènent le poisson, les femmes ravaudent les filets alors que dans le lointain brille le petit port de Socoa. Aucune mièvrerie dans cette peinture, mais une construction rigoureuse de rythmes géométriques que couleurs et matière harmonisent selon un songe intérieur. "La peinture doit être architectonique, décorative d'une surface sans recherche imitative, mais suggestive" écrit le peintre.

L'exposition Tobeen a été proposée au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux par deux chercheurs néerlandais, Edo et Rosella Uber. Les Musées des Pays-Bas sont en effet riches en oeuvres de l'artiste qui, de son vivant même, a exposé tant à Amsterdam, Rotterdam qu'à La Haye. Après sa présentation cet été  à Bordeaux à la galerie des Beaux-Arts, Tobeen - Un poète du cubisme sera exposée cet automne 2012 au musée Flehite à Amersfoort, aux Pays-Bas.

MUSEE DES BEAUX-ARTS DE BORDEAUX : www.bordeaux.fr

14/10/11

Expo Comme Jamais ! Bordeaux Galerie des Beaux-Arts. Exposition d’oeuvres singulières des collections du MBA de Bordeaux

Exposition: Comme Jamais ! Oeuvres singulières de la collection, Galerie du Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, 24 novembre 2011 - 27 février 2012

L’exposition d’automne Comme jamais ! à la Galerie des Beaux-Arts de Bordeaux aura lieu du 24 novembre 2011 au 27 février 2012. Cinquante œuvres des collections du musée des Beaux-Arts vont rejoindre les cimaises de la Galerie des Beaux-Arts pour une nouvelle présentation dont l’entrée sera libre. L’exposition permettra de profiter des collections permanentes pendant la période de rénovation et de fermeture du musée, entre le 1er octobre et le printemps 2012.

Cette exposition invite à découvrir des œuvres des collections du musée des Beaux-Arts de Bordeaux jamais ou rarement exposées. Elle donne à voir pour la première fois des œuvres sorties des réserves du musée, en fait découvrir d’autres nouvellement restaurées, d’autres encore récemment acquises. On peut aussi en redécouvrir certaines sublimées par une nouvelle présentation.

Le parcours composé par les équipes du musée des Beaux-Arts permet ainsi la découverte de plusieurs séries de tableaux et dessins pour la plupart inconnus du public :

- Les nouvelles acquisitions : deux acquisitions majeures du musée sont présentées pour la première fois : Portrait de Matisse d’Albert Marquet et Bordeaux. Le voilier blanc. Effet du soir qu’Eugène Boudin a peint en 1874. En outre Le Christ et la Samaritaine, un dessin d'Odilon Redon, et Portrait de femme de Théo Van Rysselberghe font partie des dons de la Société des amis des musées de Bordeaux en 2010.

- Exceptionnellement sortis des réserves : des artistes italiens, flamands ou français comme Alessandro Tiarini, Gaspare Diziani, Pieter Brueghel, Noël Coypel ou encore le contemporain Claude Lagoutte avec Voyage en France, ce rouleau de 17 mètres qui demande un espace approprié pour son déploiement.

- Des œuvres récemment restaurées : L'Adoration des bergers d'Abraham Hondius peinte sur ardoise, et aussi Sacrifice d'André Masson dont l'étude et la restauration complexes ont demandé trois ans au Centre de recherche et de restauration des musées de France.

- Des redécouvertes : c’est l’occasion d’apprécier de nouveau des peintures majeures, parfois éclipsées par d’autres sur les murs du musée : Sainte Famille avec Sainte Dorothée de Paul Véronèse, L'Homme à la main sur le cœur de Frans Hals, Portrait de John Hunter de Sir Thomas Lawrence ou encore Paysage de Venise d'Odilon Redon.

Pour cette exposition, le musée des Beaux-arts propose de présenter un petit nombre d’œuvres, mais chacune d'elle sera mise en valeur par un espace clair, élargi, évitant les interférences. Elle offre la possibilité d’une approche plus intime et plus intense des œuvres.

Galerie du Musée des Beaux-Arts, Bordeaux
Place du colonel Raynal - 33000 Bordeaux

14/04/11

Expo Arts d' Afrique à Bordeaux au Musée d'Aquitaine. Plus de 200 oeuvres d'art exceptionnelles

Exposition : Arts d'Afrique. Voir l'invisible 
Musée d'Aquitaine, Bordeaux 
Jusqu'au 21 août 2011 



Masque Biombo. République démocratique du Congo.
Copyright Mairie de Bordeaux - Photo Lysiane Gauthier 
Courtesy Mairie de Bordeaux

En réunissant plus de 200 oeuvres d’art exceptionnelles – pour la plupart jamais présentées au public – provenant de grandes collections privées et publiques européennes, le musée d’Aquitaine propose une lecture originale de la création africaine. Son rapport à l’invisible, révélateur d’une vision du monde singulière, est indispensable pour comprendre et découvrir les richesses passées et présentes des cultures du continent africain. 

A la suite de la réouverture de ses salles XVIIIe consacrées aux rapports historiques de la ville de Bordeaux et de sa région avec l’Afrique, le musée d’Aquitaine renoue avec des expositions dédiées à l’art africain : exposition Mauritanie, Terre des Hommes, en 1993, exposition L’Esprit de la Forêt. Terres du Gabon en 1997).  

L’exposition propose une vision générale de la création matérielle traditionnelle du continent africain envisagée comme une mise en forme de l’invisible. C’est principalement à travers les masques, la statuaire et les accessoires de magie ou de divination que sont évoquées ces relations à l’invisible ainsi que les corrélations particulières qu’elles manifestent entre les entités qui peuplent le monde.  

Un premier espace couvre les principales aires culturelles de production des masques. Il présente des ensembles complets de masques avec costumes exceptionnels. 

Le deuxième espace évoque la spécificité de la statuaire africaine également perçue comme agent de communication avec l’invisible (esprits, entités, ancêtres, doubles, jumeaux…) dont l’expression semble relever d’une sphère plus confidentielle qui se manifeste entre autres au travers de rituels de protection ou de guérison davantage individuels que collectifs. 

Le dernier espace traite de différents accessoires (boîtes, paniers, plateaux, figurines, cloches, talismans, agrégats…) qui, entre les mains des praticiens (devins, guérisseurs, prêtres…) permettent le contact avec l’invisible et restent des instruments énigmatiques dont la force opératoire est révélatrice, de la même façon que pour les masques ou la statuaire, d’une vision analogiste du monde présente dans toute l’Afrique de l’Ouest. Des images traditionnelles ou contemporaines illustrent également cette dernière partie. 

L’authenticité, la représentativité et le caractère inédit des oeuvres ont guidé le choix des objets provenant de musées français et européens (Quai Branly, Tervuren, Neuchâtel, Dapper) et de collectionneurs privés qui ont consenti des prêts exceptionnels au musée d’Aquitaine.

MUSEE D' AQUITAINE
20, cours Pasteur
33000 BORDEAUX 

28/03/11

Itinéraires Photographes Voyageurs Bordeaux 2011 - 20e édition de ce festival bordelais dédié à la photographie d'auteur autour du voyage

Expos Photos 
20e Festival Itinéraires des Photographes Voyageurs 2011

Ville de Bordeaux 
1er - 30 avril 2011

En avril, à Bordeaux, le FESTIVAL ITINERAIRES DES PHOTOGRAPHES VOYAGEURS invitent le public à découvrir dans les principaux lieux culturels et artistiques de la ville, des expositions photographiques sur le thème du voyage. Ce festival propose aux visiteurs de s’inventer un itinéraire au fil des expositions et de découvrir ainsi le travail de photographes confirmés ou issus de nouvelle génération.

Photographie de PHILIPPE LEROUX 
Exposition Réminiscence 
Voyageurs du Monde, Bordeaux, 28 rue Mably 
Photo © Philippe Leroux, Courtesy de l'artiste

Il y a vingt ans en 1991, Nathalie Lamire Fabre organisait la première exposition d’Ella Maillart en France, à Bordeaux. A l’origine de ce festival, l’histoire d’une rencontre avec cette femme aventurière et singulière qui avait pour seule ambition de bourlinguer sans jamais raisonnablement songer à mener une vie rangée. Une rencontre passionnante au-delà de ses écrits et de son anticonformisme.
« A partir de là, j’ai eu envie de continuer de rencontrer d’autres personnages, pas forcément illustres ou haut en couleur, mais des voyageurs. »
Vingt ans que le public est invité à découvrir dans les principaux lieux culturels des expositions photographiques. La ville de Bordeaux a accueilli 225 expositions du Festival. 

Photographie de LUCILLE REYBOZ 
Exposition Chroniques Japonaises 
Arrêt sur l'Image Galerie, Bordeaux, Hangar G2, Quai Armand Lalande 
Photo © Lucille Reyboz, Courtesy de l'artiste 

De lieu en lieu bordelais, les visiteurs peuvent conjuguer les territoires au pluriel et souligner à la fois la différence et les résonances qui habitent les photographes. Leurs travaux intègrent une démarche intellectuelle au long cours soit à travers le choix d’une technique, d’une géographie ou d’un traitement. Le rôle de cette photographie de voyage est de montrer autre chose, des pays traversés, explorés, vécus et ressentis. Ils n’intègrent pas l’actualité, ils ne sont pas non plus sur le front des grands événements, mais ils s’impliquent dans des démarches longues pour s’engager dans un lieu ou dans des rencontres, pour prendre du recul, s’y mettre en délicatesse, faire connaissance, partir, revenir, puis repartir afin de construire un cadre de lecture pour eux-mêmes et pour les lecteurs de photographies. 

Photographie de ANNE LEROY, Exposition Souvenirs 2009 
Cour Mably et salle Capitulaire, Bordeaux, 3 rue Mably 
Photo © Anne Leroy, Courtesy de l'artiste


FESTIVAL ITINERAIRES DES PHOTOGRAPHES VOYAGEURS, BORDEAUX, 2011
LISTE DES ARTISTES, LIEUX, EXPOSITIONS 

Almalé-Bondia, Infranqueable limites y fronteras, Institut Cervantès
Brown's Earth, Western cavalcade, Espace Saint Rémi
Ann Cantat-Corsini, La noche de los muertos, Pola
Marc Chatelard, Summer memories, Musée des Arts décoratifs
Maxime Couturier, Tziganie arena, Espace 29
Faustine Ferhmin, Pachacuti, Espace Saint-Rémi
Nadia Ferroukhi, Jumelage photographique : Marseille-Alger, Conseil général de la Gironde
Valérie Gondran, De moment en moment, Cour Mably et salle Capitulaire
Benoît Grimalt, Do you know Syd Barrett ?, Le Rocher de Palmer
Gaëlle Hamalian-Testud, Anh doi (images de vie), Musée d'Aquitaine
David Helman, Pais tropical, Atelier Dartois
Fred Jourda, Paysages, Cour Mably et salle Capitulaire
Yannick Lavigne, National 10 - Eldorado, Porte 44 MC2A
Philippe Leroux, Réminiscence, Voyageurs du Monde
Anne Leroy, Souvenirs 2009, Cour Mably et salle Capitulaire
Lilly Lulay, Mindscapes, Galerie Ilka Bree
Ella Maillart, Sur les routes de l'Orient, Base sous marine
Marc Montméat, La cage de fer, NY, Musée national des douanes
Lucille Reyboz, Chroniques japonaises, Arrêt sur l'image Galerie
Chantal Russel Le Roux, A Glance, Galerie Tinbox
Adrià Goula Sardà, Vietnam 2007, Atelier Dartois
Marie Sommer, Teufelsberg, Eponyme Galerie
Label expositions, Carte blanche à 9 photographes, Bibliothèque municipale de Bordeaux

Ville de Bordeaux 
20eme Festival Itinéraires des Photographes Voyageurs
Direction artistique : Nathalie Lamire Fabre 

www.itiphoto.com

24/12/10

Expo BigMinis, CAPC Bordeaux - Musée d’art contemporain / Museum of Contemporary Art of Bordeaux, France

BigMinis, Fétiches de crise
CAPC, Musée d'art contemporain, Bordeaux
Commissaire d'exposition : Alexis Vaillant
Jusqu'au 27 février 2011

Please scroll down for english version

David Musgrave

DAVID MUSGRAVE (artiste anglais né en 1973), Animal, 1998
Courtesy de l’artiste et de la galerie greengrassi, Londres © David Musgrave

 

Le mini est-il un signe avant-coureur de crise, ou bien un reflet, une conséquence de celle-ci ? Serait-il aussi une réponse efficace et décalée à LA crise ? Avec l’expo BigMinis, le CAPC se propose d’explorer la fascination singulière qu’exerce l’objet « réduit » à l’heure de la récession. Alors que la miniaturisation peut évoquer une réduction des coûts, du temps et de l’espace, la production du mini, elle, est stratégique. Le mini résiste à la réduction. Il existe depuis sa petite taille. Une petitesse insolente qui révèle, dans le contexte économico-culturel actuel, quelques-unes des pathologies capitalistes dans lesquelles le mini s’origine et auxquelles il répond. Le mini, un objet régulateur ?

L’exposition BigMinis regroupe les oeuvres d’une cinquantaine d’artistes contemporains prêtées par des collections publiques françaises et étrangères, des fondations et collections privées, des galeries et les artistes eux-mêmes. Son propos qui s’origine dans la conjoncture économique actuelle, se déploie sur fond de récession, et interroge, notamment, la notion de « fétiches de crise ».

On pense à tort que dans le mini, tout est proportionnel-lement réduit : il en irait ainsi de l’idée qui l’anime, comme de son impact. Or l’expérience démontre le contraire. Le mini perdure et marque. Il résisterait même à la crise. L’exposition est pensée dans cette perspective.

Pour rendre le propos dialectique et piquant, des oeuvres de grande taille animées par des mini-idées sont aussi montrées, signifiant ainsi que l’impact d’une idée véhiculée par un objet n’est pas proportionnelle à la taille de ce dernier. Autrement dit, que les oeuvres de grande taille sont loin d’avoir le monopole des « grandes » idées et que les idées courtes ne sont pas nécessairement proportionnelles à la taille des objets qui les véhiculent.

Compte-tenu des proportions maximalistes du CAPC auxquelles l’exposition répond en partie, un dispositif a dû être inventé, les "bigminis" ne s’exposant pas vraiment comme des standards. La galerie new formula du rez-de-chaussée du musée ressemblera à un terrain de jeu mental. Et c’est dans une forêt de socles aux allures post-Tetris qu’il faudra parfois chercher les oeuvres. Les minis ignorent les canons de l’époque. Uniques, les oeuvres d’art minis, si tant est qu’elles soient ainsi catégorisables, sont comme mûes par la vie. Qu’elles soient belles et laides importe peu. Leurs dimensions, leurs matériaux, leurs prouesses techniques et conceptuelles les rendent enviables et attachantes, stimulantes pour l’oeil et l’esprit. Elles surprennent et s’imposent. On ne peut rien leur retirer. Elles impactent jusqu’à réveiller la cleptomanie qui sommeille en nous.

Contrairement au king size, le mini doit se voir de près. Il présuppose une mise au point, d’où l’emprise qu’il exerce sur la sphère du désir. En même temps, le petit fait le vide autour de lui car pour être vu, il a besoin de plus d’espace. Il prend donc plus de place que ce que sa taille laissait supposer, d’où sa capacité à devenir fétiche. Le rapport qu’il entretient avec l’environnement (la ville pour la voiture, l’espace d’exposition pour l’objet d’art, la poche pour le tamagotchi, ...) et avec nous, devient alors politique.

Après avoir incarné le boom-object des pays industrialisés, quand le raccourcissement des jupes et des voitures avait pris la dimension d’un phénomène de société, créant la vogue du mot « mini » en Occident, l’objet compact se mesure aujourd’hui à l’aune du mignon (objet léché superflu, symptomatique), de l’inquiétant (objet sériel, culte, fétichisé) et du résistant (objet critique, Pear to Pear, individualiste). On déteste l’aimer et on aime le détester. On le veut en cachette et on ne l’a jamais assez vu.

BigMinis au CAPC
Galerie NEW FORMULA
rez-de-chaussée du musée
Exposition conçue par Alexis VAILLANT, responsable de la programmation, CAPC, musée d’art contemporain.de Bordeaux

CATALOGUE DE L’EXPOSITION : BigMinisBook
Sous la direction d'Alexis Vaillant
Contributions de Bruce Hainley, Jennifer Higgie, Claire Moulène, David Musgrave, Aaron Schuster, Alexis Vaillant
Français / Anglais, 10,5 x 7 cm, 300 pages, 160 illustrations quadri, 18 EUR

_______________ English Version _______________

 
BigMinis
Fetishes of crisis
CAPC, Museum of Contemporary Art of Bordeaux
Exhibition Curator: Alexis Vaillant
Through 27 february 2011


With the exhibition BigMinis, the CAPC is offering a plunge into the heart of the ‘compact’ object, the idea being to explore the fascination that things ‘scaled down’ wield these days, afflicted by the crisis as we all are. If it is possible to see in the mini, a harbinger of crisis, as well as a reflection and a critical consequence of this latter, we must also not overlook the fact that it usually represents an unexpected and off-kilter response to the recession. Because a reduction in size conveys the idea of a reduction in cost, space and time, it likens the production of the compact to an intelligent, reactive production, adapted to its economic and cultural context. A control-production.

The mini is at once near and far. Unlike the King-size which can be seen from afar, the ‘mini’, for its part, has to be seen up close. You have to get near to it in order to get a focus. The small makes a void around it, which is how it takes up all its room. To be well displayed, it needs space, and to be properly seen, a decision has to be made about the distance separating it from us. For the room it takes up is more than its size might have us suppose. And it is by taking up this room that the compact object deploys its capacities. Whence issues the thoroughly special relation that it introduces between the environment (city for car, exhibition venue for art object, pocket for tamagoci…) and us. It is a 1:1 relation of resistance. We think, wrongly, that in the small everything is proportionately scaled down, which also applies to the idea which informs it and its impact. Experience shows the opposite. The small endures. To make things fragrant and spicy, large works are also being shown in the exhibition, insinuating that the mini-idea can be enlarged and last as long as the ‘grand’ idea contained in the mini-object.

The exhibition BigMinis is a dialectical show which brings together a selection of works by some forty contemporary artists, enhanced by several emblematic historical works all coming from French and foreign public collections, private foundations, private collections, galleries and artists. It has come into being in the current economic climate, with the aim, of questioning the fascinating attraction with what we might call “fetishes of crisis”. The mini artworks, which are surprising and unique in relation to the canons of the day and age, are as if driven by life. Beautiful or ugly, it matters not a lot. Their dimensions, materials and technical and conceptual prowess all make them enviable, engaging and stimulating for eye and mind alike. But today, they provoke and mark. You cannot take anything away from them, and they often bestir the kleptomania that lurks in all of us. 

After incarnating the ‘boom object’ of the industrialised nations in the 1950s and 1960s, unaided, the compact object is nowadays regarded at once as cute (minority, superfluous) and disquieting (metaphysical, critical, and mutinous). We hate to love it and love to hate it. The contemporary mini has sex appeal. Even when multiplied, it remains one-off.

Taking into account the maximalist proportions of the CAPC to which the show responds, a unique and seemingly ‘scale-less’ display is arranged, and complemented by a ‘you see it, you want it’ bilingual mini catalogue (7 x 5 cm, 300 pages, colour), Editor Alexis Vaillant, contributions Bruce Hainley, Jennifer Higgie, David Musgrave, Aaron Schuster & Alexis Vaillant, co-edited by CAPC, Bordeaux & Sternberg Press, Berlin, New York.

BigMinis
At the CAPC - Museum of Modern Art of Bordeaux
gallery NEW FORMULA (ground floor) 

Other exhibitions
Robert Breer, through 27 February 2011

CAPC
Musée d'art contemporain / Museum of Contemporary Art of Bordeaux
Entrepôt Lainé. 7 rue Ferrère
33000 BORDEAUX - FRANCE

www.capc-bordeaux.fr

13/12/10

Expo Blanc Bordeaux FRAC Hangar G2 Une exposition qui vous dit Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le blanc à travers une belle sélection d’oeuvres du FRAC Aquitaine

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le BLANC
FRAC Aquitaine, Hangar G2, Bordeaux
Commissaire d'exposition : Claire Jacquet
28 janvier - 16 avril 2011

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Avec les œuvres de Absalon, Karina Bisch, Harry Callahan, Nicolas Chardon, Hervé Coqueret, Stéphane Dafflon, Lee Friedlander, Katharina Fritsch, Thomas Hirschhorn, Cathy Jardon, Imi Knoebel, Jeff Koons, Pierre Labat, Mathieu Mercier, Thierry Mouillé, Roman Opalka, Florian Pugnaire, Hugues Reip, Thomas Ruff, Jean Sabrier, Anne Xiradakis.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le blanc est une exposition d’œuvres issues de la collection du FRAC AQUITAINE dont le point commun est la couleur blanche. Le choix de cette couleur repose sur sa qualité d’être fondamentalement liée à l’histoire du modernisme et des avant-gardes tant du côté de la peinture (le célèbre Carré blanc sur fond blanc de Kasimir Malewitch en 1918), de l’architecture (Le Corbusier) ou du design. Plus tard, l’histoire de l’art retiendra le geste de Robert Rauschenberg procédant à l’effacement d’un dessin de Willem de Kooning (1953), l’exposition « Le vide » de Yves Klein à la galerie Iris Clert (1958), ou encore l’œuvre de Robert Ryman s’appuyant exclusivement sur des effets de peintures blanches à partir des années 1960. Faut-il comprendre l’histoire du blanc comme une généalogie des commencements, telle la page blanche pour l’écrivain ? Le blanc est-il synonyme immanquablement de modernité pour ce qu’il construit d’inédit ? Du « tout est possible » ? Quelles définitions ou sens lui donner aujourd’hui ?

Ayant en mémoire ces actes fondateurs des artistes du siècle dernier, l’exposition au Frac Aquitaine prolonge ce récit de la tonalité blanche à travers différentes œuvres de sa collection : KARINA BISCH réinterprète la théière de Kasimir Malevitch à travers un objet en plâtre tenant à la fois de l’architecture, du design et de la sculpture. STEPHANE DAFFLON réinvente un espace vierge à l’intérieur d’un cadre. JEFF KOONS érige un monument aux premiers aspirateurs américains, héros contemporains des espaces aseptisés. Les trois monochromes de KATARINA FRISCH indiquent que le blanc ne peut se définir que par rapport aux autres couleurs, tandis que ROMAN OPALKA étire le temps à travers des photographies et des tableaux de plus en plus délavées, au risque que les signes disparaissent…

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le blanc poursuit sa logique d’introspection à travers une longue série de questions qui ne font que revenir aux origines, à l’essentiel, à l’épure : le blanc est-il le contraire du sale (DENNIS ADAMS) ? la transparence (MATHIEU MERCIER) ou l’effacement (THIERRY MOUILLE) ? Le blanc signifie-t-il la douceur, l’intimité (HARRY CALLAHAN) ou le neutre - voire l’anonymat - au sein de la Cité (LEE FRIEDLANDER, THOMAS RUFF) ? Est-il forcément lié à des codes liés à la santé et à l’hygiène ou à de simples règles commerciales du packaging (FRANCK SCURTI) ? Est-il susceptible de passer à l’état gazeux (JEAN SABRIER) ? Est-il statique ou peut-il s’introduire dans une dynamique (IMI KNOEBEL, FLORIAN PUGNIAIRE) ? A-t-il un degré d’apesanteur (PIERRE LABAT) ? Est-il à même de pouvoir créer une durée (ROMAN OPALKA), du silence (ABSALON) ? Et que dire du « White Cube » dont THOMAS HIRSCHORN présente avec Lascaux III une sorte de contremodèle ? Cette exposition sera l’occasion de présenter une nouvelle production de NICOLAS CHARDON conçue pour l’extérieur et aux alentours du Hangar G2.

Commissariat d'exposition : CLAIRE JACQUET  

Vernissage le 28 janvier 2011 à partir de 18h30

Colloque avec arc en rêve, 28 janvier 2011 :
Parallèlement à l'exposition du Frac d'Aquitaine, un colloque est organisé avec Arc en rêve centre d’architecture. Une journée de réflexion autour du blanc, traité dans le champ du design. Avec critique d’art, architecte, écrivain, designer.
A Arc en rêve, Bordeaux

Week-end Musée Télérama : Evénements et rencontres le weekend du 19 et 20 mars 2011. Programmation à venir

FRAC AQUITAINE
Hangar G2
, Bassin à flot n°1
Quai Armand Lalande
33300 BORDEAUX — France

www.frac-aquitaine.net

Le Frac – Collection Aquitaine est financé par le Conseil régional d’Aquitaine et l’Etat (Ministère de la Culture et de la Communication -  Direction régionale des Affaires culturelles d’Aquitaine). Avec le soutien de la Ville de Bordeaux.

Horaires d'ouverture : lundi-vendredi de 10h à 18h, samedi de 14h à 18h.

Entrée libre

06/02/10

Retour vers le futur Expo CAPC Bordeaux

RETOUR VERS LE FUTUR
BUY-SELLF
CAPC, Musée d'art contemporain de Bordeaux
5 février - 16 mai 2010

Le CAPC a invité l’association artistique Buy-Sellf à proposer une exposition qui permet de faire le point sur les artistes et les oeuvres dont le groupe a récemment accompagné la production. Depuis plus de dix ans Buy-Sellf développe des stratégies de soutien, d’accompagnement et de dévelop­pement du travail des artistes plasticiens, en inscrivant principalement sa réflexion autour des problématiques liées à la production dans ses dimensions techniques, socio-politiques, économiques et marchandes.

Artistes présentés : Wilfrid Almendra, Fayçal Baghriche, Beni Bischof, Simon Boudvin, Lilian Bourgeat, Stéphanie Cherpin, Clédat & Petitpierre, Anne Colomes, Patrice Gaillard et Claude, Vincent Kohler, Laurent Kropf, Vincent Laval, Briac Leprêtre, Stéphane Magnin, Tony Matelli, Damien Mazières, Mathieu Mercier, Nicolas Milhé, Anita Molinero, Nicolas Moulin, Bruno Peinado, Alexandra Pellissier, Laurent Perbos, Frédéric Plateus, Guillaume Poulain, Jérémy Profit (photo ci-dessous -1), Serge Provost, Sylvain Rousseau, Victor Vasarely, Stéphane Vigny (photo ci-dessous -2).

Oeuvre de Jeremy Profit
Jérémy PROFIT, Sans titre, dessin au feutre en 4 parties, 2009
Exposition Buy-Sellf, CAPC © Courtesy de l'artiste

Stéphane VIGNY, Lustre, 2007
Stéphane VIGNY, Lustre, 2007 - © Courtesy de l'artiste

Retour vers le futur  emprunte son titre à une célèbre trilogie de Robert Zemeckis qui repose sur un voyage dans le temps. Le procédé, un des thèmes récurrents de la science fiction, consiste à se projeter dans une autre dimension temporelle afin d’exposer une vision du futur. Ce mécanisme est ici le prétexte à une exposition-repère sur l’activité du groupe Buy-Sellf. Retour vers le futur englobe en effet une dimension rétrospective et prospective : un retour sur des oeuvres nées du programme de production, un focus sur les artistes emblématiques qui ont marqué l’histoire de la structure (Anita Molinero, Mathieu Mercier, Bruno Peinado, Laurent Perbos, Guillaume Poulain, Wilfrid Almendra…) et la mise en lumière de projets d’artistes émergents qui crée la détente nécessaire à une projection dans l’avenir (Sylvain Rousseau, Stéphanie Cherpin, Frédéric Plateus…).

Oeuvre de Simon Boudvin
Simon BOUDVIN, 3 tectoèdres, 2009 - © Courtesy de l'artiste

La référence au cinéma de genre agit comme une trame dans le dispositif scénographique de cette exposition qui joue volontairement au simulacre d’effets spéciaux, usant de clairs-obscurs, de mises en scènes et d’artifices, intégrant les oeuvres comme autant de points d’ancrage employés à la construction d’un fil narratif. A l’exploration des phénomènes de récits s’adjoint ainsi celle des tonalités, des rythmes, des ambiances et des factures. La fantasmagorie collective et les possibilités de réappropriation de cette culture populaire sont largement interrogées.

Les questions et les formes de la modernité sont abordées avec les oeuvres de Damien Mazières, Frédéric Plateus ou encore Victor Vasarely. L’oeuvre de Nicolas Moulin nous transporte dans un univers mêlant architecture totalitaire et paysages post nucléaires. Anita Molinero déploie une oeuvre importante en polystyrène fondu dans un long travelling apocalyptique. La vidéo de Fayçal Baghriche se situe dans une temporalité inversée qui provoque trouble et vertige. L’autoportrait de Tony Matelli se consume éternellement et nous plonge quant à lui dans une profonde mélancolie.

Des oeuvres parraissent échapper à toute logique thématique. Les dessins d’Anne Colomes, paysages oniriques et naturalistes sont emprunts d’une forte dimension contemplative et vibratoire. La sculpture de Vincent Kohler, Woody (photo ci-dessous), figure totémique ironique et enfantine, apparaît dans ce contexte comme un anachronisme réjouissant et malicieux.

Photo de la sculpture de Vincent Kolher, Woody, 2009
  Vincent KOLHER, Woody, 2009 - Production Buy-Sellf
  © D.R. Courtesy Buy-Sellf – Exposition CAPC

La pièce de Briac Leprêtre, Erzatz, foyer à peine incandescent, nous ramène à l’âge des cavernes, à cet état primitif de la civilisation qui pourrait constituer un des pires scénarios pour le futur de l’ humanité. Elles répondent à une forme de paradoxe logique et reprennent à leur compte les mots d’Albert Einstein “J’ignore la nature des armes qu’on utilisera pour la prochaine guerre mondiale. Mais pour la quatrième, on se battra à coup de pierres."

Des oeuvres de cette exposition ont été spécialement produites par Buy-Sellf : Vincent Kolher, Woody, 2009 - Serge Provost, Flaque d’eau, 2004 - Patrice Gaillard et Claude, Toast Rack, 2008 (photo ci-dessous) - Stéphanie Cherpin, Daddy’s little girl ain’t a girl no more, 2009, oeuvre inédite - Anita Molinero, sans titre, 2009, oeuvre inédite

Patrice Gaillard et Claude, Toast Rack, 2008
Patrice Gaillard et Claude, Toast Rack, 2008
Production Buy-Sellf © D.R Courtesy Buy-Sellf

Des artistes de l’exposition ont bénéficié précedemment du programme de production : Nicolas Milhé, Lilian Bourgeat, Wilfrid Almendra, Laurent Perbos, Jérémy Profit, Anne Colomes, Bruno Peinado, Guillaume Poulain.

Commissaire invité : Frédéric Latherrade, fondateur de Buy-Sellf
Co-production : CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux / Le Lieu Unique, Nantes

CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux
Entrepôt Lainé 7, rue Ferrère
F-33000 Bordeaux
Galery Foy (rez de chaussée)
Horaires d'ouverture
Tous les jours de 11h00 à 18h00 sauf le lundi
Le mercredi jusqu'à 20h00
Fermetures annuelles : tous les jours fériés
Tarifs : 5 euros et 2,50 euros (tarif réduit)

Mathieu MERCIER, Lampe double douille, 1999
Mathieu MERCIER, Lampe double douille, 1999
Exposition Buy-Sellf, CAPC © Courtesy de l'artiste

Buy-Sellf : 10 ans d’activité

Les catalogues Buy-Sellf
En 1993 débute à Bordeaux la collaboration de Sébastien Blanco, Frédéric Latherrade et Laurent Perbos, trois étudiants de l’école des Beaux-Arts. Leur réflexion commune sur le statut de l’objet artistique et la possibilité d’un nouveau mode de diffusion aboutit il y a 10 ans à la création de Buy-Sellf, le premier catalogue de vente par correspondance d’oeuvres d’art jamais publié. Cette publication dont le titre en forme de calembour évoque à la fois l’activité marchande et l’auto-production joue avec ironie avec les codes éprouvés par la grande distribution, et « marche avec audace sur les traces de Pinault Printemps Redoute ». Elle offre un espace où se croisent les oeuvres d’artistes internationaux venant de multiples champs disciplinaires. Des plasticiens, des musiciens, des éditeurs, des auteurs de bandes dessinées y présentent le fruit de leurs recherches. Quatre parutions verront le jour de 1999 à 2004.

Les expositions
Conjointement aux éditions, le groupe Buy-Sellf multiplie les projets d’expositions et développe une stratégie d’apparitions fulgurantes et généreuses (salons du livre, foires internationales…), tout en répondant à l’invitation d’espaces dédiés à l’art contemporain en France et à l’étranger (foires d’art contemporain, Palais de Tokyo, Atlanta College of Art Gallery, Fonderie Darling à Montréal…) Ces expositions reposent sur des scénographies fortes qui transposent des univers quotidiens comme les grandes surfaces, les parcs de jeux d’enfants, ou les boîtes de nuit et s’attachent à pervertir des codes, des mécanismes, des systèmes à l’oeuvre dans ces environnements.

Le programme de production
Ces expérimentations ont inscrit avec force l’engagement du groupe auprès des artistes plasticiens émergents. Dès 2003, un programme de production, principalement axé sur la sculpture a permis de renforcer ce soutien. Dans le même temps le groupe se scinde et Laurent Perbos ouvre à Marseille Buy-Sellf Art Club, un espace de diffusion qui jusqu’alors faisait défaut et propose un espace de visibilité permanent. Ce nouvel axe Sud dessine la géographie d’un projet qui évolue vers un approfondissement du travail de production. Il repose sur les ateliers à Bordeaux, la galerie identifiée à Marseille et de nombreux partenariats noués avec des acteurs institutionnels (CAPC, musée des Beaux-Arts de Bordeaux, FRAC Alsace, FRAC Aquitaine…) ou privés (Zoo Galerie à Nantes, 40 Mètres Cubes à Rennes, Cortex Athletico et ACDC à Bordeaux…).

Buy-Sellf aujourd’hui
A Bordeaux, la structure dirigée par Frédéric Latherrade se développe et élargit progressivement ses champs d’action (prestations, productions, commandes publiques, résidences à l’international, commissariats) ainsi que ses espaces de production. Hébergée à Bacalan à la Fabrique Pola, elle compte à ce jour 5 salariés et dispose de 250 m2 d’ateliers. Le programme de production donne lieu à de nombreuses réalisations et se concentre sur des formats d’exposition monographiques (Frédéric Plateus, Wilfrid Almendra, Anita Molinero, Vincent Kohler, Nicolas Milhé, Bruno Peinado…). Les expositions collectives, moins fréquentes, constituent cependant un exercice privilégié du groupe. Elles puisent des références et explorent des univers populaires, cristallisent un sentiment ambigü, entre la fascination pour les produits de la civilisation et la critique de son organisation implacable. En 2008, accueillie dans les décors prédisposés de la Villa Bernasconi à Genève, l’exposition « Série noire » s’inscrivait dans ce processus de réflexion en jouant des signes propres au roman noir. « Retour vers le futur », la proposition pour cette nouvelle programmation, se situe dans l’approfondissement de cette expérience de l’exposition. Construite autour de l’univers de la science-fiction, de l’anticipation, elle s’appuie volontairement sur des dispositifs de scénographie très marqués, transposant des effets ou des mécanismes propres aux cinémas de genre. A l’intérieur des espaces sombres des galeries du CAPC de Bordeaux, ville dans laquelle s’est écrite une grande partie de l’histoire du collectif, ce projet est également l’occasion de revenir sur plus de dix années d’activités et jeter les balises de leur devenir
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