Showing posts with label ouvrage. Show all posts
Showing posts with label ouvrage. Show all posts

21/03/25

Rinko Kawauchi, M/E, Delpire & Co - Livre de Photographies

Rinko Kawauchi
M/E 
Delpire & Co, 2025 

Rinko Kawachi
Rinko Kawauchi
M/E
© Edité par Delpire & Co
Relié, toilé avec marquage argent
216 pages, 22 x 28,5 cm
EAN: 979-10-95821-80-9
Ouvrage bilingue français – anglais
En librairie le 27 mars 2025

Rinko Kawauchi
Rinko Kawauchi
Image issue de M/E (delpire & co, 2025)
Photographie © Rinko Kawauchi

Rinko Kawauchi
Rinko Kawauchi
Image issue de M/E (delpire & co, 2025)
Photographie © Rinko Kawauchi
Abeille et les dieux

Abeille au cœur des fleurs
Fleurs dans les jardins
Jardins entourés de murs en terre
Murs dans les villages
Villages au cœur du Japon
Japon dans le monde
Monde au sein des dieux
Puis, puis… les dieux
Au cœur des frêles abeilles

Misuzu Kaneko
Ce poème de Misuzu Kaneko, poétesse japonaise du début du XXe  siècle injustement oubliée et redécouverte par le grand public japonais au moment de la catastrophe de Fukushima (ses poèmes étaient lus à la télévision), a inspiré à Rinko Kawauchi ce nouveau livre. Rendant hommage à cette autrice, la photographe explore notre rapport au monde nous incitant à reconsidérer nos liens en tant qu’êtres humains avec la nature.

Rinko Kawauchi a baptisé son livre M/E en référence à Mother/Earth mais n’en a gardé que les initiales (me en anglais) pour souligner le lien qu’elle entretient avec la terre-mère. Elle pose son regard singulier, empreint de douceur, sur le monde vivant pour en capter la beauté fragile : celle d’une goutte de rosée sur une feuille ou le front gigantesque d’un glacier devant lequel lévite le halo blanc d’un nuage de vapeur provoqué par l’effondrement de la glace dans la mer.

La démarche de l’artiste est très intuitive, ses images ne sont pas construites, elles « arrivent ». Le résultat : des images presque méditatives, comme issues d’un rêve. Elles peuvent être poétiques, mystérieuses, voire même bizarres. D’ailleurs elles ne sont pas parfaitement nettes. Rinko Kawauchi cherche l’éphémère, elle capture cet instant fugace qui précède l’accommodation de l’œil.

Rinko Kawauchi
Rinko Kawauchi
Image issue de M/E (delpire & co, 2025)
Photographie © Rinko Kawauchi

Rinko Kawauchi
Rinko Kawauchi
Image issue de M/E (delpire & co, 2025)
Photographie © Rinko Kawauchi

L’artiste saisit aussi bien son environnement immédiat et sa famille que des sujets plus spectaculaires. Elle propose dans ce livre un dialogue entre des images d’Islande et du Japon, principalement autour de l’eau : nuages, pluie, arc-en ciel, glace, neige, torrents, brume... L’ouvrage est construit en jouant avec l’idée de transparence qui lui est chère. Les images sont imprimées sur un papier japonais très fin et se dévoilent progressivement. Des pages blanches, comme des silences, ponctuent les séquences. La couverture est, quant à elle, comme éclaboussée d’éclats d’argent qui reflètent la lumière.

Pour citer Teju Cole, l’auteur du texte qui clôt le livre : « les grands livres de photographie sont ceux qui modifient nos perceptions ». Celui-ci en fait assurément partie.

La photographe japonaise Rinko Kawauchi (née en 1972), connue pour ses images aux couleurs douces et lumineuses s’attache à dévoiler le mystère, la fragilité et la force de la vie sous toutes ses formes. Connue en France depuis son exposition à la fondation Cartier pour l’art contemporain en 2005, son œuvre fait partie de nombreuses collections publiques et privées à travers le monde. Son travail a été présenté cet été aux Rencontres d’Arles dans le cadre de l’exposition « Femmes photographes japonaise ». Attachant une grande importance au livre, elle a publié une vingtaine d’ouvrages. M/E est le cinquième à paraître en France.

DELPIRE & CO
13, rue de l’Abbaye - Paris

29/01/25

Mon petit Chantilly par Marie Sellier - GrandPalaisRmnÉditions - Jeunesse

Mon petit Chantilly par Marie Sellier
GrandPalaisRmnÉditions - Jeunesse
Parution : 29 janvier 2025

Pour les plus jeunes, GrandPalaisRmnÉditions propose une collection qui leur permet une découverte ludique et largement illustrée des grands Musées et lieux du Patrimoine. Marie Sellier est l'autrice des textes et use de son talent pour présenter l'Art et les lieux prestigieux qui les exposent, avec des mots simples, adaptés au public Jeunesse. C'est à Chantilly que nous emmène le dernier livre de cette collection.

Mon petit Chantilly
par Marie Sellier
GrandPalaisRmnÉditions 
Relié, 22 x 22 cm - 48 pages - 40 illustrations
Code EAN : 9782711880768 - Prix : 10 €

Mon petit Chantilly
 par Marie Sellier
GrandPalaisRmnÉditions 

Mon petit Chantilly
 par Marie Sellier
GrandPalaisRmnÉditions 

Entre le château, le parc et les grandes écuries, impossible de s’ennuyer au domaine de Chantilly ! Il y en a pour tous les goûts : fans d’histoire ou d’art, amoureux de la nature ou encore passionnés de chevaux.

Ancienne forteresse médiévale complétée d’un château partiellement détruit à la Révolution, ce n’est qu’au XIXe siècle qu’est construite la partie la plus moderne du château, dans un style inspiré de la Renaissance qui lui confère une allure digne d’un conte de fées.

Le dernier propriétaire du château au XIXe siècle s’appelle Henri d’Orléans, duc d’Aumale. Il a pour ancêtre le frère de Louis XIV, et a eu une vie particulièrement romanesque ! Il a consacré son immense fortune à réunir une incroyable collection d’art et de livres. Le château, outre une somptueuse bibliothèque, abrite la seconde plus grande collection de peintures anciennes après le Louvre. Dans la galerie de peintures, on peut voir des chefs-d’œuvre signés Raphaël, Clouet, Ingres ou Delacroix, accrochés comme on le faisait au XIXe siècle.

Les Grands Appartements, à travers des lieux emblématiques comme la galerie des Batailles ou la Grande Singerie, permettent de découvrir le faste des grands seigneurs de l’Ancien Régime. Le Parc comprend un jardin anglais romantique, un jardin anglo-chinois avec un hameau ainsi qu’un grand parterre à la française dessiné par le fameux jardinier de Louis XIV, André Le Nôtre. Il abrite également les Grandes Écuries, construites au XVIIIe siècle par le prince de Condé, qui sont encore aujourd’hui l’un des hauts lieux de l’art équestre.

Marie Sellier est l’autrice d’une centaine d’ouvrages jeunesse sur l’art. Romancière et scénariste, elle a consacré livres et scénarios à des artistes majeurs (Camille Claudel et Auguste Rodin, Van Gogh, etc.) et a travaillé avec de nombreuses illustratrices contemporaines. Au GrandPalaisRmn, elle a signé de nombreux succès, parmi lesquels L’Afrique, petit Chaka… (2001, avec Marion Lesage) ou, plus récemment, L’Arbre de Sobo (2018, avec Charlotte Gastaut) et Où vont les lapins la nuit ? (2022, avec Marie Assénat). Officier des Arts et des Lettres (2013) et Chevalier de la Légion d’honneur (2014), elle a également présidé le Conseil permanent des écrivains (2012-2014) et la Société des gens de lettres (2014-2019).

Dans la même collection : 

Mon Petit Orsay
, par Marie Sellier
GrandPalaisRmnÉditions

Mon petit Louvre
, par Violaine Bouvet-Lanselle et Marie Sellier
GrandPalaisRmnÉditions

Mon petit Picasso
, par Marie Sellier
GrandPalaisRmnÉditions

Mon Petit Cluny
, par Marie Sellier
GrandPalaisRmnÉditions

Ma petite Orangerie
, par Marie Sellier
GrandPalaisRmnÉditions

Mon Luxembourg
, par Marie Sellier
GrandPalaisRmnÉditions

Mon petit Guimet
, par Marie Sellier
GrandPalaisRmnÉditions

Mon petit Versailles
, par Marie Sellier
GrandPalaisRmnÉditions

Mon petit Fontainebleau
, par Marie Sellier
GrandPalaisRmnÉditions

22/11/21

Barthélémy Toguo, Monographie par Philippe Dagen, Skira

Barthélémy Toguo
Texte de Philippe Dagen
Editions Skira, 2021

Barthélémy Toguo
BARTHÉLÉMY TOGUO
« Mon travail est toujours un lieu où la violence côtoie le plaisir, où le plaisir côtoie la douleur, la sexualité côtoie la guerre, qui côtoie à son tour la solitude. La nature est célébrée, l’être humain est violenté par le monde. »
Coïncidant avec les expositions que lui consacrent cette année le musée du Quai Branly - Jacques Chirac et la Galerie Lelong & Co., cet ouvrage est la première monographie encore jamais dédiée à l’un des artistes africains les plus importants de notre époque : Barthélémy Toguo, né en 1967 à Mbalmayo au Cameroun.

Artiste protéiforme, se partageant entre Paris et Bandjoun au Cameroun, Barthélémy Toguo a recours dans son travail au dessin, à la sculpture et à la peinture mais aussi à la performance et à l’installation, en fonction du message qu’il souhaite transmettre et selon le médium qui lui semble le plus adapté.

Barthélémy Toguo s’intéresse particulièrement aux flux, qu’ils soient de marchandises ou d’êtres humains, ainsi qu’à ceux qui les animent, comme dans sa série Urban Requiem présentée en 2015 à la Biennale de Venise, ou dans l'installation Road to Exile, une barque remplie de baluchons sur une mer en bouteilles de verre. Artiste engagé, Barthélémy Toguo est aussi au coeur du projet Bandjoun Station, un lieu de création artistique pluridisciplinaire, autonome et autarcique, proposant des activités pédagogiques, expositions, rencontres, ateliers et résidences d’artistes.

Ses oeuvres sont aujourd’hui conservées par de grandes institutions internationales dont le MoMA et le Studio Museum de Harlem à New York, le Centre Pompidou à Paris, la Tate Modern à Londres, les Kunstsammlungen der Stadt de Düsseldorf.

Cette publication de 280 pages et 350 illustrations, bilingue français/anglais, réalisée en étroite collaboration avec l’artiste et la Galerie Lelong & Co., s’enrichit d’un essai de Philippe Dagen, historien de l'art, chercheur, critique d'art et écrivain et chroniqueur pour le quotidien Le Monde.

Édition reliée, bilingue français/anglais, au format 27 x 30 cm - 280 pages - 350 illustrations
ISBN 978-2-37074-144-8 - 49 € - Cette édition comprend également trente exemplaires numérotés de 1 à 30 enrichis d’une oeuvre originale signée Barthélémy Toguo.

15/11/21

Hahaha L'humour de l'art - Catalogue d'exposition - Skira

Hahaha, L'humour de l'art
Hahaha
L'humour de l'art
Catalogue de l’exposition à l’ING ART CENTER, Bruxelles
SKIRA, 2021

Venant accompagner l’exposition Hahaha. L'Humour de l'Art (15 septembre 2021 - 16 janvier 2022) une collaboration entre Kanal-Centre Pompidou, le Centre Pompidou et ING Belgique, ce catalogue met en lumière la place centrale de l’humour dans l’art moderne et contemporain qui, depuis le célèbre urinoir Fontaine (1917) de Marcel Duchamp, a révolutionné notre regard sur l’art. Une plaisanterie qui n’a pas été sans conséquence, l’humour s’étant dès lors vu attribuer un rôle définitif au royaume de l’esthétique débouchant sur un profond bouleversement dans la création qui sera à l’origine de la transition entre art moderne et art contemporain.

Caricatures, jeux de mots, oeuvres-jouets, canulars, parodies, dérision, artistes-bouffons, cet ouvrage reprend et approfondit les différents thèmes développés par l’exposition et en explore les origines et prolongements : depuis les caricatures d’Honoré Daumier aux ready-mades de Duchamp, depuis les jeux de mots Dada aux publicités de Jeff Koons. Prolongeant cette exploration de la place de l’humour en art jusqu’aux oeuvres de John Baldessari et de Marcel Broodthaers, il met aussi en lumière la façon dont l’humour reste un outil puissant pour l’art en vue d’émettre sa propre critique.

Hahaha. L’humour de l’art s’enrichit d’un essai par le commissaire d’exposition Nicolas Liucci-Goutnikov en vue d’introduire le sujet, une anthologie de textes philosophiques et historiques — de Pascal à Montaigne, de Baudelaire à Nietzche — remettant en perspective l’humour comme outil de critique, des citations humoristiques d’artistes et écrivains Dada et surréalistes ponctuent l’ouvrage.

Nicolas Liucci-Goutnikov est conservateur au Centre Pompidou, Musée national d'art moderne, commissaire d'exposition (Rouge, Grand Palais 2018, Prix Marcel Duchamp, Centre Pompidou, 2019, entre autres).

Un livre à rire.

Edité par SKIRA - Edition bilingue français-flamand avec un cahier de textes en anglais - couverture brochée 23 x 31 cm - 208 pages - 150 illustrations - ISBN 978-2-37074-151-6 - 39 €

Sandro Miller, Crowns, Skira - Mes Cheveux - Mon Ame - Ma Liberté

Sandro Miller, Crowns
Sandro Miller
CROWNS
Mes cheveux - Mon âme - Ma libeté
SKIRA, 2021

Sandro Miller (né en 1958) est un photographe américain d’origine italienne et allemande connu – sous le nom professionnel de « Sandro » – pour ses images expressives, son étroite collaboration avec l'acteur John Malkovich et les autres membres de la Steppenwolf Theatre Company de Chicago.

Avec une préface d’Angela Bassett, actrice, productrice et réalisatrice américaine, et un texte d’introduction de la poétesse et dramaturge américaine Patricia Smith, cet opus vise à rendre hommage, par le biais d’une série de portraits, au pouvoir inventif et à la beauté des femmes noires tout en célébrant leur résilience sociale et leur mémoire culturelle.

Son épouse, l’artiste multimédia américaine aux origines haïtienne et dominicaine Claude-Aline Nazaire (née en 1972), a été l’inspiration première et la source des recherches du photographe pour ce projet axé sur la réalité à la fois créative, fière et personnelle, qu’induit la tradition et l'héritage noirs.

Sandro Miller met ainsi en lumière l’art corporel et les nombreuses façons, explicites ou tacites, par lesquelles les femmes noires affirment leur liberté en sculptant leurs cheveux.

Un très beau livre.

Edité par SKIRA - Edition en français - couverture rigide avec étui - 30,5 cm x 35,10 cm - 168 pages - 140 images en couleur - ISBN 978-2-37074-166-0 - 65 €

18/05/21

Picasso-Rodin @ Musées Rodin & Picasso, Paris

Picasso-Rodin 
Musée Rodin, Paris 
Musée national Picasso-Paris 
Jusqu'au 2 janvier 2022 

Pour la première fois, le Musée Rodin et le Musée national Picasso-Paris s’unissent afin de présenter l’exposition-événement « Picasso-Rodin ». Ce partenariat exceptionnel entre deux grands musées monographiques offre un regard inédit sur ces artistes de génie qui ont ouvert la voie à la modernité dans l’art. Leurs chefs-d’oeuvre sont présentés simultanément au sein des deux monuments historiques qui abritent ces musées nationaux.

L’exposition invite à une relecture croisée des oeuvres de Auguste Rodin (1840-1917) et Pablo Picasso (1881-1973), ces deux grands artistes ayant durablement bouleversé les pratiques artistiques de leur temps pour les générations à venir. Il ne s’agit pas de montrer ce que Picasso a emprunté à Rodin, mais plutôt d’examiner les convergences signifiantes qui apparaissent entre l’œuvre de Rodin et plusieurs périodes de la production de Picasso. Cette relecture croisée de leurs oeuvres se décline en différents chapitres sur les deux lieux, au Musée Rodin d’une part à travers la crise de la représentation du début du XXe siècle, et au Musée Picasso d’autre part dans les processus créatifs mis en oeuvre par les deux artistes. A des époques et dans des contextes différents, Rodin et Picasso participent à une articulation décisive de l’histoire et sans doute est-ce là une des clés de leurs similitudes. A leur façon, ils inventent un nouveau mode de représentation, expressionniste chez Rodin, cubiste chez Picasso.

Pour Rodin, comme pour Picasso, l’atelier est un espace privilégié d’expérimentation sur les formes et les matériaux. Travail en série, fragmentation, assemblage, détournement sont autant d’approches singulières et novatrices. Le travail de l’artiste en perpétuel mouvement, explore un motif en constante métamorphose.

A travers un dialogue systématique, cette exposition riche de plus de 500 œuvres, peintures, sculptures, céramiques, dessins, documents d’archives, photographies invite le visiteur à une relecture inédite de leur parcours artistique foisonnant et innovant.

Catalogue avec les éditions Gallimard, 240 x 320 mm, relié, 424 pages, 490 illustrations, 45 €

Picasso Rodin
Picasso Rodin
Édition publiée sous la direction de 
Catherine Chevillot, Véronique Mattiussi 
et Virginie Perdrisot-Cassan
Livres d'Art, Gallimard, 2021

Commissariat :
Catherine Chevillot, Conservateur général du patrimoine, Directrice du Musée Rodin
Virginie Perdrisot-Cassan, Conservateur du patrimoine, responsable des sculptures, des céramiques et du mobilier Giacometti, Musée national Picasso-Paris
Véronique Mattiussi, Cheffe du service de la recherche et responsable scientifique du fonds historique, Musée Rodin

Musée national Picasso-Paris
5 rue de Thorigny, 75003 Paris

Musée Rodin
77 rue de Varenne, 75007 Paris

30/09/18

Ossip Zadkine @ Musée Zadkine, Paris - L'instinct de la matière

OSSIP ZADKINE
L’instinct de la matière
Musée Zadkine, Paris
28 septembre 2018 - 10 février 2019
« C’est l’instinct qui prime d’abord ; c’est le plus important ; tout le reste vient plus tard ; alors on s’arme d’une logique qui pénètre chaque geste. »

Ossip Zadkine,
Entretien avec Jacques Charles, 16 septembre 1966
Le musée Zadkine rend un hommage inédit à l’artiste en soulignant sa place aussi originale que singulière au sein des modernismes du XXe siècle. L’exposition Ossip Zadkine, l’instinct de la matière met en lumière, à l’occasion du 130e anniversaire de l’artiste, son lien organique à la matière.

Après lexposition Être Pierre en 2017, poursuivant l’exploration des matérialités créatrices, le musée fait pénétrer le visiteur dans l’intimité du dialogue d'Ossip Zadkine avec les différents matériaux qui sont à ses yeux des « puissances formelles ». Pour l’artiste russe (Vitebsk 1888 – Paris 1967), la matière est toujours « première ». Il sait, il sent qu’elle est porteuse d’une vocation formelle. L’exposition retrouve ce lien intime à la matière primordiale, aux formes en gestation : les veines et les nodosités du bois, la densité et les particules de la roche, la fluidité de l’encre ou de la gouache…

« Inductives», les matières sont riches d’une dynamique, d’une poussée que le geste du tailleur ou la main du dessinateur doit capter en retour. « Du dialogue avec la matière nait le geste de l’homme », confiait Ossip Zadkine à Pierre Cabane (Arts, 1960). L’authenticité de la création plastique passe par ce rapport instinctif avec la matière que Zadkine n’aura de cesse d’éprouver.

Le musée bénéficie à cette occasion de prêts exceptionnels comme Le Fauve du Musée de Grenoble, une très belle série d’oeuvres graphiques prêtées par le musée d’Art moderne de la Ville de Paris ou L’Odalisque, pièce majeure du musée Réattu en Arles. Le visiteur découvre l’oeuvre de Zadkine dans un parcours enrichi, avec une scénographie dictée par la résonance même du propos. L’introduction d’oeuvres sur papier permet notamment de retrouver le mode de présentation adopté par l’artiste de son vivant et de dépasser l’image d’une oeuvre identifiée à la seule sculpture. Cette approche souligne la richesse plastique et la force intérieure d’une création attachée à préserver la nécessité vitale du lien de l’homme à la nature.

Ossip Zadkine : Matière Source

La section initiale rassemble certaines tailles directes «nées de la plongée dans les eaux régénératrices de l’archaïsme » pour reprendre les termes mêmes de Zadkine. Ainsi sont présentées dans cette partie des oeuvres majeures des années 1910 à 1925 : des marbres – Maternité, 1919 ; Léda, 1919-1920 –, des pierres – Tête héroïque, 1910 ; Tête aux yeux de plomb, 1918 –, des bois – Le Prophète, 1914 ; Les Vendanges, 1918 ; Torse d’éphèbe, 1922 ; Porteuse d’eau, 1923…

Mi- figures mi- arbres ou pierres, ces sculptures sont confrontées à une sélection de dessins à la plume des années 1913-14 et de gouaches des années 1920, peintes sur papier. Si la création graphique d'Ossip Zadkine revêt un caractère certain d’autonomie, elle participe néanmoins du même mouvement que la sculpture. Une étroite et indéniable coïncidence unit ce qu’il peint à ce qu’il taille.

Ces dessins retranscrivent le principe de « la forme dans la forme » et de l’emboitement prégnants dans l’oeuvre de Zadkine.

Ossip Zadkine : Richesse Plastique

Montrant les capacités métamorphiques de la matière, la deuxième partie de l’exposition met l’accent sur la matière transformée, l’assemblage, l’incorporation et l’incrustation de matériaux. Cette section souligne également le lien étroit que la sculpture de Zadkine a pu entretenir avec les arts décoratifs, aussi bien par la relation très fructueuse que l’artiste noue dès 1920 avec André De Ridder (fondateur de la revue belge Sélection) que par sa collaboration avec les décorateurs André Groult ou Eileen Gray, à laquelle appartenait Tête de Femme, 1924 incrustée de marbre et rehaussée de couleurs. Sous l’inspiration d’un primitivisme aux multiples sources et après un bref passage par le cubisme, Ossip Zadkine renoue avec le caractère spirituel de la sculpture, la charge rituelle de l’ornementation et de la coloration dans la sculpture moderne. En ce sens, les bois dorés à la feuille du Fauve, 1920-1921 ou de la Tête d’homme, 1922 et le plâtre de L’Oiseau d’or, 1924 ne ressortissent ni de l‘enjolivement ni de l’accessoire mais de la richesse plastique. La parure de l’or est une seconde peau, un épiderme étincelant comme un simulacre de la chair lumineuse et imputrescible des dieux.

Ossip Zadkine : L’Atelier intérieur

Coque de la vie intime, l’atelier de Zadkine préside à la jonction de l’intériorité sensible, psychique, fantasmatique et de l’extériorité - le monde du dehors auquel sont destinées les oeuvres. Différentes thématiques qui traversent l’oeuvre de Zadkine sont ainsi évoquées, des femmes à l’oiseau aux figures mythologiques récurrentes : Orphée, 1930-61, Prométhée, 1955-1956 ou L’Odalisque, 1932, pièce majeure prêtée pour la première fois par le musée Réattu en Arles. Dans cet atelier intérieur, l’artiste se confronte aux différents matériaux et à leur dynamique intrinsèque. Il expérimente physiquement les pratiques et les savoir-faire du sculpteur, qui transparaissent dans la représentation de l’artiste par lui-même. Son image est ainsi évoquée à travers des œuvres comme Le Sculpteur, 1922-1949, manifeste et magnifique autoportrait ou encore l’Auto-portrait testamentaire et inquiétant, 1960.

COMMISSARIAT SCIENTIFIQUE
Noëlle Chabert, directrice du musée Zadkine, conservateur général du patrimoine
Jérôme Godeau, commissaire d’exposition
Assistante d’exposition : Adélaïde Lacotte, doctorante

CATALOGUE

Ossip Zadkine
OSSIP ZADKINE
L’instinct de la matière
Catalogue d'exposition
Edité par Paris Musées, 2018
ISBN 978-2-7596-0415-9
176 pages, relié, 17 x 24 cm, 108 illustrations

Un catalogue de référence accompagne l’exposition. Edité par Paris Musées, centré sur l’oeuvre d’Ossip Zadkine et son rapport singulier à la matière, l’ouvrage comprend une centaine d’illustrations et plusieurs articles scientifiques, points de vue croisés de philosophes, d’historiens de l’art engagés dans l’art moderne et contemporain. Matérialité (Antonia Soulez), monumentalité (Dominique Viéville) et matière–peau (Jérôme Godeau), font partie des sujets questionnés dans des contributions qui renouvellent en profondeur l’approche de l’artiste.

Sous la direction de Noëlle Chabert, conservateur général du patrimoine, directrice du musée Zadkine.
En collaboration avec Jérôme Godeau, historien de l’art

Auteurs :
Stéphane Carrayrou (critique d’art et commissaire d’exposition),
Noëlle Chabert (conservateur général du patrimoine, directrice du musée Zadkine),
Serge Fauchereau (historien de l’art et écrivain),
Véronique Gautherin (adjointe à la directrice du musée Zadkine, responsable des collections du musée Zadkine),
Jérôme Godeau (historien de l’art),
Antonia Soulez (professeur émérite de philosophie du langage, Université de Paris 8),
Dominique Viéville (conservateur général honoraire, ancien directeur du musée Rodin).

MUSÉE ZADKINE
100bis rue d'Assas, 75006 Paris

17/06/18

Exposition Picasso, les années Vallauris + Catalogue

Picasso, les années Vallauris
Musée national Pablo Picasso, La Guerre et la Paix, Musée Magnelli, musée de la céramique, Eden, Madoura, lieu d’Art, d’Histoire et de Création
23 juin - 22 octobre 2018

Organisée dans le cadre de « Picasso-Méditerranée », l’exposition « Picasso, les années Vallauris » explore, au coeur de Vallauris, dans les lieux mêmes où l’artiste a vécu et travaillé de 1947 à 1955, la vie et l’oeuvre de Picasso depuis son installation dans la ville provençale, à la villa « La Galloise », jusqu’à son départ pour Cannes.

Pour Picasso, les années Vallauris correspondent, après le drame de la période de la guerre, à un moment de bonheur familial : l’artiste, entouré de sa compagne, Françoise Gilot et de leurs deux enfants, Claude et Paloma, attire autour de lui un cercle artistique et littéraire, qui comprend notamment Edouard Pignon, Jean Cocteau, Jacques Prévert ou encore Paul Eluard. Partageant le quotidien des habitants de Vallauris, Picasso y insuffle une énergie nouvelle, inspirant des événements festifs, tels que des corridas et des défilés en musique, tout en poursuivant son engagement politique au sein du Mouvement de la Paix et du Parti Communiste Français.

Dans l’oeuvre de Picasso, la période de Vallauris coïncide avec une production artistique particulièrement féconde et renouvelée par la pratique assidue de la céramique au sein de l’atelier Madoura. Picasso se livre alors à de nouvelles expérimentations techniques et iconographiques : l’artiste joue avec ce savoir-faire artisanal dont il réinvente les codes. Parallèlement, il se consacre à la sculpture, qu’il assemble à partir de matériaux de récupération, d’objets du quotidien détournés, et à la linogravure.

Conçue comme une série d’allers-retours entre la vie quotidienne et l’oeuvre artistique de Picasso, l’exposition souligne la dimension profondément novatrice de son travail à cette période, tout en montrant l’attachement qui liait le maître espagnol à la ville. En offrant à Vallauris en 1949 la statue L’Homme au mouton, puis en peignant dans la chapelle de l’ancien prieuré, les monumentales peintures de La Guerre et la Paix, Picasso confère à son oeuvre vallaurienne puissance et universalité.

Cette liberté créatrice retrouvée est évoquée dans l’exposition par près de trois cents oeuvres, grâce au soutien du Musée national Picasso de Paris. Cet ensemble remarquable de peintures, dessins, sculptures et céramiques est enrichi par de nombreux documents - archives, photographies, dessins préparatoires, interviews de personnalités locales proches de l’artiste - et complété d’un parcours dans la ville, qui témoigne de l’évolution sociale, économique et artistique de la cité.

Cette exposition est organisée par la Ville de Vallauris – Golfe Juan, les Musées du XXe siècle des Alpes Maritimes et la Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais.

Commissariat général : Anne Dopffer, conservateur général du patrimoine, directrice des musées nationaux du XXème siècle des Alpes-Maritimes ;
Sandra Benadretti-Pellard, conservateur en chef du patrimoine et directrice du musée Magnelli, musée de la céramique
Commissaire : Johanne Lindskog, conservatrice du patrimoine, musée national Marc Chagall
Commissaire pour Madoura : Yves Peltier, directeur de Madoura, lieu d’Art, d’Histoire et de Création

CATALOGUE DE L'EXPOSITION

Picasso, les années Vallauris
PICASSO 
Les années Vallauris 
Editions de la Rmn - Grand Palais, Paris 2018 
24 x 28 cm, 272 pages, 215 illustrations 

SOMMAIRE DU CATALOGUE

Introduction des commissaires
Sommaire

Ancrages
1. Picasso-Vallauris, l’histoire d’une rencontre (Claire Loiseau)
2. La famille, objet de représentation et source intime de création (Céline Graziani)
3. Picasso à La Galloise, acteur, scénographe et chef de tribu (Camille Frasca)
4. Dans les architectures odorantes de la cuisine de Picasso (Androula Michael)
5. L’Homme au mouton, « Picasso sur la place » (Julie Guttierez)

Engagements
1. Les combats de Picasso (Lynda Morris et Christophe Gunenberg)
2. La Guerre et la Paix : temple classique et caverne moderne (Anne Dopffer)
3. Picasso-Arias, une amitié qui fait naître un musée (Madeleine Arias)
4. Picasso contre Franco, la poursuite de l’engagement républicain (Géraldine Mercier)
5. La Chute d’Icare, une oeuvre vallaurienne ? (Johanne Lindskog)

Innovations
1. Vallauris, une terre fertile (Sandra Benadretti)
2. Le Nérolium, « Poterie, fleurs et parfum » (Claire Loiseau)
3. Sources d’inspiration de la céramique : l’Antiquité, les arts extra-européens (Harald Theil)
4. Picasso et la tradition céramique : entre continuité et rupture (Salvador Haro Gonzáles)
5. Picasso à Madoura : ceci est notre témoignage (Georges Ramié)
6. L’édition des céramiques de Picasso par Madoura, un outil de démocratisation de l’art (Yves Peltier)

Dialogues
1. Vallauris, « au rendez-vous des poètes » (Julie Guttierez)
2. Edouard Pignon et Pablo Picasso, « une vie de peintre » (Philippe Bouchet)
3. Vallauris, Arnera et Picasso (Anne-Françoise Gavanon)
4. Vallauris : un terrain d’expérimentations pour la sculpture de Picasso (Diana Widmaier Picasso)
5. Pablo Picasso et les photographes : devant et derrière l’objectif (Diana Widmaier Picasso)

Annexes
Chronologie
Liste des oeuvres exposées
Bibliographie
Filmographie (Céline Graziani)
Index

LES AUTEURS DU CATALOGUE

Claire Loiseau, service des publics musée Magnelli, musée de la céramique, Vallauris
Céline Graziani, attachée de conservation du patrimoine, musée Magnelli, musée de la céramique, Vallauris
Camille Frasca, historienne de l’art, chargée de mission-chef de projet « Picasso-Méditerranée » au musée national Picasso-Paris
Androula Michael, historienne de l’art, université de Picardie Jules Verne, Amiens
Julie Guttierez, conservatrice du patrimoine
Lynda Morris, professeur d’histoire de l’art
Christophe Gunenberg, directeur de la Kunsthalle de Brême
Anne Dopffer, conservateur général du patrimoine, directrice des musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes
Madeleine Arias, relation familiale avec Eugenio Arias: épouse de son fils aîné, actuellement décédé, professeur agrégé d’espagnol
Géraldine Mercier, docteur en histoire de l’art
Johanne Lindskog, conservatrice du patrimoine, musée national Marc Chagall
Sandra Benadretti, conservateur en chef du patrimoine et directrice du musée Magnelli, musée de la céramique
Harald Theil, historien de l’art et commissaire d’exposition indépendant
Salvador Haro Gonzáles, professeur à l’université de Malaga et commissaire d’expositions
Georges Ramié, ancien propriétaire de la galerie Madoura
Yves Peltier, directeur de Madoura, lieu d’Art, d’Histoire et de Création
Philippe Bouchet, historien de l’art, auteur du catalogue raisonné de l’oeuvre peint d’Edouard Pignon
Anne-Françoise Gavanon, historienne de l’art
Diana Widmaier Picasso, historienne de l’art, école d’art de Norwich, Angleterre
Colette Morel, doctorante en histoire de l’art

Musée national Pablo Picasso - La Guerre et la Paix
Musée Magnelli, musée de la céramique
Eden
Place de la Libération, 06220 Vallauris

Madoura, lieu d’Art, d’Histoire et de Création
Angle rue Suzanne et Georges Ramié / rue Gerbino, 06220 Vallauris

Informations et réservations

Maj 06.12.2021

28/12/17

Zoé Valdès, Et la terre de leur corps

Art et Littérature
Zoé Valdès, Et la terre de leur corps
Traduit de l’espagnol (Cuba) par Albert Bensoussan
Editions Rmn-Grand Palais, Collection Cartels, Paris 2017


Zoé Valdès, Et la terre de leur corps
12,5 x 19 cm - 80 pages - 14,90 €
signet, tranchefile, cartonné
nomenclature Rmn-Grand Palais
NT107049 // ISBN : 9782711870493 
Courtesy Editions Rmn-Grand Palais

Zoe Valdés se glisse dans la tête de Gauguin et l’imagine, aux derniers instants de sa vie, se souvenant, aux îles Marquises, des femmes qu’il a aimées. Dans une atmosphère intime et intense, portée par les parfums tropicaux et les couleurs de ses toiles, c’est tout le génie créateur d’un homme ivre de vie qu’elle donne à voir et à entendre. Un dernier souffle, mais quel souffle!

ZOE VALDES
Zoé Valdés, née en 1959, a grandi dans un quartier populaire de La Havane. Elle a fait ses études à l’Institut supérieur de pédagogie « Enrique José Varona » jusqu’en 4e année. Elle a suivi les cours de la faculté de philologie de l’université de La Havane jusqu’en 2e année. Elle a étudié à l’Alliance française de Paris. Elle a travaillé de 1984 à 1988 à la délégation de Cuba à l’UNESCO à Paris et aux services culturels de la mission de Cuba à Paris. Après la publication de son ouvrage Le Néant quotidien, mal perçu par le régime cubain, elle s’exile en 1995, à Paris, où elle réside depuis. Elle est Doctor Honoris Causa de l’Université de Valenciennes. Elle a reçu de nombreux prix littéraires en Espagne, notamment le très prestigieux Prix Planeta en 1996 pour son roman Te di la vida entera. Toute son œuvre est marquée par Cuba et l’exil.

Zoé Valdés - Bibliographie sélective: 
Sang bleu, trad. Michel Bibard, Arles, Actes Sud, 1993, Le Néant quotidien, trad. Carmen Val Juliàn, Arles, Actes Sud, 1995, Cher premier amour, trad. Liliane Hasson, Arles, Actes Sud, 2000, Les Mystères de la Havane, trad. Julie Amiot et Carmen Val Julián, Calmann-Lévy, 2002, Danse avec la vie, trad. Albert Bensoussan, Gallimard, coll. « Du monde entier », 2009, La femme qui pleure, trad. Albert Bensoussan, Éditions Arthaud, 2015.

Rmn - Grand Palais
www.grandpalais.fr

15/07/14

Jean-Pierrre Laffont, Le Paradis d’un Photographe. Tumultueuse Amérique 1960-1990

Jean-Pierrre Laffont, Le Paradis d’un Photographe. Tumultueuse Amérique 1960-1990

JEAN-PIERRE LAFFONT, Le Paradis d'un Photographe 
Publié par Glitterati Incorporated, New-York 
Sortie Automne 2014 
Reliure Cartonnée, 25 x 34 cm, 392 pages, 359 photos noir et blanc et couleur

Photojournaliste: une profession qui sent l'aventure. Animé par le désir d'être témoin de son temps, le photographe JEAN-PIERRE LAFFONT est parti à la découverte du monde en toute liberté. Couvrir l'actualité, raconter des histoires, voilà ce qu'il veut faire. Une liberté qui va lui permettre de documenter sans censure les maux de la société américaine. Dans aucun autre pays Laffont aurait pu photographier les événements si controversés de cette époque. Pour Jean-Pierre Laffont, l'Amérique était et continue d'être "Le Paradis d'un Photographe".

Libre, passionné, persévérant, curieux de tout, constamment en quête d'histoires, Jean-Pierre Laffont va tout photographier: les crises, les faits divers, la politique à la Maison-Blanche et aux Nations Unies. Jean-Pierre aime travailler seul, il fait ses propres itinéraires, choisit ses histoires, construit ses reportages, prend ses rendez-vous, avance ses frais, développe ses films, édite ses photos, écrit ses textes.

Il n'aime pas travailler en commande et travaille en spéculation. Les besoins du marché n'entrent jamais dans ses décisions de couvrir telle ou telle histoire et l'aspect financier ne l'intéresse pas.

Jean-Pierre Laffont, Bronx, New York City / été 1966 
Les voitures abandonnées deviennent le terrain de jeux des enfants en attendant que la fourrière passe ramasser l’épave, ce qui peut prendre des semaines. 

Jean-Pierre Laffont, Bronx, New York City, New York / 20 juillet 1972
A tous les coins de rue, il y a des espaces de jeux grillagés avec des panneaux de basket-ball. Le gang Savage Skulls adore grimper au grillage et réincarner les héros du film West Side Story. Les jeunes membres du gang sont d’origine portoricaine et, comme dans tous les gangs, aiment être en groupe pour se sentir forts.
Motivé par une curiosité insatiable, Jean-Pierre Laffont a parcouru tous les Etats-Unis pour documenter un large éventail de la société américaine. Il saisit l'Amérique dans sa période la plus turbulente faite de moments charnière qui peuvent sembler évidents à nos yeux aujourd'hui, mais qui furent des moments importants de notre histoire. Du gang des Savages Skulls dans le Bronx, à la chaise électrique de Sing Sing, des funérailles de Robert F. Kennedy aux protestations de l'Université de Kent State, ou encore des V.I.Ps à la sortie du match Ali contre Frazier au Madison Square jusqu'au KKK chez lui, Jean-Pierre Laffont est en même temps à l'avant et au centre de l'histoire au moment où elle se déroule.

Jean-Pierre Laffont voyait les Etats-Unis comme le paradis des photojournalistes. Reporter ou artiste ? Comme beaucoup de photographes de cette génération, Il ne se prenait pas pour un artiste et pourtant, comme un artiste, il a suivi son inspiration. Plus sensible au contenu qu'à la forme, il développe son propre style, puissant et cru.

“Jean-Pierre Laffont, photojournaliste reconnu depuis longtemps, nous donne une revue kaléidoscopique de ce qui s’est passé en Amérique entre 1960 et 1980. Son oeil ne s’arrête pas, il est moins attiré par le ballet politique de Washington que par l’importance des turbulences urbaines et du stoïcisme des fermiers.” -- Sir Harold Evans

Jean-Pierre Laffont a été diplômé de l'Ecole des Arts et Métiers de Vevey (Suisse) avant de servir dans l'armée française pendant la Guerre d'Algérie (il a été décoré de la Croix de la Valeur Militaire pour ses actions humanitaires). Il est membre fondateur des agences Gamma USA et Sygma Photo News. Pendant plus de quarante ans, il a parcouru le globe et il a été publié par les magazines les plus connus: Le Figaro, London Sunday Times, Newsweek, Paris Match, Stern et Time. Son travail a été récompensé par de nombreux prix prestigieux, notamment le Madeline Dane Ross Award de l'Overseas Press Club of America, le World Press Photo General Picture Award de l'Université de Missouri, le World Understanding Award et le 1er Prix du New York Newspaper Guild Award. En 1996, il a été fait Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres. Il vit à New York avec sa femme Eliane.

Sir Harold Matthew Evans signe la préface du livre. Ancien directeur de la rédaction du Sunday Times et du Times, il est l'auteur de deux livres historiques acclamés par la critique, The American Century et They Made America. Son ouvrage sur le photojournalisme, Pictures on a Page publié au sein d'une série en cinq volumes sur l'édition et le design, est toujours en circulation comme la référence de ce métier. Ses essais sur la photographie comprennent War Stories, Shots in the Dark et Eye Witness to History. En 1978, Harold Evans a reçu la Hood Medal de la Royal Photographie Society pour ses services rendus au photojournalisme et en 1986, la Press Photographers Association of Great Britain lui a décerné le Battlefield Camera pour service exceptionnel rendu au photojournalisme. En 1999, il a été récompensé par le Lifetime Achievement Award de l'International Center of Photography. Harold Evans est actuellement éditeur "at large" de Thomson Reuters.

Photos de Jean-Pierre Laffont extraites de Le Paradis d’un Photographe : Tumulteuse Amérique 1960-1990 par Jean-Pierre Laffont © 2014, publié par Glitterati Incorporated, www.Glitteratiincorporated.com

05/07/11

Expo + Livre J-B Coffinet Troyes : Une exposition "Précieux Moyen Age" au Musée Saint-Loup et un beau livre

Exposition + Livre : Jean-Baptiste Coffinet
Précieux Moyen Age. La collection Coffinet 
Musée Saint-Loup, Troyes
Jusqu'au 18 septembre 2011

Affiche de l'exposition - Musée Saint-Loup - Troyes

Au lendemain de la Révolution française, la préservation du patrimoine devient un véritable enjeu national et coïncide en 1837, avec la création des Monuments Historiques par l'Etat. 

Historiens locaux, amateurs d'art et archéologues participent, sur tout le territoire, à ce vaste mouvement qui montre un engouement particulier pour le Moyen Age. C'est le temps des voyages archéologiques à travers toutes les régions françaises et des ouvrages qui les accompagnent, dont le plus célèbre est celui initié par le Baron Taylor,  Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France.

A l'échelle du département de l'Aube, l'équivalent  de Taylor aura pour nom Arnaud, Gaussen, Fichot et bien d’autres, dont Jean-Baptiste Coffinet.

Secrétaire de l'évêché où il servira 20 ans, trois évêques successifs de Troyes qu'il accompagne à travers le diocèse, Jean-Baptiste Coffinet se découvre une passion pour l'histoire locale et le patrimoine. Il l'étudie et recueille de multiples témoignages souvent précieux (émaux, ivoires, manuscrits...) où domine le Moyen Age. Il  s'attache ainsi à des monuments (cathédrale, collégiale Saint-Etienne…) et des personnalités parmi les plus emblématiques de la période (Henri le Libéral, comte de Champagne…).

Collectionneur, il se fera aussi mécène de la cathédrale et des diverses institutions patrimoniales locales (la bibliothèque, les archives et notamment le musée, dont il devient le conservateur de l'archéologie en 1863).

A sa mort en 1882, la mise en vente de sa collection, permet l'acquisition, par la Société Académique, de nombreux objets qui s'ajoutent aux pièces léguées au musée, constituant un ensemble remarquable d'objets d'art du Moyen Age. 

La Dormition de la Vierge
14e siècle
Plaque en ivoire
Inv. 882.37
Photo J.-M. Protte, Musées de Troyes


Ce sont ces pièces rares et précieuses des collection du musée, mais également des archives, de la bibliothèque et de la cathédrale qui sont présentés dans cette superbe exposition qui emène le visiteur dans un voyage à travers le temps qui le mène au Moyen Age. L'exposition s'accompagne d'une très belle publication.

LE LIVRE : JEAN-BAPTISTE COFFINET

Jean-Baptiste Coffinet
Un livre de Nicole Hany-Longuespé
Tirage à 800 exemplaires
En vente à la Maison du Boulanger 
et au musée Saint-Loup - 18 €


C'est la parution du livre de Nicole Hany-Longuespé, édité par la Maison du Boulanger, qui a été le prétexte de l'exposition. Le titre du livre : Jean-Baptiste Coffinet. Historien local, archéologue, collectionneur, mécène.

L'auteur, Nicole Hany-Longuespé, est docteur en Histoire de l'art et Histoire, conservatrice honoraire des Antiquités et Objets d'Art de l'Aube, elle s'est particulièrement attachée au trésor de la Cathédrale, riche de 295 pièces.

L'éditeur, la Maison du Boulanger a pour mission de réaliser une programmation d'animations culturelles dans les domaines du spectacle vivant, de la musique, des arts plastiques, de l'édition et du livre. Elle édite des ouvrages dans lesquels la ville, les hommes et le patrimoine troyen sont au cœur de la préoccupation littéraire. Cet éditeur local inaugure avec ce livre consacré à Jean-Baptiste Coffinet une collection dédiée aux figures auboises.

Eléments biographiques sur Jean-Baptiste Coffinet

Mais qui fut donc ce Jean-Baptiste Coffinet, ce chanoine qui œuvra toute sa vie dans la bonne ville de Troyes ?

Curieusement, à ce jour, aucune rue, place ou impasse de Troyes ne porte son nom…  Il est connu de certains historiens locaux, voire historiens étrangers, tels ces chercheurs de l'Université de Liège qui s'intéressent aux émaux mosans qu'il légua au musée Saint-Loup et au trésor de la cathédrale de Troyes, mais pratiquement pas de nos concitoyens. Pourtant, le premier objet cité dans le catalogue de vente de son cabinet d'art, après son décès en 1882,  une  grande plaque  de châsse  byzantine,  figure dans les riches collections du musée de Cleveland.

Quel fut son parcours ? Brillant séminariste, il devint, très jeune, secrétaire de l'évêché où, durant vingt ans, il servit trois évêques. En accompagnant ces prélats dans leurs visites épiscopales, il prit connaissance des richesses patrimoniales du diocèse. Dans le sillage de Guizot et des Monuments historiques, il conseilla les curés pour qu'ils veillent au bon entretien de leurs églises et du mobilier religieux qu'elles renferment.

Dans sa vie privée, il devint très vite un collectionneur passionné et avisé. Ses acquisitions furent soit des objets archéologiques, tels ce vase étrusque du Ve siècle avant notre ère ou ce bracelet en or d'époque celtique (IIIe siècle avant notre ère), soit des objets à connotation religieuse, le plus souvent d'époque médiévale : émaux mosans, manuscrits comme le précieux évangéliaire de l'abbaye Saint-Loup (XIIe sièclee), sceaux, orfèvrerie religieuse, ivoires, statuettes, monnaies, tableaux dont le symbolique portrait (début XVIe siècle) du comte Henri Ier le Libéral dont il admira tant les « largesses ».

Il collectionnait pour son plaisir mais aussi pour  enrichir nos collections patrimoniales et, peut-être à l'image du comte de Champagne, se fit-il mécène du trésor de la cathédrale, de  la bibliothèque, du musée où il fut conservateur de l'archéologie. Trois lieux où il œuvra durant de longues années.

Conservateur du patrimoine avant l'heure, il sauvegarda ces œuvres d'une dispersion certaine et nous pouvons toujours les admirer, aujourd'hui.

Ces objets, avec lesquels il vécut, l'incitèrent à en retracer l'histoire et firent de lui un historien local à part entière. Ses nombreuses publications, tant dans différentes revues nationales que dans les Mémoires de  la Société académique de  l'Aube,  font autorité et sont toujours consultées avec intérêt.

MUSEE SAINT-LOUP, TROYES

11/10/08

Obtenez le meilleur du Canon EOS 450D

C'est ce que vous propose Philippe Chaudré dans un livre paru chez Dunod.
Philippe Chaudré, Obtenez le meilleur du Canon EOS 450D, Paris, Dunod, 2008, 192 p.
Prix : 18 €
L'auteur
Philippe Chaudré est photographe (formé à l'ENS Louis Lumière), professeur de techniques photographiques à l'université Paris VIII, journaliste dans la presse spécialisée, responsable du club parisien « Photoshop » et fondateur-organisateur des Rencontres Photoshop. Il est également l'auteur d'un DVD d'autoformation à Photoshop Lightroom.
Ce livre fera le bonheur des déjà heureux possesseurs d'un Canon EOS 450D. Son but est de leur permettre une meilleure prise en main de ce reflex numérique et de les guider afin de tirer pleinement partie de l'ensemble des possibilités qu'offre cet appareil. Ce livre rempli d'autant mieux son but que son auteur, photographe et enseignant, est un excellent pédagogue et que la compréhension du lecteur est facilitée par de nombreuses illustrations.
Sommaire
Découverte
  • Le contenu du kit
  • Charger la batterie
  • Mise en marche de l'appareil
  • Les premières photos
  • A propos de la mise au point
  • S'auto-photographier
  • Visualiser le résultat
  • Les précautions d'utilisation
Prise en main
  • Des boutons partout !
  • La première personnalisation de l'appareil photo
  • Contrôler le flash
  • A propos des modes élémentaires de prise de vue
  • Le mode Portrait
  • Le mode Paysage
  • Le mode Rapproché
  • Le mode Sport
  • Le mode Portrait de nuit
  • Le mode Flash annulé
  • La lecture des images
Fonctions avancées
  • Le mode Live View
  • Déterminer les plages de mise au point
  • Le mode profondeur de champ
  • Photographier les sujets en mouvement
  • La prise de vue en rafale
  • Ouverture, vitesse, sensibilité... l'un ne peut aller sans l'autre
  • Le mode vitesse
  • Le mode ouverture
  • A propos de la stabilisation
  • Mémoriser l'exposition et/ou la corriger
  • Le mode programme
  • Le mode manuel
  • Retirer et changer la carte mémoire
  • Transférer ses photos vers un ordinateur
  • A propos des sauvegardes

Perfectionnement

  • Le flash avancé
  • Les ISO
  • La température de couleur
  • Les formats de fichier
  • Le nettoyage des poussières
  • Les personnalisations avancées de l'appareil photo
  • Les styles d'image
  • Bracketer

Comme un pro

  • Les fonctions personnalisées
  • La post-production
  • Le pilotage à distance de l'appareil
  • Les objectifs Canon
  • Les marques compatibles
  • Les accessoires
Photo de la couverture du livre (c) Dunod, 2008.